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Pourquoi la civilisation de Caral (Pérou) a brutalement et totalement disparu en 1500 avant notre ère ?

vendredi 8 mars 2019, par Robert Paris

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Pourquoi la civilisation de Caral (Pérou) a brutalement et totalement disparu en 1500 avant notre ère ?

Caral est la plus ancienne cité précolombienne d’Amérique et l’une des plus vieilles villes du monde. Bien des choses nous étonnent dans cette civilisation, en particulier le fait de ne retrouver aucune tombe. Elle date des débuts de l’ère des Pharaons.

Mis à part son ancienneté, ce qui caractérise la très vieille civilisation de Caral, en plus d’un vaste développement de constructions de pyramides, c’est l’absence de tout ce qui a trait à un appareil d’Etat, pas de guerre, pas de guerriers, pas d’institutionnalisation de la force armée sous aucune forme. Cela ne signifie pas qu’il n’y avait pas de divisions en classes sociales et d’exploitation. Il y avait une vaste agriculture et un développement de la pêche, et aussi un développement d’un commerce à grande échelle avec formation d’une classe riche.

Il existait 3 statuts sociaux au sein de la culture Caral :

• L’élite. Ce sont les personnes liées à l’activité religieuse et les chefs. Seuls eux vivaient près des temples religieux. D’ailleurs, les lieux de vie des « prêtres » étaient équipés d’un four individuel pour la cuisine et un four pour les offrandes pour l’ensemble de l’élite. Ils réalisaient des offrandes personnelles pour leurs dieux.

• La classe moyenne (les spécialistes). Ils dirigeaient la classe sociale la plus démunie que l’on peut appeler le « peuple ». Ces spécialistes étaient architectes, artisans, mathématiciens… Leurs maisons étaient bâties avec la technique de la Quincha. Cette technique consiste à placer des poteaux verticaux entre lesquels une sorte de grillage végétal est disposé. Ce grillage végétal est ensuite recouvert de boue pour consolider la paroi. Les murs étaient peints en jaune, on peut encore aujourd’hui voir des traces de cette peinture. On suppose que les pyramides étaient également peintes.

• Le peuple. Il vivait en contrebas de la citée sacrée autour du Rio, à proximité des champs d’agriculture.

Les aliments cultivés : courges, haricots, patates douces et coton.

Le coton tenait une place importante dans leur mode de vie car il servait à fabriquer des vêtements et comme monnaie d’échange pour les trocs.

Ils avaient un intérêt pour la musique comme l’a démontré les flûtes retrouvées sur le site. Ces flûtes en os de condor ou de pélican ne viennent pas de la civilisation mais d’Amazonie, ils ont dû être acquis par le troc également.

Ils utilisaient le quipu comme dispositif d’archivage ce qui est d’une grande importance historique.

On peut classer cette culture dans cette séquence chronologique :

- 3000 avant JC : période lointaine : terres possédées par des groupes de familles ou des lignées

- 3000 à 2600 avant JC : période ancienne : essor de la capitale, construction de places et d’édifices impressionnants

- 2600 à 2300 avant JC : fin de la période moyenne : agrandissement des bâtiments en superficie et en volume. Construction d’une grande plateforme et de places.

- 2200 à 2100 avant JC : début de la période tardive : bâtiments publics remodelé, construction de places, structure de plateforme rectangulaire

- 2100 à 1800 avant JC : fin de la période tardive : bâtiments publics remodelés, réduction de l’occupation du site.

La civilisation de Caral (Pérou), qui a précédé de deux millénaires les Olmèques et est apparue en 3000 ans av J.-C., a brutalement chuté en 1500 avant J.-C. sans indiquer clairement les raisons de cette disparition rapide et radicale, sans présenter notamment un adversaire armé qui aurait pu la renverser. Les sites ont été abandonnés, les monuments ont cessé d’être construits, mais aussi les habitants ont cessé de cultiver dans la région, le mode de production s’est effondré avec ses structures sociales et politiques.

Bien sûr, les commentateurs de l’Histoire, dans la lignée de la mode actuelle, ont prétendu expliquer sa chute par des causes environnementales, climatiques et autres causes naturelles mais ont omis de dire qu’un pouvoir, qu’une société qu’un mode de production, qu’une classe dirigeante ne disparaissent pas tout seuls et que, lorsque ce n’est pas une guerre qui le fait chuter, c’est alors une révolution sociale ou politique qui le fait….

L’âge d’or de la civilisation de Caral (Pérou) a duré largement plus d’un millénaire, jusqu’aux environs du 18e siècle avant notre ère. Il n’a pourtant fallu que quelques années pour qu’elle disparaisse...

On a tout fait pour croire que c’était la nature qui avait fait disparaître cette civilisation et on y donne même bien trop d’explications naturelles : tremblement de terre, ensablement, climat (sècheresse), etc…

Pour Mike Mosseley, l’extinction de cette civilisation aurait été provoquée par l’action conjuguée d’un violent tremblement de terre et du phénomène météorologique El Niño.

Rien, sur le terrain, ne fait penser à un massacre ou à une quelconque violence de la part d’un peuple n’ayant apparemment jamais construit d’armes de guerre.

Certes, à Caral, il n’y avait pas d’Etat, pas d’hommes en armes, pas d’armée étrangère à proximité, mais cela n’a pas empêché qu’à partir du moment où les conditions ne permettaient plus de nourrir la population, celle-ci se révolte contre le diktat des prêtres et des rois… Il n’y avait pas d’armes sur les sites de Caral mais le régime social et politique avait disparu corps et biens, laissant seulement les pyramides !!! La société des prêtres de Caral n’a pas été aussi éternelle qu’elle l’affirmait !!! Les paysans ont simplement abandonné à eux-mêmes les classes dirigeantes et leurs champs et sont retournés vivre dans la jungle !!! La société s’est effondrée définitivement...

Postérieure à la civilisation de Sumer (4.000 à 3.000 av. JC), contemporaine de la construction des grandes pyramides d’Egypte, la civilisation de Caral précède les Olmèques (1.200 à 500 av. JC).

Une civilisation anéantie en quelques générations …

Les environnementalistes croient avoir trouvé un exemple typique de leur thèse. Comme ils l’affirment aussi pour la chute de la civilisation Olmèque pour laquelle il est prouvé qu’une révolution sociale a renversé le pouvoir…

L’étude des plus anciennes villes d’Amérique latine a permis aux ethnologues de réfléchir à l’origine de la civilisation. La question se posait en effet : qu’est-ce qui a poussé les hommes à accepter d’abandonner l’ancienne structure familiale et tribale et l’ancien mode de travail, plus proche des gens, pour la domination politique d’un pouvoir central ?

La question est elle-même entachée d’erreur puisqu’elle suppose que le passage à la civilisation serait simultané à la fondation de l’Etat, ce dernier étant même considéré comme fondateur de la civilisation. On parle à tort de civilisation de l’empire chinois ou de civilisation des Pharaons. Cela sous-entend que la civilisation serait née en Egypte avec les rois et se serait manifestée d’emblée par leurs réalisations écrasantes : les pyramides. Selon cette thèse, le but de ce style impressionnant du pouvoir royal, l’architecture monumentale, serait de protéger la population contre des adversaires extérieurs, avancent nombre d’historiens de l’Antiquité qui n’attribuent la chute de l’Etat qu’à des agressions guerrières extérieures.

Selon l’ethnologue Jonathan Haas, la civilisation avait pour origine, pour force créatrice, la guerre. Selon cette thèse, la guerre de tous contre chacun datant du fond des âges n’aurait été interrompue que par le choix de la collectivité de se tenir sous la protection d’un chef, le roi, et de son armée. Cela supposait que l’on allait trouver des armées aux origines même de la civilisation. Ce serait elle qui aurait amené les hommes à accepter une autorité supérieure pour mieux se défendre des attaques armées. Pour lui, la civilisation était synonyme de l’Etat, organisme de peur, dont on retrouve la puissance dans les réalisations monumentales comme les pyramides de Caral (Pérou) et l’Etat était lié essentiellement à la guerre.

Tel était le point de vue défendu dans de nombreux ouvrages par Jonathan Haas et Winifred Creamer avant qu’ils ne soient invités par la chercheuse péruvienne Ruth Shady à venir examiner la plus ancienne ville retrouvée dans un désert du Pérou, la cité perdue de Caral (-2600 av JC) datée grâce à des roseaux servant à transporter des pierres. On remarque, dans la vaste cité, une organisation centralisée avec un forum et des pyramides. Il s’agit en fait du centre d’une grande civilisation qui a dominé toute la région. Jonathan Haas rapporte qu’il cherchait à vérifier son hypothèse : la première civilisation née de la guerre. Il va se convaincre du contraire en étudiant Caral : la civilisation est née des villes et elles-mêmes du grand commerce.

En effet, l’ethnologue cherche des remparts autour de Caral et découvre qu’il n’y en a pas. Caral n’a à se défendre d’aucune agression. Il cherche en vain des armes de guerre, des remparts militaires et des représentations de scènes de bataille sur les murs de la ville. Caral s’avère être une cité qui commerce avec une vaste région mais n’a pas d’activité militaire. Sa domination est commerciale. Cette cité commerçante échangeait les légumes produits à Caral grâce à l’irrigation contre les poissons pêchés sur la côte. La civilisation n’est pas née avec l’Etat, de la peur et de la guerre, mais du développement économique, l’agriculture ayant permis la formation d’un surplus, d’une classe dirigeante, et les villes étant nées du développement du grand commerce.

Voilà les conclusions des ethnologues Haas et Sharida. Leurs études dans la ville péruvienne de Caral n’a pas confirmé une thèse préétablie mais, au contraire, les a amenés à des conclusions opposées : ce n’est pas l’unité causée par la peur des adversaires guerriers qui a fondé les villes. Il n’y avait pas d’armées et pas d’Etat aux origines de la civilisation ! Des classes sociales, oui, des inégalités aussi mais pas la peur d’une attaque extérieure. Alors, l’Etat qui vient beaucoup plus tard n’est pas né de ce risque d’attaque extérieure mais du risque intérieur, social. Les pyramides, symbole de la domination du pouvoir politique central, ne sont pas nées avec la civilisation mais bien après. L’Etat, cette bande d’hommes en armes ne provient pas de la guerre. Il faut se faire craindre aussi à Caral alors qu’il n’y a aucun risque externe (par de fortification). C’est que le danger est intérieur.

La guerre intérieure, c’est la lutte des classes. Caral, société riche et développée sans Etat, a disparu sans laisser de traces, mais elle n’a pas été détruite par une armée. Elle s’est sans doute effondrée sous le poids de ses propres contradictions, du développement des inégalités et des luttes entre riches et pauvres, avant que la ville ne soit complètement abandonnée et que le mode d’existence qu’elle représentait ne disparaisse complètement. Plus on étudie le passé, plus il devient clair que les révolutions qui ont fait chuter une ville sont légion. Peu de traces de ces révolutions ne nous sont parvenues. On n’a de relation des révolutions qu’à partir du moment où celles-ci se sont attaquées à des Etats dont le rôle de conservation a été jusqu’à conserver les récits de leur propre déstabilisation.

Postérieure à la civilisation de Sumer (4.000 à 3.000 av. JC), contemporaine de la construction des grandes pyramides d’Egypte, la civilisation de Caral précède les Olmèques (1.200 à 500 av. JC).

Sa principale caractéristique est certainement son architecture monumentale tout en relief, formée de plateaux surélevés et de places circulaires creuses. Parmi les constructions de la quarantaine de sites identifiés jusqu’à présent, les archéologues ont découvert divers instruments de musique, ainsi que plusieurs indices faisant penser que cette civilisation maîtrisait la fabrication du textile, des drogues, et peut-être même de différents aphrodisiaques. On n’y découvre cependant aucune trace de céramique ni de poteries, pas plus que d’œuvres d’art.

A l’instar de bien d’autres civilisations, Caral a construit des pyramides, qui se dressent sur une surface de 65.000 mètres carrés et dont la plus grande mesure à sa base 150 x 160 mètres pour une hauteur de 18 mètres, le sommet étant plat et recouvert d’un amphithéâtre dont les gradins peuvent contenir plusieurs centaines de personnes. La population, estimée à une dizaine de milliers de personnes, avait mis au point un vaste réseau d’irrigation et cultivait du coton ainsi que divers légumes et fruits, et vivait aussi du produit de la pêche.

La cité de Caral, capitale de la civilisation, est sans doute la plus emblématique. Mais elle est loin d’être le seul témoignage de cette civilisation : pas moins de 19 sites ont été identifiés comme appartenant à la même période, sur une surface de 40 km, proche du littoral. Il y a entre autres, dans la vallée de Supe : Aspero, Chupacigarro, Miraya, Lurihuasi, Allpacoto ; et dans la vallée de Huaura : le site de Vichama.

L’âge d’or de Caral (Pérou) a duré largement plus d’un millénaire, jusqu’aux environs du 18e siècle avant notre ère. Il n’a pourtant fallu que quelques années pour qu’elle disparaisse...

Wikistrike :

« La civilisation de Caral ou Caral-Supe ou encore de Norte Chico est une société précolombienne complexe qui comprenait trente centres majeurs de population dans ce qui est aujourd’hui la région de Norte Chico au centre de la côte nord du Pérou, à environ 200 kilomètres de Lima. C’est la plus ancienne civilisation connue d’Amérique dont l’âge d’or se situe entre le xxxe et le xviiie siècle av. J.-C.1,2. Son autre dénomination, Caral-Supe, vient du site archéologique de Caral dans la vallée de la rivière Supe. Cette société du Norte Chico émergea juste un millénaire après celle deSumer, fut contemporaine des pyramides de l’Égypte antique et précéda celle des Olmèques de près de deux millénaires.

Dans la nomenclature archéologique, Caral est une culture pré-céramique de l’Archaïque tardif précolombien ; on n’y retrouve aucune céramique et, selon les traces archéologiques, elle semble avoir été largement dépourvue de réalisations artistiques. La plus impressionnante réalisation de cette civilisation est son architecture monumentale, comprenant des plateformes surélevées et des places circulaires creuses. Des traces archéologiques suggèrent une possible maîtrise du textile et aussi d’un culte lié à des symboles divins, deux éléments récurrents des cultures précolombiennes. Une forme complexe de gouvernement semble avoir été mis en place pour diriger la société, mais des questions restent en suspens concernant son organisation et, en particulier, l’impact de la gestion des ressources vivrières sur la politique.

Archéologie

Les archéologues ont pris conscience de sites anciens dans cette région d’Amérique au moins depuis les années 1940. Des travaux plus anciens ont eu lieu à Aspero, à proximité de la côte, un site identifié en 1905, puis ensuite à Caral, plus à l’intérieur des terres. Des archéologues péruviens conduits par Ruth Shady Solis fournirent la première étude approfondie de la civilisation, à la fin des années 1990, grâce à des travaux entrepris à Caral. Un article de 2001 paru dans Science magazine rapporte une étude sur Caral et, en 2004, un article de Nature décrit le travail de terrain et les datations au carbone effectuées sur une zone plus étendue. Ceux-ci révèlent l’importance de la civilisation de Caral et piquèrent la curiosité du public.

La civilisation de Caral a prospéré entre 3000 et 1800 av. J.-C., en même temps que la culture Valdivia, en Équateur. La société complexe de Caral émergea juste un millénaire après les sumériens et fut contemporaine des pyramides d’Egypte ; elle précéda les mésoaméricains Olmèques de près de deux millénaires.

Le Pérou Andin a été reconnu comme une zone de développement de civilisations, au même titre que le croissant fertile, par exemple. Ces régions sont au nombre de six dans le monde ; l’Amérique en compte deux, le Pérou Andin et la Mésoamérique.

La culture de Chavin, vers 900 av. J.-C., a longtemps été considérée comme la première civilisation de la région et est toujours généralement citée comme telle.

La découverte du site de Caral a déplacé les recherches auparavant effectuées dans les hautes terres des Andes (où les Chavins puis les Incas avaient leurs centres majeurs) vers le littoral péruvien et les régions côtières.

Le site de Caral est situé dans une région au Nord-Est de la côte, environ à 200 kilomètres de Lima ; il est grossièrement limité par la vallée de Lurín, au Sud, et la vallée de Casma, au Nord. Il comprend quatre vallées côtières : Huaura, Suoe, Pativilca et Fortaleza. Les sites connus sont concentrés dans les trois premières vallées, qui partagent une plaine côtière commune. Celles-ci couvrent seulement 1800 km² et les recherches ont porté sur les centres de population les plus denses.

En comparaison avec d’autres centres mondiaux de développement, le littoral péruvien apparaît par ailleurs un candidat surprenant pour les premiers développements d’une civilisation. La région est extrêmement aride, en raison de l’influence des Andes, à l’est, et des alizés du Pacifique, à l’ouest, qui arrêtent les précipitations. La région est cependant ponctuée de plus de cinquante rivières qui transportent la neige fondue des Andes et le développement d’une irrigation importante grâce à ces eaux de sources semble décisif dans l’émergence de Caral. Toutes les architectures monumentales trouvées sur les différents sites ont été trouvées près des canaux d’irrigation. »

L’interprétation de Wikisource :

« La disparition d’une civilisation aussi prospère s’est étalée sur un siècle soit entre -1900 et -1800. Le site étant situé à la rencontre de deux plaques tectoniques les tremblements de terre sont chose courante et ce tant à l’époque que maintenant, selon l’archéologue Ruth Shady. La population s’en accommodant facilement, réparant fissure et autre dommage apporté aux structures4. Cependant, une série de tremblements de terre d’une puissance minimum de 7 sur l’échelle de Richter, accompagné du dérèglement climatique El Niño ont entrainé la déchéance de ce peuple. Sur les bâtiments, des traces de réparation de fissures dues à d’anciens tremblements de terre sont visibles, tandis que les dernières fissures avant la disparition du peuple de Caral n’ont pas été réparées, ce qui permet de mesurer l’ampleur des dégâts causés. Par la suite, le sable ayant recouvert le tout, les structures ont été préservées des secousses sismiques suivantes et sont donc dans l’état où les habitants les ont laissées.

El Niño étant déclenché par un réchauffement de l’océan près des côtes péruviennes, là où se trouvaient des courants froids. Le mélange de chaud et froid entrainant des pluies très intenses, la disparition de nombreuses sortes de poissons pendant la période du dérèglement et des glissements de terrain. Ce dérèglement climatique laisse également des traces sur les coraux environnant ce qui permet de dater et d’affirmer la présence de ce phénomène climatique à ce moment-là. L’eau des pluies entrainant les éboulements causés par les tremblements de terre bouchant les rivières et détruisant certaines constructions. Le vent causé également par ce dérèglement entraîna le sable du littoral et couvrit les terres agricoles, détruisant tous les efforts de survie de ce peuple.

Selon Ruth Shady, archéologue ayant découvert et procédé aux fouilles du site archéologique de Caral, c’est cet El Niño plus puissant que les autres ou une accumulation de plusieurs événements coup sur coup qui aurait causé la fin de cette civilisation. Des photos satellites, l’étude des coraux, ainsi que des preuves sur le site archéologique même ont confirmé la probabilité de cette hypothèse. Des fissures non réparées, et des couches de sable non déblayées à l’intérieur des structures ont permis à cette archéologue d’accorder plus de crédibilité quant à la véracité de cette théorie. »

Classes sociales à Caral :

Caral

« Organisation sociale

« L’aspect politique

« La religion était l’instrument de contrôle et de coercition de la société, exercé par le groupe qui la dirigeait. Le pouvoir dans la population de Caral était détenu par un groupe d’individus, sur la base de leurs connaissances directement liées à la reproduction de conditions matérielles pour la survie de la population. Ce groupe de dirigeants était chargé de faire des observations astronomiques pour préparer le calendrier et indiquer ainsi les périodes de temps les plus propices à la réalisation des diverses activités économiques. Ils ont fixé les dates de semis et de récolte ; ils ont dirigé la construction des terrasses de culture et l’ouverture des canaux d’irrigation ; ils dirigeaient les échanges entre pêcheurs et agriculteurs ; et ils ont fait arriver les produits sur de longues distances, sur la côte, les montagnes et la jungle.

Les constructions faites à Caral étaient liées à certaines orientations obtenues à partir d’observations astronomiques, et il est probable qu’elles ont été érigées pour certaines étoiles, qui représentaient les dieux, régulateurs de la vie sociale. Au soleil, à la lune et aux quatre cabrillas, à l’étoile, etc. (qu’ils représentaient en tant qu’êtres divins) ils construisirent des temples dans lesquels une série de rituels de reconnaissance des avantages reçus était célébrée. Lors de ces cérémonies et rituels, ils engageaient toute la société. En bref, le pouvoir atteint par ces seigneurs était basé sur la connaissance qu’ils possédaient et sur le fait d’être un intermédiaire avec les dieux, afin de garantir l’ordre social et la reproduction des conditions de vie matérielles de la société. Ils ont développé des connaissances en mathématiques, en géométrie et en médecine, qui ont été intégrées aux travaux que les archéologues effectuent actuellement. Nous avons découvert des temples de 18 mètres de haut qui sont restés stables pendant des milliers d’années, construits avec des pierres et de la boue, constitués de terrasses et de places. Nous avons également observé les traitements médicaux qu’ils avaient administrés, par exemple avec des feuilles de saule, qui contiennent de l’acide salicylique, l’ingrédient actif de l’aspirine, et qui sont utilisés pour soulager la douleur ; et d’autres préparations dont les preuves sont encore en train de se retrouver.

Les preuves matérielles indiquent l’existence de classes sociales différenciées par leur localisation dans le processus de production. La classe dirigeante jouissait du surplus social, vivait dans de grandes maisons et possédait des objets de luxe, tels que des haches de quartz, des sièges de vertèbres de baleine et des colliers de perles exotiques. Leurs maisons étaient spacieuses et très élaborées. En revanche, la classe la plus nombreuse était consacrée aux travaux agricoles et aux services rendus dans la ville. Leurs maisons étaient petites et simples.

À Caral, il n’y a aucun signe de violence militaire, bien qu’il y ait eu de la violence pour ceux qui ne se conformaient pas aux normes de la société. le contrôle se faisait par la religion.

Aspect économique

Dans la vallée, les paysans ont creusé et nettoyé les fossés et entretenu leurs cultures de courge, haricots, courges, coton, patates douces, chili, maté, tutumo, pacay et goyave. Leurs autorités ont reçu une partie de leurs récoltes et ont rendu des services quand elles ont été appelées à un travail collectif sur les terres et les bâtiments des dieux.

Dans la rivière, ils ont extrait des crevettes et du poisson. Ils chassaient le cerf et le vizcachas ou cueillaient des fruits, des racines et des escargots dans les collines. Dans les zones humides, ils coupent les joncs et les roseaux, nécessaires à la production de shicras et de nattes.

À travers les routes transversales de la côte, les marchands de sierra et de jungle valley transportaient des produits de l’agriculture et de la pêche échangés contre des grumes, des herbes, des graines, des pigments, des plantes médicinales et des escargots provenant d’installations lointaines ; qu’ils ont fait circuler en même temps dans les villes côtières.

Les pêcheurs de la côte ont extrait des anchois et des sardines, ainsi que des machas et des choros. Ils ont séché le poisson et séparé les mollusques pour échange. Comme les paysans, ils ont livré une partie des ressources extraites et étaient au service de leurs autorités.

Les agriculteurs fournissaient aux pêcheurs du coton, une fibre indispensable pour la constitution des vastes réseaux qu’ils utilisaient auparavant ; dans le même temps, les habitants de la vallée ont acquis des produits marins, nécessaires pour compléter leur régime alimentaire. C’est ainsi que s’est formée la première intégration socio-économique entre régions, donnant lieu à une dépendance mutuelle et à une spécialisation professionnelle.

Les seigneurs de Caral avaient également des relations commerciales avec des colons d’autres régions, principalement avec ceux de la côte, qui leur fournissaient du poisson et des mollusques. Ils ont également échangé des produits avec les costeños de Pativilca et de Fortaleza et ont même eu des liens avec des lieux lointains tels que Kotosh dans le Huallaga, La Galgada à Tablachaca, au Père Noël ; Piruro dans le Marañón et Huaricoto dans le Callejon de Huaylas.

Les échanges intenses ont généré un processus économique dynamique entre les régions et ont favorisé l’accumulation. Ces conditions ont permis à la société Supe de renforcer son processus d’intégration politique sous la forme d’un gouvernement d’État et ont favorisé la formation de classes sociales. L’efficacité de cette forme de gouvernement peut être quantifiée par la montée des constructions de grands complexes monumentaux, entreprises par l’État. »

Conclusions :

Peut-on conclure ? Certainement pas encore du fait de notre grande ignorance. Peut-on se contenter d’interprétations naturelles ? Surement pas non plus. La population, estimée à une dizaine de milliers de personnes, avait mis au point un vaste réseau d’irrigation et cultivait du coton ainsi que divers légumes et fruits, et vivait aussi du produit de la pêche : on n’abandonne pas définitivement un tel système social et économique sans que cela signifie un renversement du régime social et politique. Caral ne disposait pas d’un Etat pour imposer sa loi à une population affamée par les conditions naturelles exceptionnellement catastrophique. Des guerriers ou des chefs, ce n’est pas un Etat, au sens où ce n’est une force permanente suffisante pour faire face à une vague révolutionnaire ! Le seul fait que ceux qui travaillaient la terre et les autres travailleurs aient abandonné leur travail est déjà une révolution sociale...

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