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La fin de l’empire maya. La chute de Tikal, Copàn et Chichen Itza et de toute la civilisation maya sous les coups de la révolution sociale

dimanche 3 février 2019, par Robert Paris

« Les origines de la civilisation maya sont sujettes à des divergences académiques en raison des interprétations contradictoires des découvertes archéologiques. La période de formation a commencé, au moins, vers 1500 ans avant notre ère. Au cours de la période classique, entre 300 et 900 après JC environ, les Mayas ont étendu leur influence à travers la zone sud de la péninsule du Yucatan et le nord-ouest du Guatemala et du Honduras actuels. Les grands centres cérémoniels tels que Palenque, Tikal et Copán ont ensuite été construits. Les centres mayas ont été mystérieusement abandonnés vers l’an 900 et certains individus ont émigré dans le Yucatan. Dans la période postclassique, de 900 à l’arrivée des Espagnols au XVIe siècle, la civilisation maya avait son centre au nord du Yucatan. La migration toltèque des Itza, originaires de la vallée du Mexique, a eu un impact important sur leurs styles artistiques. Chichén Itzá, Mayapán et Uxmal étaient des villes magnifiques. La Ligue Mayapán, qui a dominé la péninsule du Yucatan pendant deux siècles, a préservé la paix pendant un certain temps, mais après une période de guerre civile et de révolution, les villes ont été abandonnées. »

« Los orígenes de la civilización maya son objeto de discrepancias académicas en virtud de las contradictorias interpretaciones de los hallazgos arqueológicos. El período formativo comenzó, cuando menos, hacia el 1500 a.C. Durante el período clásico, aproximadamente entre el 300 y el 900 d.C., los mayas extendieron su influjo por la zona sur de la península de Yucatán y el noroeste de las actuales Guatemala y Honduras. Se construyeron entonces los grandes centros ceremoniales como Palenque, Tikal y Copán. Los centros mayas fueron abandonados de forma misteriosa hacia el año 900 y algunos individuos emigraron al Yucatán. En el período postclásico, desde el 900 hasta la llegada de los españoles en el siglo XVI, la civilización maya tenía su centro en el norte de Yucatán. La migración tolteca de los itzáes, procedentes del valle de México, impactó fuertemente en sus estilos artísticos. Chichén Itzá, Mayapán y Uxmal fueron ciudades esplendorosas. La Liga de Mayapán, que dominó la península de Yucatán durante dos siglos, preservó la paz durante algún tiempo, pero tras un período de guerra civil y de revolución, las ciudades quedaron abandonadas. »

Sociedades o culturas mesoamericanas

Ce sont les Mayas du Yucatàn qui entendirent les premiers du nouveau continent le feu des armes occidentales, celles de l’armée de Hernadez de Cordoba, leur bruit et leur effet mortel. Ils pensèrent que la foudre était tombée du ciel sur eux. Quand les Espagnols l’attaquèrent dans les années 1500, la civilisation maya était depuis longtemps en déclin et avait même déjà connu des chutes spectaculaires, dues non à des invasions extérieures mais à des crises internes, sociales et politiques. Dès 1200, la plus florissante civilisation maya, inspirées des Toltèques, s’était déjà effondrée d’elle-même. Son âge classique avait déjà mené à une chute bien avant, au Xe siècle ! Un Maya alphabétisé de 1517, au moment de la conquête espagnole, ne savait plus déchiffrer les inscriptions de l’époque classique maya. Face aux colonisateurs, il n’y avait pas de pouvoir central mais des divisions sans cesse entretenues par des conflits internes des grandes familles, en particulier les trois principales. Il n’y avait pas une langue unique mais quarante langues différentes et pas de capitale unique non plus. Nul ne savait plus peindre ou sculpter, dans le pays maya, avec l’adresse des artistes mayas du VIIIe ou du IXe siècle.

Fueron los mayas de Yucatán quienes escucharon al primero del nuevo continente disparar las armas de Occidente, las del ejército de Hernadez de Córdoba, su ruido y su efecto mortal. Pensaron que los rayos habían caído del cielo sobre ellos. Cuando los españoles lo atacaron en la década de 1500, la civilización maya había estado en decadencia durante mucho tiempo e incluso había experimentado caídas espectaculares, no debido a invasiones externas sino a crisis internas, sociales y políticas. Para 1200, la civilización maya más floreciente, inspirada en los toltecas, ya se había derrumbado por sí misma. ¡Su edad clásica ya había llevado a una caída mucho antes, en el siglo X ! Un maya alfabetizado de 1517, en el momento de la conquista española, ya no podía descifrar las inscripciones de la era clásica maya. Frente a los colonizadores, no había un poder central sino divisiones mantenidas constantemente por conflictos internos de familias numerosas, especialmente los tres principales. No había un solo idioma, sino cuarenta idiomas diferentes y tampoco un solo capital. Nadie sabía cómo pintar o tallar en el país maya con la habilidad de los artistas mayas del siglo octavo o noveno.

TIKAL

CHICHEN ITZA COPAN « … Une telle chaîne d’événements… ne mène pas seulement à un conflit social inévitable, dans lequel la société est en proie à des affrontements et à des guerres, mais contribue à une réduction drastique de la population payant un lourd tribut en vies humaines. .. Il rompt l’équilibre instable jusqu’alors impératif. Le système d’alliances qui a permis de maintenir la paix entre les villes mayas explose ... Des guerres sanglantes s’emparent des terres des Mayas, qui subissent un processus de désintégration. Les effectifs de la population s’effondrent. Ce climat d’instabilité violente brise le réseau commercial ou la restructuration. Cependant, cette dynamique complexe, cette fuite en avant finit par mettre fin progressivement à la civilisation classique maya "

Izquierdo-Egea 2014a : 22, cité par lui-même en 2015 :

Source (en espagnol)

« L’organisation sociale

« La société maya était complexe, fondée sur une organisation familiale patrilinéaire et une répartition par secteurs d’activités. Elle était divisée en classes : nobles, prêtres, guerriers, artisans, commerçants et surtout agriculteurs (paysans, serviteurs et esclaves). La gouvernance était assurée par des chefs héréditaires qui déléguaient à des chefs locaux leur autorité sur les communautés villageoises. La terre, propriété de chaque village, était régulièrement redistribuée par parcelles aux différentes familles en fonction du nombre d’individus.

Le haut de la hiérarchie était représenté par un halach uniníc, mot à mot« le vrai homme » (« gouverneur », « monarque »), au pouvoir absolu, car il est chef de l’armée, de l’administration et des prêtres (il a parfois des fonctions religieuses). Le titre est héréditaire. Viennent ensuite des prêtres (ferrés en astronomie comme ceux de Copan), des princes, des batab (dignitaires et conseillers) et des administrateurs. Cette couche supérieure de la société forme la noblesse. Le rôle des prêtres (ah kin) était étroitement lié au calendrier et à l’astronomie. Ils contrôlaient l’éducation et les rituels et étaient responsables de la computation du temps, des cérémonies, des jours et des saisons fatidiques, de la divination, des événements, du traitement des maladies, de l’écriture et des généalogies et bien sûr du calendrier agricole. Les guerriers s’apparentent à cette noblesse tandis que les artistes et les artisans viennent ensuite : architectes, peintres, céramistes, scribes, sculpteurs-graveurs, tisserands.

Les agriculteurs constituaient l’essentiel de la population mais beaucoup pouvaient se comparer aux serfs. Outre la production de nourriture pour eux et l’oligarchie, ils devaient fabriquer les vêtements, payer l’impôt et fournir la main-d’œuvre pour les travaux et les constructions. Les esclaves formaient une classe à part. Les prisonniers de guerre et les délinquants fournissaient les plus gros contingents pour un travail exigeant. Beaucoup étaient vendus comme marchandises ou constituaient les futures victimes pour les sacrifices.

Le ciment de la société était assuré d’une part par le fait que de nombreux liens de parenté unissaient dirigeants et serviteurs, chefs et paysans, et d’autre part par une religion extrêmement prégnante. La pyramide reliait les hommes aux dieux et mettait la Terre (et son inframonde souterrain) aux niveaux supérieurs de l’Univers.

L’organisation urbaine traduit assez bien cette unité, depuis les habitats de chozas dispersés de la périphérie, jusqu’au cœur des sites marqué par les édifices de pierre où réside l’élite : la plupart des grands édifices, pyramides ou palais, sont associés au lignage dirigeant, et la pyramide principale abrite parfois le tombeau d’un personnage important (Palenque). Les Mayas fonctionnaient selon un système de cités-États et non par royaumes ou empires comme c’était le cas dans l’Ancien Monde au moment de l’arrivée des Conquistadors.

Cette société est particulièrement fragile car son système économique est quasi exclusivement agricole : exceptions faites du travail de la pierre et du tissage, les techniques sont d’une extrême indigence. Les archéologues ont souvent fait constater ces carences : les seuls métaux connus, l’or et le cuivre, étaient simplement martelés et ils ne servaient qu’à réaliser des objets de prestige. Les Mayas n’utilisaient pas la roue, ni le tour de potier et ils n’avaient pas d’animaux de trait : le portage à dos d’homme était la règle. Leur outillage était d’une manière générale extrêmement rudimentaire (en pierre ou en bois) et assez peu efficace.

Cependant, en dépit de milieux peu hospitaliers, les Mayas ont pu développer une brillante civilisation fondée sur l’agriculture et l’exploitation des ressources forestières, grâce à une société très organisée. Mais il s’agissait d’une civilisation en équilibre fragile, particulièrement vulnérable en cas de d’instabilité ; notamment le recours à des solutions techniques était exclu car ces dernières étaient trop rudimentaires pour être efficaces. C’est alors que toute une série de causes se sont conjuguées pour amorcer un déclin inévitable.

Le déclin maya : une « catena » circonstancielle et une lente mutation

Le déclin maya a longtemps été jugé mystérieux et énigmatique d’autant plus qu’il a été rapide : les auteurs anglo-saxons parlent de « Collapse ». Mais avec l’apport de très nombreuses données apportées par les environnementalistes et en connexion avec celles, anciennes et nouvelles, des archéologues, il est permis de construire un scénario vraisemblable de ce déclin, fondé avant tout sur l’épuisement progressif des sols forestiers tropicaux mis en valeur pour la culture du maïs.

L’épuisement des terres et les catastrophes naturelles

L’hypothèse catastrophique du « Collapse » (séismes, cyclones et inondations, sécheresses) évoquée un temps par certains (Gill, 2000 ; Hodell et al., 2002 ; Haug et al., 2003) ne tient guère à elle seule car le déclin de la civilisation n’a pas été brutal mais progressif. D’ailleurs aucun bâtiment ne montre de traces de séisme violent, d’autant que le Yucatan comme le Petén sont réputés être des régions géologiquement stables. Par ailleurs on ne connaît pas d’exemple de grande civilisation ayant disparu suite à un tremblement de terre ou à une série de cyclones, en dépit des dégâts occasionnés. La fragilité de cette hypothèse est sa durée dans le temps.

Par contre l’épuisement des terres est une hypothèse solide car c’est un point de départ qui induit des conséquences en chaîne. Elle a d’ailleurs été pressentie dès 1946 par Morley sans qu’il en donne pour autant des explications convaincantes, puis reprise par Meggers (1954), Dumond (1961) et Turner (1974). De fait, les sols tropicaux présentent, d’une façon générale, de très graves inconvénients (Pomel et Salomon, 1998). L’humus y est en voie de minéralisation très rapide, les sels y sont lessivés et, en l’absence de pente, ces sols peuvent rester saturés. Dans ces conditions, la faiblesse du système de la milpa est telle qu’un même champ est très vite épuisé après deux ou trois récoltes d’affilée. Il doit alors être mis en jachère pendant au moins une décennie sous peine d’épuisement irréversible. Cette fragilité spécifique des sols forestiers tropicaux et la nécessité de grands espaces se retrouvent sur tous les continents et conduisent aux mêmes évolutions dramatiques si l’on n’y prend garde.

Chaque cité-État maya d’importance (Tikal, Palenque, Calakmul, Caracol, etc.) avait donc besoin, pour sa subsistance, de très vastes territoires pour nourrir une population d’autant plus grandissante que la cité était prospère. Quinze hectares et une cinquantaine de jours de travail étaient nécessaires au paysan maya pour nourrir une famille de 10 personnes pendant un an : c’est un espace considérable ! Or la dimension de la plupart des cités, comme l’ampleur des travaux menés à bien en relativement peu de temps, impliquaient à terme que ce mode de production ne pourrait plus suffire aux besoins, d’autant qu’on sait que les rendements de la milpa sont faibles (2 à 3 quintaux de maïs à l’hectare). Certes, les Mayas avaient parfois mis au point des systèmes plus intensifs, comme l’agriculture en terrasses (Caracol, Río Bec) ou des jardins potagers autour des maisons avec utilisation des cendres (Tikal), mais cela ne pouvait que retarder l’échéance. La dégradation des sols dans le périmètre proche des cités conduisait inéluctablement à des productions alimentaires de plus en plus maigres alors que, dans le même temps, les populations croissaient. À la fin de la période Classique (vers 900 ap. J.-C.) on estime la population maya à plus de 2 millions d’individus dans les Basses-Terres. Puis d’évidence, la population s’est développée jusqu’à atteindre rien que dans le Petén près d’une dizaine de millions de personnes à son apogée (Schwartz, 1990). On estime qu’à leurs apogées, vers 810, Palenque avait une dizaine de milliers d’habitants, Tikal et Calakmul ont eu chacune environ 50 000 habitants (Haviland, 1972), et Caracol, au pied des monts Mayas (Belize), plus de 140 000 habitants (Chase, 2008) sur un rayon de 10 km ! Dans le Petén, selon Rice et Rice (1990) les densités rurales pouvaient atteindre jusqu’à 200 à 300 habitants/km2, ce qui est considérable pour une forêt tropicale ! La capacité de résilience de cette dernière et de ses sols n’y pouvait suffire.

Les sondages (sites archéologiques, lacs, etc.), les très nombreuses données géochimiques et sédimentologiques ainsi que les diagrammes polliniques indiquent tous une intervention humaine précoce (vers 5780 BP) dans une forêt dense favorisée par des conditions humides bien établies (depuis 9 000 BP). La déforestation s’est ensuite accélérée lors de la période Classique pour aboutir à un paroxysme vers 850-1000 ans. Cette déforestation, accélérée par des déboisements destinés à alimenter les fours à chaux (la chaux recouvrait les monuments), a été suivie par une importante érosion des sols et une perte en nutriments de ces derniers (Binford et al., 1987 ; Brenner, 1994). Dès lors, la chute des rendements et de la production agricole est devenue irréversible, d’autant que quelques catastrophes naturelles ont pu ajouter un surcroît de malheurs (on pense à des cyclones de type Mitch (1998) ou, pire, à des sécheresses prolongées).

Le manque de nourriture conduit à la malnutrition dans un premier temps, puis aux épidémies et aux famines dans un second. Cette mauvaise situation empirant progressivement amena probablement les peuples à demander du secours aux prêtres dirigeants puisque ceux-ci prétendaient avoir accès au monde des divinités, jugées responsables de leurs malheurs (fâchées ?). Combien d’incantations, de cérémonies, de sacrifices humains se sont-ils déroulés avant qu’on constate leur impuissance et qu’on se révolte, ou bien qu’on convoite les récoltes supposées plus abondantes des cités rivales ? Devant l’impuissance des élites à résoudre les problèmes et l’inefficacité des sacrifices, le mal être social conduisit probablement à une nouvelle philosophie de vie, avec de nouvelles valeurs. L’ensemble conduisit à des révoltes qui attentèrent jusqu’aux plus hauts dirigeants et prêtres (intermédiaires impuissants auprès des dieux, mais de plus en plus exigeants auprès du peuple), parachevant une décadence programmée. C’est l’hypothèse soutenue par Thompson (1964) puis Jacques Soustelle (1967) :

« le charme s’est dissipé », alors « le lien social s’est distendu » et le paysan s’est soit retourné contre les élites, soit plutôt « dérobé à leur pouvoir, revenant à son petit lopin de terre familial, à sa hutte, aux dieux de son hameau à qui il rendait un culte simple et sans faste comme les Lacandons aujourd’hui ».

Les indices de ces révoltes sont nombreux : mutilation de monuments et de statues (Tonina, Piedras Negras, etc., même si ces dégradations pourraient tout aussi bien être dues à des envahisseurs).

À cela vient s’ajouter un autre facteur : grâce à l’analyse des sédiments de sondages assez profonds, on a pu constater que la période de croissance démographique des Mayas a coïncidé avec une période de climat chaud et humide, propice aux cultures. Par contre, alors que les défrichements atteignaient leur maximum, dans le même temps (entre 800 et 910) le climat de la région s’est considérablement asséché (fig. 6). Or pour assurer une récolte de maïs il faut au moins une précipitation annuelle de l’ordre de 600 mm et on sait que la céréale est très sensible à la sécheresse. Or des études ont montré qu’aux alentours de 760, 810, 860 et 910, à plusieurs reprises, le seuil des 450 mm n’a probablement pas été atteint (Hodell et al., 1995) 7. Déjà affaiblies par l’épuisement des sols, les villes furent incapables de supporter ces périodes prolongées de sécheresse calamiteuses : ce coup de grâce fit que la plupart furent alors abandonnées.Les données archéologiques coïncident remarquablement entre abandons et cet assèchement climatique de plus d’un siècle.

Il existe bien d’autres cas dans l’histoire où une trop forte densité démographique a conduit à une dégradation environnementale et à un déclin : citons celui de l’île de Pâques et de sa déforestation (notamment celle des arbres nourriciers).

Les guerres et les sacrifices

De tout temps les hommes sont entrés en guerre pour des motifs de pouvoir, de conquête de territoires voire de religion. Les Mayas n’y ont pas échappé, loin de là ! Citons par exemple les invasions extérieures, notamment celle des Toltèques qui envahirent les régions mayas en prenant le pouvoir à Chichen-Itza. Vers 895, ils pénétrèrent le long de l’Usumacinta repoussant les Mayas vers le Nord.

Si la course au prestige est une constante de la civilisation maya, les rivalités internes et le militarisme envahissant fragilisent par ailleurs son équilibre. Prenons par exemple, parmi bien d’autres, la rivalité entre Tikal et Palenque (dont le gouverneur fut fait prisonnier et décapité) ; puis la conquête de Tikal par Caracol ; puis la reprise de celle-ci. Dans ce contexte guerrier, Tonina faisait figure d’épouvantail tant son peuple était belliqueux. Les preuves de la fréquence des guerres sont légion : bas-reliefs, sculptures (représentations d’Ek Chuah, dieu de la guerre, et de Ah Puch, dieu de la mort), statues décapitées, tzomptli (rateliers aux crânes, photo 8), céramiques, peintures, abandon brutal de cités (constructions restées en chantier), etc. Ces guerres visaient plus à faire des prisonniers pour les sacrifices (fig. 7) qu’à conquérir des territoires, cependant ces affrontements sanglants épuisaient peu à peu des populations déjà fragilisées et prises dans un cercle infernal : beaucoup de sacrifices étaient effectués pour plaire au dieu de la Pluie, Chac (notamment des enfants et des jeunes filles… en pleurs), ou Ghanam et Ah Mun, dieux de l’agriculture et de la fertilité, voire Chicomecoatl, déesse du maïs et de la subsistance… Pour implorer le retour à une certaine fertilité des sols, ils multiplièrent aussi les offrandes en… cacao, originaire de la région. Celui-ci était chez les Mayas un symbole de fertilité, de richesse et à l’origine de la boisson sacrée qu’était le chocolat : ses graines se retrouvent notamment dans des vases déposés au fond des grottes comme à Balancanche.

À partir du début du déclin, les Mayas furent de plus en plus littéralement obsédés par les cérémonies sanglantes estimées utiles par la mythologie maya. En effet, pour les Mayas, le sacrifice sanglant était nécessaire à la survie tant des dieux que des humains. Il était censé faire monter l’énergie humaine vers le ciel et recevoir en retour le pouvoir et les faveurs divines. De plus, les Mayas redoutaient par dessus tout les ruptures, les passages d’un cycle à l’autre. Les prêtres faisaient donc fréquemment couler le sang, le leur, par autosacrifices (incisions des lobes des oreilles, de la langue, du sexe), et celui des prisonniers car le rite de la saignée constituait un important aspect de tout grand événement du calendrier maya. Il devait aussi servir à se concilier les dieux (fig. 8) en particulier lorsque les situations devenaient difficiles (sécheresse par exemple). En cela, ils ne furent pas les seuls : chez les Grecs évoquons le sacrifice d’Iphigénie pour amadouer Éole et permettre à la flotte de partir pour Troie. Dès le début du déclin de la civilisation maya, les chefs multiplièrent les sacrifices pour tenter de sauver leurs royaumes, déstabilisés et en voie de perdition. Selon Ivanoff (1975), les peuples fragilisés et confrontés à une peur grandissante face à l’approche imminente de l’Apocalypse auraient alors spontanément déserté les cités et déstructuré définitivement la société maya. Quoi qu’il en soit, guerres et sacrifices ont sans aucun doute engendré instabilité, insécurité et fragilité. Cette faiblesse d’une société théocratique, oligarchique et fortement inégalitaire, sans autre recours productif, technique ou sociétal, explique certainement son effondrement brutal.

Source

Classes sociales mayas A la base les paysans...

Le massacre de la famille royale maya par les révoltés

Une découverte macabre dans les profondeurs de la jungle guatémaltèque pourrait jeter un nouvel éclairage sur l’un des mystères les plus captivants de l’ancien monde : la chute de la civilisation maya.

Une fosse commune contenant plus de 50 cadavres, qui montrent des signes de mort atroce, étonne les experts depuis leur découverte, il y a quelques mois.

Les corps, enterrés avec des ornements royaux, ne sont pas victimes de "violences aléatoires", a déclaré Arthur A. Demarest, archéologue américain, qui travaille sur des fouilles depuis près d’une décennie.

Selon l’expert, la plupart des personnes enterrées, y compris des hommes, des femmes et des enfants, sont décédées "la tête en arrière et une grosse lance bloquée dans la poitrine, jusqu’à la colonne vertébrale".

"Vous pouvez trouver des prisonniers de guerre décapités, mais pas des exécutions de masse comme celle-ci", a déclaré Demarest à la BBC.

Pour l’archéologue, le plus extraordinaire est que les assaillants ont décidé de quitter les lieux, toute la population abandonnant même le site.

Source en espagnol avec plusieurs vidéos sur le massacre de la famille royale

Cancuen, qui était une position clé au bord de la rivière Pasión, considérée comme essentielle pour les Mayas,a été massivement quittée.

Source

Les corps démembrés de plus de 30 membres de la noblesse maya ont été découverts dans une fosse commune à l’entrée de leur palais dans la ville guatémaltèque de Cancuén, capitale de l’un des royaumes de la civilisation maya. Le massacre a eu lieu entre 300 et 900 après JC. À une étape cruciale de l’effondrement de cette ancienne civilisation, une équipe de scientifiques de la National Geographic Society des États-Unis, du ministère de la Culture du Guatemala et de l’Université Vanderbilt, au Tennessee. Mais la découverte, faite par les archéologues guatémaltèques Sylvia Alvarado et Tomás Barrientos, a des limites plus macabres, a déclaré l’anthropologue Arthur Demarest, professeur d’anthropologie à l’université Vanderbilt du Guatemala.

Les squelettes du roi Kan Maxx et de la reine (dont le nom est inconnu) ont été retrouvés à environ 80 mètres de la fosse commune. En outre, le groupe a retrouvé les vestiges d’une douzaine de hiérarchies du royaume, dont certaines en quartiers, dans le secteur nord du palais. "Au total, ce sont environ 50 personnes qui ont été tuées lors d’une sorte de rituel et ce fut le début de la fin de la civilisation maya", a-t-il déclaré. La découverte de palissades inachevées, de flèches éparses et de constructions palatiales abandonnées, ainsi que de squelettes portant les marques de lances et de coups de hache montre que la ville a été détruite et ses monarques exécutés, a déclaré Demarest. "Il y avait un effort désespéré pour défendre la ville. Il est clair que ces défenses n’ont pas fonctionné ", a-t-il ajouté. Selon le scientifique, apparemment le roi et la reine, ainsi que des membres de sa cour, auraient été rassemblés pour être massacrés à la lance ou à coups de poing à la tête et au cou.

Les os montrent que des enfants et des adultes ont été tués, y compris deux femmes enceintes, dont les foetus ont été trouvés sous la boue qui a ensuite inondé l’endroit. Des os robustes, des déformations crâniennes et de beaux ornements, notamment du jade, des colliers de crocs de jaguar et des obus du Pacifique montrent qu’ils étaient tous nobles, a déclaré Demarest. En raison de sa position stratégique à la source de la rivière Pasión, le royaume de Cancuén était l’une des cités-États les plus riches de l’ancienne civilisation maya. Le scientifique a indiqué que le royaume était le point de rencontre du monde maya né dans les basses terres du sud du Mexique et du nord du Guatemala avec l’altiplano et les littoraux du sud.

Selon le reportage de la découverte, qui fait partie d’un programme télévisé que National Geographic diffusera plus tard ce mois-ci, la richesse du royaume se reflétait dans la magnificence de son palais royal. Le bâtiment couvrait une zone de deux terrains de football et ses murs étaient ornés de centaines de sculptures en stuc. Le palais central était également entouré d’ateliers où l’on travaillait du jade, du verre volcanique, de la pyrite et d’autres matières précieuses extraites des montagnes et des littoraux. "Après cet événement tragique et violent, comme aucun autre événement de la civilisation maya, la ville de Cancuén a été complètement abandonnée", a déclaré l’anthropologue. La même chose s’est produite avec d’autres colonies situées sur les rives de la rivière, a-t-il ajouté.

Le site royal de Cancuén a été attaqué et ses stèles violemment détruites

La découverte des preuves du massacre a été faite en juin de cette année quand Alvarado et Barrientos ont creusé dans les environs du palais et dans une sorte de citerne. Elle était pleine d’os et d’artefacts humains et devant l’ampleur du massacre, l’équipe d’archéologues a demandé l’intervention de la Fondation d’anthropologie médico-légale du Guatemala (FAFG). Cet organe a été créé en 1996 après la signature des accords de paix du Guatemala et travaille sous la supervision des Nations Unies. Le massacre de Cancuén continue de faire l’objet d’une enquête dans l’espoir de trouver de nouveaux indices sur l’effondrement de la civilisation maya.

Source

Leer aqui Arthur Demarest Un film sur le massacre de la royauté maya par une révolution sociale vers 800 après J.-C. à Cancuen

Murder of Maya Dirigeants

9th century Mayan royal family assassinated

An interpretation of the the collapse of the Maya Empire ?

Le mystère du massacre de la famille royale maya de Cancuén dans les années 800 à 801 après J.-C., d’après Arthur Demarest

La découverte d’une tombe contenant les restes du dernier roi de Cancuén, Kan Maax, près d’une fosse commune où repose toute sa famille. Des gens qui avaient accumulé un grand pouvoir dans un petit nombre de mains.

Les experts espèrent que les vestiges fourniront de nombreux indices sur la vie des Mayas. Une découverte macabre dans les profondeurs de la jungle guatémaltèque pourrait jeter un éclairage nouveau sur l’un des mystères les plus captivants du monde antique.

L’automne ou l’effondrement de la civilisation maya, un soulèvement généralisé ou une guerre civile, que les forces des gouvernants étaient trop peu nombreux, n’avaient pas les moyens de contenir.

On trouve en effet une fosse commune avec plus de 60 squelettes ; ce sont tous les membres de la famille royale, qui montrent des signes certains d’une mort atroce, et celle-ci étonne les experts depuis leur découverte, il y a quelques mois.

Les cadavres, qui ont été enterrés avec sur eux les signes de la royauté, n’ont pas été victimes d’une "violence accidentelle", a précisé Arthur A. Demarest, l’archéologue américain qui travaille sur les fouilles du site depuis près d’une décennie.

Selon cet expert, la plupart des personnes enterrées, des hommes, des femmes et des enfants, en fait toute la famille, sont décédées "la tête en arrière et une grosse lance bloquée dans la poitrine, jusqu’à la colonne vertébrale".

"Il arrive qu’on trouve des prisonniers de guerre décapités ainsi, mais pas des exécutions de masse comme celle-ci", a déclaré Demarest. Pour l’archéologue, le plus extraordinaire est que les assaillants ont décidé de quitter les lieux.

L’effondrement soudain

L’ancienne ville commerciale de Cancuén s’était beaucoup enrichie grâce à sa situation géographique, près du Rio La Passion, à un niveau où justement elle devient navigable.

Demarest explique que, lors des guerres Mayas, "normalement, les vainqueurs, qui conquièrent une place importante, placent quelqu’un sur le trône. De plus, ils construisent généralement des monuments pour se vanter de ce qu’ils avaient fait."

Cependant, ceux qui ont conquis Cancuén, simplement… sont partis !

En conséquence, la ville a soudainement perdu son "statut de position clé" auprès du Rio Passion, pourtant considérée comme essentielle pour les Mayas.

"Cette voie commerciale est morte et n’a jamais connu de renaissance", a déclaré l’archéologue, ajoutant que l’effondrement de Cancuén annonçait le déclin d’autres villes situées le long du fleuve.

Cependant, avertit l’expert, la chute de Cancuén ne devrait pas être considérée comme le détonateur de l’effondrement de la civilisation maya.

Il peut plutôt s’agir, selon Demarest, d’un "symptôme" de l’action des forces qui ont éliminé les Mayas, selon les conclusions des travaux de l’archéologue américain, financés par le magazine National Géographique et par l’Université Vanderbilt.

Beaucoup ont cité des preuves géologiques et climatiques pour affirmer que la civilisation maya était morte des suites d’une famine causée par une sécheresse dévastatrice.

En fait, on trouve sur place, à Cancuén, des preuves de l’attaque de la royauté avec la destruction violente des stèles mayas du site.

Il y a trop de suspects…

C’est un peu comme dans un mystère d’Agatha Christie, où "il n’y a que trop de suspects", a déclaré l’archéologue Arthur Demarest. "Nous ne nous attendions pas à trouver quoi que ce soit", a déclaré Demarest, en décrivant comment son équipe avait "trébuché" par hasard sur la fosse commune en creusant une excavation de routine d’un étang à la base d’un palais.

Le palais royal de Cancuén

Le palais royal de Cancuén se situe près de l’étang où a été observé la fosse commune.

L’expert espère maintenant que les restes fourniront de nombreux indices sur la vie des Mayas. Les cadavres, dit l’expert, sont extraordinairement bien conservés. Pendant des siècles, ils ont été "scellés sous un étang" de boue, arrosé par les eaux d’une source.

Les joyaux précieux, enterrés respectueusement à côté des cadavres, suggèrent que les victimes appartenaient à la "haute noblesse". Mais les questions continuent à se poser à propos de qui les a tués et pourquoi.

Demarest a souligné que l’explication la plus plausible était que les auteurs appartenaient à une tribu de hautes terres, possiblement liée à Cancuén.

L’effondrement Maya

Tout a commencé dans le petite cité-Etat de Dos Pilas, près du Rio Passion, en aval de Cancuén. En l’an 630 de notre ère, la ville de Tikal, essayant de réaffirmer sa domination de la route commerciale du Rio Passion, que menaçait l’expansionnisme de Calakmul, avait fondé une ville entre deux sources ou Dos Fuentes ou Pilas. La ville ne cultivait ni ne vendait rien. Cette ville n’était que le représentant de ce qu’on appelle un "État prédateur", qui ne dépend que du paiement du tribut par les villes environnantes. La guerre pour Dos Pilas, comme source de revenus, n’était pas un rituel pour glorifier ses rois, mais un "modus vivendi" leur permettant de survivre. En quelques années après que sa fondation, elle avait déjà conquis les villes encironnantes pour leur faire payer le tribut : La Amelia, Tamarindito, Ceibal et Itzàn.

L’histoire de la violence et de la duplicité du règne a commencé lorsque Tikal a installé l’un de ses princes, Balaj Chan Kawtil, comme gouverneur de Dos Pilas, en l’an 635 de notre ère. Ses envoyés ont arrangé des bâtiments pour faire de la ville une capitale moderne, utilisant des façades sculptées pour couvrir des murs mal faits. Mais, en l’an 658 de notre ère, Calakmul conquit Dos Pilas et contraignit Balaj Chan Kawiil à l’exil.

Les inscriptions en glyphes de Cancuén.

Les inscriptions en glyphes sur un petit escalier révèlent que Balaj Chan Kawiil y est retourné deux ans plus tard, mais comme allié de Calakmul. Dos Pilas aida alors Calakmul à renforcer son contrôle sur la vallée du Rio Passion au cours des deux décennies suivantes. Calakmul ordonna alors à Balaj Kawtil Chan d’attaquer son frère à Tikal.

En l’an 679 après Jésus-Christ, il a donc attaqué sa ville natale. « Des montagnes de crânes s’empilaient et le sang coula », raconte l’inscription de l’escalier. Balaj Chan Kawiil a triomphé et son frère est mort dans la bataille. La victoire a porté Calakmul à son apogée et a transformé Dos Pilas en ville dominante du Petexbatún, dans le sud-ouest du Petén.

Tikal a survécu, s’est reconstruit et, moins de 29 ans plus tard, a attaqué et battu Calakmul. Des sculptures en stuc de l’Acropole centrale de Tikal montrent un noble de Calakmul attendant d’être sacrifié. Ce fut une défaite dont Calakmul n’a jamais pu se remettre, et elle n’a jamais récupéré. Cependant, Tikal resta identique à elle-même après sa victoire. « Même si Tikal gagna finalement, elle n’avait pas davantage la capacité de contrôler tout le territoire vaincu ». explique Robert Sharer de l’Université de Pennsylvanie.

Ce qui s’est passé ensuite n’est pas clair. La puissance de Calakmul a été brisée, mais ses alliés, y compris Dos Pilas ont poursuivi leurs combats contre Tikal au nom de Calakmul. Dos Pilas, devenue hégémonique, a conforté sa domination dans le Petexbatún par ses alliances et la guerre. Ses Rois ont construit une deuxième capitale, Aguateca, et une autre ville de l’autre côté de la lagune : Punta de Chimino, qui sera la dernière ville de la région à être abandonnée. Ils ont construit également des monuments et des temples.

Mais en 761 après Jésus-Christ, la fin de Dos Pilas était venue. Les anciens alliés et vassaux conquirent la ville et ses dirigeants ont fui à Aguateca. Dos Pilas n’a jamais repris son ancien rôle depuis ces événements. Les Mayas ont toujours espéré qu’un roi allait émerger triomphant de la guerre, mais chaque conflit a créé toujours plus de prétendants au trône. La victoire, au lieu d’entraîner la construction de nouveaux monuments inspirant le respect, a entraîné des constructions éphémères et mal venues. La défaite poussait des populations civiles désespérées par les massacres à détruire des parties des temples et des palais, pour construire des murs de défense. Les villes n’ont pas été reconstruites ou réoccupées, mais ont tout simplement cessé d’exister.

De beaux temples ont été démantelés pour être transformés en murs défensifs.

Les petits Etats « essayaient de survivre au sein du chaos », mais personne ne put y parvenir. Au lieu de cela, les Etats en guerre cherchaient un avantage temporaire de cette situation, mais, dans le pays, les ressources se faisaient de plus en plus rares, et les habitants ne faisaient plus que de fuir, de se cacher ou de mourir.

Pendant un certain temps, les Nobles ont trouvé refuge dans des endroits comme Cancuén, un port tranquille sur le RIo La Passion. Lorsque les « villes en aval du Rio Passion étaient dans le chaos » à la fin du VIIIe siècle, Cancuén a prospéré, grâce au commerce des biens de luxe, et en recevant dans des habitations somptueuses des nobles visiteurs. L’architecte de cet âge d’or fut le roi Taj Chan Ahk, qui est arrivé au pouvoir en l’an 757 après Jésus-Christ, âgé de 15 ans. Cancuén avait une longue histoire comme poste stratégique du commerce, mais Taj l’a transformé en joli centre cérémoniel, dont le centre était un palais de 25 000 m2, avec trois étages, un bain cérémoniel, entouré d’arches de toit et onze patios en pierre calcaire au-dessu d’un promontoire près du Rio. C’était le cadre idéal pour un Kujul Ajau comme Taj Chan Ajk, bien qu’il y ait le chaos ailleurs.

Rien ne prouve que Taj Chan Ajk ait mené une guerre ou gagné une bataille. Par contre, il a dominé pendant environ 40 ans et forgé des partenariats et des amitiés avec ses voisins. Un autel de l’année 790 après Jésus-Christ, le montre dans un jeu de balle cérémoniel avec un noble de Machaquila, peut-être pour célébrer un traité ou une visite d’Etat

EL MISTERIO DE LA MASACRE MAYA EN LOS AÑOS 800 AL 801 D.C.

LA DESCUBIERTA DE UNA TUMBA CON RESTOS DEL ÚLTIMO REY DE CANCUÉN, KAN MAAX, CERCA DE LA FOSA COMÚN

MUCHO PODER EN POCAS MANOS :

Los expertos esperan que los restos aporten muchas pistas sobre la manera en que vivían los MAYAS. Un Macabro Descubrimiento en lo más profundo de la Selva Guatemalteca podría arrojar una NUEVA LUZ sobre uno de los Misterios Más Cautivadores del Mundo Antiguo :

LA CAÍDA ó COLAPSO DE LA CIVILIZACIÓN MAYA, un Levantamiento Generalizado o Una Guerra Civil, que los Gobernantes siendo muy pocos ; NO pudieron contener.

Una Fosa Común con más de 60 esqueletos ; Todos los Componentes de la Familia Real, que muestran signos de haber tenido una muerte atroz, ha estado asombrando a los expertos desde su desentierro, pocos meses atrás. Los cadáveres,

SEPULTADOS CON ADORNOS DE REALEZA, no son víctimas de una “violencia aleatoria”, aclaró Arthur A. Demarest, el arqueólogo estadounidense que lleva casi una década trabajando en las excavaciones del lugar.

Según el experto, la mayoría de los enterrados, entre los que se incluyen hombres, mujeres y niños, murieron “con la cabeza hacia atrás y con una gran lanza clavada en el pecho, hasta la columna vertebral”.

“Se pueden encontrar prisioneros de guerra decapitados, pero no ejecuciones en masa como ésta”, le dijo Demarest. Para el arqueólogo, lo más extraordinario es que los atacantes decidieran abandonar el lugar.

COLAPSO REPENTINO

La Antigua Ciudad Comercial de CANCUÉN se enriqueció

Gracias a su Ubicación pues es Ahí, donde el Río PASIÓN se hace navegable.

Los Ganadores en las Guerras MAYAS, explicó Demarest, “Normalmente conquistaban un lugar y ponían a alguien en el Trono. También levantaban algunos Monumentos para jactarse de lo que habían hecho”.

Sin embargo, quien quiera que conquistó CANCUÉN, simplemente ¡SE FUE !

Como resultado, la Ciudad perdió de repente su “estatus como puesto clave” junto al RÍO PASIÓN, considerado VITAL para los MAYAS. “ESTA RUTA COMERCIAL MUERE Y NUNCA RENACE”, indicó el arqueólogo, añadiendo que EL COLAPSO DE CANCUÉN presagió el ocaso de otras Ciudades a lo Largo del Río.

Sin embargo, advierte el experto, la CAÍDA DE CANCUÉN no debería considerarse el Detonante del Colapso de la Civilización MAYA.

Pero sí puede tratarse, según Demarest, de un “SÍNTOMA” de las Fuerzas que Acabaron con los MAYAS. Las conclusiones de los trabajos del arqueólogo estadounidense, financiados por la revista National Geographic y por la Universidad de Vanderbilt.

Muchos han citado evidencias geológicas-climáticas para argumentar que la Civilización MAYA murió tras una hambruna causada por una devastadora sequía.

EVIDENCIA DE LA DEVASTACIÓN DE CANCUÉN, TRAS EL ATAQUE CON LA DESTRUCCIÓN DE LAS ESTELAS MAYAS

DEMASIADOS SOSPECHOSOS

Es un poco como un Misterio de Agatha Christie. “Simplemente hay demasiados sospechosos” dice el arqueólogo Arthur Demarest, “No esperábamos encontrar nada”, dijo Demarest, al describir cómo su equipo “se tropezó” con la FOSA COMÚN durante la excavación rutinaria de un Estanque en la Base de un Palacio.

PALACIO DE CANCUÉN. SE OBSERVA LA ÚBICACION DONDE SE ENCUENTRA EL ESTANQUE, DONDE SE HALLO LA FOSA COMÚN

Ahora, el experto espera que los restos aporten muchas pistas sobre la manera en que Vivían los MAYAS. Los cadáveres, dice el experto, están extraordinariamente bien conservados. Durante siglos, estuvieron “sellados bajo un estanque” de barro, Regado por las Aguas de un Manantial.

Las JOYAS PRECIOSAS, enterradas respetuosamente junto a los cadáveres, sugieren que las víctimas pertenecían a la “ALTA NOBLEZA”. Pero continúan los interrogantes a cerca de ; QUIÉN LOS MATÓ Y POR QUÉ MOTIVO.

“Es un poco como un misterio de Agatha Christie. Simplemente hay demasiados sospechosos”, dijo Demarest, argumentando que la explicación más plausible es que los autores fueran de una tribu de las tierras altas, posiblemente relacionada con CANCUÉN a través de algún matrimonio.

EL LLAMADO COLAPSO MAYA

Este se Inició en la Pequeña Ciudad Estado de DOS PILAS, cerca del Río LA PASIÓN, río abajo de CANCUÉN. En el año 630 d.C. TIKAL, tratando de reafirmar su presencia en la RUTA DE COMERCIO DEL RÍO LA PASIÓN, que amenazaba la expansión de CALAKMUL, Fundó una Ciudad entre DOS FUENTES o PILAS, La Ciudad NO Cultivaba nada ni venía nada. Los Estudiosos lo llaman un “Estado Depredador” que dependía de los tributos de las Ciudades de los alrededores. La Guerra para DOS PILAS, no era un ritual para glorificar a sus reyes, era su “modus vivendi” para sobrevivir, unos cuantos años después de su fundación había conquistado a las cercanas ; LA AMELIA, TAMARINDITO, CEIBAL e ITZÁN

La Historia de violencia y duplicidad del Reino se inició cuando TIKAL instaló a uno de sus príncipes, BALAJ CHAN KAWI’IL, como Gobernante de DOS PILAS en el año 635 d.C. Sus Enviados Arreglaron unos Edificios para hacer de la Ciudad una CAPITAL MODERNA, usando fachadas esculpidas para cubrir paredes mal hechas. Pero en el año 658 d.C., CALAKMUL conquistó DOS PILAS y forzó a BALAJ CHAN KAWIIL al exilio.

ESCALERA GLIFICA EN CANCUÉN. DR. DEMERAST

Las Inscripciones de una Escalinata, Revelan que BALAJ CHAN KAWIIL regresó dos años después, pero como Aliado de CALAKMUL. DOS PILAS ayudó a CALAKMUL a FORTALECER SU CONTROL SOBRE EL VALLE DE LA PASIÓN durante las siguientes dos décadas. Luego CALAKMUL ordenó a BALAJ CHAN KAWI’IL atacar a su Hermano en TIKAL.

En el año 679 d.C. EL ATACÓ a su Ciudad Natal. “Montañas de cráneos se apilaron y la sangre corrió”, narra la Escalinata. BALAJ CHAN KAWIIL, Triunfó y su Hermano Murió en la batalla. La VICTORIA llevó a CALAKMUL a su apogeo y transformó a DOS PILAS en la Ciudad Dominante del PETEXBATÚN, en el sudoeste del Petén.

TIKAL sobrevivió, reconstruyó y menos de 29 años más tarde atacó y derrotó a CALAKMUL. Esculturas de Estuco en la Acrópolis Central de TIKAL muestran a un Noble de CALAKMUL esperando a ser sacrificado. Fue una derrota de la que CALAKMUL nunca se recuperó, pero tampoco TIKAL fue el mismo después de que las guerras concluyeran. “AUNQUE TIKAL GANÓ AL FINAL, NO ESTABA EN FORMA PARA CONTROLARLO TODO” dice Robert Sharer de la Universidad de Pennsylvania.

Lo que pasó después no está claro. El Poder de CALAKMUL estaba roto, pero sus aliados, incluyendo a DOS PILAS, continuaron sus batallas contra TIKAL en nombre de CALAKMUL. DOS PILAS consolidó su hegemonía en el PETEXBATÚN a través de sus Alianzas y la Guerra. Sus Reyes, Construyeron una Segunda Capital AGUATECA, y otra Ciudad en el otro extremo de la laguna : PUNTA DE CHIMINO, la última Ciudad de la Región en ser abandonada. Así como Monumentos y Templos.

Pero en el año 761 d.C., la suerte de DOS PILAS se acabó. Antiguos Aliados y Vasallos Conquistaron la Ciudad y sus Gobernantes huyeron a AGUATECA, DOS PILAS nunca fue vuelta a ocupar, con éste hecho Los MAYAS cruzaron el umbral, en vez de que un Rey emergiera triunfante de la guerra, cada conflicto creaba mas pretendientes. La Victoria, en vez de inspirar nuevos monumentos, eran efímeras e irrelevantes. La Derrota llevaba a los desesperados civiles a arrancar partes de Templos y Palacios para construir muros defensivos. Las Ciudades no eran reconstruidas o reocupadas, simplemente dejaban de existir.

HERMOSOS TEMPLOS SERIAN DESMANTELADOS Y CONVERTIDOS EN MUROS DEFENSIVOS

Los estados pequeños “trataban de sobrellevar el caos”, pero ninguno pudo, en vez de eso, los estados en guerra buscaban ventajas temporales en una tierra de recursos cada vez mas escasos, los comunes, huían, se escondían o morían.

Por un tiempo, los Nobles encontraban refugio en lugares como CANCUÉN, un Tranquilo Puerto sobre el Río LA PASIÓN. Cuando las “Ciudades Río Abajo, se encontraban en caos”, al final del siglo VIII, CANCUÉN PROSPERÓ DEBIDO AL COMERCIO DE BIENES DE LUJO, Y ATENDIENDO EN SUNTUOSAS HABITACIONES A LOS NOBLES VISITANTES. El Arquitecto de esta ERA DORADA fue el Rey TAJ CHAN AHK, que Ascendió Al Poder en el año 757 d.C., a los 15 años. CANCUÉN tenía una LARGA HISTORIA como un PUESTO ESTRATÉGICO DE COMERCIO, pero TAJ CHAN AHK lo Transformó en un HERMOSO CENTRO CEREMONIAL, cuyo Centro era un Palacio de 25,000 m2, con tres pisos, una PISCINA CEREMONIAL, techo con arcos y once patios hecho de piedra caliza sobre un promontorio al lado del río. Era el ESCENARIO PERFECTO para un KUJUL AJAU como TAJ CHAN AJK, aunque hubiera caos en otros lugares.

No hay evidencia de que TAJ CHAN AJK haya peleado alguna guerra o haya ganado una batalla. En cambio, el logró dominar por cerca de 40 años al FORJAR ALIANZAS y AMISTAD con sus Vecinos. Un Altar del año 790 d.C., lo muestra en un JUEGO DE PELOTA CEREMONIAL con un Noble de MACHAQUILÁ talvez para celebrar un tratado o una visita de estado.

Source en espagnol avec plusieurs vidéos sur le massacre de la famille royale

Tikal

Copàn

Chichen Itza

L’abandon des sites mayas Principaux sites et villes mayas

L’effondrement Maya

Les années 800 à 900 marquent l’effondrement des cités-États des Basses-Terres du sud, l’arrêt des constructions monumentales et des inscriptions associées. La dernière inscription connue datée sur un monument remonte à 822 pour Copán (au sud-est), 869 pour Tikal (au centre) et à 909 pour Tonina (ouest). La cause du dépeuplement quasi total des puissantes cités mayas à l’aube du IXe siècle reste mal connue. Des hypothèses ont été avancées pour expliquer la chute brutale de la civilisation maya classique en plein âge d’or, les spécialistes n’étant toujours pas d’accord sur les causes d’un bouleversement aussi radical. Guerres, désastres écologiques, famines ou une combinaison de ces facteurs sont les raisons généralement avancées pour expliquer ce déclin. Les centres mayas sont abandonnés entre la fin du VIIIe siècle et le début du Xe siècle, puis recouverts par la forêt. Ce n’est qu’au cours de la seconde moitié du XIXe siècle et au début du XXe qu’ils ont été découverts et restaurés.

On constate l’arrêt progressif de toute activité de construction dans les cités mayas des Basses Terres du sud, au Guatemala et au Mexique actuels à partir de la fin du VIIIe siècle (on prend généralement en compte la dernière date en compte long retrouvée sur chacun des sites, de 780 à Pomona jusqu’à 909 à Toniná). Ce phénomène correspond à l’effondrement du système politique de la royauté divine qui caractérise le monde maya classique. Les chercheurs ont également établi qu’à cette période la démographie avait été en forte baisse. Le mode de production s’est complètement arrêté. Les classes possédantes ont disparu avec leur mode de vie et leurs constructions.

Plan de Tikal Plan de Chichen Itza Plan de Copàn

La chute de la civilisation maya sous les coups de la révolution sociale

Tikal (40.000 à 70.000 habitants et 3000 édifices en pierre sur 1600 hectares) a été le centre principal des Mayas et date entre le 1er siècle avant JC et le 9ème siècle après JC et siège d’un grand édifice de marché. El Mirador était une autre de ces grandes villes s’occupant du grand commerce maya. La civilisation maya n’a pas débuté par un Etat mais par des villes commerçantes et indépendantes, comme celle de Teotihuacàn.

Pour certains chercheurs, l’effondrement de la civilisation maya proviendrait au contraire d’une cause à la fois naturelle (sécheresse) et de politique environnementale (l’épuisement du sol dû à une culture intensive du maïs). Il n’y aurait pas d’interprétation sociale ni politique de cet effondrement, en somme pas de révolution… Mais l’établissement des champs sur des terrasses aurait dû normalement éviter une telle catastrophe écologique. Aucune des explications avancées ne résout ainsi le mystère de la désertisation des cités ensevelies sous la jungle.

Voir ici la thèse « scientifique » sur la disparition des Mayas causée par des changements climatiques

Un autre exemple du même type

Le chercheur Eric Thompson penche plutôt pour la thèse des révoltes paysannes. Des jacqueries seraient venues à bout du pouvoir des dirigeants politiques et religieux et, bien que les paysans aient continué par la suite à vivre autour des cités, les édifices, faute d’être entretenus, seraient lentement tombés en ruine. Hypothèse séduisante, mais rendue fragile par le fait qu’on ne trouve, dans les vestiges des cités, aucune trace de luttes sanglantes.

Pour Thompson, les exigences croissantes des élites, toujours en quête d’affirmation de leur prestige par de coûteuses réalisations, auraient débouché sur une révolte des populations qu’elles contrôlaient jusque-là et qui les auraient éliminées. (...) L’effondrement classique maya est paradoxal à plus d’un égard. (...) Le phénomène semble partout brutal. D’un autre côté, si quelques sites et secteurs disparaissent dans un type de circonstances bien individualisé (des guerres), les indices archéologiques d’opérations militaires rayant de la carte tel ou tel lieu ne sont pas si fréquents. (...) A la fin du 8e siècle, au moment même où elle semble parvenir à son apogée (la date la plus célébrée dans les inscriptions correspond à l’année 790), la civilisation maya des Basses Terres centrales était en réalité profondément quoique inégalement fragilisée. » explique l’historienne Dominique Michelet dans « Comment meurt une civilisation », article du Hors-série du « Figaro » de décembre 2006 intitulé « Les Mayas, les mystères d’un monde perdu »

Le sujet des effondrements de sociétés revient périodiquement dans les média. Le numéro spécial du « Nouvel Observateur » de juin 2006 intitulé « Le mystère des civilisations oubliées » : « Pourquoi les civilisations disparaissent ? Les catastrophes matérielles, économiques ou les invasions n’expliquent pas tout. (...) Comment cette culture brillante (celle des Mayas), la plus sophistiquée de tout le monde précolombien, a-t-elle pu s’écrouler au point que plus de 90% (plusieurs dizaines de millions d’habitants) disparaissent en quelques décennies, emportant dans l’oubli ses dynasties, ses calendriers, son astronomie, son urbanisme ? (...) « Les sociétés les plus évoluées et les plus créatives peuvent aussi s’effondrer observe Jared Diamond, physiologiste, biologiste de l’évolution et géographe (dans son ouvrage intitulé « Effondrement – Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie ») (...) Entre 250 et 850, la population maya explose, atteignant une densité digne des pays actuels les plus peuplés. Soutenue par des techniques d’irrigation complexes cette expansion coïncide avec une véritable fièvre bâtisseuse. (...) Une terrible famine décime une partie de la population maya, le reste s’entretuant pour des ressources de plus en plus maigres. »

Même s’il rapporte que la population maya a subi une violente guerre civile due à des causes sociales qui a décimé sa population, Jared Diamond recherche la raison de la disparition de la civilisation maya dans une catastrophe écologique liée à la surexploitation des ressources agricoles. Le spécialiste en géophysique Larry Peterson a relu attentivement l’ouvrage de Jared Diamond et note dans la revue « Pour la science » que les causes climatiques et environnementales n’enlèvent pas la possibilité d’autres événements : « des guerres intestines en augmentation et une classe dirigeante sans vision à long terme ». Il rajoute « Néanmoins, J. Diamond avance que le changement climatique, en l’occurrence les sécheresses, a pu amener la société maya à son point de rupture en déclenchant une série d’événements déstabilisants. (...) D’autres changements climatiques ont semble-t-il été responsables d’événements importants dans l’histoire humaine. L’effondrement de l’empire akkadien en Mésopotamie, il y a environ 4200 ans, le déclin de la culture mochica sur les côtes du Pérou il y a environ 1500 ans, et la fin de la culture tivanaku sur l’altiplano bolivien-péruvien il y a environ 1000 ans, sont tous associés à des sécheresses régionales persistantes. » A l’explication des guerres et des invasions, on rajoute donc les causes climatiques. Mais cela ne devrait nullement effacer les révolutions. On pourrait dire ainsi que les conditions climatiques qui ont précédé 1789 ont déterminé la révolution ! Bien des causes ont pu déstabiliser des régimes, mais nous savons parfaitement qu’un régime d’exploitation et d’oppression, qu’une structure sociale, ne chute pas toute seule. On peut lire : « Une série d’événements déstabilisants », « La société maya à son point de rupture », « Des guerres intestines » ou encore « Une classe dirigeante sans vision à long terme ». On croirait qu’il s’agit de l’Ancien Régime de Louis XVI avant sa chute, mais c’est du régime maya qu’il est question ! Mais le mot « révolution » n’est pas prononcé, en ce qui concerne la chute des Mayas… Un régime économique, un régime social et un régime politique au bout du rouleau, des guerres civiles qui déstabilisent un pouvoir. Rien ne peut cacher que, pour renverser le pouvoir maya, il a fallu que les masses entrent en lutte, d’où le caractère radical du changement. D’où aussi la disparition complète non seulement d’un régime, mais d’un mode d’existence, de tout un peuple.

Jared Diamond étudie également les causes « des effondrements de Mayas » et, comme dans toutes les chutes de civilisations étudiées dans l’ouvrage, il y voit essentiellement des causes environnementales. « L’histoire des Mayas présente plusieurs avantages pour tous ceux d’entre nous qui s’intéressent aux effondrements préhistoriques. Les récits écrits des Mayas qui nous sont parvenus, même s’ils sont incomplets, peuvent nous aider à reconstruire l’histoire bien plus en détail que l’examen des anneaux des arbres ou des détritus animaux ou humains ne le permet dans le cas du Groenland et des Anasazis. (…) Les Mayas nous prouvent que les sociétés les plus avancées et les plus créatives peuvent aussi s’effondrer. (…) Chez les Mayas, les pluies sont imprévisibles en quantité selon les années (…). Dans les zones côtières peu élevées du nord dépourvues de réservoirs, les Mayas sont parvenus à descendre jusqu’à la nappe en creusant des puits atteignant parfois deux cent mètres de profondeur. (…) Les Mayas creusaient des dépressions, (…) plâtraient le fond des dépressions afin de créer des citernes et des réservoirs. Par exemple, les réservoirs de la ville maya de Tikal contenaient assez d’eau pour couvrir les besoins en eau potable de dix mille personnes pendant dix-huit mois. (…) Ces questions d’approvisionnement alimentaire pourraient contribuer à expliquer pourquoi la société maya est restée divisée en petits royaumes (…) qui ne se sont jamais unifiés pour devenir de vastes empires comme l’empire aztèque de la vallée du Mexique (nourri grâce à ses chipanas et autres formes d’agriculture intensive) ou l’empire inca des Andes (nourri grâce à diverses cultures transportées par des lamas sur des routes bien construites). Les armées et les bureaucraties mayas sont restées réduites et incapables de monter de longues campagnes sur de longues distances. (…) De nombreux ingrédients de la civilisation maya venaient d’ailleurs en Mésoamérique. Par exemple, l’agriculture mésoaméricaine, les villes et l’écriture étaient apparus hors du territoire maya, dans les vallées et les plaines côtières de l’Ouest et du Sud-ouest, où le maïs, les pois et les agrumes avaient été domestiqués et étaient devenus des composantes importantes de l’alimentation quotidienne vers 3000 avant J.-C ; où la poterie était apparue aux environs de 2500 avant J.-C ; les villages vers 1500 avant J.-C ; les villes vers 1200 avant J.-C chez les Olmèques ; l’écriture chez les Zatopèques d’Oaxaca aux environs de 600 avant J.-C ou plus tard et les premiers Etats vers 300 avant J.-C. (…) Sur le territoire maya, les villages et la poterie sont apparus aux environs de 1000 avant J.-C ou plus tard , les constructions importantes vers 500 avant J.-C et l’écriture aux environs de 400 avant J.-C. (…) La période dite classique de la civilisation maya commence aux environs de 250 avant J.-C, lorsqu’apparurent des preuves de premiers rois et dynasties. (…) Dans la société maya, le roi faisait également fonction de grand prêtre ; il avait la responsabilité des rituels astronomiques et des calendriers, c’est-à-dire d’apporter la pluie et la prospérité, qu’il affirmait avoir le pouvoir surnaturel d’offrir en vertu de ses relations familiales prétendues avec les dieux. (…) A partir de 250 après J.-C, la population maya, le nombre de monuments et de bâtiments (…) ont augmenté de façon quasi exponentielle pour culminer au 8e siècle après J.-C. (…) La dernière date connue sur un monument est l’an 909 après J.-C. (…) C’est ce que l’on appelle l’effondrement des Mayas classiques. (…) La dernière mention d’un roi à Copan date de 822 après J.-C et le palais royal a été incendié aux environs de 850. (…) Il n’y a pas eu seulement cet effondrement classique mais au moins deux plus limités sur certains sites, l’un autour de l’an 150 après J.-C, lorsqu’El Mirador et quelques autres villes mayas se sont effondrées (l’effondrement du préclassique), l’autre (ce qu’on appelle le hiatus maya) à la fin du 6e siècle et au début du 7e (…). Il y a eu aussi des effondrements postclassiques dans des régions dont la population avait survécu à l’effondrement classique ou augmenté par la suite – comme la chute de Chichen Itza vers 1250 et de Mayapan vers 1450. (…) Ce qui s’est effondré vite pendant l’effondrement classique, c’est l’institution de la royauté et du calendrier. (…) Chichen Itza s’est développée après 850 après J.-C et était le principal centre du nord vers 1000, avant d’être détruite par une guerre civile vers 1250. (…) »

Comme on l’a compris, dans les causes possibles de ces effondrements, c’est l’hypothèse de la sécheresse due à une surexploitation du territoire qui est privilégiée par Jared Diamond : « A partir des études au carbone des couches de sédiments lacustres, les climatologues et les paléo-écologues concluent sur le territoire maya (…) à une sécheresse de 125 à 250 après J.-C associée à l’effondrement préclassique d’El Mirador et autres sites (…) une sécheresse vers 600, ce qui correspond au déclin de Tikal et d’autres sites. Enfin, vers 760 commence la pire sécheresse (…) qui culmine vers 800, associée, pense-t-on, à l’effondrement classique. (…) Les climatologues ont remarqué que certains autres effondrements célèbres de civilisations préhistoriques éloignées du territoire maya semblent coïncider avec les maxima de cycles de sécheresse, comme l’effondrement du premier empire au monde (l’Empire accadien de Mésopotamie) aux environs de 2170 avant J.-C, celui de la civilisation Moche IV sur la côte péruvienne vers 600 après J.-C et celui de la civilisation de Tiahuanaco dans les Andes vers 1100 après J.-C . » Il conclue : « Si certaines sociétés réussissent tandis que d’autres échouent, la raison en est évidemment dans les différences entre les environnements plutôt qu’entre les sociétés. » Cependant, Jared Diamond relie ces crises environnementales aux décisions des gouvernants, ce qui lui permet d’expliquer qu’il se produise également des effondrements politiques et sociaux des régimes : « Les pays qui subissent une pression environnementale ou démographique, ou les deux, sont menacés d’avoir à subir une pression politique et de voir leur gouvernement s’effondrer. Des populations découragées, mal nourries, sans espoir, se retournent contre leur gouvernement (…) mènent des guerres civiles, persuadées qu’elles n’ont plus rien à perdre. On sait ce qui en résulte ; des génocides, des guerres civiles et des révolutions. » La révolution sociale n’apparaît ici que comme conséquence de choix environnementaux des classes dirigeantes. Les climatologues et paléo-écologues sont loin d’être les seuls à minimiser l’importance des luttes de classes et le rôle des révolutions sociales dans l’histoire des civilisations antiques d’Amérique centrale. Il est aussi minimisé par un grand nombre de préhistoriens, d’historiens, ou d’archéologues. L’archéologue Eric S. Thompson est certainement peu suspect de théoriser exagérément le rôle et l’importance de la révolution sociale dans l’Histoire, en particulier dans celle des Mayas fondée sur l’agriculture. Dans son ouvrage « Grandeur et décadence de la civilisation maya », il cite John Masefield : « Les Etats ne sont ni fabriqués ni assemblés. Ils croissent très lentement à travers des siècles de peine. Et en général, il croissent correctement » L’auteur est plutôt un admirateur de la société antique maya : « L’autorité, je pense, devait être très bienveillante, en dehors de l’appel constant de main-d’œuvre pour construire des temples, des pyramides et des palais plus grands et plus beaux. (...) La civilisation maya : la modération en toutes choses, l’attitude de vivre et de laisser vivre (...) » Et pourtant, cet historien est amené à combattre les thèses du déclin de la civilisation maya à la fin du 9ème siècle : « Les activités s’arrêtèrent dans les diverses villes, on n’érigea plus de stèles, on ne construisit plus de temples ni d’édifices. Dans quelques cas particuliers, le travail cessa si brusquement que des plates-formes déjà bâties ne reçurent jamais leur couronnement, tandis qu’à Uaxactun, on n’achevait même pas les murs du dernier bâtiment. (...) Pendant longtemps on a cru que, pour une raison ou pour une autre, les Mayas de la zone centrale abandonnèrent leurs villes pour émigrer au nord (...) L’erreur fondamentale, à mon avis, a consisté à supposer que toute la région fut abandonnée parce que l’activité avait cessé dans les grands centres cérémoniels. (...) On peut sans illogisme supposer l’existence d’une série de révoltes paysannes contre la minorité théocratique des prêtres et des nobles, provoquée par des abus dans les demandes de main-d’œuvre ou par la nécessité de nourrir un nombre de non-producteurs sans cesse croissant. » On retrouvera ce même type de motivations dans la révolution sociale qui s’est produite en -2260 ans avant J.-C contre les pharaons constructeurs de pyramides qui imposaient qu’un nombre croissant de champs servent à nourrir les prêtres chargés d’entretenir le ka, cette force vitale des nobles morts. Après la révolution égyptienne, la coutume change et l’entretien des morts consiste seulement à fournir des représentations de nourriture ou, même, seulement à les évoquer oralement en passant devant le temple. Comme on le voit, si nombre d’auteurs se sont enthousiasmé sur la religion égyptienne qui leur paraissait la clef de cette civilisation, les rites religieux sont eux-mêmes dépendants des aléas de la lute des classes !

A l’appui de l’idée d’une révolution ayant renversé la civilisation maya, Eric S. Thompson cite un grand nombre d’arguments : « Il est significatif que le culte des stèles a commencé à s’effondrer à la base de la presqu’île du Yucatan, région la plus facilement accessible aux idées révolutionnaires (...) A Uaxactun, les fouilles ont révélé que les sépultures se poursuivirent dans la ville après l’abandon des édifices. On enterra un corps dans les décombres d’une chambre écroulée, un autre se trouve dans un amas de gravats, un coin d’une cour, un troisième (celui d’un enfant) gisait sur une estrade ou un banc, parmi quelques pierres et beaucoup de bois carbonisé, recouvert par des gravats du toit. (...) On a découvert d’autres sépultures effectuées dans des chambres effondrées, en d’autres sites, notamment à Copàn (...) les sites furent visités après leur abandon, des tentatives de les remettre en service en bloquant les portes ouvertes, notamment pour des sacrifices humains. On peut justement, je crois, attribuer ces activités à la population paysanne après le massacre ou l’expulsion de la classe dirigeante. (...) A Piedras Negras, une magnifique estrade a été délibérément détruite et écrasée. On peut y voir l’œuvre d’envahisseurs mais, mieux encore, un acte de vengeance ou de malveillance de la part des paysans révoltés, cette estrade étant le siège de l’autorité détestée – une prise de la Bastille en quelque sorte ! (...) Le fait que les images des dieux des stèles de Piedras Negras n’aient pas été semblablement détruites indique peut-être que les dommages infligés au trône provinrent non d’envahisseurs ou d’indiens superstitieux, mais de paysans révoltés qui s’attaquèrent aux symboles de leur servitude, mais respectèrent les représentations de leurs dieux. (...) La plupart des cités maya du Yucatan et du Campêche furent, semble-t-il, abandonnées au même moment que celles de la zone centrale, ou peu longtemps après. (...) Dans la région centrale, l’effondrement se propagea d’une cité à l’autre (...) le renversement de l’ancien régime peut s’être effectué par la résistance passive ou par le massacre de la classe dirigeante. »

En 2005, l’archéologue Arthur Demarest analysait la découverte d’une quarantaine de corps massacrés dans la cité royale maya de Cancùen, expédition financée par la National Geographic Society. Selon lui, ces personnes porteuses d’objets et de bijoux de luxes seraient de la haute aristocratie maya et pourraient être la famille royale. Selon « Science et avenir » de janvier 2006 qui rapportait la découverte, « A la suite du carnage, la cité aurait été entièrement abandonnée ainsi que la plupart des villes situées en aval de la rivière qu’elle bordait. Dix ans après la chute de Cancùen, toutes les cités étaient désertées. »

Le roi, la reine et tout l’entourage royal mayas ont été massacrés par des gens qui n’ont pas cherché à prendre des richesses mais à les détruire

« Le mystère du massacre de la noblesse maya au Guatemala », El siglo de Torreon :

« Les corps massacrés de plus de 30 membres de la noblesse maya ont été découverts dans une fosse commune à l’entrée de leur palais dans la ville guatémaltèque de Cancuén, capitale de l’un des royaumes de la civilisation maya.

Le massacre s’est produit entre 300 et 900 après JC. À une étape cruciale de l’effondrement de cette ancienne civilisation, une équipe de scientifiques de la National Geographic Society des États-Unis, du ministère de la Culture du Guatemala et de l’Université Vanderbilt (Tennessee, États-Unis)

Mais la découverte, faite par les archéologues guatémaltèques Sylvia Alvarado et Tomás Barrientos, a des aspects plus macabres, a déclaré l’anthropologue Arthur Demarest, professeur d’anthropologie à l’université Vanderbilt, dans une interview accordée à EFE du Guatemala.

Les squelettes du roi Kan Maxx et de la reine (dont le nom est inconnu) ont été retrouvés à environ 80 mètres de la fosse commune. En outre, le groupe a retrouvé les vestiges d’une douzaine de hiérarchies du royaume, dont certaines en quartiers, dans le secteur nord du palais.

"Au total, ce sont environ 50 personnes qui ont été tuées lors d’une sorte de rituel et c’était le début de la fin de la civilisation maya", a-t-il déclaré.

La découverte de palissades inachevées, de flèches éparses et de constructions palatiales abandonnées, ainsi que de squelettes portant les marques de lances et de coups de hache montre que la ville a été détruite et ses monarques exécutés, a déclaré Demarest.

"Il y avait un effort désespéré pour défendre la ville, il est clair que ces défenses n’ont pas fonctionné", a-t-il ajouté.

Selon le scientifique, apparemment le roi et la reine, ainsi que des membres de sa cour, auraient été rassemblés pour être massacrés à la lance ou avec des coups à la tête et au cou.

Les os montrent que des enfants et des adultes ont été tués, y compris deux femmes enceintes, dont les foetus ont été trouvés sous la boue qui a ensuite inondé l’endroit.

Des os robustes, des déformations crâniennes et de beaux ornements, notamment du jade, des colliers de crocs de jaguar et des obus du Pacifique montrent qu’ils étaient tous nobles, a déclaré Demarest.

En raison de sa position stratégique à la source de la rivière Pasión, le royaume de Cancuén était l’une des cités-États les plus riches de l’ancienne civilisation maya.

Le scientifique a indiqué que le royaume était le point de rencontre du monde maya, né dans les basses terres du sud du Mexique et du nord du Guatemala, avec l’altiplano et les littoraux du sud.

Selon le reportage de la découverte, qui fait partie d’un programme télévisé que National Geographic diffusera plus tard ce mois-ci, la richesse du royaume s’est reflétée dans la magnificence de son palais royal.

Le bâtiment couvrait une zone de deux terrains de football et ses murs étaient ornés de centaines de sculptures en stuc.

Le palais central était également entouré d’ateliers où l’on travaillait du jade, du verre volcanique, de la pyrite et d’autres matériaux précieux extraits des montagnes et des littoraux.

"Après cet événement tragique et violent, la ville de Cancuén a été complètement abandonnée", a déclaré l’anthropologue.

La même chose s’est produite avec d’autres colonies situées sur les rives de la rivière, a-t-il ajouté.

La découverte de preuves du massacre a été faite en juin de cette année quand Alvarado et Barrientos ont creusé dans les environs du palais et dans une sorte de citerne.

Elle était pleine d’ossements et d’artefacts humains et, face à l’ampleur du massacre, l’équipe d’archéologues a demandé l’intervention de la Fondation de l’anthropologie médico-légale du Guatemala (FAFG).

Cet organe a été créé en 1996 après la signature des accords de paix du Guatemala et travaille sous la supervision des Nations Unies.

Le massacre de Cancuén continue de faire l’objet d’une enquête dans l’espoir de trouver de nouveaux indices sur l’effondrement de la civilisation maya.

"Dans les deux prochaines années d’étude, les squelettes et les artefacts fourniront plus de détails sur la vie et la mort violente des dirigeants et des nobles de Cancuén", a ajouté Demarest. »

Source en espagnol

On peut citer un grand nombre d’auteurs qui relèvent le caractère révolutionnaire des transformations étatiques de la civilisation maya. C’est le cas, par exemple, de d’Henri Stierlin dans son ouvrage intitulé « Maya ». « Après 534 de notre ère, les archéologues constatent une sorte de « hiatus » dans la chronologie : les inscriptions – qui se succèdent par ailleurs de manière continue – disparaissent complètement. Simultanément, les grands travaux se raréfient. » Citons le chapitre intitulé « Le déclin des cités maya » : « L’agonie des métropoles édifiées dans les régions de Petén, du Belize, du Honduras et du Chiapas se reflète dans l’arrêt subit des inscriptions : la datation des monuments cesse progressivement sur différents sites, sans que l’on comprenne pourquoi. (...) En un peu plus d’un siècle, la brillante mécanique culturelle des Mayas s’enraye. Les traditions tombent dans l’oubli. Les tribus entrent l’une après l’autre en décadence. Que s’est-il produit ? A cette question, les archéologues et historiens ont cherché à répondre en invoquant tantôt des épidémies, des désordres populaires, des inondations ou l’irrésistible envahissement de la forêt. Ils ont postulé des changements climatiques l’abandon des terres et le défaut d’entretien des canaux de drainage, provoquant des attaques massives de malaria… Ils mentionnent aussi de véritables révolutions, suite à la surexploitation de la main d’œuvre. »

« Maya » d’Henri Stierlin :

« Il a fallu que les Mayas de l’époque préclassique aménagent – au prix d’efforts considérables – le milieu dans lequel ils implantent leur agriculture (...) : des réseaux de drainage. (...) Cet équipement de territoire révèle un prodigieux travail collectif. Celui-ci n’aurait jamais pu s’accomplir sans des structures sociales hiérarchisées et sans une organisation politique dont les origines remontent au-delà du préclassique maya (900 à 300 avant JC) . » Pourtant, le même auteur souligne que ce n’est pas l’Etat mais le grand commerce qui marque la naissance de la civilisation avec les villes, centres de commerce et d’artisanat : « Il existait entre les villes disséminées dans la forêt pluviale des liens puissants fondés sur des échanges et un commerce actif. » Et ce, bien avant la naissance de l’Etat et de ses constructions architecturales massives : « Les réalisations architecturales datent de la fin de l’époque préclassique (300 avant JC à 300 après JC) ». La civilisation maya est donc largement antécédente à la fondation d’un Etat central maya qui n’a pas pu voir le jour et en est restée aux tentatives fédératives. Elle est issue d’une révolution de la société civile et non d’un changement de pouvoir politique. »

Le physicien des particules Murray Gell-Mann, qui considère que les systèmes auto-organisés vont de la matière à la société humaine, dans « Le quark et le jaguar », commente la chute de l’empire maya : « L’effondrement de la civilisation maya classique il y a plus d’un millénaire a suscité des hypothèses en abondance, mais la cause demeure un mystère et une source de controverse aujourd’hui encore. Le petit peuple en a-t-il eu assez de travailler sous le joug des dirigeants et de l’aristocratie ? Les gens ont-ils perdu la foi dans le complexe système religieux qui assurait le pouvoir de l’élite en maintenant la cohésion de l’édifice social ? »

La revue « Sciences et avenir » de janvier 2007 propose par exemple un dossier intitulé « La chute de l’empire maya » qui, sous la plume de Bernadette Arnaud, rappelle comment cette civilisation avait théorisé la fin du monde, vivant sans cesse dans la hantise de l’effondrement du système : « Les Mayas sont la seule civilisation à avoir inscrit son histoire dans un cadre de ce genre : leur angoisse, c’est la succession des différents cycles. Ils redoutent, par-dessus tout, les ruptures, les passages d’un cycle à un autre. « Ils étaient convaincus que le monde actuel avait été précédé par d’autres, et que chaque création était suivie d’une destruction. » raconte Claude Baudez. » (...) Ils s’attendaient, par exemple, à la répétition des mêmes événements dans chaque katun du même nom (...) » Si une calamité s’était produite lors du précédent katun – ce qui pouvait être vérifié dans les registres – une autre catastrophe était à prévoir au suivant. (...) Pour des raisons longtemps qualifiées de mystérieuses (...) les cités mayas qui parsèment le centre de la péninsule du Yucatan se vident en effet de leurs habitants. (...) Longtemps restée sans réponse, l’énigme de la chute des Mayas donne aujourd’hui lieu à d’intéressantes hypothèses puisant des arguments dans les récentes découvertes archéologiques et climatologiques. Trois pistes sont évoquées. Tout d’abord l’effondrement politique. (...) Le pouvoir semble s’être réparti entre plusieurs lignages. « L’absence d’hégémonie va être compensée par des particularismes régionaux. (...) » conclue Claude Baudez. Deuxième hypothèse pour expliquer le déclin brutal : les conflits armés. Les Mayas ne sont pas un peuple pacifique. Ils sont fréquemment en guerre. (...) Mais, est-ce que cela suffit à expliquer l’ampleur des combats ? Des archéologues américains ont mis en évidence dans les années 1980-1990 des événements d’une violence considérable qui se seraient déroulés à partir de 760, dans le secteur du Petexbatin, autour de l’antique cité de Seibal, dans le Petén. (...) Ces guerres ont surtout engendré instabilité, insécurité et fragilité. Reste à comprendre leur soudaine multiplication à la fin du 8ème siècle. Une hypothèse séduit de plus en plus les scientifiques : des désordres d’origine climatique auraient pu exercer une influence décisive. C’est la troisième piste suivie par les chercheurs. (...) Des géologues de l’université de Floride ont pu démontrer l’existence de très graves problèmes climatiques, en particulier d’une forte sécheresse globale au cours de l’intervalle 800-1000. (...) Leurs conséquences sur l’agriculture maya auront été catastrophiques. (...) Les crises se répétant, de nombreux dirigeants se sont vraisemblablement révélés incapables de faire face : « Certains d’entre eux ont dû momentanément passer au travers de la contestation, car tout le monde ne saute pas dès la première crise de 760. Dès 810, en revanche, beaucoup commencent à être affectés. En 860 plus encore. Et en 910, pratiquement tout le monde. » poursuit Dominique Michelet, directeur de la mission archéologique franco-mexicaine de Rio Bec, au Yucatan. « Cet effondrement ne résulte donc pas seulement d’un phénomène de rejet et d’aporie du système politique, mais vraiment d’une situation qui affecte les populations. Celles-ci abandonnent des zones entières. »

A la fin du 9ème siècle, Tikal perd ainsi 90% de sa population. (...) « J’aurais même tendance à dire que ce n’était pas la dégradation anthropique de l’environnement qui a été le responsable de l’effondrement des Mayas. Tout le monde oublie qu’en dehors d’eux, il y a eu d’autres disparitions en Méso-Amérique.

La culture Teotihuacàn, par exemple (plus grande concentration urbaine du continent américain au moment de son apogée en 200-500 après J.-C.) ou bien encore celle des Olmèques… » rétorque Dominique Michelet. Ce que l’on désigne traditionnellement comme « l’effondrement de la civilisation classique maya » (c’est-à-dire la disparition d’un grand nombre de sites, entre 800 et 900 de notre ère) serait dû à un ensemble de phénomènes dispersés dans le temps et l’espace, et très divers dans leur ampleur. Certains affectent des régions entières, d’autres seulement les cités. Ils atteignent d’abord les groupes dirigeants, avant que les cités se vident entièrement de leurs habitants autour de l’an 1000. Plus tard, lors de ce que l’on appelle « l’effondrement post-classique », les deux ultimes cités majeures du monde maya préhispanique, Chichén Itza (1221) puis Mayapán (1450) seront abandonnées à leur tour. »

« Des dieux, des tombeaux, des savants », de C.W.Ceram :

« Le secret des villes désertées

« Quand on eut éclairci quelques points essentiels de la chronologie maya, les résultats obtenus firent apparaître l’un des phénomènes les plus mystérieux de l’histoire d’un grand peuple, le secret des villes désertées. (…) Cela mérite d’être parce qu’on fait ainsi revivre pour nous le dernier chapitre de l’histoire maya et cela nous ramène par un détour au secret des villes mortes. (…) En 1441, les opprimés se groupèrent pour former une fronde (…) Mayapan fut conquise, sa chute entraîna non seulement celle de la ligue (entre les villes du Nouvel Empire), mais aussi celle de l’empire Maya. Les Xiu fondèrent encore la ville de Mani ; d’après certains, ce nom signifierait « tout est fini ». (…)

Nous allons poser quelques questions aux spécialistes de la chronologie maya.

Mayapan, Chichen et Uxmal sont les villes principales du Nouvel Empire (maya). Pourquoi appelez-vous Nouvel Empire les colonies fondées dans le Nord du Yucatan ?

Réponse : parce que ces villes furent fondées très tard, entre le 7ème et le 10ème siècle de notre ère ; et parce que, dans ses manifestations principales, aussi bien en architecture, dans les arts plastiques, que dans la forme de son calendrier, le Nouvel Empire est directement issu de l’Ancien.

Dans ce cas, qu’appelle-t-on colonies ? En règle générale, une nouvelle forme d’empire devait naître de l’ancienne.

Réponse : les choses ne se sont pas passées de la façon courante du fait que le Nouvel Empire fut effectivement fondé en terre vierge, c’est-à-dire que l’on construisit des villes entièrement neuves. L’Ancien Empire s’étendait au sud de la péninsule du Yucatan, sur le territoire actuel du Honduras, du Guatemala, du Chiapas et du Tabasco.

Faut-il donc considérer le Nouvel Empire comme une colonie de l’Ancien Empire, fondée par des pionniers ?

Réponse : au contraire, il fut l’œuvre du peuple tout entier.

Prétendez-vous qu’u beau jour, tout le peuple des Mayas abandonné son empire puissant, ses villes fortifiées, et qu’il affronta tous les dangers d’une terre inconnue afin de fonder un nouvel Empire dans le nord ?

Les savants répondent en souriant : c’est bien ce que nous voulons dire. Nous savons que cela paraît incroyable, néanmoins c’est un fait puisque … Et ils citent une série de dates. (…) Quand ils édifiaient un nouveau bâtiment, ils indiquaient dessus sa date de construction. (…) Si donc nous voyons l’activité constructrice s’interrompre dans une ville à une certaine date, pour commencer dans une autre ville vers la même époque, nous n’en pouvons tirer qu’une seule déduction : à savoir que la population abandonna subitement la première ville pour en fonder une nouvelle.

Bien qu’il soulève toute une série de questions, on pourrait néanmoins expliquer un événement de cet ordre sur le plan local, mais le phénomène qui eut lieu vers 600 après J.-C. défie toutes les interprétations. En effet, un peuple entier, un peuple de citadins, plia bagages, abandonna ses maisons, ses rues et ses places, ses temples et ses palais pour émigrer dans le Nord sauvage et lointain. Aucun des émigrants ne revint jamais. Les villes désertées furent la proie de la jungle, les mauvaises herbes envahirent les perrons, les semences de la forêt s’implantèrent dans les joints que le vent remplit de parcelles de terre, des pousses grandirent et brisèrent les murailles. Nul homme ne posa plus le pied sur le dallage des cours, nul ne gravit plus les degrés des pyramides.

Dès que ces faits furent connus, les interrogations affluèrent. Le plus simple eût été de prétendre que des envahisseurs étrangers avaient chassé les Mayas. Mais qui pouvaient être ces envahisseurs ? A l’époque de leur splendeur, aucun peuple n’aurait pu affronter la puissance militaire des Mayas. L’explication est en outre insuffisante. Dans les villes désertées, on ne trouva pas trace de conquérants.

Une catastrophe naturelle aurait-elle provoqué l’émigration ? Mais on se demande une fois de plus comment le prouver et quelle catastrophe pourrait amener un peuple à bâtir un nouvel Empire au lieu de revenir sur les lieux du sinistre ?

Peut-être une épidémie a-t-elle ravagé la population ? Rien ne porte à croire que le grand voyage fut entrepris par un peuple décimé. Au contraire, le peuple qui construisit des villes comme Chichen Itza était un peuple fort.

Le climat aurait-il subitement changé et rendu la vie impossible ? Quatre cents kilomètres seulement, à vol d’oiseau, séparent le centre de l’Ancien Empire du centre du nouveau. Si un bouleversement du climat (que rien ne confirme à nos yeux) avait affecté à tel point la structure d’un empire, il ne serait pas demeuré sans effet quatre cent kilomètres plus loin. (…)

Les Mayas étaient des citadins. Ils l’étaient dans un sens aussi restreint que le furent depuis cinq cents ans tous les peuples d’Europe : les classes dirigeantes, noblesse et clergé, habitaient les villes, centre du pouvoir comme de la culture, de la vie intellectuelle et du plus grand raffinement. Cependant toutes ces villes n’auraient pas été viables sans le paysan, sans les fruits de la terre, et surtout sans l’aliment essentiel qui, pour nous, fut toujours le blé, et pour les peuples d’Amérique centrale, une autre céréale, l’ « Indian corn », le maïs. Le maïs nourrissait les villes et les classes dirigeantes. La civilisation ne pouvait se maintenir que par lui. C’est lui qui détermina l’emplacement des premières cités bâties en pleine jungle, sur le sol brûlé des anciens champs de maïs. L’ordre social des Mayas présentait des contrastes plus frappants que partout ailleurs. Il suffit, pour le caractériser de comparer une ville européenne moderne avec une ville maya. Dans le complexe de la ville moderne, les différences sociales des habitants apparaissent clairement, mais d’innombrables nuances intermédiaires ménagent des rapports et des transitions. Au contraire, la ville maya affichait les contrastes entre ses habitants. Les temples et les palais de la noblesse et du clergé s’élevaient en général sur une colline ; ils formaient un bloc semblable à une forteresse (sans doute durent-ils souvent en jouer le rôle). Sans aucune transition, les huttes et les cabanes du menu peuple se pressaient autour de la « City » de pierre. Le peuple maya était partagé en un très petit nombre de Seigneurs et une masse immense d’opprimés.

On imagine mal quel abîme séparait ces deux classes. Il semble que chez les Mayas, la classe intermédiaire de la bourgeoisie ait fait totalement défaut. La Noblesse était une caste fermée ; elle se nommait « almehenoob » - c’est-à-dire « ceux qui ont père et mère », ceux qui ont un arbre généalogique.

On y choisissait les prêtres, ainsi que le prince héréditaire, le « halach uinic », l’ « homme vrai ». Et pour ces hommes qui « avaient père et mère » le peuple entier travaillait. Le paysan donnait un tiers de sa récolte à la noblesse, un tiers au clergé, il ne pouvait garder que le troisième. Entre l’époque des semailles et celle de la moisson, il rejoignait les esclaves affectés à la construction. Les blocs de pierre étaient amenés sans chariots ni bêtes de somme. Les outils qui servirent à ciseler les sculptures et les bas-reliefs admirables n’étaient ni en fer ni en cuivre, ni en bronze, mais uniquement en pierre. Or l’œuvre des ouvriers mayas n’est pas inférieure à celle des bâtisseurs des pyramides ; peut-être même la dépasse-t-elle.

Bien qu’elle se soit maintenue pendant mille ans, une organisation sociale aussi rigide portait en elle le germe de sa ruine. (…)

Les maîtres de Tula étaient aussi des sages (…) Leur empire aurait duré cinq siècles ; puis il y eut des famines, des guerres civiles, des querelles dynastiques. »

Ivar Lissner, dans « Civilisations mystérieuses » :

« Au cours des fouilles de 1958 à Tikal (civilisation maya, au Guatemala), on remit au jour le « Temple de la stèle rouge ». Il se compose de trois compartiments, chacun ne comportant qu’un orifice au milieu. Dans le compartiment le plus reculé, les savants américains découvrirent – en faisant enlever les monceaux de débris – la « Stèle 26 ». Comme elle portait encore les traces d’un coloriage rouge, on donna au temple le nom de « Temple de la stèle rouge ». Ce temple est un bel exemple de l’architecture maya classique : à une époque impossible à déterminer il a été volontairement détruit. Après cette démolition, les prêtres semblent avoir fait une tentative pour apaiser les dieux : des feux cultuels ont noirci un des autels. On ignore cependant combien de temps on s’est encore servi du temple. Mais à la fin de cette période se place la destruction totale de l’édifice. L’autel fut démantelé, les monuments coloriés de rouge, avec leurs offrandes océaniques de coraux, de petites pierres, anéantis…

L’University Museum of Pennsylvania fit en 1959 la découverte la plus importante. A 200 mètres seulement de la grande « Plaza » de Tikal, on mit la main sur une stèle brisée, le monument le plus ancien de la jungle de Guatemala qu’on ait réussi à dater. La stèle porte le numéro scientifique 29. Les trois savants Linton Satterwaite, Mary Ricketon et Benedicta Levine déchiffrèrent sa date : le 6 juillet 292 après J.-C.

L’une des énigmes les plus impénétrables est la fin de la civilisation des Mayas ! Pourquoi la civilisation des Mayas s’est-elle éteinte ? Pourquoi a-t-on abandonné des villes cultuelles construites avec tant de peine et tant d’efforts ? Quelle catastrophe s’est abattue sur le peuple maya ?

Tous les explorateurs de la civilisation maya se sont posé la question de savoir pourquoi ce peuple disparut ainsi subitement, à un moment où sa civilisation avait atteint un si bel épanouissement ? Pourquoi l’activité architecturale, la science, la vie religieuse se sont-elles si brusquement arrêtées ? Pendant longtemps on avait pensé que les Mayas abandonnèrent leurs villes de la zone centrale pour aller s’établir dans le Yucatan, ou bien dans le Sud, sur le haut plateau guatemalien. Cette hypothèse n’est pas viable, car l’apogée de la civilisation maya se place au même moment pour les trois régions.

On a énoncé de nombreuses théories pour expliquer l’abandon des villes mayas. Il est possible que l’exploitation des champs en pleine jungle ait demandé un trop grand effort aux populations indigènes. Les Mayas jugeaient peut-être qu’il n’était pas rentable de brûler des forêts, d’irriguer les terres pour les abandonner au bout de deux ou trois ans et recommencer ailleurs !

La savane – terme indien – désigne une prairie de hautes herbes, parsemée d’arbres isolés ou de groupes d’arbres. Après la destruction des forêts on voyait se former de telles « savanes » que les Mayas devaient abandonner. Dans l’humidité tropicale, ces savanes se transformaient peu à peu en jungle. On a rendu responsable du départ des Mayas le paludisme, la fièvre jaune, l’ankylostomiase. Mais le paludisme et la fièvre jaune étaient des « cadeaux » des Espagnols. Avant leur arrivée il n’en était pas question au Nouveau Monde.

La même chose est vraie de hamulaire, qui a causé la mort de tant de pharaons d’Egypte. D’ailleurs, toutes ces raisons expliqueraient un lent départ des Mayas mais les recherches ont permis d’établir que les villes mayas ont été abandonnées DU JOUR AU LENDEMAIN.

Ainsi, la ville d’Uaxactùn tomba en ruine avant même que ses constructions ne fusssent terminées.

Copàn cessa en 800 après J.-C. d’élever à hiéroglyphes.

A Quiriguà, Piedras Negras et Etzna, toute vie disparut en 810 de notre ère.

Tila se tut en 830.

A Tikal et à Seibal, les dernières stèles furent érigées en 869.

Uaxactùn, Xamantùn et Chichén Itzane vécurent que jusqu’en 889.

Une stèle de San Lorenzo, près de La Mùneca, porte la dernière date maya, qui correspond, dans notre calendrier, à 928 après J.-C.

Les grands centres religieux se turent comme sur un signe convenu… Nous savons que la civilisation de la jungle a connu une fin très brusque, tellement brusque que même une guerre ne saurait l’expliquer. Sauf à Tikal, on a trouvé très peu de traces de destructions violentes.

L’Anglais Thompson est d’avis qu’il n’y eut pas, chez les anciennes populations mayas, d’invasions violentes ; mais un phénomène bien plus dangereux se produisit… Cette région a pu être atteinte… par des idées révolutionnaires. Ainsi on peut supposer qu’il y eut de sanglantes révoltes de paysans contre la caste des prêtres. La mort de la foi maya sonnait en même temps le glas de la civilisation maya, car une civilisation ne survit jamais à la perte de ses bases religieuses.

Sans foi, les paysans n’acceptaient plus de donner leur travail et leurs offrandes…

La caste régnante des prêtres fut peut-être chassée de ville en ville, ou exterminée. Les chefs des paysans, ou bien des chamanes, les remplaçaient. On n’édifiait plus de temples, on ne dressait plus de stèles. La forêt tropicale s’empara des cours et des parvis, envahit les terrasses, les toits des maisons.

L’abandon d’une région de 600 km de long et 200 km de large, avec de nombreuses villes et centres culturels dont l’essor ne montrait aucun signe de lassitude, échappe à toute explication.

L’américaniste allemand Franz Termer a proposé de l’énigme une solution qui mérite d’être prise en considération : dans un pays régi par une caste théocratique, l’abandon de la partie peut être la conséquence d’un ordre divin. Dans ce cas, la population aurait quitté son pays sous la conduite des prêtres, pour obéir au commandement des dieux.

Le grand exode des Mayas, au IXe siècle de notre ère, la brusque fin de leur civilisation est une des nombreuses énigmes de ce peuple mystérieux entre tous…

Que signifient le crépuscule, la décadence, la fin tragique d’une civilisation ?

La chute d’une civilisation n’est pas événement de la nature… Les événements extérieurs tels que cataclysmes, épidémies, révolutions sociales, invasions, ne sont jamais que la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Une civilisation périt quand… elle est prête à mourir… L’ancien a disparu, du nouveau s’est produit. »

« Nature et dynamique des cités mayas », Arnauld Marie-Charlotte, Michelet Dominique :

Dans les basses terres mayas, la formation des établissements groupés a été étudiée avant tout dans ses composantes monumentales : il s’agit des processus architecturaux constituant les centres, repérables lorsque débuta, au Préclassique moyen, la construction de plates-formes volumineuses à murs de pierres grossièrement taillées et à revêtements de stuc épais. Les habitations construites en matériaux périssables sont presque impossibles à étudier dans le milieu de la forêt tropicale, si ce n’est ponctuellement ou au hasard de sondages. Ainsi, ce que l’on appelle l’urbanisation maya est le plus souvent confondu avec le développement de l’architecture en pierres taillées, qui, seule, laisse des traces bien repérables et accompagne effectivement les concentrations de population, importantes à partir du Préclassique récent. À l’inverse, la disparition, au Peten, des édifices en pierres taillées au Classique terminal et au Postclassique, qui coïncide avec l’effondrement des grandes formations politiques, correspond en général à l’abandon des cités ; certes, des architectures en bois, « invisibles », ont pu prendre le relais de celles de pierres, mais toutes les données archéologiques, épigraphiques et même, dans une certaine mesure, paléo-environnementales concourent à démontrer que la rareté des constructions en pierres après le IXe siècle traduit bien l’abandon des cités et la dispersion de populations autrefois rassemblées…

À la fin du Classique récent, en tout cas, de plus en plus de petites cités se dotaient de stèles à inscriptions de style royal, tandis que les guerres régionales se multipliaient – au moins dans certains secteurs – : autant de symptômes d’une balkanisation et, vraisemblablement, de tensions démographiques et agraires fortes, que jamais une croissance par l’artisanat et le commerce ne vint réduire.

Ce que l’on désigne traditionnellement comme « l’effondrement de la civilisation classique maya » (entre 800 et 900 après J.-C.) fut d’abord et avant tout celui des royautés qui régnaient sur les centres, petits et grands, des basses terres centrales. Ce phénomène eut pour conséquence le dépeuplement massif, quoique partiel, d’une majorité des cités de la région. Quelques centres, rares il est vrai (Lamanai au Belize), paraissent n’avoir guère décrû à la même époque, mais aucun grand projet architectural n’y est plus réalisé ; on a imaginé que leur survie serait liée à une position stratégique sur des voies de communication fluviales.

Bien que cela ne soit pas strictement démontré, on suppose par ailleurs que, outre les populations qui se maintinrent sur place, devenant presque invisibles pour l’archéologue du fait de leur dispersion et de l’abandon de l’architecture de pierre), une partie des anciens habitants du Peten serait allée s’installer dans les basses terres situées plus au nord, dans les sites des régions Río Bec, Chenes et Puuc notamment, dont les populations, justement, s’accrurent de façon spectaculaire au IXe siècle. Ces sites, à leur tour, se vidèrent de leurs habitants autour de l’an mil. »

« Cultures Mayas », Jonathan Ramon :

« La civilisation maya avait des centres tels que Palenque, situé dans la jungle du Chiapas, qui culminait entre 695 et 799, ainsi que les centres de Yaxchilán, Bonampak et Piedras Negras. C’est dans cette région que l’on trouve les premières indications de l’existence d’une guerre entre les Mayas : il y a des représentations qui parlent de guerriers, de batailles et de raids pour capturer des prisonniers. Becán, situé à Campeche, est un exemple de ville fortifiée maya entourée d’un fossé sec.

Avant de mettre fin à la période théocratique, il est important de souligner la relation étroite et durable qui existait entre la région maya et le centre du Mexique, en particulier avec Teotihuacan, du Ve au VIIe siècle. Teotihuacan contrôlait les centres mayas de cette période par la guerre et la domination politique, mais surtout par des influences culturelles et l’accès à une série de ressources naturelles, telles que le cacao, qui étaient des produits de base dans les réseaux commerciaux. Initialement, on en a déduit que la culture maya absorbait l’influence de Teotihuacan et poursuivait son propre développement. Plus tard, les preuves découvertes à Tikal et à Kaminaljuyú ont été analysées, où des bâtiments et des veillages suggèrent une activité guerrière entre Teotihuacan et Maya, démontrant le pouvoir que les guerriers ont exercé à cette époque. Nous pouvons affirmer que la désintégration dramatique et incompréhensible de ces puissants centres cérémoniels pourrait être intimement liée à la chute de Tehotihuacan elle-même.

De nombreuses hypothèses ont été formulées sur "l’effondrement des Mayas", c’est-à-dire le déclin et la disparition des centres théocratiques mayas, dont l’ordre s’est effondré entre les années 750 et 900. Une théorie parle de l’effondrement écologique qu’a subi la région à la suite de la destruction de la jungle par les systèmes agricoles utilisés par les Mayas (tombeaux, brûlis), tandis qu’un autre met l’accent sur une croissance excessive de la population, qui a commencé à exercer trop de pression sur les terres et la production de nourriture. Ces hypothèses sont probablement vraies, bien qu’elles ne soient pas suffisantes pour expliquer le déclin des centres théocratiques.

Peut-être les contradictions internes de la société théocratique leur ont-elles été jointes. Le pouvoir et l’autorité étaient entre les mains d’un groupe de nobles et de prêtres qui imposaient de lourdes charges fiscales au travail et aux espèces. Ainsi, ce peuple aurait pu se soulever dans une rébellion sanglante ou émigrer en masse vers d’autres pays. À tout cela s’ajoute le fait que Teotihuacan, pillé et réduit en cendres par des forces inconnues entre 700 et 750, a cessé de manifester son influence dans la région de Maya. Sa prospérité économique et culturelle s’est arrêtée brusquement pour céder la place à Xochicalco, puis aux Toltèques, dans le domaine de la vallée de Mexico. Cent ans après la destruction de Teotihuacan, les centres mayas sont entrés en crise, se sont dépeuplés et leurs villes ont été envahies par la jungle.

Kukulkan est le nom maya de Quetzalcoatl, personnage important de la période postclassique des Mayas. Nous le voyons ici dans un dessin d’un bas-relief de Yaxchilán.

Il couvre les années 1000-1687. Une fois abandonnés les centres cérémoniels mayas de la période classique, la force génératrice de cette époque sera un courant migratoire identifié de manière ethnique aux Mayas enracinés dans la région, ce qui a entraîné une culture métisse à forte teneur en Nahuatl.

Ce courant, appelé putún ou maya-chontal, vivait au sud de Tabasco et entretenait des relations commerciales étroites avec les peuples du centre du Mexique et avec les groupes Nahua établis à la périphérie de la région maya, par exemple à Xicalango. Leur présence devrait rompre avec l’équilibre précaire dans lequel le monde théocratique tentait de se maintenir. Ce sont les Putuns qui ont profité de la chute de cet ordre pour introduire un nouveau mode de vie et une domination sur la région.

Le territoire d’où provenaient les Putunes était le delta des rivières Usumacinta et Grijalva, une région de rivières, de ruisseaux, de lagunes et de marécages où prédominait le transport de l’eau. Cela faisait de la Putunes d’excellents navigateurs et marchands, qui contrôlaient les routes maritimes commerciales autour de la péninsule du Yucatan, de la Laguna de Términos à Campeche au centre de Sula au Honduras. Les Putuns se sont installés au sud de la rivière Passion et ont appelé leur terre Acalan (« lieu de canoës »). Ils ont fondé deux villes principales : Potonchan (Putunchan), située à l’embouchure de la rivière Grijalva, et Itzamkanac, près de l’actuelle rivière Candelaria qui se jette dans la lagune de Terminos. Itzamkanac était la capitale d’Acalan, mais peut-être que Potonchán fut la première ville. En effet, il dominait le commerce concernant les zoques et les habitants des hauts plateaux du Chiapas. Itzamkanac était situé trop en amont pour devenir un important port d’échange. Ainsi, Xicalango, le grand centre commercial situé dans la lagune de Terminos et contrôlé par Itzamkanac, assurerait cette fonction.

Ils ont établi de nombreux ports sur ces routes, notamment Cozumel, Xel-Há, Bahía de la Ascensión et Polé (l’actuel Xcaret), à Quintana Roo, qui étaient dominés par une branche des Putunes, connue sous le nom de Itza ( « ceux qui parlent la langue de manière irrégulière »). De Polé, les Itzáes ont pénétré à l’intérieur des terres pour conquérir Chichén en 918 et ont pris depuis le nom de Chichen-Itza. En 950, ils dominèrent toute la région orientale jusqu’à Bakhalal (Bacalar) et Chactemal (Chetumal). Une fois la zone contrôlée, cette branche d’Itza de los Putunes a établi une communication avec ses voisins mexicains au sud de Campeche. Les Itza sont censés avoir reçu un aQuetzalcóatl, appelé en maya Kukulkan, qui parlait à la fois le chontal et le nahuatl et qui avait absorbé de profondes influences du centre du Mexique. Il avait fui Tula et s’était allié aux Chontales pour conquérir Chichén Itzá en 987. Les influences toltèques datent de cette période dans l’art et l’architecture maya.

Il convient de souligner que des auteurs tels qu’Enrique Florescano, Leonardo López Luján et Alfredo López Austin se demandent si l’historique Quetzalcoatl est arrivé au Yucatán. D’abord parce que les dates ne correspondent pas. Deuxièmement, parce que des arguments similaires ont permis aux nobles Mixtec, Tarascan et plus tard Mexica de légitimer leur position dans la structure sociale. Le mythe de Tollan et celui de la fuite de Quetzalcoatl, ainsi que les expressions artistiques et la vocation éminemment guerrière des sociétés mésoaméricaines du début de la période postclassique, font partie d’un complexe qui était répandu dans toute la région à cette époque.

Vers l’an 1000, Chichén Itzá s’est allié aux Cocomes de Mayapán et au Xiu de Uxmal. Cette alliance est connue sous le nom de Confédération ou Ligue de Mayapán, rompue en 1194 par Hunac Ceel, chef des Cocomes. Les hostilités ont entraîné la défaite des Itzáes et des Tutul Xiúes. La montée de Chichén-Itzá et de ses dirigeants maya-toltèques s’est terminée dans le chaos vers la fin du XIIIe siècle. Les Itza ont quitté leur ville et se sont rendus dans la jungle du désert de Petén. Là, dans le lac Petén Itzá, ils ont fondé une nouvelle population située sur l’île de Tayasal.

La suprématie de Mayapán a pris fin vers 1441, lorsque le chef du xiu d’Uxmal, Ah Xupan Xiu, l’a détruite en massacrant la famille royale des Cocom. À son apogée, Mayapán comptait jusqu’à 12 000 habitants. C’était une ville fortifiée, entourée d’un mur de pierre. Des influences toltèques claires peuvent être vues dans son architecture.

À l’est de la péninsule, selon Eric J. Thompson dans son livre « Les habitants de la côte est de la péninsule du Yucatan » : "Les Putuns ont conservé la région de Bakhalal et de Chetumal pendant la période de domination du Mayapán [...] dans la province d’Uaymil parlaient un dialecte similaire à Campeche et, bien sûr, des documents de Paxbolón affirmant que Chetumal il a rendu hommage aux putlan acalans. " »

Wikipedia, « L’effondrement maya » :

« L’effondrement de la civilisation maya de la période classique, ou tout simplement l’effondrement maya, fait référence au déclin et à l’abandon des villes classiques mayas dans les basses terres mayas du sud de la Méso-Amérique entre les VIIIe et IXe siècles. Il ne faut pas le confondre avec l’effondrement de la civilisation maya de la période préclassique au deuxième siècle. La période classique de la chronologie mésoaméricaine est généralement définie comme la période comprise entre 300 et 900 ans, dont les 100 dernières années sont connues sous le nom de Terminal Classic1. L’effondrement maya de la période classique est l’un des plus grands mystères de l’archéologie. La sophistication culturelle atteinte par les Mayas avant l’automne, conjuguée à la soudaineté relative de l’effondrement même, rend ce développement si intéressant.

Les centres mayas les plus avancés des basses terres du sud de la Méso-Amérique ont connu un processus de déclin aux VIIIe et IXe siècles et ont été abandonnés peu de temps après.

En termes archéologiques, ce déclin a été indiqué par la cessation des inscriptions sur les monuments et une réduction des travaux de construction architecturale à grande échelle. Cependant, un certain nombre de villes mayas ne déclinèrent pas et la civilisation maya perdura jusqu’en 1697, année de la conquête de l’Espagne par Tayasal, la dernière cité-État indépendante des Mayas.

Après l’effondrement des Mayas, les Mayas du nord du Yucatán ont prospéré et l’État de Chichen Itza a construit un empire qui a brièvement réuni la plus grande partie de la région maya.

Étant donné que certaines parties de la civilisation maya ont continué à prospérer, un certain nombre de scientifiques s’opposent à l’utilisation du terme "effondrement". 2 En ce qui concerne l’effondrement, E.W. Andrews IV a même déclaré que : "à mon avis, rien de tel ne s’est passé." 3

Quelque 88 théories ou variantes de théories ont été identifiées, qui tentent d’expliquer l’effondrement maya de la période classique4. Du changement climatique à la déforestation, en passant par le manque d’action des rois mayas, il n’y a pas de théorie universellement acceptée pour l’expliquer. l’effondrement, bien que la sécheresse gagne en soutien comme principale explication.5

Pour certains scientifiques, les preuves archéologiques relatives à l’intrusion des Toltèques dans le Yucatan - à Ceibal, Petén - semblent confirmer la validité de l’hypothèse de l’invasion étrangère en tant que cause de l’effondrement des Mayas.

La dernière hypothèse suggère que les basses terres du sud ont été envahies par un groupe n’appartenant pas à la culture maya, dont les terres d’origine auraient probablement été trouvées dans les basses terres du golfe du Mexique. Cette invasion a commencé au neuvième siècle et a conduit à une série d’événements au cours des cent prochaines années qui ont abouti à la destruction du Maya classique. On pense que cette invasion a été influencée par les peuples toltèques du centre du Mexique. Cependant, la plupart des scientifiques qui étudient les Mayas ne croient pas que l’invasion étrangère ait été la principale cause de cet effondrement ; ils postulent qu’aucune défaite militaire ne peut expliquer, ni être la cause, du processus d’effondrement prolongé et complexe du terminal classique. L’influence de Teotihuacan sur l’ensemble de la région maya a peut-être impliqué une sorte d’invasion militaire, mais on considère généralement qu’il existait une interaction significative entre Teotihuacan et la région maya, qui remonte à l’époque du début de la période classique ou antérieure, c’est-à-dire bien avant. les épisodes d’effondrement de la fin classique.6

Michel Peissel estime que la conquête du Yucatan par l’État de Chichen Itza au IXe siècle a entraîné le détour par des routes maritimes côtières de la plupart des échanges (cacao) qui passaient traditionnellement dans les principales villes de l’intérieur (les enrichissant), ils ont été profondément touchés par ce changement, de même que les villes situées le long de la route de la soie lorsque les marchands portugais ont commencé à transporter de la soie par bateau en Europe depuis la Chine et le Japon7. La théorie de Peissel a été validée par plusieurs scientifiques et explique pourquoi l’effondrement n’était pas général et qu’au même moment de l’effondrement des villes de plaine, d’autres villes ont fleuri - la plupart le long des nouvelles routes de navigation ouvertes par les marchands de Chichen Itza.7

En 1988, pour démontrer la viabilité de ce transfert sur la mer de routes commerciales, Peissel parcourut 650 kilomètres avec trois archéologues mexicains et dix compagnons dans une pirogue maritime maya de Chunyache à Quintana Roo (Mexique) à la partie supérieure de la rivière Mojo en Belize. 7

Rébellion paysanne, révolution ou bouleversement social

Selon les preuves archéologiques, les travaux de construction et d’agrandissement des Mayas ont connu leur apogée entre 730 et 790 après JC. C., avec des extensions constantes et des travaux de construction sans aucun type de machine ou d’outil pour les aider dans ces travaux. Au cours de cette même période, des signes laissant présager l’effondrement de la civilisation maya sont apparus. La majeure partie de la charge de travail pesait sur les travailleurs paysans dans des villes telles que Tikal et Copán, où des projets de construction apparemment sans fin étaient réalisés, construisant de grands bâtiments et des terrains de base-ball. Une théorie appuyée par J. Eric S. Thompson attribue la chute des Mayas à une révolution de la part des couches sociales inférieures de la société maya. Selon cette ligne de pensée, alors que la vie devenait plus difficile, le processus "de saper le développement religieux et l’entreprise collective des gens ordinaires" commençait. L’augmentation de la charge de travail a peut-être amené la population à abandonner ses valeurs traditionnelles et à se rebeller contre l’élite de la société, en particulier contre les prêtres dirigeants, car on pensait que les Mayas étaient théocratiques et donc dirigés par des prêtres. . Cela pourrait aider à expliquer l’effondrement brutal des fonctions de l’élite, ainsi que des bâtiments et des centres cérémoniels restés inachevés. Comme l’effondrement de différentes villes s’est produit à plusieurs reprises, on pense que les révoltes des différents groupes faisaient partie d’une série d’actions imprévues et impulsives. Dans la ville de Piedras Negras, par exemple, il semble qu’il y ait eu un type de violence au cours de cette période, du fait que des incendies ont eu lieu dans plusieurs bâtiments du palais et qu’un trône a été détruit. Bien que ce modèle, connu sous le nom de modèle « prêtres-paysans », soutienne qu’il y ait eu une révolte des paysans contre les prêtres, il a été découvert par la suite que ce n’étaient pas les prêtres mais les rois qui régnaient pendant les périodes préclassique et classique.8

Bien que cette théorie semblait offrir une explication à l’effondrement soudain des villes mayas, elle posait encore des problèmes. En premier lieu, la théorie de Thompson n’explique pas où sont allés les habitants des villes après l’effondrement et leur abandon. David Webster estime que la population aurait dû augmenter plutôt que diminuer en raison de l’absence d’une élite au pouvoir. Deuxièmement, la théorie n’explique pas pourquoi les institutions gouvernementales n’ont pas été renouvelées après les émeutes, ce qui s’est passé dans des circonstances similaires dans d’autres pays, comme la Chine. Troisièmement, après avoir mené une étude sur la main-d’œuvre et le temps requis pour la construction à Copán, Elliot Abrams a conclu qu’il ne fallait pas beaucoup de temps et de main-d’œuvre pour achever la construction de bâtiments. Cependant, Thompson a développé sa théorie à un moment où les preuves archéologiques semblaient indiquer une population maya inférieure à ce qu’elle était selon les connaissances actuelles.9 En général, les révolutions, les révoltes paysannes et les bouleversements sociaux entraînent des changements et suivi de guerres. Cependant, rien n’indique que des révolutions aient entraîné l’abandon massif de régions entières. »

Notes

1- Véase Stuart y Stuart (1993, p.12), McKillop (2006, p.90, pp.339–340).

2- Aimers (2007).

3- Andrews IV (1973).

4- Gill (2000, p.371).

5- "Comme c’est le cas pour la plupart des choses, les explications de l’effondrement sont sujettes à la mode, et celle qui est actuellement plus au centre de l’attention est le changement climatique, ou plus précisément la méga sécheresse" par Webster (2002, p. 239) ; voir aussi l’article de Diamond (2003).

6- Véase Braswell(2003).

7- Peissel (1989).

8- Webster (2002 pp.220–221).

9- Webster (2002 pp.221–223).

Le plus souvent, les commentateurs écartent, par principe sans aucune autre raison scientifique, toute révolution sociale

Wikipedia, « Effondrement de la civilisation maya classique »

Une version de la disparition des Mayas

Lambayeque au Pérou : la disparition brutale d’une civilisation, le film

La disparition de la civilisation Mochica (Pérou)

La disparition de la civilisation de Caral (Pérou)

La révolution sociale qui a renversé la civilisation de Teotihuacán

Pourquoi et comment l’empire Olmèque a-t-il disparu ?

Lire ici sur le monde des Mayas

Le déclin de la civilisation classique Maya : explications

Tout mais la révolution sociale pour nombre de commentateurs

L’empire caché des Mayas

Tikal : Voici comment la cité Maya s’est effondrée...

Pour conclure : on ne peut pas se contenter de tout ramener à des facteurs climatiques, de déforestation, d’exploitation exagérée des terres agricoles, de sécheresse car cela n’explique pas les destructions, les assassinats de membres de la cour royale, de destructions des bâtiments des puissants, de leurs palais et temples. On ne peut occulter le caractère de révolution sociale et politique.

Hors série « Le Figaro » de décembre 2006 intitulé « Les Mayas, les mystères d’un monde perdu » :

« Un jour, sans qu’on sache précisément quelles en furent les raisons, leurs artistes ont cessé de graver des inscriptions sur les murs de leurs temples. La splendeur des Mayas s’est éteinte mystérieusement, bien avant que Cortès pénètre au Yucatàn. » Irine de Chirikoff écrit : « La nourriture vient à manquer. Des émeutes dressent le peuple contre ses élites. Parce que la plèbe pense que les nobles ont failli. Les descendants des plus anciennes familles briguent le pouvoir, ourdissent des complots. L’exemple de Tikal est connu de tous. La cité, jadis si prospère, n’a cessé de décliner après la défaite de son souverain face à Calakmul. (...) A la fin du 18e katun (cycle de 20 ans), plus de soixante royaumes coexistent en terre maya. Ce sont des cités-Etat. Les tentatives de confédérations, comme celle de Tikal ou de Calakmul, ont vécu. Elles sont toutes jalouses de leur indépendance. Chaque ville est dirigée par un roi. Une administration de plus en plus nombreuse l’aide à gérer sa principauté. Des notables collectent des impôts, assurent les fonctions régaliennes, police, justice, armée, organisent les grands travaux, surveillent les stocks de réserves. Les commerçants constituent désormais une caste qui vénère ses propres divinités. Les artisans et les artistes également. (...) Partout, l’urbanisme est conçu comme le reflet du monde cosmique dont l’équilibre est garanti par le roi, et l’architecture vise toujours à inspirer la crainte au peuple. (...) Au fil des siècles, la forêt humide, sombre, grouillante, a été humanisée par les Mayas. Des sacbeob, routes de pierre, relient non seulement des édifices mais plusieurs villes entre elles. Les marchands ont établi des comptoirs le long de ces chemins. L’habitat de ne cesse de s’étendre et les maisons sont souvent séparées par des jardins partiellement défrichés pour ne garder que les arbres fruitiers et les plantes utiles. Fortement hiérarchisée, l’organisation sociale est cependant fragile. Les techniques n’évoluent pas – les mayas ne connaîtront jamais ni la roue, ni la charrue, ni les bêtes de trait, et les ressources ‘amenuisent alors que la demande augmente. Surtout de la part des élites. Dépositaires du savoir, elles ne représentent que 5 à 10% de la population. (...) A partir du 9e siècle, les cités des Basses Terres vont s’effondrer les unes après les autres, comme un château de cartes. En 800, Copàn a cessé d’ériger des stèles. En 810, Quiriga et Piedras Negras n’existent plus que dans le souvenir, de plus en plus vague, de leurs habitants disséminés dans la forêt ou bien partis vers le nord, le Yucatàn (...). Nul ne peut retenir un peuple quand le poison du doute le saisit sur la légitimité de ses princes. Leur pouvoir tenait à la science des saisons, des temps de bonne récolte et à leur capacité de se concilier les forces surnaturelles. Mais les souverains et leur entourage ne songeaient plus qu’à faire la guerre. (...) Attaqués par les guerriers (...) les habitants (d’une cité) édifient en toute hâte des fortifications. Pour les construire, ils détruisent les bâtiments publics. Les combats sont sans merci entre assiégés et assiégeants. Ceux de Tamarindito réussissent à forcer les remparts de pierres. Ceux de Dos Pilas se réfugient dans une ville alliée, Aguateca, qui reprend le flambeau. (...) La caste régnante de Toninà est littéralement obsédée par la mort, le sang. (...) Au début du 10e siècle, un seigneur « Jaguar-Serpent » fait reconstruire plusieurs bâtiments. Plus simples. Plus austères. Sous son règne, Toninà résiste au déclin des cités mayas. Mais en 909, un raid d’une violence égale à celle d’un ouragan va s’abattre sur la ville. Il est conduit par des guerriers inconnus (Toltèques ?). Les statues sont mises à bas, brisées à coups de massues. L’aristocratie et les élites vont être exterminées. Des charniers essaiment la vallée. (...) Toninà, ultime cité de l’âge classique ne se relèvera jamais. (...) Les Mayas cessent d’être des Mayas et il est sans espoir d’adorer les dieux, puisqu’ils sont morts. (...) Uxmal, Chichen Itzà et Mayapàn sont les cités de la renaissance maya. (...) Ils vont faire de Chichen Itzà un véritable chantier et transformer la ville en métropole politique et religieuse qui s’étendra sur plus de 300 hectares. Revivifiée, la ville est vouée à Quetzalcoatl. (...) Dès 964, le pouvoir royal s’affaiblit, même si le souverain est toujours assimilé au soleil On ne le représente plus seul, ou rarement. Des dignitaires lui font cortège. Les prêtres, les guerriers et les commerçants participent à la gestion de la cité. (...) Dans le Yucatàn, les villes vassales de Mayapàn se révoltent une à une. Dans la cité elle-même, des populations pillent et massacrent. Elles font de Mayapàn un champ de ruines en 1441. (...) Au Yucatàn, dans les villes vassales de Mayapàn, plusieurs révoltes ont déjà éclaté. Et on signale des jacqueries dans les campagnes. (...) Dans leur palais les Cocom (famille régnante) se consultent, réunissent leurs partisans, songent à demander l’aide de Tenochtitlàn, mais l’émeute est lancée et la résidence investie. Un seul prince Cocom échappera au massacre. Il parvient à prendre la fuite, alerte Moctezuma qui lui promet son soutien et lui envoie même des renforts. A Mayapàn, la population se livre aux pillages, aux destructions. Rien ne parvient à apaiser sa colère. Des temples brûlent. Les statues sont renversées. Prêtres, commerçants, hauts fonctionnaires ne savent plus à quel dieu se vouer. Ils accepteront le retour de Cocom (...). A peine revenu, le prince meurt dans des circonstances mystérieuses. Son successeur, fort de l’appui des Aztèques, règne en despote, lève des tributs de plus en plus lourds et envoie toujours d’avantage d’esclaves vers le nord. En 1446, une nouvelle révolte va éclater. Cette fois, Mayapàn est mise à feu et à sang. La ligue est morte. Le dernier royaume maya a vécu. »

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The Maya, Michael D. Coe

4 Messages de forum

  • Les civilisations meurent sous les coups des révolutions sociales et de la lutte des classes

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  • Sur "l’effondrement" dans les villes mayas des basses terres

    d’après Mercedes de la Garza

    « Considéré par le roi Waxaklahuun Ubbah K’awiil, 18 lapin de Copán, comme les piliers de l’ordre cosmique, quatre des principales villes mayas des basses terres : Copán, Tikal, Calakmul et Palenque, se sont effondrées, avec beaucoup d’autres. entre 800 et 900 après JC environ. Parmi les causes est l’incapacité du système gouvernemental à maintenir l’équilibre social et culturel, ainsi que l’équilibre indispensable entre l’homme et la nature. Cela a coïncidé avec de forts changements climatiques survenus à cette époque, dans le monde entier, qui ont provoqué une grande sécheresse dans la région maya et avec un cycle solaire qui a augmenté l’énergie émise par l’étoile.

    En un siècle (environ 800-900 après JC), les magnifiques et imposantes cités mayas des basses terres du sud, de l’est et du centre, qui avaient été construites et avaient réussi à créer une grande civilisation pendant des siècles, commençaient à perdre leur pouvoir ; ils ont cessé de faire de grandes constructions, ainsi que des inscriptions sur les monuments ; il y avait une diminution rapide de la population ; les dynasties au pouvoir se sont enfuies ; et des groupes de vagabonds ont occupé des places et des palais, construit des huttes et pillé la richesse des tombeaux et des bâtiments. Finalement, toutes les villes du K’uhul Ajawoob, "les seigneurs sacrés", ont été abandonnées.

    Le soi-disant "effondrement maya" ne s’est pas produit en même temps dans toutes les villes, mais en un siècle, une période très courte par rapport à la multitude qui a duré son origine et son développement. Pendant des décennies, de nombreuses causes physiques et naturelles de cette catastrophe ont été exposées, ainsi que des causes politico-sociales et même religieuses ; mais il est possible que beaucoup d’entre eux aient convergé en ce moment fatidique.

    Au cours de la période dite classique (250 à 909 après JC), la civilisation maya atteignit son apogée, influencée par le grand colosse des hauts plateaux centraux, Teotihuacan, qui comptait alors environ 125 000 habitants et une superficie de 20 km2. Dans les villes mayas aussi éloignées de l’Altiplano que Tikal et Copan, cette influence est clairement visible ; mais les Mayas ont atteint leurs propres niveaux culturels, ce qui les distingue profondément des autres groupes mésoaméricains. Coïncidant avec la chute de Teotihuacan, vers 600, la soi-disant classique tardif a commencé dans la région maya (600 à 909 après J.-C.), à une époque où la culture maya atteignit un apogée sans précédent et, peu après, l’effondrement.

    Les piliers de l’ordre cosmique

    Comme exemple de la profonde signification de cette débâcle de la civilisation maya classique, je mentionnerai brièvement le haut degré de culture atteint par quatre des principales villes des Basses terres, sous le règne des seigneurs dynastiques, en soulignant comment tomber Les données proviennent principalement des remarquables recherches épigraphiques, historiques et archéologiques de notre époque (Martin et Grube, 2002, De la Garza, Bernal et Cuevas, 2012).

    Ces villes sont celles mentionnées dans un texte de l’an 731 de notre ère, gravé sur la stèle

    A de Copan par le souverain Waxaklahuun Ubbah K’awiil, 18 lapin :

    ... ce sont les quatre arbres du ciel,

    les quatre crocodiles du ciel,

    Les quatre points du ciel :

    le souverain sacré de Copán,

    le souverain sacré de Tikal,

    le souverain sacré de Calakmul

    et le souverain sacré de Palenque

    ... la face du ciel et la face de la terre,

    de l’Est et de l’Ouest,

    du nord et du sud.

    Ils vont ouvrir le monde souterrain

    et ils vont fermer le monde souterrain ...

    Et symboliquement, les seigneurs sacrés, k’uhul ajawoob, de celles-ci et de toutes les autres villes de la région, ont ouvert le monde souterrain avec leur disproportion et, comme le Phaéthon grec, leurs dynasties et leurs grandes villes sont tombées à jamais.

    Copán : Ux Witik

    Cette ville était dans une vallée fermée à l’extrémité est des basses terres. Son grand développement a eu lieu à partir de 416, quand un personnage, peut-être venu de Teotihuacan, a fondé une puissante dynastie, dont 16 rois sont connus. Le premier roi était K’inich Yax K’uk ’Mo’, "Le premier soleil du premier Quetzal Guacamayo", dont la tombe repose sous sept autres bâtiments, une coutume qui, en Méso-Amérique, avait un sens fondamentalement religieux : conserver et accroître le pouvoir sacré du temple , où les dieux étaient habitués à recevoir les offrandes. La ville a 400 ans d’évolution. Waxaklahuun Ubbah K’awuiil, un lapin de 18 ans, est monté en 695 après JC. et est mort en 738 après JC, décapité par le roi de la ville rivale, Quiriguá, qui l’a piégé dans sa ville. Il doit les plus belles œuvres architecturales et sculpturales de la ville. Copán se distingue par une sculpture d’une grande perfection plastique, considérée parmi les meilleures de la région maya.

    La ville réalisa une énorme richesse économique, mais sous le règne de Yax Pasaj, Madrugada, souverain numéro 16, qui prit le pouvoir en 763, il existait déjà des symptômes de décadence. »

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  • La chute des Mayas

    Devant l’impuissance des classes possédantes à résoudre les problèmes et l’inefficacité des sacrifices, le mal être social conduisit probablement à une nouvelle philosophie de vie, avec de nouvelles valeurs. L’ensemble conduisit à des révoltes qui attentèrent jusqu’aux plus hauts dirigeants et prêtres (intermédiaires impuissants auprès des dieux, mais de plus en plus exigeants auprès du peuple), parachevant une décadence programmée. C’est l’hypothèse soutenue par Thompson (1964) puis Jacques Soustelle (1967) :

    « le charme s’est dissipé », alors « le lien social s’est distendu » et le paysan s’est soit retourné contre les élites, soit plutôt « dérobé à leur pouvoir, revenant à son petit lopin de terre familial, à sa hutte, aux dieux de son hameau à qui il rendait un culte simple et sans faste comme les Lacandons aujourd’hui ».

    Les indices de ces révoltes sont nombreux : mutilation de monuments et de statues (Tonina, Piedras Negras, etc., même si ces dégradations pourraient tout aussi bien être dues à des envahisseurs).

    La théorie d’une révolte de la classe paysanne contre les classes possédantes a été défendue par le mayaniste John Eric Thompson. Les paysans, courbant sous le poids des corvées que leur auraient imposées la classe dirigeante, auraient refusé de continuer à construire des monuments prestigieux. Le principal argument archéologique invoqué en faveur de cette thèse est l’abandon de certains monuments en plein milieu de leur construction. L’abandon du régime d’exploitation expliquerait la dépopulation de régions entières suite à la révolte, comme le Petén où Cortés put encore l’observer lors de son passage en 1525.

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  • La chute des Mayas, vue par Michael D. Coe :

    « Une classe entière de scribes a probablement été éliminée lorsque les maisons royales ont été détruites à la fin de la période Classique. Eric Thompson a toujours pensé cette chute en termes de révolution, et je pense qu’il a probablement raison, plutôt que de penser à une conquête militaire de l’extérieur. »

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