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Accueil du site > 04 - Livre Quatre : HISTOIRE CONTEMPORAINE > 04- La révolution en Asie, à la fin de la guerre mondiale > Luttes de classe en Chine

Luttes de classe en Chine

samedi 21 octobre 2017, par Robert Paris

Des livres en français à lire en priorité :

Harold Isaacs ; La tragédie de la révolution chinoise

Cadart-Yingxiang ; L’envol du communisme en Chine

Et Léon Trotsky ; L’Internationale communiste après Lénine voir ici

Luttes de classe en Chine

La civilisation chinoise n’a pas été créée par l’Etat, par le pouvoir central, le royaume ni l’empire

L’origine de la fondaion de l’Etat chinois (en anglais)

Révolutions de la Chine antique

La Chine antique : un « mode de production asiatique » ?

Les révolutions paysannes de Chine

1644 -1840 : du pouvoir mandchou à la guerre de l’opium (en anglais)

1840-1900 : de la guerre de l’opium au mouvement des boxers (en anglais)

1830-1850 : Karl Marx sur la Chine (en anglais)

1881-1885 : le conflit franco-chinois

1900 : la guerre de Chine

Qui était Chen duxiu ?

La fondation du parti communiste en Chine, ce n’est pas Mao

La révolution chinoise de 1925-1927

Révolution chinoise en 1927

L’écrasement de la révolution prolétarienne de 1927 par le Kuomintang en 1927

1927 : La contre-révolution stalinienne fait massacrer les prolétaires chinois

Lettres à propos de l’insurrection de Canton

1928 : Lettres à propos de l’insurrection de Canton

1928 : la question chinoise dans l’Internationale communiste

Luttes de classe en Chine

Chine 1927 : le stalinisme livre le prolétariat à la répression

Bilan de la révolution de 1925-1927

1926 : le point de vue stalinien sur la révolution chinoise (en anglais)

1927 : la défaite de la révolution chinoise (en anglais)

1929 : que se passe-t-il en Chine ?

La Chine en 1930

Perspectives de la révolution en 1930

Bilan de la révolution chinoise

1931 : épilogue de la révolution chinoise

1932 : la guerre des paysans en Chine et le prolétariat

1934 : rupture avec les staliniens chinois (en anglais)

1934 : la guerre des paysans (en anglais)

1938 : la tragédie de la révolution chinoise (en anglais)

Le trotskysme en Chine (en anglais)

Qui était Mao Dze Dong

La révolution de Mao ou la guerre (et la prise de pouvoir) d’une armée dite rouge

1948 : La "Révolution" de Mao Tse-Toung- Rapport sur le stalinisme chinois

1948-1949 : Révolution et contre-révolution en Chine

1949 : Le pouvoir maoïste contre la classe ouvrière

Démystification du maoïsme

1949-1971 : le développement du capitalisme en Chine

La nature du "communisme" chinois de Mao Tze Toung

De la prise de pouvoir de Mao à l’exploitation ouvrière capitaliste, toujours sous l’égide d’un parti officiellement "communiste"

1958 : la classe ouvrière face au pouvoir

1959 : La vieille Chine de Mao Tse-Toung

1958 à 1968 : « Grand bond en avant » et « révolution culturelle », des politiques du pouvoir contre la classe ouvrière

1975 : l’influence maoïste dans le génocide khmer « rouge »

La Chine de 1989 (Tiananmen) à 2000

2008 : Témoignages de syndicalistes chinois

2008 : la Chine ouvrière face à la crise

Chine ouvrière en 2008

Le goulag (laogaï) en 2008

2008 : la Chine dans le monde impérialiste

Syndicalisme en 2009

2009 : les effets de la crise mondiale en Chine

2009 : La colère des ouvriers chinois

2009, l’atelier du monde est au ralenti

2009 : avec la crise, la multiplication des conflits

2009 : les conflits sociaux et révoltes ouvrières se multiplient

2009 : dans les usines de jouets

2009 : la grève des motos-taxis

2009 : répression de la grève de la sidérurgie

2010 : Vive la grève des ouvriers chinois

2010 : grèves en Chine

2010 : l’impérialisme chinois

Révolte ouvrière en 2010

2010 : Les accidents du travail dans les mines tuent

2010 : Pourquoi Sarkozy déroule le tapis rouge devant le dirigeant du goulag chinois Hu Jintao ?

Emeutes en Chine

2011 : Soulèvements prolétariens en Chine du sud

Syndicalisme en 2011

2011 : le printemps « arabe » menace la Chine

2011 : la Corée du nord, pro-chinoise, est présentée comme une menace mondiale

2011-2014 : émeutes en Chine

2012 : L’encerclement armé de la Chine et de la Russie, une politique de l’impérialisme américain et de ses alliés

2012 : Révolte contre le goulag chinois

2012 : La police verrouille une usine pour réprimer des protestations

2013 : le nouveau capitalisme en Chine

2013 : le goulag en Chine

2013 : Le FMI prévient de risques croissants contre le système financier chinois

2013 : les plans de guerre américains contre la Chine

2013 : menaces de guerre en Mer de Chine

2013 : incident de classe

Luttes de classe en 2014

2014 : émeutes contre la police

2014 : révolte à Hong Kong

2014 : Aux USA, la campagne nationaliste et anti-chinoise bat son plein !

2015 : la crise

2015 : luttes sociales malgré la crise

2015 : effondrement économique en Chine

2015 : Chine et Russie face aux USA

2015 : la banque asiatique d’investissements fondée par la Chine

2015 : Les États-Unis ouvrent la voie à une confrontation avec la Chine

2016 : une bourgeoisie impérialiste

2016 : La Chine, dirigée par un parti stalinien dictatorial, se retrouve en tête du monde capitaliste

2016 : la crise chinoise

2016 : la révolte de Wuhan

2017 : Les combats de la classe ouvrière

8 Messages de forum

  • Luttes de classe en Chine 29 novembre 2017 07:01

    Devant l’usine Jabil de Wuxi, près de Shanghaï, dans l’est de la Chine, rien ne laisse penser qu’une grève a eu lieu deux jours plus tôt. Les barricades improvisées qui bloquaient les entrées, mercredi 18 octobre, ont été nettoyées, et tout semble revenu à la normale. Tout juste remarque-t-on un nombre important de gardiens devant chaque entrée de l’usine. Mais l’atmosphère est tendue. Certains ouvriers coupent court à la conversation dès qu’on évoque la grève. Rien vu, rien entendu. Deux débrayages ont pourtant eu lieu en deux semaines chez ce fournisseur américain d’Apple, victime des mauvaises ventes de l’iPhone 8, d’après des employés. Des intérimaires réclament des primes promises au moment de leur embauche.

    Ceux qui parlent sont ceux qui n’ont plus peur des répercussions. Deux trentenaires sortent de l’usine la mine sombre. Ils viennent de refuser d’être transférés dans la ville d’à côté, Suzhou, donnant, de fait, leur démission. « Moi, je n’ai pas fait grève, mais nous sommes des milliers concernés par les réorganisations. On s’est installés à Wuxi, ma femme travaille aussi dans l’usine, je n’ai pas envie de partir. » Son camarade raconte la même histoire et conclut, dépité : « On a travaillé pour eux des années, mais ils s’en foutent. Maintenant, on va chercher du boulot ailleurs. »

    L’organisation non gouvernementale China Labor Watch (CLW), installée à New York, a rapporté un premier débrayage, le 11 octobre, suivi d’un second, le 18. Sur des vidéos postées dans un premier temps sur le réseau social Weibo (similaire à Twitter), on voit des dizaines, peut-être une centaine de salariés bloquant l’entrée du site Green Point de Wuxi. Quelques-uns sont ceinturés par des agents de sécurité de Jabil. Des policiers sont également présents.

    Les infos sur les grèves ouvrières en Chine ont de plus en plus de mal à percer…

    Quatre ans de prison pour Lu Yuyu : ce blogueur chinois a été reconnu coupable par un tribunal de la ville de Dali, dans le sud-ouest de la Chine, d’avoir « provoqué des troubles et attisé des querelles ». Lu Yuyu et sa compagne avaient été arrêtés l’an dernier pour avoir créé un blog répertoriant manifestations et mouvements sociaux en Chine.

    Lu Yuyu est un ancien travailleur migrant. En 2012, il crée avec sa femme un blog qui recense toutes les grèves et manifestations d’ouvriers en Chine. Le couple met en évidence une explosion des conflits sociaux dans le pays : 5 000 en 2015 et 2016, selon une ONG basée à Hong Kong, le China Labour Bulletin.

    C’est deux fois plus que les quatre années précédentes cumulées. Une augmentation due au ralentissement de l’économie, à la robotisation, aux fermetures d’usines. Le blog devient un outil pour les militants défendant les droits des travailleurs.

    Lu Yuyu et Li Tingyu sont arrêtés en juin 2016, accusés d’avoir « provoqué des troubles et attisé des querelles », un motif souvent utilisé par Pékin pour faire taire les critiques. Li Tingyu a été jugée en avril dernier et libérée, sans que le verdict ne soit rendu public.

    Lu Yuyu lui écope aujourd’hui de quatre années de prison ferme, une peine extrêmement sévère et d’autant plus inquiétante, souligne Amnesty International, que le blogueur ne faisait que compiler des informations publiques, et donc déjà disponibles ailleurs. Une peine qui, selon le China Labour Bulletin, résonne comme un nouvel avertissement pour ceux qui tentent de défendre les droits des travailleurs en Chine.

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  • Luttes de classe en Chine 17 janvier 15:19

    L’entreprise sud-coréenne, spécialisée dans l’électronique, a été contrainte de se défendre, jeudi 11 janvier, après que deux ONG ont apporté de nouveaux éléments à leurs accusations de violations des droits de l’homme dans les usines chinoises du constructeur.

    S’appuyant sur de nouveaux rapports de militants infiltrés entre 2012 et 2016 dans les usines du groupe électronique, les ONG Peuples solidaires et Sherpa dénoncent « l’emploi d’enfants de moins de 16 ans, des horaires de travail abusifs, l’absence d’équipements appropriés aux risques encourus, des conditions de travail et d’hébergement incompatibles avec la dignité humaine », selon leur communiqué.

    Sherpa et Peuples solidaires annoncent donc le dépôt, ce jeudi, de ces nouveaux éléments au parquet de Paris, à l’appui d’une plainte pour pratiques commerciales trompeuses qui vise Samsung Monde, la maison mère, et sa filiale Samsung Electronics France (SEF). « Cette procédure s’inscrit dans notre lutte de longue date contre l’impunité des multinationales », ont expliqué Sherpa et Peuples solidaires.

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  • La colère gronde en Chine. Les grèves se multiplient. Sur les trois premiers mois de 2018, la hausse est même spectaculaire : +96% par rapport à l’an dernier. Dans leur très grande majorité les revendications sont toujours les mêmes : elles portent sur le niveau des rémunérations et sinon sur le non-paiement des salaires ou des contributions patronales (comme la caisse de pension ou la subvention au logement que chaque travailleur est en droit de toucher). Or le problème c’est qu’en Chine les travailleurs qui décident de faire grève doivent se débrouiller tous seuls. Pourquoi ? Tout simplement parce que les syndicats officiels sont tous contrôlés en paroles par un prétendu Parti Communiste Chinois, en réalité par l’Etat capitaliste.

    De leur côté les autorités, ont partiellement changé d’attitude. Elles ne répriment plus immédiatement et violemment, du moins tant que ces mouvements ne débordent pas dans l’espace public, comprenez tant qu’ils ne risquent pas de donner des idées aux autres. Car dès-lors que les manifestants se mettent à bloquer une rue ou à protester dans les centres villes, le gouvernement intervient aussitôt, en envoyant la police et en procédant à des arrestations. Et c’est ainsi que les grèves en Chine deviennent, désormais, de plus en plus sophistiquées. Les employés coordonnent leurs actions avec l’application WeChat. Ils pointent avant de faire grève, ce qui rend difficile l’identification des participants. Enfin les récits et les vidéos de ces mouvements de contestation (publiés sur les réseaux sociaux) étant immédiatement effacés par les autorités, certains protestataires, pour contourner la censure, se sont mis à remplacer le mot « grève » par « arrêt de travail ».

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  • Début avril, une centaine de nettoyeurs de rue ont effectué un sit-in de quatre jours devant un bâtiment administratif à Shanghai, pour protester contre une baisse de leur salaire. En mars, ce sont les employés d’une usine de Guangzhou produisant des sacs à main pour la marque de luxe Michael Kors qui ont fait grève durant huit jours. Ils ont exigé un salaire minimum de 3500 yuans par mois (532 francs), ainsi que le paiement rétroactif de cotisations sociales que leur employeur avait omis de verser.

    Les grèves sont devenues plus sophistiquées. Les employés s’organisent et coordonnent leurs actions avec l’application WeChat.

    Les nettoyeurs de rue sont en général engagés avec des contrats temporaires, reçoivent de maigres paies et font un métier dangereux, risquant à tout moment de se faire renverser par une voiture.

    Phénomène plus large : la hausse du nombre de grèves à l’échelle du pays. Sur les trois premiers mois de l’année, il y en a eu 457, contre 233 durant la même période en 2017, soit une hausse de 96%, selon un recensement effectué par le China Labour Bulletin. En 2011, il y en avait eu moins de 200 sur l’ensemble de l’année. La majorité a eu lieu dans les grandes villes côtières, notamment dans les hubs industriels de Guangzhou et Shenzhen.

    Mais un nombre croissant de grèves se déroulent dans les provinces intérieures du pays, comme le Henan, le Shanxi et l’Anhui, où de nombreuses usines se sont installées ces dernières années pour profiter des salaires plus bas », souligne Geoffrey Crothall. L’industrie des services (restaurants, hôtels, parcs d’attractions, livreurs) compte également de plus en plus de travailleurs mécontents.

    Dans 80% des cas, les revendications portent sur le non-paiement de salaires ou de cotisations sociales, comme la caisse de pension ou la subvention au logement que chaque travailleur est en droit de toucher. « En Chine, très peu d’employeurs prennent la peine de verser ces contributions », indique Geoffrey Crothall. De même, de nombreuses start-up se créent dans des domaines saturés, comme la livraison à domicile ou les vélos partagés, débouchant sur des faillites et des salaires non payés.

    Le niveau des salaires est également source de disputes : ils ont fortement augmenté il y a une dizaine d’années mais stagnent depuis, alors que le coût de la vie ne cesse d’augmenter », explique Jonathan Isaacs, un avocat spécialisé dans le droit du travail chinois. Certains travailleurs touchent à peine 3000 yuans par mois (456 francs), ce qui n’est pas assez pour survivre dans une grande ville chinoise.
    Lorsque les producteurs de biens à faible valeur ajoutée, à l’image des vêtements, des chaussures ou des jouets, quittent la Chine au profit de destinations moins onéreuses comme le Vietnam, le Bangladesh ou l’Indonésie, cela génère aussi des mouvements de protestation.
    Les travailleurs qui décident de faire grève doivent se débrouiller tous seuls. « Les syndicats officiels sont contrôlés par le Parti communiste et cherchent plutôt à éviter la confrontation », souligne Jonathan Isaacs. Mais un réseau d’ONG et d’activistes a vu le jour ces dernières années pour conseiller les travailleurs. « Les grèves sont devenues plus sophistiquées, dit l’avocat. Les employés s’organisent et coordonnent leurs actions avec l’application WeChat. Ils pointent aussi avant de faire grève, ce qui rend difficile l’identification des participants.

    Quant aux autorités, elles laissent le patron trouver une solution avec ses employés, ce qui débouche en général sur une solution hâtive qui ne règle pas le problème de fond. Mais si les travailleurs en colère se mettent à bloquer une rue ou à protester au centre-ville, le gouvernement intervient, en envoyant la police et en procédant à des arrestations. Aux yeux de l’Etat, tout signe de contestation sociale doit en effet être étouffé dans l’œuf pour ne pas donner des idées à d’autres citoyens.

    De nombreuses ONG d’aide aux travailleurs ont également été interdites et leurs employés arrêtés. Les récits et les vidéos des participants à ces mouvements de contestation, publiés sur les réseaux sociaux, sont aussitôt effacés par les autorités. « Pour contourner la censure, certains protestataires se sont mis à remplacer le mot grève par des synonymes comme arrêt de travail.

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  • Luttes de classe en Chine 18 octobre 07:54, par Éric Meyer

    Une méthode de revendication sans précédent vient d’apparaître en Chine pour piéger la police. Le 7 juin dernier, les camionneurs ont appelé par le biais des réseaux sociaux à la grève. Date prévue : le 10 juin. Or, le jour dit, ils ont annulé leur mouvement, non sans avoir lancé entre-temps des actions à travers dix provinces, impliquant des milliers de semi-remorques bardés de slogans comme « Halte au diesel cher » et bloquant les avenues en klaxonnant, selon des témoignages recueillis par le « China Labor Bulletin ». En dépit de la censure et de l’interdiction de se constituer en syndicat libre, les organisateurs ont réussi à faire entendre leurs doléances au-delà de leurs espérances.

    Hausse du prix du diesel

    Derrière l’action des routiers se trouve une hausse du prix du carburant de 25% en une année, à 1 fr. 08 le litre. Une multitude de taxes et de péages insupportables se sont accumulés, comme des amendes arbitraires prélevées en cash et sans reçu. Les camionneurs les plus chanceux se protègent en roulant avec de « vraies fausses » plaques militaires. Les autres ne parviennent à joindre les deux bouts qu’en roulant en surcharge et en vivant à bord de leur camion.

    Le gros de la colère s’élève contre le groupe Manbang, un monopole organisé par l’État. Manbang « fédère » 5,2 millions de chauffeurs en leur distribuant leurs courses sur leurs smartphones. Quatre jours avant l’annonce de la grève, Manbang avait lancé un système adjugeant les courses par « enchères négatives ». « Dès lors, déclare Tan Jiangying, chercheur en conflits du travail en Chine, des millions de camionneurs ont perdu leur pouvoir de négociation. Sur l’écran de leur téléphone portable, ils ont découvert les courses disponibles et étaient obligés d’offrir le tarif le plus bas pour pouvoir travailler. » Or, un sondage réalisé en 2016 est formel : 71% des routiers sont propriétaires de leur camion, endettés jusqu’au cou et tremblent de voir la banque le saisir à défaut de remboursement.

    Cette manifestation nationale avait un petit air de déjà-vu : à la fin du mois d’avril, des milliers de grutiers avaient bloqué leurs engins dans vingt provinces en employant la même tactique. Dans le cas des grutiers comme des camionneurs, la police a donc agi avec prudence, craignant une explosion de violence chez ces professionnels poussés au désespoir et dont certains auraient pu lancer leurs véhicules contre des édifices publics ou dans la foule.

    Ces grèves sauvages l’illustrent : plusieurs catégories de travailleurs commencent à s’organiser contre le patronat et l’État. Leurs actions de défense syndicale deviennent une condition de survie, et les autorités, malgré la censure, ne peuvent plus les en empêcher. Signe d’un accroissement de la tension sociale, d’autres mouvements sociaux couvent. Après les grutiers et les camionneurs, la prochaine grève pourrait venir des livreurs de repas. Ils sont sept millions à travers la Chine, très mal payés et en colère.

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  • Luttes de classe en Chine 18 octobre 07:57, par Éric Meyer

    Ce dimanche après midi à Pékin, l’Assemblée nationale populaire chinoise a procédé à un vote historique en entérinant les 21 amendements à la Constitution qui mettent fin à quarante-deux ans de direction collégiale. Un scrutin digne de l’époque de Mao Zedong. Sur 2964 suffrages exprimés, la proposition du premier secrétaire, Xi Jinping, à la tête du pays depuis la fin de l’année 2012, n’a enregistré que deux voix contre, trois abstentions et un bulletin blanc.

    La Chine vient de tourner le dos à une règle imposée par Deng Xiaoping, qui limitait le pouvoir suprême à dix ans. Avec ce vote unanime, Xi Jinping pourra rester aux affaires aussi longtemps qu’il le souhaite. Le vote a ouvert la voie à un mandat à vie. Il inaugure aussi un « superministère » de la sécurité publique, qui pourra détenir durant trois mois tout cadre de l’État – administratif, militaire voire enseignant, journaliste ou artiste – et même confisquer ses biens. Aucun juge n’aura son mot à dire. Pas même le premier ministre. Très peu de citoyens ont osé exprimer leur désaccord. Li Datong, journaliste à la retraite, affirme que l’immense majorité des élus, quoique hostiles à cette prise de pouvoir, ont préféré voter le texte par peur de représailles.

    Outre les amendements à la Constitution, Xi Jinping nourrit d’autres projets, qui pourraient voir le jour dès 2020. Il s’agit d’un système de note de moralité individuelle, dite de « crédit social », calculée pour chaque citoyen à partir de son comportement sur Internet, dans la rue, au travail ou en matière d’argent. Si cette note est bonne, elle donnera à l’intéressé des privilèges (comme un accès facilité aux métiers de l’administration). En revanche, si elle est négative, elle lui vaudra des pénalités pouvant aller – c’est déjà le cas aujourd’hui – jusqu’à l’interdiction de prendre le train ou l’avion.

    Une nouvelle ère policière s’annonce. En effet, en plus de décupler les forces nationales de police politique et de censure, Xi Jinping a également prévu de renforcer l’enseignement de l’idéologie dans les écoles et à la télévision, tout en intensifiant le culte de sa personnalité, avec par exemple l’édition à des millions d’exemplaires et en 24 langues de sa « pensée ».

    Pourquoi Xi Jinping a-t-il réussi à arracher une réforme qui fait de lui un nouvel empereur alors que d’autres avant lui ont échoué ? Sans doute doit-il ce résultat à son génie tactique. Il a su apprendre des erreurs de ses prédécesseurs. Il y a dix ans, Jiang Zemin avait sollicité un troisième quinquennat, mais cela avait été refusé par le Comité central, soucieux de préserver son propre pouvoir. Dès 2012, Xi Jinping s’est employé à vider cet organe de sa substance en remplaçant les « groupes de travail » par des « commissions nationales » tenues par ses lieutenants. En même temps, sous prétexte de lutte contre la corruption et de loyauté politique, il lançait deux campagnes d’élimination de ses adversaires. Cinq ans plus tard, c’est ce qui lui a permis d’obtenir les pleins pouvoirs après un vote à l’unanimité. À l’unanimité, vraiment ? « Pas tout à fait », corrige sous couvert d’anonymat un diplomate européen qui relève que le 25 février, l’agence Chine nouvelle avait publié, en anglais, l’amendement prolongeant le mandat de Xi Jinping, avant de diffuser les vingt autres deux heures plus tard, en chinois. « Suite à cette fuite », dit notre source, « un directeur de l’agence a été limogé ». De même, Yang Jing, conseiller d’État – un des plus hauts cadres du régime –, a perdu sa place à la veille de l’annonce de la série d’amendements, pour « corruption ». Mais pour la presse de Hongkong, cette disgrâce venait surtout sanctionner son refus de soutenir l’initiative du président chinois.

    Quoi qu’il en soit, Xi Jinping est désormais seul maître à bord. Dans la rue, l’annonce de cette réforme a eu l’effet d’un tremblement de terre, comme le confie discrètement cette jeune enseignante pékinoise : « Nous sommes tous terrifiés. Désormais, mes amis comme moi-même pensons sérieusement émigrer. » Et d’ajouter : « Hier, nous étions neutres ; à présent, nous allons être obligés de prendre parti contre le régime. »

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  • Luttes de classe en Chine 18 octobre 07:58, par Éric Meyer

    Le Big Brother chinois rêve de noter l’ensemble de ses citoyens. Après avoir obtenu la présidence à vie, Xi Jinping veut désormais étendre le contrôle de l’État grâce à un système de crédit social.

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  • Luttes de classe en Chine 18 octobre 11:01

    Début juin, les ouvriers de l’usine de postes à souder « JASIC Technologies », à Shenzen, ont tenté de créer un syndicat pour se défendre contre les abus de leur direction. S’en est suivie une confrontation directe avec l’Etat chinois.

    Au début, les travailleurs de JASIC voulaient se conformer à la loi. Ils avaient obtenu l’autorisation de s’affilier à la Fédération nationale des syndicats de Chine (FNSC), la seule confédération syndicale légale. Mais la direction de l’entreprise a réagi en créant un syndicat « jaune », lui aussi affilié à la FNSC. Face à cette manœuvre, puis à des licenciements et à la répression policière, les militants syndicaux ont décidé de retirer leur demande d’affiliation. De ce fait, leur syndicat devenait illégal.

    Leur lutte a attiré l’attention de nombreux militants de gauche. Une pétition de soutien a été lancée. Un groupe d’étudiants maoïstes s’est rendu sur place, en solidarité : un geste très apprécié des travailleurs… mais beaucoup moins des autorités. Fin août, la police a arrêté tous les étudiants et a convoqué leurs parents pour les « convaincre » de faire pression sur leurs enfants.

    Cette mobilisation n’est pas un cas isolé. Dans de nombreuses universités chinoises, des groupes de gauche se sont formés, ces dernières années, qui remettent en cause le capitalisme chinois. Certains ont même défrayé la chronique en arrêtant leurs études pour aller travailler à l’usine, dans l’intention d’aider la classe ouvrière à s’organiser. Pour la bourgeoisie chinoise, cette convergence entre étudiants et travailleurs est une sérieuse menace. D’où la vague de répression, symbolisée par l’interdiction des Cercles d’études marxistes de l’Université de Pékin. Yue Xin, l’une des étudiantes arrêtées en août à Shenzen, est même accusée de soutenir l’indépendance de Taïwan ! En réalité, elle est visée parce qu’elle avait mené en 2015 un mouvement de protestation après le viol d’une étudiante par un enseignant.

    Avec le ralentissement de l’économie chinoise, la classe dirigeante essaie de faire porter aux travailleurs le poids de sa crise, ce qui les pousse à l’action. Cette année, il y a eu la grève des grutiers le 1er mai, les grèves des livreurs de Meituan et Dee-Dee et, sans doute, des dizaines d’autres grèves qui ne sont pas signalées dans la presse. Le réveil de la classe ouvrière chinoise, la plus nombreuse du monde, sera brutal pour la bourgeoisie de ce pays.

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