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La présidence de la république au suffrage "universel", une belle caricature de démocratie au service des classes dirigeantes !

mardi 27 mars 2012, par Robert Paris

La présidence de la république au suffrage "universel", une belle caricature de démocratie au service des classes dirigeantes !

Nous allons pouvoir décider de l’avenir de tout un pays, la France, aux prochaines élections présidentielles. C’est du moins ce que l’on nous dit. Au moins, nous allons pouvoir exprimer par notre vote ce que nous pensons. C’est encore une affirmation fréquemment invoquée. En France comme dans tous les pays riches, on peut s’offrir le luxe de croire qu’on intervient dans le jeu politique des gouvernants. Périodiquement, on nous appelle à participer à un grand jeu de chamboule-tout qui ne chamboulera justement… rien de fondamental.

Paradoxalement, une partie considérable de ceux qui peuvent voter ne doivent pas le penser puisque le plus grand parti est encore celui des abstentionnistes. Et même ceux qui votent sont majoritairement des gens qui votent plus "contre" que "pour", ce qui sous-entend qu’ils ne sont vraiment "pour" aucun candidat. Parmi la travailleurs, les chômeurs et les retraités, parmi les paysans pauvres et les artisans pauvres, la fréquence des non-votants est la plus grande, sans parler des travailleurs étrangers qui contribuent à la création de richesses et aux taxes et impôts divers sans avoir le droit de décider de quoique ce soit. Mais passons. les autres, qui votent, n’en décident pas non plus.

Quelles sont les questions clefs qui vont pouvoir être tranchées par ce vote ?

Les licenciements ? Les grandes entreprises se préparent à une vague historique de suppressions d’emplois au lendemain des élections. Et ils le feront quel que soit l’élu. Aucun ne s’engage à mobiliser les travailleurs en construisant dès aujourd’hui des conseils de salariés pour mettre en place la structure sur laquelle s’appuyer pour imposer leur loi aux patrons licencieurs et les menacer de sérieuses représailles.

Le nucléaire ? Sarkozy s’engage à faire marcher les centrales même les plus dangereuses car trop usées. Ce n’est pas pour défendre les emplois des salariés puisqu’il est d’accord pour qu’Areva licencie (après les élections), mais pour défendre les intérêts des trusts du nucléaire. Quant à Hollande, il s’engage à utiliser même le combustible nucléaire le plus dangereux, le MOX. Et il l’a bien fait remarquer puisque c’est sur ce point justement qu’il a changé unilatéralement son accord avec les verts au risque de faire capoter leur accord. Donc Hollande a menti aux écologistes comme aux Français : il ne reviendra pas sur quoique ce soit qui pourrait nuire aux trusts du nucléaire même si la santé et la sécurité de la population en dépend.

Les services publics ? Les candidats reconnaissent la dette et admettent qu’il faut la payer en s’attaquant aux emplois dans la fonction publics et en sacrifiant l’enseignement, la santé et les transports, même s’ils se gardent de le formuler ainsi bien entendu...

Les salaires ? Sarkozy s’était engagé à les augmenter. on se souvient de sa phrase disant que les caisses de l’Etat son vides et aussi de sa prime qui s’est réduite à peau de chagrin. Quant à son travailler plus pour gagner plus, c’est devenu une véritable plaisanterie. D’autant que travailler plus en pleine période d’augmentation massive du chômage, on ne voit pas bien l’intérêt.

Les retraites ? Hollande ne reviendra pas sur les lois votées par la droite. Donc rien de sérieux ne changera si ce n’est pas une nouvelle aggravation du sort des retraités, par la réduction des retraites face au coût de la vie. Et cela quel que ce soit l’élu...

La liste ne mérite pas de s’allonger. C’est la même chose sur toutes les questions importantes. Aucun ne s’engage à arrêter des guerres meurtrières comme celle d’Afghanistan, à cesser d’occuper ce pays opprimé d’Haïti qui n’est aidé que pour maintenir un ordre impérialiste, à cesser d’occuper le Kosovo, d’occuper les pays d’Afrique et d’y soutenir les dictatures, à cesser d’occuper les colonies françaises, des Antilles notamment.

Voter blanc, choux ou chèvre ne pourra jamais exprimer cela car aucun candidat ne dit cela, ne se donne les moyens de faire cela, ne prétend même le faire...

D’ailleurs, le simple fait d’élire le roi de France, plus puissant personnellement que les anciens rois, c’est déjà accepter une caricature hideuse de la démocratie.

De plus, on vote pour un individu, alors qu’on ne le connait absolument pas personnellement. on vient encore d’en avoir la preuve avec DSK qui était le favori des sondages et dont personne ne connaissait ni ne connait toujours la véritable histoire. Les histoires scabreuses ne sont, en effet, que la partie immergée de l’iceberg. Il faudrait raconter ses sales affaires avec le nucléaire, ses sales affaires avec le secteur du Bâtiment, ses sales affaires pour cacher les détournements de fonds de la droite, etc... Qui se souvient qu’il a supprimé les impôts de Karl Lagerfeld pour négocier qu’on lui donne la cassette Méry où le financier du RPR dévoilait les manières louches d’enrichissement de la droite, pour finalement prétendre qu’il l’avait perdue, et recevoir, en remerciement de la droite, le poste de dirigeant du FMI !

Ce n’est qu’un exemple. La population française n’est pas plus informée des mensonges et divers retournements des autres personnages de la politique politicienne. Le caméléon politique Mélenchon passe pour un homme qui n’a pas varié alors qui est passé de la droite du PS à sa gauche, de pro-Maastricht à anti-Maastricht, de rédacteur d’un journal catho à anti-catho, etc, etc... devenu ministre de Jospin, il avait cessé brutalement de critiquer ce dernier, y compris sur la guerre en Afghanistan et sur les privatisations massives de ce gouvernement "socialiste"...

La population ne connait personnellement aucun des candidats. Pas même Sarkozy qu’elle a pourtant vu gouverner pendant des années.

Bien des affaires louches le concernant sont restées secrètes. Et pour cause.

Il a démarré dans les petits papiers de Pasqua et du SAC, une milice fasciste et barbouze, dans ceux du maire de Neuilly, Péretti, chef d’un clan corse et aussi du SAC. Vous savez, c’est l’époque où les ministres valsaient, De Broglie, Boulin, Fontanet, qu’on retrouvait suicidés bizarrement et peut-être aidés en cela par le SAC, disent certaines mauvaises langues. C’est bien entendu un parfait hasard si c’est sous le ministère de l’intérieur de Sarkozy que le dossier Boulin a été "malencontreusement" vidé de son contenu...

Il y a en a des choses où on retrouve Sarkozy, des détournements de fonds de l’affaire Karachi à l’affaire de l’assassinat du préfet Erignac. Saviez-vous, pour ne prendre qu’un seul exemple, que le présumé assassin appelé "le berger de Cargèse" est tellement connu de la famille Sarkozy que le jeune Sarkozy avait lui-même fait "un stage de berger" en Corse. Et où ? A Cargèse ? Et pourquoi ? parce que Sarkozy père a épousé une parente de Péretti pour devenir maire de Neuilly et ainsi, a intégré un clan corse juste à côté de Cargèse. il est donc lui-même directement mêlé à l’affaire Erignac !!! Mais personne ne l’a dit...

Quant à la fille le Pen, elle s’est prétendue plus respectable, moins fasciste, que son père, mais on a appris qu’elle appartenait aux alliances avec l’extrême droite européenne qui est antisémite et nostalgique des nazis. Elle se dit ennemie des banquiers mais fait partie de la petite famille des millionnaires. Elle affirme démagogiquement dénoncer les profiteurs, mais dit le contraire lorsqu’elle réunit un parterre de grands patrons qui l’acclament. Elle veut simplement s’attaquer au droit syndical, au droit de grève et au code du travail, pour permettre aux patrons d’avoir des salariés transformés en chair à travail. Avec un petit couplet contre les immigrés, contre les étrangers, contre les Musulmans, pour y mettre une petite dose de nazisme d’aujourd’hui... Bel et bien fasciste, la fille Le Pen !

Donc élire une personne et lui donner de tels pouvoirs absolus alors qu’on ne sait rien sur elle, voilà bien le summum de la démocratie bourgeoise. Eh bien nous n’avons pas besoin d’un roi tout puissant, même s’il est élu parmi une bande de candidats à la royauté !

Cette fameuse démocratie est censée nous munir d’une loi égale pour tous où, en réalité, la loi est pesante aux plus démunis et légère aux plus riches et plus puissants. On voit que les banques qui font faillite sont sauvées, les salariés qui sont endettés et les petits paysans, pêcheurs ou artisans qui font de même sont coulés. Quant à la justice, elle cache les crimes des puissants et condamne dur un jeune de cité qui se rebelle.

Alors, décidément, non ! ce n’est pas de cette élection ni de cette démocratie que nous avons besoin.

Ce qu’il nous faut, ce sont des comités de salariés dans les entreprises, des comités d’habitants dans les quartiers populaires pour organiser le révolte sociale indispensable dans la crise sociale et politique qui approche et suivra la crise économique due à l’incapacité des classes dirigeantes de se sortir de la crise économique.

Vive les comités de travailleurs, de chômeurs, de retraités, de jeunes et de femmes ! A eux d’établir une véritable démocratie à la base !

Au fait, n’oubliez-vous pas les candidats d’extrême gauche, Poutou et Arthaud, qui représentent justement la révolution et le communisme ? Certes, il s’en réclament, mais, du fait de leurs liens avec les bureaucraties syndicales, ils sont incapables de se revendiquer publiquement des comités de salariés - les fameux soviets - et de mettre au centre de leur discours la nécessité de l’organisation indépendante des travailleurs qui a fait si cruellement défaut dans les luttes récentes, notamment celle des retraites et la lutte contre les licenciements.

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Sur Sarkozy, lire :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Affair...

http://www.monde-magouilles.eu/robe...

http://blogs.mediapart.fr/blog/casa...

http://fr.wikipedia.org/wiki/Affair... http://faitsdivers.blog4ever.com/bl...

http://fr.wikipedia.org/wiki/Sarkozy

Quelques mots sur les décès de Boulin, De Broglie et Fontanet

Bertrand Boulin déclare à la presse avoir vu des dossiers sortis par son père avant sa mort, en septembre 1979, concernant Elf, Dassault, la Sécurité sociale et l’Arabie saoudite. Ces dossiers ne seront jamais retrouvés. Laetitia Sanguinetti, la fille d’Alexandre Sanguinetti, avance que : « D’après ce que papa m’a dit les dossiers de Boulin concernaient une série de facturations diverses et variées de grosses sociétés, françaises ou étrangères, qui servaient au financement occulte des partis, et notamment au RPR. » le 30 octobre 1979, à 8h40, le corps de Robert Boulin est officiellement découvert flottant face contre terre dans 60 centimètres d’eau, en forêt de Rambouillet. Son visage présente de nombreuses traces d’ecchymoses. L’enquête, initialement confiée aux gendarmes, échoie rapidement aux policiers du SRPJ de Versailles, sur ordre du procureur général Louis-Bruno Chalret. L’autopsie Le corps de Robert Boulin a été autopsié deux fois, en 1979 puis en 1983. Au cours de ce second examen médico-légal, Bernard Rumégoux, « agent d’amphithéâtre » qui témoigne sur France Inter ce mercredi, observe : • « un hématome derrière le crâne » correspondant à « un coup » • une « coupure au poignet » qu’il identifie comme « des liens très serrés ». Or, ces détails, qui appuient l’hypothèse d’un homme battu à mort, ne figurent pas dans le rapport des médecins-légistes. Ils s’ajoutent aux ratés de la première autopsie, particulièrement bâclée. L’heure de la mort et son annonce Pour la justice, la découverte du corps de Robert Boulin s’effectue à 8h40 du matin, par une équipe de gendarmes. Or, plusieurs témoignages concordent pour signifier que le sommet de l’Etat a été alerté en pleine nuit. A l’Elysée, comme à Matignon, les hommes de confiance du Président (Giscard d’Estaing) et du Premier ministre (Raymond Barre) savent que Robert Boulin est mort, entre 2h00 et 3h00 du matin. Au même moment, le procureur général Chalret, proche du SAC et des réseaux Foccart, est dépêché avec une équipe pour « arranger » la situation.

Dès l’annonce de la mort de Robert Boulin, ministre gaulliste pendant deux décennies, ancien Résistant, aucun de ses proches n’a cru à la version du suicide. Certains politiques, à commencer par Jacques Chaban-Delmas, ont même exprimé publiquement leurs doutes. Rue89 avait déjà évoqué les confidences faites par Olivier Guichard et Michel Jobert au journaliste de l’AFP Jean Mauriac : « Deux personnes m’ont assuré de l’assassinat de Robert Boulin : Michel Jobert et Olivier Guichard. Quand un homme aussi au courant des affaires policières et des arcanes du pouvoir qu’Olivier Guichard vous dit cela, ça ne laisse pas indifférent. Michel Jobert, lui, se basait sur la politique. Il disait que Robert Boulin faisait peur. Pourquoi ? Parce qu’il en savait trop sur le financement du RPR, en particulier par le biais de Saddam Hussein. D’où les excellentes relations de Chirac avec Saddam Hussein. C’est ce que m’a dit Jobert. Dans le financement du RPR, il y a aussi Bongo et le Gabon. » Sur France Inter, Jean Charbonnel, ancien ministre de l’Industrie, fait état d’une conversation avec Alexandre Sanguinetti, gaulliste historique et co-fondateur du SAC, qui parle aussi d’un « assassinat », dès la fin de l’année 1979. Charbonnel, qui se dit prêt à témoigner devant la justice, précise à France Inter que : « Sanguinetti lui cite alors “ deux noms de personnalités politiques toujours vivantes ” qui pouvaient, d’après lui, être “ impliquées dans cette affaire ” et le nom “ d’une organisation ” pour qui “ Robert Boulin constituait une menace, une gêne, une inquiétude”. »

29 octobre 1979. Robert Boulin, ministre du Travail du gouvernement Giscard d’Estaing, est retrouvé mort dans un étang de la forêt de Rambouillet. Avant même que l’enquête ne commence, les autorités concluent à un suicide par noyade. Dans un premier temps, la famille Boulin leur fait confiance, mais s’interroge bientôt devant les incohérences accumulées : le corps gisant dans cinquante centimètres d’eau à peine ; les traces de lien au poignet du cadavre ; son visage tuméfié, cabossé et l’énorme hématome derrière son crâne ; les preuves du déplacement du corps après la mort ; sans compter la lettre « posthume » qui a toutes les apparences d’une grossière contrefaçon ; les témoins que l’on ne juge pas utile d’auditionner, ou encore les scellés qui, mystérieusement, disparaissent les uns après les autres quand la famille demande qu’ils soient analysés. Soixante-dix-sept anomalies, en tout, figurent au dossier pénal. Insuffisant aux yeux du procureur général de la cour d’appel de Paris qui annonce, en juin 2010, son refus de rouvrir l’enquête… et révèle en même temps que des pièces capitales ont disparu du dossier, une fois de plus, une fois de trop. Après trente ans de combat, Fabienne Boulin a établi l’impossibilité du suicide. Voyage au cœur du fonctionnement de la République, ce livre est pour elle le seul moyen de dire la vérité interdite sur l’assassinat de son père. Crime d’État ? Tout porte à croire, en effet, que le ministre, qui en savait trop, devenait une menace pour certains milieux politiques. L’affaire Boulin, qui révèle la corruption de nos mœurs politiques, cache l’un des plus grands scandales de la Ve République.

Le décès de Robert BOULIN est en train de tomber dans l’oubli. Il en est de même des autres morts violentes sous GISCARD ( DE BROGLIE, FONTANET, deux ministres également tués). Bien peu de médias se risquent à aborder ce sujet sensible, dont beaucoup de protagonistes étaient encore il y a peu des hommes politiques de droite de premier plan (CHIRAC et PASQUA). La seule émission télévisée récente était un reportage CANAL PLUS dans l’émission 90 minutes.

Robert BOULIN était un homme politique gaulliste de premier plan, plusieurs fois ministre, notamment aux finances sous GISCARD, et pressenti pour être nommé premier ministre en 1979. On peut d’ores et déjà y voir plusieurs analogies avec Pierre BEREGOVOY, lui aussi ayant été « suicidé », et lui aussi ayant accédé au poste ultra-sensible de ministre des finances. Autre analogie avec Pierre BEREGOVOY, au moment où il devient gênant et ambitieux, Robert BOULIN voit comme par hasard une affaire sortir dans la presse. C’était le prêt PELAT pour BEREGOVOY, ce fut le terrain de RAMATUELLE pour Robert BOULIN. Ce dernier a en effet acheté devant notaire un terrain à un certain Henri TOURNET, dont il s’avérera qu’il a déjà été cédé, Insignifiantes toutes les deux, rien d’illégal ne peut leur être reproché, montées de toutes pièces par des journaux, ces deux affaires tombent à point nommé et serviront pour les deux défunts à faire avaler la thèse du suicide d’un homme d’honneur ne supportant pas de voir sa probité mise en cause. Ajoutons que les deux ministres étaient croyants et pressentis pour les plus hautes fonctions au moment où survient leur décès,

Ainsi, le cadavre de Robert BOULIN est retrouvé un matin dans un petit étang de la forêt de RAMBOUILLET. Le ministre aurait absorbé des médicaments et serait allé se noyer au milieu de la mare. Arrivée la première sur les lieux, la gendarmerie sort le corps et fait les premières constatations. Elle est vite dessaisie au profit de la police, sans motif valable. La thèse du suicide est gravée dans le marbre, mais la famille de Robert BOULIN se rebelle vite contre cette conclusion. Elle se rebelle car elle a tout d’abord reçu des menaces à peine voilées, Achille PERETTI, ancien maire de NEUILLY a averti la veuve Colette BOULIN de ne pas bouger et de protéger ses enfants.

Mais Colette BOULIN a eu accès aux photos de l’autopsie montrant son mari avec un faciès de boxeur, ayant manifestement reçu des coups. Plutôt que d’envisager l’assassinat, les enquêteurs et l’instruction préfèrent inventer et affirment que les traces de coups viennent d’un rocher qu’a heurté la tête de BOULIN lorsque l’on a sorti le corps de l’eau, rocher qui n’existe pas.

Arrive ensuite l’institut médico-légal de PARIS, l’institut chargé de toutes les autopsies sensibles et surtout de les endormir. Déterminer si une personne s’est noyée ou si son corps a été jeté dans l’eau n’est guère difficile. Faire des radios d’un corps pour déterminer s’il a reçu des coups non plus. Truquer un rapport d’autopsie pour conclure au suicide quand tous les éléments démontrent l’inverse est la spécialité de l’IME de PARIS, et Robert BOULIN n’échappe pas à la règle.

Quand la famille voudra et obtiendra que soit organisé une contre-expertise, on constatera benoitement que l’armoire de l’IME contenant les organes du ministre a été fracturée. L’enquête sur le vol ne mènera bien entendu nul part.C’est donc au final, plusieurs affaires dans l’affaire, dont aucune n’a vu aboutir l’enquête. Exceptionnel ratage qu’on retrouve dans beaucoup d’affaires sensibles..

L’affaire BOULIN est ainsi la triste illustration que l’état de droit et l’indépendance de la justice en FRANCE a des limites très sérieuses en ce qui concerne les affaires sensibles qui touchent les politiques. Attiré à un rendez-vous, Robert BOULIN a manifestement été battu et noyé dans l’étang de la forêt de RAMBOUILLET. La justice persiste à l’ignorer et a refusé de rouvrir l’enquête. Il n’y a donc plus guère à espérer que les coupables seront un jour retrouvés.

Joseph Fontanet

C’était le troisième ! Le troisième ministre ou ancien ministre à périr de mort violente sous le septennat de Valéry Giscard d’Estaing. D’abord Jean de Broglie, assassiné sur un trottoir de Paris. Puis Robert Boulin qui se serait suicidé dans un étang de la forêt de Rambouillet. Et enfin Joseph Fontanet tué en février 1980 au pied de son immeuble parisien.

Trois morts et trois énigmes. Si on a retrouvé l’assassin du prince de Broglie et ses complices, les vrais commanditaires du meurtre n’ont jamais été formellement identifiés. Quant au prétendu suicide de Boulin, il n’a jamais convaincu ses proches et la minable affaire immobilière dans lequel il était empêtré ne suffit pas à expliquer une éventuelle exécution. Enfin Joseph Fontanet… Un homme sans histoires, retiré de la politique depuis plusieurs années. Qui aurait pu vouloir le tuer ? Et surtout pourquoi ?

Les enquêteurs, après suivi plusieurs pistes suscitées par des revendications largement fantaisistes et évacué d’autres hypothèses un peu plus sérieuses, ont fini par conclure au meurtre fortuit : l’aboutissement de l’errance mortelle d’une bande de jeunes dévoyés dans les rues de Paris. Identifiés, ces marginaux ont été arrêtés, emprisonnés. Oui, mais les policiers n’ont obtenu aucun aveu. Et surtout, ils n’ont pu apporter aucune preuve contre ces jeunes gens même si, aujourd’hui, ils croient toujours à leur culpabilité.

Voici, pour approfondir l’affaire, une liste non exhaustive des anomalies de l’affaire : 1. Les lividités cadavériques sont dans le dos, ce qui est incompatible avec la thèse officielle : elles auraient dû apparaître sur le ventre ou en dessous des genoux, preuve infaillible que la mort n’a pas eu lieu dans l’étang Rompu.

2. Le ministre se serait noyé dans 50 centimètres d’eau après absorption de Valium, connu pourtant pour diminuer la volonté. Il est reconnu qu’on ne se suicide pas au Valium, qui plus est dans 50cm d’eau à 12°.

3. Dès 9h45 une dépêche AFP annonce la mort de Robert Boulin par suicide aux barbituriques, mais aucune trace de barbiturique ne sera jamais retrouvée ni sur les lieux, ni dans les analyses. A 12h le Procureur de Versailles parle de suicide. Au journal télévisé de la mi-journée sur Antenne 2, Danièle Breem raconte le suicide aux barbituriques en détail. Pourtant, à cette heure là, aucun médecin n’a encore examiné le corps.

4. Les photographies de l’identité judiciaire révèlent que Robert Boulin porte une entaille à la limite du poignet et de l’avant-bras droit. Or, il a été démontré que celui-ci ne s’était fait aucune blessure à cet endroit jusqu’au départ de son domicile. Ce fait n’a donné lieu à aucune analyse ou expertise. L’ordonnance de non-lieu ne fait même pas état de cette blessure.

5. Il est noté une absence de vase et de boue sur le bas du pantalon et sur les chaussures, ce qui indique qu’il n’a pas pu entrer dans l’étang par ses propres moyens.

6. Des épitaxies (saignements de nez) sont constatés à la sortie du cadavre de l’eau, ce qui est la preuve de coups portés antérieurement à la mort.

7. Le médecin appelé sur les lieux signera le certificat de décès sans examiner le corps qui avait déjà été installé dans l’hélicoptère, pour son évacuation.

8. Le corps reste plusieurs heures à l’hôpital de la Salpetrière en attendant une ambulance pour l’emmener à l’Institut médico-légal (ILM).

9. Le corps arrive nu à l’ILM.

10. Le Procureur de la République ordonne que l’autopsie de crâne ne soit pas pratiquée.

11. Le Procureur ordonne la recherche de traces de projectile, mais pas des fractures éventuelles, alors que le visage du mort ressemble à celui d’un boxeur.

12. L’analyse des blessures au visage n’est pas faite.

13. Les enquêteurs ne s’intéressent pas à l’étrange position en « coffre de voiture » du corps, avec les jambes légèrement repliées et un seul bras levé, dont les rigidités semblent cassées.

14. Le corps est retrouvé bouche fermée, ce qui va à l’encontre d’une logique de suicide par noyade.

15. Le pharynx, le larynx et la langue ont été enlevés sans être examinés. Puis, ils ont disparu.

16. L’analyse anatomopathologique des poumons, qui est pourtant l’examen déterminant en cas de noyade, n’est pas réalisée.

17. Aucune recherche de diatomées (micro-organismes à la surface de l’eau) n’est effectuée, ce qui aurait pu permettre de certifier, en cas de noyade, le lieu exact de celle-ci.

18. Le diazépam (principe actif du Valium) retrouvé dans le sang de la victime, a pour effet de neutraliser la volonté. Il est souvent utilisé sur des victimes pour commettre des viols et abus de blancs-seings. Aucun tube de comprimés de Valium n’a été retrouvé alors que les analyses ont démontré que la boîte de sucrettes, seule retrouvée sur les lieux n’avait jamais contenu de Valium.

19. Aucune trace des comprimés de Valium ne sera détectée, ni dans l’estomac, ni dans le tube digestif comme cela aurait dû être le cas en cas d’ingestion de comprimés. Aucune autre explication ne sera fournie sur la provenance de trace de Valium dans le sang du ministre.

20. Non-réalisation, lors de l’autopsie de « crevés », c’est-à-dire d’incisions dans les téguments et les muscles qui permettent de retrouver les traces d’hématomes profonds ou les traces de piqûres afin de déterminer si un produit a été injecté à la victime de son vivant.

21. Il a été procédé à l’institut médico-légal, à des soins de thanatopraxie et d’embaumement, sans que la famille en soit informée. Cet acte réalisé par l’IML est contraire aux lois françaises.

22. Alors même que la bouche est fermée et les rigidités formées, les maxillaires du cadavre sont solidarisés à l’IML, sans que la famille en soit informée.

23. Voyant le visage tuméfié de son mari, Colette Boulin demande pourquoi le visage est abîmé, la police lui répond que c’est à cause de l’autopsie. Or, aucune autopsie du crâne n’avait été pratiquée sur ordre formel du Procureur. Les enquêteurs chercheront ensuite à faire croire que cette autopsie n’aurait pas été pratiquée à la demande de la famille.

24. Après exhumation à la demande de la famille (16 novembre 1983), la seconde autopsie découvrira deux fractures, une du maxillaire d’un centimètre de large, l’autre au nez, non décrites dans le premier rapport d’autopsie.

25. Malgré deux fractures à la face et huit hématomes et contre toute logique, aucune trace de sang n’aurait été constatée ni sur le costume ni sur les lieux de la découverte du corps.

26. Le bristol retrouvé sur le tableau de bord indique, dans un style indirect : « embrassez éperdument ma femme ». Le bristol comporte deux écritures différentes, attribuées de manière non certifiée à Robert Boulin. Aucune recherche d’empreinte sur le bristol ne sera effectuée.

27. Il est aussi indiqué sur le bristol « la clé de ma voiture est dans ma poche droite » La clé est pourtant retrouvée par terre non loin de la voiture.

28. Le toit de la voiture est légèrement ouvert alors que les portes de la voiture sont fermées à clé.

29. Sur le tapis de sol du passager, une tâche suspecte est détectée. Elle ne sera pas analysée.

30. Les enquêteurs signalent la présence, dans la voiture, de mégots de gauloises, alors que Robert Boulin ne fumait pas de cigarettes. Aucune analyse ne sera effectuée et aucune explication ne sera trouvée.

31. De longues traînées de doigts apparaissent sur la carrosserie. Aucune recherche d’empreintes ne sera ordonnée.

32. La voiture est sale et couverte de boue. Pourtant, elle se trouve non loin d’une route départementale et dans un chemin empierré, non boueux.

33. Un dossier portant la mention « à n’ouvrir que sur ordre formel de ma part » est retrouvé vide dans la voiture du ministre. Le dossier ne sera jamais recherché.

34. Une boucle d’une des chaussures du ministre est manquante. Elle ne sera jamais retrouvée.

35. Le gilet de Robert Boulin est, sans explication, entièrement décousu dans le dos. Aucune analyse des vêtements ne sera jugée utile durant l’enquête préliminaire.

36. Le portefeuille est resté sec, mais aucune information ne fut donnée sur l’endroit où il a été retrouvé.

37. Le 28 octobre 1979, veille de sa disparition, Robert Boulin avait lu dans le bureau de son domicile à sa famille la réponse au journal Monde qu’il était en train d’écrire, avant de dîner de bon appétit en leur compagnie. Le 29 octobre, jour de sa disparition, il avait encore manifesté toute la matinée aux membres de son cabinet la volonté de répondre au journal. La pelure de la réponse, d’un seul feuillet, est retrouvée dans son bureau et remise aux autorités. Elle est datée du 29 octobre 1979 et ne sera jamais publiée par le journal.

38. Robert Boulin le même jour aurait écrit une autre lettre, constituée d’éléments de son dossier sur la défense de Ramatuelle. En fin de matinée, il envoie son officier de sécurité, l’inspecteur Autié, remettre ce document en mains propres à Monsieur Patrice Blank, son conseiller pour la presse, et Maitre Alain Maillot, son avocat. Cette lettre est la dernière écrite du vivant de Robert Boulin dont on soit sûr de l’authenticité. Ces deux lettres ne seront réclamées que des années plus tard par la justice. A ce jour, elles n’ont toujours pas été versées au dossier.

39. La lettre dite posthume comportant quatre feuillets, reçue par plusieurs destinataires reprend pour l’essentiel un argumentaire sur l’affaire de Ramatuelle. La première phrase de la première page, « j’ai décidé de mettre fin à mes jours » est nettement décalée horizontalement et verticalement du texte. Or cette phrase, ainsi que les quatre dernières lignes, elles-mêmes isolées sur un dernier feuillet séparé, sont les seuls passages de la lettre à faire référence à une intention suicidaire.

40. L’original des lettres dites posthumes est toujours resté introuvable. Toutes les lettres sont des photocopies à l’exception de quelques mots manuscrits et de la signature.

41. Max Delsol, l’autre inspecteur de Police chargé de la sécurité de Robert Boulin, reconnaît que lui-même, ainsi que d’autres collaborateurs, avaient l’habitude d’imiter l’écriture et la signature du ministre avec son autorisation

42. Une des lettres dites posthumes a été remise au Garde des Sceaux, Alain Peyrefitte. Celui-ci ne l’a jamais remise aux autorités judiciaires.

43. Les lettres dites posthumes sont tapées sur un papier à en-tête obsolète du « Ministère du Travail » que Robert Boulin n’utilisait plus à cette époque, ayant à sa disposition le nouveau papier à en-tête du « Ministère du Travail et de la Participation » dont il faisait quotidiennement usage.

44. Aucune lettre ne sera envoyée à la famille, notamment à la mère du défunt. Robert Boulin est pourtant fils unique. Il a donc la charge de sa mère qu’il va voir très régulièrement.

45. Aucune lettre ne sera envoyée au Président de la République et au Premier Ministre. Aucune lettre non plus adressée à son soutien de toujours, Louis Jung, du journal Le Résistant.

46. La lettre dite posthume envoyée à Gérard César est adressée à l’Assemblée Nationale. Pourtant, Robert Boulin avait pris l’habitude depuis toujours de lui écrire en Gironde, à Rauzan.

47. Toutes les enveloppes retrouvées des lettres dites posthumes font le même poids, alors que selon la déposition du postier de Montfort-Lamaury où Robert Boulin aurait déposé ces lettres, certaines faisaient moins de 20 grammes et d’autres plus de 20 grammes.

48. Robert Boulin avait laissé une lettre au mois de septembre 1979 à sa fille Fabienne intitulée : « Instructions à Fabienne s’il devait m’arriver un accident » ou il précise « dormez dans la salle à manger pour protéger votre mère ».

49. Robert Boulin a quitté à 15h00 le ministère du Travail avec une pile de dossiers secrets, déposée par son inspecteur de Police dans le bureau de son domicile. Ces dossiers ne seront jamais retrouvés.

50. Quand Robert Boulin quitte, pour la dernière fois, son domicile vers 15h30, la corbeille à papier sous son bureau était vide. Pourtant, au début de la nuit, la famille retrouve dans cette même corbeille des papiers déchirés annonçant le suicide.

51. Le 29 octobre au soir, de nombreux « collaborateurs » et relations du ministre débarquent au domicile des Boulin et s’aventurent particulièrement dans le bureau personnel du ministre. Notamment Patrice Blank, que Robert Boulin avait chargé des contacts avec la presse. L’enquête préliminaire ne jugera pas utile de l’auditionner.

52. Aucune audition ne pourra être faite des policiers en faction devant le domicile de Neuilly de Robert Boulin. Quand le juge Corneloup a décidé de rechercher ces policiers pour les interroger, la police a tenté de cacher leur existence.

53. Une fois prouvée la présence de ces policiers en faction 24h sur 24, ce sont les registres de présence du commissariat de Neuilly qui ont disparu. Pourtant ces auditions permettraient de reconstituer précisément les allées et venues au domicile de Robert Boulin dans la soirée du 29 octobre.

54. Le chef de cabinet de Robert Boulin, accompagné d’Eric Burgeat, conseiller technique et gendre du Ministre, signalent peu après minuit au ministère de l’Intérieur, puis à Matignon la disparition du ministre. Or d’après le dossier pénal, les premières recherches sont lancées le 30 octobre à 6h25 du matin et le corps n’est retrouvé qu’à 8h40 par une brigade de gendarmerie.

55. Jacques Douté, un proche de Robert Boulin alors en compagnie de deux personnes, reçoit un coup de téléphone le 29 octobre 1979, vers 19h à son restaurant de Libourne lui indiquant qu’ « il est mort ».

56. Guy Aubert, collaborateur du ministre, débarque vers 18h30-19h00 le 29 octobre 1979 au domicile de Robert Boulin et déclare à Colette Boulin : « Robert est mort ».

57. Yann Gaillard, directeur de cabinet de Robert Boulin est convoqué à Matignon vers deux heures du matin par Philippe Mestre, directeur de cabinet du Premier Ministre. Celui-ci reçoit, devant Yann Gaillard, un coup de téléphone. Après avoir raccroché Philippe Mestre confie : « On a retrouvé le corps ». Cet épisode se passe plus de 6 heures avant la « découverte » officielle du cadavre par les gendarmes.

58. L’ancien Premier ministre Raymond Barre, déclare dans son livre « L’expérience du Pouvoir » (Fayard, 2007) avoir été prévenu vers trois heures du matin « que l’on a retrouvé le corps de Boulin dans un étang de la forêt de Rambouillet » en indiquant qu’on lui précise -faussement- que le ministre s’est donné la mort en se noyant après avoir avalé des barbituriques.

59. Quelques jours après la disparition de Robert Boulin, « sur ordre de Paris » (sans informer, ni la famille du défunt, ni Monsieur Basty, le responsable du bureau libournais de Robert Boulin) toutes les archives du ministre entreposées à son domicile-bureau de Libourne sont transportées aux fins de destruction dans un établissement libournais spécialisé.

60. Trois semaines plus tard, une nouvelle vague de destruction a été effectuée, sans que la famille n’en soit avisée. Les dossiers sont cette fois, transportés par des camions de gendarmerie.

61. Robert Boulin avait fait une demande pour louer une maison aux Etats-Unis, la réponse arrivera quelques jours après son décès.

62. Dans les jours qui suivirent le décès, deux inspecteurs de Police débarquent à minuit au domicile du maire de Saint-Léger-en-Yvelines. Ils lui demandent de les accompagner à la mairie, en pleine nuit, afin de leur donner accès au registre d’état civil, où sont inscrits l’heure et le jour de la mort de Robert Boulin.

63. Peu après, Max Delsol, inspecteur chargé de la protection de Robert Boulin depuis 18 ans, est venu chercher le gendre du ministre, Eric Burgeat, pour l’emmener dans une voiture de la police judiciaire de Versailles à la mairie de Saint-Léger-en-Yvelines afin de lui faire contresigner le registre d’Etat civil, où le jour et l’heure de décès avaient été modifiées. Quand, quelques années plus tard, la famille a porté plainte pour « faux en écriture publique », elle a été déboutée sur l’argument que la famille aurait ainsi cautionné les ratures portant sur l’heure et le jour du décès, alors qu’Eric Burgeat avait alors simplement obtempéré à la demande de la police. On concéda à la famille Boulin que le faux en écriture privé était constitué mais le délai de prescription de ce délit était écoulé.

64. Le rouleau encreur de la machine à écrire du bureau de Robert Boulin, où il aurait tapé, selon la thèse officielle, ses lettres dites posthumes, ne fut pas saisi immédiatement. Au contraire l’inspecteur qui interroge Eric Burgeat, le 30 octobre 1979, tape sa déposition sur la machine personnelle du ministre (comme l’indique la déposition elle-même !). Elle sera saisie plus tard, et disparaîtra dans les locaux de la police judicaire sans avoir été analysée.

65. Contrairement à ce que dit une note du SRPJ de Versailles, alors que la famille en avait besoin, la voiture du ministre ne lui est rendue qu’au bout d’un mois par les autorités judiciaires. Malgré l’expertise qui aurait du être pratiquée, des cassettes de dictaphone sont retrouvées par la famille sous la banquette arrière de la voiture.

66. Les Policiers n’ont pas auditionné, au cours de l’enquête préliminaire, messieurs Guy Aubert, Patrice Blank et Roger Thiery, qui sont passés au domicile de Robert Boulin dans la soirée du 29 octobre 1979, alors que leurs noms sont cités immédiatement par la famille.

67. Aucune audition de Fabienne Boulin-Burgeat au cours de cette même enquête préliminaire, malgré sa demande.

68. Les menaces écrites adressées à Robert Boulin, conservées par son inspecteur de police ne furent jamais versées au dossier.

69. Le scellé contenant le sang de Robert Boulin est volé sans effraction dans les locaux mêmes de l’IML. L’enquête effectuée après dépôt de plainte par l’expert responsable de l’IML n’est pas versée au dossier pénal. L’enquête n’a pas abouti. On ne retrouvera jamais le bocal.

70. Le Préfet de Police de Paris, Monsieur Jean Daubigny, ordonne la destruction de la série bis des prélèvements, conservés par le froid dans un réfrigérateur qui avait été fermé à clé par précaution à l’Institut médico-légal après le vol du bocal contenant le sang du ministre. La destruction est exécutée par Michelle Rudler, directrice de l’IML, sans que la famille ni le magistrat instructeur n’en soient avertis alors que seule l’autorité judiciaire est habilitée à prendre cette décision sauf conditions particulières, non remplies dans le cas d’espèce (6 ans après un non-lieu et à condition que la famille en soit informée). Un courrier de l’expert de l’IML dépositaire des scellés, le Professeur Roger Le Breton, avait pourtant averti le préfet Jean Daubigny de toutes ces modalités et insistait sur la nécessité de conserver ces prélèvements. La partie civile porte alors plainte pour « destruction de preuves ». La justice reconnaîtra l’élément de fait (les preuves ont bien été detruites) et la demande fondée en droit (les pièces ne devaient pas être détruites), mais la partie civile sera quand même déboutée, « l’intention de nuire » n’étant pas reconnue.

71. Lorsque le juge Corneloup décide de procéder à l’analyse anatomopathologique des poumons, on constate alors que les bocaux contenant ces organes, conservés à l’IML, ont disparus. Ils auraient été fort inopinément transférés au cimetière de Thiais. La police, après enquête, explique au juge qu’un monument à la gloire des donneurs d’organes a été élevé sur l’exact emplacement des voliges renfermant les prélèvements recherchés et que le coût pour casser ce monument et sa reconstruction serait de 250 000 francs, entièrement aux frais de la partie civile. Plus tard, il s’avère que le monument ne se trouve pas à l’endroit indiqué. Il se situe simplement à l’entrée du cimetière. Après cette révélation, la recherche des bocaux contenant les poumons de Robert Boulin est ordonnée par le juge Corneloup, qui juge cette analyse absolument indispensable. Malgré des recherches approfondies dans les voliges enfouies au cimetière de Thiais, aucun bocal contenant des poumons n’a été retrouvé ni, a fortiori, aucun bocal contenant ceux du ministre.

72. Le juge Corneloup, qui voulait entendre le postier de Montfort-L’Amaury, n’a pu l’auditionner. Selon la Brigade criminelle, il était à la Guadeloupe. Le postier, retrouvé par des journalistes en consultant l’annuaire, était en fait affecté à un poste en Bretagne.

73. Malgré les demandes réitérées de la famille à différents ministres de la justice, l’extradition d’Henri Tournet, l’homme qui a vendu le terrain de Ramatuelle à Robert Boulin, n’a jamais été requise sous le prétexte que la justice ignorait où il se trouvait. Or le juge Corneloup lui-même ira l’interroger en se rendant à son domicile légal à Ibiza.

74. Martine Anzani, présidente de la chambre d’accusation de la Cour d’appel de Paris, dans son ordonnance de non-lieu en 1992, explique, de sa propre initiative et sans s’appuyer sur aucun dire d’expert, l’absence de vase ou de boue sur le bas du pantalon et sur les chaussures de Robert Boulin alors qu’il est supposé avoir marché 7 mètres dans celles-ci. Selon Madame Anzani, et contrairement à ce qu’affirme le colonel de Gendarmerie qui était sur place au moment des faits, les pompiers ont trainé le corps sur le sol ce qui aurait eu pour effet de nettoyer le tout, intérieur des chaussures compris.

75. Un inspecteur de police a déclaré avoir constaté la présence d’un rocher dans l’étang du Rompu pour expliquer les traces de coup sur le visage. Or des personnes présentes au moment de la sortie du corps et les photographies prises le jour même témoignent du contraire.

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