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Chronologie syndicale des luttes ouvrières en France et dans le monde - Les raisons de la défaite -

dimanche 24 octobre 2010, par Robert Paris

Quelques exemples de trahison des directions syndicales

Après mai 68, des affiches :

Chronologie des luttes à la SNCF

Histoire des grèves à la Poste

2010 : suffit-il de nous promener derrière les centrales syndicales ?

Ce que les centrales syndicales ne feront pas, nous pouvons le faire, nous les travailleurs, et renverser la vapeur

Malgré des mobilisations parfois réussies, les attaques patronales et gouvernementales de ces dernières années ont toutes été des succès. Les entreprises qui licencient, comme New Fabris ou Continental, ont connu des grèves (grèves massives avec occupation et parfois des cadres et dirigeants séquestrés et menaces de faire exploser l’entreprise éventuellement), mais, au final, les salariés sont licenciés, et les sous qu’ils ont gagné durement ne sont rien face au coût de la vie et rien face aux profits des capitalistes. Certains syndicats parlent de victoire et certains des salariés qui ont mené ces luttes ressentent honnêtement une victoire mais elle est bien amère... Pour le reste, le résultat de la stratégie de journées d’action suivies de négociations avec l’Etat et les patrons est un recul sur toute la ligne. Les services publics sont progressivement attaqués et privatisés. Le chômage et la misère augmentent. Les retraites, la santé, la sécu sont mis en cause. Et la crise est loin d’être finie. C’est par la grève et dans la rue que les travailleurs peuvent démontrer que la retraite à 60 ans ne se discute pas !!! Et le mouvement de 2003 sur la défense des retraites nous a suffisamment montré que les centrales syndicales peuvent faire descendre du monde dans la rue pour une promenade mais qu’ensuite elles se retirent et abandonnent le combat..

La stratégie actuelle des centrales syndicales est tout entière résumée dans cette récente déclaration de la CGT sur les retraites qui annonce que le gouvernement devra accepter de discuter de la retraite à 60 ans. C’est une stratégie de discussion face à des patrons et à un gouvernement qui attaquent...

Les dirigeants palabrent à la sortie d’autres palabres avec le gouvernement mais ils discutent dans leur dos du sort des travailleurs....

Ces bergers-là ne nous prendraient-ils pas pour des moutons ?

Les bergers les plus attentionnés, ne l’oublions pas, mènent les bêtes à l’abattoir...

Unies ou désunies, ces centrales sont une force de l’Etat bourgeois pour casser la lutte des classes.

On peut lire dans la presse du 28 septembre 2009 : "Après une série de journées d’action et à la suite d’une réunion intersyndicale, le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a déclaré ce lundi sur RTL que la grève n’était "pas le seul moyen d’expression du mécontentement". Le leader syndical de la CGT a ainsi répondu à son homologue de FO Jean-Claude Mailly qui considère qu’une énième manifestation peut être contreproductive."

LES CENTRALES SOUS LA DOMINATION BIENVEILLANTE DE L’ÉTAT ET INDÉPENDANTES... DES TRAVAILLEURS

"En réalité, toute la tâche de la bourgeoisie consiste à liquider les syndicats, en tant qu’organes de lutte des classes, et à les remplacer par la bureaucratie syndicale comme organe de direction de l’État bourgeois sur les ouvriers."

Léon Trotsky

dans "Les syndicats à l’époque de décadence impérialiste"

Le tapis vert des négociations est parfois rouge, la stratégie des syndicats ne l’est jamais

Avec Brice Hortefeux, quelle douceur....

Négocier, c’est le bonheur...

Par contre, dehors, pour les caméras et le grand public, ces dirigeants prennent des mines sombres comme si pesait sur eux toute la dureté de la situation....

Derrière le mythe de la négociation, il y a toujours la collaboration de classe

Le Bulletin de vote édité par la CGT pour consulter les salariés de la SNCM en grève, mouvement qui avait un important soutien parmi les travailleurs du pays, et les pousser à la reprise du travail. Cette décision a été difficile à faire passer auprès des marins CGT et elle a signifié que la lutte a été un échec, suivi aussi de l’échec des traminots RTM qui s’étaient mis en mouvement à leur suite.

Pour la CGT (et la direction de la SNCM comme le gouvernement), il n’était plus question de votes démocratiques à main levée en assemblée générale.

Une leçon à retenir pour les luttes à venir : la seule manière de ne pas laisser les directions syndicales trahir les luttes est d’imposer des coordinations de délégués de comités de grève élus localement et des votes à main levée en assemblée générale pour toute décision de la grève ! Et surtout pas des discussions fermées entre les seules directions syndicales en intersyndicale....


Cette photo a été prise quelques jours après le 49éme congrès de Nantes ou Bernard avait dit à l’ouverture : « certains voudraient faire croire que je suis atteints de Sarkozisme aigu » !

Bernard Thibaut, qui se dit indépendant des partis, ne l’est pas de l’Etat et de la bourgeoisie

Lire ici comment la bourgeoisie apprécie la nouvelle CGT


Les syndicats, briseurs de grève ? Une petite chronologie….

L’ampleur d’un mouvement n’empêche pas la trahison syndicale : à preuve mai 68...

1968 : la mobilisation trahie

En mai 1968, tout en organisant de fait la grève générale afin d’empêcher de se laisser déborder par le mouvement spontané, la CGT a dans le même temps démobilisé en s’opposant à l’occupation massive et effective des usines comme en juin 1936. Du coup, il ne lui a pas été trop difficile de faire reprendre le travail malgré la minceur des concessions patronales et gouvernementales, malgré aussi l’échec politique puisque le ras-le-bol du régime gaulliste qui était pour une bonne part dans le déclenchement de la révolte n’eut aucun débouché immédiat. Qui a donné un coup d’arrêt à la grève générale ouvrière de mai-juin 1968 ? Les syndicats et, en premier, la CGT.

En 1967 et pendant les premiers mois de 1968, une série de grèves, d’occupations et de confrontations avec les forces de l’ordre" montra que la classe ouvrière devenait de plus en plus combative.

En février 1967, à l’usine Rhodiaceta de Besançon, 3200 travailleurs firent grève contre les menaces de chômage ; le mouvement s’étendit rapidement aux autres usines Rhodia, notamment à Lyon, et aux filiales Cellophane et Nordsyntex. La majorité des grévistes refusa un accord avec le patronat et maintint la grève. 300 gardes mobiles occupèrent alors l’usine.

A la rentrée de la même année, des grèves éclatèrent au Mans et à Mulhouse en protestation contre les ordonnances et le chômage. Au Mans les CRS encerclèrent la ville. A Mulhouse, la préfecture fut attaquée par les manifestants.

En janvier 1968 à Caen, les 4800 travailleurs de l’usine SAVIEM se mirent en grève pour une hausse de salaires, passant rapidement à l’occupation de l’usine. Armés de frondes et de matraques, les jeunes travailleurs (la moyenne d’âge était de 25 ans) participèrent à plusieurs affrontements avec les CRS. Liée au soutien massif venu d’autres travailleurs de la ville, cette volonté de lutte montra clairement que des sections de la jeunesse ouvrière étaient prêtes à en découdre avec le patronat.

En 1966, les salaires des travailleurs français étaient les plus bas de la CEE, les semaines de travail les plus longues (jusqu’à 52 heures dans certaines branches !), et les impôts les plus élevés.

Pour mieux faire face à la fin des "trente glorieuses" qui s’annonçait à l’échelle mondiale, notamment lors de la crise de l’étalon-or, de la dévaluation de la livre britannique en 1967, et de la levée des contrôles douaniers au sein de la CEE prévue pour juillet 1968, le gouvernement Pompidou prépara de nouvelles attaques.

A partir de mars 1967, il commença à rédiger des ordonnances pour faire passer les pires attaques, notamment contre la Sécurité Sociale et l’emploi.

Les syndicats montrèrent à plusieurs reprises leur capacité à mobiliser les travailleurs, notamment autour de la Sécurité Sociale. Ainsi, le 13 décembre 1967, des millions de travailleurs participèrent à une journée d’action organisée par toutes les centrales syndicales pour protester contre le chômage et les attaques.

Malgré le succès de cette journée, la quatrième protestation du genre, les syndicats ne proposèrent rien, sinon une nouvelle journée d’action... en mai 1968.

C’est la lutte des étudiants qui allait démontrer que le pouvoir fort dont parlaient les syndicats pour refuser d’entrer en lutte était un mythe. Le 11 mai, le général De Gaulle cédait au mouvement étudiant.

Le 13 mai entre 600.000 et 1 million de manifestants défilèrent dans une énorme manifestation de solidarité entre syndicats et étudiants. Partout dans le pays, des millions de travailleurs firent grève, suivant les mots d’ordres des centrales syndicales. Le mouvement, d’abord limité aux seuls étudiants, devint un mouvement de classe et un mouvement national.

Cela aurait pu être la fin de l’histoire. Les dirigeants syndicaux espéraient utiliser l’élan des étudiants pour renforcer leur campagne contre les ordonnances sur la Sécurité Sociale, mais sans chercher à se servir des moyens politiques d’occupation et de manifestation employés par les jeunes. Loin de là. C’est sous la forme d’une pétition que les syndicats lancèrent leur campagne, le 15 mai !

Pourtant, à Sud-Aviation (Nantes), où un conflit salarial qui devrait duré plusieurs mois, les travailleurs, encouragés par la victoire étudiante décidèrent d’en découdre. Le 14 mai, ils lancèrent une occupation et enfermèrent le directeur et ses sbires dans leurs bureaux.

Le lendemain la grève éclatait à Renault Cléon. Le 16 mai, c’était le tour de Renault Billancourt, à l’époque le symbole de la classe ouvrière autant que celui de sa direction stalinienne. Encore une fois, ce furent les jeunes travailleurs qui lancèrent le mouvement, contre la pression des dirigeants syndicaux.

Très rapidement, la classe ouvrière presque toute entière se mit en grève. Parmi 15 millions de travailleurs, près des deux-tiers firent grève. Plus de 4 millions pendant trois semaines, plus de 2 millions pendant un mois.

Les revendications étaient diverses : hausses de salaires, contre l’autoritarisme des patrons, pour la défense de la Sécurité Sociale. La grève toucha toutes les couches de la société.

Puis, Michelin, Peugeot, Citroën, les ports et les mines déclarèrent la grève totale. Les journaux, puis l’ORTF, l’Opéra, l’Odéon, les chauffeurs de taxi et même les laboratoires du Commissariat à l’Energie Atomique de Saclay où des conseils ouvriers furent organisés, se mirent de la partie. De même, certains secteurs paysans soutinrent la grève.

Pompidou entama les négociations de Grenelle. Les dirigeants syndicaux se sentaient à l’aise. Ils comprenaient bien le sens de la négociation, et, eux aussi, voulaient qu’elle aboutisse, pour mieux retrouver leur emprise sur les travailleurs et leur rôle d’interlocuteur auprès du gouvernement.

A partir du 27 mai, la tâche des dirigeants syndicaux fut de vendre l’accord. A Billancourt, Séguy, dirigeant de la CGT, fut hué par les jeunes travailleurs qui rejetèrent la pauvre augmentation de 7% et le retrait de certaines attaques contre la Sécurité Sociale ou l’âge de la retraite, fruits pourris des compromissions des directions syndicales.

Partout ce fut la même histoire : la reprise ne se faisait pas. Craignant le débordement, le 29 mai, le PCF et la CGT appelèrent une nouvelle fois à manifester. 600.000 personnes descendirent dans la rue, scandant "gouvernement populaire".

Cela signifiait que la gauche et les syndicats indiquaient que la voie n’était pas dans la grève générale ouvrière mais dans les élections... C’était surtout la voix de salut pour le pouvoir !

La première urgence était d’assurer le contrôle des travailleurs sur leur propre mouvement, pour faire barrage à toute tentative de la bureaucratie ouvrière de vendre la grève. Il fallait lutter pour des assemblées générales dans les entreprises et pour l’élection de comités de grève, élus et révocables. (extrait de P.O.)

Séguy qui participait aux négociations de tromperie ci-dessus, estimait, dans une interview au journal L’Express en 1978, « en mesure dans le mouvement syndical, comme nous en avons fait la démonstration en Mai 68, de maîtriser toute velléité de débordement ou d’irresponsabilité gauchiste ».

En fait, la CGT qu’il dirigeait avait sauvé les classes dirigeantes et l’Etat d’une situation dangereuse....

1973 : dans la foulée de la radicalisation, les débordements comme LIP et la grève des banques

Après 68, une génération de militants ouvriers proches de l’extrême gauche a donné aux luttes un caractère plus offensif, moins respectueux du cadre imposé par les centrales syndicales comme à LIP autogérée par les salariés ou dans la grève des banques avec un comité national de grève. D’autres grèves ont également marqué cette nouvelle radicalité. La grève des LIP relayée au niveau national aurait permis que des grèves contre les licenciements ne se déroulent pas dos au mur, comme cela a été le cas dans les années 70 pour la lutte contre les fermetures dans la sidérurgie lorraine.

1981 : vague rose, vague de recul des grèves

Mais cette radicalité ouvrière va se défaire avec l’arrivée de la gauche au gouvernement en 1981. Celle-ci va parvenir à faire semblant de concentrer les aspirations populaires. Le niveau des luttes descend considérablement. Au bout d’une année, le gouvernement de gauche sait qu’il peut commencer une offensive anti-ouvrière et qu’il n’y aura pas de répondant. Les attaques anti-sociales commencent avec le gouvernement Rocard et ne vont plus cesser.

1982 : le soutien syndical devient critique verbale

La CGT, qui a soutenu la gauche gouvernementale, critique le plan d’austérité mais sans mobiliser les travailleurs contre lui. La CFDT soutient le plan d’austérité !

1984 : les luttes contre les licenciements dans la sidérurgie lorraine

Le vendredi 13 avril, les syndicats organisent une grande marche des sidérurgistes sur Paris. Loin de s’appuyer sur la colère des sidérurgistes et d’en faire une marche contre les licenciements, contre le patronat et le gouvernement, les syndicats lui donnent un caractère régional avec, en tête de cortège, majorettes en costume régional et croix de Lorraine. Et pourtant, ce plan Acier est décidé quelques mois seulement après les licenciements massifs chez Talbot à Poissy et, le 13 avril, c’est Citroën qui annonce près de 6 000 suppressions d’emplois. Les confédérations n’ont pas appelé l’ensemble des travailleurs à venir à la manifestation, très encadrée par le service d’ordre syndical et qui traverse des quartiers déserts de Paris.

1985 : syndicats auxiliaires du gouvernement de gauche

La CGT de l’usine automobile Talbot de Poissy, récemment imposée au patron de choc par la grève, choisit de casser la lutte contre les licenciements pour aider les copains du gouvernement....

La trahison de la grève de Talbot par la CGT et le PCF a mis un coup d’arrêt aux grèves radicales des OS immigrés qui se développaient depuis mai 68, entraînant une division durable. C’est un tournant important du mouvement ouvrier en France. Sur la grève Talbot et les autres mouvements aux USA et en Angleterre du milieu des années 80

1986 : les coordinations

Novembre 1986 marque une rupture pour le mouvement ouvrier, après l’anesthésie générale de 1981 avec la gauche gouvernementale. La droite, revenue aux affaires en mars 1986, a lancé des attaques tous azimuts. Quatre puissants mouvements vont la faire reculer : les étudiants à l’automne 1986, les cheminots en décembre 1986, les instituteurs au printemps 1987, les infirmières à l’automne 1988. Un nouveau cycle de luttes s’annonce alors, marqué par l’avènement de pratiques de démocratie directe et d’auto-organisation. C’est le temps des « coordinations ». Il y aura des suites : à la SNECMA et Air France...

1993 : remontée des luttes

La grève Air France, comme l’année suivante le mouvement contre le CIP, ont représenté une accentuation de la lutte des classes mais jamais, au cours de ces événements, les syndicats n’ont fait plus qu’accompagner derrière le mouvement.

1994 : le génocide rwandais

Quel rapport avec le syndicalisme en France me direz-vous ? Justement, aucun ! Les centrales syndicales n’ont jamais estimé de leur rôle de dénoncer les crimes de l’impérialisme français, faisant de leur silence une véritable complicité. L’exemple particulièrement criminel et sanglant d’un président de gauche avec un gouvernement de droite, armant et organisant une contre-révolution fasciste en est une illustration particulièrement scandaleuse. Cela continue bien sûr aujourd’hui avec l’absence de toute dénonciation de l’intervention militaire des grandes puissances en Haïti. Les centrales syndicales dans un pays riche comme la France sont partie intégrante de l’ordre impérialiste.

La même année, le CIP, ou "SMIC jeune" de Balladur, est renvoyé à la poubelle par la mobilisation de la jeunesse : un mois de manifestations massives dans tout le pays. Les syndicats n’interviennent qu’en ponctuant la mobilisation par des "journées" de manifestations massivement suivies. Elles n’ont nullement voulu ce mouvement et n’ont fait que le suivre de loin.... Elles chercheront encore moins à en faire un point d’appui des luttes ouvrières.

1995 : la grève générale évitée

En 1995, il y a eu séparément une grève se généralisant dans le privé (par exemple Renault, Thomson, SNECMA, Danone, etc..., au printemps 1995) et une grève se généralisant aussi dans le public en octobre. Les syndicats, après avoir approuvé les mesures prévues par Juppé, ont œuvré consciemment et efficacement à diviser et affaiblir. Au début, elles ne prévoyaient même pas une véritable réaction. Par exemple, Jean-Paul Roux, le dirigeant du syndicat indépendant l’UNSA, déclarait : "On ne peut pas faire la grève du siècle tous les mois, beaucoup de fonctionnaires ne peuvent se permettre de perdre 2 jours de salaire à 6 semaines d’intervalle à l’approche de Noël". Grâce aux syndicats, le gouvernement a pu se contenter d’un petit recul alors qu’il faisait face à une remontée des luttes sociales. Certains syndicats comme la CGT et FO se sont portés à la tête de la lutte des salariés du public alors qu’ils avaient signé les projets de réforme de Juppé qui s’est suffisamment plaint de leur retournement. Alors que Nicole Notat et la CFDT se rangeaient aux côtés du gouvernement Juppé contre les cheminots et les postiers), en décembre 1995, Bernard Thibault avait lui-même bradé la grève dont il apparaissait comme le principal leader, en appelant à la reprise, sans consulter aucun gréviste, dès la signature d’un accord avec le ministre des transports de l’époque. Cette grève, de la part des dirigeants de la CGT comme de Marc Blondel qui dirigeait FO, était surtout une façon de s’imposer comme interlocuteurs au gouvernement Juppé-Chirac, à qui ils démontraient, en s’appuyant sur la colère des cheminots, que ce n’était pas en collaborant avec la seule CFDT que l’on pouvait marchander le calme social.

Les grèves ouvrières en 1995

1996 : la lutte des sans-papiers

Loin d’être à l’initiative ou même en soutien, les centrales syndicales ont laissé les sans-papiers « de Saint-Bernard » mener seuls leur lutte jusqu’à l’occupation du gymnase Japy puis de l’église Saint-Bernard.

1997 : la fermeture de Vilvoorde

Renault-Vilvoorde a fermé en 1997 et les salariés de Belgique ont fait appel à la solidarité des travailleurs français, une sympathie existant bel et bien ici. Mais, en Belgique comme en France, il n’y avait qu’une seule chose que craignaient vraiment les centrales syndicales : le coup de colère des salariés et ils se sont bien gardés de le favoriser ! On reverra une situation semblable lors de la fermeture de PSA-Ryton en Angleterre...

1999 : les syndicats appuient les contre-réformes du gouvernement « de gauche »

A la SNCF, la CGT (avec la CFDT) s’oppose en mai 1999 à la grève contre les modalités de mise en application des 35 heures.

Pour son 46ème congrès, la CGT, avec Bernard Thibault, a engagé sa mutation vers un syndicalisme de "proposition", sur la même voie que la CFDT.

Quels sont les enjeux du nouveau profil unitaire et consensuel des deux principales confédérations françaises ?

Bernard Thibault, à la suite de Nicole Notat, invoque "la crise du syndicalisme" et la baisse des effectifs pour se convertir à un syndicalisme plus "moderne", plus "ouvert", plus enclin au "débat", et ne jure plus que par la négociation.

Sur l’annualisation et la flexibilité, la CGT a déjà multiplié les gages, en ayant signé à ce jour plus de 20 % des accords. Au congrès, Maryse Dumas comme Bernard Thibault ont évoqué les "propositions" de la CGT concernant la rédaction de la future loi sur les 35 heures, en se gardant de s’opposer à l’annualisation – Maryse Dumas tenant même à s’incliner devant le fait accompli.

2000 : la flexibilité ... de gauche

A partir de 1985 : avec l’assaut sur la flexibilité du travail notamment, des efforts considérables avaient été déployés par le patronat et le pouvoir politique. Ils remettent en cause, soit par voie législative, soit par voie contractuelle, la plupart des acquis sociaux (la loi quinquennale de 1993 et les remises en cause des différents éléments de la protection sociale constituent des pièces maîtresses de l’offensive). La grève de 1995 avait renvoyé la flexibilité version Juppé à la poubelle. A partir de janvier 2000, la déréglementation est mise en place par voie réglementaire. La loi Aubry des 35 heures permet la casse programmé du code du travail et des conventions collectives nationales, et ainsi de la quasi-totalité des acquis sociaux arraché au grand capital. Cette flexibilité est présentée par le syndicats comme une "avancée historique des 35 heures" !

2001 : une tentative de généralisation de la lutte contre les licenciements qui n’est pas soutenue par les centrales syndicales

En 2001 les grèves de Lu-Danone et de Marks & Spencer notamment tentent de trouver un prolongement dans d’autres entreprises comme AOM-Air Liberté-Air Littoral, et au travers de manifestations communes mais les centrales syndicales font la sourde oreille... Leur appel aboutit pourtant le 9 juin 2001 à une manifestation de plus de 20 000 personnes à Paris démontrant la volonté et la nécessité de construire des courants unitaires et combatifs à la base.

2002

La politique de la CGT en 2002

2003 : les syndicats empêchent une mobilisation sur les retraites, sujet pourtant explosif

C’est l’Enseignement qui est en tête avec une action importante de la base mais les centrales syndicales gardent la main mise sur la base ouvrière et le mouvement ne s’étend pas.

6 janvier, puis premier février, etc … Les syndicats laissent les journées d’action pour les retraites, très réussies, sans lendemain…

2003 est un pic des grèves en France contre le projet Fillon de retarder les départs en retraite de tous les salariés (vers les 42 ans et plus d’années de cotisation). mais cela ne mène à rien !

Le succès de la journée d’action du 13 mai (deux millions de manifestants) a, comme on dit poliment, « dépassé les espoirs » des directions syndicales, en particulier du fait de la bonne participation des travailleurs du secteur privé. L’empressement de Chérèque à signer une version à peine améliorée du projet de Fillon semble dicté par la volonté de briser au plus vite l’élan d’un mouvement dont l’énorme potentiel s’est clairement manifesté.

De nombreux secteurs ont reconduit la grève du 13 mai sans réel soutien des dirigeants syndicaux, comme par exemple à la RATP. Le soir du 13 mai, Bernard Thibault a déclaré « comprendre l’émotion » des cheminots qui venaient de décider de reconduire la grève pour le 14 mai. Après quoi ceux-ci ont été abandonnés à leur propre sort, c’est-à-dire sans que leur soient données de perspectives sur une généralisation du mouvement.

Le 25 mai, la CGT clôturait le ban par une manifestation imposante mais conçue comme une fin... Plus exactement, elle avait décidé que c’était fini. Ce qui ne l’empêchait pas de faire crier aux manifestants : "Grève générale" !!!!

Le tournant de la CGT en 2003

La signature par la CGT de l’accord sur la formation professionnelle

2004, la dispersion des luttes

Thibault s’est, à la rentrée de septembre 2004, posé spectaculairement en interlocuteur du pouvoir pour résoudre les crises en négociant par dessus la tête des salariés le retrait de l’opposition de la CGT au plan de licenciements à Perrier. C’est du côté de Bercy, par-dessus la tête des militants de Perrier, et même contre les dirigeants de la Fédération CGT de l’Agroalimentaire, selon Le Monde, que Thibault a cherché une issue à la crise, en réalité la reddition de la CGT. Cela s’est négocié entre lui, la direction de Nestlé Waters France et le ministre des finances et de l’industrie Sarkozy, qui s’est fait le malin plaisir de jouer l’arbitre.

À peine la CGT avait-elle annoncé, le 27 septembre, qu’elle allait retirer son veto, que la direction de Nestlé montait les enchères. Ce n’était pas suffisant, il fallait que la CGT signe le plan. Les gros yeux de Sarkozy à la direction de Nestlé ont suffit à faire rentrer les choses dans l’ordre. Dans l’ordre patronal. Car Nestlé ne s’engage à rien.

La CGT et l’affaire Perrier

Après les journées du 20 janvier à EDF-GDF, celle du 21 à la SNCF et celle du 22 dans les hôpitaux et dans les aéroports de Paris, une « semaine d’action » est prévue par les syndicats à partir du lundi 26 dans toute la Fonction publique mais… pour des actions à la carte. Le jeudi 5 février, ce sera au tour des salariés de La Poste.

Le 20 juillet 2004, le gouvernement adoptait la loi de réforme de la Sécu, dans un grand silence syndical. pas de proposition de réaction, quelle qu’elle soit ...

Octobre 2004 : "Un accord historique et prometteur", a déclaré le ministre des transports De Robien, se réjouissant de la signature, le 28 octobre, par six syndicats, et surtout par la CGT, de l’accord imposant de nouvelles restrictions au droit de grève à la SNCF, accord dit d’ « amélioration du dialogue social et prévention des conflits ». Historique ? Le terme est exagéré : l’histoire syndicale (celle de la CGT comme des autres) est truffée d’autres accords, signés par des syndicats en échange de la reconnaissance de leur rôle d’interlocuteurs privilégiés, du renforcement de leur monopole de représentation des travailleurs ou de quelques sièges dans des commissions. Mais la signature d’un tel accord anti-grève de la part de la CGT est, tout de même, une première. C’est de la part de Bernard Thibault un geste politique vis-à-vis du gouvernement et du Medef, dont le ministre a toutes les raisons de se féliciter. Car il s’accompagne de l’affirmation que le « dialogue social » serait préférable au conflit, au moment même où à la SNCF comme à la Poste, sur fond de ce prétendu « dialogue » avec les bonzes syndicaux, les suppressions de postes tombent à tour de bras. Un service minimum par consentement mutuel en quelque sorte. Et Thibault a répondu « oui » par avance, déclarant le 10 novembre au journal France soir que l’accord à la SNCF « change la culture de l’entreprise : auparavant, il fallait en passer par la grève avant que des discussions sur les revendications puissent s’engager. Notre souhait est de parvenir à des accords similaires dans d’autres entreprises de transport en région ».

2005 : la grève trahie

Le choix de la CGT de la SNCM, la direction nationale ayant pesé de tout son poids, de cesser la grève a été assez soudain pour surprendre de nombreux grévistes, qui étaient décidés à tenir malgré le chantage au dépôt de bilan et aux licenciements, fait par le gouvernement sous le couvert de lois présentées comme inexorables. C’est la CGT qui a organisé le vote de reprise du travail. Deux piles de bulletins furent posés sur l’estrade où se tenaient les dirigeants syndicaux. Ils avaient été préparés de façon très particulière puisque l’un des bulletins portait « Oui à la reprise de l’activité. Pour éviter le dépôt de bilan » et l’autre « Non à la reprise de l’activité = dépôt de bilan » !. Ainsi celui qui votait « non » à la reprise du travail avait le sentiment qu’il votait pour le dépôt de bilan.

Jean-Paul Israël, dirigeant CGT de la SNCM : "Face aux ministres, on pouvait se battre mais face à la justice, nous aurions pris des risques. Pour continuer à exister, il fallait lever le pied mais cela ne veut pas dire que le combat en restera là."

Politiques syndicales dans la grève de la SNCM

En 2005, un nouveau pic de grèves est atteint notamment par les appels intersyndicaux à des journées de mobilisation sur les questions générales du pouvoir d’achat, du service public et des conditions de travail. Ces journées sont l’occasion de fortes manifes­tations (1 million le 10 mars et le 10 octobre). Mais la stratégie de la multiplication des journées d’action par les directions syndicales s’essouffle à chaque fois. Plus exactement, la stratégie syndicale réussit parfaitement à permettre des lâchers de vapeur et négocier ainsi leur rôle de tampon social avec l’Etat et les patrons.

Les syndicats qui n’ont rien fait pour qu’une liaison entre le mouvement ouvrier et les jeunes de banlieue se réalisé découvrent la "violence des banlieues" et Bernard Thibaut affirme que "rein ne se résoudra dans la violence". A chacun d’interpréter s’il s’agit de la violence de la misère et de l’absence d’avenir ou celle des voitures brûlées ?

2006 : mouvement anti-CPE

Alors que la jeunesse est mobilisée et appelle le mouvement ouvrier à la rejoindre dans la grève et dans la rue, les centrales syndicales maintiennent profil bas et inaction quasi totale.... Le 18 mars, ils appellent cependant à une journée d’action bien suivie mais c’est plus une fin qu’un début de quoique ce soit. Ils sauvent ainsi le gouvernement et évitent une radicalisation de l’ambiance sociale.

2007 : trahison syndicale de la lutte des cheminots sur les « régimes spéciaux »

Les syndicats ont réussi à isoler et trahir la grève des cheminots pour la défense des régimes spéciaux de retraite. Après dix jours, sans aucune perspective sur laquelle se baser pour battre le gouvernement du président Nicolas Sarkozy, les assemblées générales qui se sont tenues dans toute la France ont voté pour la reprise du travail. De larges poches de résistance, quelque 10 pour cent, soit près de 14 000 cheminots, étaient encore en grève.

Les 18 et 19 octobre démarre une grève pour défendre la retraite des cheminots. Loin de chercher à l’appuyer, moins encore à l’étendre, elle est brisée par les syndicats dont la CGT.

A la Gare de Lyon, bastion de la CGT, deux des trois assemblées générales ont voté pour la poursuite de la grève, « au grand dam des délégués CGT », rapporte Libération.

Les travailleurs venus faire pression sur la réunion entre les syndicats de la RATP, la direction et le gouvernement, mercredi dernier, étaient furieux. Libération rapporte, « Des sifflets. Puis des huées. Dans le hall du siège de la RATP, hier en fin de matinée, le responsable de la CGT redescendu de la négociation tripartite, a du mal à terminer son compte-rendu. "Trahison !", "Vendu !", lance une grande partie de l’assemblée, pourtant composée en majorité de cégétistes. L’ambiance est électrique. De petits groupes se forment, s’engueulent. Assis à l’écart, Jean-Pierre a "envie de vomir". »

On peut lire dans la presse : "Bernard Thibault, Didier Le Reste (cheminots), Frédéric Imbrecht (énergie) et Gérard Leboeuf (RATP) s’expliquent ouvertement. Il faut entendre Didier Le Reste expliquer qu’il n’avait jamais été question de contester le passage aux 40 ans ! Il faut entendre Frédéric Imbrecht expliquer qu’en tant qu’organisation majoritaire (et responsable) il fallait engranger des résultats pour être crédible… Il a l’air malin, à l’heure où les négociations sont suspendues faute de résultat dans le domaine de l’énergie ! Il faut entendre Bernard Thibault assurer que le mouvement a déstabilisé les projets gouvernementaux !"

La grève des ouvriers de Peugeot en 2007

En 2007, avec l’élection de Sarkozy, on aurait pu s’attendre à un durcissement des réactions des dirigeants syndicaux vis-à-vis du gouvernement. Il n’en a rien été, bien au contraire. Sarkozy a parlé de dialogue, mais ni plus ni moins que les autres gouvernants avant lui. Les dirigeants des centrales ont semblé charmés. Thibault reconnaît qu’« il y a dialogue », qu’il ne s’agit pas de « protester a priori ». Mailly explique : « Nous jugerons donc aux actes. En fonction des choix retenus sur tous ces points, tout est possible, le meilleur comme le pire. » Inutile de parler de Chérèque, amoureux transis.

À propos du « service minimum » dans les transports, Thibault a déclaré : « Dès lors que le président de la République nous dit son intention de ne pas vouloir remettre en cause le droit de grève et qu’il n’y a aucune raison de lui faire des procès d’intention, on va essayer de le suivre. Mais ce sont les textes qui vont nous permettre de vérifier dans les actes qu’ils sont bien conformes au dialogue ». La CFDT en rajoutait : c’est dans toute la fonction publique qu’il faudrait « poser le problème de l’anticipation des conflits ».

Pas un mot pour dénoncer des négociations envisagées entreprise par entreprise, qui permettront de mettre quelques entraves supplémentaires au droit de grève. Ni le fait qu’en saucissonnant ainsi les accords, cela rendra plus difficile aux travailleurs de les combattre ensemble.

Si les syndicalistes veulent des négociations, Sarkozy va leur en donner : outre celles relancées avec le Medef, trois conférences sociales sont envisagées à la rentrée (sur l’égalité salariale hommes-femmes, l’amélioration des conditions de travail et le pouvoir d’achat). D’autres encore pour 2008 : contrat de travail, « démocratie sociale », retraites...

2008 : la crise du capitalisme et les syndicats, avec les gouvernants, au chevet du malade

La crise financière, bancaire et économique trouve les centrales syndicales tout à fait prêtes à se mobiliser... pour défendre le système. Elles n’auront pas un geste déplacé vis-à-vis des banquier, fiannciers et industriels, ne dénonceront pas les aides massives de l’Etat qui vont se faire aux dépens des travailleurs et des milieux populaires et qui nécessiteront ensuite des coupes sombres dans les effectifs de la fonction publique.

« Je veux rendre hommage aux syndicats, qui ont eu une attitude responsable lors des conflits sociaux récents, même s’ils n’étaient pas d’accord, ce qui est leur rôle » a assuré Sarkozy lors d’un entretien télévisé en Mai 2008, réitérant l’hommage en question à plusieurs reprises ! Cette déclaration d’amour n’est pas que platonique. C’est Sarkozy lui-même qui avait lancé la discussion entre « partenaires sociaux » sur la « représentativité syndicale », afin de « revivifier la démocratie sociale ». Il s’est d’ailleurs réjoui, dans une tribune du Monde du 18 avril intitulée « Pour des syndicats forts », de la conclusion de la discussion par une « position commune »

Par exemple à Continental où les syndicats ont signé un accord sur les 40 heures payés 35 heures soi-disant « pour sauver l’entreprise » et qui n’a pas empêché la fermeture. Il en va de même pour l’accord cautionné également par les syndicats à Arcelor-Mittal. Ce sont les syndicats de Caterpilar qui ont accepté les 600 licenciements, sous prétexte que le patron était passé d’un projet de 600 à 730 licenciements puis de nouveau à 600. Jusqu’à la dernière minute, le syndicat CFTC majoritaire dans l’usine Continental de Claroix se disait « sûr de l’avenir du site » et « faisait confiance à la direction et à Sarkozy ».

La loi d’Août 2008 sur la représentativité des syndicats, vient surtout officialiser un nouveau tournant de la CGT. Dans le détail la loi, rend de plus en plus technique, le fonctionnement des syndicats, leur rôle auprès des salariés, et accroît la dépendance financière et législative auprès de l’Etat.

Dans une interview accordée au Financial Times le 18 avril, le dirigeant CGT (Confédération générale du travail) Jean-Christophe Le Duigou a fait l’éloge de Sarkozy en disant, « Il comprend que nous devons donner une place au dialogue. […] Tout le monde pense que les choses doivent changer. » Sarkozy qui avait reconnu dans un éditorial du Monde le 18 avril que toutes ses réformes avaient été préparées à l’avance avec les syndicats, avait fait leur éloge lors de l’interview télévisée du 24 avril : « Je veux rendre hommage aux syndicats. […] On ne peut pas gouverner un pays sans de forces syndicales responsables. »

Cela se passait au moment où la bourgeoisie française était confrontée à des manifestations répétées de lycéens s’opposant aux suppressions de postes et aux réformes des programmes dans l’Education nationale ; à des travailleurs sans-papiers dans les secteurs de la restauration et du bâtiment réclamant leur régularisation ; à des grèves de travailleurs portuaires dans les principaux ports commerciaux. Dans une série inhabituelle de grèves du secteur privé, les travailleurs de Coca-Cola, des magasins Carrefour, de Virgin Megastore, de la Redoute ont fait grève contre l’inflation et pour des augmentations de salaire, et les travailleurs d’Airbus ont fait grève contre la vente de leurs usines en France et en Allemagne.

Après l’interview télévisée de Sarkozy, dans laquelle il avait annoncé sa détermination à poursuivre ses réformes, les syndicats se sont sentis obligés d’organiser un semblant d’opposition concertée. Mais ils ont compté sur des tactiques bien éprouvées pour diviser le mouvement : appeler régulièrement à des actions d’une journée sur des questions séparées, diviser les manifestations entre les différentes fédérations syndicales, sans cesser en même temps de négocier avec les représentants de l’État.

L’objectif était d’empêcher que les grèves ne se rejoignent et ne puissent perturber l’économie et ne présentent devant la classe ouvrière la possibilité d’une lutte unie contre l’ensemble du programme économique de Sarkozy.

Le 1er mai, 200 000 travailleurs ont défilé dans tout le pays, bien que les syndicats Force ouvrière et la CFTC (Confédération française des travailleurs chrétiens) aient organisé des défilés séparés. Les syndicats avaient prévu pour le 15 mai une manifestation conjointe des travailleurs de la fonction publique contre les suppressions de postes dans l’enseignement et la fonction publique.

Quand le 7 mai, le ministre du Travail Xavier Bertrand a confirmé son projet de faire passer de 40 à 41 années la durée de cotisation ouvrant droit à une retraite complète, les syndicats n’ont pas appelé les autres travailleurs touchés par cette mesure, dont les cheminots, les travailleurs du transport aérien, de l’énergie, de Telecom et de la poste, à rejoindre l’action du 15 mai, mais ont plutôt appelé à une journée d’action séparée le 22 mai. Durant la manifestation du 15 mai, plus de 300 000 personnes ont défilé et un million de travailleurs ont fait grève ; cela a été suivi par la manifestation pour les droits à la retraite le 22 mai où 700 000 personnes ont défilé dans tout le pays.

Le jour suivant, les syndicats signaient un accord sur le « dialogue social » et les conditions d’emploi dans le service public. En signant un accord que les grèves des travailleurs du secteur public avaient pour but d’empêcher, les syndicats ont, dans les faits, torpillé la mobilisation des travailleurs du secteur public. Le 24 mai, une manifestation contre les suppressions d’emplois dans l’éducation n’a réuni que 7000 personnes à Paris.

Au moment des grèves croissantes des marins-pêcheurs les 26 et 27 mai sur la question du prix des carburants, les syndicats ont décidé de ne pas appeler à d’autres grèves contre les suppressions de postes dans l’éducation, au motif qu’il était nécessaire de laisser lycéens et enseignants travailler pour les examens de fin d’année. Une déclaration commune des syndicats de l’éducation des différentes confédérations syndicales déclarait qu’elles « renvoyaient la question d’une suite à leur mouvement après les vacances d’été ». Le 10 juin, la mobilisation des fonctionnaires et des cheminots contre les suppressions de postes, la réforme des retraites et la réforme du fret à la SNCF a eu lieu alors que se déroulaient des grèves de travailleurs dans les ports commerciaux stratégiques contre la privatisation, ainsi que des grèves de pêcheurs, de transporteurs routiers et d’ambulanciers et fermiers contre la hausse des prix du gazole. Mais les syndicats n’ont aucunement cherché à organiser une grève plus large du secteur des transports contre la privatisation et la hausse du prix des carburants.

Le 11 juin, les syndicats ont signé un accord sur « seize points de convergence » avec le ministre de l’Education nationale Xavier Darcos, torpillant la relance du mouvement des lycéens après les grandes vacances ce qu’ils avaient faussement suggéré être en train d’envisager le 27 mai. Les 12 et 13 juin, le parlement votait des lois de réforme et de déréglementation du marché du travail, la précédente ayant été signée par les syndicats en janvier. Ces actes montrent de plus en plus clairement aux travailleurs que les syndicats ne s’opposent pas sérieusement au gouvernement, lequel n’a aucune intention de céder devant des grèves isolées.

La manifestation du 17 juin pour les droits de retraite et contre le démantèlement de la semaine de 35 heures, démantèlement auquel les syndicats eux-mêmes avaient participé dans une « position commune » avec les organisations patronales en avril, a rassemblé 500 000 travailleurs dans tout le pays. Des manifestants interviewés par le WSWS remettaient en question les motifs des syndicats et l’utilité des luttes qu’ils menaient. Après la manifestation, le dirigeant de la CFDT (Confédération française démocratique du travail) François Chérèque a expliqué « Nous voulons reprendre le dialogue » avec les employeurs, tandis que le dirigeant de la CGT Bernard Thibault suggérait une autre mobilisation, mais étrangement proposait de la remettre à après les grandes vacances, soit en octobre.

Le discrédit des syndicats est source de grande inquiétude pour le gouvernement de Sarkozy qui craint de perdre sa méthode la plus efficace pour briser l’opposition de la classe ouvrière.

Le tournant de la CGT en 2008

2008-2009 : la grève des sans-papiers de Viry-Chatillon

2009

La grève générale en Guadeloupe

Le début de la grève générale en Guadeloupe à la télé

Alors que la Guadeloupe est déjà en grève générale depuis 9 jours, les syndicats organisent une journée d’action le 29 janvier mais ne font aucun lien avec la situation qui monte Outremer. Plus tard, Bernard Thibaut expliquera que cela n’a rien à voir et qu’il n’est pas question d’appeler à la grève générale en France ....

La lutte sociale en janvier 2009

« Le Monde » écrivait en janvier 2009 : « A l’Elysée comme au Parti socialiste, dans les syndicats comme dans les milieux patronaux, tout le monde redoute une explosion du chaudron social. »

Quelle perspective s’ouvrait en février 2009 ?

Nouvel Observateur de mars 2009 : Le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault ne croit pas à une contagion de la situation antillaise en métropole car elle "n’est pas comparable", selon lui. Les conflits sociaux qui touchent l’outremer ne sont pas transposables en métropole, car la situation n’est pas comparable, estime le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault dans un entretien au Parisien publié mardi 10 mars. "Le conflit n’est pas transposable", affirme Bernard Thibault. "La situation n’est pas comparable. Les Antilles sont gangrenées par un taux de chômage de 20%, les prix y sont deux ou trois fois plus élevés et les salaires de 15% inférieurs à ceux de la métropole", explique-t-il. Concernant la journée d’action du 19 mars, Bernard Thibault, faisant référence au succès du 29 janvier, "attend au moins autant de personnes que la dernière fois" dans la rue. »

Et en mars 2009 ? Qui a refusé de donner une suite à la journée nationale d’action du 19 mars 2009 ? Tous les appareils syndicaux unis en l’occurrence !

La grève à Continental contre les licenciements

De janvier à juin 2009, se déroule le mouvement des enseignants-chercheurs dans lequel les syndicats sont restés en marge sans être capables ni de le diriger, ni de l’arrêter, ni de s’en désolidariser ouvertement....

La grève à Toyota en avril 2009

Le journal économique les Echos du 10 avril 2009 titre : "L’exécutif cherche à associer les syndicats à la gestion de la crise". "François Fillon revient sur le paritarisme mais aussi « la consolidation de la place de la représentation du personnel dans l’entreprise ». Il reprend également le sujet de la « gouvernance des entreprises », avec une « meilleure association des représentants des salariés en amont des opérations de restructuration et à la stratégie économique ».

Le premier mai 2009, de nombreux travailleurs étaient dans la rue mais on ne pouvait remarquer que la suite des journées de grève était une journée fériée ! Pour faire reculer l’Etat et les patrons, ce n’était pas exactement à la mesure ... Thibaut affirmait qu’il n’est pas possible de demander aux travailleurs de faire grève générale vu qu’ils ont de grosses difficultés financières… !

Juin 2009 : une fin en queue de poisson

La suite n’allait pas être plus brillante ! Le 13 juin 2009, l’éteignoir syndical des promenades étalées dans le temps avait fini de produire ses effets. Alain Minc, proche conseiller de Nicolas Sarkozy déclare dans "Le Parisien Dimanche" : "Je constate que ce printemps 2009, leur (des syndicats) sens de l’intérêt général a été impressionnant pour canaliser le mécontentement. L’automne a été d’un calme absolu. Je dis : chapeau bas, les syndicats !"

Avec l’été 2009, se multiplient les mouvements localisés où les salariés d’une entreprise luttent seuls face à un patron qui licencie. Le cas est fréquent chez les sous-traitants de l’Automobile. Les salariés en colère bloquent leur patron ou leurs cadres dirigeants.

La lutte des New Fabris, le film

On remarquera dans ce film qu’avant même la décision de l’AG, le dirigeant (pourtant catalogué radical) du syndicat a décidé que la grève est finie....

Les syndicats ont refusé de tenter de centraliser les luttes contre les licenciements du privé sans parler de les lier à celles contre les suppressions d’emplois du public. Du coup, les entreprises du type Continental, Caterpillar et autres se retrouvent dos au mur, les salariés étant contraints d’accepter d’être jetés à la rue contre une petite somme (toute petite) et les syndicats locaux criant victoire…

Quelle politique patronale face aux luttes radicales contre les licenciements ?

Août 2009 : la grève en Martinique et à Tahiti

Les mêmes syndicats, moins FO et la CFTC, ont appelé à une nouvelle « journée d’action interprofessionnelle » le 7 octobre, « pour le travail décent ». Pour compléter, les bureaucraties syndicales, depuis la rentrée, ont multiplié des initiatives dispersées pour « éviter que les expressions de radicalité fassent tâche d’huile » : à partir du 1er octobre, un mouvement limité aux travailleurs immigrés sans papiers (les syndicats ne s’adressent pas à leurs collègues de travail qui ont la nationalité française ou des titres de séjour) ; une journée d’action limitée aux « entreprises qui licencient », le 17 septembre, au Palais Brongniart (qui n’héberge plus la Bourse de Paris depuis… 1980) ; à la Poste, le 22 septembre et le 24 novembre ; aux hôpitaux le 30 septembre, le 20 octobre et le 15 décembre ; à la SNCF, le 20 octobre ; à l’Éducation nationale, le 24 novembre ; à la fonction publique territoriale, le 18 novembre ; au Pôle Emploi, le 20 octobre, etc.

Au lieu de défendre le service public de La Poste par une lutte ou une grève, il a été mis en place une comédie en octobre 2009, c’est la "voation citoyenne".

Le 2 novembre 2009, la collaboration de classe battait son plein et l’entente entre les dirigeants syndicaux et Sarkozy. Ce dernier installait un « comité organisateur des états généraux pour une politique industrielle » présidé par un patron de Sanofi-Aventis, comprenant Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, des représentants du patronat français, des parlementaires UMP, PS… La défense de « l’industrie française » désigne comme ennemi commun l’étranger (inclus les travailleurs des autres pays), elle débouche fatalement sur des concessions des producteurs aux exploiteurs (pour assurer l’avenir des entreprises nationales).

Du côté des sans-papiers, on assiste de la part de la CGT à la récupération de la lutte des sans-papiers, au travers de grèves des sans-papiers et de constitution de dossiers, pour obtenir en accord avec Sarkozy à une reconnaissance de la CGT comme seul interlocuteur chargé par les préfectures de filtrer les dossiers suivant des critères inférieurs à ceux en vigueur dans les préfectures jusque là. Il en découle une occupation de la Bourse du Travail de Paris par des sans-papiers rejetés par la CGT, elle-même achevée par une intervention musclée du service d’ordre le CGT.

La CGT a en effet mené une politique dans cette grève qui démolit le rapport de force qui avait été construit à partir de la lutte des Saint-Bernard. Il collabore avec le pouvoir et nous ramène au "cas par cas" rejeté définitivement par le mouvement des sans-papiers !

2010

La CGT de Renault qui ne signait traditionnellement que rarement les accords avec le patron, qui avait refusé de signer le Contrat Social de Crise, plan d’austérité prévoyant notamment du chômage partiel et couvrant d’autres licenciements chez les sous-traitants et précaires, n’avait pas été signé par la CGT en 2009. Ce syndicat le signe en 2010 ! Et, pour faire bonne mesure, il ne vote pas contre les fermetures de sites de Renault : CTR (Rueil), Robinson, Boulogne. La plupart des autres syndicats ont voté contre : un comble !

En 2010, les journées d’action de 2009 étalées continuent mais, quel progrès !, elles sont sectorisées… Les ports et docks sont appelés à la grève le 4 janvier, la Guadeloupe le 9 janvier, l’aviation civile les 13 et 14 janvier, la fonction publique le 21 janvier, les infirmières et personnels de santé le 26 janvier, France Télévision le 28 janvier, l’Education le 30 janvier. Lorsque, par hasard, les hospitaliers étaient appelés en même temps que les enseignants, les confédérations leur ont donné des rendez-vous différents pour manifester !

Mobilisation pour les retraites en 2010 ?

Voilà ce que nous écrivions au début du mouvement :

Les syndicats nous appellent à une journée nationale et de manifestations le 23 mars 2010. Cela serait bien entendu indispensable et important vu l’ampleur des attaques qui menacent nos retraites. Le gouvernement vide les caisses, amplifie les suppressions d’emplois en supprimant des emplois dans le public et en organisant les suppressions d’emplois des prestataires de l’Automobile par exemple. Il prévoit, soi-disant pour renflouer les caisses, d’imposer des retraites sous-payées, des cotisations salariales en hausse et une retraite à 60, 61 ans ou plus… Mais, le texte même des appels syndicaux en dit long sur leur absence de combativité sur le fond. Au lieu d’écrire tout simplement : pas touche aux régimes de retraites, ils écrivent : « pas de réforme sans un débat national ». Mais on sait que ces fameuses « réformes » sont des destructions ! Pas besoin d’en débattre ! Ou encore, ils écrivent « Reconnaissance de la pénibilité d’abord ». Pas d’accord ! Ne commençons pas par édicter des exceptions mais la règle : 60 ans pour tous sans aucune réduction de pension ! Et qu’on ne nous refasse pas le coup des retraites de 2003….

Avec la soi-disant grève générale des raffineries de fin février 2010, on assiste à une de raffinerie...dans la tactique pour renouveler le jeu patron/Etat/syndicat qui commençait à s’user.

Pour en dire plus, il faut rentrer dans bien des détails scabreux...

Les travailleurs de cette raffinerie sont véritablement pris en otage, leur site menacé leur dit-on de fermeture puis on leur dit non puis oui, puis pas tout de suite puis pas avant cinq ans, puis toutes les raffineries sont menacées, puis le gouvernement affirme qu’aucune ne l’est, puis le dirigeant de Total, nullement indépendant du pouvoir, déclare qu’il verra, qu’il tentera de sauver des emplois, de proposer des alternatives, puis, puis, ...

Visiblement déjà tout ce petit monde joue un jeu. Lequel ? Ils veulent provoquer une lutte ou quoi ?

Puis la lutte démarre. Ou du moins ce qui est présenté comme tel.

Contre qui lutte-on devrait-on demander dans chaque lutte. Et ici plus que jamais !

Total, c’est la même chose que le gouvernement et ils ne disent jamais la même chose tout en faisant semblant de se concerter. Vous avez dit bizarre...

Les syndicats jouent un autre jeu, tout aussi compliqué. ils appellent une raffinerie, tout Total, toutes les raffineries, plus aucune, de nouveau Total, de nouveau plus aucune, finalement la seule paraît-il menacée. Oulala ! ça donne mal à la tête aux concernés, aux grévistes, aux non-grévistes qui ne savent pas si on les appelle encore ou non...

Quelle impression cherche-t-on à donner ? Que les syndicats ont mené une lutte alors qu’il y avait arrangement dès le départ, cela y ressemble bien.

Généraliser les luttes n’entre pas dans la stratégie de ces centrales. Quand elles font semblant, c’est assez désordonné et peu convaincant.

Et Sarkozy n’est-il pas en train de remercier ces syndicats en leur donnant le droit de se présenter comme une direction radicale.

Dans tout cela, il semble bien que personne ne se soucie du vrai problème : les menaces qui pèsent sur les salariés menacés de licenciements !!!!

Pour finir, la CGT annonce que la grève générale des raffineries est finie avant d’avoir commencé, sans consulter ni les sections syndicales, ni les travailleurs, sans que les travailleurs de la raffinerie en question n’aient obtenu de réelles garanties, sans rien... Chapeau bas, la CGT : pour les raffineries dans les manipulations, c’est fort...

a CGT a estimé, mardi 23 février, que les conditions d’une suspension de la grève dans le groupe Total, qui dure depuis mercredi dernier, étaient réunies. "La CGT considère que des avancées significatives obtenues par la mobilisation des salariés crée les conditions d’une suspension", a déclaré à la presse Charles Foulard, coordinateur de la CGT pour le groupe Total. De même, FO appelle à la suspension du mouvement, a indiqué son négociateur, Claude Maghue. La direction et les syndicats, après neuf heures de négociations, sont arrivés à un "relevé de conclusions" qui "sera soumis à la signature des organisations syndicales".

Et le 11 mars, on peut lire dans Le Figaro :

"La CGT du groupe Total a indiqué jeudi qu’elle ne reprendrait pas d’éventuelle grève en soutien aux salariés de la raffinerie de Dunkerque (Nord) avant le jugement d’un recours du comité central d’entreprise (CCE) contre sa fermeture. Le dépôt de ce recours est "en cours" et la CGT espère une décision de justice "dans une quinzaine de jours", a déclaré à l’AFP Charles Foulard, coordinateur CGT pour le groupe.

"Nous poursuivons la suspension du mouvement de grève nationale jusqu’au jugement en référé, qui sera un point d’appui", a-t-il indiqué, après une grève très suivie d’une semaine fin février qui avait menacé les approvisionnements des stations-services.

La CGT de la branche pétrole a déjà appelé à la grève les salariés des 13 raffineries françaises (dont 6 possédées par Total) le 15 avril, date d’une table ronde nationale sur l’avenir du raffinage en France. Selon Sud, majoritaire à la raffinerie de Dunkerque, cet appel n’était "pas l’urgence" alors que les salariés de l’établissement sont en grève depuis deux mois, mais le syndicat a dit vouloir être "constructif" avec la CGT, majoritaire dans le groupe pétrolier. "

En somme, trahison des salariés sur toute la ligne...

Mouvement des retraites de 2010

23 mars

L’intersyndicale (qui regroupe presque la totalité des syndicats français, des plus ouvertement ’collaborationnistes’ avec le gouvernement aux prétendus ’radicaux’) appelle à une première Journée d’Action.

800 0001 manifestants descendent dans la rue. L’atmosphère est plutôt atone, la résignation domine. Il faut dire que la réforme des retraites est préparée depuis de longs mois, et même de longues années. Les politiques, les médias, les "spécialistes" en tous genres n’ont eu en effet de cesse de répéter que cette réforme était indispensable, incontournable, qu’il en allait de la survie même du "régime par répartition" et de "l’équilibre budgétaire national". D’ailleurs le mot d’ordre des syndicats n’est pas "retrait de l’attaque sur les retraites" mais "aménagement de la réforme". Ils appellent à se battre pour "plus de négociations" Etat-Syndicats et pour une réforme "plus juste, plus humaine".

Bref, tous, Etat, Patrons, Syndicats, affirment que ce sacrifice est "une nécessité salutaire". Face à ce rouleau compresseur, le mécontentement est grand, mais les têtes basses.

26 mai

Rebelote. On prend les mêmes et on recommence. L’intersyndicale appelle à une seconde Journée d’Action selon les mêmes modalités et mots d’ordre.

Il y a une très légère hausse des participants (1 million) mais l’atmosphère est toujours marquée par le manque d’espoir.

24 juin 2010

Les syndicats pensent porter l’estocade, le coup de grâce… au mouvement. Une troisième Journée d’Action est programmée. Compte tenu de l’ambiance relativement morose des deux précédentes, cette journée de veille de vacances doit être une sorte de "manifestation enterrement". La mécanique est bien huilée : une Journée d’Action de même ampleur que les précédentes signifierait que "l’affaire est pliée". Avec les deux mois de congés d’été qui suivent, le but est de faire perdre toute miette d’espoir sur un quelconque possible développement de la lutte. Les syndicats avaient même déjà, certainement, préparés leur discours : "Nous avons essayé, mais la combativité n’est pas suffisamment présente dans les rangs ouvriers". Découragement garanti !

Cette technique a déjà été éprouvée maintes fois par le passé, souvent avec réussite. Mais… patatras… le jour-dit, le 24 juin, 2 millions de travailleurs, de chômeurs, de précaires descendent dans la rue !

Au-delà de la massivité, l’ambiance, elle aussi, change : la colère, le ras-le-bol sont grandissants. Depuis l’accélération de la crise en 2008, la pauvreté et l’injustice ne cessent de croître. Cette réforme des retraites devient le symbole de cette dégradation brutale des conditions de vie.

Juillet-Août

La Journée d’Action du 24 juin a regonflé le moral du prolétariat. L’idée qu’une lutte d’ampleur est possible gagne du terrain. Les syndicats sentent évidemment eux aussi le vent tourner, ils savent que la question "Comment lutter ?" trotte dans les têtes. Ils décident donc d’occuper immédiatement le terrain et les esprits, il n’est pas question pour eux que les prolétaires se mettent à penser et à agir par eux-mêmes, en dehors de leur contrôle. Ils annoncent donc dés le lendemain du 24 juin une nouvelle Journée d’Action pour la rentrée (le 7 septembre).

Pour être bien sûrs d’endiguer la "réflexion autonome", ils vont jusqu’à faire passer des avions au-dessus des plages tirant des banderoles publicitaires appelant à la manifestation du 7 septembre !

Mais un autre événement, un fait-divers, vient durant l’été alimenter la colère ouvrière : « l’affaire Woerth » (il s’agit d’une connivence entre les hommes politiques actuellement au pouvoir et l’une des plus riches héritières du capital français, Madame Betancourt, patronne de l’Oréal, sur fond de fraudes fiscales et d’arrangements illégaux en tous genres). Or, Eric Woerth n’est autre que le ministre chargé de la réforme des retraites. Le sentiment d’injustice est total : la classe ouvrière doit se serrer la ceinture pendant que les riches et les puissants mènent "leurs petites affaires".

7 septembre

Cette Journée d’Action s’annonce d’emblée comme très suivie. Pourtant, c’est la première fois qu’une manifestation est organisée si tôt dans l’année scolaire. Avant même le 7 septembre, devant l’ampleur de la grogne dans les rangs des prolétaires, les syndicats promettent d’organiser sans attendre une nouvelle manifestation un samedi pour que "tout le monde puisse participer".

Le 7 septembre : 2,7 millions de manifestants. La coupure de l’été n’y aura donc rien fait, la rentrée s’annonce chaude et part sur les mêmes bases qu’elle a fini. Des appels à la grève reconductible commencent à fleurir.

Face à l’ampleur de la grogne et à la massivité de la mobilisation, l’intersyndicale réagit immédiatement :elle annule, mine de rien, la manifestation du samedi, écarte la possibilité d’une grève reconductible et annonce dans la foulée une nouvelle Journée d’Action pour dans… 15 jours (le 23 septembre) ! Il s’agit de casser la dynamique, de temporiser. Ce "sens de la responsabilité" de l’intersyndicale sera d’ailleurs salué par les plus hauts représentants de l’Etat français.

23 septembre

3 millions de manifestants dans les rues ! Le mouvement enfle donc encore. Pour la première fois, les cortèges hésitent à se disperser. Plus exactement, dans de nombreuses villes, quelques dizaines de personnes par-ci, quelques centaines par-là, restent discuter à la fin de la manifestation. Des tracts d’interprofessionnelles commencent à appeler à la prise en main des luttes par les ouvriers eux-mêmes2. Dans quelques villes, la CNT AIT organise des Assemblées Populaires pour "libérer la parole" (le CCI se joindra ensuite à cette excellente initiative). A partir de ce moment, ces assemblées de rue auront un succès certain, parvenant à regrouper chaque semaine plusieurs dizaines de participants, notamment à Toulouse3.

Cette volonté de s’auto-organiser exprimée par des minorités révèlent que l’ensemble de la classe commence à se poser des questions sur la stratégie syndicale, sans oser tirer encore toutes les conséquences de leurs doutes et questionnements. 2 octobre

Première manifestation organisée un samedi. Il n’y a pas d’évolution réelle du nombre de participants. Seulement, au sein de ces 3 millions de manifestants, se retrouvent côte à côte, avec les "coutumiers du pavé", des familles et des travailleurs du privé ne pouvant habituellement se mettre en grève.

Plusieurs tentatives d’organiser des Assemblées de rue en fin de manifestation échouent :

*

A Paris, un tract est distribué par l’interprofessionnelle Turbin (du nom de son mail, turbin@riseup.net) appelant à se rassembler sous ses banderoles ("La meilleure retraite, c’est l’attaque" et "Prenons nos luttes en main"), sous un kiosque, au point d’arrivée du cortège. Preuve que cette information a bien circulé, au point de rendez-vous seront effectivement présents des dizaines… de policiers (avec une caméra !). Faute d’endroit adapté pour mener une discussion, l’assemblée ne peut se tenir. Le cortège de l’interprofessionnelle décide alors de continuer la manifestation. Une cinquantaine de personnes repartent et agrègent sous leurs banderoles, en une heure, près de 300 personnes. *

A Tours, le comité "Pour l’Extension des luttes" appelle par tracts à "garder la rue". *

A Lyon, quelques dizaines de manifestants expriment le souhait de ne pas se quitter immédiatement, de rester là pour discuter, en assemblée de rue, et réfléchir collectivement à comment poursuivre et développer le mouvement. Ce sont les sonos de la CGT (principal syndicat français) qui seront finalement fatales à cette initiative, le bruit assourdissant empêchant tout réel débat.

Ces tentatives avortées révèlent à la fois l’effort de notre classe à prendre SES luttes en main et les difficultés encore présentes dans la période actuelle (principalement le manque de confiance en eux-mêmes qui inhibe les exploités).

Par contre, à Toulouse, les assemblées populaires continuent à se tenir. L’initiative prend même de l’ampleur puisque la CNT-AIT et le CCI, à la fin de la manifestation, plantent une banderole sur le lieu d’arrivée, sur laquelle on peut lire « SALARIES, CHÔMEURS, ETUDIANTS, RETRAITES, PRENONS NOS LUTTES EN MAINS ! », et organisent dessous une assemblée de rue. Ce débat regroupe quelques dizaines de personnes.

12 octobre

Cette nouvelle Journée d’Action rassemble 3,5 millions de personnes en lutte ! Record battu !

Plus important encore, l’atmosphère est relativement effervescente. Les Assemblées Générales interprofessionnelles commencent à se multiplier, on peut en compter plusieurs dizaines dans toute la France. Elles regroupent chaque fois entre 100 et 200 participants. La politique de l’intersyndicale y est de plus en plus ouvertement critiquée, de nombreux tracts de ces interprofessionnelle affirment même qu’elle nous mène volontairement à la défaite4. Preuve de cette dynamique, à Toulouse, en plus des Assemblées Populaires organisées par la CNT AIT (et, dans une moindre mesure, le CCI), un appel est lancé pour organiser une assemblée de rue tous les jours devant la Bourse du Travail à 18 heures [elle continue à se réunir encore aujourd’hui, 20 octobre] et à lancer des appels par tracts.

La grève reconductible est finalement décidée par la majorité des syndicats. Compte tenu de ce marathon (le mouvement a commencé il y a 7 mois !) et des nombreux jours de grève posés par les travailleurs lors des Journées d’Action à répétition, cette grève reconductible arrive très tard. Les salaires des ouvriers sont déjà largement amputés. C’est en tout cas le calcul que font les syndicats. Et pourtant, ce mouvement, lui aussi, sera relativement bien suivi.

Chez les cheminots et les enseignants de la région parisienne, de nombreuses AG syndicales sont organisées. La division et le sabotage confinent d’ailleurs ici au ridicule. A la SNCF, les AG syndicales sont organisées par catégories (les roulants d’un côté, les contrôleurs de l’autre, les administratifs dans un autre coin encore) ; dans certains hôpitaux, chaque étage à sa propre AG ! De plus, elles ne sont absolument pas souveraines. Par exemple, Gare de l’Est, à Paris, alors que la reconduction de la grève doit être votée jeudi 14 au matin, les permanents syndicaux la vote entre eux la vielle, le mercredi. Cette stratégie a un double effet :

*

elle vide de son intérêt l’AG, les personnels ne s’y rendent donc pas puisque tout est déjà décidée ; *

elle permet aux médias de présenter les votes de la reconduction de la grève comme le fruit d’une extrême minorité, ceci dans le but de rendre le mouvement impopulaire.

D’ailleurs, les syndicats tirent là sur leur plus grosse ficelle : paralyser les transports (à partir du 12 octobre, de nombreux trains ne circulent plus et le blocage des raffineries fait planer la menace de la pénurie d’essence) pour créer des tensions au sein de la classe ouvrière et dresser ceux qui veulent (doivent) aller travailler contre les grévistes.

16 octobre

Second samedi de manifestation. Une nouvelle fois, près de 3 millions de personnes se retrouvent à battre le pavé.

Le fait nouveau vient du côté de la jeunesse : les lycéens, entrés à leur tour dans la lutte quelques jours plus tôt, pointent le bout de leur nez au sein des cortèges.

Le lundi suivant, près de 1000 établissements sont bloqués et de nombreuses manifestations lycéennes spontanées voient le jour. L’UNL, principal syndicat lycéen (et non étudiant), qui a lancé ce mouvement, avoue lui-même être dépassé par l’ampleur de la mobilisation.

L’Etat exploite la présence de quelques jeunes casseurs dans les rangs lycéens pour réprimer très violemment certains "bloqueurs" et jeunes manifestants (un enfant de 17 ans a failli perdre un œil à la suite d’un tir de Flash-Ball à Montreuil, en banlieue parisienne). Les forces de l’ordre attisent d’ailleurs elles-mêmes la colère par de véritables "provocations policières". Le but est clair : faire dégénérer le mouvement en le faisant plonger dans la violence aveugle et l’affrontement stérile aux flics. Par-là même, l’Etat cherche à tout prix à rendre la lutte impopulaire, à faire peur aux jeunes, à leurs parents et à toute la classe ouvrière.

18 octobre.

Les étudiants, qui avaient été au cœur du mouvement victorieux contre le CPE en 2006, semblent commencer à rentrer dans la danse. Quelques facultés (à Paris, Toulouse et Rennes notamment) annoncent leur blocage, mais cela demeure pour l’instant relativement minoritaire.

19 octobre.

La menace du blocage des raffineries, qui planait depuis le 12 octobre, est effectivement mise à exécution. En général, sans même de décision en AG, les troupes de la CGT paralysent les sites, sous l’ordre de leur syndicat. Très vite, l’essence manque dans de très nombreuses stations (entre 1000 et 2000 selon les estimations).

La mobilisation croît aussi à la SNCF, de plus en plus de trains sont annulés.

Malgré cette paralysie des transports, le mouvement ne devient pas impopulaire. Même les médias, habituellement si doués pour passer à l’antenne des micro-trottoirs bidons où les "usagers" crient toute leur haine d’être coincés sans train dans une gare, doivent avouer cette fois que ces mêmes "usagers" sont solidaires du mouvement, qu’ils prennent leur "mal en patience" et qu’ils soutiennent pleinement les grévistes car "ils se battent pour tout le monde". Certaines AG syndicales et quelques interprofessionnelles décident même de soutenir les bloqueurs des raffineries (qui subissent de nombreux assauts, parfois brutaux, de la police pour "libérer les raffineries", "rétablir l’ordre" et "stopper les voyous" (dixit le Président de la République, Nicolas Sarkozy) en allant physiquement épauler les piquets.

Résultat, malgré la pénurie d’essence et le manque de trains, malgré les intimidations et la répression, 3,5 millions de manifestants sont encore et toujours dans la rue le 19 octobre. Cela montre la profondeur de la colère qui gronde dans les rangs ouvriers !

Face à l’ampleur de cette nouvelle mobilisation, l’Etat resserre encore un peu plus l’étau de la matraque et du Flash-Ball. En particulier, à Lyon, un déploiement massif de flics attend l’arrivée du cortège de manifestants. Véritable défi, ces agents attisent volontairement la haine chez les jeunes. Une poignée cède à cette provocation. La répression s’abat alors dans un déchaînement de violence, les flics tapant sur tout ce qui bouge : jeunes à "l’allure de casseurs" (des jeunes beurres à casquette quoi), ou jeunes tout court, mais aussi sur des têtes grises (le cortège de Sud aurait fait les frais de ce matraquage en règle). L’Etat a certainement senti qu’il avait été trop loin ce coup ci car certains ministres lancent des "appels au calme" (dirigés à leurs propres troupes en réalité). La manifestation parisienne s’est déroulée ensuite "sans heurts", comme l’a fortement souligné la presse).

Pour résumer, le mouvement se développe comme une lame de fond depuis 7 mois. La colère est immense. Les revendications contre la réforme des retraites tendent à passer au second plan : les médias reconnaissent que le mouvement se "politisent". C’est toute la misère, la précarité, l’exploitation, etc. qui sont ouvertement rejetées. La solidarité entre les différents secteurs, aussi, s’accroît. Mais, pour l’instant, la classe ouvrière ne parvient pas à prendre réellement en mains SES luttes. Elle le souhaite de plus en plus, elle s’y essaye de-ci de-là par des tentatives minoritaires, elle se méfie de façon croissante de l’intersyndicale, mais elle ne parvient pas encore réellement à s’organiser collectivement à travers des Assemblées Générales autonomes et souveraines, et donc en dehors des syndicats. C’est pourtant de telles AG qui avaient constituées le cœur du mouvement contre le CPE en 2006 et qui lui avaient donné sa force. La classe ouvrière semble encore manqué de confiance en elle. Le déroulement à venir de la lutte va nous dire si elle va parvenir à dépasser cette difficulté cette fois-ci. Ce sera sinon pour la prochaine fois ! Le présent est riche de promesses pour l’avenir des luttes. CCI

1 Tous les chiffres de participation sont ceux donnés par l’intersyndicale. Entre les chiffres syndicaux et ceux de la police, il y a parfois un écart de 1 à 10 ! Les médias parlent d’ailleurs de "guerre des chiffres". Cette gué-guerre permet de faire croire à une opposition radicale entre les syndicats et l’Etat (alors qu’ils ne font que jouer d’un instrument différent au sein du même orchestre et au service de la même partition) et brouille les pistes. Personne ne sait vraiment combien de personnes participent aux manifestations. Nous avons toujours retenu les chiffres de l’intersyndicale, qui sont certainement tout de même les plus proches de la réalité, car cela permet de dégager les tendances, savoir si cela diminue ou augmente.

2 Des exemples de ces tracts sont publiés sur notre forum, sous le fil "Prenons nos luttes en main" (http://fr.internationalism.org/foru...).

3 Voici, par exemple, l’un de ces appels à ces Assemblées populaires : "Cette rentrée est marquée par les manifestations massives attisées par la réforme des retraites. C’est par centaines de milliers que nous participons à ces rassemblements organisés par les syndicats. Combien y vont sans fatalisme ? Combien ne rentrent pas chez eux frustrés ? Les expériences passées ont amplement montré que ces journées d’action à répétition ne sont rien d’autre que de stériles promenades. Si nous ne réagissons pas, si nous ne prenons pas la parole pour décider ensemble de comment faire pour mener et développer notre lutte, l’ensemble des attaques contre nos conditions de vie - dont celle sur les retraites - nous seront imposées, et d’autres suivront. C’est pour cela que nous invitons à venir débattre pour briser l’atomisation à laquelle nous sommes contraints. Que se passe t-il lorsque ceux, forcés au silence et à l’isolement, s’assemblent et se mettent à parler ? Faut-il encore attendre le « bon contexte » ou une permission pour cela ? Retrouvons-nous le lundi 11 octobre à 13h sur les marches extérieures de l’Arche pour débattre, ensemble et maintenant, des façons de mener et de développer une réponse. Enrayons la dispersion ! Profitons de ce moment pour créer un réel lieu de discussion fraternel, ouvert à tous !."

4 Lire notamment le tract "ADRESSE A TOUS LES TRAVAILLEURS" signé "Des travailleurs et précaires de l’AG interpro de la Gare de l’Est" (disponible sur notre forum : http://fr.internationalism.org/foru...). Ce tract affirme par exemple : "Laisser les Chérèque (CFDT), Thibault (CGT) et Cie décider à notre place, c’est se préparer à de nouvelles défaites" et "La forme que le mouvement prendra est notre affaire. C’est à nous tous de le construire sur nos lieux de travail avec des comités de grève, dans nos quartiers au travers d’Assemblées Générales souveraines. Ils doivent réunir le plus largement possible la population travailleuse, coordonnés à l’échelon nationale avec des délégués élus et révocable. C’est à nous de décider des moyens d’actions, des revendications… Et à personne d’autre." CCI

Bilan du mouvement des retraites 2010

La suite de la "mobilisation" syndicale de 2010

Pourquoi les actions syndicales ne peuvent pas faire céder le gouvernement

La pire des erreurs serait de croire que devant une attaque en règle, les directions syndicales finiront pas se décider à véritablement riposter. On ne peut pas confier notre sort à ceux qui acceptent de négocier des reculs sociaux. Pour riposter, il faudra reconstruire les liens d’un secteur à l’autre, en commençant par inviter dans toute entreprise en lutte les salariés des entreprises voisines pour reconstruire les AG interprofessionnelles comme en 1995. Ensuite, il va nous falloir bâtir un réseau de comités de lutte. C’est la première tâche des militants conscients de la classe ouvrière. Sans ces comités à la base, se fédérant, élisant des délégués, les travailleurs se retrouveraient démunis si la lutte prend de l’ampleur. En cette période de crise du système capitaliste, nous ne pouvons faire confiance à ceux qui sont liés au système, à ces dirigeants réformistes qui ont laissé se détruire les retraites et la sécu, qui croient au système capitaliste et nous ont conseillé de croire à des promesses patronales ou gouvernementales. Avec la crise, les travailleurs ont besoin de peser politiquement et socialement pour entraîner non seulement tous les secteurs de la classe ouvrière, mais aussi de nombreux secteurs de la petite bourgeoisie la moins aisée qui seront également frappés. Travailleurs, soyons à la tête de la révolte des paysans, des pêcheurs, des petits artisans. Pour cela, une seule solution : que les travailleurs, organisés dans des comités à l’échelle du pays, affirment leurs propres perspectives pour toute la société. C’est cela l’avenir !

Quelles perspectives pour les luttes ?

Dans le monde, une classe en lutte

Certaines trahisons historiques montrent que, même lors d’une lutte de classe de grande ampleur, les syndicats prennent politiquement le parti de la bourgeoisie, menant Lula ou Lech Walesa au pouvoir ou encore le leader des mineurs sud-africains à devenir milliardaire. La direction du syndicat NUM, le syndicat des mineurs, qui avait organisé la fin de la lutte contre l’apartheid en accord avec les patrons des trutss, a été bien payé de ses efforts : 1,5 milliard de francs… investis dans une holding du trust minier Anglo American. Son ancien secrétaire général, Cyril Ramaphosa, devenu milliardaire, résuma bien le singulier destin de ces chefs syndicalistes : « Voilà les syndicats qui se mettent aux affaires pour leur propre compte. (…) Je n’ai aucun scrupule moral à m’engager dans cette voie nouvelle, parce que j’y travaillerai avec des camarades et que nous nous conformerons à certains principes. Inutile de nous voiler la face : ce faisant, nous allons bien sûr nous enrichir. Mais en même temps, nous dirons que nos syndicats aussi doivent pouvoir s’enrichir. Bientôt le NUM nagera dans les millions. »

Une classe ouvrière mondiale qui se bat à l’échelle internationale contre les bourgeoisies, les maffias, les gouvernants mais aussi... les appareils syndicaux

Chronologie des luttes ouvrières dans le monde (en anglais)

Dans le monde, une classe en lutte

La politique des syndicats américains


QUELQUES EXTRAITS SUR LE SYNDICALISME ET LA LUTTE DE CLASSES

Trotsky en 1940, dans « Les syndicats à l’époque de la décadence impérialiste », écrivait que « les syndicats ne peuvent pas rester plus longtemps politiquement neutres, c’est-à-dire se limiter à la défense des intérêts journaliers de la classe ouvrière. Ils ne peuvent pas être plus longtemps anarchistes, c’est-à-dire ignorer l’influence décisive de l’Etat sur la vie des peuples et des classes. Ils ne peuvent pas être plus longtemps réformistes, parce que les conditions objectives ne permettent plus de réformes sérieuses et durables. Les syndicats de notre époque peuvent ou bien servir comme instruments secondaires du capitalisme impérialiste, pour subordonner et discipliner les travailleurs et empêcher la révolution, ou bien au contraire devenir les instruments du mouvement révolutionnaire du prolétariat. »

Lénine exposait aux travailleurs : "Qu’est-ce que la lutte des classes ? Quand les ouvriers d’une seule usine ou d’une profession particulière engagent la lutte contre leur patron ou contre leurs patrons respectifs, est-ce là lutte de classes ? Non, ce n’en sont que de faibles débuts. La lutte d’ouvriers ne devient lutte de classes qu’au moment où tous les représentants les plus avancés de la classe ouvrière du pays prennent conscience de former une classe ouvrière unie et où ils commencent à mener une lutte, non pas chacun contre son patron à lui, mais contre la classe capitaliste tout entière et contre le gouvernement qui la soutient. Ce n’est qu’au moment où chaque ouvrier prend conscience de faire partie de toute la classe laborieuse et qu’il considère sa lutte quotidienne contre un patron, contre un fonctionnaire de l’Etat comme la lutte contre toute la bourgeoisie et contre le gouvernement tout entier, ce n’est qu’à ce moment que sa lutte devient lutte de classes."

Trotsky : lettre à Monatte sur le syndicalisme "pur" :

"Il est clair que l’influence du Parti communiste de manière générale, y compris dans les syndicats, se développera au fur et à mesure que la situation deviendra plus révolutionnaire. Ces conditions permettent une appréciation du degré et de la forme de la véritable autonomie des syndicats, l’autonomie réelle et non métaphysique. En période de “paix”, quand les formes les plus militantes d’action syndicale sont des grèves économiques isolées, le rôle direct du parti dans les syndicats reste au second plan. En règle générale, le parti n’intervient pas dans chaque grève isolée. Il aide le syndicat à décider si la grève est opportune, par son information politique et économique et par son conseil. Il sert la grève par son agitation, etc. Le premier rôle dans la grève revient naturellement au syndicat. La situation change radicalement quand le mouvement s’élève au niveau de la grève générale et de la lutte directe pour le pouvoir. Dans ces conditions, le rôle dirigeant du parti devient immédiatement direct et ouvert. Les syndicats — naturellement pas ceux qui passent de l’autre côté des barricades — deviennent les appareils de l’organisation du parti qui prend le devant comme dirigeant la révolution, en portant la pleine responsabilité devant la classe ouvrière toute entière. Dans ce domaine, pour tout ce qui se situe entre la grève économique locale et l’insurrection révolutionnaire de classe, on trouve toutes les formes possibles de relations réciproques entre le parti et les syndicats, les degrés variables de leadership direct et immédiat, etc. Mais en toutes circonstances, le parti cherche à gagner le leadership général en comptant sur la vraie autonomie des syndicats qui, en tant qu’organisations — cela va sans dire — ne sont pas “soumises” à lui.

Il y a quelques années (trente ans), l’organisation Lutte Ouvrière – bien différente de ce qu’elle est aujourd’hui - écrivait dans un texte intitulé « Les révolutionnaires dans les luttes revendicatives » : « Nous luttons bien sûr pour la révolution. Mais, à l’époque actuelle, les révolutionnaires ont surtout l’occasion de connaître des luttes de bien moindre envergure. Ce n’est pas nous qui choisissons la forme ni les objectifs des luttes des travailleurs (…) mais il ne faut pas perdre de vue que nous participons à ces luttes avec comme objectif d’élever la conscience des travailleurs. (…) Mais, à travers de ces mouvements, petits et grands, qui sont des moments privilégiés où les travailleurs sont réceptifs aux idées et où leur conscience peut progresser d’un bond, nous voulons leur apprendre, grâce à nos interventions, à diriger eux-mêmes leurs luttes, à les prendre en mains dans les moindres détails. (…) Et, pour nous, il est préférable et de loin que des travailleurs aient appris à s’organiser et à diriger démocratiquement leurs mouvements même s’ils n’ont rien obtenu, plutôt qu’obtenir une bricole, tout en restant spectateurs, en laissant aux militants syndicaux le soin de s’occuper de tout. (…) Journées d’action nationales, régionales, locales et par branche : souvent les syndicats lancent des actions pour le communiqué, et elles son sans lendemain. (…) Dès qu’un mouvement devient un peu plus profond qu’une simple protestation, qu’une simple demande, nous devons alors nous poser le problème de la mise en place d’une organisation et d’une direction démocratique de la grève : ce que l’on appelle le comité de grève. Cela nous devons le proposer systématiquement, même si les syndicats ont une attitude correcte dans la grève, même si c’est eux qui l’ont déclenchée, et même si c’est nous-mêmes qui dirigeons la grève dès le début grâce à nos responsabilités syndicales. Ce comité de grève, nous devons le proposer, même si les travailleurs n’en voient pas au premier abord la nécessité. Et ce comité de grève n’a rien à voir avec un comité inter-syndical auquel on adjoint quelques travailleurs, qui sont là en tant qu’assistants ou spectateurs plutôt que représentants des grévistes. Le comité de grève, c’est le groupe de travailleurs, syndiqués ou non syndiqués, ayant des responsabilités syndicales ou non, élu par l’ensemble des travailleurs en grève, syndiqués ou non, avec le mandat précis d’organiser et de diriger la grève. Tout d’abord, nous sommes, en tant que révolutionnaires, pour que ce soit les travailleurs qui dirigent la société. Alors cela doit commencer en donnant les moyens aux travailleurs de prendre directement la direction de leurs grèves, quelque soit par ailleurs l’influence des organisations syndicales dans les entreprises. En dirigeant leurs grèves à travers des comités de grève, les travailleurs ayant à résoudre les problèmes quotidiens du mouvement (propagande, occupation des locaux, animation et même certaines tâches de gestion, par exemple la nourriture des grévistes, les problèmes de financement, etc), ils font l’apprentissage qui leur servira à l’avenir. Des comités de grève pour l’apprentissage du pouvoir ouvrier : nous sommes pour la démocratie ouvrière, c’est pour nous une conception fondamentale qui nous différencie de tous les autres syndicats et partis de gauche. Des comités de grève pour la démocratie : les syndicats étant minoritaires dans la classe ouvrière, ils ne peuvent pas prétendre représenter les travailleurs lorsqu’ils sont en lutte. (…) Des comités de grève pour l’efficacité du mouvement : il s’agit de placer le mouvement sous le contrôle de tous les travailleurs et non pas sous le contrôle des bureaucraties syndicales. Avec le comité de grève, si au cours de la lutte, les travailleurs entrent en contradiction avec les syndicats, ils disposent alors d’un instrument, d’une direction, pour la poursuite de la lutte, au lieu de devoir s’incliner devant les diktats des bureaucrates et de terminer leur mouvement non seulement battus, mais déçus et démoralisés de se sentir impuissants, même de décider de leurs propres actions. (…) Ce que nous cherchons dans un comité de grève, c’est qu’il soit le plus représentatif possible des travailleurs en lutte. C’est pourquoi nous sommes pour que les travailleurs qui le composent soient élus directement par leurs camarades de travail. Le comité de grève doit être sous le contrôle des travailleurs et, pour cela, rendre compte, le plus souvent possible, de son activité devant l’assemblée générale des grévistes. Bien évidemment, le comité de grève a pour rôle de préparer par ses délibérations, ce qu’il propose et comment il le propose en ce qui concerne la poursuite du mouvement à l’assemblée générale des grévistes. Mais il est en tout cas nécessaire que tous les grands problèmes engageant la grève (revendications, négociations, tactique, actions diverses, reprise) soit décidée par les travailleurs en assemblée générale. (…) Les révolutionnaires doivent tenter d’influencer le comité de grève, mais en veillant à ce que celui-ci n’apparaisse pas comme un appendice de notre organisation politique. Le comité de grève doit rester un organe représentant les travailleurs en lutte et ouvert à tous. » signé Lutte Ouvrière – il y a quelques temps ….

Quelle politique des travailleurs révolutionnaires face à celle des centrales syndicales ?

Soixante ans de lutte de classes en France

Quelques thèses sur la question syndicale

La grève Renault en 1947

Les retraites et la manifestation du 7 septembre 2010

Le syndicalisme est-il soluble dans le capitalisme ?

Les syndicats français qui se moquaient volontiers du syndicalisme de cogestion avec les patrons à l’allemande, du syndicat-parti ultra-réformiste et respectable à l’anglaise ou du syndicat-trust à l’américaine, ont très bien su trouver la voie française de l’intégration au système. On les voit en effet de plus en plus gérer les conflits à la manière non conflictuelle mais consensuelle au risque de se contenter d’envoyer les luttes dans des voies de garage. On se souvient par exemple de la fin de conflit de la SNCM où la CGT avait édité des bulletins de vote pour la reprise du travail en accord avec la direction, bulletins sur lesquels on votait soit pour la reprise et le maintien de l’entreprise soit pour la continuation de la grève et le démantèlement de l’entreprise. Le syndicat corse qui avait joué en faveur de la lutte et se retrouve aujourd’hui en procès n’avait reçu aucun soutien des confédérations. Et ce n’est qu’un exemple parmi de multiples cas du type de l’entreprise Périer, où la CGT avait fait pression sur sa section locale pour qu’elle accepte un chantage patronal.

Il ne s’agit pas ici de faire semblant de découvrir que les syndicats sont réformistes. Cela ne date pas d’hier. Par contre, aujourd’hui, il n’y a plus aucune base au réformisme. C’est les contre-réformes, les remises en cause et les reculs qui sont signés par des syndicats fanatiques de l’accord. En cela, la CGT a rejoint les autres syndicats, et les a parfois dépassés même, dans sa course à la signature d’accords. Et on voit que le bilan n’en est nullement une amélioration de la situation des travailleurs. Quand on mesure le niveau de stress, la détérioration des conditions de travail, d’emploi et de salaires, il est clair que ces accords n’ont fait qu’engluer les organisations syndicales sans nullement changer en positif le sort des travailleurs. Bien entendu aussi, nous ne découvrons pas que les syndicats n’ont plus rien de révolutionnaire depuis belle lurette. Non seulement, ils ne visent plus au socialisme comme le proclamait l’ancienne CGT, non seulement ils ne veulent nullement renverser le système, pas plus qu’ils ne souhaitaient le faire en 36 ou en 68, mais, même dans des conflits n’engageant pas le pouvoir de la bourgeoisie, ils détournent les luttes, les divisent, les noient avec des stratégies multiples.

Un autre bilan des syndicats est à souligner : la part des cotisations des travailleurs dans la gestion syndicale devient de plus en plus minime et n’est même plus nécessaire au fonctionnement syndical. En effet, Etat et patrons des grands trusts mettent la main à la poche, sans même qu’il y ait besoin de détournements comme par le syndicat patronal UIMM de la Métallurgie, pour financer les confédérations. Ils s’ingénient à faire participer par tous les moyens possibles les directions syndicales à toutes les discussions, négociations, quitte à les multiplier et à amener tout l’appareil syndical à se retrouver sans cesse en réunion avec des cadres du patronat et de l’Etat.

Il n’y a jamais eu autant de délégués dans les entreprises, car il y en a même dans les plus petites, mais il n’y en a jamais eu aussi peu qui vont dans les ateliers et les bureaux à la rencontre des salariés. Il n’y a jamais eu aussi peu de réunions de salariés organisées par les syndicats et il n’y en a jamais eu autant organisées par les patrons et l’encadrement. Cela signifie que l’organisation des travailleurs n’est pas même en baisse mais est au niveau zéro. Les syndicats n’organisent plus du tout les travailleurs du rang. Tout au plus réunissent-ils de temps en temps leurs délégués pendant les heures de travail. Les réunions de syndiqués sont chose rare. Dans les cas d’exception où des syndiqués réclament quelques réunions de syndiqués de temps en temps, l’appareil freine des quatre fers. ce ne sont pas les syndiqués qui écrivent les tracts ni prennent véritablement les décisions sur les choix du syndicat. le plus souvent des signatures ont lieu sans même que les syndiqués soient contactés et décident. Cela au niveau de l’entreprise. Au niveau juste supérieur au site, il n’est plus du tout question que les syndiqués décident dans la plupart des cas. Pour la stratégie dans les luttes - quelles actions, quelles revendications, quels moyens et objectifs de l’action -, il n’est pas du tout question pour les organisations syndicales que les travailleurs concernés les décident et même pas les syndiqués.

La seule conclusion possible, c’est que les travailleurs doivent prendre des décisions sans se laisser dicter leurs choix par les appareils syndicaux. Cela nécessite que les travailleurs s’organisent à tous les niveaux, pour toutes les actions - des plus importantes aux plus modestes - et sous toutes les formes possibles : du comité de travailleurs d’un secteur au comité de grève national, élu et révocable, en vue d’une protestation comme en vue de la grève générale et plus loin si possible en vue que les travailleurs dictent leur loi dans une société dont le système est profondément en crise. Il fut un temps où le syndicalisme se disait école du socialisme. Aujourd’hui, il faut que l’auto-organisation soit cette école. Ce n’est pas une simple possibilité pour éviter que les luttes aillent dans le fossé. C’est carrément vital pour que toute la société n’aille dans le fossé d’un monde capitaliste en perdition.

QUELLES PERSPECTIVES ?

Les grands mouvements de la classe ouvrière en France, 1936, 1953 (fonction publique), 1963 (mineurs), 1968 et 1995, malgré une volonté autonome de classe, sont restés sous la direction des appareils syndicaux. Du coup, la mobilisation des travailleurs et surtout l’avancée dans la conscience des travailleurs ont été dévoyés vers un arrangement avec l’Etat et la bourgeoisie par les appareils des centrales syndicales. Alors que ces organisations organisent, font militer, recueillent l’adhésion d’un nombre de plus en plus restreint de travailleurs, elles ont un poids croissant au sein des structures de la bourgeoisie et de l’Etat, de l’entreprise à la direction des institutions sociales et des hauts conseils de l’Etat.

Bien des travailleurs ont conscience que les directions syndicales ne dirigent pas les luttes en fonction des seuls intérêts de la classe ouvrière. Ils en accusent souvent la division, les intérêts de boutique ou la politisation des syndicats. Ou encore ils incriminent tel ou tel dirigeant qu’ils estiment trop timoré et à remplacer.

L’étendue du désastre et de la trahison ne leur apparaît pas car ils n’ont pas une claire conscience de classe et bien des gestes de collaboration de ces syndicats ne les choquent pas de façon claire et immédiate. Que les syndicats se réunissent avec le patron au lendemain même d’un suicide dont ce patron est responsable ne leur semble pas une trahison patente. La négociation est passée dans les mœurs et le fait que les dirigeants syndicaux soient plus souvent en contact avec leurs ennemis qu’avec la classe qu’ils seraient censés défendre ne choque plus grand monde…

Mais la question de fond, ils ne l’abordent pas : quel est le rôle réel de ces appareils syndicaux ? Ce qu’ils font aujourd’hui est-il « normal » ? Cela signifie poser la question : des syndicats qui ne seraient pas révolutionnaires peuvent-ils faire autre chose que de trahir les luttes ouvrières ?

Selon nous, la réponse est non !

Il y a deux camps et la lutte ne permet pas des arrangements entre ces deux camps.

Quand l’adversaire est décidé à en découdre, la réponse ne peut pas être quelques promenades dans les rues, un petit débrayage et une bonne et franche discussion avec patrons et gouvernants pour mieux se comprendre !!!

Cette tactique des appareils syndicaux n’est pas une erreur à corriger mais découle directement de ce que représentent maintenant ces organisations dans la société : un des piliers de l’ordre bourgeois.

Redresser ces organisations est une illusion.

Le seul moyen que les luttes ne soient pas dévoyées ne peut être la taille de la mobilisation. Il ne suffit pas que les travailleurs en lutte soient nombreux et déterminés pour qu’ils débordent les appareils syndicaux. Des grandes mobilisations en France comme dans le monde l’ont bien montré.

Quand la colère est forte, ces appareils peuvent en prendre la tête et même nous étonner par leur audace. Elle peut être d’autant plus grande qu’elle est alors au service de la classe dirigeante pour éviter que les travailleurs ne se dirigent eux-mêmes. N’oublions pas que les réformistes ont dirigé jusqu’aux grèves générales offensives (comme 1936 en France) jusqu’aux révolutions (par exemple 1918 en Allemagne) pour mieux les trahir…

Le seul moyen d’empêcher que la lutte sociale soit canalisée, affaiblie, puis battue, c’est que les travailleurs mettent en place leur propre organisation de la lutte sous forme de comités, dans l’entreprise, inter-entreprise, à l’échelon local, régional, national. Que ces comités élisent des délégués révocables et se fédèrent à tous les niveaux, prennent eux-mêmes les décisions de leur mouvement, de ses buts, de ses modes d’action, de ses revendications.

C’est de là que peut naître le niveau de conscience de classe élevé qui est indispensable face à la crise générale de la domination de la bourgeoisie sur le monde.

A lire sur les comités de travailleurs

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  • Souvenez-vous de la grève des cheminots, à l’automne 2007. Le président Sarkozy décide de réformer les régimes spéciaux de retraite de la SNCF, de la RATP et des électriciens-gaziers. Il veut, en 2012, faire passer de 40 à 41 le nombre d’années de cotisation. La grève éclate à la mi-octobre. Prévue pour 24 heures, elle dure. Le secrétaire général de la CGT ne sait comment arrêter ses troupes. Didier Le Reste, un « dur », responsable de la Fédération CGT des Cheminots, est embêté : il a peur de la concurrence de SUD-Rail. Thibault se rend à l’Elysée, où Sarkozy lui répète qu’il ne cédera pas. Thibault lui dit en substance : « Donnez- moi quatre jours, je vous promets la reprise du travail. » Son entourage doute, mais Sarkozy croit à cet engagement. Thibault propose alors un deal à Xavier Bertrand, ministre du Travail : si les négociations ont lieu entreprise par entreprise, en présence d’un représentant de l’Etat, le mouvement cessera. Marché conclu. Et, après quelques hoquets... le travail reprend effectivement. Le numéro un de la CGT vient d’entrer définitivement dans le clan des réformistes !

    Recherche de compromis

    Autre épisode : à la rentrée 2008, Nicolas Sarkozy reçoit à l’Elysée l’ensemble des syndicats. Il serre longuement la main de Bernard Thibault, lui demande s’il a passé de bonnes vacances. Mais il passe devant François Chérèque comme s’il ne l’avait pas vu. Sarkozy n’a pas du tout apprécié le livre que le leader de la CFDT vient de publier (1). Dans cet ouvrage, Chérèque révèle que le président de la République lui a proposé une amnistie, quelques semaines après le scandale de l’UIMM, Il faudra toute l’habileté de Raymond Soubie pour ramener son patron à de meilleures intentions. Plus récemment, le choix d’Henri Proglio, le président de Veolia, pour remplacer Pierre Gadonneix à la tête d’EDF s’est fait avec l’appui de Bernard Thibault. La CGT émettait des critiques sur les acquisitions internationales de l’électricien.

    Cette propension à réformer la centrale, à chercher des compromis sur les grands sujets, faisait bien partie du mandat de Bernard Thibault quand son prédécesseur Louis Viannet lui passe le relais, en 1999. Mais la stratégie n’allait pas de soi pour cet homme au parcours étonnant. Enfant, le jeune Bernard ne lit pas les journaux. Son père est bûcheron à la Ville de Paris, sa mère élève ses trois enfants. Le week-end, il bricole son Solex. A 16 ans, il entre dans un centre d’apprentissage de la SNCF. Pas rebelle pour un sou. Ce n’est qu’en 1977 qu’il s’encarte à la CGT : un vieux syndicaliste est harcelé par un petit chef, ce qu’il ne supporte pas. Moins de vingt ans plus tard, il portera pendant trois semaines la grève lancée par les cheminots (sauf les cédétistes) contre la... réforme des régimes spéciaux de retraite voulue par Alain Juppé. C’est la grève historique de décembre 1995 qui finit par faire reculer le Premier ministre. Ce pragmatisme est davantage dans les gènes de l’autre grande centrale. « Thibault fait ce que la CFDT a décidé avant lui, et il s’y tient. Et je pense qu’il s’y tiendra, estime Marcel Grignard, secrétaire national de la CFDT. Le problème, c’est l’évolution nécessaire des structures de la CGT. Et ça, je ne sais pas comment il s’y prendra. » Bernard Thibault, lui, est serein. « Aujourd’hui, affirme-t-il, nous sommes dans le vrai. Nous n’avons plus de crise identitaire. » Pourtant, la contestation interne a été bruyante ces derniers temps. Il y a eu Xavier Mathieu, responsable cégétiste de Continental, qui - déçu du faible soutien de la centrale - a traité son secrétaire général de « racaille »... Et aussi Jean-Pierre Delannoy responsable de la CGT Métallurgie du Nord-Pas-de-Calais, opposant de toujours à la ligne réformistes, qui, pour la première fois, se présente à Nantes contre Thibault.

    Pas de quoi affoler le numéro un. « Le syndicalisme à la « Conti » n’est pas le nôtre, explique le secrétaire général. Dans une négociation, notre premier objectif n’est pas d’obtenir la prime de départ la plus importante. » Il reste cependant beaucoup à faire, concède Thibault : « Nous n’avons toujours pas atteint le million d’adhérents E nous faut conquérir les jeunes, leur parler vrai » Autre objectif majeur : favoriser l’unité d’action pour parvenir au « syndicalisme rassemblé ». Depuis quelque temps, on voit souvent Thibault et Chérèque bras dessus, bras dessous. Finies les fâcheries de 2003, quand le numéro un de la CFDT signait seul l’accord sur les retraites de François Fillon, alors ministre du Travail. Les retrouvailles ont été scellées en août 2008, avec l’accord sur la représentativité des organisations syndicales.

    Le congrès de Nantes doit, enfin, s’attaquer à la question des structures de la CGT. Le nombre des dirigeants va être considérablement réduit. Ce qui signera le départ de piliers historiques comme Jean-Christophe Le Duigou, le monsieur « retraites », et Maryse Dumas, la madame « emploi ». Thibault installe la relève avant de passer la main.

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  • Les syndicats ne peuvent pas être plus longtemps réformistes, parce que les conditions objectives ne permettent plus de réformes sérieuses et durables.

    Léon Trotsky

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  • Un exemple de trahison syndicale à Renault : la fermeture du centre CTR de Rueil qui se déroule en pleine complicité syndicale.

    Syndicalisme d’accompagnement

    La CGT a annoncé qu’elle ne prendra pas part au vote sur la fermeture de Rueil. Elle n’est pas contre et serait même pour si cela s’accompagnait d’un « véritable projet social et industriel » ! Est-ce un effet de la mutation de la CGT ?

    La direction déménage. Et nous ?

    La direction ferme plusieurs sites comme Rueil et le présente comme une promotion en inventant pour Guyancourt le doux nom de « Losange ». Et elle espère quoi ? Qu’on va la féliciter ? Qu’on va sourire l’aux anges ?
    Sous le titre « Regrouper les salariés de la Région parisienne », la direction écrit dans Global : « D’ici 2012, les équipes franciliennes de Renault seront regroupées sur cinq sites principaux : Guyancourt, Lardy, Villiers-Saint-Frédéric, Aubevoye et Boulogne. (…) Consciente des préoccupations et des questions que ce regroupement suscite, elle communique régulièrement (…) Elle a interrogé les patrons des différentes directions concernées pour savoir à côté de quelles équipes, il serait judicieux de les installer. » Et quand nous a-t-elle informé où chacun allait atterrir ? Dans ses songes ?
    Elle prétend qu’elle va chercher des solutions, faire des groupes de réflexion, collecter des questions… Et elle affirme « profiter du projet pour améliorer le cadre de vie au travail ». « Améliorer la vie au travail » et « faciliter la vie privée » en nous envoyant tous les jours sur les routes à Aubevoye, Lardy ou Villiers saint Frédéric ? Avec en plus un risque sur l’emploi qu’il ne faut pas minimiser en cette période de crise ! Qu’on parte ou pas de Rueil, ça dépendra de notre détermination !

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  • L’auto-organisation de toutes les luttes dans une même coordination qui regroupe les délégués de comités de grève élus est le meilleur moyen de gagner, et c’est la seule façon de ne pas être trahis !

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  • Un exemple de trahison syndicale :

    Vendredi 27 mars 2009 5 27 /03 /2009 10:54
    Une sortie de crise plus aigre que douce
    Un protocole d’accord a été signé hier après-midi. Le travail devrait donc reprendre dans les usines Amora. Mais sous le papier, les délégués syndicaux dénoncent une véritable trahison... syndicale.
    Il paraît que sortir d’un conflit est toujours plus douloureux et difficile que d’y entrer. La signature du protocole d’accord survenue hier entre l’intersyndicale (FO/CFDT/CGT) d’Amora-Maille et la direction illustre parfaitement cette règle non-écrite.
    Certes, sortie du conflit il y a bien. Certes, l’accord prévoyant, en plus des mesures du Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) déjà acceptées par les représentants du personnel, une indemnité de préjudice de 50 000 € à laquelle s’ajoute une indemnité légale pouvant conduire ce montant à un maximum de 100 000 € va bien entrer en vigueur. Il comprend également le rapatriement d’une ligne de production de vinaigrette de République tchèque à Chevigny et le décalage du 1er juillet au 1er septembre prochain de l’arrêt de l’activité de l’usine d’Appoigny, dans l’Yonne.
    Des traces sociales et humaines
    Mais l’accord ne rendra jamais compte de l’état d’esprit dans lequel les acteurs de cette crise ont vécu les dernières heures qui ont précédé la signature. Si sortie de crise il y a bien, avec, officiellement, une reprise du travail fixée à ce matin, cette semaine de blocage aura laissé des traces, sur les plans social et humain.
    Si la confrontation entre une direction et des représentants du personnel reste une composante inévitable de tout conflit social, il est plus étonnant d’entendre ces mêmes représentants du personnel avoir des mots très durs envers… les centrales syndicales.
    Pourtant, le matin, lors de l’assemblée générale des grévistes devant les grilles du site de Chevigny-Saint-Sauveur et l’après-midi, devant l’hôtel Mercure de Dijon où avait eu lieu la signature, le sentiment d’avoir été trahi par des directions syndicales parisiennes coupées du terrain s’exprimait sans ambiguïté.
    Le point limite
    L’accord de sortie de crise n’a en fait été signé que par le représentant de la CFDT, la CGT et FO estimant pour leur part que le compte n’y était pas. Cet accord, signé par une organisation minoritaire dans l’absolu, pourrait faire l’objet d’une contestation par voie de justice. Mais il n’en sera rien : « J’ai évoqué cette possibilité, soulignait Jean-Pierre Cordier, délégué FO chez Amora, et Hervé Laureau, le P-dg d’Amora-Maille, m’a répondu de manière très claire : si nous faisions cela, Unilever aurait décidé de fermer l’usine de Chevigny. C’est dégueulasse, mais je refuse de prendre la responsabilité de mettre en péril l’emploi de 137 autres personnes. »
    Dont acte. Restent les conditions dans lesquelles Bernard Deschamps, délégué syndical central de la CFDT au sein d’Amora-Maille, a été conduit à parapher le document (voir ci-dessous).
    Ces dernières scandalisent les autres représentants du personnel ayant participé aux négociations même si, dans le même temps, Bernard Deschamps et les autres représentants de la CFDT présents hier à l’assemblée générale de Chevigny réaffirmaient que, malgré tout, cet accord représentait une avancée réelle et que de leur point de vue, la responsabilité syndicale consistait également à ne pas prendre le risque de tout perdre, à savoir jusqu’où l’on pouvait aller dans le rapport de force.
    Pour eux, même si, sur la méthode, il y aurait beaucoup à dire (voir ci-dessous), le conflit chez Amora était parvenu à ce point limite. Un sentiment qui n’était pas partagé par les autres composantes de l’intersyndicale. Néanmoins, jusqu’au bout et malgré des différences de perception, la conduite du conflit se sera voulue disciplinée et opposée aux débordements.
    Dans tout conflit - et celui d’Amora ne fait pas exception - il y a les réalités humaines et des contextes globaux qui, pour des raisons parfois obscures, doivent conduire les délégués syndicaux à signer des accords ne faisant pas l’unanimité.
    La réalité humaine, c’était, hier, ce gréviste qui expliquait qu’avec une épouse lourdement handicapée et une maison adaptée dont il avait dû faire l’acquisition, s’il perdait son travail, même avec l’indemnité de 50 000 €, il était mort.
    Entre l’enclume de ces réalités et le double marteau de la direction du groupe Unilever et des orientations voulues par les centrales syndicales, la vie de délégué chez Amora était un peu plus lourde à porter, hier.

    Berty ROBERT

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  • « Le syndicat, dès qu’il a quelque importance, extrait ses dirigeants de l’usine, les soustrayant ainsi au contrôle nécessaire des travailleurs. Et, en général, une fois sorti de l’usine, le dirigeant syndical n’y retourne plus. Ces innombrables dirigeants syndicaux qui ont quitté l’usine se créent peu à peu des intérêts d’abord étrangers, puis opposés à ceux des ouvriers qui les ont élus. Ils aspirent avant tout à la stabilité de leur nouvelle situation, que toute action des travailleurs risque de mettre en péril. On les voit donc intervenir auprès des patrons dès qu’une grève menace d’éclater. »

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  • RAS-LE-BOL DES SYNDICATS TIMORÉS ! Ras-le-bol de ces apparatchiks qui magouillent entre eux, se compromettent, ne défendent plus les intérêts des salariés et méprisent les chômeurs !

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  • Un exemple : la lutte des salariés de Continental contre les licenciements.

    Les dirigeants syndicaux les appellent à reprendre le travail :

    "Il faut que la reprise se fasse, mais pas dans n’importe quelles conditions", avait déclaré devant les salariés Xavier Mathieu, délégué CGT, en pointe dans le mouvement depuis l’annonce de la fermeture d’ici 2010 du site qui emploie 1.120 personnes, la plus importante en France depuis le début de la crise.

    "On va reprendre le travail, mais la lutte continue, elle sera même plus facile, parce qu’on n’aura plus le souci de ne pas être payé", avait-il ajouté.

    "C’est clair qu’il faut reprendre, vos familles ont besoin de cet argent", avait déclaré aux salariés présents Antonio Da Costa, secrétaire CFTC du CE.

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  • Tirant les leçons de l’échec de la révolution espagnole Trotsky dénonce ceux qui font porter la responsabilité à « l’insuffisante maturité des masses » :

    Mais pourquoi des ouvriers, qui montrent un instinct révolutionnaire si sûr, et des aptitudes à ce point supérieures au combat, iraient-ils se soumettre à une direction traître ? objectent nos sages. Nous répondrons qu’il n’y eut pas la moindre trace d’une telle soumission. La ligne de combat suivie par les ouvriers coupait à tout moment sous un certain angle celle de la direction, et, dans les moments les plus critiques, cet angle était de 180 degrés. La direction, alors, directement ou indirectement, aidait à soumettre les ouvriers par la force des armes. […] Comme les libéraux, nos sages admettent tacitement l’axiome selon lequel chaque classe a la direction qu’elle mérite. En réalité, la direction n’est pas du tout le « simple reflet » d’une classe ou le produit de sa propre puissance créatrice. Une direction se constitue au travers des heurts entre les différentes classes ou des frictions entre les différentes couches au sein d’une classe don née. Mais, aussitôt apparue, la direction s’élève inévitablement au des sus de sa classe et risque de ce fait de subir la pression et l’influence d’autres classes. Le prolétariat peut « tolérer » pendant longtemps une direction qui a déjà subi une totale dégénérescence intérieure, mais qui n’a pas eu l’occasion de la manifester au cours de grands événements. Il faut un grand choc historique pour révéler de façon aiguë la contradiction qui existe entre la direction et la classe. Les chocs historiques les plus puissants sont les guerres et les révolutions. C’est précisément pour cette raison que la classe ouvrière se trouve souvent prise au dépourvu par la guerre et la révolution. Mais, même quand l’ancienne direction a révélé sa propre corruption interne, la classe ne peut pas improviser immédiatement une direction nouvelle, surtout si elle n’a pas hérité de la période précédente des cadres révolutionnaires solides capables de mettre à profit l’écroulement du vieux parti dirigeant. L’interprétation marxiste, entre une classe et sa direction, ne laisse pas pierre sur pierre des sophismes légalistes de notre auteur.

    Léon Trotsky, « Classe, parti et direction, Pourquoi le prolétariat espagnol a-t-il été battu ? »

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  • Le vendredi 9 novembre 2007, Bernard Thibault redit, pour la CGT, et pour la ènième fois que seul le "cadre global" de cette réforme des retraites "demeure mauvais", mais il va plus loin et précise, à l’ attention du gouvernement, sa demande : "Il n’y aura pas une majorité d’agents pour accepter qu’une des conséquences de cette réforme soit la perte d’un à deux mois de pension par an pour les futurs retraités" dit il et donne, par la même, à Sarkozy les modalités pour noyer le poisson, diviser, voire stopper un mouvement, dans lequel nombre de grévistes ne demandent pas d’ aménagements comme le propose la CGT, mais que soit au contraire purement et simplement retirée cette réforme.

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  • Libération, jeudi 15 novembre 2007.

    La CGT dans un rôle de composition. Fait rare, c’est la centrale de Montreuil qui a pris l’initiative de la négociation avec un pouvoir de droite.

    Ce qui s’est passé entre la CGT et le gouvernement est une première. Jamais un secrétaire général de la CGT n’avait, comme l’a fait mardi Bernard Thibault, appelé personnellement le ministre du Travail d’un gouvernement de droite pour lui demander un rendez-vous dans la journée, et lui proposer d’ouvrir une négociation en apportant, comme preuve de bonne volonté, une concession importante. « On a été bluffés, reconnaît-t-on dans l’entourage de Xavier Bertrand, tout en regrettant qu’il ne l’ait pas fait quelques jours plus tôt. » La proposition d’une négociation tripartite (Etat, employeurs, syndicats) avait bien été faite dès vendredi. Mais la CGT refusait qu’elle ait lieu entreprise par entreprise, comme le voulait le gouvernement.

    En acceptant que la négociation ait lieu « régime par régime » - c’est-à-dire entreprise par entreprise -, la CGT a donné au gouvernement la preuve que sa proposition était sérieuse. Elle est aussi risquée : les plus durs des militants CGT ne manqueront pas de reprocher à Bernard Thibault d’avoir tendu une perche au gouvernement au lieu de s’en tenir à la stratégie d’opposition frontale qui avait contraint Alain Juppé à renoncer à réformer les régimes spéciaux, en 1995.

    « Recentrage ».

    Hier matin Jean-Christophe Le Duigou, chargé du dossier retraites à la CGT, a précisé sur France Inter la position de la direction confédérale cégétiste : « Nous ne sommes pas par nature des gréviculteurs. N otre boulot, c’est de faire avancer nos revendications. Parfois, il faut faire la grève. Mais notre objectif n’est pas de faire grève pour faire grève, il est de faire avancer certaines revendications, de répondre aux attentes des personnels. » L’ouverture faite au gouvernement est donc un choix stratégique assumé par l’équipe dirigeante de la CGT, celui de renoncer à la posture du « tout ou rien ». Un retour aux fondamentaux de l’action syndicale qui à certains égards rappelle le « recentrage » qu’Edmond Maire avait imposé à la CFDT à la fin dans les années 1970.

    Ce choix répond d’abord à la volonté de la CGT de ne pas abandonner le terrain des salariés du privé. Ceux-ci seraient les premières victimes, en tant qu’usagers, d’une grève longue dans les transports publics, et ils ne comprendraient pas d’avoir à payer - et ceci dans tous les sens du terme - alors qu’ils sont eux-mêmes soumis à la règle des quarante annuités. La CGT n’a aucune envie que la CFDT apparaisse comme le seul syndicat crédible possible dans le secteur privé.

    L’autre raison du retour de la CGT à une logique de négociation qu’elle semblait avoir un peu oubliée tient au rapport de force syndical dans les entreprises concernées par la réforme des régimes spéciaux. Avec 56,5 % des voix à EDF et 58,5 % chez GDF, plus de 40% à la SNCF, 37% à la RATP, la CGT est dans ses terres. A EDF et GDF, la CFDT arrive loin derrière. A la SNCF, la CFDT a été laminée après la réforme Fillon de 2003 et l’Unsa est devancée par Sud. A la RATP, l’Unsa arrive en seconde position, mais derrière, la CFDT pèse moins de 10 % des voix. La CGT est donc obligée d’assumer la négociation, et elle a choisi de le faire.

    « Responsabilités ».

    La proposition de la CGT a donc été faite « en tant qu’organisation syndicale responsable et majoritaire dans ces entreprises », rappelait aussi Jean-Christophe le Duigou. Après avoir perdu la plupart de ses bastions de la métallurgie, elle ne peut pas donc pas se permettre de lancer ses derniers gros bataillons dans un combat à l’issue incertaine. La CGT est d’autant plus obligée de prendre ses responsabilités qu’elle ne peut pas, dans aucune de ces entreprises, adopter une posture jusqu’au-boutiste en comptant sur d’autres pour signer un accord qui sauverait les meubles.

    Reste à convaincre ses troupes de la suivre sur ce terrain. Ce n’est pas gagné d’avance, après plusieurs décennies où la culture politique a primé sur le réalisme syndical. Mais si la CGT réussit sa sortie de grève, elle aura bien avancé sa mue.

    François Wenz-Dumas

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  • Les syndicats, avec 3 millions de personnes dans la rue le 19 mars et 75 % de la population qui soutenait le mouvement social, n’ont , sous prétexte d’unité syndicale, rien fait.

    Les conditions étaient pourtant très favorables pour développer le mouvement et aller vers un rapport de forces en faveur des salariés.

    Les directions syndicales, au contraire , n’ont eu qu’un objectif : dégonfler la colère des travailleurs, localiser les luttes, repousser les randonnées pédestres suivantes au 1er mai et au 13 juin, avec le succès que l’on connaît...

    Il n’est donc pas étonnant que face à la loi sur la mobilité des fonctionnaires, qui remet en cause tout le statut de la fonction publique, l’absence de prise de responsabilité et d’information des directions syndicales ainsi que leur inertie pour éviter tout mouvement de contestation fassent d’elles les alliés les plus fidèles, les plus efficaces et les plus zélés de Sarkozy.

    Il ne s’agit plus d’accompagnement social, mais de collaboration sociale avec le pouvoir. Et ça, c’est trahir l’intérêt des travailleurs !

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  • En avril 2009 :

    Des travailleurs des usines Caterpillar et Continental en lutte pour défendre leurs emplois se sont révoltés la semaine dernière contre les licenciements négociés par les syndicats avec les patrons et le gouvernement.

    Les travailleurs de Caterpillar, confrontés au projet de suppression de 733 emplois dans les deux usines de Grenoble de l’entreprise transnationale de machines de construction et d’engins agricoles ont rejeté la semaine dernière l’accord de compromis de leurs syndicats avec la direction.

    Le 1er avril, leurs dirigeants syndicaux qui avaient retenu pendant une journée quatre cadres dans leur bureau afin d’essayer d’obtenir de meilleures indemnités de licenciement, avaient rédigé un « appel solennel » au président Nicolas Sarkozy pour obtenir des fonds européens et ainsi permettre à l’entreprise de maintenir la production dans les usines de Grenoble.

    Le 19 avril, les représentants syndicaux et la direction de Caterpillar se sont rencontrés comme convenu sous l’égide du ministère de l’Économie à Paris où un protocole de sortie de crise a été signé. Celui-ci prévoit la suppression de 600 postes au printemps. Les 2000 travailleurs restants se voient confrontés à l’intensification de l’exploitation de par l’annualisation du temps de travail en octobre prochain.

    Le jour suivant, les représentants syndicaux de Caterpillar, essentiellement des délégués CGT (Confédération générale du travail, proche du Parti communiste) ont été sifflés lors d’une assemblée générale de 300 grévistes lorsqu’ils leur ont soumis le protocole juste avant une réunion au bureau de la DDTE (Direction de l’emploi) de Grenoble pour en finaliser les détails.

    Le quotidien Libération rapporte que, n’étant pas en mesure de finir leur présentation du protocole, les délégués syndicaux se sont dépêchés de partir pour la DDTE « pour poursuivre la négociation du plan de sauvegarde pour l’emploi... Mais près de 200 salariés mobilisés ont choisi de se rendre ventre à terre à la DDTE pour en interdire l’accès à leurs représentants...A leur arrivée à la DDTE, les représentants du personnel ont dû battre en retraite sous des jets d’œufs, face à un groupe leur criant : “Maintenant, la négociation, c’est dans la boîte que ça se passe, et c’est nous, les salariés, qui décidons !" Avant d’entonner : "Aux armes ! Nous sommes les salariés ! Et nous allons gagner ; Cater’ devra céder !" Un travailleur remonté a dit : "Ils sont allés faire les beaux à Paris, il y a eu des choses négociées qui ne devaient pas l’être. Ils n’avaient pas à signer, on lâchera rien !" »

    Un délégué CGT a prétendu que « Ce protocole n’a pas de valeur légale. On va faire l’AG, discuter avec les salariés, et poursuivre la négociation. On a signé pour la forme, en signe de bonne volonté, mais je peux comprendre que les salariés interprètent ça autrement. » Mais il n’empêche que Caterpillar poursuit en justice le comité syndical pour rupture de l’accord signé.

    Nicolas Benoît, de la CGT qui faisait partie de la délégation syndicale qui s’est rendue à Paris a dit dans une interview au Monde que « coincés avec la direction, plusieurs avocats et un représentant de l’Etat, qui ont fait pression pour que nous signions un protocole de fin de conflit….Nous avons fini par accepter un compromis car il nous fallait revenir avec une signature du directeur. » Cherchant à justifier les concessions marginales obtenues, dont le but évident était d’isoler les travailleurs plus combatifs, Benoît a déclaré : « Autrement, la discussion n’aurait servi à rien. »

    Il a vivement conseillé de faire confiance à l’Etat pour trouver une solution : « Nous souhaitons la tenue d’une réunion tripartite en présence de six représentants du comité de grève, de la direction de Caterpillar et de l’Etat, ainsi que des élus locaux. » Il a ensuite proposé un autre compromis : « Un maximum de 450 suppressions de postes, au lieu des 600 annoncées par la direction, ainsi qu’une annulation pure et simple du projet d’annualisation du temps de travail. »

    Benoît a reconnu que la nécessité de revenir avec une signature du directeur n’avait laissé à la CGT d’autre choix que celui de renoncer aux emplois des travailleurs. Ceci met le doigt sur les problèmes politiques qui confrontent la classe ouvrière. Agissant selon la perspective de collaboration de classes de la bureaucratie syndicale, la réponse de Benoît face au conflit des intérêts de classes consiste à se ranger du côté des patrons. La défense des emplois, de l’industrie et du niveau de vie implique à présent une lutte politique contre non seulement les patrons mais aussi contre les syndicats et pour le contrôle indépendant de l’industrie par les travailleurs.

    Le 21 avril, les travailleurs de l’entreprise allemande de pneumatiques, Continental, de l’usine de Clairoix en Picardie, apprenant que le tribunal les déboutait de leur demande d’annulation de la procédure de fermeture de leur usine entraînant 1 120 licenciements, ont saccagé les bureaux de la sous-préfecture.

    Le 16 mars, des travailleurs de Continental avaient fait irruption dans une réunion du comité central d’entreprise à Reims et bombardé leurs patrons d’oeufs et de chaussures. Suite à cela l’entreprise tient à présent les réunions du comité central de l’entreprise à mille kilomètres de là, dans un hôtel de Nice, avec des consignes de sécurité très strictes.

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  • Les directions syndicales ont laissé s’exprimer la colère pour mieux l’abandonner à elle-même. Le mécontentement longtemps contenu s’est donné libre court quand les directions syndicales se sont senties obligées de lui en donner la possibilité. Mais celles-ci n’ont jamais voulu un affrontement avec le pouvoir. Leur politique n’a jamais été au-delà de laisser s’exprimer le mécontentement, sans tenter de lui offrir la moindre perspective.

    Ceci dit, elles n’ont pas eu à affronter une révolte des travailleurs, une colère contre elles si ce n’est dans quelques cas locaux comme à Caterpillar ou à EDF-GDF. En effet, si une fraction importante des travailleurs semblait favorable à un mouvement d’ensemble, eux-mêmes n’y étaient pas prêts ou n’osaient s’en imaginer les acteurs. Il y a eu une explosion de ras-le-bol massive mais sans perspective politique, et au cœur de cette révolte, les militants les plus combatifs n’ont pas eu la force de faire émerger cette perspective, cette volonté.

    Dans ce contexte, l’enjeu aujourd’hui est d’armer politiquement la combativité nouvelle des travailleurs, en particulier des jeunes qui, jusqu’alors, ne se sont pas posé le problème de la lutte et découvrent brutalement la désaffection des directions des confédérations syndicales.

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  • Le nerf de la guerre devenu celui de la paix sociale

    Les cotisations reversées aux fédérations et aux confédérations par les syndicats représenteraient 30% des recettes ordinaires de la CGC, 37% de celles de la CGT, et 47% de celles de la CFDT. En ajoutant les abonnements à la presse syndicale et autres rentrées annexes, les recettes propres n’atteignent jamais plus de 50% du budget ordinaire. Les ressources financières des organisations syndicales sont donc largement dépendantes du nombre de comités d’entreprise contrôlés et des arrangements avec les administrations et les employeurs.

    Les comités d’entreprise

    Pas moins de 0,2% de la masse salariale est affectée au fonctionnement des CE, et dans certaines entreprises beaucoup plus. Ceux-ci deviennent à leur tour de véritables employeurs. Et si cela leur sert parfois à embaucher certains militants, y compris de ceux qui, sur la liste noire des patrons, auraient du mal à trouver un emploi, il se trouve aussi que parfois leurs salariés ont quelque mal à faire valoir leurs droits.

    Les CE font vivre un certain nombre d’organismes satellites, juridiquement autonomes des syndicats, mais les confédérations auxquelles ils sont liés bénéficient par un biais ou un autre de leurs ressources : organismes de loisirs et vacances (Fédération Sportive -FSGT- ou Tourisme et travail pour la CGT, INVAC pour la CFDT) qui vendent des prestations aux CE, ou encore cabinets d’expertises comptables et économiques auxquels les CE peuvent faire appel.

    Les subventions

    Le reste des ressources syndicales provient des indemnités versées à certains de leurs membres occupant des fonctions officielles et des subventions versées par l’Etat ou les patrons. Les indemnités reversées aux membres des Conseils économiques et sociaux constituent une somme équivalent au tiers du total des cotisations pour la CGT et la CFDT. Par ailleurs, l’Etat verse des subventions au titre de la formation (conseillers prud’homaux, nouvelles technologies ...) à différents instituts de formation, de défense des consommateurs, de loisirs populaires, eux-mêmes plus ou moins émanations des syndicats. Par exemple en 1997, les organisations de formation professionnelle ont versé 17 millions de francs à chaque confédération (à comparer aux 21 millions perçues par la confédération CGT au titre des cotisations). Chaque caisse de retraite complémentaire, de sécurité sociale, chaque mutuelle verse également des subventions pour la « participation à la gestion » des syndicalistes siégeant à leur direction. Enfin dans certaines grandes entreprises, la pratique du chèque syndical a été instauré comme à AXA ou encore celle du financement au prorata des résultats électoraux (accord Casino en 1993 : forfait annuel de 200 000 F à chaque syndicat reconnu, et une part variable de 50 F par suffrage exprimé aux élections de CE).

    De Renault, en 2001, « pour une plus grande transparence du financement » selon la direction elle-même, chaque fédération syndicale de la métallurgie a reçu 600000 F (plus de 90000 euros). Sur certains sites les ressources des syndicats locaux sont assurés à plus de 75% par une subvention patronale intitulée « aide aux élus » qui est versée par le canal du CE.

    Les transferts de fonds du patronat et de l’Etat aux syndicats se font donc pour l’essentiel en toute légalité et transparence. Il s’agit bien sûr pour les généreux donateurs d’intégrer les syndicats au système, de les rendre de plus en plus indépendants des travailleurs, d’en faire un corps officiel de conciliateurs dans les conflits plutôt que les représentants d’un des camps en présence. Evidemment, en théorie, les syndicats pourraient accepter l’argent sans accepter de plier leur attitude aux désirs des capitalistes. Après tout si ceux-là veulent financer des organisations ouvrières, celles-ci n’ont nulle raison en principe de refuser l’argent. En pratique il n’est pas besoin de faire de procès d’intention, il suffit de regarder la réalité de la politique de la plupart des directions syndicales.

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  • Peut-on achever cette chronologie sans parler de la lutte récente des raffineries. Comme bien des salariés, je pense, cela me laisse en goût bizarre... C’est quoi cette manip ?

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    • Manipulation est certainement le mot et de tous les côtés.

      C’est même de la raffinerie... tactique pour renouveler le jeu patron/Etat/syndicat qui commençait à s’user.

      Pour en dire plus, il faut rentrer dans bien des détails scabreux...

      Les travailleurs de cette raffinerie sont véritablement pris en otage, leur site menacé leur dit-on de fermeture puis on leur dit non puis oui, puis pas tout de suite puis pas avant cinq ans, puis toutes les raffineries sont menacées, puis le gouvernement affirme qu’aucune ne l’est, puis le dirigeant de Total, nullement indépendant du pouvoir, déclare qu’il verra, qu’il tentera de sauver des emplois, de proposer des alternatives, puis, puis, ...

      Visiblement déjà tout ce petit monde joue un jeu. Lequel ? Ils veulent provoquer une lutte ou quoi ?

      Puis la lutte démarre. Ou du moins ce qui est présenté comme tel.

      Contre qui lutte-on devrait-on demander dans chaque lutte. Et ici plus que jamais !

      Total, c’est la même chose que le gouvernement et ils ne disent jamais la même chose tout en faisant semblant de se concerter. Vous avez dit bizarre...

      Les syndicats jouent un autre jeu, tout aussi compliqué. ils appellent une raffinerie, tout Total, toutes les raffineries, plus aucune, de nouveau Total, de nouveau plus aucune, finalement la seule paraît-il menacée. Oulala ! ça donne mal à la tête aux concernés, aux grévistes, aux non-grévistes qui ne savent pas si on les appelle encore ou non...

      Quelle impression cherche-t-on à donner ? Que les syndicats ont mené une lutte alors qu’il y avait arrangement dès le départ, cela y ressemble bien.

      Généraliser les luttes n’entre pas dans la stratégie de ces centrales. Quand elles font semblant, c’est assez désordonné et peu convaincant.

      Et Sarkozy n’est-il pas en train de remercier ces syndicats en leur donnant le droit de se présenter comme une direction radicale.

      Dans tout cela, il semble bien que personne ne se soucie du vrai problème : les menaces qui pèsent sur les salariés menacés de licenciements !!!!

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  • "Les éléments vraiment révolutionnaires du syndicalisme français ont senti instinctivement qu’on ne peut conquérir la classe ouvrière dans le mouvement syndical qu’en opposant le point de vue révolutionnaire et les méthodes révolutionnaires au point de vue et aux méthodes des réformistes dans le domaine de l’action de masse, tout en défendant en même temps avec la plus grande énergie l’unité de cette action ."

    Le Bulletin Communiste, 30 mars et 06 avril 1922

    Léon Trotsky

    Le Front Unique et le Communisme en France

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  • Mobilisation pour les retraites en 2010 ?

    Les syndicats nous appellent à une journée nationale et de manifestations le 23 mars 2010. Cela serait bien entendu indispensable et important vu l’ampleur des attaques qui menacent nos retraites. Le gouvernement vide les caisses, amplifie les suppressions d’emplois en supprimant des emplois dans le public et en organisant les suppressions d’emplois des prestataires de l’Automobile par exemple. Il prévoit, soi-disant pour renflouer les caisses, d’imposer des retraites sous-payées, des cotisations salariales en hausse et une retraite à 60, 61 ans ou plus… Mais, le texte même des appels syndicaux en dit long sur leur absence de combativité sur le fond. Au lieu d’écrire tout simplement : pas touche aux régimes de retraites, ils écrivent : « pas de réforme sans un débat national ». Mais on sait que ces fameuses « réformes » sont des destructions ! Pas besoin d’en débattre ! Ou encore, ils écrivent « Reconnaissance de la pénibilité d’abord ». Pas d’accord ! Ne commençons pas par édicter des exceptions mais la règle : 60 ans pour tous sans aucune réduction de pension ! Et qu’on ne nous refasse pas le coup des retraites de 2003….

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  • 1800 postes ont été supprimés en 2009 dans les établissements de santé selon la Fédération Hospitalière de France. Et les CHU annoncent des suppressions d’emplois par milliers jusqu’en 2012. A paris, 1150 postes « doivent disparaître », 650 au moins à Nancy, 800 à Lyon, etc…

    Nicolas Sarkozy a présenté ses vœux à l’hôpital de Saint Jean de Perpignan. Il aurait mieux fait de nous offrir une peau de chagrin.

    Ces attaques ne concernent pas que l’hôpital public mais tous les services publics, de la SNCF à Pôle emploi et de l’enseignement à La Poste. Par exemple, ce sont 19% des effectifs qui doivent être supprimés chez les cheminots. Tous ces secteurs ont été mis dans le rouge par le gouvernement pour justifier les sacrifices : non seulement les hôpitaux mais aussi la SNCF, l’EDF, l’Université, etc…. Et si on se battait tous ensemble au lieu d’être battus séparément ?

    La maternité de L’Arbresle dans le Rhône avait été fermée pour être « regroupée » avec celle d’Ecully, malgré la grande distance. La première conséquence a déjà été catastrophique. Une maman de L’Arbesle a été coincée par la neige et n’a pu se rendre à Ecully et elle a été contrainte d’accoucher dans le centre périnatal. L’accouchement a été un échec et l’enfant est décédé. Pourquoi on laisse ce gouvernement faire reculer gravement la santé de la population ?

    L’attaque contre les maternités hospitalières de l’APHP de Paris se poursuit. Aucun coup d’arrêt aux projets destructeurs n’a été donné malgré beaucoup de déclarations de bonnes intentions de certains politiciens, des médecins et des syndicats. On en est au point où personne ne sait ni ne veut dire ce qui va se passer finalement. L’hôpital Trousseau parle de virer tous les secteurs autres que la maternité. Est-ce un signal de la fin complète des maternités dans les autres hôpitaux parisiens ? A la maternité de Saint-Antoine, par exemple, on est dans le noir complet. Ce qui est certain, c’est que la stratégie des centrales syndicales consistant à faire semblant de montrer sa force pour ensuite discuter gentiment avec la direction mène droit dans le mur !

    Aujourd’hui l’attaque contre l’hôpital public est menée de manière centralisée et la riposte est en ordre dispersé. Ce qui fait qu’après Ambroise Paré, c’est Emile-Roux qui se bat seul. Et, d’un autre côté, on trouve encore l’Hôtel Dieu ou Bichat qui doivent faire face à des menaces. Sans parler d’hôpitaux de province complètement isolés dans leur propre défense !

    C’est des AG inter-hôpitaux, inter-services publics avec La Poste ou la SNCF eux aussi menacés, et même inter-professionnels avec le privé qui seraient nécessaires. Les fermetures et réorganisations, c’est-à-dire la casse de l’hôpital public, et en particulier la situation catastrophique des embauches à l’AP, nécessitent une réaction d’ensemble de grande ampleur. Ce n’est qu’à ce prix qu’on fera reculer le pouvoir !

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  • Début mars 2010, la stratégie des luttes isolées continue avec Philips de Dreux, Ericsson de Caen et Siemens de Saint Chamond, on retrouve des occupations, des séquestrations et des rodomontades du gouvernement avec les syndicats...

    A quand une lutte d’ensemble contre les licenciements et suppressions d’emplois publics comme privés...

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  • Parmi les prévisions avancées au cours de l’automne 2008, alors que la crise financière commençait à se communiquer à « l’économie réelle » et qui ne se sont pas non plus réalisées, il faut compter, en deuxième lieu, l’absence à peu près totale de toute réaction de quelque ampleur de la part des salarié·e·s et des peuples qui allaient être les victimes de la récession, en termes de destruction d’emploi, de montée du chômage, d’austérité salariale, d’inégalités sociales croissantes, etc. En un mot, la crise économique s’est bien transformée en crise sociale, mais pas en crise politique et encore moins en crise révolutionnaire.

    Les raisons en ont été multiples. Le seul fait que la première ait été contenue dans les limites et les formes d’une « simple » récession, fût-elle sévère, a sans doute incité bon nombre d’exploité·e·s et de dominé·e·s à faire le gros dos, en espérant ne pas en être victimes et en attendant de (très) hypothétiques jours meilleurs. De surcroît, la récente et brutale aggravation de la crise économique est intervenue dans un contexte de lente, mais pour l’instant irrésistible, dégradation du rapport de forces dans la lutte des classes, en faveur du Capital et au détriment du Travail, au fil des décennies antérieures d’une crise structurelle du Capital qui est aussi devenue une crise majeure de ce qu’on nommait naguère le mouvement ouvrier. Enfin, là où elle s’est manifestée, comme en France par exemple tout au long de l’hiver et du printemps 2009, la réaction de certains secteurs du salariat n’a pas été à la hauteur de la situation, donnant prise à la tactique syndicale désormais éprouvée d’épuisement et de dévoiement de la combativité par la répétition de stériles « journées de mobilisation » qui consistent en fait à immobiliser autant que possible les travailleurs.

    Une fois de plus, les principales confédérations syndicales, CGT et CFDT en tête, auront parfaitement rempli leur fonction de flancs-gardes du capital.

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  • Quelle st la position des révolutionnaires face au mouvement à Total ?

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    • La grève Total et les révolutionnaires

      La CGT a appelé hier les salariés des raffineries françaises du groupe Total à cesser le travail le 15 avril. Cette date correspond au jour où doit se tenir, sous l’égide du gouvernement, une table ronde sur l’avenir du raffinage dans l’Hexagone. Dénonçant la fermeture de la raffinerie des Flandres, près de Dunkerque, le syndicat appelle les personnels à défendre l’emploi. La CGT réclame « une industrie du raffinage au service des besoins économiques et sociaux du pays et des bassins d’emploi ».

      Lundi, lors d’un Comité Central d’Entreprise au siège du groupe, à la Défense, Total a présenté son projet de fermeture de l’établissement des Flandres, l’une des six raffineries françaises du groupe. S’engeant à ne procéder à aucun licenciement parmi les 370 salariés, la direction souhaite reconvertir le site en dépôt. Un centre de formation aux métiers du raffinage et un centre d’assistance technique aux opérations de raffinage seraient créés sur place, ce qui permettrait de maintenir à Dunkerque 240 postes. En parallèle, Total prévoit de reclasser 80 salariés dans d’autres raffineries et 30 sur d’autres types de structures du groupe en France. Enfin, 20 salariés pourraient bénéficier d’un départ anticipé à la retraite.

      Dénonçant la fermeture de l’établissement des Flandres, les salariés, très mobilisés, avaient paralysé, le mois dernier, les raffineries et dépôts pétroliers du groupe. Mais ils avaient eu affaire aux stratégies des centrales syndicales.

      Dès le début du conflit, la CGT avait chargé des responsables syndicaux centraux de le gérer. Prenant un air ultra-combatif, la centrale avait elle-même lancé le mot d’ordre de grève générale dépassant même le cadre de Total, pour finir par l’arrêter avant même que cette grève aie eu le temps de se développer.

      En même temps, il apparaissait un accord entre Sarkozy et la direction CGT, ce qsi ressortait dans les discours du gouvernement qui trouvait normale la réaction de la CGT. Bizarre, bizarre : un syndicat appelel à la grève générale et menacerait de bloque r l’approvisionnement en essence du pays et le gouvernement de droite soutiendrait le syndicat...

      Manipulation est certainement le mot et de tous les côtés.
      C’est même de la raffinerie... tactique pour renouveler le jeu patron/Etat/syndicat qui commençait à s’user.
      Pour en dire plus, il faut rentrer dans bien des détails scabreux...
      Les travailleurs de cette raffinerie sont véritablement pris en otage, leur site menacé leur dit-on de fermeture puis on leur dit non puis oui, puis pas tout de suite puis pas avant cinq ans, puis toutes les raffineries sont menacées, puis le gouvernement affirme qu’aucune ne l’est, puis le dirigeant de Total, nullement indépendant du pouvoir, déclare qu’il verra, qu’il tentera de sauver des emplois, de proposer des alternatives, puis, puis, ...
      Visiblement déjà tout ce petit monde joue un jeu. Lequel ? Ils veulent provoquer une lutte ou quoi ?
      Puis la lutte démarre. Ou du moins ce qui est présenté comme tel.
      Contre qui lutte-on devrait-on demander dans chaque lutte. Et ici plus que jamais !
      Total, c’est la même chose que le gouvernement et ils ne disent jamais la même chose tout en faisant semblant de se concerter. Vous avez dit bizarre...
      Les syndicats jouent un autre jeu, tout aussi compliqué. ils appellent une raffinerie, tout Total, toutes les raffineries, plus aucune, de nouveau Total, de nouveau plus aucune, finalement la seule paraît-il menacée. Oulala ! ça donne mal à la tête aux concernés, aux grévistes, aux non-grévistes qui ne savent pas si on les appelle encore ou non...
      Pour
      Quelle impression cherche-t-on à donner ? Que les syndicats ont mené une lutte alors qu’il y avait arrangement dès le départ, cela y ressemble bien.
      Généraliser les luttes n’entre pas dans la stratégie de ces centrales. Quand elles font semblant, c’est assez désordonné et peu convaincant.
      Et Sarkozy n’est-il pas en train de remercier ces syndicats en leur donnant le droit de se présenter comme une direction radicale.
      Dans tout cela, il semble bien que personne ne se soucie du vrai problème : les menaces qui pèsent sur les salariés menacés de licenciements !!!!

      Pour finir, la CGT annonce qu’elle a obtenu des choses de Total, grâce à une convocation du PDG par Sarkozy, entrevue secrète mais diffusée à la presse... En fait, tout ce que la CGT a obtenu c’est ….. des réunions de discussion alors qu’il y en avait déjà.

      La Cgt a donc cassé une mobilisation contre des nèfles, contre sa bonne entente avec un gouvernement qui se dit d’accord avec ses revendications !

      Comme si l’Etat français n’avait pas les moyens d’imposer sa politique à Total s’il n’était pas au service de ses trusts et ne jouait pas un jeu démagogique dans cette affaire.

      Et les révolutionnaires là dedans ?

      Vont-ils dénoncer les manœuvres des centrales syndicales ?

      Pas du tout !

      L’éditorial de Lutte Ouvrière soutient à fond les faux appels de Bernard Thibaut. Quand celui-ci les retire, sur le site de LO on trouve une espèce de justification disant qu’on ne sait pas pourquoi mais la Cgt a sûrement ses raisons de retirer son mot d’ordre... Caution complète.

      La fraction de LO, dans et hors du NPA, écrit une phrase qui n’a aucun sens en guise d’explication (« 
      Chez Total, bien sûr, où rien n’est terminé, après que les ouvriers de Dunkerque se sont invités lundi au siège du groupe à la Défense, malgré les gaz lacrymogènes des forces de l’ordre. « 
      )

      et surtout une phrase qui ne dénonce nullement les centrales syndicales.

      Le NPA se dit pour la lutte sans jamais explique ra manœuvre... Qui n’explique pas cautionne !!!!

      ANNEXE

      lutte ouvrière écrit dans son éditorial :

      Vive la lutte des travailleurs de Total !
      Les travailleurs de Total ont répondu de la seule façon juste et appropriée à la décision révoltante du trust pétrolier de fermer l’usine de Dunkerque : par la grève illimitée de toutes les raffineries.
      Total est le groupe industriel le plus riche du pays. Cette année encore, malgré la crise, il a dégagé près de huit milliards de profit. Une fraction modeste de ce profit suffirait à financer le maintien de l’emploi sans diminution de salaire, quitte à répartir le travail entre les différentes raffineries existantes et leurs travailleurs. Mais il n’en est pas question pour la direction de l’entreprise.
      Dans une période de crise et de chômage massif, fermer la raffinerie de Dunkerque, c’est pousser vers la pauvreté ceux qui ont fait marcher l’usine et qui ont contribué à la richesse du trust. Et, aux travailleurs mis à la porte de Total, s’ajoutent ceux des sous-traitants, sans parler de ceux dont les revenus dépendent des dépenses des salariés.
      Les dirigeants de Total comme leurs semblables sont des criminels irresponsables. Et les ministres qui s’agitent mais ne font rien pour contraindre Total à revenir sur son projet apparaissent pour ce qu’ils sont : de tristes pantins chargés de justifier l’injustifiable.
      L’action des travailleurs de Total est plus que légitime, elle est nécessaire. En réagissant non pas au niveau d’une seule usine, celle dont les travailleurs sont directement attaqués, mais au niveau de l’ensemble des raffineries, en mettant en cause l’approvisionnement de l’ensemble des stations-service, ils menacent les actionnaires là où il sont sensibles : au profit.
      La grève ne mobilise pas, pour le moment, l’ensemble des travailleurs du secteur pétrolier. Mais elle montre la voie. C’est en allant jusqu’au bout sur cette voie qu’il est possible d’interdire les licenciements, en empêchant les licencieurs de licencier.
      Il y a de quoi être indigné, révolté, devant la coïncidence, cette semaine, d’annonces de profits énormes dans les banques et dans les grandes entreprises, et de plans de licenciements et de projets de fermeture ou de délocalisation.
      Six milliards de bénéfice pour la seule banque BNP, une des banques responsables de la crise financière ! Huit milliards pour Sanofi ! Près de quatre pour Axa ! Ajouter ces bénéfices les uns aux autres aboutit à des sommes largement suffisantes pour maintenir les emplois et en créer de nouveaux. Mais pas un centime de ces sommes ne sert à cela. Elles sont distribuées aux actionnaires, souvent de grandes sociétés, qui ne les investissent pas mais les placent en opérations spéculatives.
      Cette situation ne peut pas durer. Elle ne durera pas. On ne peut que souhaiter que ceux de Total ou encore ceux d’Ikéa soient les hirondelles qui annoncent un printemps de lutte. Seules des luttes larges et massives feront reculer le grand patronat et le gouvernement.
      Mais il est important que l’indignation qui monte dans le monde du travail et dans les classes populaires s’exprime aussi dans les élections qui viennent. Ce n’est pas que les résultats des régionales changeront les choses sur les questions qui sont vitales pour les travailleurs, comme les licenciements et les bas salaires. Mais il n’y a aucune raison de laisser la campagne électorale ronronner autour de discours de politiciens, sans même que se fasse entendre une voix dissonante venant du monde du travail.
      Les listes Lutte Ouvrière présentes dans ces régionales ne participent en rien à la rivalité entre les partis politiques pour se répartir les directions des régions. Le vote pour les listes Lutte Ouvrière sera interprété comme un cri de colère venant de ceux, salariés, chômeurs, retraités, qui sont victimes de la crise et conscients que ce n’est pas à eux de la payer alors que la responsabilité en incombe totalement aux banquiers, aux grands capitalistes.
      Ce sera aussi un vote en faveur d’objectifs qu’il serait souhaitable de mettre en avant dans les luttes futures. Il faut interdire les licenciements et répartir le travail entre tous sans diminution de salaire. Il faut soumettre au contrôle de la population laborieuse les dirigeants actuels de l’économie, les grands patrons licencieurs et les banquiers irresponsables.
      Alors, exprimez la colère qui monte dans le monde du travail en votant pour les listes Lutte Ouvrière !
      Arlette Laguiller

       
      DECLARATION DU NPA :

      Il y a douze raffineries en France. Les salariés des six raffineries françaises du groupe Total sont en grève depuis mercredi à l’appel de la CGT et de Solidaires. Les salariés de deux raffineries Exxon Mobil à Port-Jérôme-Gravenchon (Seine-Maritime) et Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) ont d’ores et déjà annoncé qu’ils se mettraient en grève mardi. Les autres raffineries appartiennent à Ineos, Petroplus et Lyondell Basell.
      L’enjeu de ce bras de fer est décisif pour tous les travailleurs. Au-delà de l’agitation journalistique sur le risque de pénurie d’essence à l’occasion des congés d’hiver (est-ce bien le rôle du secrétaire général de la CGT d’agiter le chiffon rouge de la pénurie  ?), c’est la possibilité de gagner sur l’emploi qui est aujourd’hui ouverte. Après la quasi-relaxe des Conti, le désaveu de la direction de Philips par la justice, les «  Total  » peuvent faire la preuve qu’il est possible de faire reculer l’un des plus grand groupes internationaux, en sauvant l’emploi.
      Les salariés de Total montrent la voie. À chaque étape des provocations de la direction, ils ont répondu par l’élargissement de la mobilisation. Leur bataille devient nationale et politique. Préparons-nous à tous nous retrouver à leurs côtés.

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      • Le travail avait repris dans les raffineries à l’appel de la Cgt qui était aussi à l’origien de l’appel à la grève générale....

        Les salariés de quatre raffineries Total sur six en France ont voté mercredi la reprise du travail, a-t-on appris de sources syndicales.
        La reprise a été votée à La Mède (raffinerie de Provence, Bouches-du-Rhône), à la mi-journée, puis successivement à Feyzin (Rhône), Donges (Loire-Atlantique) et Grandpuits (Seine-et-Marne), selon des délégués syndicaux CGT, FO et CFDT. Les salariés de la raffinerie des Flandres, près de Dunkerque, restent en grève dans l’attente du comité d’entreprise du 8 mars.

        Bilan :
        dans l’ensemble, les salariés des six raffineries Total ont choisi d’obéir au mot d’ordre de la CGT. Ils ont choisi la reprise du travail.
        La CGT peut être satisfaite.

        La direction de la cgt a cassé un mouvement qui était puissant et bien parti ! Honteux !abandonner ceux de Dunkerque qui avaient lancé le mouvement contre une promesse de table ronde( comme pour les profs ) payement éventuel des jours de grève et une promesse de non fermeture ,lamentable cela sent le coup fourré a un moment ou le gouvernement était en difficulté,il est vrai que sarkozy avait remercié les syndicats pour leur "responsabilité" il va pouvoir le faire encore !On se demande qui est l idiot utile du sarkozysme ?

        En pleine embrouille !
        Effectivement il manque l’outil organisationnel unitaire sous contrôle démocratique direct des travailleurs, qui permette de cesser d’être à la merci de la division et de l’indiscipline des directions syndicales.
        Sans cela, nous n’y arriverons jamais.
        Déjà, la pratique régulière d’assemblées générales décisionnelles est une avancée considérable mais ça ne suffit pas, il faut bien passer à l’organisation unitaire sous contrôle démocratique quand le niveau de mobilisation le permet.
        La situation actuelle est beaucoup plus complexe que n’essaye de le faire croire la bourgeoisie, les médias et, hélas, une partie des directions syndicales.
        Le poison de la division et de la démobilisation qui laisse isolés ceux de la raffinerie des Flandres a été inséminé.
        Nous y verrons mieux demain, mais tous et toutes, nous devons soutenir ces travailleurs, proposer la socialisation de Total, sans indemnités pour les actionnaires, pour mettre l’entreprise sous contrôle des travailleurs.
        Cette histoire n’est pas finie et le recul en trompe l’oeil de la direction ne doit pas faire illusion, ils ferment quand même l’avenir de l’emploi localement, surtout sur la sous-traitance et pour le reste il repasseront les plats à nouveau bientôt.
        Il nous appartient de faire pression sur ce qui reste de la gauche, comme sur l’ensemble de la sphère politicienne, pour leur demander de confisquer Total, de populariser ces idées dans la population afin d’aller vers un grand service public de l’énergie sous contrôle des travailleurs qui serait seul apte à faire une mutation + écologique sans malmener les hommes et les femmes , sans maltraiter les travailleurs.
        Quand les travailleurs de Total résistent et luttent face au géant pétrolier qui a permis à ses actionnaires de manger 4 fois le montant de l’équivalent de la CMUC en 2 ans , il y a également cette question récurrente de la propriété des moyens de production, afin de les mettre au service de la classe populaire.
        Les raffineurs ont donc au moins deux autres raisons de se défendre, la mutation écologique et l’objectif du pouvoir des travailleurs. Rien que l’ombre de l’ombre de la possibilité de la réalité d’exécution de la deuxième raison aiderait singulièrement la direction du groupe pour revenir à des sentiments plus nobles.
        Les syndicats représentatifs n’ont rien obtenu, à part une réunion du CE anticipée au 8 mars. Dans cinq ans ce sera le tour des autres raffineries pour cesser l’activité.
        Plus de productions en France. Plus de savoir faire, plus d’emplois de production... seulement des services et plus de chomage.
        La CGT, encore une fois, demande la reprise du travail, avant consultation du personnel. Alors pourquoi organiser un vote aujourd’hui ?. C’est très efficace pour casser le mouvement. Et c’est assez dégueulasse, honteux.
        Les camarades partenaires sociaux auront droit à un hommage appuyé de leur partenaires de classe au pouvoir politique et financier , pour leur sens des responsabilités. ( maintenant vous êtes des nôtres, vous êtes notre démocratie, enfin nous y sommes...entre nous, gens de pouvoir, gouvernement et opposition rassemblés...)
        IL FAUDRAIT AU MOINS CHOISIR SON CAMP ET Y RESTER. ET SANS TOUT CASSER, RESISTER UN MAXIMUM À CETTE DESTRUCTION DE LA SOCIÉTÉ.
        AU LIEU DE CELA, NOS GENTILS DIRIGEANTS SYNDICAUX, PARTENAIRES SOCIAUX HONTEUX, COLLABORENT AVEC NOS EXPLOITEURS, POUR QUE NOUS RESTIONS TRANQUILLES. À EUX LES COMPROMISSIONS DES TABLES RONDES SANS LA PRESSION DE CES ANGOISSÉS QUI VONT PERDRENT LEUR VIE.
        Ceux qui devraient être nos représentants syndicaux, ont changés de camp. Ils sont devenus des partenaires sociaux de la classe dirigeante qui nous exploite, à leur service.

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        • Effectivement, pour ceux qui auraient cru aux centrales syndicales, il y a trahison, mais il s’agit d’illusions. Jamais ces centrales n’ont organisé une véritable grève générale. Quand il y en vait une, spontanément, ils se sont contentés d’en prendre la tête pour la casser...

          Il y avait de quoi se méfier du mot d’ordre de grève générale lancé par Thibaut soutenu ouvertement par Sarkozy.

          ce dernier s’était mis d’accord avec le leader de la CGt pour un petit cinéma peu dangereux.

          La réponse organisationnelle c’est que les travailleurs organsient des comiéts dans toutes les entreprises, fédèrent ces comités, élisent des représentnats,so’ganisent à l’échelle nationale et décident de leur lutte...

          Léon Trotsky explquait que face à une lutte qui monte il faut mettre en place ces comités malgré les syndicats et les partis qui n’en voudraient pas, se considérant comme concurrencés...

          « La principale conquête de la première vague de grève réside dans le fait que des chefs ouvriers sont apparus dans les ateliers et les usines. (…) La grève a secoué, ranimé, renouvelé dans son ensemble le gigantesque organisme de la classe. (…) L’organisation de combat ne coïnciderait pas avec le parti, même s’il existait en France un parti révolutionnaire de masse, car le mouvement est incomparablement plus large qu’un parti. L’organisation de combat ne peut pas non plus coïncider avec les syndicats, qui n’embrassent qu’une partie insignifiante de la classe et sont soumis à une bureaucratie archi-réactionnaire. La nouvelle organisation doit répondre à la nature du mouvement lui-même, refléter la masse en lutte, exprimer sa volonté la plus arrêtée. Il s’agit d’un gouvernement direct de la classe révolutionnaire. Il n’est pas besoin ici d’inventer des formes nouvelles : il y a des précédents historiques. Les ateliers et les usines élisent leurs députés, qui se réunissent pour élaborer en commun les plans de la lutte et pour la diriger. Il n’y a même pas à inventer de nom pour une telle organisation : ce sont les « soviets de députés ouvriers ». (...) Le mot d’ordre de comités ne peut être abordé que par une véritable organisation révolutionnaire, absolument dévouée aux masses, à leur cause, à leur lutte. Les ouvriers français viennent de montrer de nouveau qu’ils sont dignes de leur réputation historique. Il faut leur faire confiance. Les soviets sont toujours nés des grèves. La grève de masse est l’élément naturel de la révolution prolétarienne. D’atelier en atelier, d’usine en usine, de quartier en quartier, de ville en ville, les comités d’action doivent établir entre eux une liaison étroite, se réunir en conférences par villes, par branches de production, par arrondissements, afin de couronner le tout par un congrès de tous les comités d’action de France. »

          Extraits de Léon Trotsky dans « L’étape décisive » (5 juin 1936)

          Les masses entrent en lutte avec toutes leurs idées, leurs groupements, leurs traditions, leurs organisations. Les partis continuent de vivre et de lutter. Au cours des élections aux comités d’action, chaque parti essaiera naturellement de faire passer les siens. Les comités d’action prendront leurs décisions à la majorité, avec entière liberté pour les partis et les fractions de s’y grouper. Les comités d’action, par rapport aux partis, peuvent être considérés comme des parlements révolutionnaires : les partis ne sont pas exclus, bien au contraire puisqu’ils sont supposés nécessaires ; mais en même temps, ils sont contrôlés dans l’action et les masses apprennent à se libérer de l’influence des partis pourris.

          Cela signifie t il que les comités d’action sont des soviets ? Dans certaines conditions, les comités d’action peuvent devenir des soviets. Il serait néanmoins erroné de désigner de ce nom les comité d’action. Aujourd’hui en effet, en 1935, les masses populaires sont habituées à associer au nom de soviet l’idée du pouvoir déjà conquis. Et nous n’en sommes pas encore près en France. En Russie, les soviets n’ont pas du tout été pendant leurs premiers pas ce qu’ils devaient devenir par la suite, ils ont même souvent, à l’époque, porté le nom modeste de comités ouvriers ou de comités de grève.

          Les comités d’action, dans leur stade actuel, ont pour tâche d’unifier la lutte défensive des masses travailleuses en France, et aussi de leur donner la conscience de leur propre force pour l’offensive à venir. Cela aboutira t il aux soviets véritables ? Cela dépend de la réponse à la question de savoir si l’actuelle situation critique en France se développera ou non jusqu’à sa conclusion révolutionnaire. Or cela ne dépend pas uniquement de la volonté de l’avant garde révolutionnaire, mais aussi de nombre de conditions objectives. En tout cas, le mouvement de masses qui se heurte actuellement à la barrière du Front populaire n’avancera pas sans les comités d’action [5].

          Des tâches telles que la création de la milice ouvrière, l’armement des ouvriers, la préparation de la grève générale, resteront sur le papier si la masse ne s’attelle pas elle même à la lutte, par des organes responsables. Seuls ces comités d’action nés de la lutte peuvent réaliser la véritable milice, comptant non des milliers, mais des dizaines de milliers de combattants. Seuls les comités d’action couvrant les principaux centres du pays pourront choisir le moment de passer à des méthodes de lutte plus décidées, dont la direction leur appartiendra de droit.

          Il découle des considérations exposées plus haut un certain nombre de conclusions pour l’activité politique des révolutionnaires prolétariens en France. La première concerne la prétendue “ gauche révolutionnaire ”. Ce groupe se caractérise par sa totale incompréhension des lois du mouvement des masses. Les centristes ont beau bavarder sur “ les masses ”, c’est toujours sur l’appareil réformiste qu’ils s’orientent. En répétant tels ou tels mots d’ordre révolutionnaires, Marceau Pivert continue à les subordonner au principe abstrait de l’ “ unité organique ”, qui se révèle en fait l’unité avec les patriotes contre les révolutionnaires.

          Au moment où la question de vie ou de mort pour les masses révolutionnaires est de briser la résistance des appareils social-patriotes unis, les centristes de gauche considèrent l’ “ unité ” de ces appareils comme un bien absolu, situé au dessus des intérêts de la lutte révolutionnaire. Ne peut bâtir des comités d’action que celui qui a compris jusqu’au bout la nécessité de libérer les masses de la direction des traîtres des social patriotes. Cependant, Pivert s’accroche à Zyromski, qui s’accroche à Blum, qui, de concert avec Thorez, s’accroche à Herriot, qui s’accroche à Laval. Pivert entre dans le système du Front populaire ce n’est pas pour rien que la “ gauche révolutionnaire ” a voté au dernier conseil national la honteuse résolution de Blum et le Front populaire entre aussi, comme son “ aile ”, dans le régime bonapartiste de Laval. Si la direction du Front populaire (Herriot-Blum-Cachin-Thorez-Zyromski-Pivert) parvient à se maintenir au cours de la proche période décisive, alors le régime bonapartiste cédera inévitablement sa place au fascisme.

          La condition de la victoire du prolétariat est la liquidation de la direction actuelle. Le mot d’ordre de l’ “ unité ” devient, dans ces conditions, non seulement une bêtise, mais un crime. Aucune unité avec les agents de l’impérialisme trançais et de la Société des Nations.

          A leur direction perfide, il faut opposer les comités d’action révolutionnaires. On ne peut construire ces comités qu’en démasquant impitoyablement la politique antirévolutionnaire de la prétendue “, gauche révolutionnaire ”, Marceau Pivert en tête. Des illusions et des doutes à cet égard ne peuvent, bien entendu, avoir place dans nos rangs.

          Je conclurai volontiers ces quelques remarques par des réflexions fondamentales de nos illustres prédécesseurs. Sans religion de la parole du passé, elles me semblent un élément important de la réflexion.

          Léon Trotsky dans Les syndicats dans l’époque de transition :

          “Les sections de la IV° Internationale doivent constamment s’efforcer, non seulement de renouveler l’appareil des syndicats, en proposant hardiment et résolument dans les moments critiques de nouveaux leaders prêts à la lutte à la place des fonctionnaires routiniers et des carriéristes, mais encore de créer, dans tous les cas où c’est possible, des organisations de combat autonomes qui répondent mieux aux tâches de la lutte des masses contre la société bourgeoise, sans même s’arrêter, si c’est nécessaire, devant une rupture ouverte avec l’appareil conservateur des syndicats.(...) Les bureaucrates des syndicats s’opposeront, en règle générale, à la création de comités d’usine, de même qu’ils s’opposeront à tout pas hardi dans la voie de la mobilisation des masses. Il sera, cependant, d’autant plus facile de briser leur opposition que le mouvement aura plus d’ampleur. (...)Cependant, la principale signification des comités est de devenir des états-majors de combat pour les couches ouvrières que le syndicat n’est, en général, pas capable d’atteindre. C’est d’ailleurs précisément de ces couches les plus exploitées que sortiront les détachements les plus dévoués à la révolution. Dès que le comité fait son apparition, il s’établit en fait une DUALITÉ DE POUVOIR dans l’usine. Par son essence même, cette dualité de pouvoir est quelque chose de transitoire, car elle renferme en elle-même deux régimes inconciliables : le régime capitaliste et le régime prolétarien. L’importance principale des comités d’usine consiste précisément en ce qu’ils ouvrent, sinon une période directement révolutionnaire, du moins une période pré-révolutionnaire, entre le régime bourgeois et le régime prolétarien. Que la propagande pour les comités d’usine ne soit ni prématurée ni artificielle, c’est ce que démontrent amplement les vagues d’occupations d’usines qui ont déferlé sur un certain nombre de pays. De nouvelles vagues de ce genre sont inévitables dans un prochain avenir. Il est nécessaire d’ouvrir à temps une campagne en faveur des comités d’usine pour ne pas se trouver pris à l’improviste.”

          « Le mot d’ordre de comités ne peut être abordé que par une véritable organisation révolutionnaire, absolument dévouée aux masses, à leur cause, à leur lutte. Les ouvriers français viennent de montrer de nouveau qu’ils sont dignes de leur réputation historique. Il faut leur faire confiance. Les soviets sont toujours nés des grèves. La grève de masse est l’élément naturel de la révolution prolétarienne. D’atelier en atelier, d’usine en usine, de quartier en quartier, de ville en ville, les comités d’action doivent établir entre eux une liaison étroite, se réunir en conférences par villes, par branches de production, par arrondissements, afin de couronner le tout par un congrès de tous les comités d’action de France. » Extraits de Léon Trotsky dans « L’étape décisive » (5 juin 1936)

          "Une des erreurs les plus grandes et les plus dangereuses que commettent les communistes (comme, d’ailleurs, les révolutionnaires en général qui ont mené à bien le début d’une grande révolution), c’est de se figurer que la révolution peut être accomplie par les mains des seuls révolutionnaires. Or, pour assurer le succès de toute action révolutionnaire sérieuse, il faut comprendre et savoir appliquer pratiquement l’idée que les révolutionnaires ne peuvent jouer un rôle que comme avant garde de la classe réellement avancée et viable. L’avant garde ne remplit sa mission que lorsqu’elle sait ne pas se détacher de la masse qu’elle dirige, lorsqu’elle sait véritablement faire progresser toute la masse. Sans l’alliance avec les non communistes dans les domaines d’activité les plus divers, il ne saurait être question d’aucun succès en matière de construction de la société communiste." Lénine dans "Le matérialisme militant"

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  • Comment se fait-il que les centrales syndicales qui ont décommandé la grève illimitée des raffienries y réappellent maintenant pour ... une journée ?

    Comment se fait-il que les centrales syndicales qui convoquent toute la fonction publique le 23 mars invitent les enseignants à faire grève de 12 mars ?

    Comment se fait-il que les centrales syndicales ont appelé la justice à se manifester à part ?

    Etc, etc...

    Parce que leur stratégie est une aide aux gouvernants et aux patrons et pas un moyen de développer la lutte ...

    Comment se fait-il surtout que l’on ne commence pas à bâtir le réseau des comités de lutte dans chaque entreprise en vue des confrontations inévitables à venir ?

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  • Raffinerie - Feyzin (Rhône) Une reprise au goût amer

    Les travailleurs de la raffinerie Total de Feyzin s’étaient mis en grève le 17 février, en solidarité avec ceux de la raffinerie des Flandres, décidant la grève illimitée et cessant la production. Lundi 22, ils avaient même mis en route les procédures d’arrêt total de la raffinerie, qui s’est donc retrouvée complètement arrêtée mercredi 24 février au matin.

    Mais c’est ce jour-là, alors que la grève se durcissait et tenait bon, qu’est arrivée la consigne des dirigeants syndicaux nationaux de Total de la suspendre. À l’assemblée générale de 13 h 30, la nouvelle était déjà connue par les médias et les 300 grévistes présents voulaient comprendre.

    En fait, beaucoup n’ont guère été convaincus par les arguments syndicaux prétendant que tout avait été obtenu. Un certain nombre de grévistes se sont exprimés pour dire leur mécontentement, dire qu’ils étaient partis pour aller jusqu’au 8 mars, jour de la réunion du Comité central d’entreprise, que les dirigeants syndicaux disent une chose un jour et autre chose le lendemain, que l’objectif de faire redémarrer les Flandres n’était pas atteint, que Total avait mis un genou à terre et qu’en continuant il était possible de lui faire mettre les deux, et qu’ils étaient sceptiques quant à la possibilité de redémarrer le mouvement après le 8 mars.

    Tous ceux qui ont ainsi exprimé leur sentiment de ne pas être allés jusqu’au bout des possibilités de la grève ont été applaudis. Mais les travailleurs ne se sentaient pas de poursuivre la grève sans le soutien des directions syndicales nationales, et éventuellement seuls (à part les Flandres), puisqu’ils ont appris à l’assemblée générale que la raffinerie de la Mède, dans les Bouches-du-Rhône, avait déjà décidé de reprendre le travail.

    Ils ont donc voté la suspension de la grève à 95 %. Mais beaucoup l’ont fait avec amertume et un grand sentiment d’inachevé.


    Si c’était un compte-rendu de gréviste, cela montrerait effectivement le mécontentement et l’inquiétude mais c’est un compte-rendu de militant révolutionnaire et cela montre l’inachevé de l’analyse...

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    • D’autant que l’organisation Lutte Ouvrière qui écrit cela rajoutait à son commentaire enthousiaste sur la fausse grève générale des raffineries orchestrées puis annulée par la CGT :

      "Mais quels que soient la raison et les calculs qui ont amené la direction de la CGT Pétrochimie à suspendre le mouvement, il n’en reste pas moins que la généralisation de la lutte à laquelle elle a appelé était la meilleur réponse à apporter à Total et au gouvernement."

      Concluant un édito qui commençait par :

      "Vive la lutte des travailleurs de Total !

      Les travailleurs de Total ont répondu de la seule façon juste et appropriée à la décision révoltante du trust pétrolier de fermer l’usine de Dunkerque : par la grève illimitée de toutes les raffineries."

      On aimerait une explication sur les stratégies syndicales. Les travailleurs n’auraient-ils pas droit à ce que LO explique ce qu’elle en pense dans un édito aussi ...

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      • Donnons-la donc à sa place :

        les syndicats locaux ou nationaux épousent la colère des salariés ou plutôt font momentanément semblant pour qu’elle n’échappe pas à leur contrôle.

        Mais c’est seulement pour ensuite mieux arrêter...

        Par exemple : on va faire sauter l’usine mais on arrête dès le début des négociations puis on reprend pour mieux arrêter une nouvelle fois et finalement annuler tout...

        Ou encore, ils annoncent la grève générale des raffineries puis annulent.

        Ou ils occupent le siège de l’APHP pour annuler à l’annonce que des négociations reprennent... alors qu’elles n’avaient jamais été interrompues !

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        • Donnons-la donc à sa place :

          les syndicats locaux ou nationaux épousent la colère des salariés ou plutôt font momentanément semblant pour qu’elle n’échappe pas à leur contrôle.

          Mais c’est seulement pour ensuite mieux arrêter...

          Par exemple : on va faire sauter l’usine mais on arrête dès le début des négociations puis on reprend pour mieux arrêter une nouvelle fois et finalement annuler tout...

          Ou encore, ils annoncent la grève générale des raffineries puis annulent.

          Ou ils occupent le siège de l’APHP pour annuler à l’annonce que des négociations reprennent... alors qu’elles n’avaient jamais été interrompues !

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  • Victoire, qu’ils disent…
    Les syndicats de l’APHP ont beau crier victoire et annoncer que la mobilisation a réussi, les réformes prétendues, la réorganisation et les plans stratégiques de restrictions de l’hôpital public, notamment les regroupements et les suppressions d’emplois, n’ont nullement été remis en question ni même stoppés momentanément ou retardés, contrairement à ce qu’ils affirment mensongèrement.
    Avec la mobilisation autour du siège de l’APHP de l’avenue Victoria, les personnels de l’Hôpital public disposaient enfin d’un moyen de dénoncer au grand jour l’opération de destruction massive de la santé et l’occasion de donner un coup d’arrêt à la politique de démolition engagée par le gouvernement dans tous les services publics. En permettant de regrouper tous les personnels de l’ensemble de la Santé autour d’un point de fixation, cette mobilisation réussie pouvait les amener à se rassembler sur des objectifs et des moyens d’action collectifs, ce qui n’avait pas été le cas depuis longtemps. Et le début était un succès puisque des hôpitaux mobilisés s’étaient rendus sur place en nombre en plus de petites délégations de plusieurs hôpitaux.
    Raison de plus pour les dirigeants syndicaux d’y mettre fin rapidement avant que le résultat les dépasse… Il a suffi que le gouvernement leur fasse miroiter des négociations et le gel des « réformes » en attendant les discussions pour que ces centrales syndicales sonnent la retraite… La pause des projets n’est que des mots. Quant aux négociations, elles ne visent même pas les suppressions d’emplois massives que le gouvernement n’entend pas mettre en débat ! Ce n’est que de la poudre aux yeux.
    Il est grand temps que les salariés de l’hôpital public, comme de l’ensemble du service public ou du privé, décident eux-mêmes de mener les luttes sociale sans en laisser la direction à des stratèges de la défaite, les mêmes qui en 2003 ont laissé nos retraites remises en cause, les mêmes qui ont décommandé la grève générale des raffineries alors que la fermeture de la raffinerie de Dunkerque n’était pas abandonnée. Là aussi, les syndicats avaient crié victoire car ils avaient obtenu des négociations et, en entendant, le gel des mesures. Ce n’est pas en suivant de telles directions si facile à geler dès qu’on leur parle de « dialogue social » que nous pouvons nous battre, mais en mettant en place nos propres moyens de décisions : assemblées générales qui prennent les décisions, collectifs, coordinations et comités de grève qui les préparent…

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  • Une de nos lectrice s’exprime à propos de cette page :

    « J’espère que tu as préparé ton ak 47. »

    Beaucoup d’individus pensent comme cette camarade. Beaucoup de jeunes, après la tragique révolution culturelle, en lien avec les idées de Che Guevara, les mouvements nationalistes des pays colonisés, et la déformation stalinienne des idées de Lénine et de Marx, ont pensé, ou pensent encore que faire la révolution, est une question de courage militaire, de prendre les armes à quelques-uns, de s’affronter à la police, à une armée, et ce uniquement sur le plan militaire.

    C’est une vieille idée, Blanqui l’insurgé et ses camarades qui prennnent l’hôtel de ville de Paris, y plantent le drapeau rouge, mais ne savent pas ce qu’ils vont faire du pouvoir qu’ils ont pris.

    Il est ensuite aisé pour les forces bourgeoisie de reprendre le terrain gagner et enfermer le révolutionnaire et ses amis.

    Cet héroïsme, ce courage politique est absolument essentiel, mais serait bien plus efficace s’il s’agissait de comprendre les lois de changement des révolutions.

    Définir un objectif est bien plus important que de décider de prendre les armes.

    Les idées sont des armes bien plus fortes que toutes les machines de guerre de la création bourgeoise.

    C’est en les mangeant et en les critiquant, les discutant, que notre classe pourra définir l’objectif qu’elle souhaite.

    C’est lorsqu’elle aura décidé d’en finir avec ce système que le système partira.

    La lutte de classe et la conscience de classe, c’est dans la tête des travailleurs qu’elle décide ou non de se formuler et de s’exprimer.

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  • Extraits de la résolution du 21e congrès de l’UL CGT de Tourgoing :

    « La lutte des classes existe et c’est la mienne qui est en train de la remporter »
    (Warren Buffet, capitaliste, milliardaire, Etats-Unis).

    « L’Histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de luttes de classes. »
    (Karl Marx et Friedrich Engels).

    La CGT, jusqu’à nos jours, s’inscrit dans cette Histoire. Créée en 1895, elle est alors LE syndicat des ouvriers, outil syndical pour mener la lutte des classes, obtenir par cette lutte des avancées sociales, alors que le but ultime de la CGT est de préparer les travailleurs à « abolir le salariat et le patronat », c’est-à-dire renverser le système capitaliste pour y substituer « la société libre des producteurs ».

    Depuis et jusqu’à nos jours, le Capital (les patrons) et ses représentants (politiques, syndicaux, etc…), qui eux mènent sans jamais y renoncer la lutte des classes, ont tout fait pour abattre ou attiédir le syndicalisme de classe et de masse qui, seul, menace leurs intérêts immédiats. Soit ils usent de la matraque, et c’est la droite, la Réaction, la soumission sans fard au MEDEF. Soit on use de moyens plus subtils. Répondant au doux nom de réformisme, la somme de ces efforts « subtils » s’incarne dans des politiques et des méthodes dont l’échec patent – du point de vue de la situation des travailleurs - permet toutefois, pour l’instant, de maintenir le système d’exploitation tout en semant des illusions parmi les travailleurs.

    Qu’elle soit ouverte ou masquée, la collaboration de classes livre pieds et mains liés la classe ouvrière à l’exploitation. On le constate à la fois dans les sphères politique et syndicale. Dans cette dernière, elle se manifeste par l’émiettement syndical, dans la création, au fil du temps, d’organisations syndicales réformistes dont le but historique est de contrecarrer le syndicalisme révolutionnaire CGT ; elle se manifeste aussi par le renforcement du réformisme à l’intérieur même de la CGT.

    Elle se manifeste enfin et surtout, dans la vie quotidienne des travailleurs, par l’existence dans les entreprises de syndicats « jaunes », c’est-à-dire de syndicats qui, ouvertement adeptes du « compromis » avec le patron, ne peuvent que sombrer dans la compromission avec le patron. Il y a là l’une des raisons premières de la désaffection des travailleurs vis-à-vis du syndicalisme, comme d’ailleurs du politique. La responsabilité en revient aux imposteurs qui, tout en ayant à la bouche « la défense de vos intérêts » servent dans les faits les intérêts des exploiteurs.

    Le réformisme a pénétré profondément dans les consciences et dans les pratiques, non sans contradictions : tant que les classes populaires voyaient, peu ou prou, leur condition s’améliorer, tant que la protection sociale et le plein emploi permettaient « d’oublier » la lutte des classes, le réformisme pouvait se prévaloir de quelques « progrès », redevables en fait aux luttes réelles des travailleurs ainsi qu’à un contexte mondial obligeant le Capital à « lâcher quelques miettes » ici, en renforçant l’exploitation des peuples du Sud.

    Aujourd’hui, alors que le capitalisme traverse la crise la plus grave depuis celle des années 30, alors que le chômage massif et la précarité gangrènent le monde du travail, alors que la protection sociale (retraites, sécurité sociale, services publics…) est démantelée sous nos yeux, alors que les inégalités se creusent encore davantage, que le Capital se goinfre comme jamais, y compris en supprimant l’emploi, et que les travailleurs vivent à crédit, menacés de chuter encore plus bas, le réformisme, qui accompagne les choix capitalistes, révèle son vrai visage : plus qu’inutile, il est un frein aux mouvements sociaux qui seuls, peuvent construire un rapport de force favorable aux classes populaires.

    Face à la colère qui gronde, face à la volonté d’en découdre, face à l’urgence d’une riposte, vécues par une partie de plus en plus importante des salariés, le réformisme propose une stratégie illisible, incompréhensible, où la mobilisation, à peine embrayée, est enterrée sous les fastes de « négociations » qui ne débouchent sur rien d’autre qu’un repli du réformisme sur lui-même, sur une fracture de plus en plus ouverte entre la « base » et le « sommet ». Le réformisme nous plonge dans l’impasse.

    L’argument massue du réformisme, c’est l’inertie des travailleurs, leur individualisation, la précarité et tout ce que le Capital a inventé pour nous diviser et nous éloigner du terrain de la lutte. S’il est apparemment plus difficile de mobiliser dans les conditions actuelles qu’en 1936 ou 1968, cela ne remet pas pour autant en cause la nécessité d’une lutte frontale, générale, organisée en conséquence, comme d’ailleurs l’exemple plus récent du LKP guadeloupéen l’a démontré. Ce que cela dit est qu’il revient à toute direction de tracer des perspectives, et c’est ce qui manque cruellement aujourd’hui, en particulier aux milliers de travailleurs isolés de fait dans leurs luttes, et aux millions de travailleurs qui attendent une perspective pour se mobiliser.

    Bien sûr, « il ne suffit pas d’appuyer sur un bouton pour lancer la grève générale », laquelle ne « se décrète pas », évidemment. Néanmoins, on peut, on doit, préparer les conditions qui la rendront possibles, on doit et on peut fixer cet objectif, non pas par purisme révolutionnaire mais parce que tout, dans notre expérience, indique que là réside l’unique solution à la crise, et que toute hésitation, tout compromis négocié sur les bases de la bourgeoisie ne fait que reculer cette solution, ne fait que renforcer les forces les plus réactionnaires qui s’apprêtent à découdre tout ce qu’il nous reste d’acquis sociaux et politiques.

    Car, et il suffit de considérer le passé, la crise que nous vivons, ne se distingue en rien des précédentes, et ses mécanismes sont connus depuis le XIXème siècle. En période de crise, la bourgeoisie, qui, encore une fois ne renonce pas et ne renoncera jamais à mener la lutte, fait et fera tout pour maintenir et accroître ses privilèges, fait et fera tout pour faire payer les classes populaires.

    Licenciements, chômage, casse des droits et acquis à tout va, pour « sortir de la crise », la classe dominante ne peut et ne fait que nous y enfoncer davantage. Dès lors, la colère sociale, produit du désordre capitaliste, ne peut que s’amplifier, et la violence infligée aux masses ne peut que se manifester dans la vie sociale tout entière. La stratégie, la seule stratégie du Capital dès lors ne peut être que de dévoyer la colère et la violence des masses, en les dirigeant contre elles-mêmes. C’est là toute l’utilité du chauvinisme, du racisme, et de tous les ferments de division entre travailleurs que la bourgeoisie distille dans la société.

    « Le capitalisme porte la guerre en lui comme la nuée porte l’orage ». (Jean Jaurès) Pour conquérir des marchés, étendre son influence sur la planète, ce système met le monde à feu et à sang, et met même en péril la survie de celui-ci. Pas une guerre ne cache, derrière de prétendus « chocs des civilisations » et des motifs nationaux ou religieux, des intérêts économiques bien réels.

    Même oubliées, même niées, ces réalités n’en demeurent pas moins. Manifester la volonté d’amender ce système, de l’améliorer, par le « dialogue social » entre « partenaires », relève sinon de la trahison pure et simple, tout au moins de l’aveuglement. Le réformisme, en maintenant l’illusion du compromis, dans le contexte actuel, ouvre objectivement la porte aux perspectives les plus réactionnaires.

    Nous devons absolument voir ce qui se tapit derrière ces mots : c’est à un recul social sans précédent qu’il faut s’attendre, si nous, nous en tant que classe, ne sommes pas capables d’imposer un rapport de force sur le terrain de la lutte des classes.

    « Les idées dominantes sont toujours les idées de la classe dominante ». (Karl Marx) Jamais encore le système capitaliste n’a disposé comme aujourd’hui des moyens d’imposer l’idéologie bourgeoise. Les choses seraient plus claires si les travailleurs se forgeaient leur jugement en fonction de leur situation réelle. Or, un bulldozer médiatique, piloté par le même patronat qui nous exploite, entretient parmi nous la confusion, le désespoir, le fatalisme, les illusions. Le crédit nous soumet, la publicité dévoie nos besoins, la télé nous abrutit. Face à notre situation réelle donc, se dressent de multiples obstacles nous empêchant de considérer le réel avec nos yeux, avec notre conscience de classe.

    Le travail militant consiste dès lors en parallèle des luttes sur le terrain, à mener la bataille des idées, pour combattre la confusion et la résignation. Ce travail militant au sens large ne peut se faire qu’en acceptant par avance les conditions réelles auxquelles nous sommes confrontés, en partant du principe « qu’il faut fleurir là où l’on est ». Il faut combattre la confusion, les illusions réformistes, la résignation et le défaitisme, sans pour autant céder au dogmatisme et au sectarisme, sans s’isoler des masses et de leurs organisations.

    Une posture radicale, qui ne serait que posture, se dressant, irréductible, face au réformisme tel un chevalier blanc, sans dans le même temps construire dans les masses le rapport de force, déboucherait sur une stérilité tout aussi coupable que ce qu’elle prétendrait combattre. Pour être clair, c’est dans toute notre CGT qu’il faut mener la bataille des idées, c’est par la CGT que cette bataille, en dépit des contradictions, sera menée. C’est en portant fièrement les couleurs de la CGT, de son héritage et de ses valeurs essentielles, que nous pouvons mener ce combat efficacement.

    Face à la casse sociale généralisée, face à ses effets sur les masses, nulle autre considération que l’exigence d’unité dans la lutte ne peut guider l’action de tout militant sincère, vivant parmi les siens les conséquences dramatiques du capitalisme destructeur.
    (...)

    Nous n’oublions pas que notre CGT est internationaliste. Tout ce que l’on peut dire et éprouver sur la situation des travailleurs ici, se vérifie, souvent de manière encore plus crue, dans le monde entier. Le capitalisme est mondialisé, nos patrons sont bien souvent aussi les patrons de l’ouvrier roumain ou chinois, de l’employée marocaine, du travailleur agricole sénégalais. Le capitalisme, à l’échelle mondiale, fait jouer la concurrence entre travailleurs, considérés comme des coûts qu’il faut réduire. Plus les droits et intérêts des travailleurs sont attaqués dans tel ou tel pays, plus la situation générale des travailleurs partout se dégrade.

    Cet internationalisme est indissociable du combat contre la guerre, outil extrême aux mains des capitalistes, qui trouvent là moyen de sortir de la crise, de mettre la main sur des matières premières, de conquérir des marchés. Le combat contre l’impérialisme doit être nôtre, comme il le fut, comme le fut le combat contre le colonialisme. L’Union Locale de Tourcoing s’engagera dans ce combat, en soutenant les mouvements s’opposant à la guerre et à l’occupation, en affichant la solidarité des travailleurs d’ici avec les travailleurs d’ailleurs, soumis à la violence capitaliste et à ses formes militaires.

    Le constat du moment, qui montre l’accélération de l’offensive du Capital contre les travailleurs, ici, à Tourcoing et environs, mais aussi, de manière indissolublement liée, contre les travailleurs et les peuples du monde ; ce constat, qui montre l’impasse absolue du système économique que nous subissons ; ce constat, qui pointe du doigt nos propres difficultés à organiser une riposte à la hauteur, à gagner la bataille des idées, à sortir les travailleurs du pessimisme et de la résignation ; ce constat, pour autant, doit nous permettre d’agir, de militer, d’espérer, car il n’existe aucune autre solution que celle résidant dans ce combat-là.
    (...)
    Dans les conflits collectifs nous continuerons à mettre en avant l’organisation du mouvement par les travailleurs eux-mêmes, en nous appuyant sur leur détermination à défendre leurs revendications. Ce qui veut dire chercher en premier lieu à impliquer l’ensemble des organisations présentes sur un conflit, travailler à leur unité, mais en imposant à toutes le contrôle et la direction des luttes par la base. C’est en rendant aux travailleurs la direction de leurs combats et non en le laissant aux mains de « spécialistes autoproclamés » que nous pourrons construire des bases solides et offensives.

    La nécessité d’un vaste mouvement d’ensemble est chaque jour plus évidente, l’organisation d’un mouvement de grève générale reconductible doit être au centre de nos préoccupations même s’il ne se décrète pas. Il est de notre devoir de veiller à son avènement, et la constitution d’équipes syndicales combatives, ainsi que l’organisation des précaires, participent à cet objectif. Nous ne saurions prévoir quand ce mouvement aura lieu, mais c’est en nous y préparant que nous serons en mesure de le mener à bien.

    Il fut un temps où le syndicalisme pouvait se contenter de gérer les CE en proposant aux travailleurs des vacances ou des loisirs bon marché. Aujourd’hui, c’est de la survie même des familles ouvrières qu’il s’agit. Ces activités, laissons-les aux syndicats réformistes et d’accompagnement. Disposer d’élus de combat est bien plus important pour les salariés.

    Dans les entreprises notre rôle est d’informer les travailleurs sur les problèmes de la boite, mais aussi sur les grandes questions d’actualités. Nous devons mettre en place des équipes qui diffusent la presse syndicale à la porte des entreprises quand cela ne peut être fait de l’intérieur. En instruisant les salariés, nous contrebalancerons l’information des médias au service du patronat, lesquels laissent les travailleurs sans réelle vision qu’un autre monde est possible et qu’il n’y a pas de fatalité. Il faut aussi que les revendications entrent dans les entreprises pour quelles deviennent celles de toutes et de tous : le Smic à 1600 euros, l’interdiction des licenciements, le droit à la retraite pleine et entière à 60 ans, le retour aux 37 annuités dans le public comme dans le privé, etc…

    Dans le combat contre la classe capitaliste, les travailleurs doivent montrer les dents pour se faire respecter, L’Union Locale CGT de Tourcoing ne sera pas une muselière.

    Voila les grands axes qui devraient guider notre action tout au long des prochaines années, avec le concours actif de l’ensemble des syndicats et syndiqués.

    17 juin 2010

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  • GM : Accord trouvé à Strasbourg

    Alors qu’elle s’y refusait jusqu’à présent, la CGT a finalement signé un accord avec la direction de General Motors. Mercredi, le syndicat s’est en effet engagé à ne pas contester le plan de la direction...

    Il ne suffit pas jouer les fiers à bras.

    Quand on a affaire à une offensive patronale nationale relayée par l’Etat et les appareils syndicaux, un dirigeant syndicaliste a beau se croire superman, il ne peut réagir sans dénoncer la complicité nationale des centrales qui empêche une réaction d’ensemble.

    L’intervention de l’Etat et des centrales syndicales s’était manifestée en l’occurrence par des menaces de plaintes multiples contre le dirigeant CGT.

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  • Un témoignage qui complète cette chronologie :

    Lire ici

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  • D’abord, si notre sort s’est amélioré, il faut savoir que celui de la bourgeoisie l’a encore été bien plus vite, que tout l’appareil de répression, d’oppression, d’endoctrinement s’est renforcé, que le fossé entre les classes s’est accru. Et, surtout, le mécanisme même du capital a conduit à cette crise que nous traversons depuis dix ans, où les oppositions de classe apparaissent plus clairement. La lutte est d’autant plus difficile à engager aujourd’hui à cause de notre habitude d’un capitalisme relativement sans heurts graves, et à cause de ces organisations syndicales et politiques qui jouaient hier le rôle d’amortisseurs sociaux grâce aux miettes qu’elles pouvaient grappiller et qui sont absolument impropres à la lutte. Désormais intégrés dans le capitalisme dont elles dépendent, habituées à la négociation-concertation, elles s’opposent frontalement à toute tentative sérieuse de la part de la classe ouvrière de refuser son rôle soumis d’esclave consentant et d’entrer en lutte pour sauver sa peau, au besoin par la violence de classe

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  • Plus que jamais la défiance à l’égard des syndicats doit donc se renforcer. C’est en dehors d’eux qu’il faut préparer les luttes, qu’il faudra demain les organiser, en assemblées générales, comités de grève révocables par les grévistes, coordination entre les usines, de façon totalement indépendante de la bourgeoisie et des syndicats, aussi bien pour les objectifs que pour les méthodes de la lutte.

    Jean, 1981

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  • La bourgeoisie la plus intelligente a vite compris l’intérêt qu’elle aurait à reconnaître officiellement les syndicats, dans le but d’encourager le développement des idées de collaboration de classe et la paix sociale. C’est le ministre socialiste de l’Armement, Albert Thomas, alors que la bourgeoisie française était en guerre, qui mit en place les premiers délégués dans les usines d’armement, en 1917. Le rôle de ce qu’on appelait alors des délégués d’atelier était ainsi défini : « Favoriser les relations régulières entre les industriels et leur personnel et éviter des incidents en donnant aux ouvriers le moyen de formuler d’une façon régulière leurs revendications. »
    Le système des délégués du personnel fut étendu en 1936 à toute l’industrie, sur demande du patronat. En 1945, l’intégration se renforce avec le développement des nationalisations, qui associent les syndicats à la gestion des entreprises, la création des comités d’entreprise, les heures de délégation. En 1968, un point important des accords de Grenelle est la reconnaissance officielle des syndicats dans l’entreprise. Il faudrait aussi mentionner toute la liste d’organismes de discussion et de négociation où l’on retrouve des représentants du patronat et des syndicats, quelquefois également de l’Etat, qui remplissent la même fonction d’amortisseur social, d’étouffoir de la lutte des classes, du genre : commissions paritaires, conseils de prud’hommes, commissions du Plan, comité de ceci ou de cela, ext jean

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  • Les bergers les plus attentionnés, ne l’oublions pas, mènent les bêtes à l’abattoir...

    Unies ou désunies, ces centrales sont une force de l’Etat bourgeois pour casser la lutte des classes.

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  • Le rôle de la gauche au gouvernement

    Sur le front social, entre septembre 1981 et juin 1982, on assiste à une augmentation importante (+50 %) des conflits localisés, c’est-à-dire touchant un seul établissement. Dans de nombreuses entreprises moyennes éclatent des grèves sur les salaires. Surtout, c’est la question des 39h qui alimente cette vague de luttes. Par rapport à 81, le nombre de journées de grève dépasse les deux millions pour le seul secteur des entreprises publiques et privées.

    Le texte du gouvernement sur les 39h ne pipe pas mot des compensations salariales. Les patrons s’engouffrent dans la brèche et cherchent à remettre en cause de nombreux acquis. Les dirigeants politiques s’inquiètent et finalement imposent les 39h payées quarante. Ils désamorcent ainsi le mouvement.

    Mais le foyer de la lutte des classes en ce début des années 80, c’est le secteur automobile. Les travailleurs de l’automobile passent à l’offensive. Le premier choc a lieu dans l’entreprise Citroën, aux pratiques particulièrement rétrogrades, où la grève éclate pour la conquête des droits syndicaux. Le gouvernement appuie cette lutte et le syndicat CGT va profiter de la victoire pour s’implanter dans cette branche. Pour les dirigeants politiques, c’est le moyen d’avoir un interlocuteur. Dans ce mouvement victorieux, il faut noter la forte implication des OS (ouvrier spécialisés), les plus souvent d’origine immigrée.

    Dès le début, l’attitude des syndicats est claire. Au sein des gouvernements Mauroy, des membres de la CFDT font leur entrée dans les cabinets ministériels, plus marginalement FO et les syndicats d’enseignants sont présents. Quant à la CGT, avec l’entrée des communistes dans le gouvernement, elle s’aligne symétriquement sur la ligne du PCF. Les bureaucraties syndicales sont intégrées dans la gestion.

    Fabius et le tournant libéral (83-85)

    De janvier à avril 83, des vagues de grèves sur les salaires (revendication uniforme de 300f) éclatent à nouveau dans l’automobile. Les travailleurs, confiants suite à leurs succès de 82, s’opposent au blocage des salaires. Elles touchent les usines Fiat, Chausson à Genevilliers, Citroën, Renault. Mais les élections municipales approchent et la droite, favorite, mène campagne sur des thèmes racistes. Le gouvernement, par la bouche du Premier ministre dénonce les "extrémistes religieux" qui manipuleraient les travailleurs de confession musulmane. La CGT met tout son poids dans la balance pour inciter à la reprise, et réussit dans son rôle de briseur de grèves, empêchant toute généralisation.

    Les élections municipales sont mauvaises pour la gauche et le Front National réalise déjà des percées localement.

    La politique du gouvernement se durcit avec le plan de rigueur de mars 83, et quelques mois plus tard un "jeune" technocrate devient Premier ministre : Laurent Fabius (actuellement ministre de l’économie). Il incarne le tournant libéral et la totale adhésion des dirigeants socialistes à la politique d’austérité, en vigueur partout ailleurs en Europe. La monnaie nationale reste dans le système monétaire européen.

    En 1984, dans l’entreprise Talbot, un atelier de 3000 salariés (sur les 14 000 que comptent l’usine) se met en grève contre des licenciements, c’est la CFDT qui mène la lutte. Ce conflit intervient après une série de revers partiels dans ce secteur automobile. Sur le plan local et national, la CGT va se conduire à nouveau en briseur de grève, quant à la direction de la CFDT elle ne fera rien pour briser l’isolement de cette grève.

    C’est une défaite locale, dans l’isolement, mais qui marque la fin de la combativité dans ce secteur, le seul où elle s’était maintenue. La défaite dans l’automobile est aussi importante que celle de la sidérurgie en 1979.

    Le gouvernement annonce d’ailleurs des dizaines de milliers de licenciements dans la sidérurgie, la direction de Renault programme 20 000 licenciements avant la fin de 86. Il y a peu de réactions. En 1983, le nombre de chômeurs atteint les deux millions. Si dans la fonction publique les grèves se multiplient entre 1983-84, contre l’austérité, elles ne peuvent inverser la tendance. Le rapport de force est en faveur du gouvernement et du patronat qui ont les mains libres.

    En 1984, il y a encore des élections, cette fois pour les Européennes, sur fond de forte abstention. Le Front National fait presque jeu égal avec le PCF qui recueille 11 % des votes, il a obtenu deux millions de voix. Cette percée des fascistes va se confirmer dans les années suivantes. Par son audience et son idéologie, le FN va tirer tout l’échiquier à droite.

    Le PS va se lancer dans la surenchère, ainsi lors d’un débat à l’assemblée, G. Dufois se targue d’avoir organisé 12 000 expulsions d’immigrés clandestins. En matière de sécurité comme de politique de l’immigration, la gauche veut prouver qu’elle peut faire aussi bien que la droite.

    Fabius, pour désigner la politique qu’il mène, parle de "sale boulot". Mais cette politique, orthodoxie budgétaire et gestionnaire, n’est pas neutre au niveau social. Les milieux gouvernementaux en viennent à pourchasser l’esprit de protestation et de lutte avec lequel la gauche s’identifiait plus ou moins avant 1981.

    Ainsi, dans le programme de 1981 les socialistes promettent d’accorder le droit de vote aux immigrés. Une fois au pouvoir, ils régularisent 300 000 sans-papiers, mais le ministre de l’Intérieur, G. Deferre, maintient les contrôles d’identité (au faciès) et les expulsions. En 1983, Maire de Marseille, il mène campagne et sur ses affiches on peut lire : "La droite, 20 ans d’immigration sauvage. Avec la gauche, enfin un contrôle vigilant dont on mesure les effets."

    La montée du FN est spectaculaire, il passe de 0,1 % aux législatives à 10 % en 1984. En 1986, aux élections législatives du scrutin proportionnel, le Front confirme son score et entre à l’assemblée avec une trentaine de députés. Mais cette moyenne cache des résultats qui localement sont inquiétants. Ainsi à Marseille, le FN obtient 24 %, et 22 % dans le département des Bouches-du-Rhône. Quelle est la part de démagogie de la politique Deferre dans cette ascension ?

    La gauche porte une lourde responsabilité dans ce retour du fascisme. Sa politique a démoralisé les salariés, des régions entières ont été désindustrialisées. Elle a non seulement géré le système dans le sens des intérêts de la bourgeoisie, mais a aussi joué la carte raciste, "diviser pour mieux régner".

    L’échec de la gauche en 1986 n’est pas vraiment une surprise.

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  • Interview de Bernard Thibaut par Le Monde :

    Etes-vous favorable à la proposition de François Chérèque de négocier avec le Medef sur l’emploi ?

    A la CGT, nous avons mis la question de l’emploi au cœur du dossier des retraites depuis le début. Car il y a besoin de nouveaux financements pour assurer la pérennité de celui des retraites. Et nous avons considéré que 50 % de ce besoin pourrait être rempli si l’on revenait à une situation de plein emploi. Nous avons donc demandé qu’on puisse, dans le dossier des retraites, discuter d’une nouvelle politique de l’emploi, différente de celle menée depuis des années : exonérer de cotisations sociales les entreprises.

    En quoi consisterait cette "nouvelle" politique ?

    Nous proposons notamment que la politique de l’emploi soit prise en compte dans la règle de calcul des cotisations sociales, et donc que ces dernières soient modulées en fonction des critères d’emploi et de salaires dans l’entreprise : le taux de discrimination entre les hommes et les femmes, le rapport entre la masse salariale et la valeur ajoutée...

    Donc, la CGT se réjouit de la main tendue de la CFDT au Medef ?

    Certes, depuis le début, nous posons la question de l’emploi... Mais si la proposition de la CFDT vise à dire "le dossier des retraites, c’est fini et on passe à autre chose", nous ne sommes pas du tout sur ce terrain.

    Négocieriez-vous avec le Medef et la CFDT sur l’emploi des seniors et des jeunes ?

    Nous n’avons jamais refusé de négocier. C’est notre responsabilité en tant qu’organisation syndicale. Je fais pourtant attention car Laurence Parisot a notamment parlé d’une "délibération" sociale : c’est essayer d’avoir un constat partagé sur une question.

    Une "négociation", en revanche, c’est chercher une solution à un grave problème : le chômage. Or, il n’y a pas besoin de se voir avec le Medef pour savoir que la situation est grave pour les jeunes et les seniors.

    N’est-ce pas délicat pour vous d’envoyer deux signaux en même temps : se dire ouvert à la négociation tout en s’affirmant déterminé sur la suite du mouvement social ?

    Non. Dans ce pays, on voit bien que pour avoir une négociation, il faut un conflit social. La situation de blocage actuel est liée au manque de dialogue social, notamment de la part de l’Elysée et du gouvernement.

    Bernard Thibault reconnaît qu’avec le vote de la loi, attendu mercredi, il faut changer de stratégies de lutte. Qu’est-ce que cela veut dire concrètement ?

    Le conflit s’inscrit dans la durée. On doit en tenir compte. On ne peut pas maintenir les salariés en grève reconductible pendant des semaines. C’est pour cela que certains, notamment dans la chimie, dans les raffineries, ont choisi de reprendre le travail et vont désormais discuter de comment continuer le mouvement sous d’autres formes.

    N’est-ce pas simplement une victoire pour Nicolas Sarkozy ?

    Si on regarde tous les sondages, on voit que les opposants à la réforme ont fait bouger l’opinion, jusqu’à ce que trois personnes sur quatre disent soutenir le mouvement et que la cote de Sarkozy tombe très bas. Ce n’est pas Sarkozy et le gouvernement qui ont marqué des points mais les syndicats et le mouvement. Même si le résultat n’est pas au bout pour l’instant, cela va dans le bon sens pour la suite des choses et pour le syndicalisme en France.

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  • « Même lorsque le syndicalisme adopte des principes de lutte des classes, il ne propose à aucun moment, dans le combat quotidien, le renversement de la société ; il se borne au contraire à rassembler les ouvriers en vue de la défense de leurs intérêts économiques, dans le sein de la société capitaliste. Cette défense prend parfois un caractère de combat acharné, mais ne se propose jamais, ni implicitement, ni explicitement, la transformation de la classe ouvrière, la révolution », écrit Péret, avant de souligner quelques lignes plus loin : « Le syndicat, né d’une tendance réformiste au sein de la classe ouvrière, est l’expression la plus pure de cette tendance. Il est impossible de parler de dégénérescence réformiste du syndicat, il est réformiste de naissance. »

    Benjamin Péret et Grandizo Munis

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  • « Le syndicat, dès qu’il a quelque importance, extrait ses dirigeants de l’usine, les soustrayant ainsi au contrôle nécessaire des travailleurs. Et, en général, une fois sorti de l’usine, le dirigeant syndical n’y retourne plus. Ces innombrables dirigeants syndicaux qui ont quitté l’usine se créent peu à peu des intérêts d’abord étrangers, puis opposés à ceux des ouvriers qui les ont élus. Ils aspirent avant tout à la stabilité de leur nouvelle situation, que toute action des travailleurs risque de mettre en péril. On les voit donc intervenir auprès des patrons dès qu’une grève menace d’éclater. »

    Benjamin Péret et Grandizo Munis

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  • TROIS PETITES LETTRES

    Il était une fois trois lettres, trois petites lettres de l’alphabet : pas plus. Trois petites lettres qui, partant du principe que l’union fait la force, se réunissent à la fin du siècle dernier. Au grand bonheur des exploités, lesquels en conçoivent un immense espoir. Au grand effroi du patronat qui, dans la crainte de perdre ses prérogatives, tombe aux genoux du ministre de l’Intérieur en le suppliant de perfectionner la machine policière. Mais les trois lettres n’en ont cure. Elles comptent près de cent mille adeptes. Tout est possible à cent mille hommes qui veulent, Au cours d’une année célèbre d’action directe, la grève générale est annoncée. Si fort que la bourgeoisie perd contenance et que certains de ses représentants vont se cacher dans leurs caves, terrorisés. Résultat satisfaisant. Les trois lettres sautent de joie. Seulement, quoique fort jeunes, elles ne manquent pas de réflexion et devinent bientôt le grave danger que présente la politique. Aussi, le Congrès d’Amiens, en 1906, les voit-il prendre la décision de demeurer toujours éloignées de ce foyer de corruption, de ne jamais céder aux avances des politiciens.

    Tout marche à merveille. Les exploités continuent d’espérer. Les exploiteurs de trembler. Mais la politique veille. Elle n’a pas désespéré de mettre sa main malpropre sur les trois petites lettres dont la pureté devient choquante. Et son opiniâtreté se voit bientôt couronnée. En 1914, la C.G.T. accepte l’idée de l’union sacrée. C’en est fait de sa liberté, de son idéal. Chaque jour qui passe l’enfonce de plus en plus dans la lie. La fameuse scission en fait deux parties, qui s’empressent de se prostituer. La première (C.G.T) dans les bras du parti socialiste, la seconde (C.G.T.U) dans ceux du parti communiste. De compromissions en compromissions, de déchéances en déchéances, elle en arrive à devenir conseillère de l’État, agent d’exécution des réglementations gouvernementales. La classe ouvrière, assidûment, progressivement trompée, ne cesse hélas de lui confier ses représentants. Si bien que la Confédération générale du Travail, « …qui avait été à l’origine un organisme destiné à endiguer les exigences du patronat au profit de la classe ouvrière », devient bientôt l’organisme chargé d’endiguer les exigences légitimes de la classe ouvrière au profit du patronat. Et comme toutes ces infamies ne parviennent pas à satisfaire pleinement ce besoin de dégradation de la C.G.T., elle y met finalement le comble en s’abandonnant aux répugnantes caresses des policiers. Des policiers qui, après le premier Congrès de la C.G.T., reçurent du patronat l’ordre de sévir contre ce mouvement ouvrier menaçant dangereusement de saper les fondements de l’édifice bourgeois. Les patrons peuvent exulter, dormir sur leurs deux oreilles. Que risquent-ils à la vérité ? Ce sont eux qui mènent la barque et leurs défenseurs, les policiers, font partie de l’équipage. Plus de danger et vogue la galère ! Plus de danger… en apparence seulement. Car, un beau jour –plus proche que d’aucuns le supposent– lassés de subir le joug de leurs maîtres, les matelots se souviendront du sens des mots mutineries, insurrection et, ce jour-là messieurs les capitaines, rira bien qui rira le dernier. Il était une fois trois lettres, trois petites lettres bien pures ! Mais le temps a passé et avec lui la pureté. Aussi, les ouvriers doivent-ils se persuader que ces lettres fameuses ne méritent rien d’autre que les cinq non moins fameuses avec lesquelles Cambronne fabriqua le célèbre mot.

    Georges Brassens

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  • "La tentation d’être un chef juste et humain est naturelle dans un homme instruit ; mais il faut savoir que le pouvoir change profondément celui qui l’exerce ; et cela ne tient pas seulement à une contagion de société ; la raison en est dans les nécessités du commandement, qui sont inflexibles. C’est pour cette raison qu’un député doit se garder d’être ministre, et qu’un ouvrier doit se garder d’être délégué au conseil des patrons, ou chef de syndicat."

    Emile Chartier, dit Alain - 1868-1951 - Souvenirs de guerre

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  • Le patronat et les syndicats CFDT, Force ouvrière (FO) et CFTC ont conclu dans la nuit de vendredi à samedi un accord sur une nouvelle convention d’assurance chômage, qui doit encore être approuvé par leurs instances dirigeantes et agréé par le gouvernement.

    CFDT, FO et CFTC ont mis en sourdine leur demande de contribution supplémentaire des entreprises, notamment par le biais d’une surtaxation des contrats courts -sujet sur lequel pourrait cependant se pencher à l’avenir un groupe de travail paritaire créé par cet accord.

    Même la CFE-CGC a dénoncé l’accord : les économies prévues par l’accord soient faites sur le dos des demandeurs d’emploi, particulièrement des cadres.
    Il a notamment cité l’allongement à 180 jours au lieu de 75 du report maximum du versement des allocations chômage pour les bénéficiaires d’indemnités supra-légales. Une disposition qui ne concerne cependant pas les licenciés pour motif économique.
    Il a également dénoncé la diminution du taux d’allocation minimum par rapport à un salaire de référence : "C’était 57,4% et ça a été uniformément diminué à 57%, donc tout le monde va être pénalisé", a-t-il dit.

    Les syndicats fanatiques de la signature ont encore frappé...

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  • Belle action syndicale que voilà !

    Les syndicats cautionnent un recul de l’âge de la retraite !!!

    Le patronat et trois syndicats ont trouvé vendredi un accord de principe, destiné à inciter les salariés à travailler plus longtemps en les pénalisant financièrement s’ils refusent….
    Un accord en ce sens a été trouvé entre le patronat et trois syndicats : la CFDT, la CFE-CGC et la CFTC.

    Que dit cet accord ? La principale mesure doit inciter les salariés à travailler plus longtemps. Il s’agit de l’instauration d’un abattement temporaire de 10% sur la pension des personnes qui voudront partir à la retraite dès qu’elles atteignent les conditions requises pour le taux plein de la retraite de base. Pour ne pas subir cet abattement, il faudra accepter de travailler une année supplémentaire.

    Concrètement, cette mesure est assez simple : à partir de 2019, pour toucher une retraite complémentaire à taux plein, il faudra cotiser une année de plus que ce qui est exigé pour la retraite de base. Exemple : une personne née en 1957 va devoir cotiser pendant 41 années et demie pour toucher sa retraite de base à taux plein. Si elle veut toucher sa retraite complémentaire également à temps plein, elle devra travailler une année de plus, autrement dit 42 années et demie.

    Si cette personne ne veut pas travailler une année de plus, elle subira une ponction de 10% sur sa retraite complémentaire pendant les trois premières années de sa retraite. La troisième année étant toutefois susceptible de "sauter" si l’on s’aperçoit finalement que les finances des caisses de retraite se rétablissent plus vite.

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  • Chaque service public fait grève séparément, voilà ce qui reste la stratégie perdante des directions syndicales.

    Après la SNCF, c’est la RATP. Après les transports, c’est les hôpitaux puis Radio France, puis l’AFP, puis France Télévisions...

    Et maintenant Météo France...

    Le personnel de Météo-France a déposé jeudi un préavis de grève pour les 26, 27 et 28 février... Objectif : alerter le public sur les baisses d’effectifs et la dégradation du service, en choisissant la date de la tenue du conseil d’administration de l’établissement. "On a perdu 800 emplois au niveau national et il est prévu d’en supprimer encore 80 cette année", a déclaré à Reuters Yannick Mure, selon lequel 30% des départs à la retraite ne sont pas remplacés...

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  • Les dirigeants syndicaux jouent les hommes forts. Mais, même dans la lutte révolutionnaire, il n’y a pas d’homme fort.

    Emiliano Zapata :

    « Un peuple travailleur est fort de sa propre organisation et pas parce qu’il obéit à un « homme fort » ou prétendu tel. »

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  • Une fois de plus, des syndicats ont trahi une grève qu’ils avaient mené ! A Air France, les syndicats qui ont signé avec la direction ont ainsi complété la longue liste de trahisons syndicales !!!

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  • Parfois, les lèches-bottes vont très loin ! D’après le secrétaire général du syndicat Force ouvrière d’Air France, la nouvelle direction a amené "une nouvelle énergie". Ce n’est certes pas ce type de syndicaux à la Pavageau qui amène une nouvelle énergie au camp des travailleurs !!!

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  • Les grèves secteur par secteur continuent de diviser la classe ouvrière.

    En ce moment, les syndicats mobilisent séparément les postiers, les enseignants, les agents des transports, les agents hospitaliers, les chauffeurs de bus, agents EDF, agents de l’Energie, psychiatrie, etc, etc… Aucune stratégie de convergence des luttes du secteur public.

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