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Accueil du site > 03 - Livre Trois : HISTOIRE > 2eme chapitre : Révolutions de l’Antiquité > Civilisations et révolutions dans l’Afrique antique

Civilisations et révolutions dans l’Afrique antique

jeudi 7 janvier 2010, par Robert Paris

Afrique antique

Civilisation d’Ifé (Nigéria)

Les villes précoloniales d’Afrique

POPULATION COMPAREE DES VILLES

en 1550

Lisbonne 65 000

Gao 140 000 à 190 000

en 1540

Venise 130 000

Tombouctou 140 000 à 170 000

en 1545

Londres 80 000

Bénin 125 000 à 250 000

Oualata, ville de Mauritanie qui a été l’un des centres de l’empire Soninké du Ghana. La ville a été fondée en 600 et l’empire en 750. La ville a été à son apogée au XVème siècle comme point d’arrivée des caravanes du Sahara.

Royaume du Benin, entrée du palais du roi (l’Oba)

Antiquité au Nigéria

Civilisation du Nigeria

Tombeau des Askia (empire du Songhaï) à Gao

L’antiquité africaine, le film

Empire du Ghana, le film en anglais

SITE : MATIERE ET REVOLUTION

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Révolutions de l’Antiquité

Révolutions dans l’Egypte antique

Révolutions en Mésopotamie antique

Révolutions en Chine antique

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Une pièce de théâtre contre la révolution communiste (socratique) à Athènes

Sans classes, sans propriété privée des moyens de production et sans Etat

Révolutions de l’Afrique antique

Révolutions des villes de l’Antiquité

Révolutions en Palestine (Canaan) et en Israël antiques


Ancient civilizations of Africa, the film

Les villes et royaumes africains datent de la plus grande antiquité. Le royaume de Koush est aussi ancien que celui des pharaon et en était au début (XXVe au XXIe siècles av. J.-C.) tout à fait indépendant. Cette civilisation était une civilisation urbaine, son peuple s’étant regroupé autour de grands centres cultuels et commerciaux. La ville de Kerma était son centre. On assiste déjà à un développement de la métallurgie (cuivre mais aussi bronze) et des arts : ébénisterie, ivoire, céramique. C’est l’influence de l’empire d’Egypte et ses guerres qui va limiter le développement du royaume de Koush.

Comme les autres continents, l’Afrique a connu de grandes civilisations, des riches villes artisanales et commerçantes et des royaumes et des empires prospères, qui ont complètement disparu et dont restent en témoignage les ruines de grandes villes et les richesses artistiques des objets qui appartenaient à la classe dirigeante. Parce que ce continent a connu, lui aussi, de grandes révolutions.

Forteresses du Grand Zimbabwe

Grand Zimbabwe

La civilisation de Grand Zimbabwe 1, le film en anglais

La civilisation de Grand Zimbabwe 2, le film en anglais

Fouilles archéologiques à Grand Zimbabwe, le film

Ainsi, Karl Mausch découvrit non loin de la ville de Victoria, en Rhodésie du sud, (actuel Zimbabwe), un ensemble de constructions de pierre en ruines dont une enceinte massive de fortification de pierres de kilomètres et demi appartenant à la monarchie de Monomotapa. Un empire disparu sans laisser d’autres traces que ses villes.

Au sud du continent, on connaît à la suite de fouilles archéologiques et des récits des premiers voyageurs portugais l’existence des royaumes du Grand Zimbabwe. Des conditions particulièrement favorables à leur épanouissement (fertilité des terres, importants gisements d’or) n’expliquent qu’en partie les causes de leur rayonnement et le caractère très urbain de leur civilisation. Les sites archéologiques s’étendent sur plusieurs centaines de km 2. Parmi les différents royaumes du Grand Zimbabwe, le plus puissant fut celui de Monomopata, dont l’existence remonte peut-être au XII e siècle.

Au XV e siècle, il dominait bon nombre de petits Etats et chefferies et occupait un vaste territoire. Le commerce de l’or avec la côte permit au royaume de se connecter aux réseaux marchands de l’océan Indien. Mais au XVI e siècle, il déclina : les pouvoirs locaux acquirent peu à peu leur indépendance. Les Portuguais imposèrent progressivement leur domination économique, et, au XVII e siècle, contraignirent le roi à signer un traité leur cédant le produit de ses mines.

Au XIX e siècle, les Ngoni, chassés par les Zoulous d’ Afrique du Sud, ravagèrent le pays et anéantirent le royaume, qui céda la place au royaume Rowzi. Dans les années 1830, les Ndébélé, apparentés aux Zoulous, envahirent à leur tour le sud du pays et fondèrent un royaume.

Le site archéologique

Le site archéologique de l’Etat du Zimbabwe, auquel il a donné son nom à été découvert par un explorateur allemand, Adam Render, en 1868, les ruines de Zimbabwe, les plus spectaculaires de l’Afrique subsaharienne, s’étendent sur plus de 7 km 2 , à la limite sud du plateau du Zimbabwe, dans la région de partage des eaux entres les fleuves Limpopo et Zambèze. Les fouilles entreprises par l’archéologue britannique Theodore Bent, à partir de 1902, puis par l’égyptologue David Randall-MacIver en 1905, ont montré que le site fut habité au moins depuis le Vème siècle par des populations de chasseurs et d’agriculteurs.

Les ruines comprennent plusieurs groupes d’édifices en pierre sèche (en langue shona dzimbabwe signifie « maison de pierre ») et sans fondations, répartis autour d’une acropole fortifiée, accessible par un étroit chemin creusé dans le roc. Cette fortification, dont les murailles ont près de 11 m de hauteur, délimite une enceinte ovale de 100 m de long et de 45 de large. Au sud de cette colline, le monument le plus significatif, probablement un lieu consacré à des cérémonies initiatiques, est un vaste enclos elliptique dont le mur extérieur, long de 240 m, s’élève à près de 10 m de hauteur ; à l’intérieur se dressait une tour conique de 9 m de hauteur et de 5,5 m de diamètre à la base.

Les vestiges mis au jour dans ces constructions (IX e -XV e s.) témoignent de l’originalité de la culture de Zimbabwe ; on a notamment trouvé des sculptures d’oiseaux en stéatite (les archéologues supposent que ces représentations, dont certaines ont plus de 40 cm de haut, et qui devaient être posées au sommet de petites colonnes, étaient liées au culte des ancètres) et du matériel pour la métallurgie de l’or.

Les nombreux objets d’importation qui ont été découverts à Zimbabwe (en provenance de Perse, de l’ Inde et de la Chine du début de la dynastie Ming) témoignent de l’importance de cette cité, qui fut florissante dès le XIV e siècle, et des relations commerciales que le peuple Shona entretenait avec les pays lointains par les ports musulmans de l’océan Indien. Les archéologues estiment à 10’000 personnes sa population à l’époque de son apogée. Le site fut abandonné vers 1700.

La cité-Etat d’Ifé, au Nigéria, a subi le même sort. C’est de là qu’était dirigé un vaste royaume yoruba, extrêmement prospère, avec de multiples villes en ruines. Tout s’est effondré sans qu’une explication puisse en être donnée en termes d’une invasion par un voisin guerrier. La beauté des objets trouvés à Ifé, notamment les belles statues et les bijoux, témoigne de la richesse de cette civilisation. D’autres civilisations encore plus anciennes du Nigéria ont disparu et dont la chute est restée inexpliquée comme celle de Nok, découverte par William Fagg. Elles ont été datées de 900 avant JC à 200 après JC, date à laquelle ces sociétés disparaissent complètement et brutalement. On trouve au Tchad le même type de civilisation disparue corps et biens, sans laisser de trace ni d’explication : celle de Sao, marquée par les villes fortifiées de Midigué, Gawi et Tago étudiées par Jean-Paul Lebeuf. Cependant, ici ou là, des traces subsistent des révolutions qui ont fait chuter ces royaumes africains, révolutions causées par ces villes, ces concentrations explosives des contradictions de la richesse et de la pauvreté.

Royaume du Bénin, le film

Tête de reine Bini-Edo (Bénin)

Au Bénin d’après les études de Onwonwu Dike, cité notamment par Jacques Maquet dans « Afrique, les civilisations noires » : « La ville de Bénin dominait plusieurs centaines de villages occupés par les Bini, et était au sommet de sa puissance lorsque les premiers européens, des Portugais, y arrivèrent en 1485. Selon les traditions recueillies à cette époque, et qui subsistent encore chez les Bini, la première dynastie royale se rattachait à Ifé. Elle compta douze oba (rois) et se termina par une révolte qui créa un régime républicain. Un nouveau souverain, venu encore d’Ifé, rétablit la royauté. Mr Dike estime que cet événement pourrait se situer au 12ème siècle. » Si les villes restaient une menace permanente pour ces régimes, ce même ouvrage expose combien les « miracles » de ces royaumes et empires reposaient sur l’activité artisanale et commerciale des villes : « Il fallait aux gouvernants des revenus plus importants que ceux que peut procurer le surplus agricole, pour disposer d’une telle richesse. Sans les possibilités d’échange et de profit que donne le grand commerce, les arts de l’Afrique occidentale n’auraient pu être ce qu’ils furent. Et ce grand commerce devait se faire entre les villes où étaient centralisés, pour l’exportation, les produits naturels de la région et les objets fabriqués, et où étaient entreposés de nombreux produits importés. Ces villes de commerce ne se trouvaient pas toutes dans la région du golfe de Bénin.

Djenne (Mali)

The kingdom of Mali, the film

Tombouctou (Mali)

Tombouctou, le film

Sikasso, forteresse d’Afrique de l’ouest

The golden age of Ghana and Mali, the film

De la côte du Sénégal au Kordofan, dans la savane soudanaise et la steppe sahélienne qui bordent au sud le Sahara, des villes marquaient, bien avant la pénétration européenne, les têtes des caravanes transsahariennes, les centres d’échange, les capitales. Koumbi, capitale du Ghana, pays de l’or comptait 30.000 habitants au 11ème siècle ; Mali, nom de la ville où résidait le souverain de l’empire connu par cette désignation (…) Des agglomérations localisées dans les sites de Jeriba, Mani-Koura, Niani et Kangaba ; Tombouctou et Djenné furent des centres brillants de vie intellectuelle, le premier, comme le dit Jean Suret-Canale, jouait le rôle de port des caravanes sahariennes, tandis que le second, à l’intérieur, concentrait les produits d’origine soudanaise et redistribuait les marchandises importées ; Gao sur le Niger, capitale de l’empire des Songhay depuis le début du 11ème siècle, comptait 50.000 habitants au 16ème siècle. Ouagadougou, capitale d’un Etat mossi ; les « sept villes » haoussa : Daura, Kano, Rano, Zarai, Gobir, Katsena, Biram ; Ndijimi, capitale des princes du royaume tchadien du Kanem ; El Fasher au Darfour, où se rencontraient les caravanes venant du Tchad, du Sahara oriental et du Nil, ces centres témoignent de l’extension géographique de la civilisation des cités en Afrique. (...) L’immense région qui s’étend de l’Océan Atlantique au bassin du Nil et du Sahara à la forêt équatoriale et atlantique où à la côte du golfe de Guinée (là où la bande forestière est interrompue) est caractérisée par un type de civilisation, celle des villes. (...) Toute la population n’était évidemment pas citadine ; il est même probable que la proportion de paysans était bien supérieure à celle des habitants des villes. (...) Quelle qu’ait été l’importance numérique relative de la population des cités de la savane soudanaise et de la côte de Bénin, ce sont les cités qui donnent aux sociétés et aux cultures de cette région leur configuration originale. (...) La cité est le pôle principal de la civilisation (...) » Mais, comme en témoignent ces multiples civilisations prospères brutalement disparues sans laisser de traces, si la ville contient en elle toutes les sources de la richesse de la royauté, elle comporte aussi tous les éléments de la révolution sociale et tous les risques de son renversement brutal.

La révolution n’est pas seulement la cause de la chute des Etats et des civilisations. Elle est aussi à leur origine. C’est la menace sociale qui a rendu l’Etat nécessaire. C’est la nécessité d’une stabilisation sociale qui a contraint les classes dirigeantes à se préoccuper du mode d’organisation sociale et économique permettant de préserver l’ordre en assurant une subsistance suffisante. C’est le peuple qui a produit son activité économique. C’est le peuple qui a produit ainsi un surplus économique, permettant l’émergence d’une classe dirigeante. C’est le peuple qui a produit sa civilisation, par le développement de la société civile puis de la lutte des classes dont l’Etat n’est que la dernière émanation. L’Histoire est présentée de façon erronée comme une succession d’Etats. Non seulement l’Histoire commence avant l’Etat mais la philosophie de l’histoire est très différente. La débuter par l’Etat, c’est faire croire qu’elle est un produit de l’ordre. C’est, au contraire, le désordre qui a produit l’ordre.

Ce qui a précédé l’Etat, c’est le développement des inégalités et les classes sociales. Et avec elles, le désordre : la lutte des classes. Le Wagadou se caractérise aussi par une différenciation sociale et la pluralité des pratiques religieuses.

Au sommet de la société se trouvent les nobles : les aristocrates, marabouts et paysans. Les griots et cordonniers forment les hommes de caste. - La dernière strate sociale, les esclaves, rassemble les prisonniers de guerre. Dans les sociétés Mandingues, malgré la vie quotidienne assortie d’une recherche de la paix, les classes se distinguent et chacun sait d’où il vient, qui il est, bref son origine sociale. H. Labouret dans son analyse de la société Mandingue a cru pouvoir distinguer cinq degrés dans la hiérarchie des groupes sociaux. Viennent en premier les nobles (kuntigi lu) porteurs de carquois et dont les privilèges sont d’origine guerrière. Viennent ensuite ceux qu’il appelle les chefs de famille ordinaire (djatigilu) puis les hommes libres (horô lu = wôrô lu). Les gens castés (n’a makala lu) occupent l’avant dernier degré de cette échelle sociale au bas de laquelle se tiennent les esclaves (djon lu).

Anciennes civilisations du Niger, le film en anglais

La vieille ville de Djenné

Les empires de l’or et Tombouctou

Djenné et Tombouctou

La ville de Djenné-Djenno, sur le delta intérieur du Niger au coeur du Mali, l’une des plus vieilles cité d’Afrique de l’Ouest (fondée vers 250 avant notre ère), atteint 10 000 habitants environ vers l’an 800. Le mur de la cité, fait de briques cylindriques entre 400 et 800, a jusqu’à 11 m de largeur. Ses deux kilomètres de circonférence abritent des maisons rondes ou rectangulaires, en jonc tressé ou bâties en boue du fleuve : elles sont fragiles et s’effondrent souvent. De nouvelles demeures sont reconstruites sur les débris des anciennes. L’agriculture locale peut apparemment nourrir sa nombreuse population. Elle commerce avec Tombouctou qui connaît la prospérité grâce au marché du sel gemme, extrait dans le sud du Sahara. Cette société disparait brutalement en 1400 sans avoir été victime de guerre de ces voisins, probablement à l’issue d’une crise économique et sociale.

Royaume D’mt

Le royaume de D’mt s’étendait sur l’actuelle région de Érythrée et le nord de l’Éthiopie. Apparu vers le 800 av. J.-C., il a perduré jusqu’au VIIe siècle av. J.-C. Le royaume de D’mt a développé des procédés d’irrigation, utilisait des charrues, cultivait le millet, et travaillait déjà le fer pour forger ses propres outils et ses armes. Les restes d’un temple important datant d’environ 700 avant J-C ont été préservés à Yeha. Encore une civilisation qui disparaît sans être attaquée apparemment...

Royaume d’Aksoum

Situé au nord de l’Éthiopie et de l’Érythrée, le royaume d’Aksoum était profondément impliqué dans le commerce entre l’Inde et la Méditerranée. Il est né grâce au développement de grandes villes comme Aksoum, Yeha, Hawulti, Matara, Adulis et Qohaito. Dans le Périple de la mer Érythrée, Aksoum est mentionné au Ier siècle de notre ère comme un important marché pour l’ivoire qui était exporté dans tous le monde antique. Il est précisé qu’à cette période le roi d’Aksoum était Zoscales qui, en plus de régner sur le royaume d’Aksoum, contrôlait également deux ports sur la Mer Rouge : Adulis (près de Massaoua) et Avalites (Assab).Le royaume d’Aksoum a bénéficié d’une transformation majeure du système de commerce maritime qui reliait l’Empire romain et l’Inde. Ce changement a eu lieu au début de l’Ère commune. L’ancien système commercial reposait sur des voiliers naviguant le long des côtes entre de nombreux ports. La mer Rouge n’était que d’une importance secondaire par rapport au Golfe persique et aux routes terrestres vers le Levant. A partir de 100 avant J.-C., une route entre l’Égypte et l’Inde a été établie, en passant par la mer Rouge et en utilisant les vents de la mousson pour traverser la Mer d’Oman directement vers le Sud de l’Inde. En l’an 100 après J.C., le volume du trafic commercial sur cette nouvelle route avait éclipsé les anciennes routes. La demande des romains pour les marchandises venant d’Inde a augmenté de façon spectaculaire, entraînant un accroissement du nombre de grands navires traversant la mer Rouge de l’Égypte romaine vers la mer d’Oman et l’Inde.

Les grands empires ont dû leur succès à celle d’une classe de grands commerçants. Par exemple, les peuples vivants à proximité de la grande boucle du Niger ont pris le contrôle du lucratif commerce d’or et du sel. Ainsi, l’empire du Mali est parti du grand commerce de Nani et de sa région. Aujourd’hui, on aurait du mal à imaginer une région de commerce aussi prospère avec plus de quarante millions de personnes et quatre cents villes. Là encore, ce n’est pas l’Etat qui a créé la richesse sociale, mais le contraire. Au XIème siècle, le royaume du Mali était encore très petit, bien inférieur à l’extension du grand commerce de ses villes. Il n’a connu un grand développement que vers 1200-1300, sous les règnes de Soundiata Keita et Mansa Musa. Le développement économique datait déjà de plusieurs centaines d’années. La grandeur de l’empire a accru considérablement les possibilités du grand commerce mais a aussi développé un appareil d’Etat vivant de luxe et ponctionnant les richesses produites. Il a surtout permis de stabiliser les relations sociales en rendant plus difficile les changements sociaux et pérennisé les inégalités sociales entre les classes. A la mort de Mansa Musa, les divisions, rébellions et révoltes se sont multipliées. L’une des révoltes a donné naissance à l’empire Songhaï qui a connu un développement au quatorzième siècle. Ce dernier a été une dictature militaire féroce mais le fondement économique et social est resté le même. La chute a eu aussi les m^mes bases : la révolte de la population contre la dictature a permis à l’armée marocaine en 1590 d’attaquer le régime, jusque-là militairement inattaquable. Avec la disparition du Songhaï, des routes commerciales déplacé vers l’est.

L’empereur Kankan Musa tenant entre ses mains une pépite d’or représenté ici par des explorateurs espagnols ... déjà très intéressés !

L’empire du Ghana, comme l’empire du Mali, a été fondé sur le grand commerce de l’or. A la base, il y a eu le développement de grandes villes commerciales essentiellement fondées sur le commerce de l’or. La future capitale de l’empire, Kumbi Saleh, a été formée du regroupement de deux villes commerciales et artisanales. L’empire du Ghana est un bon exemple du fondement économique et social de l’Etat. La religion n’est nullement la base de cet édifice, même si les rois vont s’appuyer sur les idéologies et sur les structures religieuses pour baser leur régime. Ainsi, la religion des villes commerciales du Ghana est l’islam mais celle de la ville et de la cité royale reste dans la croyance traditionnelle soninké. Le Ghana a atteint son apogée au XIe siècle. Il disposait alors d’une armée de 200.000 hommes et d’une richesse qui dépassait largement les petits royaumes européens. Ce n’est pas la guerre qui a fait chuter l’empire du Ghana mais la crise sociale qui a démoli les fondations de la société. Quand les invasions almoravides ont commencé, le peuple ne voulait pas de battre pour ce régime et ce système d’exploitation. La capitale est tombée en 1080.

En Afrique de l’Ouest, les empires du Ghana, du Mali et du Songhaï ont trouvé leur justification dans la nécessité de contrôler les voies du commerce trans-saharien. L’or et les esclaves ont été envoyés au nord en échange de tissus, d’ustensiles et de sel. Après le troisième siècle, quand les chameaux ont commencé à être employé dans le commerce, les grandes caravanes, y compris, parfois, dix mille bêtes, fait régulièrement des voyages à travers le désert dangereux, transportant du sel en Afrique du Nord en échange d’or en Afrique de l’Ouest. Le fleuve Niger offrait une sécurité d’approvisionnement en eau et de repos pour ces grandes expéditions, dirigées par des gens qui connaissaient la savane et pouvait facilement trouver encore lointain les régions productrices de l’or. Le grand commerce a vivifié le commerce local, donnant les bases d’une société prospère. Beaucoup de commerçants étaient des femmes, particulièrement celles actives dans les marchés locaux où l’augmentation de la prospérité et l’accumulation de la richesse a augmenté le trafic dans les aliments et les produits de luxe. En Afrique de l’Est, les villes swahili sont apparues lorsque le commerce trans-saharien s’est déplacé vers l’est et ces villes se sont ensuite transformées en villes-Etat.

Depuis l’antiquité, la côte est-africaine a été impliquée dans le grand commerce. Au XIIe siècle, une vague de colons arabes et persans rejoint les Bantous de la langue swahili afin de transformer les établissements commerciaux primitifs donnant naissance au plein essor commercial des villes. Entre entre 1200 et 1500, la côte Est de l’Afrique a été constellée de trente-sept villes-grand commerce qui sont ensuite devenues des cités-états. Ces gouvernements n’ont pas cessé d’être proches des grands négociants et de défendre leurs intérêts. Il s’agissait d’un commerce international. Kilwa est devenu le principal port de l’or envoyé par le biais de l’Égypte à l’Europe. Le minerai de fer de Mombasa et Malindi a fourni les fours de l’Inde. En 1400, un commerce systématique avec la Chine a même été mis en place.

L’Afrique centrale a vu avec la consolidation des communautés bantoues, le développement des inégalités sociales, et la transformation de la société traditionnelle en royaumes. Les Etats Bantous datent de la fin du Moyen-Age. Ce sont les Etats Kongo, Benin, Mutapa (au Zimbabwe) dont la capitale était Grand Zimbabwe, Mossi et Yoruba. L’un des Etats les plus impressionnants est celui de Mutapa, qui a eu son apogée entre 1250 et 1450, avec un palais pouvant accueillir un millier de fonctionnaires et un temple aux dimensions étonnantes. Une fois encore, ce n’est pas le royaume qui est à l’origine de cette prospérité mais un florissant commerce de l’or avec les villes côtières qui a prospéré de longues années avant la naissance de l’Etat. Malgré l’existence d’un roi mâle, l’Etat Mutapa a conservé de la société précédente la reconnaissance d’un pouvoir féminin matrilinéaire. La cité elle-même de Grand Zimbabwe devait accueillir jusqu’à 20 000 habitants et son organisation sociale était structurée autour d’un roi, d’une caste dirigeante et d’une armée. L’influence de cette dynastie déclina soudainement au cours du XVe siècle sans doute sous l’influence de la surpopulation, de l’épuisement des pâturages, de la contestation populaire et de la fragmentation du royaume. C’est la révolution sociale qui mit fin à cette civilisation. Vers 1420, des membres issus de la civilisation de Grand Zimbabwe fondent un état shona plus au nord, le royaume du roi Mwene Mutapa (« Le Grand Maraudeur »), connu sous le nom de Monomotapa, qui va prospérer jusqu’en 1629 alors qu’une autre dynastie, les Torwa, s’établit à Khami. Le royaume shona des Torwa émergea vers 1480 et fut considéré comme le successeur direct du « Grand Zimbabwe ». Il prospéra grâce au commerce du bétail et de l’or. Le nouvel empire Rozvi surgit ainsi sur les décombres du royaume des Torwa, représentant près de la moitié du Zimbabwe actuel. Celui-ci va s’effondrer à son tour au milieu du XIXe siècle, victime indirecte des guerres zoulous menées au Natal et dans le futur Transvaal. En 1823, Mzilikazi, chef du clan Xumalo et lieutenant du roi zoulou Shaka entre en rébellion contre son monarque. Condamné à une mort certaine, il parvint à fuir le Zoulouland avec sa tribu. Refoulé de Zambie par la nation Kololo, il finit par s’établir définitivement dans le sud-ouest de l’actuel Zimbabwe vers 1840. C’est près des collines « Amatobos » (« les crânes chauves ») qu’il installe sa capitale, Inyati.

L’empire ou royaume Kongo est marqué lui aussi par la multiplicité des villes commerciales : Mpangala, Mazinga, Ngoyo, Mpemba, Lwangu, Nsundi, Mbinda, Mbembe, Mbamba, Mpangu. Il se développa du VIIe au XVe siècles. Empire Kongo était un État très développé, avec un large réseau commercial. À part les ressources naturelles et l’ivoire, le pays fondait et commerçait le cuivre, l’or, les vêtements de raffia, et la poterie, disposait d’une monnaie et de finances publiques.Sa chute provient du fait qu’il se mit sous la coupe du commerce des esclaves organisé par le Portugal et d’autres pays européens. Au XVIIème siècle, les Portugais et les Anglais nommaient même les rois !

Partout,dans toute l’Afrique, les Etats se donnent des justifications mystiques, religieuse et mythique, mais leur véritable fondement est d’abord lié au développement économique, à celui du grand commerce et aux inégalités sociales qu’ils ont engendré.

Méroé-Nubie

Nubie-Soudan, le film en anglais

La Nubie, royaume négro-africain

Africains momifiés

Nubie (Histoire)

Méroé royaume nubien, le film

Cette cité, située en aval de la sixième cataracte du Nil en Nubie, à l’Est de Koush, donne son nom à une brillante civilisation qui se développe depuis la première cataracte jusqu’au confluent des deux Nils et sans doute plus au sud, entre le Ve et IIIe siècles de notre ère. Influencée par ses voisins, surtout l’Égypte lagide des Ptolémées puis romaine, mais aussi le Proche-Orient et la Perse, elle connaît un âge d’or au Ier siècle av. J.-C..

La cité fut découverte par l’explorateur français Frédéric Cailliaud en 1822.

Le site de Méroé est très étendu et les fouilles n’ont qu’à peine effleuré les vestiges. De nombreux sanctuaires ont été dégagés à l’extérieur de la ville et environ deux cent pyramides sont recensées dans les trois nécropoles.

Loin vers l’est, fermant cette immense plaine, les pyramides royales, construites au sommet de deux petites collines, étaient encore quasi intactes avant qu’en 1834, Giuseppe Ferlini, un aventurier italien, médecin militaire au service de l’armée de Mohamed Ali, ne découvre un trésor dans la sépulture de la reine Amanishakhéto en se servant des dessins et plans de Cailliaud. Pour y parvenir, Ferlini ordonna le démantèlement de la pyramide, la transformant en un amas de pierre. Les bijoux de la reine sont actuellement exposés à Munich et à Berlin (Ägyptisches Museum). Toutes les tombes furent ensuite systématiquement pillées. Les pyramides de Méroé

Les rois et reines qui se succèdent, ne sont souvent pour nous qu’un nom sur une table d’offrandes funéraires ou le décor d’une pyramide. La connaissance du Méroïtique restant parcellaire.

Plusieurs femmes accèdent au pouvoir sous le titre de candace. En -33, la candace Amanishakhéto refuse de se soumettre aux Romains. Le royaume vit encore deux cents ans, avant de s’éteindre pour des raisons encore mal connues.

Vers 350, Ezana, le roi d’Axoum, affirme sur deux stèles qu’il a combattu victorieusement les Noba (Nubiens), traversant l’ancien territoire des Kasou (Koushites). On en a conclu qu’à cette époque, le royaume de Méroé avait succombé sous les coups des Éthiopiens.

Les empires de l’or, le film en anglais

Ethiopie antique

Il existe assez peu de données sur l’Éthiopie sous l’antiquité qui semble avoir fait partie du pays de Pount (-3000 - -1000). Le royaume D’mt (VIIIe - IXe siècle av. J.-C.) est généralement considéré comme la première forme organisée d’un État éthiopien auquel succèdera le premier empire important ayant régné sur le territoire éthiopien : le royaume d’Aksoum (Ier siècle av. J.-C. - Xe siècle) qui couvrait une partie de l’Éthiopie (nord) ainsi que de l’Érythrée actuelles. C’est alors le premier grand État connu d’Afrique, formé d’une population cosmopolite venant d’Arabie du Sud mais aussi de juifs et de grecs. Ce royaume commença à décliner au VIIe siècle, pour des raisons relativement obscures, sans doute liées à l’expansion de l’Islam qui coupera l’empire du reste du monde chrétien

Vers 990, l’Empire d’Éthiopie va alors remplacer le royaume axoumite et une renaissance débute vers le XIIe siècle sous la dynastie Zagoué qui sera renversée en 1270 par Yekouno Amlak. L’arrivée au pouvoir de ce dernier, prétendu descendant de Ménélik Ier (premier Roi d’Éthiopie au Xe siècle av. J.-C.), marque l’avènement de la dynastie salomonide qui régna jusqu’en 1974.

Civilisation ancienne d’Ethiopie

Ethiopie antique

17 Messages de forum

  • Révolutions dans l’Afrique antique 19 décembre 2008 12:53

    nous appellerons « révolution » tout état transitoire dans lequel l’ordre établi peut basculer qualitativement et brutalement. Mais, surtout, nous appellerons révolution une situation qui mène à l’émergence brutale d’une structure, qualitativement nouvelle, issue de l’agitation et des contradictions à l’échelon hiérarchique inférieur, encore appelée auto-organisation. Du coup, ce processus concerne aussi bien les différents domaines des sciences. La politique est particulièrement concernée par la question de l’auto-organisation des prolétaires. Rappelons l’expression qu’en donnait Karl Marx : « Le socialisme sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes. » Pour se préparer à devenir un nouveau pouvoir, les exploités ont besoin de retrouver le sens de l’organisation collective et la confiance dans leurs propres forces.

    Répondre à ce message

  • Qui a dit :

    Quelle terre que cette Afrique ! L’Asie a son histoire, l’Amérique a son histoire, l’Australie elle-même a son histoire ; l’Afrique n’a pas d’histoire.

     ?

    Voir en ligne : http://fr.wikisource.org/wiki/Actes...

    Répondre à ce message

    • désolé mais je ne sais pas quesque sais l’afrique l’asie l’europe l’amerique ect ect désolé vraiment.moshé.

      Répondre à ce message

    • Révolutions dans l’Afrique antique 13 avril 2009 20:07, par Bill, Bamako

      Pour Moi, chercher la personne qui a dit cela ne me parait pas l’imprtant ! mais seulement si cela est concret. Mais puisque le concret aussi n’existe pas. Si ma memoire est bonne c’est Nicolas Sarkozy qui l’a dit pendant son periple au Sénégal.
      Excusez-moi monsieur mais votre message m’a profondement poignardé le coeur. Mais porquoi cette question ? C’est parce que L’afrique vous paraît comme le maillot faible de la planète ? L’Afrique a une histoire, une histoire bien determinée. Rien au monde ne peut s’exhiber automatiquement sans cause, ni but, ni histoire. Chaque chose a son histoire. Mais pourquoi L’Asie a son histoire, l’Amérique a son histoire, l’Australie elle-même a son histoire mais L’Afrique n’a pas sa mienne. N’y a t-il pas un intrus ? je te repose la question,Le continent premier n’a-t- il pas son histoire ? Ses australopithèques,et l’os de lucy ?

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      • Cher camarade,

        Désolé qu’un message tel que le mien t’ai blessé. La réponse se trouvait pourtant dans mon message : le lien indiqué (s’il fonctionne) renvoit vers un discours de Victor Hugo, qui a prononcé ces paroles en 1879.

        Les provocations du président de la France ne me touchent pas car elles cherchent à attiser le nationalisme et le renforcer. L’afrique, l’asie, la france, l’allemagne, je m’en moque, je ne sais pas ce que sais, comme quelqu’un l’a dit ci-dessus. Ces catégories servent à nous diviser. La seule catégorie valable est celle de classe sociale. Je suis du côté des prolétaires et souhaite mettre mon combat au service de ma classe. Je suis de ce parti-là.

        Lorsque Kagame, pour qui ne n’ai aucune sympathie, accuse la France d’avoir commandé le génocide rwandais, je dis que c’est tout à fait juste. Je ne suis pas blessé. Là où je ne suis plus d’accord, c’est lorsqu’il laisse entendre (aout 2008) que le président actuel de la france n’a rien à voir avec les gouvernants de 1994, alors que ce même président était ministre du budget, de la communication et porte-parole du gourernement Balladur qui a assumé endossé les responsabilités de Mittérand et Védrine. Tous les dirigeants français d’alors ou d’aujourd’hui ont de près ou de loin du sang sur les mains dans le génocide : coupables, responsables, directs ou indirects soit par l’implication gouvernementale, soit par leur silence, soit par leur approbation des opérations de communication cherchant à nier ou cacher la responsabilité de la france. La france a du sang sur les mains, la france est un pays génocidaire. Je ne me sens pas blessé si tu me dis cela.

        Je pense que celui qui est blessé parce qu’il a l’impression d’être insulté, quand on l’attaque sur la nationalité qu’une administration bourgeoise lui a donné ou d’après le sol où il est né, n’a rien compris. Le français qui se sent attaqué parce qu’on dit "sale français" cède à des pressions nationalistes. Je me méfie de lui, et me dit qu’il n’est pas du même côté que moi. Il sera prêt à céder à une cause nationale voire nationaliste au lieu de voir le monde avec des lunettes de classes sociales.

        Tout ce que tu dis est exact : l’Afrique est le berceau de l’humanité. Non seulement elle a une histoire, mais l’histoire du monde ne peut se faire sans l’histoire de l’Afrique et sans faire l’histoire de l’entrelacement des histoires de peuples qui se sont rencontrés des deux côtés de la méditerranée, ou de la mer Rouge (en Asie mineure, péninsule arabe, Égypte, etc.). Je pourrais même dire, dans l’état actuel de mes connaissances, que les premières révolutions de l’humanité et de l’antiquité ont eu lieu en Afrique (sous les Pharaons du Nil). Tous les continents ont une histoire, d’ailleurs, parce que le monde a une histoire. Ce n’est pas le problème.

        Le problème, c’est de décortiquer pourquoi les propos de l’un cherchent à insulter l’Afrique, pourquoi ça fonctionne, et pourquoi les excuses sont formulées par une autre, et pourquoi ces excuses fonctionnent. Être touché par l’un ou par l’autre discours signifie que l’on croit à la parole de ces gens-là alors qu’ils n’ont rien à voir avec nous, les travailleurs.

        Moi, je raisonne en scientifique, en communiste révolutionnaire, en marxiste. Donc, je me moque des discours des dirigeants politiques de la bourgeoisie. Je ne me sens pas affecté par eux. En revanche, je les prends en compte pour mon analyse de la situation. Rien d’autre.

        Ma démarche, quand je découvre qu’une phrase qui fait parler a été citée par un autre près de 130 ans plus tôt, il me semble utile et même nécessaire de le dire.

        Hugo a prononcé ces mots dans une période de crise économique profonde : depuis 1873, la grande dépression avait commencé. Elle a duré plus de 20 ans et s’est "résolue", pour l’Europe, par la colonisation de l’Afrique (1880-1914). Hugo par son discours et par cette phrase a semble-t-il, cautionné idéologiquement cette colonisation. Rappelons que cette colonisation de l’Afrique s’est soldée par une guerre mondiale qui a fait 10 millions de morts (1914-1918).

        Si dans un contexte de crise où plus aucun continent ne paraît libre à coloniser, 130 ans plus tard, un dirigeant Européen répète les mêmes mots, que cela signifie-t-il ? Que les appétits européens se préparent à reproduire la colonisation des années 1880-1914 ?

        Voici ce à quoi l’information donnée me fait penser, très superficiellement pour le moment.

        Je n’ai aucune réponse, mais je me pose des questions dans tous les sens depuis que je sais que NS a cité V. Hugo. Creusons ces questions ensemble, mon camarade, plutôt que se sentir insulté par des provocations bien calculées.

        Voir en ligne : Hugo - Actes et paroles - Depuis l’exil - 1879 - Discours sur l’Afrique - Le dimanche 18 mai 1879, au banquet commémoratif de l’abolition de l’esclavage réunissant 120 convives, chez Bonvalet.

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        • c’est moshé ..reponse a bil de bko sur l’afrique.je suis d’accor avec f klein.je ne veus pas lui repété car on les exprime diféramen.dans tout son texte par tout ou c’est écris Afrique Euroe je dirais ou la classe dominante africainne ou europeenne ou le prolétariat africaines ou europeennee ect ect.t’es bléssé mort ou devenu malade par ces propos ? mais t’es pas bléssé mort ou devenu fou par ce qui arrivé au prolétarat rouwandais en algerien au malien au senégalais au proplétarias du monde entier ?JE SUIS d’accord avec kleins sur plein de choses.porte toi bien .a la prochaine sur d’autre sujet.moshé pour bil.

          Le problème, c’est de décortiquer pourquoi les propos de l’un cherchent à insulter l’Afrique, pourquoi ça fonctionne, et pourquoi les excuses sont formulées par une autre, et pourquoi ces excuses fonctionnent. Être touché par l’un ou par l’autre discours signifie que l’on croit à la parole de ces gens-là alors qu’ils n’ont rien à voir avec nous, les travailleurs.

          Moi, je raisonne en scientifique, en communiste, révolutionnaire, prolétarien, et internationnaliste, donc marxiste. Donc, je me moque des discours des dirigeants politiques de la bourgeoisie. Je ne me sens pas affecté par eux. En revanche, je les prends en compte pour mon analyse de la situation. Rien d’autre.

          Ma démarche, quand je découvre qu’une phrase qui fait parler a été citée par un autre près de 130 ans plus tôt, il me semble utile et même nécessaire de le dire.

          Hugo a prononcé ces mots dans une période de crise économique profonde : depuis 1873, la grande dépression avait commencé. Elle a duré plus de 20 ans et s’est "résolue", pour l’Europe, par la colonisation de l’Afrique (1880-1914). Hugo par son discours et par cette phrase a semble-t-il, cautionné idéologiquement cette colonisation.

          Si dans un contexte de crise où plus aucun continent ne paraît libre à coloniser, 130 ans plus tard, un dirigeant Européen répète les mêmes mots, que cela signifie-t-il ? Que les appétits européens se préparent à reproduire la colonisation des années 1880-1914 ?

          Voici ce à quoi l’information donnée me fait penser, très superficiellement pour le moment.

          Je n’ai aucune réponse, mais je me pose des questions dans tous les sens depuis que je sais que NS a cité V. Hugo. Creusons ces questions ensemble, mon camarade, plutôt que se sentir insulté par des provocations bien calculées.

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    • Révolutions dans l’Afrique antique 29 avril 2009 08:47, par Robert Paris

      Victor Hugo est un auteur profondément contradictoire. S’il a effectivement dit ce que signale le lecteur. dans le même discours, il déclare : "L’Afrique importe à l’univers. Une telle suppression de mouvement et de circulation entrave la vie universelle, et la marche humaine ne peut s’accommoder plus longtemps d’un cinquième du globe paralysé."

      D’autre part, il convient de rapeller que l’histoire ancienne de l’Afrique était inconnue à son époque puisque nous signalons dans le site qu’elle était également inconnue de karl Marx...

      Le problème n’est pas là. Il ne consiste pas à remarquer que Hugo est un homme issu de la classe dirigeante de son époque. On le sait. mais de remarquer qu’il en appelle souvent à de sentiments très grands, ce qui n’est pas le cas de la plupart de ses contemporains, qu’ils soient ou pas écrivains.

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      • Révolutions dans l’Afrique antique 29 avril 2009 08:52, par Robert Paris

        robert paris à bil

        je voudrai rajouter que l’Europe n’a pas d’histoire pas plus que l’asie. C’est le monde qui en a une. Diviser l’univers en parties, c’est déjà affaiblir son message.

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        • Révolutions dans l’Afrique antique 29 avril 2009 19:39, par Bill, Bamako

          je crois que vous avez(peut être ) raison puisque Socrate l’a dailleurs affirmé en disant "je ne suis ni athénien ni grec mais un citoyen du monde". Ce qui met en évidence que les pays n’existent pas ! Ni la frontière !

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          • Révolutions dans l’Afrique antique 29 avril 2009 19:42, par Robert Paris

            cher lecteur et ami internationaliste

            les frontières ne sont là que pour nous enfermer nous dans des illusions mortelles. Quand les capitalistes en ont envie, ils passent les frontières pour faire passer leurs marchandises, leurs capitaux ou leurs armées. Bouygues est chez lui à Morila et au Mali.

            Les travailleurs doivent affirmer avec tous ceux qui sont de leur côté que c’est le monde qui nous appartient !

            robert paris à bil

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      • Révolutions dans l’Afrique antique 8 mai 2009 22:22, par Robert Paris

        Vous me demandez mon avis, monsieur, sur l’expédition de Chine. Vous trouvez cette expédition honorable et belle, et vous êtes assez bon pour attacher quelque prix à mon sentiment ; selon vous, l’expédition de Chine, faite sous le double pavillon de la reine Victoria et de l’empereur Napoléon, est une gloire à partager entre la France et l’Angleterre, et vous désirez savoir quelle est la quantité d’approbation que je crois pouvoir donner à cette victoire anglaise et française.
        Puisque vous voulez connaître mon avis, le voici : Il y avait, dans un coin du monde, une merveille du monde : cette merveille s’appelait le palais d’Été. L’art a deux principes, l’idée, qui produit l’art européen, et la Chimère, qui produit l’art oriental. Le palais d’Été était à l’art chimérique ce que le Parthénon est à l’art idéal. Tout ce que peut enfanter l’imagination d’un peuple presque extrahumain était là. Ce n’était pas, comme le Parthénon, une œuvre une et unique ; c’était une sorte d’énorme modèle de la chimère, si la chimère peut avoir un modèle. Imaginez on ne sait quelle construction inexprimable, quelque chose comme un édifice lunaire, et vous aurez le palais d’Été. Bâtissez un songe avec du marbre, du jade, du bronze et de la porcelaine, charpentez-le en bois de cèdre, couvrez-le de pierreries, drapez-le de soie, faites-le ici sanctuaire, là harem, là citadelle, mettez-y des dieux, mettez-y des monstres, vernissez-le, émaillez-le, dorez-le, fardez-le, faites construire par des architectes qui soient des poètes les mille et un rêves des mille et une nuits, ajoutez des jardins, des bassins, des jaillissements d’eau et d’écume, des cygnes, des ibis, des paons, supposez en un mot une sorte d’éblouissante caverne de la fantaisie humaine ayant une figure de temple et de palais, c’était là ce monument. Il avait fallu, pour le créer, le lent travail des générations. Cet édifice, qui avait l’énormité d’une ville, avait été bâti par les siècles, pour qui ? pour les peuples. Car ce que fait le temps appartient à l’homme. Les artistes, les poètes, les philosophes, connaissaient le palais d’Été ; Voltaire en parle. On disait : le Parthénon en Grèce, les pyramides en Égypte, le Colisée à Rome, Notre-Dame à Paris, le palais d’Été en Orient. Si on ne le voyait pas, on le rêvait. C’était une sorte d’effrayant chef-d’œuvre inconnu entrevu au loin dans on ne sait quel crépuscule, comme une silhouette de la civilisation d’Asie sur l’horizon de la civilisation d’Europe.
        Cette merveille a disparu. Un jour, deux bandits sont entrés dans le palais d’Été. L’un a pillé, l’autre a incendié. La victoire peut être une voleuse, à ce qu’il paraît. Une dévastation en grand du palais d’Été s’est faite de compte à demi entre les deux vainqueurs. On voit mêlé à tout cela le nom d’Elgin, qui a la propriété fatale de rappeler le Parthénon. Ce qu’on avait fait au Parthénon, on l’a fait au palais d’Été, plus complètement et mieux, de manière à ne rien laisser. Tous les trésors de toutes nos cathédrales réunies n’égaleraient pas ce formidable et splendide musée de l’Orient. Il n’y avait pas seulement là des chefs-d’œuvre d’art, il y avait des entassements d’orfèvrerie. Grand exploit, bonne aubaine. L’un des deux vainqueurs a empli ses poches, ce que voyant, l’autre a empli ses coffres ; et l’on est revenu en Europe, bras dessus, bras dessous, en riant. Telle est l’histoire des deux bandits.
        Nous Européens, nous sommes les civilisés, et pour nous les Chinois sont les barbares. Voilà ce que la civilisation a fait à la barbarie.
        Devant l’histoire, l’un des deux bandits s’appellera la France, l’autre s’appellera l’Angleterre. Mais je proteste, et je vous remercie de m’en donner l’occasion ! les crimes de ceux qui mènent ne sont pas la faute de ceux qui sont menés ; les gouvernements sont quelquefois des bandits, les peuples jamais.
        L’Empire français a empoché la moitié de cette victoire et il étale aujourd’hui, avec une sorte de naïveté de propriétaire, le splendide bric-à-brac du palais d’Été. J’espère qu’un jour viendra où la France, délivrée et nettoyée, renverra ce butin à la Chine spoliée.
        En attendant, il y a un vol et deux voleurs. Je le constate.
        Telle est, monsieur, la quantité d’approbation que je donne à l’expédition de Chine.
        Victor Hugo, lettre au capitaine Butler
        Hauteville-House, 25 novembre 1861

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  • Révolutions dans l’Afrique antique 29 avril 2009 20:04, par Bill, Bamako

    A Robert Paris et tout internaute qui pense que cet article l’interpelle.
    L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de la lutte des classes.
    Mais comment expliquez-vous ce déchirement de la jeunesse du monde ou plutôt ce désintéressement de la classe bougeoise aux "affaires prolétaires" ? plus de 4 millions de jeunes chomeurs en Espagne et plus d’1 million en France. Je crois que la classe bourgeoise a encore une fois de plus fait preuve de faiblesse face aux problèmes majeures du monde. mais cela ne m’a pas surpris car c’est cela sa fonction.

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    • Révolutions dans l’Afrique antique 29 avril 2009 22:31, par Robert Paris

      Il est difficile de dire aujourd’hui d’affirmer que telle ou telle classe sociale pense et agit de telle ou telle manière car nous sommes en plein dans un des grands tournants de l’Histoire qui sont des périodes rares et où les choses changent de manière étonnante. Et aussi dans tous les sens ... Les gens qui étaient des piliers de l’ordre deviennent des gens agités mais on ne sait pas encore dans quel sens ils vont s’agiter ... Pour nous, le problème est surtout d’avoir un cap et de le garder et pas de suivre tous les hauts et les bas du moral des gens qui sont un peu perdus dans ces changements. L’Afrique avait commencé peut être à penser qu’il y avait des perspectives économiques au moment où ils commencent à apprendre que le capitalisme s’effondre et ils ont un peu de mal encore à le croire car leurs espoirs s’effondrent. Quand ils vont vraiment le comprendre, ils vont se facher. Mais ce n’est pas ce qui compte. Il faut qu’il y ait des militants qui comprennent les lois de l’histoire

      robert paris à bil

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  • Civilisations et révolutions dans l’Afrique antique 18 juillet 2010 18:52, par Jérémy

    BC signifie après JC

    La progression des peuples noirs africains à la fin du paléolithique supérieur et au néolithique est constatée par les spécialistes. Selon F. WENDORF et R. SCHILD, l’orge était connue dans la vallée du Nil, en Haute-Égypte et y faisait l’objet d’une pré-agriculture vers 14 000/12 000 avant JC. Les bovins domestiques du Sahara oriental (sites de Nabta Playa et de Kir Kiseiba, à l’ouest d’Abou Simbel) ont été datés de 10 000 à 9000 avant JC.

    P. F. WENDORF, A. CLOSE, A. GAUTIER, et R. SCHILD, en concluent qu’ils sont "légèrement plus anciens que ceux de l’Eurasie" . Le processus de domestication se serait réalisé, en fait, dans la vallée du Nil, en Basse Nubie, au cours du 9e millénaire avant JC, approximativement. Bien qu’il pense que la domestication des plantes et des animaux s’est accomplie de façon beaucoup plus lente et progressive, A. MUZZOLINI n’en écrit pas moins :

    "On constate qu’en Afrique aussi les groupements humains sont devenus importants, et concentrent désormais leurs activités sur des territoires limités... L’augmentation de population paraît une évidence. Les sites atériens se comptent par dizaines, ceux de l’épipaléolithique par centaines ; quant aux sites néolithiques... on en rencontre partout, par milliers certainement"].

    C’est entre 8000 et 6000 avant JC que s’est épanouie, selon J. E. SUTTON, une civilisation révélée par de nombreux sites archéologiques, caractérisée par une grande consommation de poissons et de mollusques et qui occupe une aire immense : hauts plateaux du sud du Kenya et du nord de la Tanzanie, Rift Valley, Nil moyen, Tchad, Haut-Niger, hautes terres du Sahara [8]. Les populations noires couvraient le Sahara jusqu’aux côtes de la Méditerranée comme le prouvent les "Capsiens négroïdes" de Tunisie, les gravures rupestres du Sahara, et les premières représentations des Libyens dans l’iconographie égyptienne [9]. Elles occupaient aussi l’Égypte. Vers 8000 avant JC, les outils polis commencent à apparaître dans le Nachikoufien, en Zambie septentrionale. La céramique est attestée vers 7500 avant JC dans le massif de l’Aïr.

    En Afrique occidentale, à la lisière forêt/savane, notamment à Iwo Eleru (Nigéria), le passage à la production alimentaire débute vers 4000 avant JC, à peine plus tard que le Néolithique de Khartoum (site de Shaheinab).

    La civilisation de Nok, également au Nigéria, a perduré de 3500 avant JC à 200 après JC, relayée semble-t-il par la civilisation d’Ifé.

    Une céramique a été trouvée dans le niveau inférieur de la grotte de Gamble (Gamble’s cave, Elmenteita, à l’est du lac Victoria-Nyanza), daté de 6000 BC environ. Au sud-est de ce lac, deux sites ont fourni une poterie datée de la fin du 4e et du début du 3e millénaire [16]. D’abondants vestiges de poterie ont également été trouvés à l’ouest du lac Malawi, dans les niveaux du Nachikoufien, à partir de 2000 bc, c’est-à-dire 2400 BC (date calibrée) [17]. C’est à cette même date que les boeufs et ovicaprinés domestiques sont attestés à Karkarichinkat, au Mali.

    D’après divers écrivains anciens, les démographes M. REINHARD et A. ARMENGAUD ont estimé que la population de l’Égypte ancienne a dû être de l’ordre de 7 à 8 millions d’habitants, ces chiffres "ne marquant pas nécessairement le maximum atteint" (voir note 52, op. cit. p. 23). K. W. BUTZER (Early Hydraulic Civilisation in Egypt, Chicago, 1976, tableau 4, p. 83), cité par D. VALBELLE, propose 866 000 habitants à l’époque thinite, 1 614 000 sous l’Ancien Empire, 1 966 000 au Moyen Empire et 2 887 000 au Nouvel Empire, chiffres fondés sur l’appréciation des récoltes (D. VALBELLE, La vie dans l’Égypte ancienne, Paris, PUF, 1989, p. 9). D. VALBELLE considère que ces évaluations sont susceptibles d’être remises en question par une étude des chiffres fournis par les textes égyptiens mêmes. En effet, si l’on admet que l’armée de métier à l’apogée du Nouvel Empire représentait 0,2% de la population (cf. L. M. DIOP-MAES, voir note 35, op. cit., pp. 784-786), celle-ci pouvait se chiffrer entre 9 et 10 millions. Mais en cas de cumul prolongé de mauvaises conditions (troubles, guerres, crues insuffisantes…) le nombre d’habitants pouvait être, à la fin, diminué de moitié. De la 1e cataracte du Nil jusqu’à la 6e, la vaste Nubie était relativement fort peuplée. Au Djebel Maya (ou Moya), à 260 km environ au sud/sud-est de Khartoum, H. ALIMEN signale une station néolithique qui contenait 1443 squelettes [19]. En 2680 BC, les Égyptiens rapportent qu’ils ont fait, en Basse Nubie, 11 000 prisonniers et qu’ils ont capturé 200 000 têtes de bétail [20]. Signalons, à titre de comparaison, qu’à la suite d’une bataille contre Ur, sous SARGON 1er, vers 2400/2300 BC, 5060 prisonniers auraient été dénombrés et que la population mésopotamienne a été estimée à 4 ou 5 millions d’habitants pour cette époque.

    Au Moyen Empire, on mesure le volume de la population nubienne et la puissance du royaume de Koush à l’importance singulière des fortifications entretenues par les Égyptiens en Nubie pour tenir la population, protéger la navigation et défendre leur frontière méridionale. A l’époque de la domination Hyksos en Égypte, (17e siècle BC), le titulaire d’une tombe à Kerma, était accompagné de 200 à 300 personnes. Poterie fine, poignards de cuivre, bois travaillés et incrustés d’ivoire, chapeau de cuir orné de mica, trouvés dans cette tombe, témoignent de l’importance de l’artisanat.

    Sous le Nouvel Empire égyptien, on relève en Nubie la présence d’un nombre considérable de scribes, de prêtres, de soldats et policiers, d’artisans égyptiens et nubiens. Les listes des tributs prélevés en Nubie montrent qu’il y avait non seulement des animaux et des grains, mais aussi des chasse-mouches, des boucliers, des lits, des fauteuils, donc des produits manufacturés, ce qui est très significatif puisque le nombre d’habitants est lié au degré de développement de l’activité économique. Ensuite, le royaume koushite devient très puissant et donne à l’Égypte sa XXVe dynastie (8/7e siècle BC). Des centres urbains s’y développent. Au 5e siècle, HÉRODOTE qualifiera Méroé de "grande cité", ce que les vestiges archéologiques ont confirmé [21]. Les auteurs du chapitre 11, tome 2, de l’Histoire générale de l’Afrique (UNESCO), A. HAKEM, I. HRBEK et J. VERCOUTTER, constatent, d’après le résultat des fouilles, que Méroé à son apogée a été une cité "énorme", dotée de tous les éléments liés à la vie urbaine (palais, thermes, temples, cimetières, etc)

    Les importants centres urbains nubiens et l’habitat rural sont progressivement mis au jour par les archéologues [21], rendant inacceptables les faibles évaluations proposées par K. GRZYMSKY [22] (discussion in [36, p. 71 à 76]).

    Dans l’état actuel des datations, les débuts de l’âge du fer en Afrique sont plus anciens qu’en pays Hittite. D. GREBENART considère que la métallurgie du fer était associée à celle du cuivre autour d’Agadès, cette dernière débutant à la fin du 3e millénaire et s’étant bien développée entre 1730 et 1400 BC [23] ; au Ruanda-Burundi les premières trace de fer remontent à 1470 BC [24].

    F. VAN NOTEN indique que, dès l’âge du fer ancien, il existait des réseaux d’échanges étendus [25], ce qui est confirmé par les quatre expéditions du chef de caravane égyptien HERKOUF, au 24e siècle avant J.C. [26], à destination du pays de Yam, que l’historien P. KALCK situe au nord-est de la Centrafrique [27] . Ceci laisse supposer, en même temps, que la savane nilo-tchadienne était aussi peuplée, comme le pense J. LECLANT.

    Il importe de rappeler que la Chine n’a émergé du néolithique qu’au 18e siècle avant J.C. alors que la civilisation prédynastique couvrait à la fois la Nubie et l’Égypte aux 5e et 4e millénaires. Cela implique un décalage en ce qui concerne l’accroissement démographique. Il est logique de penser que l’Afrique, au néolithique et durant l’Antiquité, devait avoir un nombre total d’habitants plus élevé que celui de l’Europe et même probablement supérieur à celui de l’Asie, contrairement aux chiffres publiés par les démographes. Ces derniers n’avaient pas connaissance de l’ensemble des vestiges et documents archéologiques dont nous disposons aujourd’hui, et leur vision a-historique de l’Afrique noire leur a fait croire que la pathologie observée en 1900-1930 était une constante.

    En Centrafrique, l’archéologue P. VIDAL propose une densité de l’ordre de 1 habitant au km2 au milieu du 1er millénaire BC, ou même plus tôt.

    La cité de Djeno-Djenné, près de l’actuelle Djenné (Mali), date du 3e siècle BC [31], comme les premières agglomérations urbaines de l’Ethiopie. En Zambie méridionale, région de plateaux fertiles, on a découvert de grands villages du premier âge du fer. D’autres vestiges témoignent d’un développement économique important [32]. Il ressort de l’exposé de D.W. PHILLIPSON que la construction en pierre était de pratique courante dans la région de Zimbabwe dès le premier âge du fer, durant les "deux premiers tiers du premier millénaire" de notre ère.

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  • Civilisations et révolutions dans l’Afrique antique 7 août 2010 21:35, par Mathieu C.

    Berceau de l’humanité, le continent africain a souvent été présenté comme celui de l’oralité. Faux. Bien avant l’Europe, des civilisations brillantes y inventaient des systèmes d’écriture parfois encore usités de nos jours

    "En Afrique, quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle." Aussi belle et profonde que puisse être la pensée d’Amadou Hampâté Bâ, écrivain malien du siècle passé, elle repose sur un terrible malentendu. Oui, l’Afrique, plus que tout autre, est le continent de l’oralité, mais contrairement à un discours politique convenu - inspiré de plusieurs siècles de colonisation - elle n’est pas sans écriture. Loin de là. Ou, plutôt, au plus loin de l’humanité dont elle est le berceau, l’Afrique, via l’Egypte et la civilisation hiéroglyphique, pourrait bien être aussi à l’origine de la première écriture, avant celle de Mésopotamie (voir L’Express du 14 juillet dernier). "Ethnologues et linguistes ont fait d’extraordinaires avancées ces dernières décennies et, au-delà du cas égyptien, le continent africain a possédé plusieurs systèmes d’écriture antiques du côté du Soudan, de l’Ethiopie et en Afrique du Nord", explique Bertrand Hirsch, le directeur adjoint du Centre d’études des mondes africains (Cemaf). Revue de détail.
    5. Afrique : des signes venus des sables

    idé

    Le Méroïtique
    Le premier de ces systèmes d’écriture prend corps dans cette aire géographique qui s’appelait la Nubie, un vaste territoire qui a la particularité de partager le Nil avec l’Egypte. Là, quelque trois millénaires avant notre latin, dans le royaume koushite dit de Kerma, né au sud de la troisième cataracte du Nil, s’est développée une langue vraisemblablement parlée par les élites. "Nous en connaissons l’existence par l’intermédiaire d’une correspondance entre les souverains indigènes et les Egyptiens, où apparaissent des noms avec des éléments méroïtiques", explique Claude Rilly, du laboratoire Langage, langues et culture d’Afrique noire (Llacan/CNRS), et qui dirige la Section française de la direction des antiquités du Soudan. Mais après sa chute, vers 1500 av. J.-C., le royaume de Kerma, à l’exception de deux stèles, n’a pas laissé de vestiges. Les restes de l’empire sont rapidement colonisés par l’ennemi voisin. S’ouvre alors une période de fusion des cultures : les Egyptiens viennent construire des monuments majestueux, comme le temple d’Abou-Simbel, sous le règne de Ramsès II (1279-1213 av. J.-C.), tandis que les Koushites "s’égyptianisent". Ils adoptent certains dieux dans leur propre panthéon (Amon, Isis, Osiris) et s’émerveillent devant les hiéroglyphes. Pour autant, côté langue, le méroïtique ne semble pas abandonné, s’imposant comme le parler du peuple et du commerce alors que l’égyptien serait celui des hauts dignitaires. "Pourtant, les deux langues parfaitement répandues sont aussi différentes que le français et le turc", poursuit Claude Rilly, qui s’étonne de leur coexistence aussi longue. Parce que, si elle ne repasse pas les plats, l’Histoire tourne : au viiie siècle av. J.-C., les Koushites reprennent possession de leur territoire et, mieux, s’emparent de la Haute-Egypte. Le coeur du pouvoir se déplace de Napata vers Méroé, toujours plus au sud. Comme s’il s’agissait de mieux se démarquer de l’influence pharaonique. "En 250 avant notre ère émerge le royaume de Méroé, durant lequel se développe, enfin, une écriture méroïtique qui n’enregistre plus seulement quelques noms, mais l’ensemble de la langue", raconte le chercheur du Llacan. Cette nouvelle ère ne dure qu’une centaine d’années, mais va laisser aux archéologues un bon millier de documents scripturaux. Selon les linguistes, il existait deux écritures méroïtiques, l’une hiéroglyphique et l’autre cursive. La première est indéniablement d’inspiration égyptienne, même si les signes n’ont ni la même valeur ni la même direction : "Ils regardent en fin de ligne", explique joliment Claude Rilly. L’autre, dite "cursive", apparaît comme une variation du démotique, avec des hiéroglyphes simplifiés, "quasiment sténographiés".
    Longtemps, le méroïtique est resté un mystère pour les archéologues. Il a fallu attendre presque un siècle entre sa découverte (1821) et son déchiffrement (1911) par le Britannique Francis Llewellyn Griffith. "Et encore, on sait lire l’écriture, mais on ne la comprend pas, précise Claude Rilly. Comme un bon latiniste sait lire du turc, mais ne le comprend pas pour autant." Avant d’estimer qu’aujourd’hui "à peine 5 % du vocabulaire et un tiers de la grammaire ont véritablement été déchiffrés". Pour avancer, il faudra du temps et la découverte d’autres vestiges, plus riches. Le méroïtique, langue originelle, purement phonétique, est bien une invention africaine. Elle supprime définitivement le dogme qui voudrait que ce continent n’ait pas été suffisamment intelligent pour créer une écriture propre et demeure un envoûtant mystère pour les archéologues.

    L’écriture éthiopienne
    Elle n’a pas de nom, son origine reste l’objet de conjectures, mais elle est mère de toutes les langues du pays. L’écriture antique éthiopienne serait née de part et d’autre de la mer Rouge, en symbiose avec le royaume de Saba. "On évoque souvent un substrat yéménite, sans plus de précision étant donné la rareté des inscriptions", explique Meaza Revol-Tissot, chercheuse à l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Dès le ve siècle avant notre ère, les relations entre Saba et Erythrée ne font aucun doute : la langue, mais aussi les dieux et même l’emblème royal sont intimement liés. Jusqu’à la création en Ethiopie, au ier siècle apr. J.-C., du royaume d’Aksoum, avec sa propre langue, le guèze (ou éthiopien classique), qui va s’étendre de la province du Tigré à une partie de l’Erythrée. "Elle était la langue des milieux savants et de la religion, ce qui explique sa durée dans le temps, puisqu’elle va être utilisée jusqu’au xe siècle de notre ère", ajoute Meaza Revol-Tissot. Avant de préciser : "On peut la comparer au latin, puisque d’elle sont nés le tigrigna parlé au nord et surtout l’amharique, qui demeure, aujourd’hui, la deuxième langue sémitique la plus parlée au monde (après l’arabe) et la plus importante d’Ethiopie." Au point de jouer un rôle identitaire de premier ordre.

    Le Libyque
    Il persiste un doute sur son antériorité qui se compte, non en décennies, mais en siècles. Cette écriture, dite aussi "libyco-berbère", puise sa source au fond des grottes, dans des abris-sous-roche à vocation religieuse ou sur les monolithes que l’on croise, ici ou là, au milieu du désert du Sahel. Quelques inscriptions qui, plus tard, vont permettre de créer une écriture alphabétique propre aux Berbères, au coeur d’une immense aire géographique allant de l’Afrique du Nord au Mali. "Les traces les plus certaines, exhumées sur le site de l’actuelle Dougga (Tunisie), datent de 138 av. J.-C., mais des spécialistes estiment qu’elle remonte au viie siècle avant notre ère", explique Bertrand Hirsch. Une controverse chronologique sans fin, mais pas sans arrière-pensées : le libyque pourrait avoir une origine indigène, à savoir une genèse locale sans influence extérieure ; ou endogène, inspirée par un alphabet sémitique, probablement le phénicien. Mais dans le premier cas, il devient le substrat de l’identité berbère, celle qui revendique une histoire de l’Afrique du Nord avant l’arrivée des Arabes. Aujourd’hui, la théorie la plus aboutie serait celle d’une origine autochtone née d’un ensemble de signes appartenant à l’art géométrique, qui aurait été perfectionné par différents emprunts à d’autres langues pour donner un alphabet propre.
    "L’autre caractéristique fondamentale de l’écriture libyco-berbère est d’avoir traversé le temps jusqu’à nos jours", raconte Mohamed Aghali-Zakara, de l’Inalco. En effet, ce "rameau libyque" s’est séparé, sous l’Antiquité, en trois alphabets qui "possèdent une évidente continuité scripturale", reprend le chercheur : oriental (Algérie, Tunisie, Libye), occidental (Maroc, une partie de l’Algérie, jusqu’aux îles Canaries) et saharien. De ce dernier est né le tifinagh, qui demeure l’écriture des Touaregs. A aucun moment il ne sert à fixer la mémoire historique ou à développer une quelconque littérature. "Là encore, le tifinagh est, pour le peuple du désert, une marque identitaire forte, qui a perduré parce qu’ils en ont eu un usage ludique", ajoute Mohamed Aghali-Zakara. Outre quelques inscriptions symboliques écrites par les adultes (marques de propriété, signatures), il s’apprend à l’adolescence, sur le sable, pour des jeux ou pour écrire de petits messages amoureux. "Leur usage s’apparente à celui des jeunes en Occident qui, frénétiquement, envoient des dizaines de textos par jour", conclut le spécialiste des Touaregs. De quoi relativiser la moderne toute-puissance de notre dieu "téléphone portable."

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  • j’ai lu beaucoup de de vos interventions et je dois dire que vous êtes tous ou presque très éloquent : Mais en vous lisant j’ai remarqué que vous etiez africains ou originaire voir sympatisant de ce continent, un point qui me plaît encore plus, du fait de nos racines communes. Par contre je vais peut être vous semblez un peu cru ou autre... mais, permettez-moi de vous direce que je penses. Que L’Africain fier de l’être ne dois pas apprendre son histoire ou sa culture sur des études de scientifiques occidentaux. d’une période ou l’on sais tous antérieure à la notre maintenant des vestiges significatifs existent. vous lisez biens des bouquins mais de qui sont-ils édités ? quel à été le but de leur expéditions ? Pourquoi nous ont-ils- envahient ? ont a été asservient messieurs les intellos , je vous rappelle donc qu’on a tous subis une transformations la preuve vous comme moi êtes francophone , anglophone , HIspanophone ou germanique. Aviez vous un seul instant imaginé les conséquences de ces transformations de nos peuples ? si oui pourquoi de nous, tout disparaît comme par enchantement ? Pourquoi sommes nous le peuples le plus anciens comme le dis les études occidentales( hommes primitifs ) Qu’on -t-ils faits des vestiges de leur pseudos découvertes antiques ???? leur de leurs colonisation civilisées ? Voici des questions que je me pose. Et si vous pouviez donnez moi des réponses j’en serais extrêment ravi. Eh au fait omettez pas de parler Francais car mon peuple à moi a subit la gentillesse Française.

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    • Civilisations et révolutions dans l’Afrique antique 15 février 2013 20:30, par Robert Paris

      Cher lecteur,
      merci de nous communiquer tes réflexions.

      Comme tu l’as deviné, nous sommes africains puisque tous les êtres humains le sont, tous nés sur ce continent.

      Du coup, toute découverte humaine est aussi africaine et tu n’as pas à t’inquiéter : Newton comme Einstein, Marx comme Trotsky et même nos adversaires, de Bush à Obama, de Sarkzy à Hollande sont aussi des africains comme nous.

      Sur toute la planète, tous les hommes sont africains.

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