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Accueil du site > 04 - Livre Quatre : HISTOIRE CONTEMPORAINE > 05- Politique des blocs, fausses révolutions et faux socialismes > Qui était Mao Dze Dong

Qui était Mao Dze Dong

jeudi 29 juillet 2010, par Robert Paris

Sur la Chine

Même s’il a tout fait ensuite pour effacer ces origines, le PC chinois est issu de la révolution ouvrière de 1925-27. Il a ensuite fondé son activité sur de tout autres perspectives qui n’étaient plus prolétariennes. De 1937 à la fin de la guerre mondiale, le PCC de Mao s’allie avec Tchang Kaï-shek.

La prise du pouvoir par une armée ne peut pas donner le pouvoir aux travailleurs ni une société menant au socialisme. La révolution sociale n’est pas une guerre, pas même une guerre de guérilla. La paysannerie ne peut, par elle-même, mener à une société communiste. Il n’y a pas d’autre perspective révolutionnaire que la prise de conscience des prolétaires et d’abord de ceux des villes, conscience de la nécessité de prendre eux-mêmes toutes les décisions, et non pas qu’un parti les prenne pour eux !

Pour Mao, la guerre remplace la révolution : "Toute guerre juste, révolutionnaire, est une grande force, elle peut transformer bien des choses ou ouvrir la voie à leur transformation. La guerre sino-japonaise transformera et la Chine, et le Japon. Il suffit que la Chine poursuive fermement la Guerre de Résistance et applique fermement une politique de front uni pour que l’ancien Japon se transforme immanquablement en un Japon nouveau, et l’ancienne Chine en une Chine nouvelle. Aussi bien en Chine qu’au Japon, les gens et les choses se transformeront, au cours de la guerre et après la guerre."

En mars 1927, les ouvriers de Shanghai se levèrent dans une insurrection triomphante et prirent le contrôle de la ville tandis que l’ensemble de la Chine était en effervescence. En avril, cette insurrection était totalement brisée par les forces du Kuomintang, parti nationaliste dirigé par Tchang Kai-Chek, que le Parti communiste chinois (PCC), sous la direction de Staline et de la bureaucratie russe, avait élevé au rang de héros de la “révolution nationale” chinoise. Le PCC allait complètement désarmer le prolétariat chinois avant de quitter les villes pour adopter la guérilla.

Mao Tse-Toung

Dans « La tactique de la lutte contre l’impérialisme japonais » (27 décembre 1935, conférence des militants du parti communiste, à Ouayaopan, dans le nord du Chensi) :

« Nous estimons que, dans les conditions actuelles, il est possible que des changements interviennent dans la position de la bourgeoisie nationale. Dans quelle mesure cette position peut-elle se modifier ? La caractéristique essentielle de ces modifications sera les hésitations de la bourgeoisie nationale. Néanmoins, au cours de certaines phases de la lutte, une des fractions de la bourgeoisie nationale (son aile gauche) pourra participer à la lutte, l’autre fraction pouvant passer d’une attitude hésitante à la neutralité.

Quels sont les intérêts représentés par la 19ème Armée de Route, commandée par Tsai Ting-kaï et autres ? Ce sont ceux de la bourgeoisie nationale, de la couche supérieure de la petite bourgeoisie et des petits propriétaires terriens à la campagne. Tous ces « tasitingkaïstes » ont lutté avec acharnement contre l’Armée rouge, et pourtant ils ont conclu, par la suite, une alliance avec elle dans le but de résister aux envahisseurs japonais et de lutter contre Tchang Kaï-chek. Dans le Kiangsi, ils avaient attaqué l’Armée rouge ; mais, à Changaï, ils se sont dressés contre l’impérialisme japonais, puis, arrivés dans le Foukien, ils ont conclu un accord avec l’Armée rouge et ouvert le feu contre Tchiang Kaï-chek. Quelle que soit l’attitude des « tsaïtingkaïstes » à l’avenir, et en dépit du fait que le Gouvernement populaire du Foukien, s’en tenant aux méthodes anciennes, n’a pas voulu appeler le peuple à se dresser pour combattre, il n’en reste pas moins qu’il est impossible de ne pas considérer comme un acte utile à la révolution le fait qu’ils aient ouvert le feu contre l’impérialisme japonais et Tchiang Kaï-chek au lieu de tirer sur l’Armée rouge. Cela a marqué une scission dans le camp du Kuomintang. Si la situation qui s’est créée au lendemain des « Evénements du 18 Septembre » a abouti à la rupture de ce groupe avec le Kuomintang, pourquoi la situation actuelle ne pourrait-elle entraîner une nouvelle scission au sein du Kuomintang ? Ils ont tort, ces membres de notre Parti qui affirment que le camp de la bourgeoisie et des propriétaires fonciers est uni et solide, que rien ne pourra susciter des changements en son sein. Non seulement ces camarades ne comprennent pas toute la gravité de la situation présente, mais encore ils ont oublié l’histoire.

Permettez-moi de revenir brièvement sur ces données de l’histoire. En 1926 et en 1927, lorsque les troupes révolutionnaires ont marché sur Wouhan, puis, après avoir pris cette ville, se sont enfoncées dans le Honan, Tang Cheng-tche et Fong Yu-siang ont adhéré à la révolution. Puis, en 1933, Fong Yu-siang, dans le Tchahar, a coopéré avec le Parti communiste et y a créé l’armée d’alliance contre les envahisseurs japonais.

Voici un autre exemple, très clair : en décembre 1931, qui a déclenché le soulèvement de Nongtou et qui est passé du côté de l’Armée rouge sinon la 26ème Armée de Route qui avait précédemment, avec la 19ème Armée de Route, attaqué l’Armée rouge dans le Kiangsi ? Les dirigeants du soulèvement de Ningtou : Tchao Po-cheng et Tong Tchen-tang sont devenus ensuite de solides camarades dans la révolution. (…)

Si l’on veut analyser pleinement l’attitude des propriétaires fonciers et de la bourgeoisie chinoise au moment des grands ébranlements, il convient de tenir compte encore d’une autre circonstance, à savoir que même dans le camp des propriétaires fonciers et des compradores, il ne règne pas une unité totale. (…) Au moment où la lutte est dirigée contre l’impérialisme japonais, les laquais des Américains, et même des Anglais, peuvent, selon la vigueur des invectives de leurs maîtres, lutter secrètement et même ouvertement contre les impérialistes nippons et leurs hommes de paille. (…) Je rappellerai seulement aujourd’hui que le politicien du Kuomintang Hou Hanmin que Tchiang Kaï-chek, à un moment donné, avait jeté en prison, a également signé, il y a peu de temps, notre projet de « Programme de résistance aux envahisseurs japonais et de salut national », programme en six points. Les militaristes du Kuomintang et du Kouangsi sur lesquels s’appuie Hou Han-min se sont également opposés à Tchiang Kaï-chek en lançant des mots d’ordre aussi mensongers que « Retour des territoires perdus » et « Mener de front la résistance aux envahisseurs japonais et la liquidation du banditisme sont des tâches également importantes » (Mot d’ordre de Tchang Kaï-chek : « D’abord liquider les bandits puis résister aux envahisseurs japonais »). (…)

Passons maintenant à la situation dans le camp de la révolution nationale chinoise. En premier lieu, l’Armée rouge. Camarades, vous savez que depuis un an et demi environ les trois concentrations principales des forces de l’Armée rouge de Chine procèdent à un déplacement complet de leurs bases. A partir du mois d’août de l’année écoulée, le 6ème groupe d’armées, sous la direction de Jen Pi-che et d’autres camarades, commença son mouvement vers la région où sont cantonnées les troupes du camarade Ho Long. Puis, en octobre, commença celui de notre armée vers de nouvelles bases, et, en mars dernier, les détachements de l’Armée rouge de la région frontière Setchouan-Chemsi se mirent à se déplacer. Ces trois concentrations des forces de l’armée rouge, abandonnant leurs anciennes positions, s’installent dans de nouvelles régions. (…) L’armée rouge au cours de ces mouvements s’est considérablement affaiblie (…) et nous avons subi une défaite provisoire et partielle. (…) Finalement nous avons quand même réussi à effectuer la Longue Marche. (…) Avec la fin de la Longue Marche, une nouvelle situation s’est créée. Dans la bataille de Tchitotchen, les détachements de l’Armée rouge central, unis fraternellement aux détachements de l’Armée rouge du Nord-Ouest, ont brisé « la campagne d’encerclement et d’anéantissement » du traître Tchiang Kaï-chek contre la région frontière Chensi-Kansou. (…) J’ai déjà parlé de la possibilité de voir la bourgeoisie nationale, les paysans riches et les petits propriétaires fonciers hésiter et même participer à la lutte contre les envahisseurs japonais. (…) Tout cela témoigne que le front de la révolution de local devient national et passe progressivement d’un caractère relativement inégal à un caractère relativement égal. (…) La tâche du Parti, c’est d’unir l’activité de l’Armée rouge à celle des ouvriers, des paysans, des étudiants, de la petite bourgeoisie et de la bourgeoisie nationale de toute la Chine, créant ainsi un front national révolutionnaire uni. (…) Nous disons que ce qui caractérise le moment présent, c’est que la Chine se trouve au début d’un nouvel essor de la révolution nationale (…) La situation présente exige que nous renoncions définitivement au repliement sectaire sur soi, que nous passions à l’organisation d’un large front uni (…) Le critique nous dit : les formes de la révolution doivent être pures, absolument pures, la route de la révolution doit être droite, parfaitement droite. (..) La bourgeoisie nationale, dans sa totalité, est contre-révolutionnaire et le sera jusqu’à la fin des siècles. Pas la moindre concession aux paysans riches ! Quand vous serrez la main de Tsai Ting-kaï, n’oubliez pas de le traiter de contre-révolutionnaire ! D’où la conclusion : le repliement sectaire sur soi est la baguette magique unique et le front uni une tactique opportuniste. (…)

A route de la révolution comme celle du développement est tortueuse et non rectiligne. Le front de la révolution et de la contre-révolution sont susceptibles de modifications (…) Cette « pureté », cette « rectitude » qu’affirment les sectaires, le marxime-léninisme les fustige et l’impérialisme japonais les encourage. Nous rejetons résolument le repliement sectaire sur soi ; ce qu’il nous faut, c’est un front national révolutionnaire uni qui portera un coup mortel à l’impérialisme japonais, aux collaborateurs et aux traïtres.

Si notre gouvernement était jusqu’à présent basé sur l’alliance des ouvriers, des paysans et de la petite bourgeoisie urbaine, il nous faut maintenant le réformer afin qu’il comprenne les éléments de toutes les autres classes qui désirent participer à la révolution nationale.

Pour le moment, la tâche principale de ce gouvernement, c’est de faire obstacle aux tentatives de l’impérialisme japonais d’engloutir la Chine. Ce gouvernement aura une composition très large ; on pourra y admettre non seulement des gens qui sont uniquement intéressés à la révolution nationale sans l’être à la révolution agraire, mais même s’ils le désirent, des gens liés à l’impérialisme européen et à l’impérialisme américain, incapables de lutter contre ces derniers mais susceptibles, par contre, de lutter contre l’impérialisme japonais et ses valets. C’est pourquoi le programme d’un tel gouvernement doit, en principe, correspondre à la tâche principale : lutter contre l’impérialisme japonais et se valets. C’est sur cette base que nous devons, en conséquence, réviser notre politique. (…)

Qu’est-ce qui rend nécessaire la transformation de la république ouvrière et paysanne en république populaire ?

Notre gouvernement ne représente pas seulement les ouvriers et les paysans, mais toute la nation. (…) Cela est dû au fait que l’agression japonaise a modifié les rapports existant entre les classes de notre pays et rendu possible la participation à la lutte contre les envahisseurs japonais, non seulement de la petite bourgeoisie, mais également de la bourgeoisie nationale.

(…) Si la bourgeoisie nationale adhère au front uni de lutte contre l’impérialisme, la classe ouvrière et la bourgeoisie nationale auront des intérêts communs. La république populaire, dans la période de la révolution démocratique bourgeoise, n’abolit nullement la propriété privée qui ne porte aucun caractère impérialiste ou féodal ; elle ne confisque nullement les entreprises industrielles et commerciales de la bourgeoisie nationale, mais, au contraire, elle encourage leur développement. Nous protégeons tout représentant de la bourgeoisie nationale chinoise, à condition qu’il ne soutienne ni les impérialiste ni les traîtres à la nation.

A l’étape de la révolution démocratique, la lutte entre le Travail et le Capital a ses limites. (…) Elle n’est pas dirigée contre l’enrichissement de la bourgeoisie nationale, contre le développement de l’industrie et du commerce nationaux, car ce développement ne va pas dans le sens des intérêts de l’impérialisme, mais dans celui des intérêts du peuple chinois. (…)

N’est-il pas dangereux d’admettre ces gens à participer au gouvernement de la république populaire ? Non. (…) la révolution chinoise, à son étape actuelle, est encore une révolution démocratique bourgeoise et non une révolution socialiste prolétarienne. C’est parfaitement clair. Seuls les révolutionnaires trotskistes peuvent affirmer stupidement que la révolution démocratique bourgeoise en Chine est désormais accomplie et que le développement ultérieur de la révolution socialiste. La révolution de 1924-1927 a été une révolution démocratique bourgeoise mais elle n’a pas été jusqu’à son accomplissement et a subi une défaite. (…)

(…) Avec l’essor actuel de la lutte contre les envahisseurs japonais dans toute la Chine et du mouvement antifasciste dans le monde entier, on verra les guerres justes s’étendre à toute la Chine, au monde entier. Toutes le guerres justes s’aident mutuellement. Quant aux guerres injustes, il faut les transformer en guerres justes. »

« De la guerre prolongée » (Mai 1938), Œuvres choisies de Mao Tsé-toung, tome II.

En 1937, Mao prône la collaboration de classe avec la bourgeoisie chinoise :

"Les contradictions qui l’opposent à la classe ouvrière sont des contradictions entre exploiteurs et exploités ; elles sont certes de nature antagoniste. Cependant, dans les conditions concrètes de notre pays, les contradictions antagonistes entre ces deux classes peuvent se transformer en contradictions non antagonistes et recevoir une solution pacifique si elles sont traitées de façon judicieuse. Si les contradictions entre la classe ouvrière et la bourgeoisie nationale ne sont pas réglées correctement, c’est-à-dire si nous ne pratiquons pas à l’égard de celle-ci une politique d’union, de critique et d’éducation, ou si la bourgeoisie nationale n’accepte pas une telle politique, elles peuvent devenir des contradictions entre nous et nos ennemis."

Mao dans « De la juste solution des contradictions au sein du peuple »

Le maoïsme

Histoire de la Chine

Quand Mao était l’allié de Tchang Kaï Shek (août 1945)...

Mao et Tchang Kaï-shek essaient encore de s’entendre en 1946

Les Américains sont à la tête des opérations anti-japonaises à l’aide des forces nationalistes de Tchang et de Mao

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Qu’est-ce que le régime de Mao ?

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