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Accueil du site > 03 - Livre Trois : HISTOIRE > 4ème chapitre : Révolutions prolétariennes jusqu’à la deuxième guerre (...) > En hommage à Karl Liebnecht et Rosa Luxemburg, nos camarades

En hommage à Karl Liebnecht et Rosa Luxemburg, nos camarades

mercredi 30 décembre 2009, par Robert Paris

SOUVENONS-NOUS !

Ces deux militants intransigeants du mouvement révolutionnaire international ont été éliminés par la bourgeoisie allemande, alliant en cette occasion, pour assassiner la révolution prolétarienne de 1918-19, depuis les corps francs fascistes et le haut état-major militaire allemand jusqu’aux dirigeants social-démocrates.

Léon Trotsky :

« Rosa Luxemburg a compris et commencé à combattre beaucoup plus tôt que Lénine le rôle de frein de l’appareil ossifié du Parti et des syndicats. En tenant compte de l’aggravation inévitable des antagonismes de classes, elle prophétisait toujours l’inévitable entrée en scène autonome et élémentaire des masses (...) Dans les grandes lignes (...) Rosa a eu raison ; la Révolution [allemande] de 1918 fut effectivement “spontanée”, c’est-à-dire qu’elle était accomplie par les masses contre toutes les prévisions et les dispositions des instances du Parti. Mais d’autre part, toute l’histoire ultérieure de l’Allemagne a amplement prouvé que la seule spontanéité est loin de suffire... »

Rosa Luxembourg, malgré des critiques sévères des Bolcheviks, écrit de la manière la plus nette sur la Révolution russe : "Le problème le plus important du socialisme est précisément la question brûlante du moment : [...] la capacité d’action du prolétariat, la combativité des masses, la volonté de réaliser le socialisme. Sous ce rapport, Lénine et Trotsky et leurs amis ont été les premiers à montrer l’exemple au prolétariat mondial ; ils sont jusqu’ici les seuls qui puissent s’écrier "J’ai osé !". C’est là ce qui est essentiel, ce qui est durable dans la politique des bolcheviks."

La révolution allemande de 1918-1919

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Prolétaires, sauvons-nous nous-mêmes !


MOTS CLEFS :

dialectiquediscontinuitéphysique quantiquerelativitéchaos déterministesystème dynamiquenon-linéaritéémergenceinhibitionboucle de rétroactionrupture de symétriele temps - contradictionscrisetransition de phasecriticalitéauto-organisationvide - révolution permanente - Blanqui - Lénine - TrotskyPrigogine - Barta - Gould - marxisme - Marx - la révolution

Rosa Luxembourg :

"Le problème le plus important du socialisme est précisément la question brûlante du moment : [...] la capacité d’action du prolétariat, la combativité des masses, la volonté de réaliser le socialisme. Sous ce rapport, Lénine et Trotsky et leurs amis ont été les premiers à montrer l’exemple au prolétariat mondial ; ils sont jusqu’ici les seuls qui puissent s’écrier "J’ai osé !". C’est là ce qui est essentiel, ce qui est durable dans la politique des bolcheviks."

Le film

Rosa Luxemburg

Léon TROTSKY

Salut à Franz Mehring et Rosa Luxemburg

3 mars 1916

Le 27 février (1916) Franz Mehring avait 70 ans. Le publiciste le plus remarquable de la social-démocratie allemande et en même temps le plus brillant historien de son développement historique et politique entrant dans sa huitième décennie à l’époque de la crise la plus cruelle du socialisme mondial et par dessus tout de la social-démocratie allemande. Laissez-nous dire dès maintenant : si Mehring nous est si cher et si proche maintenant ce n’est en tant qu’historien ou publiciste émérite du socialisme allemand : le sol est trop brûlant sous nos pieds pour regarder derrière nous et considérer les gens selon leurs mérites historiques ; nous avons rompu immédiatement avec plusieurs personnalités honorées, — non seulement en tant qu’adversaires idéologiques, mais en tant qu’ennemis politiques. Si l’historien des luttes internes de la social-démocratie allemande nous est si proche maintenant c’est parce que dans la lutte présente, aujourd’hui, il a courageusement et sans hésitation pris la position que nous considérons comme le devoir socialiste et l’honneur révolutionnaire. Dès le début de la guerre Mehring s’est prononcé, dans de nombreux articles et discours, contre cette trahison, renforcée à la hâte par les eunuques autoritaires des instances du parti, sous le nom pompeux de « paix civile ». Avec Rosa Luxemburg il a publié un numéro du journal « L’Internationale » dont le nom était tout à la fois un programme et un défi à la politique du parti du 4 août. Dans une période d’écroulement menaçant, de l’apostasie des uns et de la faiblesse passive des autres, l’intervention de Mehring contre la politique « des instances du parti » a fourni un appui inestimable au réveil de l’opposition sur l’aile gauche, qui est maintenant le véritable support de l’honneur du prolétariat allemand.

Dans cette lutte, avec Mehring, il y avait Rosa Luxemburg, qui maintenant, après un an d’emprisonnement a retrouvé la liberté — pour une nouvelle lutte. Tous deux — Mehring et Luxemburg — ont été séparés de nous par les tranchées du militarisme creusées par les classes dirigeantes. Mais dans cette lutte que nous menons contre l’Etat de classe maculé de sang frais et poursuivi de nouvelles malédictions ; ce combat que nous menons contre ses maîtres, ses défenseurs et ses fervents esclaves Mehring et Luxemburg sont du même côté de la tranchée passant au travers de tout le monde capitaliste.

Dans les personnes de Franz Mehring et de Rosa Luxemburg nous saluons le noyau spirituel de l’opposition révolutionnaire allemande avec laquelle nous sommes liés par une indissoluble fraternité des armes.

Léon Trotsky Nache Slovo n°53 —- 3 mars 1916.

L’inflexible Karl Liebknecht

Nous venons d’éprouver la plus lourde perte. Un double deuil nous atteint.

Deux chefs ont été brutalement enlevés, deux chefs dont les noms resteront à jamais inscrits au livre d’or de la révolution prolétarienne : Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg. Le nom de Karl Liebknecht a été universellement connu dès les premiers jours de la grande guerre européenne. Dans les premières semaines de cette guerre, au moment où le militarisme allemand fêtait ses premières victoires, ses premières orgies sanglantes, où les armées allemandes développaient leur offensive en Belgique, détruisaient les forteresses belges, où les canons de 420 millimètres promettaient, semble-t-il, de mettre tout l’univers aux pieds de Guillaume II, au moment où la social-démocratie officielle, Scheidemann et Ebert en tête, s’agenouillait devant le militarisme allemand et l’impérialisme allemand auxquels tout semblait se soumettre - le monde extérieur avec la France envahie au nord et le monde intérieur non seulement avec la caste militaire et la bourgeoisie, mais aussi avec les représentants officiels de la classe ouvrière - dans ces sombres et tragiques journées, une seule voix s’éleva en Allemagne pour protester et pour maudire : celle de Karl Liebknecht. Et cette voix retentit par le monde entier. En France, où l’esprit des masses ouvrières se trouvait alors sous la hantise de l’occupation allemande et où le parti des social-patriotes au pouvoir prêchait une lutte sans trêve ni merci contre l’ennemi qui menaçait Paris, la bourgeoisie et les chauvins eux-mêmes reconnurent que seul Liebknecht faisait exception aux sentiments qui animaient le peuple allemand tout entier. Liebknecht, en réalité, n’était déjà plus isolé : Rosa Luxemburg , femme du plus grand courage, luttait à ses côtés, bien que les lois bourgeoises du parlementarisme allemand ne lui aient pas permis de jeter sa protestation du haut de la tribune, ainsi que l’avait fait Karl Liebknecht. Il convient de remarquer qu’elle était secondée par les éléments les plus conscients de la classe ouvrière, où la puissance de sa pensée et de sa parole avaient semé des germes féconds. Ces deux personnalités, ces deux militants, se complétaient mutuellement et marchaient ensemble au même but. Karl Liebknecht incarnait le type du révolutionnaire inébranlable dans le sens le plus large de ce mot. Des légendes sans nombre se tissaient autour de lui, entourant son nom de ces renseignements et de ces communications dont notre presse était si généreuse au temps où elle était au pouvoir. Karl Liebknecht était - hélas ! nous ne pouvons plus en parler qu’au passé - dans la vie courante, l’incarnation même de la bonté et de l’amitié. On peut dire que son caractère était d’une douceur toute féminine, dans le meilleur sens de ce mot, tandis que sa volonté de révolutionnaire, d’une trempe exceptionnelle, le rendait capable de combattre à outrance au nom des principes qu’il professait. Il l’a prouvé en élevant ses protestations contre les représentants de la bourgeoisie et des traîtres social-démocrates du Reichstag allemand, où l’atmosphère était saturée des miasmes du chauvinisme et du militarisme triomphants. Il l’a prouvé lorsque, il leva, sur la place de Potsdam, à Berlin, l’étendard de la révolte contre les Hohenzollern et le militarisme bourgeois. Il fut arrêté. Mais ni la prison ni les travaux forcés n’arrivèrent à briser sa volonté et, délivré par la révolution de novembre, Liebknecht se mit à la tête des éléments les plus valeureux de la classe ouvrière allemande . Rosa Luxemburg - Puissance de ses idées Le nom de Rosa Luxemburg est moins connu dans les autres pays et en Russie, mais on peut dire, sans craindre d’exagérer, que sa personnalité ne le cède en rien à celle de Liebknecht. Petite de taille, frêle et maladive, elle étonnait par la puissance de sa pensée . J’ai dit que ces deux leaders se complétaient mutuellement. L’intransigeance et la fermeté révolutionnaire de Liebknecht se combinaient avec une douceur et une aménité féminines, et Rosa Luxemburg, malgré sa fragilité, était douée d’une puissance de pensée virile. Nous trouvons chez Ferdinand Lassalle des appréciations sur le travail physique de la pensée et sur la tension surnaturelle dont l’esprit humain est capable pour vaincre et renverser les obstacles matériels ; telle était bien l’impression de puissance que donnait Rosa Luxemburg lorsqu’elle parlait à la tribune, entourée d’ennemis. Et ses ennemis étaient nombreux. Malgré sa petite taille et la fragilité de toute sa personne, Rosa Luxemburg savait dominer et tenir en suspens un large auditoire, même hostile à ses idées. Par la rigueur de sa logique, elle savait réduire au silence ses ennemis les plus résolus, surtout lorsque ses paroles s’adressaient aux masses ouvrières. Ce qui aurait pu arriver chez nous pendant les journées de juillet Nous savons trop bien comment procède la réaction pour organiser certaines émeutes populaires. Nous nous souvenons tous des journées que nous avons vécues en juillet dans les murs de Petrograd, alors que les bandes noires rassemblées par Kérensky et Tseretelli contre les bolcheviks organisaient le massacre des ouvriers, assommant les militants, fusillant et passant au fil de la baïonnette les ouvriers isolés surpris dans la rue. Les noms des martyrs prolétariens, tel celui de Veinoff, sont encore présents à l’esprit de la plupart d’entre nous. Si nous avons conservé alors Lénine, si nous avons conservé Zinoviev, c’est qu’ils ont su échapper aux mains des assassins. Il s’est trouvé alors parmi les mencheviks et les socialistes-révolutionnaires des voix pour reprocher à Lénine et à Zinoviev de se soustraire au jugement, tandis qu’il leur eût été si facile de se laver de l’accusation élevée contre eux, et qui les dénonçait comme des espions allemands. De quel tribunal voulait-on parler ? De celui probablement auquel on mena plus tard Liebknecht, et à mi-chemin duquel Lénine et Zinoviev auraient été fusillés pour tentative d’évasion ? Telle aurait été sans nul doute la déclaration officielle. Après la terrible expérience de Berlin, nous avons tout lieu de nous féliciter de ce que Lénine et Zinoviev se soient abstenus de comparaître devant le tribunal du gouvernement bourgeois .

Aberration historique

Perte irréparable, trahison sans exemple ! Les chefs du parti communiste allemand ne sont plus. Nous avons perdu les meilleurs de nos frères, et leurs assassins demeurent sous le drapeau du parti social-démocrate qui a l’audace de commencer sa généalogie à Karl Max ! Voilà ce qui se passe, camarades ! Ce même parti, qui a trahi les intérêts de la classe ouvrière dès le début de la guerre, qui a soutenu le militarisme allemand, qui a encouragé la destruction de la Belgique et l’envahissement des provinces françaises du Nord, ce parti dont les chefs nous livraient à nos ennemis les militaristes allemands aux jours de la paix de Brest-Litovsk ; ce parti et ses chefs - Scheidemann et Ebert - s’intitulent toujours marxistes tout en organisant les bandes noires qui ont assassiné Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg ! Nous avons déjà été les témoins d’une semblable aberration historique, d’une semblable félonie historique, car le même tour a déjà été joué avec le christianisme. Le christianisme évangélique, idéologie de pêcheurs opprimés, d’esclaves, de travailleurs écrasés par la société, idéologie du prolétariat, n’a-t-il pas été accaparé par ceux qui monopolisaient la richesse, par les rois, les patriarches et les papes ? Il est hors de doute que l’abîme qui sépare le christianisme primitif tel qu’il surgit de la conscience du peuple et des bas-fonds de la société, est séparé du catholicisme et des théories orthodoxes par un abîme tout aussi profond que celui qui s’est maintenant creusé entre les théories de Marx, fruits purs de la pensée et des sentiments révolutionnaires, et les résidus d’idées bourgeoises dont trafiquent les Scheidemann et les Ebert de tous les pays. Le sang des militants assassinés crie vengeance ! Camarades ! Je suis convaincu que ce crime abominable sera le dernier sur la liste des forfaits commis par les Scheidemann et les Ebert. Le prolétariat a supporté longtemps les iniquités de ceux que l’histoire a placés à sa tête ; mais sa patience est à bout et ce dernier crime ne restera pas impuni. Le sang de Karl Liebknecht et de Rosa Luxemburg crie vengeance ; il fera parler les pavés des rues de Berlin et ceux de la place de Potsdam, où Karl Liebknecht a le premier levé l’étendard de la révolte contre les Hohenzollern. Et ces pavés - n’en doutez pas - serviront à ériger de nouvelles barricades contre les exécuteurs de basses œuvres, les chiens de garde de la société bourgeoise - contre les Scheidemann et les Ebert !

La lutte ne fait que commencer

Scheidemann et Ebert ont étouffé, pour un moment, le mouvement Spartakiste (communistes allemands) ; ils ont tué deux des meilleurs chefs de ce mouvement et peut-être fêtent-ils encore à l’heure qu’il est leur victoire ; mais cette victoire est illusoire, car il n’y a pas encore eu, en fait, d’action décisive. Le prolétariat allemand ne s’est pas encore soulevé pour conquérir le pouvoir politique. Tout ce qui a précédé les événements actuels n’a été de sa part qu’une puissante reconnaissance pour découvrir les positions de l’ennemi. Ce sont les préliminaires de la bataille, mais ce n’est pas encore la bataille même. Et ces manœuvres de reconnaissance étaient indispensables au prolétariat allemand, de même qu’elles nous étaient indispensables dans les journées de Juillet.

Le rôle historique des journées de juillet

Vous connaissez le cours des événements et leur logique intérieure. A la fin de février 1917 (ancien style), le peuple avait renversé l’autocratie, et pendant les premières semaines qui suivirent, il sembla que l’essentiel était accompli. Les hommes de nouvelle trempe qui surgissent des autres partis - des partis qui n’avaient jamais joué chez nous un rôle dominant - ces hommes jouirent au début de la confiance ou plutôt de la demi-confiance des masses ouvrières. Mais Petrograd se trouvait comme il le fallait, à la tête du mouvement ; en février, comme en juillet, il représentait l’avant-garde appelant les ouvriers à une guerre déclarée contre le gouvernement bourgeois, contre les ententistes, c’est cette avant-garde qui accomplit les grandes manœuvres de reconnaissance. Elle se heurta précisément, dans les journées de juillet, au gouvernement de Kérensky. Ce ne fut pas encore la révolution, telle que nous l’avons accomplie en octobre : ce fut une expérience dont le sens n’était pas encore clair à ce moment à l’esprit des masses ouvrières. Les travailleurs de Petrograd s’étaient bornés à déclarer la guerre à Kérensky ; mais dans la collision qui eut lieu, ils purent se convaincre et prouver aux masses ouvrières du monde entier qu’aucune force révolutionnaire réelle ne soutenait Kérensky et que son parti était composé des forces réunies de la bourgeoisie, de la garde blanche et de la contre-révolution. Comme il vous en souvient, les journées de juillet se terminèrent pour nous par une défaite au sens formel de ce mot : les camarades Lénine et Zinoviev furent contraints de se cacher. Beaucoup d’entre nous furent emprisonnés ; nos journaux furent bâillonnés, le soviet des députés ouvriers et soldats réduit à l’impuissance, les typographies ouvrières saccagées, les locaux des organisations ouvrières mis sous scellés ; les bandes noires avaient tout envahi, tout détruit. Il se passait à Petrograd exactement ce qui s’est passé en janvier 1919 dans les rues de Berlin ; mais pas un instant nous n’avons douté alors de ce que les journées de juillet ne seraient que le prélude de notre victoire. Ces journées nous ont permis d’évaluer le nombre et la composition des forces de l’ennemi ; elles ont démontré avec évidence que le gouvernement de Kérensky et de Tseretelli représentait en réalité un pouvoir au service des bourgeois et des gros propriétaires contre-révolutionnaires. Les mêmes faits se sont produits à Berlin Des événements analogues ont eu lieu à Berlin. A Berlin, comme à Petrograd, le mouvement révolutionnaire a devancé celui des masses ouvrières arriérées. Tout comme chez nous, les ennemis de la classe ouvrière criaient : « Nous ne pouvons pas nous soumettre à la volonté de Berlin ; Berlin est isolé ; il faut réunir une Assemblée Constituante et la transporter dans une ville provinciale de traditions plus saines. Berlin est perverti par la propagande de Karl Liebknecht et de Rosa Luxemburg ! » Tout ce qui a été entrepris dans ce sens chez nous, toutes les calomnies et toute la propagande contre-révolutionnaire que nous avons entendues ici, tout cela a été répandu en traduction allemande par Scheidemann et Ebert contre le prolétariat berlinois et contre les chefs du Parti communiste, Liebknecht et Rosa Luxemburg . Il est vrai que cette campagne de reconnaissance a revêtu en Allemagne des proportions plus larges que chez nous, mais cela s’explique par le fait que les Allemands répètent une manœuvre qui a déjà été accomplie une fois chez nous ; de plus, les antagonismes de classes sont plus nettement établis chez eux. Chez nous, camarades, quatre mois se sont écoulés entre la révolution de février et les journées de juillet. Il a fallu quatre mois au prolétariat de Petrograd pour éprouver la nécessité absolue de descendre dans la rue afin d’ébranler les colonnes qui servaient d’appui au temple de Kérensky et de Tseretelli. Quatre mois se sont écoulés après les journées de juillet avant que les lourdes réserves de la province arrivassent à Petrograd, nous permettant de compter sur une victoire certaine et de monter à l’assaut des positions de la classe ennemie en octobre 1917 (ou en novembre, nouveau style). En Allemagne où la première explosion de la révolution a eu lieu en novembre, les événements correspondant à nos journées de juillet la suivent déjà au début de janvier. Le prolétariat allemand accomplit sa révolution selon un calendrier plus serré. Là où il nous a fallu quatre mois, il ne lui en faut plus que deux. Et nul doute que cette mesure proportionnelle se poursuivra jusqu’au bout. Des journées de juillet allemandes à l’octobre allemand il ne se passera peut-être pas quatre mois comme chez nous ; il ne se passera peut-être pas deux mois. Et les coups de feu tirés dans le dos de Karl Liebknecht ont, n’en doutez pas, réveillé de puissants échos par toute l’Allemagne. Et ces échos ont dû sonner comme un glas funèbre aux oreilles des Scheidemann et des Ebert. Nous venons ici de chanter le Requiem pour Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg. Nos chefs ont péri. Nous ne les reverrons plus. Mais combien d’entre vous camarades, les ont-ils approchés de leur vivant ? Une minorité insignifiante. Et néanmoins, Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg ont toujours été présents parmi vous. Dans vos réunions, dans vos congrès vous avez souvent élu Karl Liebknecht président d’honneur. Absent, il assistait à vos réunions, il occupait la place d’honneur à votre table. Car le nom de Karl Liebknecht ne désigne pas seulement une personne déterminée et isolée, ce nom incarne pour nous tout ce qu’il y a de bon, de noble et de grand dans la classe ouvrière, dans son avant-garde révolutionnaire. C’est tout cela que nous voyons en Karl Liebknecht. Et quand l’un d’entre nous voulait se représenter un homme invulnérablement cuirassé contre la peur et la faiblesse ; un homme qui n’avait jamais failli - nous nommions Karl Liebknecht. Il n’était pas seulement capable de verser son sang (ce n’est peut-être pas le trait le plus grand de son caractère), il a osé lever la voix au camp de nos ennemis déchaînés, dans une atmosphère saturée des miasmes du chauvinisme, alors que toute la société allemande gardait le silence et que le militarisme primait. Il a osé élever la voix dans ces conditions et dire ceci : « Kaiser, généreux capitalistes et vous - Scheidemann qui étouffez la Belgique, qui dévastez le nord de la France, qui voulez dominer le monde entier - je vous méprise, je vous hais, je vous déclare la guerre et cette guerre je la mènerai jusqu’au bout ». Camarades, si l’enveloppe matérielle de Liebknecht a disparu, sa mémoire demeure et demeurera ineffaçable ! Mais avec le nom de Karl Liebknecht celui de Rosa Luxemburg se conservera à jamais dans les fastes du mouvement révolutionnaire universel. Connaissez-vous l’origine des légendes des saints et de leur vie éternelle ? Ces légendes reposent sur le besoin qu’éprouvent les hommes de conserver la mémoire de ceux qui, placés à leur tête, les ont servis dans le bien et la vérité ; elles reposent sur le besoin de les immortaliser en les entourant d’une auréole de pureté. Camarades, les légendes sont superflues pour nous ; nous n’avons nul besoin de canoniser nos héros - la réalité des événements que nous vivons actuellement nous suffit, car cette réalité est par elle-même légendaire. Elle éveille une puissance légendaire dans l’âme de nos chefs, elle crée des caractères qui s’élèvent au-dessus de l’humanité. Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg vivront éternellement dans l’esprit des hommes. Toujours, dans toutes les réunions où nous évoquions Liebknecht nous avons senti sa présence et celle de Rosa Luxemburg avec une netteté extraordinaire - presque matérielle. Nous la sentons encore, à cette heure tragique, qui nous unit spirituellement avec les plus nobles travailleurs d’Allemagne, d’Angleterre et du monde entier tous accablés par le même deuil, par la même immense douleur. Dans cette lutte et dans ces épreuves nos sentiments aussi ne connaissent pas de frontières.

Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht sont nos frères spirituels

Liebknecht n’est pas à nos yeux un leader allemand, pas plus que Rosa Luxemburg n’est une socialiste polonaise qui s’est mise à la tête des ouvriers allemands... Tous deux sont nos frères ; nous sommes unis à eux par des liens moraux indissolubles. Camarades ! Cela nous ne le répéterons jamais assez car Liebknecht et Rosa Luxemburg avaient des liens étroits avec le prolétariat révolutionnaire russe. La demeure de Liebknecht à Berlin était le centre de ralliement de nos meilleurs émigrés. Lorsqu’il s’agissait de protester au parlement allemand ou dans la presse allemande contre les services que rendaient les impérialistes allemands à la réaction russe c’est à Karl Liebknecht que nous nous adressions. Il frappait à toutes les portes et agissait sur tous les cerveaux - y compris ceux de Scheidemann et d’Ebert - pour les déterminer à réagir contre les crimes de l’impérialisme. Rosa Luxemburg avait été à la tête du parti social-démocrate polonais qui forme aujourd’hui avec le parti socialiste le Parti Communiste. En Allemagne, Rosa Luxemburg avait, avec le talent qui la caractérisait, approfondi la langue et la vie politique du pays ; elle occupa bientôt un poste de plus en vue dans l’ancien parti social-démocrate. En 1905, Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg prirent part à tous les événements de la révolution russe. Rosa Luxemburg fut même arrêtée en sa qualité de militante active puis relâchée de la citadelle de Varsovie sous caution ; c’est alors qu’elle vint illégalement (1906) à Petrograd où elle fréquenta nos milieux révolutionnaires, visitant dans les prisons ceux d’entre nous qui étaient alors détenus et nous servant dans le sens le plus large de ce mot d’agent de liaison avec le monde socialiste d’alors. Mais en plus de ces relations toutes personnelles, nous gardons de notre communion morale avec elle - de cette communion que crée la lutte au nom des grands principes et des grands espoirs - le plus beau souvenir. Nous avons partagé avec elle le plus grand des malheurs qui aient atteint la classe ouvrière universelle - la banqueroute honteuse de la IIe Internationale au mois d’août 1914. Et c’est avec elle encore que les meilleurs d’entre nous ont élevé le drapeau de la IIIe Internationale et l’ont tenu fièrement dressé sans faillir un seul instant. Aujourd’hui, camarades, dans la lutte que nous poursuivons, nous mettons en pratique les préceptes de Karl Liebknecht et de Rosa Luxemburg. Ce sont leurs idées qui nous animent quand nous travaillons, dans Petrograd sans pain et sans feu, à la construction du nouveau régime soviétiste ; et quand nos armées avancent victorieusement sur tous les fronts c’est encore l’esprit de Karl Liebknecht et de Rosa Luxemburg qui les anime. A Berlin, l’avant-garde du Parti Communiste n’avait pas encore pour se défendre de forces puissamment organisées ; elle n’avait pas encore d’armée rouge comme nous n’en avions pas dans les journées de juillet quand la première vague d’un mouvement puissant mais inorganisé fut brisée par des bandes organisées quoique peu nombreuses. Il n’y a pas encore d’armée rouge en Allemagne mais il y a une en Russie ; l’armée rouge est un fait ; elle s’organise et croît en nombre tous les jours. Chacun de nous se fera un devoir d’expliquer aux soldats comment et pourquoi ont péri Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg, ce qu’ils étaient et quelle place leur mémoire doit occuper dans l’esprit de tout soldat, de tout paysan ; ces deux héros sont entrés à jamais dans notre panthéon spirituel. Bien que le flot de la réaction ne cesse de monter en Allemagne, nous ne doutons pas un instant que l’octobre rouge n’y soit proche. Et nous pouvons bien dire en nous adressant à l’esprit des deux grands défunts : Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht, vous n’êtes plus de ce monde, mais vous restez parmi nous ; nous allons vivre et lutter sous le drapeau de vos idées, dans l’auréole de votre charme moral et nous jurons si notre heure vient, de mourir debout face à l’ennemi comme vous l’avez fait, Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht.

Léon Trotsky

11 Messages de forum

  • En hommage à Karl Liebnecht et Rosa Luxemburg, nos camarades 11 juillet 2009 09:29, par Robert Paris

    Hommage de Barta pour LA LUTTE de CLASSES – n° 23 du 21 janvier 1944

    SOUS LE DRAPEAU DU COMMUNISME

    La commémoration annuelle de la mort de Karl Liebknecht, de Rosa Luxembourg et de Lénine (survenus au mois de janvier 1919 pour les premiers et en janvier 1924, pour le dernier) n’est pas pour nous l’accomplissement d’un rite consacré par une espèce de culte »prolétarien« . La marche de l’humanité vers le communisme exige qu’on ne réveille point, sous des formes nouvelles, d’anciennes superstitions. Nous en avons besoin pour opposer aux tendances réactionnaires, qui dans le camp ouvrier représentent l’influence de la bourgeoisie, l’exemple toujours éclatant des véritables fondateurs de la IIIème Internationale.

    Karl Liebknecht et Rosa Luxembourg ont milité en Allemagne avant et pendant la première guerre mondiale, Lénine en Russie. De ce fait les méthodes organisationnelles et tactiques de Karl et de Rosa n’avaient pas encore atteint, au moment où leur assassinat les arracha à leur vie de militants, la justesse des méthodes par lesquelles Lénine fit la première brèche dans le système capitaliste mondial. Mais »ils n’avaient pas dit leurs dernier mot« et il n’est pas douteux que s’ils avaient pu continuer leur carrière, ils seraient arrivés à appliquer en Allemagne les méthodes fondamentales qui avaient permis à Lénine et à Trotsky de vaincre dans l’ancien empire des tsars.

    Cependant leurs divergences tactiques n’entament en rien leur profonde unité politique, leur fusion sous un symbole : les 3 L. Lénine avait appelé Rosa et Karl, les meilleurs militants de la IIIème Internationale. Si Lénine représente en particulier des méthodes organisationnelles et une tactique ayant subi avec succès l’épreuve des événements, les trois ensemble sont le symbole même de la IIIème Internationale, de l’internationalisme prolétarien.

    Quand en 1914 les chefs socialistes de tous les pays, sous l’influence de la bourgeoisie, se servirent de tous les prétextes (démocratie contre militarisme en France, contre le tsarisme en Allemagne, etc…) pour voter les crédits de guerre de leur bourgeoisie et faire l’union sacrée avec elle contre les ouvriers, Karl Liebknecht, député au Reichstag, vota contre les crédits de guerre demandés par le Kaiser rejetant ainsi la guerre impérialiste et démasquant les buts de rapine de la bourgeoisie. Mais il ne se contenta pas de voter contre les crédits de guerre et de la dénoncer du haut de la tribune parlementaire. Tandis que les anciens chefs socialistes se vautraient dans l’union sacrée, il fut envoyé sur le front où la bourgeoisie espérait qu’une balle russe la débarrasserait de son ennemi. Se trouvant à Berlin en avril 1916 (en tant que député du Reichstag) il organisa une grande manifestation ouvrière de rue pour le 1er mai contre la guerre, pour la paix, le pain et la liberté. Il fut condamné par un Conseil de guerre et envoyé dans une forteresse, d’où il ne fut libéré que par la révolution allemande montante (23 octobre 1919). Le 15 janvier 1919 il tombe assassiné, avec Rosa, après l’échec de l’insurrection spartakiste à Berlin (le 12). Il nous a laissé la meilleure formule de l’internationalisme ouvrier pendant la guerre : »l’ennemi de chaque prolétariat est dans son propre pays« , la tâche des travailleurs étant de »balayer chacun devant leur propre porte« , c’est-à-dire diriger ses coups non pas contre le peuple d’en face, mais contre sa propre bourgeoisie.

    Rosa Luxembourg, d’origine polonaise, fut un des meilleurs théoriciens de la IIème Internationale. Elle avait pressenti plus tôt que quiconque, y compris Lénine, la décomposition des milieux dirigeants de la social-démocratie allemande. D’une santé frêle, elle cherchait toujours dans les manifestations l’endroit populaire où »ça chauffe«  ; elle est profondément »plébéienne« dans le meilleur sens du mot pour les révolutionnaires. Arrêtée une fois en février 1915 elle resta un an en prison et fut arrêtée de nouveau au milieu de l’année 1916. Comme Liebknecht, elle fut libérée par la Révolution. En prison elle écrivit sa fameuse brochure signée Junius, un réquisitoire passionné contre les fauteurs de guerre d’Allemagne et de tous les pays ; en prison également, elle accueillit la Révolution russe avec un grand enthousiasme. Dans une brochure destinée à en dégager les leçons, après une critique fraternelle de ce qu’elle croyait erroné dans la politique de Lénine et de Trotsky, elle finit ainsi : “Lénine et Trotsky et leurs amis ont été les premiers qui aient montré l’exemple au prolétariat mondial ; il sont jusqu’ici encore les seuls qui puissent s’écrier : j’ai osé !” .

    Pour mener leur action, Rosa et Karl fondèrent au début de la guerre la ligue “Spartakus” (le chef de la révolte des esclaves romains contre leurs maîtres), qui plus tard donna naissance au Parti communiste allemand.

    La guerre impérialiste de 1914 trouva en Lénine non seulement l’internationaliste intransigeant qui dénonce les crimes des »brigands impérialistes de tous les pays« , mais encore le chef prolétarien qui trouve la tactique juste pour remporter la victoire des exploités sur les capitalistes. Ses mots-d’ordre principaux furent : »transformation de la guerre impérialiste en guerre civile« , rupture complète et dénonciation acharnée des social-patriotes, création d’une nouvelle Internationale, la 3ème. Quand le tsarisme fut renversé en 1917 par le prolétariat de Pétrograd (aujourd’hui Léningrad), la bourgeoisie impérialiste de Russie continua sa guerre de brigandage à l’abri du régime démocratique nouvellement conquis par les masses. En l’absence de Lénine et des principaux chefs bolcheviks, qui n’étaient pas encore rentrés de l’émigration (par le fameux wagon plombé allemand qui servit plus tard de prétexte à l’entente pour le traiter d’agent de l’Allemagne), les membres du Parti qui se trouvaient à ce moment-là à la direction, tombèrent dans le piège et se déclarèrent prêts à la défense de la »révolution” russe.

    Lénine arriva à temps pour redresser la ligne du Parti qui dénonça dès lors la guerre comme impérialiste tant que la bourgeoisie, liée à l’Entente, ne serait pas renversée par les masses ouvrières et paysannes (soldats) et que le pouvoir ne serait pas exclusivement entre les mains des Soviets. Mais la profondeur de l’Internationalisme de Lénine ne se montre pas seulement avant la prise de pouvoir par le prolétariat en Russie. Elle se manifeste, et d’une manière encore plus décisive, après la révolution d’Octobre 17. La révolution russe n’était pour Lénine et les bolchéviks qu’un chaînon de la révolution mondiale. La victoire du socialisme dans le monde, voilà leur point de départ doctrinal et leur but pratique. Le prolétariat doit s’emparer du pouvoir là où il a la possibilité de le faire et aider la révolution dans les pays qui subissent encore le joug des capitalistes. Mais il se peut que le pays où le pouvoir est le plus facilement conquis par le prolétariat ne soit pas en même temps celui qui peut le plus rapidement faire avancer tous les autres pays dans la voie du socialisme. Lénine était prêt à risquer la révolution russe pour assurer la victoire de la révolution allemande considérée par lui comme plus importante pour le socialisme que la révolution dans l’ancien empire des tsars. De ce profond internationalisme des 3 L. s’inspire la IVème Internationale dans sa lutte contre la 2ème guerre impérialiste mondiale et pour le renversement du capitalisme. Son fondateur et guide, Léon Trotsky, le plus proche compagnon de Lénine, assassiné par Staline en août 1940, ajoute son nom à celui des 3 L. Ces militants inébranlables du communisme ont donné un exemple qui ne sera pas oublié !

    BARTA

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  • En hommage à Karl Liebnecht et Rosa Luxemburg, nos camarades 19 octobre 2009 16:38, par Robert Paris

    Discours prononcé par Lénine après l’assassinat de Rosa Luxemburg et de Karl Liebknecht le 19 janvier 1919 :

    Aujourd’hui, à Berlin, la bourgeoisie et les social-traîtres exultent : ils ont réussi à assassiner Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg. Ebert et Scheidemann qui, au cours de quatre années, ont mené les ouvriers au carnage au nom des intérêts des forbans, ont assumé aujourd’hui le rôle de bourreaux des chefs prolétariens. L’exemple de la révolution allemande nous persuade que la « démocratie » n’est que le paravent du pillage bourgeois et de la violence la plus féroce.

    Mort aux bourreaux !

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  • En hommage à Karl Liebnecht et Rosa Luxemburg, nos camarades 31 octobre 2009 13:51, par Robert Paris

    “ Te réjouis-tu des Russes ? Bien entendu, ils ne pourront se maintenir parmi ce sabbat infernal - non pas à cause de la statistique qui témoigne du développement économique arriéré de la Russie ainsi que l’a calculé ton judicieux époux - mais parce que la social-démocratie de cet Occident supérieurement développé est composée de poltrons abjects qui, en spectateurs paisibles, laisseront les Russes perdre tout leur sang. Mais une pareille mort vaut mieux que de “ rester en vie pour la patrie ” ; c’est un acte d’une envergure historique mondiale dont les traces resteront marquées à travers les siècles. J’attends encore de grandes choses au cours des prochaines années ; seulement j’aimerais admirer l’histoire du monde autrement qu’à travers la grille... ”

    “ Rosa Luxemburg, Lettre à Louise Kautsky, Breslau. Prison pénitentiaire,

    24 novembre 1917. ”

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    • “ Te réjouis-tu des Russes ? Bien entendu, ils ne pourront se maintenir parmi ce sabbat infernal - non pas à cause de la statistique qui témoigne du développement économique arriéré de la Russie ainsi que l’a calculé ton judicieux époux - mais parce que la social-démocratie de cet Occident supérieurement développé est composée de poltrons abjects qui, en spectateurs paisibles, laisseront les Russes perdre tout leur sang. Mais une pareille mort vaut mieux que de “ rester en vie pour la patrie ” ; c’est un acte d’une envergure historique mondiale dont les traces resteront marquées à travers les siècles. J’attends encore de grandes choses au cours des prochaines années ; seulement j’aimerais admirer l’histoire du monde autrement qu’à travers la grille... ”

      “ Rosa Luxemburg, Lettre à Louise Kautsky, Breslau. Prison pénitentiaire,

      24 novembre 1917. ”

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  • En hommage à Karl Liebnecht et Rosa Luxemburg, nos camarades 2 janvier 2010 14:17, par Robert Paris

    Discours prononcé par Lénine après l’assassinat de Rosa Luxemburg et de Karl Liebknecht le 19 janvier 1919 :

    Aujourd’hui, à Berlin, la bourgeoisie et les social-traîtres exultent : ils ont réussi à assassiner Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg. Ebert et Scheidemann qui, au cours de quatre années, ont mené les ouvriers au carnage au nom des intérêts des forbans, ont assumé aujourd’hui le rôle de bourreaux des chefs prolétariens. L’exemple de la révolution allemande nous persuade que la « démocratie » n’est que le paravent du pillage bourgeois et de la violence la plus féroce.

    Mort aux bourreaux !

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  • Kornilov en Russie aurait pu devenir l’assasin de la révolution russe, mais c’est en Allemagne que la révolution mondiale a été vraiment décapité par la sociale démocratie Allemande en 1919.

    En tuant Rosa et Karl, les "socialistes de l’époque" qui ne l’étaient plus du tout depuis 1914, vont anéantir l’espoir d’une direction révolutionnaire car c’est aussi une répression terrible qui s’abat parmi les ouvriers révolutionnaires allemands.

    En France, la lutte anti communiste, anti révolutionnaire et donc anti ouvrière prend des formes de propagande anti russe.

    Extrait de Wilkipédia

    "En 1919 apparaît la célèbre affiche anticommuniste de « l’homme au couteau entre les dents ». Elle a été imprimée par « une Union des intérêts économiques émanant du haut patronat à l’occasion des élections législatives en 1919, alors même que le parti communiste français n’existe pas encore. »[10] Cette image sera fréquemment détournée, en particulier par le PCF. Mais en 1934, le thème est repris au premier degré : les Républicains nationaux veulent dénoncer les « valets de Staline », qui sont selon eux (dans l’ordre) les socialistes, les communistes, et les francs-maçons[10].

    L’approbation par la direction du PCF du pacte germano-soviétique (signé le 23 août 1939) génère un fort sentiment anticommuniste. Cette approbation débouche sur l’interdiction du PCF.

    Entre 1941 et 1944, l’anticommunisme « n’est développé que par les occupants et les Vichystes mais avec une violence - tortures, déportations, fusillades et assassinats - jusqu’alors inusitée. »[11]

    En raison de la participation des communistes à la Résistance, et de leur entrée au gouvernement, l’anticommunisme s’exprime moins à partir de la Libération. Il redevient important à partir de 1947, quand le PCF doit quitter le gouvernement, et que la guerre froide se développe. Le mouvement Paix et Liberté est fondé en 1950 : financé par l’État, il diffuse massivement des affiches qui contrent la propagande du PCF."

    Pour lire tout l’article cliquez ici

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    • L’inflexible Karl Liebknecht

      Nous venons d’éprouver la plus lourde perte. Un double deuil nous atteint.

      Deux chefs ont été brutalement enlevés, deux chefs dont les noms resteront à jamais inscrits au livre d’or de la révolution prolétarienne : Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg. Le nom de Karl Liebknecht a été universellement connu dès les premiers jours de la grande guerre européenne.

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  • Message posté sur un site critique de l’intervention en Haïti par les armées de l’impérialisme. (legrandsoir.info)

    « Bonjour,

    Suite à la lecture de vos articles, l’un sur Haïti, l’autre sur la campagne anti-blocus à Gaza, j’ai quelques questions à poser à tous vos lecteurs ainsi qu’à vous-même :

    • * Pourquoi toujours cibler contre Israël les attaques opérées par les défenseurs de la Palestine ?
    • * pourquoi ne jamais dire que la bourgeoisie palestinienne contrôle le commerce intérieur de Cisjordanie et de Gaza ?
    • * pourquoi ne jamais critiquer le blocus opéré par l’egypte contre la bande de Gaza ?
    • * Les militants pro-palestiniens doivent tous-ils tous être nationalistes arabes et antisémites ?
    • * l’antisionisme, néo-antisémitisme serait-il l’idéologie dominante des pro-palestiniens ?

    En tant que marxiste, je suis pour l’abolition de l’autorité palestinienne comme des tous les états du proche-orient, comme celui de la France. Pas plus Israël que l’Egypte ou tout autre état bourgeois et capitaliste.

    Je suis autant pour l’abolition des états bourgeois aux états-unis, qu’en Europe, ou en Afrique, bref, partout dans le monde.

    Je suis pour les états unis socialistes du proche et du moyen orient, juifs, arabes et chrétiens libres de vivre entre eux sans frontières ni dans les têtes ni dans les lieux géographiques.

    Seul le prolétariat organisé de façon autonome pourra arriver à ce but.

    Les nationalistes de tout bord favorisent les tensions internationales et l’ordre capitaliste en ne proposant pas ces objectifs.

    La bonne conscience humanitaire, en Haïti ou à Gaza est la même : aider l’impérialisme et le capitalisme à continuer à contrôler la planète sous sa botte.

    F. Kletz

    http://www.matierevolution.org/

    Priorité à la critique de sa propre bourgeoisie. Cf. Liebknecht et Luxembourg au lien suivant : http://www.matierevolution.fr/spip....

     »

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  • SOUVENONS-NOUS !

    Ces deux militants intransigeants du mouvement révolutionnaire international ont été éliminés par la bourgeoisie allemande, alliant en cette occasion, pour assassiner la révolution prolétarienne de 1918-19, depuis les corps francs fascistes et le haut état-major militaire allemand jusqu’aux dirigeants social-démocrates.

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  • Le 15 janvier 1919, Rosa Luxemburg a été assassinée. Elle venait de sortir de prison après presque quatre ans de détention dont une grande partie sans jugement parce que l’on savait à quel point son engagement contre la guerre et pour une action et une réflexion révolutionnaires était réel. Elle participait à la révolution spartakiste pour laquelle elle avait publié certains de ses textes les plus lucides et les plus forts. Elle gênait les sociaux-démocrates qui avaient pris le pouvoir après avoir trahi la classe ouvrière, chair à canon d’une guerre impérialiste qu’ils avaient soutenue après avoir prétendu pendant des décennies la combattre. Elle gênait les capitalistes dont elle dénonçait sans relâche l’exploitation et dont elle s’était attachée à démontrer comment leur exploitation fonctionnait. Elle gênait ceux qui étaient prêts à tous les arrangements réformistes et ceux qui craignaient son inlassable combat pour développer une prise de conscience des prolétaires.

    Comme elle, d’autres militants furent assassinés, comme Karl Liebknecht et son ami et camarade de toujours Leo Jogiches. Comme eux, la révolution fut assassinée en Allemagne.

    Que serait devenu le monde sans ces assassinats, sans cet écrasement de la révolution. Le fascisme aurait-il pu se dévélopper aussi facilement ?

    Une chose est sûre cependant, l’assassinat de Rosa Luxemburg n’est pas un acte isolé, spontané de troupes militaires comme cela est souvent présenté. Les assassinats ont été systématiquement planifiés et ils font partie, comme la guerre menée à la révolution, d’une volonté d’éliminer des penseurs révolutionnaires, conscients et déterminés, mettant en accord leurs idées et leurs actes, la théorie et la pratique, pour un but final, jamais oublié : la révolution.

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