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Aux origines du génocide rwandais : la révolte sociale (sans aucun caractère ethnique) de janvier 1990 et janvier 1992

dimanche 6 avril 2014, par Robert Paris

Aux origines du génocide rwandais : la révolte sociale (sans aucun caractère ethnique) de janvier 1990 et janvier 1992

1990-1992, ce sont les années de la révolte sociale et politique, contre la dictature et la misère, au Rwanda.

Les classes dirigeantes font alors mine de reculer, d’accorder la démocratie pour sauver l’Etat et les forces armées de la colère populaire.

1994, c’est l’année de la riposte des classes dirigeantes : le génocide. Les classes dirigeantes organisent le massacre en contraignant la population hutu à massacrer la population tutsi en se servant de tous les organismes du pouvoir, de l’armée, de la police, des préfets, de la hiérarchie catholique et bien sûr des bandes fascistes formées dans les quatre années

En 1990, c’est la révolte sociale qui est descendue dans les rues de la capitale, Kigali, bravant la dictature militaire, dans le cadre d’un soulèvement presque général à l’Afrique (rappelez-vous la chute de Moussa Traoré au Mali). Pendant deux ans, tous les opprimés se sont soulevés quelque soient leurs origines et ils ont bravé le pouvoir au point que celui-ci a été contraint, pour calmer la révolte, de mettre des membres de l’opposition démocratique à la tête du gouvernement. Le génocide du Rwanda, c’est un massacre d’Etat et avec la caution de toutes les grandes puissances. Comme tous les autres massacres fascistes. Ce n’est pas spécifique à l’Afrique... Ne l’oublions pas.

L’impérialisme français, sous la direction du président « socialiste » François Mitterrand (ainsi que de la cellule spéciale de l’Elysée pour la Rwanda) et du gouvernement de droite Balladur-Léotard, n’a pas été passif : il a apporté son soutien, plein et entier, aux extrémistes hutus à plusieurs niveaux : militaire : avant le génocide en bloquant l’avancée du FPR sur Kigali et en enseignant l’art de tuer aux futures milices génocidaires ; pendant le génocide en livrant des armes et du matériel de communication et en aidant au tri ethnique des victimes en éditant les cartes d’identités avec la mention « hutu » et « tutsi » et ensuite lors des contrôles d’identité. N’oublions pas que, durant les années qui ont précédé le génocide, le chef d’Etat major de l’armée rwandaise est un officier français.

Quel intérêt pouvait donc avoir la France, dirigée par François Mitterrand aidé de Védrine et aussi Balladur, Léotard aidés de De Vilepin, à aider des fascistes africains pour réaliser un tel massacre ?

Quel intérêt pouvait donc avoir la France, dirigée par François Mitterrand aidé de Védrine et aussi Balladur, Léotard aidés de De Vilepin, à aider des fascistes africains pour réaliser un tel massacre ? C’est vraiment incroyable !

Les génocides fascistes ont toujours l’air incroyables, inexplicables et les grandes puissances font toujours semblant de les découvrir mais elles ont toujours été complices. Et ce pour une raison de classe : il n’y a jamais eu de massacre fasciste sans que pèse sur les classes dirigeantes une grave menace sociale.

Le régime de dictature féroce d’Habyarimana, soutenu par la France, a de plus en plus de mal à se maintenir au pouvoir. Depuis 1990, la population pauvre du pays est en révolte, toutes ethnies confondues, contre la dictature et la misère. En 1992, le régime a été contesté par un véritable soulèvement de la population de la capitale Kigali. Il est menacé d’autre part par le FPR (Front Patriotique Rwandais), parti à majorité tutsi, soutenu par l’Ouganda, avec derrière les USA et l’Angleterre. Il est contraint de reculer, accepte que le pouvoir soit partagé avec les dirigeants de la mobilisation démocratique. Le 6 avril 1994, l’avion du président est abattu. Cet événement sert de prétexte au nouveau Gouvernement intérimaire rwandais (GIR), constitué dans l’ambassade de France sous l’égide de l’ambassadeur, pour déclencher le génocide des Tutsis planifié depuis longtemps. La Radio des Mille collines exhorte les Hutus à se « éradiquer les cafards tutsis », tandis que l’armée montre l’exemple et distribue les machettes. Les Hutus qui refusent de participer au massacre sont assassinés. Plus d’un million de Tutsis seront massacrés dans les 100 jours qui suivront. L’impérialisme français, sous la direction du président « socialiste » François Mitterrand (ainsi que de la cellule spéciale de l’Elysée pour la Rwanda) et du gouvernement de droite Balladur-Léotard, n’a pas été passif : il a apporté son soutien, plein et entier, aux extrémistes hutus à plusieurs niveaux : militaire : avant le génocide en bloquant l’avancée du FPR sur Kigali et en enseignant l’art de tuer aux futures milices génocidaires ; pendant le génocide en livrant des armes et du matériel de communication et en aidant au tri ethnique des victimes en éditant les cartes d’identités avec la mention « hutu » et « tutsi » et ensuite lors des contrôles d’identité. N’oublions pas que, durant les années qui ont précédé le génocide, le chef d’Etat major de l’armée rwandaise est un officier français.

Le rapport de l’assemblée nationale sur la situation au Rwanda rapporte que :

« En 1990, la France finance pour 1,5 million de francs, un projet d’appui à la sécurité de la navigation aérienne avec la fourniture à l’aéroport de Kigali de matériels de radioguidage et de leur maintenance. Elle prend également en charge l’équipage de l’avion présidentiel, un Falcon 50 financé par une aide budgétaire de 60 millions de francs. Par ailleurs, le Président de la République a annoncé le 25 mai 1989 à Dakar une remise de dette qui représente en 1990 une économie de 36,4 millions de francs. La France figure parmi les pays qui soutiennent le plan d’ajustement structurel mis en place au Rwanda fin 1990. (...) La très forte dégradation de la situation économique rwandaise à l’aube des années 1990 met fin à l’illusion de l’autosuffisance sur laquelle reposait l’économie de ce pays depuis les années 1970.

Jusqu’à cette époque, et contrairement au Burundi, le Rwanda refusait tout accord avec le FMI qui lui imposerait une dévaluation dans le cadre d’un programme d’ajustement structurel ; il s’imposait, de lui-même, un programme de rigueur qui a largement contribué à forger sa réputation de pays pauvre mais économiquement sain. C’est d’ailleurs en vertu de cette image que s’est développée une coopération bilatérale importante avec les pays européens notamment. En 1991, l’aide bilatérale et multilatérale représentait 21,5 % du PIB(5) rwandais et 60 % de ses dépenses publiques en faveur du développement ; l’OCDE estime, de son côté, à 343 millions de dollars le montant total de l’aide annuelle fournie au Rwanda sur la période 1990-1993 (soit 50 dollars par habitant) contre 35 millions de dollars annuels pour la période 1971-1974.

La dégradation continue des équilibres intérieurs et extérieurs a fait apparaître les limites d’une telle politique, plus encore dans un contexte de redéploiement budgétaire en faveur des dépenses militaires, qui passent de 1,9 % du PIB en 1989 à 7,8 % en 1992. Dès la fin de l’année 1990, est mis en place un plan d’ajustement structurel (PAS) soutenu par le FMI, la Banque mondiale et par la plupart des pays et organisations présents au Rwanda, dont la France. (…) Lorsque le Rwanda subit, le 1er octobre 1990, l’offensive du FPR, la France considère-t-elle qu’elle peut intervenir, tant pour protéger ses ressortissants que dans le cadre de l’accord de coopération militaire conclu en 1975, sans se trouver en contradiction avec les principes du discours de La Baule. (…)

A la Baule, le Président François Mitterrand le rappelle “ la France continuera d’être votre amie, et si vous le souhaitez, votre soutien, sur le plan international, comme sur le plan intérieur ” et le Président poursuit en déclarant “ la France liera tout son effort de contribution aux efforts qui seront accomplis pour aller vers plus de liberté ”. (...) Dans un discours prononcé le 5 juillet 1990, le Président Juvénal Habyarimana annonce la fin du cumul entre sa fonction de Président de la République et celle de Président du parti unique MRND, ainsi que l’amorce d’un processus démocratique avec la reconnaissance du multipartisme.

M. Michel Lévêque, ancien Directeur des Affaires africaines au ministère des Affaires étrangères de 1989 à 1991, a, devant la Mission, établi une corrélation entre ces décisions et les entretiens qui s’étaient déroulés entre les Présidents François Mitterrand et Juvénal Habyarimana, en marge du sommet de La Baule et qui avaient porté sur la nécessité de réformes institutionnelles au Rwanda et la question des réfugiés. “ A la suite de ces pressions, le Président Juvénal Habyarimana a accepté de réactiver la commission rwandaise et le comité rwando-ougandais sur les réfugiés ”. (…) L’attaque lancée par le FPR le 1er octobre 1990, sur laquelle se greffent les difficultés économiques, les revendications politiques et le réveil de la société rwandaise, devait prouver -par les réactions qu’elle devait susciter de la part du pouvoir de Kigali- que l’ethnisme restait bel et bien une “ ressource politique dormante ”, pour reprendre l’expression du professeur André Guichaoua, sans que le régionalisme disparaisse pour autant. (…)

L’Eglise et l’Etat représentant les seules forces organisées au sein de la société rwandaise. De même que l’encadrement administratif et politique est puissant, de même, l’Eglise du Rwanda présente un visage hiérarchique et administratif qui accentue encore le caractère rigide de cette société. Cette alliance objective de l’Etat et de l’Eglise se traduit notamment par l’existence d’administrations dédoublées : par exemple, il existe un système de formation professionnelle assurée par l’Etat et, parallèlement, un circuit de formation interne à l’Eglise. De manière similaire, l’Eglise a utilisé à son profit le système traditionnel de l’umuganda, dévoyé par la colonisation, que les experts du Bureau international du travail (BIT) assimilent à de véritables travaux forcés. Ainsi, de même que chaque Rwandais devait à l’Etat une demi-journée de travaux communaux, sous peine de sanctions, de même l’Eglise avait développé un tel système au profit de ses oeuvres, sanctionnant les résistances par des refus de sacrement. (…) Premier propriétaire, premier employeur et premier investisseur après l’Etat, l’Eglise représentait à la fin des années quatre-vingts une puissance économique et sociale majeure au Rwanda, plus encore dans un contexte économique particulièrement dégradé, qui se traduisit notamment par une réduction des dépenses publiques civiles. (…)

Le 9 octobre 1990, le ministère de la Justice rwandais admettait l’arrestation de 3 000 personnes environ. En fait, les chiffres sont évalués à 10 000.

Selon M. Gérard Prunier “ de toute évidence, ces arrestations ne visent pas des partisans du FPR (très peu nombreux, et pas tous connus des services de police) ; elles frappent à l’aveuglette Tutsis éduqués et Hutus contestataires, en fait quiconque n’est pas bien vu des élites au pouvoir (et même leurs amis et relations de travail ; de plus, les arrestations servent souvent à liquider des dettes en se débarrassant des créanciers) ainsi que les résidents d’autres pays africains, principalement des Zaïrois et des Ougandais, car, même modestes, des commerçants sont toujours bons à pressurer financièrement. ” Selon le même auteur, le Ministre de la Justice, M. Théodore Mujyamana, avait à l’époque déclaré : “ nous avons des preuves solides de la culpabilité de tous les détenus... et être relâché n’est pas une preuve d’innocence. ”

En fait, les motifs d’arrestation sont souvent vagues et peu de procès auront lieu. Par delà ces arrestations, d’autres manifestations du raidissement du régime interviendront, comme le remplacement du Procureur général, M. Alphonse-Marie Nkubito, considéré comme trop libéral.

Le Ministre de la Défense, intervenant à la radio nationale, demandera à la population de traquer les infiltrés. Cet appel sera immédiatement suivi d’effet. Une partie des soldats du FPR, vaincus, se réfugieront dans la région du Mutara, au nord-ouest du Rwanda. Cette région est une zone traditionnelle de l’émigration tutsie vers l’Ouganda. Or, 348 civils tutsis y seront massacrés entre le 11 et le 13 octobre 1990, et plus de 500 maisons seront incendiées dans la seule commune de Kibilira. S’il s’agit là d’un massacre dont l’ampleur est relative, compte tenu du caractère massif des exterminations constatées dans la région, ses caractéristiques méritent qu’on s’y arrête. D’abord, aucune des victimes n’est un combattant du FPR ; il ne semble pas non plus qu’il s’agisse de sympathisants avérés de ce mouvement : il serait en effet extraordinairement risqué d’afficher de telles sympathies et les Tutsis conservent le souvenir des persécutions de la période de 1959 à 1962.

Ensuite, les massacres sont commis par les paysans sous la conduite des autorités civiles, selon les règles bien connues de la corvée collective. Interrogé sur la révolte qui aurait poussé les paysans du nord-ouest à massacrer les Tutsis, le Président Juvénal Habyarimana répond placidement dans une conférence de presse : “ Il ne s’agit pas d’une révolte. Tout le monde obéit. ” Enfin, les dirigeants locaux sous l’autorité desquels les massacres ont été commis ne seront pas inquiétés par le pouvoir central.

Les massacres du Mutara peuvent ainsi être définis comme suit : consécutifs à une attaque du FPR, ils apparaissent comme un système à la fois d’intimidation et de vengeance en réponse à celle-ci. Les Tutsis rwandais sont traités comme des otages susceptibles de perdre leur vie en représailles aux attaques du FPR. Coordonnés par une autorité locale, ces massacres ne sont en aucun cas des actes individuels. Enfin, le fait qu’ils soient localisés montre qu’ils ne font pas l’objet d’une coordination au niveau central, mais le fait qu’ils demeurent impunis témoigne du regard complaisant que pose le pouvoir central sur ces actes sanguinaires. Ainsi, le meurtre des Tutsis rwandais en réponse aux actions du FPR apparaît comme une solution organisée, qui bénéficie d’une bienveillante indifférence des autorités centrales. (…)

il convient de s’arrêter sur la question de la mention ethnique sur les cartes d’identité. On sait en effet qu’au moins dans les villes et sur les routes, les cartes d’identité constituèrent l’un des principaux instruments du génocide ethnique. Dans la mesure où le terme “ hutu ”, “ tutsi ” ou “ twa ” y était porté, une simple vérification des cartes d’identité permettait de connaître l’appartenance ethnique de la personne contrôlée en vue éventuellement de l’éliminer. Or, il a pu être envisagé que le retard dans la distribution des nouvelles cartes d’identité pouvait être attribué à la France elle-même. Cette opinion est apparue très précisément lors de l’audition de M. André Guichaoua par la Mission. Celui-ci a en effet déclaré : “ Le système des quotas ethniques scolaires et professionnels était formellement aboli dès novembre 1990, tout comme la mention de l’ethnie sur les cartes d’identité. Les nouvelles cartes sont alors commandées à des entreprises françaises. Le conseiller culturel de l’ambassade de France déclarera le 26 mai 1994, devant les personnels du ministère de la Coopération, qu’elles étaient justement en cours de livraison la semaine où l’attentat contre l’avion présidentiel a eu lieu. Pourquoi ce retard ? Cette version correspond-elle à la réalité ? Il convient de préciser qu’aucune carte d’identité sans mention d’origine ethnique ne sera délivrée avant avril 1994 ”.

A M. Jacques Myard qui s’étonnait d’une telle assertion, puis au Président Paul Quilès qui s’enquérait du rapport entre la distribution des nouvelles cartes d’identité et les fonctions de l’attaché culturel français, M. André Guichaoua a alors répondu que “ c’est par une déclaration de l’attaché culturel devant l’assemblée générale des personnels du ministère des Affaires étrangères, du ministère de la Coopération et de la Caisse française de coopération qu’il avait appris que l’ambassade avait été saisie de cette demande dès 1990 et que les cartes d’identité devaient être livrées au cours de la semaine où l’avion présidentiel avait été abattu. ”

Il a ajouté que “ s’agissant des cartes d’identité, dans la mesure où l’abolition de la mention de l’ethnie avait été demandée en novembre 1990, il était important de savoir si une commande avait été passée, dans quelles conditions et à qui, et si l’explication alors diffusée à Kigali, à savoir que les cartes étaient en cours d’impression, correspondait à la réalité. ”

M. Pierre Brana, rapporteur, lui ayant alors plus précisément demandé s’il imputait le retard de la mise en œuvre de la réforme “ au fournisseur des cartes d’identité, c’est-à-dire à la France ”, M. André Guichaoua a fait valoir qu’en tout état de cause “ la réponse était certainement interne au Rwanda, un fournisseur ne pouvant imposer une décision dans un tel domaine ” mais qu’il “ trouvait symptomatique qu’il ait été jugé utile de faire cette annonce en plein génocide, comme s’il y avait une responsabilité française dans ce dossier. ”

Dans la mesure où il y avait là l’expression d’un sentiment plus largement partagé, la Mission a souhaité vérifier l’ensemble des informations relatives à cette question. Lors de leurs auditions, M. Jean-Christophe Mitterrand et M. Jacques Pelletier ont exposé que la France avait demandé que la mention ethnique sur les cartes d’identité soit supprimée.

M. Jacques Pelletier, alors Ministre de la Coopération, a même confirmé avoir dit au Président Juvénal Habyarimana lors de sa visite au Rwanda en novembre 1990 que le fait que les cartes d’identité rwandaises “ portent une mention ethnique lui paraissait ahurissant. Le Président Juvénal Habyarimana trouvait cette indication normale car il en avait toujours été ainsi. La pratique en avait été établie du temps des Belges, et l’on avait continué ”. Le Président Juvénal Habyarimana lui avait toutefois dit “ qu’il pensait que cette mention pouvait être supprimée. ” M. Jacques Pelletier a ajouté qu’à sa connaissance “ il n’y a pas eu demandes d’aide du Gouvernement rwandais pour la fabrication de cartes d’identité sans mention ethnique. ”

Il a également indiqué que la circonstance qu’il n’y ait pas eu de demande adressée à son ministère “ n’était pas, en soi, étonnante. La modification des cartes d’identité ne représentait pas une dépense considérable et le Rwanda pouvait la prendre en charge sur son budget ou s’adresser à un autre pays parce que, heureusement, la France n’était pas la seule à avoir une coopération avec le Rwanda. ” (…)

Le 8 janvier 1992, des manifestations d’une ampleur inconnue au Rwanda secouèrent les principales villes du pays, notamment Butare, Gitarama et surtout Kigali, où 50 000 personnes défilèrent pour manifester contre le nouveau Gouvernement. Une nouvelle journée de manifestation est convoquée pour le 15 janvier, mais le pouvoir l’interdit et les manifestants qui passent outre sont arrêtés. Cependant, devant l’ampleur de la pression, le Président Juvénal Habyarimana finit par accepter de signer un compromis avec l’opposition réunie. Aux termes de ce compromis, le Gouvernement Nsanzimana serait remplacé par un Gouvernement de coalition. Celui-ci, qui comprendrait des Ministres MRND, serait cependant dirigé par un membre du MDR.

Le 3 octobre 1990, le Président François Mitterrand, MM. Jean-Pierre Chevènement, Roland Dumas et Hubert Védrine, ainsi que l’Amiral Jacques Lanxade dans un voyage au Moyen-Orient : “ Le 4 octobre, après une nuit à Abu Dhabi, l’ensemble de la délégation est arrivé à Djeddah où elle était reçue à déjeuner par le Roi Fahd. C’est peu avant ce déjeuner que deux messages sont arrivés, en provenance respectivement de l’Elysée et de l’état-major des armées. Ces messages précisaient que des risques graves d’exactions existaient à Kigali et que le Président Juvénal Habyarimana demandait l’intervention de l’armée française. Un Conseil de défense restreint, très bref, s’est tenu sur l’heure à Riyad, sous la présidence du Président de la République, à la suite duquel l’ordre a été donné d’envoyer au plus vite deux compagnies à Kigali, avec la mission de protéger les Européens, les installations françaises et de contrôler l’aérodrome afin d’assurer l’évacuation des Français et étrangers qui le demandaient. Ces troupes ne devaient en aucun cas se mêler des questions de maintien de l’ordre qui étaient du ressort du Gouvernement rwandais. ”

C’est l’opération Noroît. Le détachement Noroît sous le commandement du Général Jean-Claude Thomann était composé d’un état-major tactique de 40 personnes et de deux compagnies -1ère et 3ème compagnies du 8ème RPIMA- de chacune 137 personnes, soit un effectif total de 314. La 3ème compagnie était chargée d’intervenir en ville, la 1ère compagnie dite compagnie extérieure avait la responsabilité de la protection de l’aéroport. Le PC du détachement Noroît était installé à l’hôtel Méridien et le Général Jean-Claude Thomann soulignera tout l’intérêt pratique d’une implantation dans un tel établissement. Il est demandé aux compagnies Noroît “ d’adopter une attitude discrète ” car il ne saurait être créé “ le sentiment de notre engagement aux côtés des FAR ”.

L’action des forces Noroît est limitée à la ville de Kigali et à l’aéroport, les sorties en dehors de ces lieux restant subordonnées à l’autorisation de l’état-major des armées.

Le Général Jean-Claude Thomann, Commandant des opérations, note dans son rapport de mission l’existence aux abords des villes principales, de nombreux barrages tenus le plus souvent par la gendarmerie ou l’armée rwandaise, et de points de contrôle tenus par des “ civils qui interdisent l’accès de certains villages de brousse et permettent ainsi de filtrer les gens des collines. Les barrages civils sont gardés par une dizaine d’hommes armés de machettes ”. Il constate par ailleurs l’accueil enthousiaste des populations et des forces armées rwandaises réservé aux soldats français. (…)

L’opération Noroît fait partie d’un ensemble plus vaste dont les composantes sont d’une part l’accord d’assistance militaire technique du 18 juillet 1975 sur lequel le Président Juvénal Habyarimana appuie notamment sa demande d’assistance, et qui justifiera la venue du Colonel Gilbert Canovas pour exercer une mission de conseil auprès des FAR, d’autre part une action diplomatique fondée sur les principes énoncés dans le discours de La Baule (démocratisation, pluripartisme, partage du pouvoir…). (…)

L’Ambassadeur de France Georges Martres se place dans la logique d’une agression extérieure qui peut plus facilement justifier l’intervention et l’aide de la France.

Le 7 octobre, il pose le problème en ces termes : “ le choix politique est crucial pour les puissances occidentales qui aident le Rwanda et notamment la Belgique et la France. Ou bien elles considèrent avant tout l’aspect extérieur de l’agression et un engagement accru de leur part est nécessaire sur le plan militaire pour y faire face. Ou bien elles prennent en compte l’appui intérieur dont bénéficie ce mouvement (FPR).... il aboutira vraisemblablement à la prise du pouvoir par les Tutsis ou tout au moins par la classe métisse... Si ce deuxième choix était retenu, une négociation délicate assortie de pressions militaires s’imposerait pour garantir la sécurité de la population européenne, avec la perspective de substituer aux difficultés provenant des assaillants celles qui résulteraient alors d’une armée nationale rwandaise qui se sentirait abandonnée. ”

Dans un télégramme daté du 27 octobre 1990, l’Ambassadeur se prononce plus nettement à propos de l’arrivée, les 23 et 24 octobre, d’avions libyens sur l’aéroport de Kampala. Saisissant cette occasion pour insister sur la nécessité de mettre en valeur sur le plan médiatique le caractère d’agression extérieure, il estime que la France sera plus à l’aise pour aider le Rwanda s’il est clairement montré à l’opinion publique internationale qu’il ne s’agit pas d’une guerre civile. La situation serait beaucoup plus claire et beaucoup plus facile à traiter selon lui si le nord-est du pays était nettoyé avant la poursuite de l’action diplomatique.

Au cours de son audition, M. Jean-Christophe Mitterrand, conseiller à la Présidence de la République pour les affaires africaines de 1986 à 1992, a rappelé qu’il avait établi le 19 octobre 1990 une note à l’attention du Président de la République “ indiquant que la situation au Rwanda était influencée par la position dans le conflit des pays voisins et qu’une concertation régionale entre les différents pays de la zone constituait le seul moyen de stabiliser la situation ” et que “ notre présence miliaire risquait donc de perdurer aussi longtemps qu’une solution politique n’aura pu être trouvée. ”

M. Jean-Christophe Mitterrand a alors précisé que “ le Président avait, en marge, commenté négativement cette solution, mais qu’il avait en revanche approuvé le principe d’une mission, qui sera effectuée par le Ministre de la Coopération, M. Jacques Pelletier. ”

Accompagné de M. Jean-Christophe Mitterrand, le Ministre de la Coopération Jacques Pelletier s’est rendu dans la région des Grands Lacs du 5 au 9 novembre 1990. Cette visite intervenait après la rencontre de Mwanza, le 17 octobre, entre les Présidents Juvénal Habyarimana et Yoweri Museveni et celle de Gbadolite, du 23 au 27 octobre, entre les Chefs d’Etat de la communauté économique des pays des Grands Lacs qui avaient posé le principe d’un cessez-le-feu contrôlé par un groupe d’observateurs zaïrois, burundais, ougandais, rwandais et représentants du FPR, et la création d’une force africaine d’interposition.

Dans ce contexte, comme l’a rappelé M. Jacques Pelletier au cours de son audition, “ le Gouvernement français avait eu deux objectifs dès le début du conflit : un objectif très visible, à savoir, aider un pays à assurer sa sécurité contre une agression extérieure, et un objectif dont on a moins parlé, mais qui était tout aussi important, faire évoluer le régime en place. ”

Fin des extraits du rapport pour l’Assemblée nationale française.

Une situation explosive face à une dictature militaire : des manifestations monstres à Kigali : 100.000 le 8 janvier 1990, puis le 15 janvier 1990, puis la révolte générale en 1992 dans la capitale Kigali devant laquelle le régime fait mine d’accepter un compromis avec les dirigeants modérés de l’opposition démocratique (tout en préparant le bain de sang)

Le 8 et le 15 janvier 1990, plus de 100 000 manifestants parcourent les rues de la capitale Kigali. “ Au début de l’automne 1990, le Rwanda traversait une crise profonde qui gagnait petit à petit tout le pays ”, écrit M. Gérard Prunier. Les questions brûlantes qui causent cette mobilisation ne sont nullement les questions dites ethniques mais les questions sociales et politiques, la crise, la misère, la corruption du régime et la dictature. C’est la corruption en matière de scolarité qui donne l’étincelle mettant le feu aux poudres.

Une enseignante, Agathe Uwilingiyimana, qui sera la première assassinée au démarrage du génocide, dénonce les trafics dans les résultats du baccalauréat qui permettent aux enfants de la classe dirigeante d’être reçus en rayant les premiers de la liste des reçus. Elle subit une violente répression de la part de l’armée, mais la population prend fait et cause pour elle. La mobilisation en sa faveur est impressionnante en va faire d’elle une des leaders de l’opposition démocratique qui vise à la démocratisation du pays, dont le multipartisme. En fait, la révolte populaire avait une base sociale d’autant plus importante que la classe dirigeante était absolument incapable de satisfaire les aspirations populaires, ayant même du mal à imaginer comment elle allait partager un gâteau sans cesse plus restreint entre des équipes concurrentes de la bourgeoisie, du pouvoir, du FPR et de l’opposition. Les recettes du café et du thé, durement touchées par la chute des cours sur les marchés mondiaux, connaissent une baisse inquiétante. Quant aux espoirs suscités par le développement du tourisme, ils auront été fauchés net avec le déclenchement de la guerre. En 1991, le déficit budgétaire, censé ne pas dépasser 2,6 milliards de francs rwandais, a atteint 10,5 milliards. Les dépenses de l’Etat ont monté en flèche : les effectifs de l’armée, guerre oblige, ont quasiment triplé. Dans les deux années qui suivent le mouvement populaire contre le régime va aller sans cesse croissant. Il culmine en 1992 avec des manifestations monstres à Kigali et dans les grandes villes. Dans la capitale, c’est presque la moitié de la population qui descend dans la rue et conspue les militaires. Les leaders démocrates du mouvement sont alors appelés à participer au gouvernement aux côtés des membres du pouvoir liés à l’armée et à l’extrême-droite. Les opposants démocrates « réalistes » acceptent de gouverner avec les assassins qui ont déjà maintes fois démontré leur capacité de nuisance. Dans le mouvement d’opposition à la dictature, il y a à la fois des Hutus et des Tutsis. Mais si le régime militaire a momentanément reculé, remisé le parti unique et appelé certains opposants à la direction du gouvernement, ce n’est que partie remise. Pris entre deux feux, entre FPR à l’extérieur et révolte populaire à l’intérieur, les dirigeants partent à la recherche d’une solution de type fasciste. Pour retrouver une base populaire, les classes dirigeantes se tournent vers les déclassés de la capitale et les pauvres des campagnes et se fondent pour cela sur le préjugé si fréquemment employé en Afrique : l’ethnisme. Des médias qui appellent ouvertement au génocide des Tutsis, comme la « radio des mille collines » affirment que Tutsi est synonyme de pro-FPR et prétendent que si les Hutus ne tuent pas les Tutsis, c’est eux qui seront tués. Et pour lier à eux une partie de la population ils l’obligent à se mouiller à leurs côtés. Tous ceux qui auront tué ne pourront plus ensuite prendre parti pour le FPR qui les accuserait de crime. D’où de premiers massacres, dès 1990, puis en 1993, dans lesquels des Hutus sont poussés à tuer des Tutsis. D’où aussi la formation de milices de pauvres embrigadés et formés à tuer.

Avril 1990 : Le chef d’Etat du Rwanda M. Juvenal Habyarimana a achevé, le vendredi 6 avril, une visite officielle en France au cours de laquelle il a rencontré M. Mitterrand.

20 juin 1990 : discours de Mitterrand en faveur du multipartisme au sommet franco-africain de La Baule. fin 1990 : le lieutenant-colonel Chollet, de l’armée française, organise l’armée rwandaise et Paul Barril travaille pour l’Akazu, clan familial présidentiel

Octobre 1990 : Le 17 octobre, le Zaïre retire ses troupes du Rwanda où elles aidaient le régime en place. Le 18 octobre 1990, le dictateur Juvenal Habyarimana, en visite à l’Elysée, reçoit du président François Mitterrand la promesse de l’aide militaire française en échange d’une promesse d’ouverture politique à l’opposition.

Opération Noroit : engagement français dans la guerre contre le FPR sous prétexte d’aide à l’évacuation des Français. Le contingent français stoppe l’offensive du FPR aux portes de Kigali une première fois, puis sert à aider le gouvernement à arrêter ses opposants dans la capitale. Le pouvoir accuse la communauté tutsie tout entière de complicité avec les forces armées du FPR qui attaquent le pouvoir depuis l’Ouganda. 4000 Tutsis rwandais traités de « suspects » de sympathie avec le FPR sont arrêtés sans jugement. " Il nous faut démasquer au plus vite les assaillants infiltrés dans la population ", déclare le président pour expliquer la campagne de délation nationale à laquelle les Rwandais sont aujourd’hui conviés. Une occasion rêvée pour les autorités et pour les particuliers de se débarrasser d’un voisin, d’un collègue de travail ou d’un opposant. Un simple coup de téléphone suffit, les militaires arrivent quelques minutes après, embarquent le suspect en remettant le contrôle d’identité à plus tard. Il a fallu ouvrir un stade pendant quelques jours pour y mettre le trop-plein des interpellés.

Ainsi, dès octobre 1990, les principaux dignitaires du régime réagirent brutalement. Comme aux sombres heures de la dictature de Habyarimana, ils brandirent le spectre de "l’ennemi intérieur" et ne cachèrent pas leurs intentions de ne pas se laisser faire : en quelques heures, 10 000 personnes, généralement des Tutsis mais aussi des Hutus modérés considérés comme alliés du FPR, furent arrêtées et parquées dans le stade de Kigali. Dans les provinces, les autorités, les bourgmestres, les préfets, les commandants des zone, poussèrent les Hutus à s’attaquer à leurs voisins tutsis : dans la préfecture de Giseny, par exemple, 300 Tutsis furent tués, des milliers d’autres blessés ou obligés de s’enfuir, leurs maisons brûlées, leurs biens pillés. D’autres massacres de ce genre eurent lieu ailleurs.

Novembre 1990 : " Nous sommes prêts à vous aider financièrement pour régler le problème des réfugiés ", a déclaré, jeudi 8 novembre, le ministre français de la coopération, M. Jacques Pelletier, à l’issue d’une mission dans la région.

Décembre 1990 : Dans son numéro de décembre, le tout nouveau bimensuel Kangura (proche de la direction de l’armée rwandaise) énonce " les dix commandements " que les Hutus (ethnie majoritaire, au pouvoir depuis 1959), sont censés appliquer. Sera ainsi considéré comme " traître " tout citoyen Hutu " qui fait alliance avec les Tutsis dans ses affaires ". Pire : " les Hutus doivent cesser d’avoir pitié des Tutsis " et, s’alliant à " leurs frères bantous ", se montrer " fermes et vigilants contre leur ennemi commun tutsi ". Cet appel à la haine raciale ne semble pas avoir ému le gouvernement du président Habyarimana pas plus que les institutions judiciaires pourtant promptes, semble-t-il, à réagir dès qu’il s’agit de " suspects " d’origine tutsie.

Juin 1991 : instauration du multipartisme qui donne naissance à une douzaine de partis officiels et à une soixantaine de journaux privés. En fait, les partis, associations et journaux qui sont critiques du régime sont sans cesse inquiétés et attaqués, alors que la presse et les organisations d’extrême-droite hutu sont favorisées par le pouvoir. Pourtant, les opposants du MDR, du PL et du PSD cultivent le réalisme, la modération et se refusent à s’appuyer sur la révolte populaire.

Novembre 1991 : manifestation massive, à Kigali, contre la dictature en place, le dimanche 24 novembre. Le président est obligé de céder le multipartisme.

Le 1er novembre 1990, retrait des troupes belges, remplacées par les troupes françaises.

Entre 1990 et 1994, grâce principalement au soutien de la France, l’armée rwandaise passe de 5 500 à 35 000 hommes. La France fournit des armes par plusieurs canaux (vente d’armes par des groupes installés en France, cessions directes et indirectes de matériels de l’Armée française ; au total la France a fourni la plupart des armes lourdes, des véhicules d’assaut, des armes lourdes et des hélicoptères utilisés par le gouvernement rwandais pendant la guerre contre le FPR.

Le Monde 23 juin 1994 : "Une aide militaire intense et souvent clandestine ».

La régime reçoit des équipements militaires pour des centaines de millions d’euros. Ces armes ont eu un impact sur le génocide. Les troupes françaises entraînement des troupes, y compris des miliciens civils, elles conseillent et encadrent les troupes du gouvernement rwandais.

Des miliciens Interamwhe ont été formés par les conseillers militaires français, notamment dans le camp de Bagogwe. Ils ont appris aux génocidaires comment tuer un homme avec une machette !!! Des militaires français ont contribué aux contrôles de cartes d’identité entre octobre 1990 et 1993 . A la même période de nombreux contrôles de ce type ont été l’occasion de l’élimination de personnes étiquetées tutsi. Les autorités françaises ont gardé ces engagements militaires largement secrets.

1990 était une année charnière dans toute l’Afrique.

Au moment même où éclataient les grandes manifestations du Rwanda, des troubles sociaux et politiques avaient lieu dans toute l’Afrique : révolte de salariés au Mozambique, manifestations monstres de jeunes en Côte d’Ivoire, troubles violents au Gabon. Tout cela en janvier 1990….

En effet, cette année-là, à cause de la crise économique du système capitaliste dans laquelle le monde s’enfonçait inexorablement depuis plus de vingt ans, tout le continent africain était pris dans une tourmente de luttes sociales sans précédent. Plus qu’aucune région du monde, l’Afrique plus vulnérable, parce qu’exploitée depuis des siècles, subissait douloureusement les conséquences de la crise. A cause de la chute des prix des matières premières sur le marché mondial, les conditions de vie des masses populaires s’étaient profondément dégradées, essentiellement à cause, d’une part, du fait que les caisses étant de plus en plus vides, les Etats n’avaient plus les moyens d’assurer les services publics nécessaires et d’augmenter les salaires, et d’autre part, de ce que, sous la pression du FMI et respectant les plans d’ajustement structurel de celui-ci, ces mêmes Etats bloquaient les salaires, diminuaient les bourses des étudiants et organisaient des licenciements massifs, tant dans le public que dans le privé, en édictant des lois permettant aux patrons de faire ce qu’ils voulaient.

Toutes ces attaques de la bourgeoisie mondiale à travers la politique de ses valets locaux finirent par déclencher la colère des différentes couches populaires africaines. Celle-ci s’exprima de différentes façons : des émeutes de la faim suite à une augmentation du prix du pain, comme au Maroc ou en Tunisie, mais surtout des grèves et des révoltes. C’était l’ensemble du continent africain qui était secoué. A Abidjan, à Douala, à Lomé, à Libreville, à Bamako, à Kinshasa, à Douala, etc, dans la plupart des capitales africaines, des milliers de gens, des travailleurs, des étudiants, des femmes, des jeunes s’élevaient pour dire qu’ils n’acceptaient plus de vivre comme avant. Ils descendaient dans la rue pour crier leur colère contre la misère. Ils s’érigeaient contre les plans d’ajustement du FMI, réclamaient les arrêts des licenciements, l’augmentation des salaires, des bourses et des meilleures conditions d’études. Ces grèves, émeutes, révoltes allaient ébranler les dictatures, en faire reculer certaines ou même tomber d’autres, comme au Mali, par exemple, en 1991.

Ce déferlement d’événements sans précédent, dont certains, comme la révolte des jeunes en Algérie en 1988, avaient commencé des années avant 1990, ce déferlement d’événements donc contraignit l’impérialisme français à faire pression sur ses laquais locaux afin qu’ils modifient quelque peu la façade de leurs régimes dictatoriaux. Ainsi nombre de dictateurs qui, auparavant, avaient juré que de leur vivant ils n’instaureraient pas le multipartisme allaient finalement faire marche arrière et accepter qu’il y ait des partis autres que les leurs. Pour compléter le tableau, ajoutons que c’était dans la même période que, sous la pression des puissances impérialistes, en Afrique du sud, effrayée par l’explosion quasi permanente des townships et des ghettos, la bourgeoisie blanche a décidé d’aller rencontrer la direction de l’ANC à Lusaka, en Zambie, afin de discuter de la perspective d’un changement en douceur de l’apartheid sous la forme d’une solution négociée avec la bourgeoisie noire. Ici et là, le but visé par toutes ces opérations était évidemment de chercher à désamorcer la colère des masses populaires, à la domestiquer, en la détournant vers des changements formels afin d’éviter qu’elle ne débouche sur une remise en cause contagieuse de l’ordre social.

Le Rwanda aussi avait connu les mêmes problèmes que les autres pays africains. La chute des cours des matières premières avait créé au pays d’énormes difficultés : entre 1985 et 1988, le prix du café avait baissé de 30%, celui du thé, de 40%. Le prix de l’étain aussi avait chuté à tel point que, en 1985, la Somirwa, une société minière dont les exploitations d’étain assuraient à l’Etat 25% de recettes en devises et qui employait 8 000 personnes, avait fait faillite. Aussi les masses étaient-elles confrontées aux mêmes problèmes qu’ailleurs : précarité, misère, licenciements, suivis d’un profond mécontentement. Dès 1989, le régime du parti unique était de plus en plus critiqué, y compris de l’intérieur. Dans la même année, trente trois intellectuels ont osé publier une lettre ouverte réclamant des élections libres. En 1990, sous la pression de la rue et de l’impérialisme français, comme les autres dictateurs, Habyarimana accepta de mettre sur pied une commission nationale en vue de l’instauration du multipartisme. Mais avant que celle-ci ne dépose les résultats de ses travaux, plusieurs paris politiques d’opposition, des syndicats indépendants, des associations de droits de l’homme et une presse libre diverse se créèrent.

En face de l’ancien parti unique le MRND, le Mouvement Révolutionnaire National pour le Développement, qui changea de nom pour devenir le MRNDD, le Mouvement Républicain National pour la Démocratie et le Développement, se créèrent toute une série de partis politiques bourgeois, des modérés libéraux aux partis ouvertement racistes, anti-tutsis. Le plus important d’entre eux était le MDR, le Mouvement Démocratique Républicain. Dirigé par des Hutus rivaux d’Habyarimana, originaires de la région du Centre et du Sud, ce parti se voulait l’héritier du Parmehutu de l’ancien dictateur Kayibanda. Bon nombre de ces partis, pour ne pas dire la plupart, étaient de bouts du MNRD, le parti de la dictature. Leur ambition à tous était surtout de partager le pouvoir avec la clique de "l’Akazu", "la maisonnée" du dictateur. Par ailleurs, quoique se définissant généralement d’obédience hutue ou tutsie, ces partis étaient souvent organisés autour des ambitions personnelles de quelques individus et apparaissaient plus comme représentant les intérêts de telle ou telle région et non telle communauté ethnique. Par exemple Le MDR, issu du MNRD et dirigé par des Hutus, prétendait défendre les intérêts des Hutus du centre et du sud écartés de la gestion des affaires depuis la prise du pouvoir par les Hutus du Nord. Il en était de même pour tous les autres partis. C’est pourquoi, reprochant au parti du dictateur Habyarimana de concentrer exclusivement le pouvoir entre les mains des Hutus du Nord, la seule ambition de tous ces partis était de faire pression sur la dictature afin d’aboutir à un repartage du pouvoir sous la forme d’un rééquilibrage au profit des uns et des autres.

Le soulèvement populaire de 1992

Agathe Uwilingiyimana, une enseignante du sud du Rwanda, dénonce la anière de tenir les examens et le fait que chaque année des jeunes hutu des classes dirigeantes du Nord (la région du président) sont cette année là reçus aux examens. Un commando militaire agresse Agathe Uwilingiyimana. Des milliers de Rwandaises bravent les menaces armées des Interahamwe dans la rue, se regroupant dans une manifestation par solidarité avec Agathe Uwilingiyimana à la fin de l’été 1992.

Janvier 1992 : « Le 8 janvier 1992, des manifestations d’une ampleur inconnue au Rwanda secouèrent les principales villes du pays, notamment Butare, Gitarama et surtout Kigali, où 50 000 personnes défilèrent pour manifester contre le nouveau Gouvernement. Une nouvelle journée de manifestation est convoquée pour le 15 janvier, mais le pouvoir l’interdit et les manifestants qui passent outre sont arrêtés. » (citation du rapport Quilès)

Février 1992 : la journaliste pro-française Simon Catherine écrit : « Les militaires français ne combattent pas directement, mais c’est vrai qu’ils apportent un "plus à l’armée rwandaise". Paradoxalement, cette présence française est à la fois critiquée par l’opposition et saluée comme une sorte de "gage" donné au processus de démocratisation. Même ceux qui la contestent admettaient, encore récemment, qu’elle avait permis d’éviter de "trop grosses bavures sur le plan humanitaire". » Les média français s’y entendent à cautionner au nom de l’humanitaire les exactions soutenues au Rwanda par la France.

Mars 1992 : massacres organisés par le pouvoir dans le sud-est du pays, répétition de ce que sera le génocide.

Dans tous les cas, la dictature de Habyarimana s’est trouvée ébranlée par cette situation. Elle était affaiblie par le mouvement de contestation qui se développait dans le pays. Elle avait surtout perdu la confiance d’une frange de sa base sociale petite-bourgeoise. Et ce fut dans cette situation-là qu’intervint la première attaque du FPR. Les grandes puissances visent à un partage du pouvoir avec le FPR S’ajoutant au mouvement de contestation intérieur de plus en plus grandissant et aux pressions des pays riches qui souhaitaient une stabilité politique, cette attaque mit la dictature de Habyarimana sous la coupe d’une triple pression. La conjonction de ces trois éléments, à savoir les manifestations des rues, les pressions des puissances impérialistes et les raids du FPR, dans un contexte marqué par d’énormes difficultés économiques dues à la chute des prix des matières premières, tout cela allait peser plus encore sur le pouvoir au point de l’obliger à composer avec l’opposition et d’accepter de discuter avec elle. Ainsi au mois de mars 1992 et au mois de juin 1993, un gouvernement de transition fut formé avec les partis de l’opposition. Au mois d’août 1992, entre la dictature de Habyarimana et l’ensemble de l’opposition, tant politique que militaire, s’engagèrent des discussions et des négociations qui allaient durer plusieurs mois avant d’aboutir à un ensemble d’accords appelés "les Accords d’Arusha", du nom d’une ville tanzanienne où ils ont été conclus en août 1993.

Conclusions

Dans les années 1988-1991, une vague de mouvements populaires déstabilise la plupart des régimes africains et en renverse même plusieurs (par exemple, la dictature militaire de Moussa Traoré en 1991 au Mali). Le Rwanda en proie aux mêmes problèmes économiques et politiques, le poids de la dette extérieure et celui de la dictature, n’y échappe pas. Le 8 et le 15 janvier 1990, plus de 100 000 manifestants parcourent les rues de la capitale Kigali. Dans les deux années qui suivent le mouvement populaire contre le régime va aller sans cesse croissant. Il culmine en 1992 avec des manifestations monstres à Kigali et dans les grandes villes. Dans la capitale, c’est presque la moitié de la population qui descend dans la rue et conspue les militaires.

Les leaders démocrates du mouvement sont alors appelés à participer au gouvernement. Dans le mouvement d’opposition à la dictature, il y a à la fois des Hutus et des Tutsis. Mais si le régime militaire a momentanément reculé, remisé le parti unique et appelé certains opposants à la direction du gouvernement, ce n’est que partie remise. Pris entre deux feux, entre FPR à l’extérieur et révolte populaire à l’intérieur, les dirigeants partent à la recherche d’une solution de type fasciste.

Pour retrouver une base populaire, ils se tournent vers les déclassés de la capitale et les pauvres des campagnes et se fondent pour cela sur le préjugé si fréquemment employé en Afrique : l’ethnisme. Des médias qui appellent ouvertement au génocide des Tutsis, comme la « radio des mille collines » affirment que Tutsi est synonyme de pro-FPR et prétendent que si les Hutus ne tuent pas les Tutsis, c’est eux qui seront tués.

Et pour lier à eux une partie de la population ils l’obligent à se mouiller à leurs côtés. Tous ceux qui auront tué ne pourront plus ensuite prendre parti pour le FPR qui les accuserait de crime. D’où de premiers massacres, dès 1990, puis en 1993, dans lesquels des Hutus sont poussés à tuer des Tutsis. D’où aussi la formation de milices de pauvres embrigadés et formés à tuer.

Cette « stratégie », largement encouragée par des dirigeants politiques et militaires français , est adoptée à partir du moment où, sous la pression des USA, le président Habyarimana est contraint de signer les accords d’Arusha. Dans ces accords qui prévoient le partage du pouvoir entre la dictature, l’opposition intérieure et le FPR, la classe dirigeante rwandaise comme les dirigeants français voient la fin de leur domination du pays. L’ambassade de France au Rwanda affirme « les accords d’Arusha ne sont ni bons ni inéluctables ». C’est un appui au clan le plus radical dit « Akazu » ou clan zéro qui, autour de la femme du président, prépare le génocide. Le plan en a été préparé dès 1992 (époque où des ambassadeurs et des personnels de l’ONU en ont transmis l’information tant à la Belgique qu’au Canada), lorsque le mouvement populaire est devenu menaçant. L’assassinat d’Habyarimana, quels que soient ceux qui l’ont commis (Kagamé est maintenant accusé de l’avoir fomenté, ce qui est peut-être vrai mais qui ne change rien à l’infamie des responsables du génocide), en donne le signal au soir du 6 avril.

Le premier acte des bandes de tueurs a consisté à assassiner les Hutus dits « modérés », c’est-à-dire tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre s’étaient opposés à la dictature ou encore avaient pris une part dans la révolte contre la misère. Le massacre a alors atteint en quelques jours le génocide, visant à l’extermination de tous les Tutsis ainsi que de tous les Hutus qui refusaient d’y participer. En plein génocide, les dirigeants rwandais, et pas des sous-fifres, sont reçus officiellement à Paris. Jean Bosco Barayagwiza chef du parti extrémiste hutu, le CDR, et de la radio des mille collines, et Jérôme Bicamumpaka ministre des affaires étrangères du gouvernement génocidaire, dit intérimaire, sont accueillis le 27 avril 1994 à l’Elysée, à Matignon et au quai d’Orsay. Cela fait 21 jours que le massacre bat son plein. L’Etat français continue à les armer et à les financer. Il leur maintiendra son soutien dans les mois et les années qui suivront. Il n’est sans doute pas surprenant, ni nouveau, de voir dans un pays pauvre et arriéré africain un pouvoir avoir recours aux méthodes qui furent celles de pouvoirs fascistes européens. Et il n’est pas plus étonnant de voir la France « démocratique » présidée par la gauche lui apporter son soutien. Jadis dictature féroce dans tout son empire colonial, aujourd’hui soutien des dictateurs, souvent tout aussi féroces, qui maintiennent en retour l’ordre impérialiste, la France comme toutes les puissances bourgeoise est claire sur un point : la fascisme est une issue valable en cas de risques sociaux révolutionnaires. Jamais les grandes puissances n’ont reproché à l’époque ses massacres à l’empire Ottoman, ni ceux de Hitler quand ils avaient lieu contre les Juifs, cause de déstabilisation sociale révolutionnaire en Europe de l’Est, ni ceux de Saddam Hussein contre les Kurdes et les Chiites pauvres quand ils se sont soulevés.

Le fascisme est toujours une solution pour la bourgeoisie dans n’importe quel pays où elle estime que la déstabilisation sociale et politique risque d’entraîner des risques sociaux révolutionnaires. Ne l’oublions pas !

6 Messages de forum

  • Génocide rwandais : la France ne le commémorera pas, la France ne reconnaitra pas sa responsabilité, son crime...

    Répondre à ce message

  • Paris ne sera pas représenté aux commémorations du vingtième anniversaire du génocide après les accusations du président rwandais ...

    Mais la France était très bien représentée auprès des autorités génocidaires...

    Répondre à ce message

  • Chères camarades et chers camarades,

    Les publications de ce site, La Nuit rwandaise, m’ont été essentielles pour confirmer des choses que je pensais suite aux lectures faites dans les années 2000. Je partage nombre de leurs interrogations et de leurs préoccupations. Je n’ai jamais pris réellement contact avec eux, je n’ai absolument pas participé à ce qu’ils font autrement que de suivre de loin leurs publications.

    Mais le travail fait en 2006 et 2007 avait été déjà énorme, et, dix ans après, ils sont toujours là. Il faut au moins les féliciter de tenir le cap dans la période actuelle, et au minimum prendre acte de ce qu’ils font en tentant de lire ici ou là, l’une ou l’autre de leurs publications.

    Car dans la période actuelle, la bourgeoisie se prépare à un affrontement de classes comme jamais il n’y a eu lieu, et mène déjà cet affrontement depuis plusieurs années. Or, la bourgeoisie est riche de toutes les expériences passées, car ses dirigeants politiques connaissent cette histoire. Or, révolutions et contre-révolutions ont eu lieu de notre vivant à la fin des années 1980 et dans les années qui ont suivi.

    Nous avons vécu tout cela de loin : Europe de l’est ou Afrique et grèves massives dans bien d’autres pays. En France cela a pris la forme des grèves de 1995. Notre histoire est rattachée à l’histoire d’une guerre de classe menée mondialement par la bourgeoisie, ses financiers, ses états, ses commerçants et spéculateurs.

    Les génocides sont là pour nous rappeler la capacité des Gallifet à enterrer la Commune de Paris et nous empêcher de commettre quelque remise en cause de l’ordre établi dans le vieux monde. A nous de comprendre jusqu’où cette bourgeoisie, avec ses institutions surannées, est prête à aller pour maintenir les lois du vieux monde. Ces publications contribuent à faire la lumière à ce propos.

    C’est pourquoi je vous transmet l’actualité des publications de la Nuit Rwandaise.

    Bonnes lectures.

    Voici la lettre d’information du site « La Nuit rwandaise » (http://lanuitrwandaise.org/revue).

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    Des plaintes sont enfin déposées contre l’armée française pour son comportement en (...)

    > http://www.lanuitrwandaise.org/revu...

    — Envoyé par La Nuit rwandaise

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  • Bonjour

    Voici la lettre d’information du site « La Nuit rwandaise » (https://www.lanuitrwandaise. org/revue).
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    - http://www.lemonde.fr/tiny/ 5040528/


    @ Cadtm (Rwanda)

    ** Rapport sur les financements du génocide au Rwanda : première expérience d’audit ** - 29 novembre 2016

    Pierre Galand est une personnalité importante du monde associatif et de la coopération au développement belge. Il a notamment été secrétaire général d’Oxfam Belgique et président du CNCD. Renaud Duterme (...)

    - http://www.cadtm.org/Rapport- sur-les-financements-du

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  • Le pape François, qui a reçu M. Kagame pour la première fois au Vatican durant une vingtaine de minutes d’échanges "cordiaux", a livré un message de pardon, le plaçant toutefois dans la continuité de Jean Paul II et sans impliquer de responsabilité directe du Vatican.

    Selon un communiqué du Vatican, le pape a exprimé "sa profonde tristesse, et celle du Saint-Siège et de l’Eglise, pour le génocide perpétré contre les tutsi" ainsi que "sa solidarité avec les victimes et ceux qui continuent à souffrir des conséquences de ces événements tragiques".

    "Evoquant le geste de Jean Paul II durant le grand Jubilée de 2000, il a de nouveau imploré le pardon de Dieu pour les péchés et les manquements de l’Eglise et ses membres, dont des prêtres, et des hommes et des femmes religieux qui ont succombé à la haine et à la violence, trahissant leur propre mission évangélique", ajoute le communiqué.

    C’est plutôt une manière d’effacer ce rôle et de s’auto-absoudre !!

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