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Lutte sociale en France : le 29 janvier ... et après

jeudi 29 janvier 2009, par Robert Paris

Manifestation du 29 janvier à Paris

Manifestation du 29 janvier à Marseille

Manifestation du 29 janvier à Rennes

Quelques images des manifestants dans la capitale :

La manifestation du 29 janvier à Paris

Deux millions et plus manifestants ont parcouru les rues de la capitale et des grandes villes de France derrière les syndicats et les partis de gauche. C’est beaucoup mais cela suffit-il à en faire le début de quelque chose, le retournement d’une situation sociale dans laquelle le gouvernement était à l’offensive.

Et d’abord, ce n’est pas le début d’une grève générale parce qu’aucun syndicat n’a jamais eu l’intention de lancer la grève générale en France. Une journée d’action, c’est bien en dessous ! Même en 1936 et en 1968, il y a eu la grève générale, mais aucune direction syndicale n’avait appelé à la grève générale. La pire des illusions serait d’attendre quelque chose des centrales syndicales qu’elles sont incapables de donner : une issue à la crise. Elles vont organiser "une suite" pour ne pas perdre la direction des choses et c’est tout. A une journée sans lendemain, elles vont donner comme suite ... une autre journée sans lendemain.

Des perspectives, ce n’est pas simplement des journées d’action et des promenades dans les rues. C’est d’abord des salariés organisés sur leurs lieux de travail, des assemblées générales et interprofessionnelles discutant de la situation, décidant des revendications et prenant des contacts d’un site à l’autre, d’un secteur à l’autre et d’une profession à l’autre. Là, il y aurait des raisons pour les patrons et le gouvernement de s’inquiéter vraiment. Les directions syndicales sont là pour éviter un tel scénario. Elles-mêmes s’en inquiètent, ce qui les amène à faire de nouvelles propositions aux salariés... Mais, en fait, elles disent au gouvernement de leur donner quelque chose pour limiter la réaction ouvrière. Elles demandent de négocier. Or, le rapport de force est bien loin d’être tel qu’on puisse déjà faire reculer le gouvernement et le patronat. Et ces directions syndicales le savent.

Des grandes manifestations, elles ont déjà été capables d’en organiser. On se souvient de la lutte des retraites se concluant sur une manifestation record qui calmait "grève générale" ... sans suite !

Un autre problème doit être soulevé : quels objectifs et quelles perspectives se donner dans la lutte à venir. A cela aucune réponse n’a été donnée aux travailleurs. Les directions syndicales ne sont nullement une direction qui permet d’orienter le combat. Nous faire marcher, ils savent. Nous donner une politique pour que le mécontentement mène à un renforcement du rapport de force des travailleurs n’est pas leur but.

Et, pour définir la perspective, il faudrait déjà nous expliquer quelle est la situation. Quelle est cette crise ? Que signifie-t-elle ? Quelle risque d’être la politique des classes dirigeantes ? Les réformistes craignent de discuter de cela car cela dévoile le fait qu’ils se refusent à envisager la fin du capitalisme ....

suite (sociale) à venir ...

S’ils refusent de payer les salaires et les retraites, payons nous nous-mêmes sur le capital !

« S’ils n’ont pas de pain, qu’ils mangent de la brioche ! » avait dit la reine Marie-Antoinette au début de la révolution française de 1789. Sarkozy aime bien jouer les provocateurs à la Marie-Antoinette. N’a-t-il pas déclaré que les grèves, on ne les remarquait plus ? Puis, provoqué les salariés en grève comme les cheminots ou les enseignants-chercheurs, les traitant ouvertement de fainéants ? N’a-t-il pas prétendu que ceux qui avaient un salaire trop bas n’avaient qu’à travailler plus, notamment les samedis et les dimanches. Que ceux qui n’avaient pas une retraite suffisante n’avaient qu’à travailler jusqu’à 70 ans. Que face à l’augmentation du chômage, il allait diminuer les cotisations patronales et supprimer des emplois publics ! L’hôpital public en crise ? Il diminue le personnel et les moyens. etc, etc...

Au triste sire nommé Sarkozy, la journée du 29 janvier pourrait bien signifier : "Une manifestation syndicale ? Non, sire, le signal de la révolte sociale !" Car la réponse, c’est bel et bien la révolte sociale, et pas le train-train des directions syndicales qui reparlent de négociations avant même d’avoir commencé à construire un rapport de force.

Face à une classe dirigeante et à un gouvernement qui nous mènent la guerre sociale, on ne peut pas dire que les directions syndicales soient en ordre de bataille. Elles se contentent d’accompagner le mécontentement mais ne donnent aucune perspective à la riposte nécessaire. Elles vont organiser "une suite" pour occuper le terrain et ne pas perdre la direction des opérations. A une journée sans lendemain, elles vont donner comme suite ... une autre journée sans lendemain.

Les perspectives, ce sont les travailleurs eux-mêmes qui devront les définir. Et d’abord en s’organisant en assemblées générales inter-professionnelles reliées par des coordinations avec des revendications et des modes d’action communs.

Quelle doit être la mobilisation de la classe ouvrière pour répliquer aux mauvais coups qu’on nous porte et à ceux que l’on nous prépare ? Ce sont les travailleurs eux-mêmes qui en donnent la réponse.

Et d’abord ceux de Guadeloupe en grève générale contre la vie chère depuis plus d’une semaine et mobilisés toutes catégories confondues, bloquant les routes par des barricades, occupant les usines et les lieux de travail, passant d’entreprise en entreprise pour tisser des liens entre grévistes et convaincre les hésitants.

Ce sont aussi les travailleurs d’Islande qui depuis qu’ils ont appris que leurs classes dirigeantes les avaient joué au casino des subprimes, se rassemblent toutes les semaines, parfois tous les jours, conspuent ces mêmes classes dirigeantes et ont déjà fait tomber le gouvernement.

Dans toute l’Europe, les luttes sociales et la révolte grondent : de la Lituanie à la Lettonie, de la Grèce à la Bulgarie et de l’Italie à la France. La crise du capitalisme est internationale et notre réponse doit l’être aussi. La pire des tromperies serait de faire croire que nous devons nous défendre en tant que Français, soutenir l’économie française c’est-à-dire les patrons français, comme les syndicats anglais qui revendiquent que les entreprises anglaises n’embauchent pas des Portugais ou des Italiens !

Le 29 janvier a montré une chose : c’est en tant que classe travailleuse et pas catégorie par catégorie que notre mobilisation peut impressionner. Nous sommes une classe sociale. Les attaques des classes dirigeantes nous le rappellent tous les jours. Des milliards pour les capitalistes, dès qu’ils le demandent et, pour nous, pas un centime. Les pilotes de ligne de l’aviation ne se considèrent pas comme des prolétaires, mais les gouvernants les considèrent comme exploitables jusqu’à 70 ans. Les ingénieurs recherche de Renault ne se considèrent pas comme des prolétaires, mais le trust automobile les traite ainsi, lui qui les a stressés au point que certains se suicident au Technocentre de Guyancourt ; Pas plus que les enseignants-chercheurs, les conducteurs de train ne se voient comme des prolétaires mais le gouvernement et la direction SNCF les considèrent comme des prolétaires, flexibles comme les autres. Alors, prolétaires, unissons-nous !

A l’heure où les banquiers et les financiers refusent de faire crédit à Airbus, PSA ou Renault, pourquoi devrions-nous faire confiance au système plus que les capitalistes ? Pourquoi accepter des sacrifices sous prétexte de relancer l’économie et les investissements.

Défendons nos revenus de travailleurs : pas touche à nos salaires, à nos allocations et à nos retraites. Défendons nos propres perspectives : refusons leurs plans de relance, le chômage partiel, et leurs prétendues « réformes ».

Quelle réponse des travailleurs face à la crise du capitalisme ?

4 Messages de forum

  • C’est juste sur le fond, et nous pouvons remarquer que le secteur privé était bien représenté même si c’est très loin de correspondre à la situation économique et social que subissent bon nombre de travailleurs.
    Pour rectifier un chiffre, 100000 est le nombre de manifestants à Paris, et il semble que sur l’ensemble de l’hexagone, ce nombre soit proche du million...
    Là ou je ne suis pas d’accord, c’est qu’on ne peut pas savoir à l’avance si un secteur, une entreprise ou une région fortement touchée par les licenciements ou le chomage technique, ne va pas connaître une grève qui dépasse la simple journée de protestation.
    Des militants, même peu nombreux, devraient y proposer, justement après cette journée du 29, une perspective qui correspondent à la préoccupation des travailleurs quelque soit leur statut, profession etc..et en ayant l’objectif d’entraîner de plus en plus de monde, y compris dans des petites entreprises et dans des secteurs plus rétissants aux revendications ouvrières, comme les agriculteurs, les artisans et les petits commercants.
    En tout cas notre tract sur la crise et la situation mondiale a eu un très bon acceuil, d’autant que les organisateurs officiels de la manif-les syndicats- n’avaient rien à dire et à distribuer.
    Certains cortèges de la CGT ont surpris par le ton radical.
    On a pu entendre de vieilles chansons révolutionnaires et les gens reprenaient volontiers ces couplets contre les patrons et les bourgeois, y compris sur des rytmes plus actuels.
    Mais ce n’est pas le tout de donner envie ...quand au final les perspectives n’y sont pas.
    Chérèque a beau dire que les manifs étaient "historiques depuis 20 ans", il va avec d’autre s’empresser de négocier des "moindres" reculs pour tous les travailleurs et chomeurs.
    LA gauche réformiste ou anti-capitaliste s’est donc mise en ordre de marche contre la droite, mais l’union contre Sarkozy n’est pas plus le problème n°1, qu’avant.
    Les attaques du monde capitaliste ne vont pas se résoudre ni dans les urnes, ni par des promenades festives dans les rues.
    Les grèves "qui se voient" sont celles qui sont dirigées par les grèvistes eux mêmes et qui ont la force de convaincre et d’entrainer les hésitants, ceux qui n’ont jamais fait grève, ceux qui sont méfiants à juste titre des organisations syndicales et politiques, ceux qui ont peur de perdre leur boulot,ceux qui n’ont pas confiance dans leur capacité à changer la société, les lois, et le pouvoir quasi religieux que se donne les patrons et leur sous fifre.
    Par contre comme en 1936 ou 68, l’occupation des usines et des lieux de travail est un moyen de s’organiser, discuter et remettre en cause la propriété privé des patrons, actionnaires et rentiers, dont la fortune n’est que le produit de l’exploitation et aussi on le constate de manière éclatante en ce moment, le résultat de perfusion de milliards pris dans les caisses publiques.
    L’état vient au secours des patrons mais fait la chasse aux chomeurs et aux travailleurs qui se défendent.
    C’est l’etat des riches et des bourgeois, qui défend son système économique.
    Les communards de 1871 ont remplacé pendant 3 mois cette état par leurs propres orgaisations qui ont fait fonctionner les services essentiels à la population.
    Ces communards nous ont enseigné que les ouvriers avaient les capacités de se passer des politiciens professionnels, des patrons et des propriétaires, pour s’occupper enfin de leur propre vie.
    Mais que font d’ailleurs tous ces personnages en ce moment ?
    Pendant que l’assemblée se prépare à continuer d’envoyer encore plus de militaire français à l’étranger, c’est aussi l’ensemble des Etats du monde du plus puissants au moins, qui se concertent pour faire la guerre ou soutenir des massacres contre des populations en lutte contre la misère et la crise permanente d’un système qui jette des millions de travailleurs hors des usines, des villes ou des campagnes, sans la moindre ressource ou si peu.
    Les militants d’aujourd’hui 29 janvier devraient donc choisir entre le développement de nouvelles barbaries et le combat résolu contre la classe des exploiteurs par delà les frontières, quelles soient entre les pays, les régions, les professions, les entreprises et les corporations.

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    • « Là ou je ne suis pas d’accord, c’est qu’on ne peut pas savoir à l’avance si un secteur, une entreprise ou une région fortement touchée par les licenciements ou le chomage technique, ne va pas connaître une grève qui dépasse la simple journée de protestation ».....ton texte est tres bien a par ce petit trucs que voici mon avie la dessus...je pense que le savoir est important ou tanté de le savoir me semble très util.cela étant je pense que dire partout ou c’est possible que la grève général n’est pas le but des dirigent sindiceaux me parai important en n’étéyant sur les faits historique telle que 36 et d’autres dattes que l’histoir nous a ensségner avec précision. dire par tout ou c’est possible que ce n’est pas d’abord le debut de la grève général car les sindicats n’on pas l’intention que ça soit une et même je dirai sans aucun état d’ame qu’il son contre ou qu’il seron contre est tres important. a mon avies ce type didées mis en avant par les prolos me parais juste et justifiable dans notre milieu et même au delà"....Deux millions et plus manifestants ont parcouru les rues de la capitale et des grandes villes de France derrière les syndicats et les partis de gauche. C’est beaucoup mais ce n’est pas véritablement le début de quelque chose. Et d’abord, ce n’est pas le début d’une grève générale parce qu’aucun syndicat n’a jamais eu l’intention de lancer la grève générale en France. Même en 1936 et en 1968, il y a eu la grève générale mais aucune direction syndicale n’avait appelé à la grève générale."

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      • Tout à fait, comme dit le proverbe-un homme averti en vaut deux- et un travailleur en lutte averti en vaut beaucoup plus encore !
        Il est nécessaire d’éclairer tout ceux qui ont manifesté ou regardé avec sympathie la mobilisation du 29/01, sur l’action passée, présente et future des syndicats.
        Car même si la présence des partis de gauche est à retenir, ce sont surtout les syndicats qui voulaient apparaitre aux yeux de la classe dirigeante et donc des travailleurs, comme les seuls et uniques porte parole des milieux ouvriers et populaires, à une échelle nationale.
        Et il est clair qu’en ce début d’année, ces syndicats ne sont pas pris de court par un mouvement social qui leur échapperait.
        Ces organisateurs du 29/01 n’ont donc pas été tenu de convoquer partout sur les lieux de travail des assemblées permettant aux salariés de décider et discuter par delà les catégories et les statuts (CDI, CDD, sous traitants, ouvriers, techniciens, employés, etc..)d’une grève la plus large possible. Militer pour les syndicats, c’est être avant des bons négociateurs avec les "partenaires" sociaux que seraient les patrons.
        D’ailleurs dans la plupart des sections syndicales, les délégués ne connaissent même pas au quotidien les travailleurs qu’ils sont censés représenter.
        Par contre quand les gens décident sans les syndicats d’intervenir ensemble, les mêmes délégués n’hésitent pas à prendre et à monopolyser la parole au nom de leur mandat électif (éléction tous les 4 ans maintenant en France !).
        Les dirigeants syndicaux ont donc appris pendant des années avant d’être dans les salons de l’Elysée à tourner le dos aux travailleurs, et à signer des accords de fin de grève qui ont révolté et démoralisé beaucoup d’entre nous.
        Ils sont donc aujourd’hui le 29/01 en train de préparer l’avenir. Essayer d’apparaître comme incontournable au yeux des travailleurs. Ils savent comme les hommes politiques bourgeois, que l’heure de l’explosion sociale est proche. Il n’y a pas qu’en Islande ou la crise va pousser les gens à la révolte. Il n’y a pas qu’en Grèce ou en Egypte ou le pouvoir va utiliser le gourdin et provoquer des émeutes.
        LEs syndicats savent qu’un nouveau mai 68, en plus profond, est en gestation. Pendant que certain auront pour tâche de faire des lachés de vapeur, le feux sous la marmite continuera de bruler, car aucune réforme ne peut obliger les capitalistes à abandonner leur pouvoir et volonté de maintenir une société d’exploitation.
        Les syndicats pleurent le 29/01 pour soit disant récupérer quelques miettes "des salaires dignes, des pensions retraite augmentées de quelques %" , alors que tout le monde peut le constater : l’Etat déverse des centaines de milliards d’Euros pour les banquiers, les patrons et les actionnaires. En 2007, les ouvriers de Citroen Aulnay ont fait grève 6 semaines pour 300Euros d’augmentation, un salaire mini de 1500euros net et la retraite à 55ans. Pas une fois les directions syndicales n’ont cherché à populariser la grève et il va fallu attendre plusieurs semaines pour que la CGT en parle sur son site internet !!
        La CFDT vient de gagner sa plainte au procès en Appel, contre des intermittents du spectacle qui lui avaient des comptes après la signature d’un accord qui leur faisait perdre beaucoup de leur indemnité chomage et donc de leur revenu. Un syndicat qui utilise la justice bourgeoise contre des travailleurs : c’est le comble. Utiliseront t-ils autre chose dans l’appareil d’Etat bourgeois contre les travailleurs : sa police, son armée etc..En tout cas Lula qui est un ancien dirigeant syndical n’hésite pas à réprimer physiquement les travailleurs qui s’opposeraient à sa politique.
        LEs leçons à tirer sont celles d’un passé récent et le "rêve général" qu’on à pu lire sur les autocollants distribués par les partis de gauche, ne sont que des illusions qui servent à bercer et à rassurer , mais pas à organiser la grève générale.

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  • bravo pour l’éclairssiment de ce que les opreusseur pense des travalleurs en général cadre ou pas.

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