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Accueil du site > 03 - Livre Trois : HISTOIRE > 3ème chapitre : Révolutions bourgeoises et populaires > Les sans culottes dans la révolution française

Les sans culottes dans la révolution française

samedi 21 mars 2015, par Robert Paris

Qui étaient les sans-culottes ?

Le sans-culottes est l’ancêtre du prolétaire...

L’épithète « sans-culottes », qui est antérieure à la Révolution, s’impose avec le journal de Marat, L’Ami du peuple : il désignait familièrement tout homme qui ne porte pas la culotte courte avec des bas, ce qui était au XVIIIe siècle le costume ordinaire des nobles et des bourgeois. Il est indicateur de la condition sociale des travailleurs manuels, des manouvriers, des artisans, comme les « cols bleus » encore actuellement.

Au début de la Révolution française de 1789, le nom « Sans-culottes » est donné par mépris aux manifestants populaires qui portent des pantalons à rayures et non des culottes, symbole de l’ancien régime.

Les sans-culottes sont des révolutionnaires issus du petit peuple de la ville et défenseurs d’une République égalitaire. Ils sont jugés par les autres révolutionnaires comme « radicaux » car ils prônent une démocratie directe, c’est-à-dire sans intermédiaires comme les députés.

À partir de 1791, lorsque le massacre du Champ-de-Mars (17 juillet) par Jean Sylvain Bailly eut fait mitrailler le peuple, les militants des sections parisiennes firent de leur costume un manifeste politique contre le régime de monarchie constitutionnelle censitaire.

Quelques journalistes surent coller à ce peuple combattant et révolutionnaire : Jean-Paul Marat et son Ami du peuple, dans un tout autre registre, Jacques-René Hébert et son Père Duchesne, mais aussi Jacques Roux et son groupe les Enragés. Ils en furent longtemps les porte-paroles, plus que les guides, incontestés. Les sans-culottes se rassemblaient, d’une part, dans les assemblées des sections et, d’autre part, dans les clubs. Les assemblées des sections, organismes de la vie de quartier institués dès 1790, n’accueillaient en principe que les citoyens actifs ; cependant, le rôle primordial joué par nombre d’ouvriers et petits artisans, ainsi que le fait qu’ils étaient restés armés depuis 1789, leur donna voix au chapitre. Les clubs surtout — club des Cordeliers, club de l’Évêché, Société fraternelle des deux sexes, Club helvétique — furent l’instrument dont les sans-culottes se servirent pour influencer la vie politique. Le club de l’Évêché, issu des Cordeliers, joua un rôle important dans la préparation du 10 août, jour de la prise des Tuileries et de la chute du trône. À partir de septembre 1792, le club des Jacobins s’ouvrit aux citoyens les plus pauvres : il devint dès lors le plus important des lieux de réunion pour les sans-culottes.

Ceux-ci manifestaient leurs revendications par des pétitions des sections présentées aux assemblées (Législative, puis Convention) par des délégués ; il y eut ainsi une succession de pétitions réclamant l’arrestation des chefs girondins avant l’insurrection du 31 mai au 2 juin. L’insurrection, la « journée », était le second moyen d’action. La violence armée fut un recours fréquent du 10 août 1792 aux vaines émeutes de germinal et prairial an III. Les émeutiers, appuyés par les canons de la garde nationale à laquelle ils appartenaient, venaient montrer leur force menaçante pour obtenir gain de cause. De leur détermination et de la capacité de résistance du pouvoir politique dépendait évidemment le succès de la tentative : réel le 10 août ou le 2 juin, il fut nul durant la période de la Convention thermidorienne.

Avec la mise en place, en 1792 et 1793, des comités de surveillance, les sans-culottes eurent un troisième moyen de pression sur la politique : la police et les tribunaux reçurent par milliers les dénonciations des traîtres et conspirateurs supposés. Pour l’efficacité de la Terreur, la surveillance révolutionnaire exercée par les sans-culottes était indispensable. Celle-ci abolie par la Convention thermidorienne, vint le moment où les sans-culottes, privés du club des Jacobins, désarmés, fichés et suivis par une police remarquablement infiltrée, durent abandonner leur pouvoir de pression. La République ne serait plus ni sauvée ni dirigée par leur colère, mais par les militaires.

En 1794 avec la chute de Robespierre, les sans-culottes perdent leurs pouvoirs et leur rôle politique et culturel.

Jacobins et sans-culottes

Les sans-culottes contre le christianisme

Robespierre, la bourgeoisie et les sans-culottes

Sans-culottes et révolution permanente

Pourquoi la révolution a profité à la bourgeoisie plutôt qu’aux sans-culottes

La manifeste des Enragés

Les sans-culottes et le 14 juillet 1789

Démocratie bourgeoise et sans-culottes

Babeuf et les sans-culottes

Le moment où bourgeoisie et sans-culottes se sont fait face dans une dualité de pouvoirs

Sans-culottes et déclarations révolutionnaires

Luttes de classes dans la révolution française

La révolution française

Mythes, erreurs, mensonges et propagande sur la « grande » révolution française

La révolution française et nous

Bibliographie de la révolution française

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