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L’étonnante civilisation de Nazca et sa chute brutale suivie d’une complète disparition

mardi 12 mars 2019, par Robert Paris

Lire sur les Amérindiens Les Nazca sont surtout connus pour leurs géoglyphes immenses seulement visibles du ciel

Les regards installés par les Nazca le long des canalisations souterraines La connaissance et l’utilisation des failles dans les montagnes pour canaliser les eaux

D’innombrables vases Nazca en céramique ou en terre cuite représentent des soldats Nazca, décapitant des ennemis ou des peuples soumis, et portant leurs têtes en guise de trophées guerriers

Les coupeurs de têtes

Les deux chutes de la civilisation péruvienne Nazca, en 350 et 600 de notre ère

Avertissement : Nous ne nous étendrons pas sur les thèses extraterrestres à propos des Nazca, ni sur les prétendus Aliens, ni à propos des interprétations fantasmagoriques des géoglyphes, ni à propos des momies qui ne seraient pas humaines (il n’y a rien de surnaturel à des crânes allongés produits par des bandelettes attachées au crâne du bébé, ni à des déformations osseuses provoquées par des tortures et des lanières et momifications de corps), ni sur Nazca et l’Atlantide et j’en passe…Tant pis si l’extraordinaire dans l’histoire des Nazca n’est pas ce que l’on croit ! Il ne nous semble pas que toute l’histoire de la civilisation Nazca s’explique par des mythes, des légendes, des croyances, des théories du type de celles que défendaient les Nazca eux-mêmes ! Nous croyons, au contraire, que la société Nazca s’explique de la même manière que les sociétés modernes, par des nécessités économico-sociales et par les méthodes politiques qui en découlaient pour gérer la société, ce qui signifie l’apparition d’un surproduit, la division du travail et son exploitation, l’apparition de la société de classes et de l’Etat. Mais aussi l’apparition de la lutte des classes et de la révolution sociale.

Etonnante et effrayante civilisation Nazca : des spécialistes de sismologie et d’hydraulique, connaissant parfaitement les Andes, leurs sources, leurs failles, leurs structures, des astrologues en même temps céramistes et tisserands, mais surtout des guerriers féroces, tortionnaires, coupeurs et retrécisseurs de têtes, oppresseurs et exploiteurs de tous les peuples voisins !!!

Les Nazca (ou Nasca, nom qui a été donné à cette civilisation sans écriture, sans que le nom qu’ils se donnaient soit connu), connue pour ses géoglyphes immenses tracés (des dessins seulement visibles du ciel !) dans le désert du Pérou, qui s’est développé parallèlement à la civilisation Mochica, ont chuté en 350 de notre ère, se sont reconstruits ensuite, pour finalement chuter et leur civilisation a définitivement disparu en 600 après J.-C.

Le plus étonnant, même si tout le monde trouve les géoglyphes les plus étonnants, c’est que cette civilisation s’est construite… en pleine région désertique !!!Nous avons affaire à de grands spécialistes des techniques d’irrigation, d’hydraulique, de fabrication de canalisations qui ont permis de conserver de l’eau et de transformer le désert en champs…Ils allaient parfois chercher l’eau dans la montagne et l’amenaient par des canalisations parfois souterraines ! Ces canalisations nécessitaient des techniques très perfectionnées, prévoyant même des aérations pour purifier l’eau ! Les aqueducs nazca fonctionnent encore aujourd’hui pour irriguer des terres !!!

Des rivières (Rio Ica, Rio Nazca, Rio Grande et ses sources, Rio Pince, Rio Acari, etc.), ils détournaient une partie de l’eau dans des canaux pour ensuite irriguer des terres fertiles chargées d’éléments riches déposés par les vents et les rivières. L’eau détournée en amont suit alors la pente la plus douce pour s’écarter au plus loin de la source. Puis, par gravité, des canaux secondaires et tertiaires sont construits et creusés pour amener l’eau directement dans chaque parcelle. Rien de bien original au début. Mais cela ne permettait que d’irriguer de faibles zones à basse altitude. L’essentiel de l’agriculture se fait donc plus à l’est, plus en Altitude entre 400 et 2000 mètres d’altitudes. Au dessus de 800 mètres, ont commencés à se développer des systèmes irrigués, là où le flux d’eau est presque constant toute l’année. Date difficile à élaborer aujourd’hui, le développement démographique des populations Nazca a probablement provoqué une pression de plus en plus forte à la colonisation de ces terres. L’état central Nazca, déjà bien développé afin d’entretenir la cosmogonie de cette civilisation tout en organisant efficacement de grands domaines irrigués, a commencé progressivement à proposer des solutions pour étendre les terres à ces altitudes plus basses où l’eau fait défaut, et ainsi répondre à la croissance démographique de sa population. On sait aujourd’hui que les élites Nazca avaient une connaissance très précise de la géologie, de la sismologie et de l’hydrologie de la zone. Qu’elle ait été acquise à cette occasion pour répondre aux besoins de la population, où qu’elle était déjà postérieure et a été facilement mobilisée au moment voulu, n’a pas plus d’importance que de savoir qui de l’œuf ou de la poule est apparu en premier. Quoi qu’il en soit, l’élite Nazca a analysé cette partie de son territoire, et pour résoudre le problème d’eau a décidé de creuser à l’horizontal depuis une altitude plus basse afin d’atteindre les nappes phréatiques où de grands quantité d’eau s’infiltrent naturellement, et ceci du à la nature très poreuses de certaines couches géologiques de la région. Ces tunnels sont appelés Puquios et s’enfoncent souvent très profondément dans les entrailles de la terre afin d’en ramener l’eau nécessaire à l’agriculture. Des puits sont régulièrement creusés le long de l’aqueduc souterrain ou Puquios. Ces puits où ojas, servent à la fois pour entretenir le canal souterrain et de source d’eau pour les populations adjacentes. Ces aqueducs forment non pas des unités séparées, mais constituent bien un réseau complexe, où les jeux de failles, fréquentes dans cette région sismique, provoquent des passages d’eau souterrains qui resurgissent en surface parfois des centaines de mètres plus loin. Notre ignorance partielle sur ces puquios montrent l’extrême ingéniosité et connaissance de ces Nazca qui ont su domestiquer une région parmi les plus arides du monde pour un faire un véritable jardin cultivé.

On ne connaît pas de villes du peuple Nazca, mais il a été découvert par contre un gigantesque centre religieux encore peu exploré, la cité de Cahuachi.

Leur civilisation éclot vers 200 av. J.-C., autour des oasis fluviales d’une région aride au sud du Pérou. Ils y développent une agriculture prospère, entre la côte et les hautes terres, y cultivent de la patate douce, du maïs, des haricots, du piment, des goyaves, des lucumas, du coton, des cannes à sucre, y élèvent des lamas et des alpagas, pêchent des mollusques et des poissons.

Les Nasca se sentaient intimement liés à la nature qui leur donnait toutes leurs ressources. L’eau y était rare et sacrée. La vie tenait aux fils des fleuves qui descendaient de la montagne, aux largesses de la pluie qui les remplissait. Un monde sans eau était un monde mort. Il fallait parler aux dieux pour que le ciel ne s’épuise jamais. Les Nazca les sollicitaient en langage symbolique du dessin et de la musique, mais aussi, de manière plus directe, en état de transe.

Les tâches imposées la société Nazca étaient monumentales, non seulement pour leurs constructions, leur irrigation (un travail considérable), leurs cultures agraires, mais aussi les porteries et surtout le tissage qui atteignait des quantités invraisemblables, sans parler du travail pour dessiner et conserver les géoglyphes… Tout cela supposait une surexploitation violente des populations locales et même de l’esclavage ainsi qu’un système politique de terreur. D’où les têtes collectionnées, retrécies et présentées « artistiquement » pour prouver la violence de la société militaire Nazca. Nous allons voir que cela n’est pas étranger à la manière, violente et brutale, avec laquelle cette civilisation a disparu.

Une fois encore, pour comprendre une chute de civilisation d’Amérique précolombienne, on a fait appel aux catastrophes, soit naturelles (pluies diluviennes, sécheresses, vent de sable) ou humaines (surexploitation des richesses, déforestation, etc.), mais il est évident qu’elles n’ont été que le prélude et l’incitateur de révolte sociale renversant un régime d’exploitation et d’oppression honni.

Nombre d’auteurs présentent la chute de cette civilisation comme une « catastrophe écologique » : voir ici

Voici un film qui présente cette thèse

Pour eux, il ne peut s’agir d’une action sociale des opprimés se soulevant contre une société d’oppression et d’exploitation !

Ils parlent seulement d’inondation catastrophique ou d’épuisement des ressources.

Wikistrike offre une autre version :

« Ces figurines surgies du passé ne doivent cependant pas faire oublier l’effondrement brutal de la civilisation Nazca, il y a 1700 ans, après plus de 6 siècles d’une domination sans partage sur cette partie du monde. Que s’est-il passé pour que Cahuachi sombre aussi rapidement dans l’oubli, comme enterrée vivante ? Giuseppe Orefici évoque deux événements importants qui se sont déroulés entre l’an 300 et l’an 350 de notre ère. Tout d’abord une inondation particulièrement violente, dont les traces ont été retrouvées partout sur le site au cours des fouilles. Ensuite, un tremblement de terre qui détruisit les temples de Cahuachi, comme en atteste la découverte de squelettes broyés sous des pans de murs effondrés. L’anéantissement de ces centres cérémoniels a très certainement joué un rôle crucial dans l’abandon de la cité : privée de ses lieux de culte, la religion des Nazcas ne pouvait plus fonctionner correctement. Dévastée, Cahuachi fut donc abandonnée aux sables du désert. Giuseppe Orefici émet l’hypothèse que les Nazcas auraient eux-mêmes enseveli la cité à des fins rituelles. Sa théorie repose sur l’observation des édifices, qui sont recouverts d’une couche d’argile qui n’a pu être transportée là que par des hommes.

Les Nazcas, quant à eux, ne survivront que deux ou trois siècles à l’ensevelissement de leur grande cité cérémonielle, finissant par être absorbés par la civilisation des Huaris, une autre peuplade venue des Andes avec laquelle ils avaient des relations commerciales. Plus tard encore viendra l’empire Inca, mais à cette époque le nom même des Nazcas aura disparu, et Cahuachi ne sera plus qu’un souvenir lointain dormant sous les sables du désert. »

source

Il est visible que les conditions climatiques comme causes principales de la chute sont un a priori et non une observation. Par exemple, certains affirment que c’est une sécheresse et d’autres des pluies diluviennes. Ils les situent d’ailleurs à des dates qui ne sont pas celles de la chute de cette civilisation.

Voici par exemple un auteur qui explique qu’une sécheresse exceptionnelle a frappé la région entre 800 et 900 après J.-C. : difficile d’expliquer ainsi le déclin de 350 après J.-C., ni la fin spectaculaire et brutale de 600 après J.-C. !

Cette fois, même Wikipedia est capable de concevoir qu’il puisse s’agir d’une révolution sociale :

« Après environ six siècles d’existence, la civilisation Nazca décline brutalement vers 350. L’explication semble être une perte de foi due à la conjonction entre une inondation et un séisme. Cette inondation aurait été plus catastrophique que les autres (elles étaient fréquentes) à cause de l’agriculture intensive. Ces événements auraient provoqué une perte de confiance des Nazcas en leurs dieux et donc, en leurs prêtres. »

source

« Les céramiques sont parmi les aspects les plus originaux et le mieux connu de la civilisation Nazca, à cause de leur sophistication technique et du symbolisme de ces motifs. Il s’agit surtout de bols, de gobelets, de vases et de récipients à double goulot. Peu colorées durant la période Nazca initiale, elles sont d’une grande richesse polychrome par la suite, durant les périodes Nazca moyen et Nazca tardif. Les couleurs les plus employées sont des teintes chaudes comme le rouge, le marron, le jaune, le violet, ainsi que le noir et le blanc

Les Nazcas vivaient de l’agriculture intensive qu’ils pratiquaient dans les étroites vallées des affluents du Rio Grande de Nazca ainsi que dans la vallée d’Ica, Ils avaient fortement développé l’irrigation pour pallier le manque d’eau chronique dans cette région aride en construisant des puits profonds de plusieurs mètres reliés par un réseau d’aqueducs souterrains. Ces aqueducs sont encore utilisés de nos jours. Ils vivaient dans des huttes recouvertes de chaume situées à l’extérieur de la zone cultivable, c’est-à-dire à la limite du désert, de manière à maximiser la surface cultivable. Ces huttes étaient regroupées en bourgades autour d’une pyramide en adobe servant de sanctuaire. Le site central était Cahuachi (durant les cinq premiers siècles de l’ère chrétienne), à 6 km de la ville actuelle de Nazca. C’était un centre exclusivement cérémoniel (les fouilles n’ont révélé aucune trace d’activité de vie quotidienne) qui comprenait plus de quarante buttes pyramidales surmontées de structures en adobe. La plus grande de ces pyramides comportait six terrasses superposées dépassant 20 m de hauteur. Lors de cérémonies religieuses, des têtes humaines (d’ennemis) étaient coupées et préparées comme trophées puis enfouies. On a également trouvé des têtes humaines au front percé, permettant ainsi de les suspendre à l’aide d’une corde pourvue d’un nœud, passée dans l’orifice. Les Nazcas pratiquaient aussi la déformation crânienne. On faisait porter un déformateur en cuir aux nouveau-nés, pendant un an, ce qui contraignait la croissance du crâne vers le haut. Le but était vraisemblablement esthétique. »

En fait d’esthétique, il s’agissait probablement d’une manière de faire en sorte que la classe dirigeante, noble et guerrière, se distingue des simples paysans et artisans et les domine y compris par l’apsect extérieur.

Les Nazca avaient développé une société théocratique et militaire avec une politique guerrière expansive, écrasant les peuples voisins. La conquête des terres a été faite à la recherche de plus grandes ressources qui était rendue nécessaire par leur confrontation avec le désert. L’utilisation de têtes de trophée est connue comme un mécanisme permettant de contrôler par la terreur les populations voisines traitées en ennemies. Les chefs Nazca avaient en effet l’habitude de suspendre la tête de leurs ennemis morts en trophées. Max Uhle, découvreur de la civilisatio Nazca, a inventé le terme "tête de trophée".

Dans cette société dominée par guerriers et prêtres, dans cet État théocratique militariste, paysans artisanaux et pêcheurs constituaient la main-d’œuvre.

N’oublions pas que l’antique nom de « Nazca » signifiait la mise à mal ou la torture… Nazca aurait été une prison des peuples qui expliquerait la masse incroyable de travaux titanesques réalisés par cette « civilisation » de l’exploitation de l’homme… Et peut-être aussi sa chute dès que des conditions naturelles plus défavorables se sont produites et ont engendré une perte de confiance ou de soumission à cet Etat oppressif…

L’élite nazca vivait dans les constructions pyramidales. La vie civile est dirigée par une élite sacerdotale. Le pouvoir d’Etat était noble et guerrier. Les exploités étaient pêcheurs ou paysans. Les Nazca organisaient aussi le grand commerce, notamment avec les Huarpa et Tiahuanaco.

Si cela ne peut pas être une armée d’un Etat voisin qui ait attaqué cette civilisation, cela peut, par contre, être une révolte d’esclaves, de l’un des peuples voisins, soutenue de l’intérieur par des esclaves issus de ce peuple. Et, dans ce cas, il faut parler non de guerre mais de révolution sociale, d’explosion contre la surexploitation et contre l’oppression, d’autant qu’alors c’est l’ensemble du mode de production qui est détruit et pas seulement l’édifice politique, les anciens peuples esclavagisés retrouvant leur liberté et retournant à leur ancien mode de production et d’existence, soit de chasseurs-cueilleurs, soit de petite production de cultivateurs indépendants.

Cahuachi, centre rituel Nazca

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