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La lutte contre l’oppression des femmes est inséparable de la révolution sociale

mardi 12 janvier 2010, par Robert Paris

GREVE DES OUVRIERES DU TEXTILE AU CAMBODGE EN DECEMBRE 2007

Site : Matière et révolution

www.matierevolution.fr

Sommaire du site

Pourquoi ce site ?

11-1 L’origine de la famille et de l’oppression des femmes

11-2 La femme et le socialisme

11-3 Un point de vue récent sur l’oppression des femmes

11-4 La révolution russe et l’oppression des femmes

11-5 Le "socialiste" Proudhon contre les femmes

11-6 La religion judéo-chrétienne contre les femmes

11-7 Quand les femmes s’y mettent, c’est la révolution sociale

11-8 La lutte contre l’oppression des femmes est inséparable de la révolution sociale

11-9 Les revendications de la suppression de l’oppression des femmes

11-10 Le mouvement féministe et le rôle de la femme travailleuse dans la lutte de classe

11-11 La question de la femme

11-12 Les femmes révolutionnaires dans la Révolution française

11-13 Le stalinisme et l’oppression de la femme

11-14 Une pièce de théâtre : les femmes reprennent le pouvoir

11-15 La femme algérienne a besoin de révolution

11-16 Femmes au Mali


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En 1991, la dictature de Moussa Traoré tombait sous les coups de manifestants qui étaient en fait des manifestantes : les mères d’élèves que l’armée malienne avait assassiné. La tentative du régime d’envoyer cette armée contre les mamans qui attaquaient la présidence à mains nues a mené au renversement de Moussa Traoré par les militaires. Cet exemple nous montre que le rôle des femmes dans les révolutions n’est pas du passé !

Bien sûr, cela ne signifie pas que tous les combats qui concernent les femmes soient révolutionnaires ni que l’on doive négliger toute autre action. Mais il reste vrai que le sort des femmes ne changera pas sérieusement sans changer l’ensemble des rapports sociaux. Et, inversement, le changement social nécessite l’action révolutionnaires des femmes. En fait, tant que les femmes ne sont pas dans le coup des révoltes, c’est qu’elles n’ont pas encore atteint le niveau des révolutions. Par contre, il n’existe pas de révolution où l’on n’ait vu les femmes dans le coup et même souvent en tête de la lutte.

Charles Fourrier, l’un des premiers grands défenseurs des idéaux socialistes, a écrit ces mots mémorables : "dans chaque société, le degré d’émancipation des femmes est la mesure naturelle de l’émancipation générale."

La suite...

GREVE GENERALE DE 1936

4 Messages de forum

  • « Nous sommes ici parce que nos pères ont menti. »

    R. Kipling

    Épitaphe pour les morts de la première guerre mondiale.

    ***

    En épitaphe de la troisième partie de son autobiographie (partie intitulée « la guerre »), le syndicaliste Henri Pitaud, né en 1899, trop jeune au début de la déclaration de guerre impérialiste (en 1914) pour partir au front avant avril 1918, a choisi ces mots de Kipling (p.175).

    Dans Le Pain de la terre, Henri Pitaud témoigne de sa jeunesse paysanne. Son enfance s’est d’abord déroulée en Vendée, puis dans le lot et Garonne avant de retourner, à l’âge de gagner son pain, travailler comme valet de ferme ou comme journalier.

    Not’mait’ (notre maître) est l’expression qui revient plusieurs fois, utilisée par les paysans soumis à l’autorité de l’employeur propriétaire terrien. Dans les années 1940 et 1950, cette expression continuait à être utilisée. Le respect de l’exploiteur n’a que trop la vie dure...

    Le jeune Pitaud, à 15 ou 16 ans, est réprimandé par ses employeurs (et pourtant amis) parce qu’il ne va pas à la messe et ne suit pas la bonne moralité. Il quitte sa place de valet de ferme pour redevenir journalier. Dans ce contexte, c’est un geste courageux !

    J’aimerais avoir su plus souvent faire cela moi-même.

    Il s’agit d’un témoignage vivant, poignant, rigolo décrivant la vie libre et dure des paysans au début du XXe siècle.

    Peu de viande à manger, des volailles n’étant élevées que pour la vente, dans les bourrines (maisons de terre, de roseau et de torchis dans les marais) de Vendée.

    Élevé entre une tradition très religieuse et anti-républicaine en Vendée, puis pro-républicaine en Garonne (les garçons vont à l’école communale après 1905 quand les filles continuent d’être envoyées dans les écoles catholiques), la séparation de l’église et de l’état vécue dès la première année scolaire . En effet, le jeune Henri Pitaud n’ira que 4 ans à l’école, ce qui ne l’empêche pas, plus tard, de lire pendant qu’il garde des vaches alors qu’il est trop jeune pour aller aux travaux des champs (qui commencent plutôt vers 13, 14 ou 15 ans).

    A partir de 1914, il va être le témoin du départ de ses cousins, amis, oncles, copains, pour le front, et de la propagande de la guerre courte, puis des soi-disant victoires « françaises ». Il décrit bien comment Foch, Clémenceau, et tous les fils de la bourgeoisie faisant partie de l’état major restaient planqués dans les châteaux loin du front.

    Pendant ce temps, explique et raconte Pitaud, ce sont les jeunes paysans qui se faisaient massacrer dans les tranchées. Voilà ce que les films sortis en 2004 et depuis sur la guerre ne disaient pas. Pitaud ne mentionne pas les prolétaires, ce sont les limites de l’écrivain et de l’individu et du témoignage livré en 1982.

    Pitaud s’exprime également contre Lénine, très rapidement, vers la fin du livre.

    Il est donc probable que son engagement futur se limite au syndicalisme. Notons tout de même que le syndicalisme dans les années 30 et celui des années 2010 n’a quasi rien à voir, en terme d’ambiance, même si au fond, il était, est et reste, limité à un aménagement système et une proposition de négocier avec l’ennemi de classe.

    Reste à aller lire le second tome de ce témoignage pour vérifier ce que Pitaud est devenu dans son engagement. Il fonde L’émancipation paysanne dans les années 1930.

    Mais avant 1914, il s’exprime contre la guerre, dans un meeting avec Jouhaux. Il dénonce l’union sacrée et l’attitude de Jouhaux qui n’ira pas au front mais restera planqué. Le jeune Pitaud lui-même est content de pouvoir participer (bien tard selon l’adolescent qu’il était alors) à l’aventure de la guerre et quitter les champs.

    Ce n’est pas le travail qui manquait pourtant : avec le départ des jeunes hommes des campagnes, nombres de jeunes femmes sont restées sans maris, nombre de fermes manquaient de gars pour les fenaisons (les fauches) et les moissons.

    J’ai noté un passage superbe sur la condition des femmes paysannes. Pitaud évoque les émigrées de Vendée vers la Garonne, suite à un courrier de sa mère lu par les paysans restés en Vendée.

    « Les arguments de ma mère sur la beauté des messes chantées de Vendée et l’irreligion de « la Garonne » n’avaient guère d’influence sur ces pauvres gens qui luttaient dès le 1er janvier pour leur pain quotidien. Pendant l’été 1908, plusieurs familles débarquèrent.

    « Je me souviens de deux d’entre elles, originaires du marais de Saint-Gervais, l’une de neuf enfants, l’autre de onze. Les mères, encore jeunes, avaient le visage flétri par les privations et les soucis. Habituées à la misère, elles semblaient usées par les maternités, le travail et les soins à donner aux enfants, toujours suspendus à leurs jupes. Résignées à leur sort, ces pauvres femmes, étaient de véritables saintes sans le savoir.

    « Arrivées dans ce pays, elles continueraient à trimer tout autant, travaillant dur, ne faisant rien d’autre que de se consacrer au labeur. Pour elles, la journée commençait tôt le matin ; il fallait habiller les enfants, leur donner à manger, nourrir leur homme au visage creusé par les rtravaux des champs, faire lessive sur lessive et veiller à ce que la maison ne ressemble pas à un taudis. Le dimanche, ces malheureuses, croyantes bien entendu, prenaient un peu de temps pour lever les yeusx vers le ciel un ciel où évidemment se trouvait le paradis promis aux pauvres.
    Le lundi tout recommençait. »

    Suite à venir... en attendant, je vous recommende la lecture de ce témoignage très bien écrit.

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  • « Dans le rapport à l’égard de la femme, proie et servante de la volupté collective, s’exprime l’infinie dégradation dans laquelle l’homme existe pour soi-même, car le secret de ce rapport trouve son expression non-équivoque, décisive, manifeste, dévoilée dans le .rapport de l’hom­me à la femme et dans la manière dont est saisi le rapport générique naturel et immédiat. Le rapport immédiat, naturel, nécessaire de l’homme à l’homme est le rapport de l’homme à la femme. Dans ce rapport générique naturel, le rapport de l’homme à la nature est immédiate­ment son rapport à l’homme, de même que le rapport à l’homme est directement son rapport à la nature, sa propre détermination naturelle. Dans ce rapport apparaît donc de façon sensible, réduite à un fait concret la mesure dans laquelle, pour l’homme, l’essence humaine est devenue la nature, ou celle dans laquelle la nature est devenue l’essence humaine de l’homme. En partant de ce rapport, on peut donc juger tout le niveau de culture de l’homme. »

    Karl Marx, dans les Manuscrits de 1844

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  • Lafargue, La question de la femme :

    « La production capitaliste qui se charge de la plupart des travaux auxquels se consacrait la femme dans la maison familiale, a incorporé dans son armée de salariés de la fabrique, du magasin, du bureau et de l’enseignement les femmes et les filles de la classe ouvrière et de la petite bourgeoisie, afin de se procurer du travail à bon marché. Son pressant besoin de capacités intellectuelles a fait mettre de côté le vénérable et vénéré axiome de la morale masculine : lire, écrire et compter doit être tout le savoir de la femme ; il a exigé qu’on enseignât aux filles comme aux garçons les rudiments des sciences. Le premier pas était fait, on ne put leur interdire l’entrée des universités. Elles prouvèrent que le cerveau féminin que les intellectuels avaient déclaré "un cerveau d’enfant", était aussi capable que le cerveau masculin de recevoir tout l’enseignement scientifique. Les sciences abstraites (mathématique, géométrie, mécanique, etc.), les premières dont l’étude avait été accessible aux femmes, furent aussi les premières où elles purent donner la mesure de leurs capacités intellectuelles ; elles s’attaquent maintenant aux sciences expérimentales (physiologie, physique, chimie, mécanique appliquée, etc.) et en Amérique et en Europe surgit une légion de femmes qui marchent de pair avec les hommes, malgré l’infériorité des conditions de développement physique et moral dans lesquelles elles vivent dès la première enfance.

    Le capitalisme n’a pas arraché la femme au foyer domestique et ne l’a pas lancée dans la production sociale pour l’émanciper, mais pour l’exploiter encore plus férocement que l’homme ; aussi s’est-on bien gardé de renverser les barrières économiques, juridiques, politiques et morales, qu’on avait dressées pour la cloîtrer dans la demeure maritale. La femme, exploitée par le Capital, supporte les misères du travailleur libre et porte en plus ses chaînes du passé. Sa misère économique est aggravée ; au lieu d’être nourrie par le père ou le mari dont elle continue à subir la loi, elle doit gagner ses moyens d’existence, et sous prétexte qu’elle a moins de besoins que l’homme, son travail est moins rémunéré, et quand son travail quotidien dans l’atelier, le bureau ou l’école est terminé, son travail dans le ménage commence. La maternité, le travail sacré, la plus haute des fonctions sociales, devient dans la société capitaliste une cause d’horribles misères économiques et physiologiques. L’intolérable condition de la femme est un danger pour la reproduction de l’espèce.

    Mais cette écrasante et douloureuse situation annonce la fin de sa servitude, qui commence avec la constitution de la propriété privée et qui ne peut prendre fin qu’avec son abolition. L’humanité civilisée, sous la pression du mode mécanique de production, s’oriente vers une société basée sur la propriété commune, dans laquelle la femme délivrée des chaînes économiques, juridiques et morales qui la ligotent, pourra développer librement ses facultés physiques et intellectuelles, comme au temps du communisme des sauvages. »

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