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L’être humain n’est ni programmé, ni programmable, ni modélisable par l’informatique, par une intelligence artificielle, ni entièrement remplaçable par des robots

mardi 18 septembre 2018, par Robert Paris

L’être humain n’est ni programmé, ni programmable, ni modélisable par l’informatique, par une intelligence artificielle, ni entièrement remplaçable par des robots

On n’entend parler que de transports pilotés par des machines, par des robots, par des automatismes, y compris en ce qui concerne les trains, les avions, les automobiles, etc. On développe des robots capables, dit-on, de réaliser les même tâches que les humains, les remplaçant soi-disant y compris pour tenir compagnie, pour enseigner, pour faire l’amour, pour donner des conseils psychologiques, pour mener des consultations médicales, pour faire de la recherche, pour modéliser ou décrypter le cerveau humain, pour remplacer les policiers et les militaires, pour surveiller, pour détecter, pour tuer dans des guerres et on en passe…

Les chercheurs s’y mettent donc maintenant : ils envisagent de demander à Big Data de réunir et de mettre en relation toutes les recherches de la planète pour faire des trouvailles scientifiques nouvelles !

Bien sûr, on peut se dire que mettre en commun les données brutes de la recherche mondiale peut permettre de trouver des liens, des interactions, des passerelles qui n’auraient encore pas été trouvés par les équipes de recherche. Mais, il faut bien voir qu’on ne fera que travailler à partir des idées trouvées précédemment et pas d’en construire de nouvelles.

En effet, ce n’est pas les données qui… donnent des idées. Il faut aussi qu’intervienne l’imagination humaine, l’inconscient même, le rêve. Les lois de Maxwell ne découlent pas directement des observations ni des idées de ses prédécesseurs mises bout à bout, pas plus que les idées de Darwin, d’Einstein, de Planck, de Broglie, de Prigogine ou de Feynman, pour ne citer que ceux-là. Ce ne sont pas les seules connaissances qui les ont guidés mais ils ont construit des voies et moyens totalement novateurs, des nouvelles démarches, des nouvelles manières de poser les problèmes, avant de demander aux observations si leurs thèses pouvaient se vérifier.

Or, l’imagination humaine, l’invention, le rêve, l’innovation, l’inconscient comme le conscient, la création, ce ne sont pas des qualités des robots, des Big Data, de l’informatique. Demandez à n’importe quelle machine : « Vous rêvez, que voyez-vous ? », il va répondre en cherchant tout ce que d’autres êtres humaines ont rêvé précédemment et… c’est tout ! Et c’est bien peu s’agissant de rêver de nouvelles idées scientifiques…

Les nouvelles idées scientifiques productives, qui méritent même simplement d’être vérifiées, ne tombent pas sous le pavé d’un cheval, tous les scientifiques vous le diront. Et on ne trouve pas tous les jours des chercheurs qui ont le courage et les capacités d’aller jusqu’au bout d’une idée suffisamment novatrice, car, nécessairement, c’est aussi une idée rejetée de la plupart des chercheurs !

Newton a pu développer l’idée de particules de lumière même s’il n’a pas pu en convaincre la communauté scientifique. La plupart des grands découvreurs n’ont pas pu convaincre rapidement les spécialistes de leurs idées nouvelles. Cela montre à quel point ces idées nouvelles ne découlaient pas directement des idées et des connaissances du passé, ni de leur interconnexion, ou de leur rassemblement par un quelconque point central.

Les machines ont la capacité d’imiter, de singer un mode d’action ou d’écriture dont on a déjà des exemples, mais pas d’en créer aisément, ni de distinguer quelles hypothèses sont crédibles scientifiquement. Cela nécessite des dons dont seuls les êtres humains disposent. Et encore, c’est un tout petit nombre d’individus.

Quand les machines ont pu supplanter les hommes, c’est toutes les fois qu’il fallait réaliser des actes sans cesse reproduits à l’identique, le plus vite possible, comme des calculs compliqués nécessitant beaucoup de temps aux êtres humains calculateurs ou même trop longs pour les humains. Mais, dès qu’il ne s’agit plus du tout d’actes ou de calculs répétitifs, rien ne prouve que le robot sache faire mieux que l’homme, et tout particulièrement que le scientifique de génie !

Bien sûr, il est arrivé que des hommes soient battus aux échecs par des robots, alors que les échecs semblent nécessiter de l’intelligence. Mais l’inventivité des échecs est relativement limitée. Les actions possibles sont réduites. Tous les « coups » aux échecs sont bien définis et le robot peut explorer tous les possibles à grande vitesse, plus vite que des spécialistes humains des échecs. Le robot peut même améliorer ses compétences et « apprendre ».

Mais peut-il utiliser des démarches de type humaines pour apprendre et comprendre ? Certainement pas ! Le robot ne rêve pas, n’écoute pas son inconscient, ne développe pas son imagination, ne construit pas des scénarios virtuels de manière non pilotée par le système central, contrairement à l’homme.

Chez l’homme, la conscience ne pilote pas tout. Le cerveau peut explorer des « hypothèses absurdes », contraires à la logique, au bon sens et même à la raison, toutes les nuits dès qu’il rêve et même le jour chez les humains particulièrement « dans leur tête ». Pas le robot ! Aucune sorte de robot et jamais !

C’est en effet contraire au fonctionnement du robot d’échapper complètement au pilotage central. Un simple petit changement non réglementaire dans la programmation et tout se bloque, contrairement au fonctionnement du vivant et de l’humain, qui permettent des changements multiples car les voies du fonctionnement sont répliquées de multiples fois et de manière diverses. L’ordinateur recherche l’économie de moyens, de circuits, pas le vivant, pas le cerveau humain.

Le fonctionnement neuronal du cerveau humain ne ressemble nullement à des connexions électriques contrairement à ce qui a été dit souvent. Le fonctionnement de la conscience et de l’intelligence ne fonctionnent nullement comme des robots. Et ce n’est pas un hasard : la construction même du cerveau humain n’a aucune ressemblance avec la construction d’un ordinateur, d’un robot, d’un Big Data.

Ce n’est ni le même type de connexions physiques, ni le même type de logique, ni le même type d’interactions, ni le même type de pilotage et on en passe des dissemblances complètes entre les deux domaines.

Prétendre remplacer le cerveau humain par des machines, des robots, des logiciels informatique, du Big Data n’a rien d’une recherche scientifique porteuse d’avenir. C’est seulement un très gros mensonge, très significatif de l’état dans lequel se trouve le système capitaliste qui avait dominé jusque là la planète.

Le véritable but de tout ce discours sur la suprématie des robots est de faire croire aux prolétaires qu’ils ne seraient en rien indispensables au fonctionnement économique et ainsi d’enfoncer un coin de plus dans la conscience de classe du prolétariat.

Ensuite, il s’agit de présenter les destructions d’emplois comme des produits d’une nouvelle révolution industrielle historique, transformant ceux qui luttent contre les licenciements et fermetures en réactionnaires qui voudraient faire revenir en arrière la roue de l’Histoire.

Enfin, il est question de parvenir ainsi à mobiliser la jeunesse en faisant croire à une voie nouvelle où elle pourra damer le pion aux plus anciens, ce qui lui donnerait, paraît-il, un rôle novateur, créateur, dominateur et des possibilités de réussites individuelles et d’enrichissement pour les plus dynamiques et créatifs. On parvient ainsi à détourner les jeunes de la pensée scientifique, des connaissances scientifiques, pour les pousser vers la « pensée robotisée », qui est la pensée sans liberté, sans imagination, sans rêve, la nouvelle pensée que voudrait imposer les classes possédantes, afin d’éviter que la jeunesse ne pense par elle-même.

Derrière Big Data qui dirait ce qu’il faut penser et croire, ce qu’il faut craindre et ce qu’il faut souhaiter, il y aura des classes possédantes et leurs représentants politiques au pouvoir bien entendu. Il faut être bien naïf pour ne pas s’en rendre compte.

Personne n’aura le droit de dire, de rendre public des idées autres que celles que produira prétendument Big Data. Autant dire que c’est le retour du fascisme de Big Brother que nous préparent les classes possédantes et elles ne le font pas en suivant les progrès d’une quelconque révolution scientifique et technologique mais pour donner une image trompeuse de la contre-révolution qu’elles préparent.

Tout cela n’a qu’un seul fondement : le système capitaliste ayant atteint ses limites prépare les justifications de sa contre-révolution et il se garde de dire en clair ses vrais problèmes, ses vraies craintes et ses vrais objectifs.

Mais cette offensive ne nous laisse pas nécessairement impuissants, inconscients et désarmés et le seul fait que nous puissions écrire, lire et discuter ce qui précède le prouve bien.

Ce n’est pas contre Big Data que nous aurons à nous battre mais contre le grand capital. Rappelons-nous que tant que le taureau croit devoir agresser la cape du torero, celui-ci ne risque rien, mais dès que le taureau comprend que c’est le torero qui l’agresse… Il en va de même du grand capital face au travail !!

La thèse de l’Univers, calculateur géant

Peur des algorithmes ou… tous des algorithmes ?!!!

Dans quelles conditions la modélisation scientifique ou technique peut-elle se transformer en piège ?

Les robots, plus intelligents que les humains ?!!!

Faut-il avoir peur des robots ?

Les robots militaires et policiers ont déjà commencé à tuer des êtres humains !!!

Peur des robots ou de la barbarie capitaliste ?

Imaginer, une fonction cérébrale spontanée et permanente de l’homme

Rôle de l’inhibition et de l’inconscient, de la logique et de l’absurde, du rationnel et de la fable dans la formation de l’intelligence humaine

D’où vient l’intelligence humaine ?

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