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A bas le goulag en Chine en 2008 !

vendredi 21 mars 2008, par Robert Paris

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A bas le goulag en Chine !

Le Laogai

Un laogai (pinyin : láo găi, abréviation de laodong gaizao qui signifie « travail et réforme », « réforme par le travail », soit la « rééducation par le travail ») est un camp de rééducation par le travail en République populaire (capitaliste) de Chine. C’est l’équivalent de ce qui était appelé « goulag » en URSS.

Nombre de syndicalistes, de manifestants pour la liberté, de participants à des révoltes sociales y sont enfermés.

A l’heure où les USA se sont réconciliés avec le pouvoir chinois, où la Chine est l’un des piliers de l’économie capitaliste mondiale, où les Jeux Olympiques se préparent à consacrer ce triomphe du capitalisme en Chine sous l’agide du parti unique stalinien, il est important de diffuser l’information selon laquelle le goulag existe toujours en Chine. L’oppression du régime n’est pas seulement celle des régions occupées comme le Thibet. C’est d’abord et avant tout le refus de tout droit pour la classe ouvrière menacée de prison ou de mort à chaque fois qu’elle bouge, interdite de toute forme d’organisation y compris syndicale.

Manuel de réforme de procédure criminelle approuvé par le Bureau du laogai du ministère de la Justice

« La tâche essentielle de nos installations du laogai est de punir et réformer les criminels. Pour définir concrètement leurs fonctions, elles remplissent leurs tâches dans les trois domaines suivants : 1.punir les criminels et les garder sous surveillance. 2.réhabiliter les criminels. 3.Faire participer les criminels au travail et à la production, créant ainsi de la richesse pour la société. Nos installations du laogai sont à la fois des services de l’État et des entreprises spécialisées. »

Décision du Conseil d’État relative à la rééducation par le travail

« Les catégories suivantes de personnes peuvent être embauchées pour être éduquées par le travail : Les contre-révolutionnaires et réactionnaires anti-socialistes dont les crimes sont mineurs et ne font pas l’objet d’une poursuite criminelle et qui ont été renvoyés des administrations du gouvernement, des organismes, entreprises, écoles et autres unités, et n’ont aucun moyen de gagner leur vie. » (D’après Œuvres choisies des règlements de sécurité publique de la République populaire de Chine, p. 209, Pékin). Le laogai, entre goulag et entreprise capitaliste Le système du laogai est estimé à plus de 1000 camps à travers les différentes régions de la République populaire de Chine. D’après le gouvernement chinois, il concerne actuellement plus de 2 millions d’individus, mais entre 4 et 6 millions de prisonniers selon la Laogai Research Foundation (références). Cette organisation, créée par Hongda Harry Wu, ancien prisonnier chinois du laogai, estime à plus de 50 millions le nombre de prisonniers chinois qui sont passés dans ces camps depuis l’arrivée des communistes au pouvoir en 1949 et à 20 millions d’hommes et de femmes qui y sont morts (froid, faim, maladie, fatigue, exécutions sommaires, etc.).

La République populaire de Chine est souvent critiquée pour ne pas respecter les Droits de l’homme dans le laogai.

La Laogai Research Foundation dénombre 4000 camps de travail, centres de détention et prisons ayant le caractère de camps laogai. Ce nombre est obtenu en prenant en compte des centres de détention prenant l’apparence d’usines, de fermes et de mines. Pékin a reconnu officiellement que les marchandises produites dans ces camps rapportaient en moyenne 200 millions d’euros par an. À partir de 1983, alors que Deng Xiaoping fait de chaque laogai une entité économique autonome, le directeur de camp est devenu chef d’entreprise. Les produits du laogai sont divers et variés allant du thé noir à l’amiante, en passant par les pièces automobiles, produits chimiques( engrais, poudre noire), ciment, jouets, agriculture (coton, riz, etc.), mais aussi l’exploitation minière. Les prisonniers produisent pour l’exportation environ 150 articles différents. Et "si la qualité n’est pas satisfaisante, le prisonnier est battu". (Libération du 28/01/97)

« Le soutien financier des firmes occidentales, l’encouragement des gouvernements aux échanges commerciaux, la Banque mondiale qui continue de financer de grands travaux au Xinjiang en sachant très bien qu’elle finance aussi des camps de travail renforcent un système pénitentiaire lié au commerce extérieur chinois. » (La Vie, 30 janvier 1997)

5 Messages de forum

  • A bas le goulag en Chine en 2008 ! 3 janvier 2010 16:40, par Robert Paris

    Entretien avec Harry Wu, directeur de la Laogai Research Foundation

    En ce début du troisième millénaire il existe encore des camps de concentration comme les goulags soviétiques ou les camps de concentration nazis : ils se trouvent en Chine et sont appelés laogai.

    Depuis 1992 la « Laogai Research Foundation » (LRF, www.laogai.org) enquête sur les crimes et les violations des droits humains commis dans ces camps de travail chinois.

    Le directeur de la Fondation, Harry Wu, a passé 19 années de sa vie dans ces camps, pour avoir critiqué l’invasion de la Hongrie par l’Union soviétique. Les membres de sa famille et ses amis ont été contraints à le dénoncer comme « contre-révolutionnaire ». Sa mère a refusé et s’est suicidée.

    Selon la LRF, le laogai est un système de camps de concentration voulu par Mao Zedong dans le but d’utiliser les prisonniers comme esclaves. On estime que 50 millions de personnes seraient passées par ces camps depuis leur création, et que tous les Chinois connaissent au moins une personne ayant été internée dans un laogai.

    On peut y être conduit sans procès et en sortir mort ou transformé en « nouveau socialiste ». On y travaille 18 heures par jour et si le quota de production n’a pas été atteint, on ne reçoit rien à manger.

    La LFR, qui a élargi son mandat à la dénonciation d’exécutions publiques perpétrées dans le but d’utiliser les organes des prisonniers exécutés, à la dénonciation de persécutions pour des raisons religieuses et de l’application forcée de la politique de reproduction en Chine (la « loi de l’enfant unique »), a rassemblé une solide documentation pour démontrer que la plus grande partie des violations des droits humains commises en Chine, le sont dans les laogai.

    Le 28 octobre prochain, Harry Wu participera à Milan à un congrès intitulé « Ziyou » (liberté, en chinois) organisé par plusieurs Comités de défense de la liberté. A cette occasion il présentera l’édition italienne de son livre « Laogai. Les goulags de Mao Zedong ».

    Harry Wu a accepté de répondre aux questions de Zenit.

    Zenit : Pour quelles raisons avez-vous été condamné à 19 ans dans les laogai ?

    Harry Wu : Je faisais des études de géologie à l’Université de Shanghai. Je voulais approfondir ma formation et non participer aux activités d’endoctrinement de la Jeune Ligue Communiste. Je me permis de critiquer l’invasion de la Hongrie par l’URSS, en parlant avec des amis étudiants. Etant par ailleurs catholique et issu de la haute bourgeoisie, je fus considéré comme un « contre-révolutionnaire de droite ». C’est le crime officiel pour lequel j’ai été condamné à 19 ans de laogai.

    Zenit : Comment avez-vous survécu ?

    Harry Wu : Dans mon livre « Bitter Winds » (Vents amers) j’explique comment s’est déroulée ma vie dans les laogai. Je raconte comment, grâce à mon entêtement, une force intérieure et la prière, j’ai réussi à ne pas céder au désespoir. J’ai vu tant d’amis se suicider, mourir de faim ou mourir assassinés. J’ai subi la torture et l’isolement forcé. A de nombreuses occasions j’ai également été privé de nourriture. Et tout cela pour un délit d’opinion, car j’ai jugé injuste l’invasion de la Hongrie par l’Union soviétique.

    Zenit : Le fait d’être catholique vous a-t-il aidé ou a-t-il rendu la persécution plus difficile ?

    Harry Wu : Cela l’a certainement rendue plus difficile. Etre croyant était et reste un crime en Chine, sauf si l’on adhère à l’Eglise patriotique officielle contrôlée par le Parti.

    Zenit : Pourquoi avez-vous écrit le livre « Laogai. Les goulags de Mao Zedong » ? Quel est votre objectif ?

    Harry Wu : Cet ouvrage est une traduction de mon premier livre sorti en 1992 aux Etats-Unis sous le titre « Laogai – le goulag chinois », qui a porté cette tragique réalité à l’attention du monde. Une horreur qui continue d’exister. Le but est de faire savoir au monde ce qui se passait et continue de se produire encore aujourd’hui dans les laogai. Je répète souvent que « le jour où le mot laogai apparaîtra dans les dictionnaires du monde aux côtés des mots camps de concentration et goulag, je pourrai mourir en paix ». J’ai réussi à obtenir quelques résultats. L’Oxford Dictionary et le Duden Wörterbuch ont ajouté le mot laogai. Je suis en train d’essayer de faire de même avec les dictionnaires italiens.

    Zenit : Quelle est la situation des droits humains aujourd’hui en Chine, dans quelles conditions vivent les catholiques et quels risques courent-ils ?

    Harry Wu : La situation est tout simplement tragique. Dans les laogai plusieurs millions (on ne sait pas le nombre exact) d’hommes, de femmes et d’enfants souffrent, contraints à travailler dans des conditions inhumaines, dans le seul but d’apporter un profit au gouvernement chinois et aux nombreuses multinationales. Et ce n’est pas tout. Des exécutions de masses sont perpétrées. Celles-ci sont suivies de vente d’organes humains. L’exploitation des enfants soumis à des travaux forcés est largement répandue. Les diverses Eglises et communautés de croyants subissent des menaces et des représailles. Avortements et stérilisations forcées sont pratiqués à grande échelle. La psychiatrie en tant qu’instrument d’oppression politique est utilisée de manière abusive. Il s’agit de graves violations des droits humains qui sont perpétrées dans la Chine d’aujourd’hui ! Des faits ignorés par les mass media du monde libre qui ne veulent pas perturber le commerce international.

    Source : http://www.chine-informations.com/a...

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    • A bas le goulag en Chine en 2008 ! 30 mars 2016 08:05, par franc

      Mais voyons, il n’y a pas de méchants chez les communistes.
      Seule l’extrême-droite utilise de telles méthodes. Vous devez vous tromper. On ne parle jamais de telles choses en France. On se souvient seulement des nazis et des franquistes chez nous.
      Bonne journée.

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      • A bas le goulag en Chine en 2008 ! 30 mars 2016 14:46, par Robert Paris

        Cher lecteur,
        je ne suis pas certain que tu t’adresses à nous ? En effet, aurions-nous parlé de "méchants chinois" ? Ou aurions-nous fait croire que le stalinisme n’existait qu’en Chine ? Ou aurions- nous oublié les violences des autres staliniens ? Ou encore celles des impérialismes et des classes dirigeantes ? On ne voit pas bien quel reproche tu fais exactement...

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  • A bas le goulag en Chine en 2008 ! 25 avril 2011 21:00, par RP

    To read in english : read here

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  • A bas le goulag en Chine en 2008 ! 26 janvier 2014 10:16

    Un tribunal de Pékin a jugé Xu Zhiyong coupable de « rassemblement illégal visant à troubler l’ordre public »

    Le célèbre avocat chinois Xu Zhiyong, fondateur du Mouvement des nouveaux citoyens, a été condamné dimanche à quatre ans de prison. Le tribunal de Pékin devant lequel il a comparu la semaine dernière l’a reconnu coupable de « rassemblement illégal visant à troubler l’ordre public ». Des membres de son mouvement citoyen pro démocrate, avaient manifesté l’an dernier contre la corruption des fonctionnaires, très répandue en Chine, et demandé que tous les officiels rendent public leur patrimoine.

    L’avocat de Xu Zhiyong, Zhang Qingfang, a qualifié le procès de « pur théâtre », dont « la conclusion était connue d’avance ». Xu a pour sa part réagi avec cette phrase adressée aux autorités : « Vous avez réussi à anéantir la dernière trace de crédibilité sur l’existence d’un respect pour l’Etat de droit en Chine ».

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