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Editorial - Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur DSK et qu’on vous aurait caché…

jeudi 19 mai 2011, par Robert Paris

Copains comme cochon

LA VOIX DES TRAVAILLEURS

« Travailleurs de tous les pays unissez-vous »

Karl Marx


Ras le bol des agressions contre les femmes et pas seulement celle qui est imputée à DSK !!!

Certains sont sceptiques : quand on est si haut placé on ne commettrait pas un tel acte, disent-ils. C’est totalement faux : un très grand nombre des dirigeants de cette planète sont fous de leur pouvoir et l’exploitent sur le terrain sexuel et c’est même une maladie de cette société... Pour le reste, les préjugés de classe sont là aussi... Tu es femme de ménage noire, tu es forcément une voleuse et une menteuse. Tu es chef du FMI, futur président, tu es forcément innocent !!! Voilà bien comment on présente les riches et haut placés comme des victimes mais leurs vraies victimes, elles, sont traitées une fois de plus en coupables !!!!

On aurait bien voulu vous parler de DSK mais certainement pas de la même manière que l’on voudrait nous présenter les choses Pas pour amuser la galerie avec un fait divers à grande échelle. Nous, ce qui nous intéresserait c’est de rapporter comment ces avocats d’affaire qui prétendent faire de la politique à notre place (DSK mais aussi Sarkozy, Obama, Le Pen et autres…) et gouverner le monde en se croyant très supérieurs, s’entendent dans notre dos tout en prétendant se combattre par devant.

On aurait vu alors comment, de longue date, DSK et Sarkozy, pourtant dans des équipes officiellement concurrentes de la droite et de la gauche, dînaient régulièrement ensemble à Neuilly avec leurs amis communs et clients, PDG des trusts comme Martin Bouygues. Ils dinaient en famille l’un chez l’autre comme deux amis intimes ! On aurait pu aussi nous expliquer comment les deux s’étaient renvoyé l’ascenseur pour devenir, l’un président de la France et l’autre président du FMI, en s’entraidant généreusement par delà les partis soi-disant adverses (comme dans l’affaire de la MNEF)… On apprendrait ainsi comment DSK, ministre des finances, avait eu en mains des preuves de détournement de fonds par le RPR et les auraient obligeamment "perdues"... On aurait surtout pu nous raconter ce qu’avait fait DSK à la tête du FMI, contre les peuples chargés, par leurs sacrifices, de payer les dettes de leur classe dirigeante et des Etats, que ce soit dans le Tiers monde ou en Islande, en Irlande, au Portugal, en Espagne ou en Grèce… Mais si cette affaire est ainsi montée en épingle, ce n’est certainement pas pour que les peuples réfléchissent à la crise et à ses vrais responsables !

On aurait aussi pu rappeler les propos de Strauss-Kahn, quand il soutenait Sarkozy en train de casser nos retraites alors que nous nous mobilisions pour les défendre. Mais non ! La presse, de droite comme de gauche, n’avait pas alors d’occasion de s’indigner quand DSK s’écriait : « On vit 100 ans, on ne va pas continuer à avoir la retraite à 60 ans »… Il faut dire qu’Aubry, elle-même, qui avait changé son fusil d’épaule sur cette question pour avoir l’air d’être dans l’opposition à Sarkozy, avait déclaré « on n’a jamais demandé la retraite à soixante ans à taux plein pour tous ! ». Il y a plus longtemps, on aurait pu se rappeler du passé de DSK, ancien consultant d’EDF, partisan à tout crin du nucléaire – n’oubliez pas l’implication des trusts français dans Fukushima – et qui s’apprêtait à défendre les mêmes trusts comme Bouygues et EDF ou Areva que Sarkozy s’il était élu président…

Mais non ! On veut entendre parler de « l’affaire » ! Eh bien, parlons en… C’est étonnant qu’un homme haut placé puisse se servir de son poste pour s’autoriser à imposer des rapports sexuels à une femme ? Et comment ! C’est étonnant ? C’est rare ? Quelle hypocrisie ! Au contraire, les fous de pouvoir, paranos et centrés sur leur propre personne que sont les chefs d’état présents et futurs, les chefs des trusts, des banques, de la finance et autres chefs militaires, sont très nombreux à être aussi des fous de fric, de reconnaissance, d’autoritarisme et de rapports sexuels imposés. Ils adorent tout imposer d’ailleurs. DSK, une exception ? Pas du tout ! Qui n a oublié John Kennedy, président des USA, qui avait besoin de chair fraîche tous les soirs pour se déstresser de l’exercice du pouvoir et pour exercer autrement son pouvoir… Au point que des secrétaires disparaissaient sur des parkings, et bien d’autres femmes y compris des femmes connues (voir Marilyn Monroe notamment). Mais n’en parlons plus, il y a prescription. On a plus récent ! Les fous de sexe s’appellent aujourd’hui Berlusconi, Clinton, Katsav. N’accusez surtout pas l’actuel président ! Et le monde du travail connaît cela : le harcèlement sexuel contre les femmes utilisant les relations de pouvoir.

Les PDG de Hewlett-Packard, de Penguin, de Virgin, d’American Apparel, anciens directeurs de Conforama, de l’Onatra, de plusieurs supermarchés, etc… ont été nombreux à avoir dû s’expliquer sur le même thème… sans parler de moins hauts responsables qui ont tenté d’exercer comme au Moyen Age un espèce de « droit de cuissage » pour l’embauche pour conserver son poste ou pour grimper. Là encore, il n’y a pas beaucoup de média pour s’occuper d’autre chose que du sort du grand personnage, pas de celui de la femme que tout le monde regardera de travers, que tout le monde – ou pas mal de monde – accusera d’avoir quand même provoqué l’homme ! Et, cette fois encore, la victime n’est pas ce qui inquiète les média et les hommes politiques. Une femme du Bronx, pensez-donc ! . Femme, noire, africaine et misérable, femme de ménage et ne vivant que de son travail, rien de respectable en somme pour tous ces gens-là ! Alors que DSK, un grand homme voyez-vous, directeur du FMI. Oui, on vient d’en parler du grand homme. Mais surtout, il conviendrait de rappeler qu’à chaque fois que cette scène de harcèlement s’est répétée, au lieu de le soigner le grand homme, on l’a blanchi, on a étouffé l’affaire mais on ne l’a pas soigné. Et cette fois, si jamais il s’avère coupable, on ne risque que de l’enfermer mais pas de le soigner une fois de plus !

Par contre, la maladie sociale dont il est affecté comme tous les hommes de pouvoir, ce n’est pas cette société qui risque de la soigner, puisqu’elle la cultive au contraire. Et la manière dont toute la société se vautre actuellement dans la fange de cette « affaire » nous rappelle plutôt une autre société qui, elle aussi, se vautrait dans la fange de ses prévarications et diverses horreurs :l’empire romain sur sa chute. Comme les civilisations pourrissantes se ressemblent !

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur DSK et qu’on vous aurait caché…

Sans même parler d’une multitude d’affaires de mœurs sur des jeunes femmes, on peut citer les affaires scabreuses où il mêlé en première ligne : affaire de la MNEF, affaire Sirven-ELF, affaire Evelyne Duval, affaire Lagerfeld, affaire Claude Méry, affaire des frégates de Taïwan, DSK a toujours baigné dans l’eau trouble…

Quel est le parcours de DSK

Tout un circuit vers la droite : Il est d’abord proche du Parti communiste français (PCF), avant de s’en éloigner « en apprenant l’économie ». Après un court passage au CERES de Jean-Pierre Chevènement au milieu des années 1970, il adhère au Parti socialiste en 1976[19] et se rapproche de Lionel Jospin, premier secrétaire du PS, qu’il conseille à partir de 1981. Il est secrétaire national du PS, chargé des études et du programme (1986-1988), puis de l’économie et des finances (1988-1989).

En 1982, il rejoint les services du Commissariat au Plan comme chef de service du financement, puis comme commissaire général adjoint jusqu’à son élection à l’Assemblée nationale en 1986.

1993 : il crée le cabinet d’affaires DSK consultants.

1994 : Il participe à la création du « Cercle de l’Industrie », créé en 1994, par Raymond Lévy, alors PDG de Renault. Il s’agit d’un cercle spécialisé dans la défense de l’industrie française à Bruxelles. Il en devient le vice-président et y côtoie notamment des industriels comme Louis Schweitzer, ancien directeur de cabinet de Laurent Fabius et futur PDG de Renault, Vincent Bolloré, Alain Lamassoure (ancien député UDF passé à l’UMP), Benoît Potier (PDG d’Air Liquide) et Maurice Lévy (PDG de Publicis). Vingt-cinq dirigeants de grandes entreprises françaises sont membres du Cercle de l’industrie.

1997 : ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie de Lionel Jospin, il supervise les ouvertures de capital (France Télécom, Air France, Thomson, EADS…) et les privatisations (Crédit lyonnais, Gan, CNP, CIC, Autoroutes du Sud de la France…) qui s’enchaînent à un rythme inégalé (42 milliards par an en moyenne contre 38 pour le gouvernement Balladur et 27 pour le gouvernement Juppé). En décembre, il annonce vouloir relancer la réflexion sur les fonds de pension ;

1999 : il baisse le taux d’imposition des stock-options de 40% à 26%, ce qui représente un bénéfice de 4 milliards de francs pour 12 000 privilégiés ; affaire Evelyne Duval : la secrétaire personnelle de Dominique Strauss-Kahn, Evelyne Duval, avait été mise en examen pour « recel d’abus de biens sociaux ». Mais un autre chef d’accusation avait alors frappé le patron du FMI, DSK étant alors soupçonné d’être un « trait d’union entre l’affaire Elf et celle de la Mnef ».

En 1999, Dominique Strauss-Kahn est mis en cause pour son rôle en tant que consultant, à une époque où il n’exerçait aucun mandat exécutif ni parlementaire national, dans des affaires judiciaires liées à l’exercice de sa profession d’avocat d’affaires quand il négociait au titre d’« apporteur d’affaires » l’entrée de la Compagnie générale des eaux (CGE) au sein d’une holding de la MNEF, Raspail participation[22], affaire de la MNEF et soupçons d’emploi fictif dans une filiale du groupe pétrolier Elf au profit de sa secrétaire[23]. Il est mis en cause également dans l’affaire de la cassette Méry[24] où, en tant que ministre des Finances, il se serait livré à un « trafic d’influence » (une remise fiscale octroyée au couturier Karl Lagerfeld)[25]. Pour pouvoir se défendre et ne pas affaiblir le gouvernement Jospin, il choisit de démissionner de son poste ministériel le 2 novembre 1999. Au ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie, il est remplacé par Christian Sautter. Après deux ans d’instruction, la justice prononce successivement des non-lieux à l’égard de Dominique Strauss-Kahn dont le dernier en novembre 2001[réf. nécessaire]. Il se représente lors d’une élection législative partielle, et est réélu dans sa circonscription du Val-d’Oise.

2000 : il participe à la Conférence annuelle du Groupe de Bilderberg, un rassemblement des plus puissants hommes d’affaires, dirigeants et hommes de médias dans le monde ; affaire Jean-Claude Méry : DSK reçoit la vidéo du financier occulte du RPR Jean-Claude Méry qui avait réveillé l’instruction du juge Halphen sur l’Office HLM de la ville de Paris et intéressé au plus haut point les juges Riberolles et Brisset-Foucault, chargés de l’enquête sur les marchés des lycées franciliens et qui avait enregistré cette vidéo « au cas où il lui arriverait un pépin ». Mais DSK « perd » la vidéo et son poste de ministre des Finance suite à trois scandales.. DSK aurait fait un cadeau de 160 millions de francs d’impôts (TVA et impôt sur le revenu) au couturier de chez Chanel, en contredisant son administration et en ne suivant pas la procédure : « L’imposition pendante (...) était de 200 millions de francs et M. Lagerfeld n’a eu à payer que 43 millions ». DSK avait déclaré qu’il aurait « perdu » une cassette enregistrée de Jean-Claude Méry, financier occulte du RPR mort, divulguant les affaires secrètes de ce parti.

Au cœur de cette période, au titre du ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie, Dominique Strauss-Kahn, comme tous ses prédécesseurs et ses successeurs à la tête de ce ministère, a eu à superviser des ouvertures du capital engagées de longue date comme celle de France Telecom, ou certaines privatisations d’entreprises publiques qui n’avaient selon lui plus vocation à rester dans le giron de l’État, après que celui-ci les eut remises sur pied au cours des seize années passées, depuis la vague de nationalisation de 1982. Ses détracteurs, dans la gauche antilibérale et son propre parti, lui reprocheront la responsabilité de « privatisations massives ». Il abroge la loi Thomas sur les fonds de pension et pose les fondements du Conseil d’orientation des retraites (COR), lequel verra le jour en 2000 alors qu’il aura quitté le gouvernement. Il a planifié la casse des retraites aussi bien que l’aide aux capitalistes et les privatisations…

Il travaille au Centre de recherche sur l’épargne, où il se lie d’amitié notamment avec Denis Kessler (futur vice-président du MEDEF). Ce dernier devient son assistant à Nanterre, puis le remplace en 1982 à la direction de son laboratoire de recherche, alors qu’ils écrivent et publient ensemble L’Épargne et la retraite.

2007 : il devient directeur général du FMI sur proposition de Jean-Claude Juncker (cet homme politique luxembourgeois est l’un des architectes du traité de Maastricht) et Romano Prodi (ancien président de la Commission européenne), avec le soutien actif de Nicolas Sarkozy et avec l’accord du président des États-Unis George W. Bush.

En tant que directeur du FMI, il pilote de multiples opérations de sacrifices des peuples dans le monde entier au nom d’une austérité des pauvres pour aider les riches à se sortir de la crise...

LE DOSSIER EDF - NUCLEAIRE

DSK a toujours fait partie des des lobbys du nucléaire :

Il travailla notamment pour l’Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) et pour EDF, deux clients de Consulting Industriel.

DSK interviendra, notamment en Afrique du Sud, dans le montage d’une société d’électricité dans la township de Khayelitsha. Au Maroc, il permet à EDF, allié à la Lyonnaise des eaux, de prendre une participation significative dans la régie autonome de production d’eau et d’électricité de Casablanca. Et, surtout, l’ancien ministre aide EDF à mieux analyser ses relations avec l’Allemagne. A l’époque, Helmut Kohl et la CDU sont au pouvoir, mais c’est la position du SPD, au centre de la controverse énergétique allemande, et gouvernant potentiel, qui intéresse EDF. Explications de Jean-Michel Fauve : « Il nous était difficile de prendre directement contact avec un parti étranger. On aurait entendu des cris d’orfraie. DSK a eu l’idée de susciter des rencontres entre parlementaires socialistes français et allemands. Dans ce cadre, il paraissait normal de demander son point de vue à EDF. » Une demi-douzaine de réunions de ce type seront mises sur pied, en secret, par DSK, qui a l’avantage de parler couramment allemand. L’une d’entre elles, à Strasbourg, en septembre 1995, est organisée conjointement avec la Cogema, elle-même très intéressée par le sujet. Par ailleurs, cette dernière a employé DSK comme conseil sur sa stratégie face à la situation allemande. De janvier 1994 à courant 1996, DSK aura reçu de la Cogema une rémunération (hors taxe) de 545 000 F. L’entreprise fait actuellement l’objet d’un contrôle de la Cour des comptes, qui s’intéresse à l’ensemble de ses prestataires de services.

Vincent Giret et Véronique Le Billon, journalistes à L’Expansion ont publié en 2000 aux éditions du Seuil un livre intitulé Les vies cachées de DSK, relatif à Dominique Strauss-Kahn (DSK). Le chapitre intitulé « Ministre privé » nous montre de façon préoccupante la collusion entre un ancien ministre de l’économie et le lobby nucléaire. Aucun des faits cités n’a fait l’objet d’un démenti de l’intéressé. La Cour des comptes a même sévèrement critiqué DSK pour les honoraires de consultant qu’il a perçus d’EDF entre 1994 et 1996 (1,5 million de francs). La Cour a souligné « l’insuffisance des termes du contrat d’origine, qui ne donne aucune indication sur le contenu de la prestation assurée ». Un porte-parole d’EDF a pour sa part affirmé au Canard enchaîné que les relations du groupe avec DSK avaient été « dans la norme de ce qui se pratique » avec ses quelques dix mille consultants. Pour notre part, nous serions curieux de connaître cette liste. Grâce à l’aimable autorisation des auteurs de ce livre, nous en reproduisons ci-dessous un extrait. Celui-ci constitue un constat accablant. Ministre "privé"

Dominique Strauss-Kahn signe un contrat avec EDF(en 1994] C’est lui qui prend l’initiative discrète de proposer ses services par un intermédiaire. Il ne veut pas s’exposer personnellement à un éventuel refus. Pour sonder le terrain auprès de Jean-Michel Fauve, le directeur des affaires internationales d’EDF, il envoie donc une connaissance socialiste, le député Jacques-Roger Machard, battu lui aussi aux législatives de mars en Haute-Garonne, et tout juste embauché à Électricité de France. Fauve et Strauss-Kahn s’apprécient depuis les voyages officiels qu’ils ont faits ensemble entre 1991 et 1993. « je l’ai vu à l’oeuvre comme ministre dans des négociations très dures en Indonésie, il a une intelligence de situation et une profonde culture internationale », confie le premier.

Le dirigeant d’EDF saisit immédiatement l’intérêt qu’il peut trouver à s’attacher les services de Dominique Strauss-Kahn Fauve a pu constater que l’ancien ministre est l’un des rares à l’époque à penser que les entreprises publiques françaises doivent conquérir des positions à l’étranger, contre l’avis de la direction du Trésor à Bercy et les tenants d’un secteur public exclusivement tourné vers des intérêts nationaux. Dans l’esprit de Jean-Michel Fauve, l’ancien ministre n’est pas seulement un excellent conseiller stratégique, il sera aussi un avocat solide et légitime pour vaincre les réticences des autorités de tutelle de l’État français.

Lors de leur première entrevue, Fauve et Strauss-Kahn évoquent le Maroc où ils ont passé une partie de leur enfance, l’un à Marrakech, l’autre à Agadir. ils font affaire rapidement. Gilles Ménage, le nouveau président d’EDF et ancien directeur de cabinet de François Mitterrand, donne délégation à son second, jean Sergougnoux, pour signer le contrat de « conseil en relations internationales » pour 30 000 francs par mois. « DSK vient passer deux ou trois heures avec moi tous les quinze jours pour des discussions de stratégie d’entreprise et pour préparer des missions à l’étranger », précise le directeur d’EDF.

Jean-Michel Fauve lui soumet immédiatement le dossier allemand : EDF a alors le projet de développer un réacteur du futur, l’« EPR », en coopération avec l’Allemand Siemens et le Français Framatome. Strauss-Kahn a toujours été favorable au nucléaire et, comme ministre de l’industrie, il avait discrètement contré la pression exercée par les écologistes. 11 avait aussi fermement engagé la coopération franco-allemande sur ce dossier sensible. « Le rôle de l’État, expliquait le ministre en octobre 1992, c’est un rôle de marieur, de catalyseur d’alliances ; dans le nucléaire, ce sont les français EDF et Framatome qui travaillaient avec les électriciens allemands et Siemens sur un projet de réacteur du futur. Dans l’électronique, ce sont des industriels français et italiens qui produisent en commun les puces SGS-Thomson. Ces coopérations auraient pu se nouer sans l’État, mais il se trouve que, dans ces deux cas, les pouvoirs publics ont joué un incontestable rôle d’aiguillon. » Pourquoi alors ne pas continuer, malgré l’alternance politique et le changement de gouvernement ? EDF a apprécié le travail du ministre, elle l’utilise cette fois dans la coulisse, comme Alcatel avec ses soucis bruxellois.

EDF veut à tout prix s’assurer que la réalisation de son projet nucléaire ne sera pas entravée par les députés du SPD, le Parti social-démocrate, frère allemand du PS français, mais parfois plus enclin à rejoindre la politique des Verts d’outre- Rhin, évidemment très antinucléaires. Le SPD est alors dans l’opposition, mais son activisme ou sa neutralité bienveillante sur ce sujet peut condamner ou faciliter le projet. Jean-Michel Fauve a été directeur du projet de la centrale très controversée de Plogoff, en Bretagne ; il sait combien l’opinion publique peut déstabiliser une opération de cette nature. « En Allemagne, nous avons besoin d’engager des discussions de fond, loin des meetings, d’organiser des réunions confidentielles », explique-t-il. Un contact est identifié outre-Rhin : le député européen SPD Roif Linkohr, fondateur de l’Office d’évaluation des choix scientifiques et techniques du Parlement européen. Ce physicien est l’un des très rares pronucléaires du Parti social-démocrate.

Voilà Dominique Strauss-Kahn engagé dans une mission très politique de lobbying et de longue haleine. Il joue de son double carnet d’adresses pour organiser une série de rencontres discrètes à Düsseldorf et à Strasbourg, mêlant à la fois des députés (ou ex-députés) socialistes français et des élus sociaux-démocrates allemands. Très intéressée par cette prestation, la Cogema - qui produit les combustibles nucléaires - accepte de cofinancer l’opération avec EDF. Son président Jean Syrota appelle dix fois Jean-Michel Fauve pour aligner au franc près les tarifs de la Cogema sur ceux concédés par EDF à Dominique Strauss-Kahn... Au total, la Cogema lui versera 600 000 francs.

Du côté socialiste français, DSK joue avec une extrême prudence et beaucoup d’ambiguïtés, il implique dans l’opération tous les spécialistes socialistes de l’énergie et quelques figures très pro-européennes, sans toujours leur préciser qu’il travaille pour le compte d’EDF et de la Cogema. Pour ses amis politiques, DSK agit ici dans le cadre de ses fonctions de délégué national du Parti socialiste. Dans ce groupe confidentiel, se retrouvent son complice Pierre Moscovici, l’économiste physicien et député européen Gérard Fuchs, le député de Meurthe-et-Moselle et nouveau président de l’Office d’évaluation des choix scientifiques et techniques Jean-Yves Le Deaut, le chercheur en électrochimie et ancien député des Hauts-de-Seine Philippe Bassinet, l’ancien ministre délégué à l’énergie auprès de DSK entre 1992 et 1993 André Billardon et le député du Nord, membre de l’Office parlementaire d’évaluation des déchets nucléaires, Christian Bataille. Tous acquis à la cause nucléaire. D’autres responsables socialistes sont conviés à la discussion, comme Élisabeth Guigou et Henri Nallet.

Dominique Strauss-Kahn se rend aussi à Bonn, où il se présente à l’ambassade de France, qui lui a préparé quelques rendez-vous, non comme un consultant d’EDF et de la Cogema - cela reste secret -, mais comme un officiel du Parti socialiste, chargé de suivre les questions énergétiques. C’est à cette occasion qu’il rencontre pour la première fois Gerhard Schrôder, futur chancelier, et déjà très connu pour ses liens privilégiés avec les plus grands patrons allemands. Le consultant d’EDF sonde aussi le leader écologiste et très pragmatique Joschka Fischer, qui deviendra, à l’automne 1998, ministre des affaires étrangères du gouvernement Schrôder. Pour ces missions et ces réunions spéciales, le secrétariat de DSK envoie à la comptabilité d’EDF trois factures de plus de 200 000 francs chacune, qui s’ajoutent ainsi à ses propres honoraires mensualisés.

À cette occasion, Strauss-Kahn rédige un texte-quiz censé distinguer le vrai du faux dans le domaine du nucléaire. « Mon ami le prix Nobel de physique Georges Charpak - par ailleurs administrateur de la Cogema (NdA) - m’a dit que ce document était le meilleur qu’il ait jamais lu sur la question », confie aujourd’hui Strauss-Kahn. Ce lobbying politique, digne des romans d’espionnage de John Le Carré, dure quatre ans, et ne sera interrompu que par le retour de la gauche au pouvoir. Strauss-Kahn n’oubliera pas cette cause nucléaire : devenu ministre de l’économie et des finances, il tiendra des propos sans ambiguïté en février 1999, lors d’un voyage de trois jours dans les nouveaux lânder d’Allemagne de l’Est : « Un grand pays industriel comme l’Allemagne ne peut pas rester à l’écart d’une des technologies maîtresses du futur », lance-t-il, avant de souligner l’importance de l’EPR, le fameux réacteur.

EDF utilise également DSK sur des contrats difficiles à l’étranger : « il connaît tous les ministres de la terre », s’émerveille Jean-Michel Fauve. Au Maroc, Strauss Kahn entretient un réseau exceptionnel de relations et d’amitiés ; à Paris, dans le sud de la France ou à Rabat, il a sympathisé avec André Azoulay, le conseiller financier international du roi Hassan 11 et aujourd’hui de son fils héritier du trône Mohammed Vl.« Au Maroc, Dominique est chez lui », résume André Azoulay. Strauss-Kahn intervient avec succès sur plusieurs dossiers d’EDF, notamment lors d’une prise de contrôle de la Régie des eaux de Casablanca, en association avec la Lyonnaise des eaux. Il échoue en revanche sur un projet de prise de participation financière dans une centrale nucléaire marocaine, un marché finalement emporté par les États-Unis. DSK prodigue aussi ses conseils sur un contrat qui tourne mal en Grèce. Il travaille encore sur des dossiers en Argentine, en Finlande, en Afrique du Sud... jusqu’en 1997, EDF lui verse au total environ 1,5 million de francs.

LA TUNISIE DE BEN ALI

Strauss-Kahn, lors de son déplacement à Tunis pour le FMI le 18 novembre 2008, a été décoré par le dictateur tunisien Ben Ali et élevé au grade de Grand officier de l’ordre de la République.

Pour Dominique Strauss-Kahn, « l’économie tunisienne va bien, malgré la crise, (...) la politique économique qui est conduite est saine, et je pense que c’est un bon exemple à suivre pour beaucoup de pays,(...) le jugement que porte le FMI sur la politique tunisienne est très positif (...) les choses continueront de fonctionner correctement. »

Strauss-Kahn, dirigeant du FMI, félicité Ben Ali :

"La bonne gestion de l’économie et la politique sociale continuent de porter leurs fruits, notamment à travers une accélération de la croissance, une amélioration des indicateurs sociaux et la préservation des grands équilibres macroéconomiques.

La Tunisie a enregistré une excellente performance économique en 2007. (...) La politique budgétaire prudente et l’utilisation d’une partie du produit des privatisations ont contribué à réduire la dette publique (...)

La politique dynamique des autorités a permis de renforcer davantage la solidité du système bancaire (...)

(...)

Le système financier devrait continuer à se renforcer pour absorber les chocs potentiels pouvant affecter la Tunisie au fur et à mesure qu’elle s’intègre à l’économie mondiale. Il importe, entre autres, de s’assurer de l’adaptation en permanence des dispositifs de réglementation et de supervision à l’évolution du secteur financier international. (...)

La Tunisie a récemment accompli d’importants progrès dans l’amélioration du climat des affaires. Ainsi la nouvelle loi relative à l’initiative économique, promulguée en décembre 2007, vise à favoriser la création d’entreprises. Les autorités poursuivent la libéralisation graduelle des opérations du compte du capital. (...)

Les autorités continuent à intégrer davantage l’économie tunisienne à l’économie régionale et mondiale, en dépit de la conjoncture. La libéralisation des échanges commerciaux se poursuit, notamment dans le cadre de l’accord d’association avec l’UE, lequel a abouti au libre-échange en 2008. Les négociations continuent en ce qui concerne les biens agricoles et les services. (...)

La Tunisie a bien surmonté la crise mondiale, qu’elle a abordée avec des fondamentaux solides qui sont en grande partie le résultat des politiques prudentes du passé."

SUR LA CRISE MONDIALE

DSK président du FMI évalue la crise :

"Il reste d’importantes pertes non dévoilées : 50 % sont peut-être encore cachées dans les bilans. La proportion est plus forte en Europe qu’aux États-Unis. Je le redis : l’histoire des crises bancaires, notamment au Japon, démontre qu’il n’y aura pas de croissance vive et saine sans un nettoyage complet du bilan des banques" "Aucun pays développé ne pourra rembourser sa dette »

Face à la crise mondiale, Dominique Strauss Kahn, qui était annoncé déjà comme le candidat naturel des socialistes en 2012, a été le premier à développer l’idée des « nationalisations provisoires », c’est-à-dire de ce jeu « à qui perd gagne » qui collectivise les pertes et garantit la privatisation des gains.

Et il intervient dans différents pays pour imposer plus de sacrifices aux travailleurs que n’en voulaient les gouvernements eux-mêmes ! Le directeur général du Fonds monétaire international Dominique Strauss-Kahn s’est dit vendredi 30 octobre dans un communiqué "inquiet" après la promulgation par le président ukrainien, Viktor Iouchtchenko, d’une loi augmentant le salaire minimum."Une mission récente du Fonds en Ukraine a conclu que les politiques dans certains domaines, dont la nouvelle loi sur le salaire minimum, menaçaient [la] stabilité" du pays, a indiqué M. Strauss-Kahn. "Donc, nous sommes inquiets de la promulgation de la loi", a-t-il ajouté, une critique rare de la part du plus haut dirigeant du FMI envers un pays auquel le Fonds prête de l’argent.

Cette loi prévoit d’augmenter le salaire minimum de 11 % au 1er novembre. Le minimum vital doit quant à lui augmenter de 12 % au 1er novembre, puis encore de 18 % au 1er janvier. Le FMI a déjà fortement critiqué cette idée, laissant entendre qu’elle serait de nature à remettre en cause son aide au pays.

L’Ukraine, l’un des pays les plus durement atteints par la crise économique mondiale, a reçu en novembre 2008 un prêt du FMI de 16,4 milliards de dollars, dont elle a reçu jusqu’à présent un total de 10,6 milliards de dollars. Le déblocage d’une quatrième tranche, d’un montant de 3,8 milliards de dollars, est normalement prévu en novembre.

Sur la crise grecque, DSK déclare :

« il n’y a pas d’autre issue possible pour les Grecs que de devenir plus compétitifs », avant de préciser « cela signifie des salaires en baisse », ajoutant quelques jours plus tard « les citoyens grecs ne doivent pas craindre le FMI, il est là pour les aider » !

En résumé : le grand risque, ce n’est pas les capitalistes eux-mêmes mais les travailleurs trop gourmands !!!!

Le FMI, sous l’égide de DSK, a développé un plan pour Haïti où les aides sont rempalcées par de suppressions de dettes et à la faveur duquel les populations sont dans l’état où on les voit aujourd’hui : sans soins, sans maison, sans rien...

Sur la politique de Ben Ali en Tunisie, rappelons que Dominique Strauss-Kahn déclarait en novembre 2008 « La politique économique adoptée ici est une politique saine et constitue le meilleur modèle à suivre pour de nombreux pays émergents ».

Quand Sarkozy entend sacrifier les retraites, il obtient un soutien public de DSK pourtant à l’étranger, au FMI... Face au mouvement pour la défense des retraites, Strauss-Kahn reprend les mensonges du gouvernement :

« On vit 100 ans, on ne va pas continuer à avoir la retraite à 60 ans »

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