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Face à la crise du système, sauver les travailleurs et les milieux populaires ou sauver le capitalisme : il faut choisir !

vendredi 23 janvier 2009, par Robert Paris

Face à la crise du système, sauver les travailleurs et les milieux populaires ou sauver le capitalisme : il faut choisir !

Le krach de 2008 sonne-t-il la chute du "mur de Berlin" du capitalisme ?

La crise économique mondiale de 2008 n’est pas un épisode un peu douloureux mais qui sera passé assez vite avec quelques difficultés au passage. C’est un tournant historique pour l’humanité. Nous ne faisons que de commencer à en mesurer l’importance et les conséquences. La chute du mur de Wall Street de 2008 marque le début du 21ème siècle, comme la « chute du mur de Berlin » a marqué la fin du 20ème siècle.

L’effondrement de la finance, de la bourse, de la banque et de l’économie est rapide, massif et impressionnant. Il signe la fin d’un règne, même si ce qui va suivre est loin d’être établi ni même dessiné. On se souvient encore du ton triomphant avec lequel les laudateurs du capitalisme avaient annoncé sa nouvelle phase marquée, en plus de la financiarisation et de la mondialisation, par la fin du stalinisme. Le stalinisme avait toujours été un allié fidèle de l’impérialisme contre les peuples et les classes ouvrières, et c’était déjà un sacré mensonge de présenter sa fin comme une grande victoire du capitalisme sur le communisme. Il n’en est nullement sorti un monde plus juste, plus libre, ni moins guerrier. Et maintenant, c’est le capitalisme lui-même qui déclenche son propre effondrement sans être victime d’un quelconque ennemi : ni du terrorisme, ni du nationalisme, ni même du communisme. Aujourd’hui, ce sont les capitalistes de tous les pays sont unanimes et condamnent à mort la société capitaliste en retirant leurs capitaux privés de tous les investissements, en refusant de faire crédit même à des trusts. Ils anticipent en cela une chute de l’économie et refusent d’en faire les frais. C’est cela qui les a amené à retirer progressivement leurs capitaux des investissements productifs pour les concentrer sur la sphère financière qui permet des profits fabuleux et rapides. Plus ils ont développé la sphère financière, moins les secteurs productifs leur sont apparus suffisamment rentables. Le capitalisme s’est asphyxié lui-même. Il en est arrivé au point qu’il y a beaucoup trop de capital pour les investissements rentables existants. C’est la limite des capacités du capitalisme qui est atteinte.

Le but des gouvernants et des patrons est clair : c’est sur le dos des travailleurs qu’ils veulent sauver le système capitaliste, rien que cela ! Il y a là dedans un aveu : le système ne serait pas si éternel qu’on le prétendait. Cela ne signifie pas qu’ils ne craignent pas les réactions des travailleurs et de la population. Cela ne signifie pas non plus que quelques sacrifices suffiraient à faire repartir la machine. Il s’agit seulement d’un moyen de retarder une crise sociale mondiale et de se préparer à d’autres attaques de plus grande ampleur.

LES CHIFFRES DE LA CRISE

Entre quatre et sept mille milliards de dollars C’est le montant des "actifs pourris" de la finance qui ne reposent sur rien. 19 mille milliards de dollars C’est la chute de la capitalisation boursière due au krach de 2008. Pour comparaison, la totalité du PIB américain est de 12 mille milliards de dollars.

2.100 milliards de dollars C’est l’estimation du coût de ce qu’a déjà représenté la crise du crédit pour l’économie globale. Et ce n’est qu’un début ...

700 milliards C’est le montant, en dollars, du plan Paulson voté le 3 octobre par la Chambre des représentants américains pour venir en aide au secteur bancaire, « victime » de la crise des subprimes. 780 milliards de dollars C’est le coût du plan Obama. C’est aussi mille milliards de prévus sur deux ans ... et peut-être bien plus ! 21.000 C’est le coût en euros des sommes dépensées par l’Etat français par ménage imposable.

Une heure lors d’une soirée C’est le temps qu’il a fallu à l’Etat français pour débloquer 360 milliards pour des banques françaises qui affirmaient la veille ne pas être touchées par la "crise américaine" !!!

500.000 C’est le rythme actuel par mois de suppressions d’emplois aux USA. 2,6 millions d’emplois ont été détruits aux Etats-Unis sur l’année 2008, du jamais vu depuis 1945.

150.000 à 200.000 Ce sont les prévisions d’emplois supprimés par semestre pour la France en 2009

Y a-t-il une issue pour le système capitaliste ?

Des crises, le capitalisme en a connu de multiples dans les années 1970, 1980, 1990 et 2000, mais il ne s’est jamais agi de crises de cette ampleur, de crises dont la profondeur dépasse probablement celle de 1929.

D’où vient un tel effondrement impressionnant dont les conséquences sont saisissantes : des millions d’habitants jetés à la rue, des suppressions d’emplois aux Etats-Unis d’une taille affolante, jusqu’à 14.000 emplois supprimés en un seul jour !

Parmi les explications qui font de la crise une conséquence des difficultés du marché des marchandises, on nous rapporte que la cause de la crise serait l’endettement des ménages américains. Ils auraient dépensé sans compter, à crédit et auraient acheté plus de logements en particulier qu’ils n’étaient capables d’en payer. Si cela était vrai, le monde capitaliste ne serait pas en train de s’écrouler sans que des milliers de milliards injectés par tous les états de la planète ne soient capables de l’empêcher !

Des récits, très officiels, impliquent directement les financiers et boursicoteurs américains et mondiaux accusés par Bush, Sarkozy et par les média d’avoir pourri un capitalisme par ailleurs sain. Il suffirait alors d’en finir avec les "actifs pourris" pour revenir à la normale. Il n’y aurait eu que quelques membres irresponsables des classes dirigeantes qui n’auraient pas été assez contrôlés. On va les remettre à la raison et tout reviendra comme avant. En fait, la crise n’a pas une origine financière et la finance a même été le moyen trouvé pour retarder la crise du système jusqu’en 2008.

L’un des mensonges, non des moindres, nous vient des dirigeants de la gauche et des syndicats, qui prétendent, avec une relance de la consommation, relancer le capitalisme. Comme si le système manquait seulement d’acheteurs ! Ils nous proposent également de "défendre la France" et l’économie française. Comme si, dans une crise mondiale, les travailleurs pouvaient se défendre séparément. Tout cela montre qu’ils n’ont aucune capacité de se battre dans le camp de la classe ouvrière et dévoile leur absence de volonté de changer de société.

Ils prétendent que le capitalisme est réformable et que ce serait une crise passagère. Après la récession, il y aurait une reprise. Il suffirait d’attendre. Il suffirait aussi de réformer un peu la finance et le reste du capitalisme serait parfaitement sain !

Dans cette crise, il y a clairement deux classes : ceux qui reçoivent des Etats des centaines de milliards de dollars et les autres, d’un côté les exploiteurs et de l’autre les exploités. Quiconque parle de relance, propose de défendre les investissements, d’aider le pays ne peut pas être dans le camp des travailleurs ! C’est à l’échelle mondiale que la classe ouvrière est une force considérable face au capital. A condition de ne pas chercher à le sauver ….

Ce que cachent ces distributions massives de milliers de milliards par les Etats ?

Des milliers de milliards, ce sont les sommes que les Etats de la planète injectent dans l’économie pour pallier à l’incapacité de la classe capitaliste à faire du profit par l’investissement privé. Les banques, les bourses, les assurances et autres établissements financiers ne sont pas les seuls à ne plus tenir que grâce aux fonds d’Etat et à en redemander sans cesse. Des trusts aussi productifs que General Motors, Chrysler, General Electric, les fleurons U.S. de l’industrie de consommation, ne survivent plus que par le truchement des injections d’argent public. La crise de l’endettement qui a gagné toute l’économie est en train de mettre en faillite les Etats.

Sarkozy a déjà distribué 366 milliards d’euros et en annoncé 428 milliards, donnés pour l’essentiel aux banquiers et aux patrons des trusts. Payés par 17 millions de foyers fiscaux, c’est comme si chaque foyer fiscal imposable avait fait cadeau 21.000 euros aux capitalistes pour les remercier d’avoir spéculé ! S’il s’en était servi pour aider les plus démunis, il aurait distribué un million d’euros par SDF ! Rien à voir avec la misère des 200€ pour les nouveaux titulaires du RSA !

La première chose que ces versements massifs des Etats et des banques centrales aux capitalistes cachent, c’est que le système est foutu et ces plans n’ont pas le but qu’ils prétendent. L’objectif n’est pas économique. Il s’agit seulement de sauver une classe sociale : la classe capitaliste. Ils ne visent ni à sauver l’économie ni à sauver les emplois et encore moins à sauver de la misère les plus démunis.

Et ces cadeaux sur fonds publics se paient : au même moment, le gouvernement réduit toutes les aides sociales, tous les services publics, réduit l’hôpital public à la portion congrue, supprime des emplois d’enseignants, attaque les services publics de la poste et du rail, etc… N’acceptons pas la logique destructrice du capitalisme en crise

Comment se défendre s’il s’agit d’une crise mondiale, demandent les salariés ?

C’est comme si une fatalité s’abattait sur nous, disent-ils. C’est comme le froid : il faut attendre que ça passe en se protégeant tant bien que mal. C’est faux. Le printemps ne suivra pas l’hiver du capitalisme. Car il ne s’agit pas d’un refroidissement passager. Les milliers de milliards jetés par les Etats ne peuvent pas restaurer la rentabilité du capital.

Le capitalisme a atteint ses limites. Ses capitalistes n’ont jamais été aussi riches. Mais, justement, c’est là qu’est la cause de la crise. Le capitalisme, ne trouvant pas assez d’investissements rentables, ne peut que s’effondrer. Et nous, travailleurs, n’avons pas intérêt à rester les bras ballants dans une maison qui s’effondre. Les dépenses mirifiques des Etats ne peuvent, en retardant un peu cet effondrement, qu’aggraver la situation des travailleurs. Ils mènent notamment à la suppression des emplois publics, à la dégradation de l’hôpital public, des chemins de fer, de la poste et de l’électricité. Les subsides d’Etat n’empêcheront pas les entreprises bénéficiaires de ces sommes de licencier ou d’imposer du chômage partiel.

S’il n’y a rien de bon à attendre des Etats et des patrons, les travailleurs ne doivent s’en remettre qu’à eux-mêmes pour se défendre dans la crise. Pour cela, il ne faut plus accepter la logique et les lois d’un capitalisme qui se propose de détruire nos emplois, nos logements, notre santé, nos vies.

Plus question d’admettre qu’un patron déclare que les caisses de l’entreprise sont vides. Il faut prendre sur ses revenus et biens personnels. Plus question d’admettre qu’un patron nous dise qu’il n’y a plus de travail. Du boulot ou pas, c’est une question de choix du grand capital en fonction de la rentabilité. Ce n’est pas notre problème. Nous exigeons, dans tous les cas, d’être payés. Plus question d’allocations chômage impayées. Plus question d’électricité coupée, de téléphone coupé, de crédits coupés, de compte fermé, d’emplois supprimés. Quand un capitaliste, un banquier, une assurance sont en difficulté, la société trouve des milliards pour le sauver. Imposons qu’il en soit de même quand il s’agit des travailleurs.

Il faut aussi en finir avec la logique des directions des centrales syndicales qui quémandent des petits accommodements, signent des contre-réformes, divisent les luttes, les lâchent en cours de route et organisent des journées d’action sans lendemain.

Il faut unir les travailleurs précaires, les chômeurs et ceux qui ont un emploi, les travailleurs du public et du privé, les travailleurs de l’Automobile et ceux de l’Audiovisuel, ceux de la Recherche et ceux de la Construction, ceux de l’Enseignement et ceux des grands magasins. C’est à nous de défendre notre avenir. Personne ne le fera à notre place ! Il ne s’agit pas de défendre chacun notre entreprise mais de défendre collectivement le sort de la classe ouvrière.

Les travailleurs, s’ils ne veulent pas subir de plein fouet le chômage, la misère, et aussi les dictatures et les guerres, conséquences inévitables de la crise, comme le fascisme et la guerre mondiale ont été des conséquences de la crise de 1929, doivent diriger eux-mêmes leurs luttes aujourd’hui et devront diriger demain la société.

Sur quelles revendications unir la classe ouvrière ?

Pour défendre leur avenir et celui de toute la société, les travailleurs devront imposer :

Interdiction des distributions de fonds publics

Interdiction des suppressions d’emplois

Interdiction des fermetures d’usine

Interdiction du chômage technique

Réquisition des logements vides

Embauche de tous les travailleurs précaires en CDI

Suppression des dividendes des actionnaires et confiscation des actions, des capitaux spéculatifs, des entreprises qui ferment, des revenus des sociétés et des biens de leurs propriétaires privés et grands actionnaires

Revenu minimum pour tous (salariés, chômeurs, ménagères et retraités) : 1500€/mois.

Quelles perspectives pour les travailleurs ?

« Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ? Qu’est-ce qu’on attend pour faire la fête », c’est l’air connu qui semble rythmer tous les commentaires depuis l’investiture d’Obama. Bien sûr, les gens qui ont perdu ou sont en train de perdre leur logement ne l’ont pas récupéré et Obama n’a pas promis de le leur rendre. S’ils ont froid, l’élection d’Obama est censée leur donner chaud au coeur. Mais, si les soldats américains vont se retirer d’Irak, c’est pour continuer le même type de guerre terroriste en Afghanistan. Les 500.000 nouveaux Américains licenciés chaque mois n’auront, au mieux, que des grands travaux commandés par l’Etat pour tout espoir. Le seul « miracle Obama », si l’on peut dire, c’est vraiment que les victimes de la crise fassent confiance pour s’en sortir à un homme aussi lié à ceux-là même qui ont causé cette crise. N’a-t-il pas reçu pour sa campagne 641 millions de dollars de banquiers (comme Goldman Sachs), de financiers (comme Georges Soros) et de patrons de trusts (comme Bill Gates) ? C’est aux travailleurs américains qu’Obama demande d’être patients et ... de faire encore des sacrifices. Par contre, c’est aux patrons des trusts automobiles et des banques auxquels sont consacrés l’essentiel de 825 milliards de dollars qu’Obama va dire son « yes we can ».

Pour ne pas être en reste, Sarkozy tient à dire qu’il « est pressé de changer le monde avec Obama », et, à l’instar de son homologue américain, le président français donne 10,5 milliards aux banques et 6 milliards aux patrons de l’Automobile. L’argent qu’il avait déjà donné aux banques était censé leur permettre de recommencer à faire crédit. Maintenant que l’on constate que ces banques n’ont pas repris leurs opérations de crédit, l’Etat s’en charge lui-même auprès des capitalistes, notamment de ceux de l’Automobile.

Alors, nos dirigeants, ici et outre-atlantique, voudraient nous faire partager leur optimisme ? Est-ce pour nous convaincre qu’ils ne veulent que notre bonheur qu’ils ponctionnent les services publics, à commencer par l’hôpital public dont Sarkozy affirme qu’il peut fonctionner avec moins de moyens en argent et personnel ? Tant pis pour la multiplication des accidents qui résulte de ces restrictions ! C’est pour nous rendre heureux que Sarkozy, Ghosn et Streiff s’entendent pour développer le chômage partiel contre lequel les salariés de Renault Le Mans et Sandouville viennent de faire grève ? Ces patrons vont pourtant recevoir sans contrepartie, en plus de six milliards, un crédit illimité pour leurs banques filiales en faillite. Et ce n’est certainement pas l’annonce de la baisse des cotisations patronales pour le chômage qui va rassurer les chômeurs !

Alors, effectivement, qu’est-ce qu’on attend pour faire leur fête à tous ces gens-là ? A Sarkozy qui voudrait remettre en cause le droit de grève des cheminots et des autres salariés des transports ou de l’Education. Aux patrons qui veulent nous faire payer les frais d’une crise dont ils sont les seuls responsables. Aux grandes puissances qui ont des milliards pour les financiers et pour écraser militairement des peuples entiers mais pas pour les chômeurs et les sans-logis.

Qu’est-ce qu’on attend pour se révolter comme les travailleurs de Guadeloupe en grève générale contre la vie chère et qui sont sur les barricades ! Qu’est-ce qu’on attend pour organiser le tous ensemble dans la rue, du privé et du public, des salariés et des chômeurs, des retraités aux actifs ? Si le 29 janvier doit servir à cela, c’est en permettant non seulement de mettre du monde en grève et dans la rue ce jour-là, mais pour se concerter en vue de la riposte d’ensemble du monde du travail.

La classe ouvrière, mobilisée comme lorsqu’elle a bloqué la gare Saint Lazare, peut bloquer l’économie de tout le pays. Fini alors le chantage des patrons. A eux de ressentir la crainte. On pourra ainsi imposer nos solutions. On ne se contentera pas de bloquer les bonus mais on annulera les dividendes des actionnaires. Et si cela ne suffit pas, on se paiera sur le capital amassé durant des années sur notre dos. Si les caisses des entreprises sont vides, prenons l’argent sur les comptes des grands actionnaires. Voilà comment on peut imposer qu’on nous paie nos salaires et nos retraites, qu’il y ait une relance ou pas, des investissements ou pas, du boulot ou pas. Et, s’ils s’obstinent ces cannibales du profit, à faire de nous des chômeurs et des miséreux, s’ils menacent la vie de nos familles, eh bien licencions définitivement les actionnaires et finissons-en avec cette société d’exploitation. Là oui, ce sera la fête.

Le capitalisme n’a pas d’avenir. Ne le pleurons pas ! Place au pouvoir aux travailleurs ! Place au socialisme !

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