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Un point de vue récent sur l’oppression des femmes

samedi 26 janvier 2008, par Robert Paris

Site MATIERE ET REVOLUTION

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Sommaire du site

Pourquoi ce site ?

11-1 L’origine de la famille et de l’oppression des femmes

11-2 La femme et le socialisme

11-3 Un point de vue récent sur l’oppression des femmes

11-4 La révolution russe et l’oppression des femmes

11-5 Le "socialiste" Proudhon contre les femmes

11-6 La religion judéo-chrétienne contre les femmes

11-7 Quand les femmes s’y mettent, c’est la révolution sociale

11-8 La lutte contre l’oppression des femmes est inséparable de la révolution sociale

11-9 Les revendications de la suppression de l’oppression des femmes

11-10 Le mouvement féministe et le rôle de la femme travailleuse dans la lutte de classe

11-11 La question de la femme

11-12 Les femmes révolutionnaires dans la Révolution française

11-13 Le stalinisme et l’oppression de la femme

11-14 Une pièce de théâtre : les femmes reprennent le pouvoir

11-15 La femme algérienne a besoin de révolution

11-16 Femmes au Mali


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Sur l’oppression des femmes, lire aussi :

L’origine de la famille et de l’oppression des femmes

La femme et le socialisme

La révolution russe et l’oppression des femmes

Le "socialiste" Proudhon contre les femmes

La religion judéo-chrétienne contre les femmes

Quand les femmes s’y mettent, c’est la révolution sociale

La lutte contre l’oppression des femmes est inséparable de la révolution sociale

Les revendications de la suppression de l’oppression des femmes

Le mouvement féministe et le rôle de la femme travailleuse dans la lutte de classe

La question de la femme

Les femmes révolutionnaires dans la Révolution française

Le stalinisme et l’oppression de la femme

Une pièce de théâtre : les femmes reprennent le pouvoir

La femme algérienne a besoin de révolution

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Le marxisme et l’oppression des femmes DEQUEECKER Ida mars 1991

L’oppression des femmes est la plus vieille forme d’inégalité sociale. Une masse de données anthropologiques, archéologiques et historiques prouvent qu’elle est quasi-universelle. Conclusion hâtive - et populaire - de ce constat : l’inégalité sur base des sexes découlerait d’une différence naturelle entre l’homme et la femme. « Il en a toujours été ainsi, et il en sera toujours ainsi. »

A l’encontre de cette théorie rétrograde, qui a aussi ses partisans « scientifiques » (par exemple les adeptes de la « socio-biologie »), le mouvement des femmes a trouvé des arguments, entre autres, dans l’anthropologie. Par exemple, chez Margaret Mead, auteur d’une étude comparative de trois communautés de Nouvelle Guinée : « Dans l’une, écrit Mead, les hommes et les femmes agissent identiquement, selon le modèle que nous attendons uniquement des femmes : avec douceur et compréhension maternelle. Dans la seconde communauté, hommes et femmes agissent de la même façon, celle que nous attendons uniquement des hommes : avec des initiatives intempestives. Dans la troisième, les hommes agissent conformément à notre modèle de la femme : ils sont méchants, portent des cheveux bouclés et font les magasins alors que les femmes sont des êtres énergiques, autoritaires, naturels et non fardés » [1].

En d’autres termes : les modèles masculins et féminins sont déterminés par la société. De plus, il y a beaucoup d’exemples prouvant que des modèles sexuels différents ne signifient pas nécessairement l’oppression d’un sexe par l’autre. C’est le cas, par exemple, chez les aborigènes d’Australie, où hommes et femmes ont des rôles et des modes de vie séparés, mais contribuent égalitairement à tous les aspects de la vie sociale, tels que la collecte des aliments, leur distribution, les rites, etc. [2].

Mais, dans l’ensemble, les exemples de ce genre sont plutôt rares. Par contre, les exemples d’inégalité sur base des sexes - qui reviennent toujours à l’oppression des femmes - sont fort abondants.

Notre propre société industrialisée occidentale a profondément intégré l’oppression des femmes : les femmes, socialement, économiquement et politiquement, occupent une position subalterne. Malgré les protestations des femmes, et malgré leur participation croissante au processus du travail cette inégalité persiste d’une façon tenace , tout en se combinant avec les différences de classe, de race, etc...

D’une part, il y a donc un lien entre oppression des femmes et société de classes ; mais, d’autre part, les hommes sont aussi souvent les oppresseurs directs (ce qu’on exprime par le terme de patriarcat). Les mauvais traitements contre les femmes en fournissent un exemple. [3].

Un certain courant dans le mouvement des femmes en tire la conclusion que le patriarcat, en tant que système, existe à côté et indépendamment du capitalisme. Ces femmes notent que le patriarcat existait longtemps avant le capitalisme et a continué d’exister dans les pays où le capitalisme a été supprimé (par exemple en Union Soviétique, en Chine). Pour elles, la lutte contre le patriarcat est prioritaire : en d’autres termes, la lutte contre les hommes.

Un autre courant, proche du premier part de la constatation qu’entre hommes et femmes existent de grosses différences (soit innées, soit culturellement acquises depuis toujours). Elles en déduisent qu’il faut donner la suprématie aux valeurs féminines opprimées [4]. Pour ces courants, l’origine de l’oppression des femmes importe peu, de même que la diversité dans les formes de l’oppression.

Le marxisme aussi s’est penché sur cette diversité. Notamment sur les exemples de sociétés qui ne connaissent pas l’oppression des femmes et qui ne sont pas d’inexplicables exceptions dues au hasard. L’oppression des femmes est enracinée dans des conditions matérielles bien précises, qui varient d’une société à l’autre, et pas dans l’une ou l’autre donnée universelle de la nature ou de la culture humaines : En d’autres termes : l’oppression des femmes est une donnée historique.

La perspective générale, esquissée en premier par Engels en 1884, était que le rapport entre les sexes était le plus égalitaire dans les sociétés les plus simples, basées sur la cueillette, et que la condition des femmes a reculé systématiquement avec le développement des différences sociales, de la propriété privée, et de l’Etat. Cette perspective reste valable, même si les données historiques et anthropologiques avec lesquelles Engels avait travaillé ne sont plus utilisables maintenant, et en dépit du fait que ses efforts pour scinder l’histoire en périodes connaissant chacune leurs formes de mariage propres ont conduit à des interprétations dogmatiques et a-critiques [5].

Beaucoup de féministes marxistes ont continué à travailler d’une façon créative sur base de l’approche de Marx et Engels [6]. Les travaux les plus convaincants sont ceux qui expliquent l’oppression des femmes par « le social », et non par la biologie (c’est-à-dire par le travail productif des femmes, et non par leur capacité de donner la vie).

Après de longues recherches, il apparaît que l’oppression des femmes était déjà fortement enracinée dans les premières sociétés de classes. Elle n’y est certainement pas sortie du néant. D’où l’hypothèse d’une société de transition entre les premières communautés égaliatiares de « cueilleurs » (communautés basées sur la cueillette) et les premières sociétés de classes. Dans cette transition, la société aurait été basée sur la propriété collective du sol par le clan. La domination des hommes ne s’y serait pas nécessairement développée, mais les conditions auraient fait de la domination des hommes et de l’oppression des femmes le développement historique le plus probable. Ceci en raison de l’expansion économique et de la complexité sociale croissante.

On peut discuter si cette première oppression des femmes était oppression sur base du sexe ou oppression de classes. Le développement de l’oppression des femmes d’une part, de la division en classes d’autre part, est certainement lié, et le restera dans l’histoire des sociétés de classes jusqu’à nos jours. Telle est la base pour une théorie marxiste de l’oppression des femmes.

Loin des schémas historiques savants, cette théorie constitue un outil pour l’étude de la façon dont, dans une société déterminée, dans des circonstances historiques précises, l’oppression des femmes est liée à la structure des classes.

Avec cet outil, on comprend pourquoi, dans le capitalisme, en même temps toutes les femmes sont opprimées et en même temps les femmes de classes différentes peuvent avoir des intérêts contradictoires. Pourquoi des femmes et des hommes d’une même classe peuvent avoir les mêmes intérêts et des intérêts conflictuels. Pourquoi il est artificiel de séparer patriarcat et capitalisme. Pourquoi la lutte pour la libération des femmes doit être liée à la lutte pour le renversement du capitalisme. Pourquoi les femmes doivent s’organiser en tant que femmes pour défendre leurs intérêts. Cela n’implique pas une lutte contre les hommes, mais jette au contraire les bases d’une solidarité authentique. DEQUEECKER Ida

* Paru dans La Gauche (Belgique), mars 1991.

Notes

[1] M. Mead « Sexualité et tempérament », Aula 1962.

[2] D. Bell, « Central Austalian Aboriginal Women’s Love Rituals » in Women’s Work. Edit. par E. Leacock, 1986.

[3] « Expériences de femmes confrontées à la vio-lence physique et sexuelle », rapport de M. Smet (Secrétaire d’Etat), 1988.

[4] Voir articles dans « Tijdschrift voor Vrouwen-studies » 11 et 16, Edit. SUN.

[5] Engels « L’origine de la famille, de la propriété privée et de l’Etat », Ed. Sociales. (6) Par exemple E. Reed « Woman’s Evolution », Pathfînder..

[6] S. Coontz et P. Henderson, « Women’s Work, man’s property » Verso 1986, E. Leacock , « Women’s Work », Bergin an Garey 1986, etc... (édité en français aux éditions « La Brèche »).

2 Messages de forum

  • Pour la femme qui est tuée sous les coups, je suis avec toi.

    Pour la femme qui puise de l’eau dans les profondeurs des puits, dans les entrailles de la terre je suis avec toi.

    Pour la femme qui pleure dans la solitude pour un milliard de raisons je suis avec toi.

    Pour la femme qui moule les briques et aura la douleur à sa poitrine durant toute sa vie, je suis avec toi.

    Pour la femme qui va chercher du bois sur sa tête à des kilomètres, je suis avec toi.

    Pour la femme qui, devant ses yeux, voit ses enfants mourir sous les balles, sous la torture, sous les coups de bâtons, sous les maladies curables, je suis avec toi.

    Pour la femme qui subit des tortures morales et psychologiques, je suis avec toi.

    Pour la femme qui est sous payée parce qu’elle est femme je suis avec toi.

    Pour la femme qui meurt en en couches je suis avec toi.

    Pour la femme qui travaille sans salaire, je suis avec toi.

    Pour la femme qui se dresse contre les dictatures les plus féroces, je suis avec toi.

    Pour la femme qui milite pour améliorer la condition de la femme je suis avec toi.

    Pour les femmes qui font chuter des dictatures de par le monde, je suis avec vous.

    Pour la femme qui se bat contre l’excision, contre le mariage forçé, pour le divorce, pour l’égalité des salaires, pour l’étude de ses enfants, je suis avec toi.

    Pour la femme qui sait à quelle heure elle commence à travailler mais ne sais jamais à qu’elle heure elle finit, je suis avec toi.

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  • Diderot :

    « Quelque avantage qu’on imagine à priver les femmes de la propriété de leur corps, pour en faire un effet public, c’est une espèce de tyrannie dont l’idée me révolte, une manière raffinée d’accroître leur servitude qui n’est déjà que trop grande. Qu’elles puissent dire à un capitaine, à un magistrat, à quelque autre citoyen illustre que ce soit : « Oui, vous êtes un grand homme, mais vous n’êtes pas mon fait. La patrie vous doit des honneurs, mais qu’elle ne s’acquitte pas à mes dépens. Je suis libre, dites-vous, et par le sacrifice de mon goût et de mes sens vous m’assujettissez à la fonction la plus vile de la dernière des esclaves. Nous avons des aversions qui nous sont propres et que vous ne connaissez ni ne pouvez connaître. Nous sommes au supplice, nous, dans des instants qui auraient à peine le plus léger désagrément pour vous. Vous disposez de vos organes comme il vous plaît ; les nôtres moins indulgents ne sont pas même toujours d’accord avec notre cœur, ils ont quelquefois leur choix séparé. Ne voulez-vous tenir entre vos bras qu’une femme que vous aimez, ou votre bonheur exige-t-il que vous en soyez aimé ? Vous suffit-il d’être heureux, et seriez-vous assez peu délicat pour négliger le bonheur d’une autre ? Quoi, parce que vous avez massacré les ennemis de l’État, il faut que nous nous déshabillions en votre présence, que votre œil curieux parcoure nos charmes, et que nous nous associions aux victimes, aux taureaux, aux génisses dont le sang teindra les autels des dieux, en action de grâces de votre victoire ! Il ne vous resterait plus qu’à nous défendre d’être passives comme elles. Si vous êtes un héros, ayez-en les sentiments : refusez-vous à une récompense que la patrie n’est pas en droit de vous accorder, et ne nous confondez pas avec le marbre insensible qui se prêtera sans se plaindre au ciseau du statuaire. Qu’on ordonne à l’artiste votre statue, mais qu’on ne m’ordonne pas d’être la mère de vos enfants. Qui vous a dit que mon choix n’était pas fait ? et pourquoi faut-il que le jour de votre triomphe soit marqué des larmes de deux malheureux ? L’enthousiasme de la patrie bouillonnait au fond de votre cœur, vous vous couvrîtes de vos armes et vous allâtes chercher notre ennemi. Attendez que le même enthousiasme me sollicite d’arracher moi-même mes vêtements et de courir au-devant de vos pas, mais ne m’en faites pas une loi. Lorsque vous marchâtes au combat, ce ne fut point à la loi, ce fut à votre cœur magnanime que vous obéîtes ; qu’il me soit permis d’obéir au mien. Ne vous lasserez-vous point de nous ordonner des vertus, comme si nous étions incapables d’en avoir de nous-mêmes ? Ne vous lasserez-vous point de nous faire des devoirs chimériques, où nous ne voyons que trop d’estime ou trop de mépris ? Trop de mépris, lorsque vous en usez avec nous comme la branche de laurier qui se laisse cueillir et plier sans murmure ; trop d’estime, si nous sommes la plus belle couronne que vous puissiez ambitionner. Vous ne contraindrez pas mon hommage, si vous pensez qu’il n’y a d’hommage flatteur que celui qui est libre. Mais je me tais et je rougis de parler au défenseur de mon pays, comme je parlerais à mon ravisseur. »

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