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L’action de l’impérialisme anglo-américain contre la menace prolétarienne au Japon

jeudi 27 septembre 2007, par Robert Paris

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Japon

Comme tous les pays vaincus, le Japon a été frappé de mort massive contre les quartiers populaires des grandes villes. Après le bombardement aux armes classiques de toutes les grandes villes dont le plus impressionnant, celui de Tokyo, c’est le bombardement atomique de Hiroshima et Nagasaki. Pas plus que les autres, il n’est justifié par un objectif militaire. Il a lieu les 6 et 9 août 1945, alors qu’en juillet 1945, l’Etat japonais a déjà proposé sa reddition. Mais les Alliés ne se voient pas immédiatement prendre la direction d’un Japon où s’est effondrée toute confiance dans les classes dirigeantes, où les sacrifices ont été énormes et les exigences sociales vont l’être d’autant plus que gouverne un régime semi féodal. Avec l’Allemagne, le Japon est même l’un des pays où les alliés craignent le plus l’apparition d’un mouvement ouvrier et révolutionnaire. Avant même que la défaite soit annoncée le discrédit du régime parmi les travailleurs était considérable, en proportion des mensonges du pouvoir fasciste japonais sur la « grande Asie » qui allait dominer le monde et des sacrifices énormes imposés par la dictature féroce. Cela s’est traduit par une première vague de grève qui a amené les Américains à craindre énormément ce que serait l’après guerre dans ce pays. C’est cela leur principale préoccupation lorsqu’il devient évident que le Japon va capituler.

En 1945, le régime japonais est vaincu et demande l’armistice, mais les dirigeants alliés refusent de désigner des plénipotentiaires. Obtenir la reddition des Autorités, c’est risquer une remise en cause radicale de la part de la population et tout particulièrement de la classe ouvrière. Elle a subi de très durs sacrifices de la part du fascisme japonais durant de longues années et peut brutalement se réveiller en voyant que désormais la classe dirigeante est battue et discréditée. Il faut que cette défaite apparaisse incontestable au point que la population soit elle-même écrasée. C’est le but des bombardements massifs. C’est à ce moment qu’ils lancent les deux bombes atomiques à Hiroshima et Nagasaki. L’objectif n’est pas militaire. Il ne s’agit pas de faire céder le Japon, déjà prêt à capituler. Il s’agit de terroriser encore plus la population pour éviter que la défaite n’entraîne des mouvements révolutionnaires du fait du discrédit du pouvoir. La bombe atomique n’aura pas plus d’effet meurtrier que le bombardement qu’ils pratiquent déjà sur les villes. Le 8 mars 1945, Tokyo reçoit 2000 tonnes de bombes, le quart de la ville est rasé et il y a 83 000 morts. Suivent les bombardements des villes de Nagova, Osaka, Kobé et des dizaines d’autres. Ce qui est visé systématiquement comme dans tous les pays vaincus en Italie, en Allemagne et en France, ce sont les populations civiles. Il y a 100 000 morts à Hiroshima dont les trois quarts sont des civils et le bilan est dix fois plus important du fait des radiations dans les mois et années qui suivront. Avec la bombe atomique, ce qui est recherché plus que l’efficacité c’est le choc sur les populations et la démonstration de suprématie. Au Japon c’est ce qui offre une porte de sortie honorable pour le Mikado. Cela apparaît comme une justification : le Japon doit céder devant un adverse plus fort qui pourrait bombarder tout le pays. En réalité, les USA disposent uniquement de ces deux bombes. Et l’effet sera également important au delà sur les peuples d’Asie qui menacent de se révolter. Au total il y a au Japon 700 000 morts de la vague de bombardement et un million de blessés. La ville de Tokyo qui comptait 6 millions d’habitants en 1940 n’en comptait plus que 2 700 000 et l’essentiel des habitants de villes avait pris les routes pour se disperser dans les campagnes. L’armée américaine avait fait en sorte par ces moyens barbares de n’avoir aucun risque d’une classe ouvrière en révolte devant elle. Il n’y avait plus qu’un pays en ruine dans une situation de misère inimaginable avec une domination étrangère et un gouvernement militaire américain dirigé par le général Mac Arthur. Dans « Mac Arthur, un César américain », William Menchester relate que les villes du Japon « n’étaient plus qu’une décharge de ferraille… Les villes offraient un spectacle incroyable. Pas de téléphone, pas de train, pas d’usine d’électricité… Hiroshima et Nagasaki étaient réduits à l’état de caillou vitrifié ; les autres grandes villes, Tokyo comprise, n’allaient guère mieux. A l’exception de quelques maisons à l’épreuve du feu et des tremblements de terre, tout était réduit en cendres et en escarbilles. Là se réfugiaient ceux qui ne vivaient que dans des huttes primitives. »

Howard Zinn rapporte dans « Le 20e siècle américain » : « Faisait-on réellement la guerre pour démontrer que Hitler se trompait quant à la supériorité de la race aryenne ? (…) Un des aspects de la politique américaine semblait s’inspirer directement du fascisme. Il s’agit du sort réservé aux Américains d’origine japonaise de la côte Ouest. Après l’attaque de Pearl Harbour, une hystérie anti-japonaise éclata au sein du gouvernement. Un membre du Congrès déclara même : « Je suis pour que l’on se saisisse de tous les Japonais en Amérique, de l’Alaska à Hawaï, et qu’on les mette dans des camps de concentration. (…) Qu’on s’en débarrasse ! » (...) Cent mille hommes, femmes et enfants furent expulsés, regroupés dans des camps au plus profond des Etats-Unis et gardés dans des conditions de captivité. Les trois quarts d’entre eux étaient (…) citoyens américains. (…) La grande majorité des Américains se trouvait mobilisée, dans l’armée comme dans la vie civile, en faveur de la guerre. (…) La haine de l’ennemi, et en particulier des Japonais, était largement partagée. Le racisme s’épanouissait. Le magazine « Times », rendant compte de la bataille d’Iwo Jima écrivit : « Le Jap de base est parfaitement ignorant. Peut-être est-il humain. En tout cas, rien ne l’indique. » Il y eut donc bien un large soutien à ce qui devait devenir la plus abominable campagne de bombardements de civils jamais entreprise au cours d’une guerre : les attaques aériennes sur les villes allemandes et japonaises. (…) L’apogée de ces bombardements terroristes fut celui de Dresde, début 1945. Au cours de cette opération, l’extraordinaire chaleur dégagée par les bombes provoqua des incendies qui ravagèrent la ville. Plus de cent mille personnes périrent à Dresde. (…) Le pilonnage des villes japonaises correspondait également à cette stratégie destinée à détruire le moral des civils. Un bombardement nocturne sur Tokyo fit quelque quatre-vingt mille victimes. Puis, le 6 août 1945, apparut dans le ciel d’Hiroshima un unique avion américain qui lâcha la première bombe atomique faisant environ cent-mille morts et des dizaines de milliers d’autres victimes qui allaient mourir lentement de l’effet dévastateur des radiations. (…) Trois jours plus tard, une autre bombe atomique était lâchée sur Nagasaki, faisant environ cinquante mille victimes supplémentaires. Ces actes atroces furent justifiés par la nécessité d’accélérer la fin de la guerre et d’éviter d’envahir le Japon. (…) En août 1945, le Japon était déjà dans une situation désespérée et prêt à se rendre. (…) Les cent mille morts d’Hiroshima étaient presque tous des civils. Le US Strategic Bomb Survey déclara quant à lui dans son rapport que « Hiroshima et Nagasaki avaient été choisie pour cibles en raison de leur forte concentration d’activités et de population. » (…) Après la reddition du Japon, les puissances fascistes étaient battues. Mais qu’en est-il du fascisme en tant qu’idée, et en tant que réalité ? » Anéantir le fascisme et les fascistes n’était pas l’objectif de l’impérialisme US lui qui maintenait même au pouvoir l’empereur Hiro Hito, grand organisateur du régime fasciste. Comment l’impérialisme pourrait-il vouloir détruire définitivement le fascisme puisque celui-ci n’est rien d’autre que l’anéantissement physique et moral de toute possibilité pour la classe ouvrière de faire la révolution sociale ? Cet anéantissement n’était-il pas le premier objectif des Alliés à la fin de la guerre ?

Les USA n’allaient pas se contenter de terroriser la population puis de faire la police dans le pays. Ils voulaient régler un certain nombre de problèmes pour éviter que, la guerre passée, les luttes ne reprennent de plus belle contre eux directement cette fois. Ils réglaient le problème du régime qui allait succéder en en prenant eux mêmes d’abord la direction par l’occupation militaire et par l’arrestation d’une grande partie de l’appareil d’Etat précédent, une bonne manière d’éviter à la population de s’en prendre aux anciens dirigeants. Mais ils ont fait bien plus, ils ont même volé aux travailleurs japonais leur révolution sociale en réalisant une partie de ses objectifs par en haut, en renversant tout l’ancien système légal qui avait cours au Japon et en modernisant toutes les règles de vie sociale, de la vie politique et même de la vie civile et renversant le système social au pouvoir, en expropriant les grands patrons japonais et grands propriétaires terriens. Mac Arthur n’avait pourtant rien d’un réformiste. Ce militaire réactionnaire avait peu avant occupé le Philippines et y avait restauré, les armes à la main, le pouvoir des grands propriétaires terriens contre les paysans en révolte, contre toute réforme agraire y compris celle qu’avaient entamé les occupants japonais. Seulement, au Japon c’est la révolution ouvrière que les occupants américains craignaient et, en face de celle-ci, ils savaient qu’il n’y aurait plus aucune confiance dans la classe dirigeante japonaise et dans aucun gouvernement japonais. Il n’y avait plus d’autre garde fou que la force armée américaine qui pouvait, face à une révolution sociale, n’être qu’un fétu de paille. Mac Arthur a promulgué plus de 700 lois nouvelles bouleversant de fond en comble les structures politiques et sociales, avec une nouvelle constitution, un gouvernement responsable devant un parlement, avec l’égalité juridique et le droit de vote des femmes, avec la suppression des droits féodaux, l’épuration de 200 000 personnages haut placés dont les officiers et les politiciens et les corps de répression les plus détestés. Le problème des grèves était résolu d’avance puisque l’essentiel de l’économie était démantelée, les grands trusts expropriés. En août 1944, un impôt sur le capital était instauré allant jusqu’à 90% pour les plus grosses fortunes. Eh oui, il ne s’agit pas d’un pays du bloc de l’est mais de la politique menée par l’armée et le gouvernement des USA. Les trusts ont quand même trouvé le moyen de résister et de faire traîner les choses. Ils ont d’abord signé leur dissolution volontaire puis ont influencé la commission chargée de leur suppression. Et, en juillet 1947, quand il s’est agi de mettre en pratique ce n’était plus la préoccupation des USA d’éviter un soulèvement des travailleurs du Japon mais de combattre l’URSS et pour cela de s’appuyer sur le Japon. Les USA ont également réalisé la réforme agraire du Japon qui était resté sous structure féodale. Les propriétaires de grandes terres n’ont pu conserver que 3 hectares maximum et les anciens métayers ont récupéré les terres restantes. En deux ans plus de la moitié des terres changea de mains. Le nombre de paysans sans terre est passé de 30 % à moins de 5%. Cette réforme que la bourgeoisie japonaise aurait été incapable de réaliser car trop liée aux grands propriétaires fut donc réalisée par la puissance occupante américaine, grâce à la crainte des masses populaires par l’impérialisme US ! Quant à la classe ouvrière japonaise, elle s’est montrée effectivement comme une force menaçante pour les bourgeois. En décembre 1945, on est passé de zéro à 509 syndicats. En un an il y avait 17 000 syndicats regroupant 5 millions de syndiqués. Très vite, les grèves ont inquiété non seulement le patronat et le gouvernement japonais, mais les autorités américaines. Les grèves étaient non seulement revendicatives mais radicales, ne craignaient pas de toucher le sacro-saint droit de propriété. Ainsi en octobre 1945, les employés et journalistes d’un grand journal en grève le sortirent et lui donnèrent un contenu tellement contestataire qu’ils firent rapidement céder le patron. En décembre 1945, les cheminots d’une compagnie privée en grève faisaient voyager gratuitement les passagers et se servaient dans la caisse pour se payer. Toujours en décembre 1945, les mineurs décidèrent d’exploiter eux mêmes les mines ramenant la journée de travail de 12 à 8 heures. En janvier 1946, chez Toshiba c’est un comité regroupant les syndicats de douze usines différentes qui prit l’entreprise en mains. Dans tous ces cas les patrons cédèrent rapidement. L’effervescence populaire a gagné tout le pays au printemps 1946. La population affamée manifeste partout pour réclamer du riz. Le 12 mai, les manifestants forcent les grilles du palais impérial. Il faut dire que le seul reste que les américains aient choisi de conserver de l’ancien régime était justement son chef, l’empereur ! Les revendications des manifestants n’étaient pas seulement économiques mais politiques : gouvernement démocratique, arrestation des criminels de guerre, contrôle populaire sur les ressources alimentaires, contrôle ouvrier sur la production, etc… Le 19 mai, le mouvement gagne tout le pays avec 2 millions de personnes dans la rue dont 250.000 à Tokyo. Dans bien des secteurs, les ouvriers sont victorieux : dans les chemins de fer et les transports maritimes le gouvernement doit renoncer aux 120.000 licenciements programmés. Les électriciens obtiennent des augmentations de salaires de 20%. Le 18 janvier la fédération syndicale lance une grève générale illimitée pour le premier février. Mac Arthur décide de l’interdire. Les dirigeants staliniens reculent immédiatement en déclarant : « un pas en arrière, deux pas en avant ». C’est le Parti communiste qui permit ce que les patrons et le gouvernement n’avaient pas réussi : à briser l’élan gréviste. L’occasion manquée n’allait pas se renouveler. La période avait changé. En 1948, le mouvement ouvrier n’étant plus gros d’une révolution comme à l’après guerre, les attaques se multiplièrent contre les travailleurs, pour reprendre tout ce qui avait été concédé : Mac Arthur retira le droit de grève aux fonctionnaires, une grève des cheminots contre les licenciements fut brisée. La confédération des syndicats proche du parti communiste fut cassée, et le parti communiste pratiquement hors la loi. Des milliers de ses militants furent licenciés, lors de ce que l’on a appelé les « purges rouges ».

LA LUTTE OUVRIERE AU JAPON

(Reproduit de The militant du 21-9-46) « Un réveil grandiose du mouvement ouvrier japonais, englobant presque un million de travailleurs, - un tiers des forces ouvrières organisées – a commencé le 10 septembre 1946 à Tokyo par une grève générale totale du Syndicat des Marins japonais. Ceci fut suivi peu de jours après par une grève de 556.000 travailleurs de la C.G.T. japonaise et de 330.000 ouvriers agricoles organisés dans le Syndicat National Agraire du Japon. Cette grève puissante eut lieu face au décret dictatorial promulgué par le général Mac Arthur il y a deux semaines, décret soutenu par le gouvernement marionnette, interdisant "les grèves, abandons de travail et autres formes d’arrêt de travail". Ce décret de style hitlérien et la menace faite par Mac Arthur d’utiliser les troupes d’occupation comme briseurs de grèves servirent à écraser une grève de trois jours des marins à Sasebo. Cette semaine, d’après les rapports syndicaux, 3.899 bateaux sont immobilisés, paralysant virtuellement la marine marchande japonaise. Des grèves de sympathie du Syndicat des Travailleurs des ports japonais et du Syndicat des Marins côtiers ajoutèrent 60.000 grévistes aux 54.000 marins de la marine marchande qui avaient quitté les bateaux. Les équipages japonais de huit Liberty Ships qui devaient retourner aux U.S.A., se sont joints à la grève, et six autres équipages se préparent à en faire autant. LES REVENDICATIONS DES MARINS Le Syndicat des marins japonais exige une augmentation de 100% des salaires. Et, plus important, ils sont déterminés à empêcher le gouvernement de réaliser sa menace de licenciement de 80% des marins, sans consultations avec les Syndicats. Le Syndicat déclare que ces licenciements massifs non seulement ne sont pas nécessaires, mais d’après le Christian Science Monitor du 12 septembre, "peuvent être à l’heure actuelle un effort pour arrêter la croissance du mouvement ouvrier sous prétexte de nécessités économiques". La grève des marins s’étend parce que le mouvement syndical japonais est déterminé à faire échec aux tentatives des impérialistes américains et de leur gouvernement marionnette d’écraser leur force organisée et de faire retourner les ouvriers aux formes de servitude semi-féodale. Le Congrès des syndicats ouvriers (équivalent du C.I.O. américain) a ordonné aux simples centrales affiliées de se mettre en grève et de tenir bon jusqu’à ce "que le gouvernement réactionnaire de Yoshida s’effondre". L’ordre de grève a été donné chez les mineurs, métallos, industries chimiques, imprimeurs, électriciens et d’autres corporations. La grève des travailleurs agricoles suivit l’ordre de grève de la C.G.T. japonaise de près, étant donné l’impossibilité d’arriver à un accord entre le Syndicat et les grands propriétaires fonciers sur l’augmentation des salaires et les conventions collectives. La C.G.T. japonaise a 1 600 000 membres, comprenant 600 000 cheminots. La Fédération Générale des Cheminots a aussi lancé l’ordre de grève après que le gouvernement eut menacé de licencier 75 000 cheminots sous prétexte d’"économies", le même prétexte qui fut utilisé pour menacer les marins de licenciements massifs. LE GOUVERNEMENT MIS EN ACCUSATION Les cheminots accusent le gouvernement de s’occuper seulement de réunions au sujet du paiement des bons de défense nationale, émis pendant la guerre, aux dépens des ouvriers. Ces paiements vont aux mêmes profiteurs capitalistes japonais qui firent massacrer les travailleurs durant la guerre impérialiste et qui sont maintenant protégés par Mac Arthur. Le Syndicat se prépare à la grève parce qu’on fait supporter aux travailleurs les "déficits" qui furent faits "dans le but de mener la guerre". Le gouvernement a reculé devant cette menace de grève et le Ministère des Transports a retiré ses ordres de licenciements. On rapporte que le Syndicat des Cheminots a une attitude de trêve temporaire. »

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