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Pourquoi la Quatrième Internationale fondée par Léon Trotsky a échoué…

mercredi 9 novembre 2016, par Robert Paris

Pourquoi la Quatrième Internationale fondée par Léon Trotsky a échoué, incapable de réaliser, après la guerre mondiale de 1939-1945, les tâches de direction politique révolutionnaire des masses prolétariennes qu’elle s’était courageusement donnée avant la deuxième boucherie impérialiste ?

La Quatrième Internationale a été proclamée en 1933 par Léon Trotsky (même si elle n’a pu être fondée officiellement et réellement que le 3 septembre 1938, du fait de la faiblesse des forces militantes au plan numérique et surtout au plan politique, en manquant ainsi la vague révolutionnaire de 1936), rompant organisationnellement et publiquement avec le stalinisme qui se cachait derrière le drapeau révolutionnaire de la Troisième Internationale (communiste) passée en réalité dans le camp contre-révolutionnaire en trahissant la révolution chinoise et la révolution allemande et en livrant les travailleurs au fascisme, mais ceux qui ont affirmé, après-guerre, reprendre le drapeau de la IVe Internationale n’étaient nullement les défenseurs de la même perspective, des mêmes principes, du même programme et se sont inclinés devant le stalinisme, le réformisme, le nationalisme, le radicalisme petit-bourgeois, le bureaucratisme syndical et le démocratisme.

L’expression « Quatrième internationale » et son drapeau, celui du combat de Trotsky et de ses camarades à la fois contre le stalinisme, le fascisme, le réformisme et le capitalisme, sont revendiqués par tous les courants trotskistes, mais cela ne signifie pas que tous soient réellement restés sur de telles bases, loin de là. La Quatrième internationale est issue de l’affirmation du leader révolutionnaire Léon Trotsky, l’un des plus grands dirigeants de la révolution russe, suite à la défaite historique du prolétariat allemand marquée par l’arrivée au pouvoir d’Hitler en janvier 1933 défaite condamnant le prolétariat russe à l’isolement et à la domination bureaucratique, que la troisième internationale encore appelée Internationale communiste (ou I.C.), fondée dans la foulée de la révolution russe et européenne suite à la première guerre mondiale, était morte en tant que direction révolutionnaire du prolétariat, ayant permis au fascisme allemand de vaincre sans combat le prolétariat, la bureaucratie russe commandant l’ancienne troisième internationale ayant été entièrement détournée de ses buts révolutionnaires, passée du côté de l’ordre bourgeois et même transformée en centre de la contre-révolution mondiale par le stalinisme, ce dernier étant parvenu à lier pieds et poings du prolétariat allemand, le plus conscient, combatif, expérimenté et organisé du monde, la clef de la rupture de l’isolement de la révolution russe. Jusqu’en janvier 1933, Trotsky était favorable à rester une fraction extérieure du mouvement communiste, stalinisé, fraction exclue et indépendante, non tenue à une discipline mais se tournant vers le courant communiste pour lui proposer de se réformer. Cela s’est appelé « l’Opposition de gauche », opposition à la direction de la IIIe Internationale stalinisée. A partir de janvier 1933, il appelle à la formation d’une nouvelle Internationale, la quatrième, et à la formation de nouveaux partis communistes. C’est un tournant radical qu’il propose ainsi à ses camarades et qui n’a rien de formel. Ce changement est relié avec le cours des événements internationaux et avec l’appréciation du rôle international du stalinisme. Et il va lui être plus que difficile de le faire entrer dans les actes…

Jusqu’en 1933, Trotsky s’est donc battu pour réformer le courant communiste mondial, pour s’y adresser, pour le prévenir de ce qui se passait notamment en Chine, en Allemagne et en Russie, mais ce fut sans succès, à part d’armer politiquement une poignée de militants dans le monde. Si on relit ces textes, on est frappés de leur justesse et aussi à quel point détenir la vérité ne suffit pas quand on intervient dans le sens contraire du cours historique momentané.

La révolution espagnole de 1936 et la grève générale en France, trois ans plus tard, allaient être de nouvelles confirmations du rôle contre-révolutionnaire du stalinisme et du fait que ce dernier servait en réalité le fascisme, c’est-à-dire la réaction bourgeoise violente contre le prolétariat et la démocratie.

Ces trois années allaient être nécessaires aussi pour convaincre les quelques poignées de militants de chaque pays qui se tournaient vers Trotsky pour trouver une orientation et une boussole.

Trois années perdues direz-vous et effectivement c’était en 1933 et pas en 1936 que Trotsky estimait nécessaire de proclamer une nouvelle internationale, même si celle-ci n’existait pas encore en chair et en os.

Et nous allons sans cesse retrouver cette distance entre Trotsky et le courant trotskyste, même alors que Trotsky, vivant, le dirigeait. Car ce qui marquait ce courant n’était que la défaite, que la force des adversaires bourgeois, sociaux-démocrates, réformistes syndicaux et staliniens, ou fascistes, pour ne citer que ceux-là.

L’élimination physique, par les forces d’espionnage de la troisième internationale stalinisée, des meilleurs dirigeants et militants trotskystes allait contribuer à affaiblir grandement ce courant, et bien entendu en premier l’élimination de la section la plus importante, celle de Russie, mais aussi celle des pays d’Europe de l’Est et d’Allemagne.

Il est nécessaire de distinguer nettement entre la IVème internationale du temps de Trotsky, avant 1940, et celle qui a affirmé lui succéder après la fin de la seconde guerre mondiale mais sans jamais défendre réellement les principes programmatiques et stratégiques de Trotsky.

Ce n’est pas seulement la mort de Trotsky qui marque la rupture mais aussi l’échec de la révolution prolétarienne à la suite de la deuxième guerre mondiale, le succès apparent du stalinisme avec son extension mondiale (notamment dans les « pays de l’Est ») et le succès de ses partis partout dans le monde après la guerre, les prolétaires et les peuples opprimés commettant le terrible contresens de prendre le parti principale de la contre-révolution, le stalinisme mondial pour son contraire : le communisme prolétarien. On peut dire que quasiment tous les meilleurs militants trotskistes d’avant guerre de la IVème internationale ont disparu de la scène politique de l’après-guerre, tués, découragés ou morts, et que leurs « successeurs » d’après-guerre ne sont pas vraiment sur les mêmes bases…

Ce sont des Frank, des Molinier, des Pablo et des Posadas, ainsi que les cadres dont ils se sont entourés, qui vont particulièrement marquer la « reconstruction » de la IVe Internationale de l’après-guerre et ce n’est pas un gage de succès du moins dans le sens de refonder une internationale allant dans la même direction politique que celle pour laquelle se battait Trotsky et ses camarades !!!

Les militants et les organisations qui prétendent refonder la Quatrième Internationale fusionnent sur des bases sans principe, sans débat, sans bilan des désaccords passés et des divergences de fond. Non seulement, ils vont scissionner ensuite aisément mais ils vont se garder de se donner de véritables analyses communes, en menant de IVe inter vrais débats. La clarté politique n’est plus le but mais, au contraire, les succès immédiats. Les dirigeants politiques qui se disent « la quatrième internationale » sont impressionnés par les succès du stalinisme, sa stabilité et l’extension de sa domination, aussi bien que par la stabilisation du capitalisme, et aussi par les succès du nationalisme des anciens pays coloniaux.

La prétendue « IVe Internationale », soi-disant succession du trotskysme et reconstituée après la deuxième guerre mondiale a entièrement capitulé devant le stalinisme, la social-démocratie, la bureaucratie syndicale, le nationalisme petit-bourgeois et tous les courants « démocratiques » à la mode.

Paradoxalement, les diverses « Quatrième Internationale », ou prétendues telles, ont maintenu, dans les idées de Trotsky, ce qui n’était que conjoncturel, par exemple la nature ouvrière de l’URSS bureaucratique et le caractère progressif de son maintien bien après que celui-ci soit totalement périmé comme le remarquait Natalia Sedova, veuve de Trotsky, mais pas les analyses fondamentales de Trotsky sur les perspectives historiques du prolétariat, sa nécessaire indépendance politique et sociale et le caractère programmatique de la nécessité des organisations politiques de masse indépendantes du prolétariat que sont les comités, les conseils, les assemblées ouvrières ainsi que le caractère indispensable de l’intervention politique révolutionnaire des travailleurs et de la prise du pouvoir au travers de la dictature du prolétariat.

La plupart de ces groupes vont cautionner toutes les trahisons des directions politiques se revendiquant de la classe ouvrière ou des masses populaires, mais qui sont des abandons ouverts de la perspective révolutionnaire du prolétariat. La plupart vont soutenir l’établissement des régimes de l’Est présentés comme des Etats ouvriers, alors qu’ils ont été construits contre le prolétariat, les dirigeants staliniens nationalistes Mao, Ho Chi Minh, Castro et Che Guevara ou encore Khomeiny, Mandela, Lech Walesa, Lula et bien d’autres… Certains de ces groupes vont jusqu’à cautionner des interventions armées impérialistes, à choisir un impérialisme contre un autre, à soutenir un camp bourgeois ou petit-bourgeois nationaliste sous prétexte de lutte contre l’impérialisme, à cautionner des tendances dites islamistes sous prétexte d’anti-impérialisme ou à cautionner les interventions impérialistes prétendument anti-intégristes sous prétexte d’anti-terrorisme. Non seulement, ils ne brillent pas par leurs analyses mais ils ont abandonné depuis belle lurette la totalité du programme des internationales communistes du passé quand ils les ont connu. La plupart vont théoriser l’abandon d’une véritable internationale et la dissolution des organisations trotskistes au milieu de bien d’autres courants comme le fait le NPA, avec des courants maoïstes, staliniens, écologistes, anti-capitalistes et autres. La plupart vont partout cautionner le réformisme bureaucratique des directions syndicales. La grande majorité de ces groupes dits « trotskystes » ou ex-trotskystes ne choisissent pas les mêmes appareils syndicaux mais tous cherchent à se développer au sein de l’un des appareils, en cautionnant plus ou moins la trahison de ces directions syndicales. Malgré un formalisme démocratique du fonctionnement, ces « Quatrième internationales » ne vont jamais débattre réellement des changements qui se produisent dans le monde. Pas moyen d’en tirer par exemple une analyse des changements brutaux qui se produisent actuellement dans le système capitaliste et dans les politiques bourgeoises. Leurs petits calculs organisationnels et politiques ont depuis longtemps primé sur la recherche de véritables compréhensions du monde.

C’est au point que s’est complètement perdue dans les sables de ce désert politique dans quelle perspective historique, Léon Trotsky situait la création de la Quatrième internationale. Lever un nouveau drapeau communiste révolutionnaire pour en doter la vague révolutionnaire prolétarienne, qu’elle se développe avant ou du fait de la seconde guerre mondiale. Il y a eu, dès le début, des trahisons, des reculs, des abandons, des incompréhensions, des peurs qui ont retardé, empêché, affaibli la formation de la Quatrième Internationale. Les militants trotskistes eux-mêmes vont mettre des années à se convaincre de ce « nouveau tournant » qui consistait à passer de fraction du mouvement communiste à nouveau parti international, affirmant à la face du monde une rupture irréversible avec le stalinisme. Trotsky en proclame la nécessité dès 1933 mais elle n’entre dans les faits qu’en 1936.

« Pour de nouveaux partis et la nouvelle internationale », Léon Trotsky, 27 juillet 1933 :

« Nous nous sommes développés jusqu’à maintenant en tant que fraction de la IIIe Internationale. Après notre exclusion, nous avons continué à nous considérer comme fraction, et notre objetctif était la réforme de l’Internationale communiste. C’était une étape absolument inévitable. Même si quelques uns d’entre nous avaient eu depuis quelques temps la conviction que l’Internationale communiste était vouée à la faillite, il nous aurait été impossible de nous proclamer nous-mêmes la nouvelle internationale. Il nous fallait démontrer notre valeur, la valeur de nos idées, former des cadres. Et on ne pouvait le faire qu’en tant que fraction. C’était là une étape inévitable.

Il nous faut y mettre un terme, tant sur le plan international que sur le plan national. Nous avions conçu théoriquement un développement à travers lequel les événements historiques que nous avions annoncés à l’avance, pouvaient, avec notre critique, provoquer un tournant radical dans la politique de l’Internationale communiste. Ces grands événements ne se sont pas produits.

Il y a eu la Chine, mais, à cette époque, la critique de l’Opposition est restée un livre fermé, et les travailleurs d’Occident ne l’ont qu’à peine entendue. (Rien n’avait transpiré à l’extérieur des débats à l’intérieur du parti bolchevik sur la stratégie de l’I.C. en Chine, celle de l’effacement politique et organisationnel du prolétariat chinois devant la bourgeoisie chinoise, sous prétexte d’ « étape démocratique de la révolution », reprise au menchévisme par les dirigeants staliniens. – Note de M et R)

Il y a eu l’Allemagne. Là, nous avons suivi les événements pas à pas et les avons plus ou moins exactement prévus. C’était là une situation idéale pour réaliser une réforme si celle-ci avait été possible.

Le 5 avril 1933, après la résolution du comité exécutif de l’Internationale communiste (affirmant la justesse de la politique menée par le KPD d’Allemagne suivant les directives de Moscou jusqu’à la victoire sans combat du nazisme en Allemagne, le pays le plus déterminant pour le prolétariat mondial et pour rompre l’isolement de la révolution russe, celui où le prolétariat avait le plus d’expérience révolutionnaire et les organisations les plus fortes au monde. – Note de M et R), nous aurions dû proclamer : « L’Internationale communiste est morte ! » Nous avons perdu plusieurs mois qui avaient malgré tout une certaine importance. Pourquoi ce retard ? D’abord parce que notre déclaration sur la nécessité d’un nouveau parti en Allemagne a provoqué des désaccords dans nos rangs. (Contre l’avis de Trotsky, la direction de l’opposition de gauche allemande autour de Bauer affirmait toujours que le redressement des partis communiste restait la seule perspective possible. - Note de M et R) Le problème était d’arriver à opérer un tournant radical sans aboutir à une scission. La première étape était de proclamer la nécessité d’un nouveau parti en Allemagne. Ensuite, il fallait voir ce que serait l’influence de la catastrophe allemande sur les autres sections de l’Internationale communiste.

Il faut expliquer notre attitude attentiste par la nécessité de la prudence dans un tel tournant. L’influence de la catastrophe allemande devait nécessairement provoquer un changement dans l’Internationale communiste, ou bien dans le sens d’une réforme, ou bien dans celui de l’accélération de la désintégration. L’Internationale communiste ne pouvait rester ce qu’elle était juste avant la catastrophe allemande. La route qu’elle a prise est maintenant tout à fait claire. Il n’y a pas de miracle à espérer. Elle est vouée à la défaite. Il faut rejeter l’idée de réformer, que ce soit sur le plan national ou international, l’Internationale communiste dans son ensemble, parce qu’elle n’est rien d’autre qu’une caste bureaucratique sans scrupules, qui est devenue la pire ennemie de la classe ouvrière mondiale. Il faut absolument libérer l’avant-garde prolétarienne de la dictature de la bureaucratie stalinienne.

Que signifie ce tournant dans son essence ? Nous cessons d’être une fraction ; nous ne sommes plus l’Opposition de gauche ; nous devenons les embryons de nouveaux partis. Notre activité n’est plus limitée par l’idée de fraction. Cela nous donnera d’immenses avantages. Les organisations staliniennes déclinent de plus en plus. La classe ouvrière arrache l’I.C. de son cœur. Nous nous vouerions à la faillite si nous restions liés à elle. Quelques organisations et groupes ne se sont opposés à nous que parce que nous étions parisancs de la réformer. Il faut le dire, ce sont des confusionnistes, mais il y a aussi chez eux des éléments sains qui n’ont pas emprunté notre voie. Nous devons nous libérer du rôle de garde formelle de la bureaucratie stalinienne. (…) »

Léon Trotsky le 27 juillet 1933

« Il faut tourner sur la question de l’Internationale », Trotsky, le 7 août 1933 :

« Le mouvement ouvrier mondial tout entier est arrivé à un point crucial. Les anciennes puissantes organisations du prolétariat sont détruites. Il est absolument évident que ce tournant historique objectif ne peut pas ne pas avoir d’influence sur la politique de l’Opposition de gauche. Il ne s’agit pas, bien entendu, de nos principes programmatiques et stratégiques, mais de nos méthodes d’organisation et de tactique, et, en premier lieu, de notre attitude vis-àvis du Comintern.

Notre situation en tant que « fraction » exclue du Comintern ne pouvait se prolonger éternellement. Nous nous en sommes toujours rendu compte clairement. Ou bien un changement de politique et de régime du Comintern devait nous ouvrir la possibilité de rentrer dans les rangs de ses sections nationales, ou, au contraire, la dégénérescence ultérieure du Comintern devait nous poser la tâche de créer de nouveaux partis et une nouvelle Internationale.

Nous avons toujours posé cette question en fonction des grands événements historiques qui devaient soumettre le Comintern stalinien à un examen historique. Nous avons plus d’une fois cité dans nos écrits comme événements possibles de ce genre : une nouvelle guerre internationale dans laquelle se manifesterait fermeté et combativité du Comintern, une tentative de contre-révolution en URSS, une tentative ouverte du fascisme de s’emparer du pouvoir en Allermagne, etc. (Ainsi, la résolution écrite par Trotsky en décembre 1932 pour la préconférence de l’Opposition de gauche internationale affirmait qu’ « il faudra reconnaître que la troisième internationale était morte en cas d’effondrement de l’Etat soviétique ou de victoire du fascisme en Allemagne et d’écrasement du prolétariat allemand ». – Note de M et R) Bien entendu, personne ne pouvait prévoir lequel de ces événements se produirait d’abord, quelle serait l’ampleur de la faillite de telle ou telle section, l’influence que cette faillite exercerait sur les autres sections et le Comintern dans son ensemble, etc. Voilà pourquoi notre pronostic ne pouvait avoir qu’un caractère conditionnel, facultatif, non catégorique.

On ne pouvait assurément pas douter que, si la contre-révolution réussissait à renverser le pouvoir soviétique, la bureaucratie stalinienne se désagrègerait dans le monde entier en vingt-quatre heures. Heureusement c’est encore loin. La force de résistance du régime soviétique est considérable en dépit de la funeste politique de la bureaucratie stalinienne. Et, aujourd’hui comme hier, ce serait un crime que de renoncer par avance à l’espoir que le régime soviétique se maintiendra, malgré toutes les difficultés, jusqu’au commencement de la révolution prolétarienne en Occident. En tout cas, c’est dans cette perspective que nous devons, comme auparavant, diriger tous nos efforts.

La marche des événements s’est présentée de telle façon que le Comintern a subi l’épreuve décisive, non pas la question de l’Union soviétique ou celle de la guerre, mais dans celle de sa propre capacité à résister au fascisme. Cet examen a eu lieu en Allemagne, dans le pays au prolétariat le plus nombreux et au parti communiste le plus fort. On ne pouvait pas douter d’avance que le résultat de cet examen aurait une importance décisive – pas seulement d’ailleurs pour le parti communiste allemand, mais pour le Comintern dans son ensemble – car, premièrement, le parti communiste allemand agissait sous la direction immédiate du Comintern, et, deuxièmement, le danger fasciste a un caractère international, et, par conséquent, le sort des autres sections, comme celui du Comintern dans son ensemble, dépend directement des déductions qu’elles sont capables de tirer de la leçon allemande.

Au premier moment, nos camarades allemands se sont opposés au lancement du mot d’ordre d’un nouveau parti (conférence de Leipzig de mars 1933). Mais déjà, très vite, la situation intérieure du parti officiel, son attitude à l’égard de la catastrophe, ses mots d’ordre politiques, son régime interne, ont montré que, malgré le dévouement révolutionnaire de nombre de fonctionnaires subalternes, le parti va à une catastrophe complète, inévitable et définitive, car, ainsi que le démontre l’exemple de l’Italie, les conditions du travail illégal châtient impitoyablement et relativement rapidement vite une politique fausse.

Ayant reconnu la nécessité et l’opportunité du mot d’ordre du nouveau parti en Allemagne, notre section allemande, en la personne du camarade Bauer (qui avait modifié son point de vue de départ suite aux échanges avec Trotsky – Note M et R), a posé la première la question de la révision de notre attitude vis-à-vis du Comintern dans son enesemble. (…)

On peut dire avec certitude que la révision de notre attitude vis-à-vis du Comintern est mûre, non seulement objectivement mais aussi subjectivement. La pierre d’achoppement restait cependant, pour beaucoup de camarades, la question de l’U.R.S.S. Puisque, dans toute notre propagande vers l’extérieur, nous avons lié étroitement le sort du Comintern à celui de l’U.R.S.S., nos adversaires peuvent tenter d’interpréter notre rupture organisationnelle avec le Comintern comme une sorte de rupture avec l’Etat soviétique. J’ai dit plus haut pourquoi une telle interprétation est radicalement fausse. Le fait est que l’Etat soviétique, en dépit de toutes ses perversions bureaucratiques et d’une politique économiquement fausse, demeure même aujourd’hui l’Etat de la socialisation de la terre, des fabriques, des usines et de la collectivisation de l’économie paysanne. En même temps, le Comintern a perdu toute force révolutionnaire et a manifesté qu’il était totalement incapable de se régénérer. Ce n’est pas l’effondrement de l’Etat soviétique qui a entraîné avec lui le Comintern, mais, au contraire, c’est l’effondrement du Comintern qui risque d’entraîner avec lui l’Etat soviétique.

Ainsi, la création de nouveaux partis communistes et d’une nouvelle Internationale communiste devient toujours plus pressante non seulement du point de vue des tâches révolutionnaires du prolétariat dans les pays capitalistes, mais aussi du point de vue du salut, de la conservation et de la régénération de l’U.R.S.S. Cette manière de poser la question n’est pas une construction artificielle de l’esprit : elle découle de la succession réelle des événements, laquelle ne coïncide jamais réellement et ne peut coïncider avec les pronostics théoriques.

Plus vite nos sections examineront la question dans toute son ampleur, avec plus de décision elles proclameront la nécessité de rompre avec la bureaucratie du Comintern, plus largement nous pourrons développer notre travail. Les conséquences d’une grande catastrophe se développent très vite, mettent en avant des questions nouvelles et exigent pour elles des réponses claires. Cela concerne tout le développement des organisations socialistes de gauche. Elles aussi sont sous la pression des récents événements et sous la pression des masses qui les poussent sur la voie de leur auto-détermination politique. Nous pouvons prendre place dans ce processus, aider les organisations socialistes de gauche à se mettre sur des rails vériablement bolcheviques.

« Pour une nouvelle internationale », Trotsky, 17 août 1933 :

« L’effondrement des deux internationales

« Malgré la désagrégation manifeste du capitalisme mondial en tant que système économique et social, le mouvement ouvrier mondial traverse actuellement une crise plus profonde qu’au lendemain de la Commune de Paris ou pendant la guerre impérialiste. Deux partis ouvriers du pays le plus industrialisé d’Europe, le parti social-démocrate et le parti communiste, qui avaient derrière eux treize millions d’électeurs, ont capitulé sans combat devant les bandes fascistes. Deux internationales ont été mises à l’épreuve et ont démontré leur faillite.

La social-démocratie, dont la faillite est apparue dans la guerre impérialiste de 1914-1918, a essayé de reconstituer ses rangs après la catastrophe mondiale, empêchant ainsi les ouvriers de passer au communisme et à la Troisième Internationale. La défaite de la social-démocratie allemande confirme que le réformisme qui a conduit au désastre la Deuxième Internationale ne peut etne pouvait que conduire les travailleurs à de nouvelles catastrophes. La social-démocratie, qui, jusqu’au bout, s’est cramponnée au terrain du capitalisme pourrissant, s’est trouvée entraînée elle-même dans ce processus de déclin. Elle est passée par toutes les humiliations et toutes les trahisons, a démoralisé complètement ses cadres, renoncé aux tâches historiques du prolétariat et trahi ses intérêts quotidiens. Elle est devenue le principal obstacle à son émancipation dans le camp de la classe ouvrière. Mais l’Internationale communiste, dont le rôle consistait à organiser les forces du prolétariat pour l’assaut révolutionnaire contre la bourgeoisie de tous les pays, et pour la victoire du socialisme, a également failli à sa tâche. Elle est tombée, victime du centrisme bureaucratique, qui repose sur la théorie et la pratique du socialisme dans un seul pays ; en un mot, elle sombre, victime d’un système d’erreurs entré dans l’Histoire sous le nom du stalinisme. Au moment où la capitalisme, déchiré par ses contradictions mondiales, mettait la révolution à l’ordre du jour, l’Internationale communiste est devenue un chœur impuissant et docile au compte de la bureaucratie conservatrice et nationalement bornée de l’Union soviétique.

Des milliers de communistes tentent maintenant dans l’Allemagne de Hitler de sauver le parti officiel en continuant son ancienne politique dans des conditions nouvelles. Avec toute notre sympathie révolutionnaire pour ces combattants dévoués, il nous faut leur dire que leurs efforts et leurs sacrifices, mal orientés, se révéleront inutiles. Dans les conditions de la terreur fasciste, la politique stalinienne est vouée à bref délai à un effondrement total. Il faudra construire sur des bases nouvelles un parti clandestin en Allemagne. (…)

Le cours vers la nouvelle Internationale nous est dicté par toute la marche du développement. Cela ne signifie pas cependant que nous proposons la proclamation immédiate d’une nouvelle Internationale. Nous aurions sans hésiter fait ici cette proposition si les organisations représentées ici possèdaient dès maintenant une unanimité véritable, c’est-à-dire éprouvée par l’expérience, vis-à-vis des principes fondamentaux et des méthodes de lutte révolutionnaire. Mais ce n’est pas le cas. A l’unanimité sur les principes, et, par conséquent, à l’Internationale, on ne pourra parvenir que par la voie du travail révolutionnaire en commun et d’une sérieuse critique réciproque.

On ne peut préparer une nouvelle Internationale sans prendre part directement aux événements en train de se dérouler. Il serait faux, bien entendu, d’opposer la discussion sur le programme à la lutte révolutionnaire. Il faut les combiner. Nous saluons la mise à l’ordre du jour de cette conférence des questions actuelles liées à la lutte contre la guerre et contre le fascisme, et, dans chacun de ces domaines également, nous sommes prêts à faire, main dans la main, un véritable pas en avant avec d’autres organisations.

Camarades ! Sans guide, sans direction internationale, la classe ouvrière ne peut pas se libérer de l’oppression actuelle. La création d’une nouvelle Internationale ne dépend pas seulement du développement objectif des événements, mais aussi de nos propres efforts. Il est fort probable que nous sommes d’ores et déjà infiniment plus forts maintenant que beaucoup d’entre nous ne le pensent. Ce n’est pas pour rien que l’histoire nous a montré comment une organisation disposant d’une autorité, mais ayant perdu toute direction, peut, pour ainsi dire, accumuler impunément des fautes pendant une longue période, mais qu’au bout du compte, le déroulement des événements lui réserve un effondrement inévitable. Au contraire, une organisation armée d’une boussole sûre, qui, pendant longtemps, est restée une petite minorité, peut, avec l’apparition d’un tournant historique, s’élever, d’un coup, à un niveau supérieur. C’est une possibilité de cet ordre qui s’ouvre devant nous, à condition que notre politique soit juste. Essayons, de toutes nos forces unis, de ne pas manquer cette occasion. Notre responsabilité s’élève à la hauteur de cette responsabilité ! »

Léon Trotsky, 17 août 1933

Un exemple des résistances des « trotskistes » à l’appel de Trotsky pour une nouvelle Internationale : la discussion entre Pierre Rimbert et Léon Trotsky, 2 septembre 1933

Rimbert (Pietro Torielli dit Pierre Rimbert) :

La question de la nouvelle Internationale conditionne mon entrée dans la Ligue (section de France de l’ancienne Opposition de gauche – Note M et R). Je suis contre le mot d’ordre du nouveau parti en Allemagne. Il fallait, dès le début, aller jusqu’au bout : on ne pouvait pas en rester à ce mot d’ordre. Le mot d’ordre de la IVe Internationale est faux : l’Internationale était morte bien avant les événements d’Allemagne. Nous savions déjà que la direction centriste ne pouvait que mener à la défaite internationale. La dégénérescence a commencé dès 1924. Dès 1926-1927, l’Internationale communiste s’est révélée comme n’étant plus l’organisation politique du prolétariat. Au point de vue organisationnel, l’Internationale communiste avait disparu également depuis plusieurs années. Les sections de l’Internationale communiste n’agissent que sporadiquement (tel, par exemple, le parti italien), car elles n’ont plus de base d’organisation vivante dans la classe ouvrières de la plupart des pays. La débâcle était donc déjà apparente, même pour les ouvriers en général (qui quittaient les organisations de l’Internationale communiste).

Il y avait des divergences sur la discipline de fraction. Des camarades pensaient qu’au sujet du « plébiscite rouge » (Référendum constitutionnel organisé en Prusse, landtag allemand, en avril 1931 à la demande des nazis contre la social-démocratie, qui y gouvernaient, et dans lequel le Parti communiste KPD appelait à voter aux côtés des nazis contre les sociaux-démocrates – Note M et R), par exemple, ou sur la question électorale, nous devions rompre la discipline et agir comme fraction indépendante. L’autre courant voulait que la discipline soit suivie dans ses absurdités. Maintenant vient l’idée de la IVe Internationale et des nouveaux partis. Nous continuons, quant à nous, à rester sur la position de la fraction indépendante. Faut-il constituer de nouveaux partis ? Seuls les événements trancheront. Il y a dans la classe ouvrière un lourd découragement, même parmi les militants révolutionnaires : d’où le fractionnement du mouvement ouvrier et même de l’Opposition de gauche. Dans cette période de reflux, s’engager sur la voie de la création de nouveaux partis et d’une nouvelle Internationale, c’est tout à fait prématuré et bureaucratique. Si nous nous engageons aujourd’hui sur cette voie, numériquement nous aurons un très grand succès, comme Souvarine a un certain succès (le « Cercle communiste démocratique » de Souvarine avait regroupé quelques anciens communistes et était plutôt brandlérien – Note de M et R). Mais le succès de Souvarine n’est que quantitatif. De même, l’Opposition de gauche pourra se gonfler de nombreux éléments dégoûtés du PS, du PUP et du PC. Mais ces éléments ne sont pas les meilleurs de la classe révolutionnaire. Cet accroissement serait seulement un désavantage politique. Les quelques éléments oppositionnels qui ont acquis une expérience révolutionnaire dans le parti ou l’Opposition de gauche, seuls susceptibles d’avoir des perspectives, risquent fort d’être submergés par ce flot composé d’éléments nouveaux et non politiquement formés ou encore déformés (syndicalistes, social-démocrates de gauche, ultra-gauchistes).

D’autre part, constituer une internationale parce qu’il y a des camarades convaincus de cette nécessité, n’indique pas qu’on puisse y arriver. Les P.C. ne sont pas des cadavres, car ils ont une activité dans la classe ouvrière, quoique cette activité soit mal orientée et dégénérée. Il faut donc rester fraction indépendante – non disciplinée – du parti et des mouvements qui gravitent autour de lui, contre la direction. Seuls les événements décideront où nous irons. Certes nous ne pouvons pas redresser les bureaucrates centristes, mais nous pourrons conquérir des cellules, des rayons ou des régions. La tâche essentielle n’est pas de gonfler très rapidement ses effectifs, mais de se forger politiquement, de former des cadres de jeunes, dont beaucoup sont d’ailleurs venus à nous directement sans passer par le parti, et de faire pression sur les communistes pour battre la direction et la chasser du parti.

Trotsky :

Dans ces conditions, puisque vous êtes fondamentalement contre notre orientation politique générale, quel sens cela a-t-il, de votre part, de critiquer la direction de la Ligue et de l’Opposition de gauche internationale ? Vous êtes en retard de six à huit mois, c’est-à-dire d’une éternité… et malgré cela, vous analysez la composition de la direction. Cela prouve que vous n’êtes pas conséquent, sinon vous devriez souhaiter seulement la décomposition de la Ligue. Vous avez de toute notre action passée et future une conception formaliste. Au contraire, notre conception de fraction était tout à fait réaliste. Il s’agissait pour nous de conquérir et de redresser le parti et l’Internationale communiste. Vous objectez à notre nouvelle orientation que l’Internationale communiste était déjà morte depuis longtemps. Mais cela ne pourrait être une critique que contre l’orientation ancienne. Que l’Internationale communiste soit morte depuis longtemps ou depuis peu, il faut créer une nouvelle Internationale.

Vous affirmez que nous avons des illusions sur le Comintern. Puisque sa direction était centriste, il était exclu d’avance que le parti puisse faire quelque chose ? Vous venez vers le cadavre, vous le disséquez, et vous critiquez le médecin. Nous n’avions pas la perspicacité suffisante pour prévoir à coup sûr le résultat d’un conflit de classes aussi gigantesque. Et d’ailleurs est-il de façon générale possible de mesurer a priori l’ensemble des forces en lutte et les possibilités que cette lutte recèle ? S’il en était ainsi, nous nous contenterions de présenter la note des rapports de forces. Hitler lui-même a beaucoup hésité, car il ne connaissait pas d’avance le résultat et ignorait les possibilités de résistance de la classe ouvrière. Le centrisme n’est pas une chose en soi : poussé par la masse, il pouvait s’engager dans la lutte et même conclure une alliance avec nous, sous la pression impérieuse des événements.

C’est seulement après les événements d’Allemagne que nous sommes persuadés que l’I.C. était complètement pétrifiée. Même si nous nous sommes trompés – et vous avec nous, camarade Rimbert – le fait demeurait qu’il nous faudrait corriger notre « erreur ». Le K.P.D. n’existe plus en tant que force révolutionnaire. Vous le reconnaissez vous-même. Dans quelle autre fonction hystérique ou métaphysique existe-t-il donc ? Avant la catastrophe, nous pensions que le parti pourrait entraîner dans la lutte une bonne partie de la classe ouvrière, en commençant par les chômeurs. Il n’y a même pas entraîné ses propres membres. Vous dites que seuls les événements futurs peuvent décider qu’il y a lieu de créer une nouvelle Internationale. Vous prêtez ainsi attention aux événements futurs, mais vous ne prêtez pas attention à ceux qui viennent de se dérouler et qui ont déjà déterminé la nécessité d’une nouvelle Internationale (dont le développement dépendra naturellement des événements futurs). L’I.C. existe encore grâce à une certaine tradition, à une certaine désorientation des ouvriers, et ce qui n’est pas le moins important, grâce à une certaine désorientation des ouvriers, et ce qui n’est pas le moins important, grâce à la caisse (de Moscou – Note de M et R). La IIe Internationale, après 1914, n’était pas non plus physiquement morte, elle l’était moins que la IIIe à l’heure actuelle. Elle était néanmoins morte en tant que force révolutionnaire du prolétariat. C’est ce que nous avions dit en automne 1914. On nous a, en ce temps-là, traités d’aventuristes, en disant que seuls les événements… Mais si nous avions été à la remorque des événements, alors des événements comme Octobre ne se seraient pas produits. Le rôle des révolutionnaires, c’est de tirer « un tout petit peu » les événements par les cheveux. Attendre les événements, c’est un fatalisme passif, à la Souvarine. Mais Souvarine lui-même essaie maintenant de créer une organisation. Il ne créera rien, car il n’a aucune théorie, aucun programme, aucune conception stratégique, aucune faculté d’orientation politique. S’il y a un afflux d’éléments vers lui – ce que je ne puis contrôler – c’est un épisode, caractéristique de la désorientation des ouvriers et qui ne peut être que momentané.

Vous donnez une définition abstraite et métaphysique de la fraction et du parti, de ce qui est mort et de ce qui est « vivant ». Il faut dire franchement aux ouvriers qu’on ne peut plus avoir confiance dans la IIIe Internationale. Que faire ? Attendre ? Etudier ? Non, agir. Je le répète, il ne dépend pas de nous de déterminer les détails, c’est-à-dire le rythme du nouveau parti et de la nouvelle Internationale. Mais, dans la situation présente, tergiverser est la meilleure façon de semer le trouble, la désorientation et le pessimisme.

Seuls les événements trancheront, dites-vous. Ce n’est pas là un langage marxiste. Ils sont certes seuls à pouvoir déterminer le rythme. Mais cela ne nous affranchit pas du devoir de créer dès maintenant les embryons du nouveau parti et la nouvelle Internationale. Il faut préparer les événements. Préparons-nous nos cadres à galvaniser le cadavre de la IIe, ou forgeons-nous les cadres de la IVe ? Votre terminologie de « fraction indépendante » d’un parti mort et néanmoins « vivant » peut sembler bien savante et bien profonde pour un petit cercle qui utilise un argot conventionnel. Mais les ouvriers ne vous comprendront même pas, alors que tous comprendront notre position, même s’ils nous combattent.

Quand nous avons proclamé la nécessité d’un nouveau parti en Allemagne, il y avait, dites-vous, une contadiction intenable dans notre attitude ? Oui et non. C’était une contradiction, non de la logique, mais de l’action. Autrefois nous étions fraction, et nous disions : « Seuls les événements peuvent dire si l’I.C. est redressable ; après la faillite du K.P.D., il reste encore une possibilité, assez problématique, c’est vrai, que d’autres sections, réveillées par le tonnerre de la catastrophe, puissent corriger leur ligne et proclamer une nouvelle politique – comme le parti socialiste français en 1919 (sa majorité décidant le 30 décembre 1920 de quitter la IIe Internationale et d’adhérer à la IIIe). Si l’I.C. n’est pas morte, elle exigera un congrès, une discussion où, nous servant de l’exemple de l’Allemagne, nous pourrons intervenir ». C’était le délai laissé par l’histoire à la bureaucratie stalinienne. Mais nous avons vu au contraire que tout a empiré, que tout est tombé dans une totale décadence dans tous les pays. Nous avons alors déclaré : « L’Internationale est fichue ! » Ce délai était également nécessaire pour que nos sections digèrent cette orientation nouvelle, et nous y sommes arrivés sans heurts internes, ce qui n’est pas négligeable.

Rimbert nous oppose la multitude de groupements. Il y en aura d’autant plus que nous serons indécis et confus. Une attitude d’expectative de notre part prolongerait et augmenterait la confusion.

Nous aurons, paraît-il, les gens « dégoûtés », un très grand afflux d’ouvriers non préparés ? Mais la tâche de l’Internationale est précisément d’opérer la sélection. Nous aurons un afflux de masses neuves et nous les éduquerons.

L’I.C. mène une activité, quoique réduite ? Mais l’IOS (IIe Internationale – Note M et R) aussi. Si l’I.C. n’existe plus en tant que facteur progressiste, alors comment pourrions-nous, en restant fraction de l’I.C., agir sur les partis socialistes, bien plus nombreux, et sur les syndicats ? Pendant que nous militions en tant que fraction de l’I.C., une aile gauche s’est formée dans les partis socialistes. Elle n’est certes pas mûre, mais elle constitue un champ de recrutement bien plus riche pour nous que l’I.C. pétrifiée. (…) La déclaration des quatre à la conférence de Paris a au moins l’importance historique de Zimmerwald-Kienthal qui, elles aussi, étaient considérées dans le mouvement ouvrier comme une aventure sans importance. La première chose est de dire la vérité aux ouvriers. C’est ce que nous avons fait. Voilà ce qu’exigent les événements passés ; seuls les événements futurs en préciseront le rythme.

Rimbert :

En effet, dans ces conditions, la question de la direction ne peut plus se poser. (Il s’agit de la contestation par Rimbert de la direction de la Ligue, section française de l’Opposition de gauche) La divergence politique est trop grande pour que nous réintégrions la Ligue. La divergence est fondamentale. Mon intention n’était d’ailleurs nullement de prendre la direction d’abord, et de poser la question politique ensuite : nous essaierons, tout en contribuant à l’activité au jour le jour,de voir si nous pourrons être gagnés à cette position.

Sur la question de la IVe Internationale, vous aviez jadis écrit que la construction de la nouvelle Internationale aurait comme conséquence logique la révolution en Union soviétique.

Trotsky :

C’était la réponse à ceux qui, comme Urbahns, affirmaient que l’U.R.S.S. n’est pas un Etat ouvrier, et que, par conséquent, il faut une nouvelle Internationale. Les événements se présentent autrement quand ils vont venir et quand ils sont déjà là. Nous tracions cette perspective, qui nous semblait décisive : « Si l’U.R.S.S. tombe, elle entraînera derrière elle toute l’I.C. » Ce que nous avions prévu comme décisif, c’était la chute de la dictature en U.R.S.S., entraînant l’I.C. Mais les événements en ont décidé autrement : l’Etat ouvrier, quoique dégénéré, bureaucratisé et déformé, existe encore, mais l’I.C., par la force des événements d’Allemagne, a fait une faillite complète et irréparable. Heureusement, l’U.R.S.S. demeure debout ; sans l’Internationale, l’U.R.S.S. est également vouée à la mort. Pour la sauver, il faut une nouvelle Internationale.

Contrairement à Urbahns, qui parle d’un capitalisme d’Etat en U.R.S.S. comme aux Etats-Unis et en Allemagne, nous disons que l’Etat ouvrier existe encore. Si nous devenons une force importante, nous proposerons le front unique à la bureaucratie stalinienne pour la défense de l’U.R.S.S. Et cette action, donnant du courage à l’avant-garde soviétique, aidera à faire surgir en U.R.S.S. un nouveau parti bolchevique. Dès maintenant l’Opposition bolchevique-léniniste constitue l’embryon de ce nouveau parti. Après février 1917, quand nous avons défendu la nécessité d’une nouvelle révolution, de nombreux militants, parmi les mencheviks et même les bolcheviks, nous objectaient que c’était de l’aventurisme, parce que les ouvriers d’Occident ne bougeaient pas. Lénine leur disait : « Nous pouvons faire la révolution en Russie : il faut agir ici, et entraîner derrière nous le prolétariat d’Occident, qui, d’ailleurs, commence à bouger derrière Liebknecht. » Maintenant, la situation est renversée ; l’avant-garde a beaucoup plus de facilités pour bouger dans le monde capitaliste, alors que nos camarades sont écrasés en U.R.S.S. par la répression stalinienne.

Nous avons eu une formule qui nous a servi pendant dix ans : la fraction, et la réforme. Le plus grand danger que court une organisation révolutionnaire, c’est de se laisser hypnotiser par ses propres formules. Depuis la catastrophe allemande, la situation mondiale a changé. Ce n’est pas seulement l’Etat de Weimar, ce sont aussi les deux internationales qui ont été réduites en poussière. L’avant-garde exige une orientation nette, et sur une longue course. Les équivoques ne sont pas permises. Il s’agit de la nouvelle Internationale.

La Quatrième Internationale et l’URSS. La nature de classe de l’Etat soviétique, Léon Trotsky, 1er Octobre 1933 :

(…)

Deux perspectives

La question nous apparaîtra avec plus de relief si nous l’envisageons dans sa coupe et non pas statique, mais dynamique. En consommant improductivement une part énorme du revenu national, la bureaucratie soviétique, par sa fonction même, est en même temps intéressée au développement économique et culturel du pays : plus élevé sera le revenu national, plus grand sera le montant de ses privilèges. Cependant, sur les bases sociales de l’Etat soviétique, l’essor économique et culturel doit saper les bases même de la domination bureaucratique. Il est clair que, dans le cas de cette variante historique heureuse, la bureaucratie n’apparaît que comme un instrument – un instrument mauvais et coûteux – de l’Etat socialiste.

Mais, en consommant une partie toujours plus grande du revenu national et en portant atteinte aux proportions fondamentales de l’économie, nous répliquera-t-on, la bureaucratie entrave la croissance économique et culturelle du pays. C’est absolument vrai : un développement ultérieur sans obstacle du bureaucratisme devrait inévitablement mener à un arrêt de la croissance économique et culturelle, à une crise sociale terrible et à un recul de toute la société. Mais cela signifierait non seulement l’effondrement de la dictature du prolétariat, mais aussi en même temps la fin de la domination bureaucratique. Pour remplacer l’Etat ouvrier viendraient des rapports non pas « social-bureaucratiques », mais capitalistes.,

Nous espérons que cette double perspective nous aide définitivement à voir clair dans le débat sur la nature de classe de l’U.R.S.S. : prenons-nous la variante des progrès ultérieurs du régime soviétique ou, au contraire, la variante de son effondrement, dans les deux cas, la bureaucratie apparaît non pas comme une classe indépendante, mais comme une excroissance du prolétariat. Une tumeur peut atteindre des dimensions énormes et même étouffer l’organisme vivant, mais la tumeur ne peut jamais se changer en un organisme indépendant.

Ajoutons enfin, pour faire une clarté complète : si aujourd’hui en U.R.S.S. apparaissait au pouvoir un parti marxiste, il restaurerait le régime politique, changerait, purifierait et dompterait la bureaucratie par le contrôle des masses, transformerait toute la pratique administrative, introduirait une série de réformes capitales, dans la direction de l’économie, mais en aucun cas il n’aurait à accomplir un bouleversement dans les rapports de propriété, c’est-à-dire une nouvelle révolution sociale.

Les voies possibles de la contre-révolution

La bureaucratie n’est pas une classe dominante. Mais le développement ultérieur du régime bureaucratique peut mener à l’apparition d’une nouvelle classe dominante : non pas par la voie organique de la dégénérescence, mais au travers de la contre-révolution. Nous qualifions l’appareil stalinien de « centriste », précisément parce qu’il remplit un double rôle : aujourd’hui, quand il n’y a plus et qu’il n’y a pas encore de direction marxiste, il défend par ses méthodes la dictature prolétarienne ; mais ces méthodes sont telles qu’elles facilitent la victoire de l’ennemi pour demain. Qui n’a pas compris le double rôle du stalinisme en U.R.S.S. n’a rien compris.

La société socialiste vivra sans parti, comme sans pouvoir. Dans les conditions de l’époque de transition, la superstructure politique joue un rôle décisif. La dictature du prolétariat développée et consolidée implique le rôle du parti en tant qu’avant-garde indépendante, le rassemblement du prolétariat à l’aide du système des syndicats, la liaison indissoluble des travailleurs avec l’Etat au travers du système des soviets, enfin l’unité de lutte de l’Etat ouvrier avec le prolétariat mondial au travers de l’Internationale. Cependant, la bureaucratie a étouffé le parti, les syndicats, les soviets et l’Internationale. Inutile d’expliquer quelle part gigantesque de responsabilité pour lé dégénérescence du régime prolétarien pèse sur la social-démocratie internationale, couverte de crimes et de trahisons…

Une élimination « pacifique » de la bureaucratie est-elle possible ?

S’il est vrai que la bureaucratie concentre dans ses mains tout le pouvoir et toutes ses approches – et c’est vrai -, alors une question surgit qui n’a pas peu d’importance : comment parvenir à une réorganisation de l’Etat soviétique ? Et peut-on accomplir cette tâche par des moyens pacifiques ?

Etablissons avant tout, comme un axiome inébranlable, que seul le parti révolutionnaire peut accomplir cette tâche. La création d’un parti révolutionnaire en U.R.S.S. avec les éléments sains de l’ancien parti et avec la jeunesse, c’est la tâche historique fondamentale. Il sera dit plus loin à quelles conditions elle peut être accomplie. Cependant, supposons que ce parti existe déjà. Par quelle voie pourra-t-il s’emparer du pouvoir ? Déjà en 1927, Staline disait à l’adresse de l’Opposition de gauche : « Le groupement actuellement dirigeant ne peut être écarté que par la guerre civile. » C’était un défi – bonapartiste par son esprit – non pas à l’adresse de l’Opposition de gauche, mais à l’adresse du parti. En concentrant dans ses mains tous les leviers, la bureaucratie proclama ouvertement qu’elle ne permettrait plus au prolétariat de lever la tête. La marche ultérieure des événements donna à ce défi un grand poids. Après l’expérience des dernières années, il serait puéril de penser qu’on peut éliminer la bureaucratie stalinienne à l’aide du congrès du parti ou des soviets. En réalité, le 12e congrès (au début de 1923) fut le dernier congrès du parti bolchevique. Les congrès suivants furent des parades bureaucratiques. Maintenant, même de tels congrès sont supprimés. Pour écarter la clique dirigeante, il ne reste pas de voies normales « constitutionnelles ». Contraindre la bureaucratie à remettre le pouvoir aux mains de l’avant-garde prolétarienne, on ne peut le faire que par la force. (…)

Le nouveau parti en U.R.S.S.

Qu’est-ce qui est le plus près : le danger de l’effondrement du pouvoir soviétique, miné par la bureaucratie, ou l’heure du rassemblement du prolétariat autour du nouveau parti capable de sauver l’héritage d’Octobre ? A une telle question, il n’y a pas de réponse a priori : la lutte tranchera. Le rapport de forces se déterminera sur une grande épreuve historique qui pourra être aussi la guerre. Il est clair, en tout cas, qu’avec les seules forces intérieures, dans la situation de désagrégation ultérieure du mouvement prolétarien mondial et de domination fasciste, qui s’étend, il est impossible de maintenir longtemps le pouvoir soviétique. La condition fondamentale, à laquelle est seulement possible une réforme radicale de l’Etat soviétique, c’est le développement victorieux de la révolution mondiale.

Le mouvement révolutionnaire en Occident peut renaître même sans parti, mais il ne peut vaincre que sous la direction d’un parti. Pour toute l’époque de révolution sociale, c’est-à-dire pour quelques dizaines d’années, le parti révolutionnaire international reste l’instrument principal du progrès historique. (…)

La marche des événements ne suit pas une feuille de route donnée par avance. C’est aux yeux des masses, et non pas à ceux des individus que l’I.C. est allée à sa perte par des capitulations devant le fascisme. Mais l’Etat soviétique, il est vrai, avec une autorité révolutionnaire extrêmement diminuée, existe même après l’effondrement de l’I.C. Il faut prendre les faits tels qu’ils sont donnés par le développement réel, ne pas avoir de caprices, ne pas faire la moue, comme Simone Weil, ne pas s’offenser de l’histoire et ne pas lui tourner le dos.

Pour construire de nouveaux partis et une nouvelle Internationale, il faut avoir de bases principielles sûres, qui soient au niveau de notre époque. Nous ne nous faisons aucune illusion pour ce qui est des insuffisances et des lacunes de l’inventaire théorique des bolcheviks-léninistes. Cependant, leur travail de dix années a préparé les prémices théoriques et stratégiques fondamentales pour l’édification de la nouvelle Internationale. La main dans la main avec nos nouveaux alliés, nous développerons ces prémices et les concrétiserons sur la base de la pratique de la lutte.

La Quatrième Internationale et l’U.R.S.S.

Le noyau du nouveau parti en U.R.S.S. – au fond, du parti bolchevique régénéré dans des conditions nouvelles -, c’est le noyau du groupement des bolcheviks-léninistes. Même la presse soviétique officielle des derniers mois témoigne que nos partisans mènent leur travail courageusement et nons sans succès. Mais des illusions seraient déplacées : le parti de l’internationalisme révolutionnaire ne pourra libérer les ouvriers de l’influence décomposante de la bureaucratie nationale qu’au cas où l’avant-garde prolétarienne internationale apparaîtra de nouveau sur l’arène comme une force de combat.

Dès le début de la guerre impérialiste et, dans un sens plus large, dès la révolution d’Octobre, le parti des bolcheviks joua le rôle dirigeant dans la lutte révolutionnaire mondiale. Maintenant, cette position est complètement perdue. Cela ne concerne pas seulement la caricature officielle du parti. Les conditions d’une difficulté absolument exceptionnelle, dans lesquelles travaillent les bolcheviks-léninistes russes, exclue pour eux la possibilité d’un rôle dirigeant à l’échelle internationale. Plus que cela : le groupement de l’ « Opposition de gauche » ne pourra se développer en un nouveau parti que comme résultat de la formation victorieuse et de la croissance de la nouvelle Internationale. Le centre de gravité révolutionnaire est définitivement passé en Occident, où les possibilités immédiates pour construire de nouveaux partis sont incomparablement plus larges.

Sous l’influence de l’expérience tragique des dernières dizaines d’années s’est accumulée dans le prolétariat de tous les pays une énorme quantité d’éléments révolutionnaires qui attendent une parole claire et un drapeau sans tâche. Les convulsions de l’I.C., il est vrai, ont repoussé presque partout de nouvelles couches d’ouvriers du côté de la social-démocratie. Mais précisément cet afflux de masses turbulentes devient le plus grand danger pour le réformisme : il craque sous toutes les coutures et se désagrège en fractions, en donnant partout naissance à une aile révolutionnaire. Ce sont les prémices politiques immédiates de la création de la nouvelle Internationale. La première pierre est déjà posée : c’est la déclaration principielle des quatre organisations.

La condition de succès ultérieurs est une juste appréciation de la situation mondiale, y compris de la nature de classe de l’Unions soviétique. Sur cette ligne, la nouvelle Internationale subira une épreuve dès les premiers jours de son existence. Avant qu’elle puisse réformer l’Union soviétique, elle devra prendre sur elle sa défense.

Toute tendance politique qui, sous le couvert du caractère « non prolétarien » de l’Union soviétique, se détourne d’elle sans espoir, risque de se trouver un instrument passif de l’impérialisme. Aussi, de notre point de vue, n’est évidemment pas exclue la possibilité tragique que le premier Etat ouvrier, affaibli par la bureaucratie, ne tombe sous les coups réunis des ennemis, intérieurs et extérieurs. Mais, même avec cette pire variante, c’est une immense importance pour la marche ultérieure de la lutte révolutionnaire qu’aurait la question de savoir où sont les auteurs de la catastrophe. Sur les révolutionnaires internationalistes ne doit pas tomber la moindre parcelle de responsabilité. A l’heure du danger mortel, il doit rester sur la dernière barricade.

Aujourd’hui, l’ébranlement de l’équilibre bureaucratique en U.R.S.S. tournerait, presque à coup sûr à l’avantage des forces contre-révolutionnaires. Avec l’existence d’une Internationale vraiment révolutionnaire, la crise inévitable du régime stalinien ouvrira la possibilité de la régénération de l’U.R.S.S.

La politique extérieure du Kremlin porte chaque jour des coups au prolétariat mondial. Coupés des masses, les fonctionnaires diplomatiques, sous la direction de Staline, foulent aux pieds les sentiments révolutionnaires les plus élémentaires des ouvriers de tous les pays, avant tout au détriment de l’Union soviétique elle-même. Mais il n’y a rien là d’inattendu. La politique extérieure de la bureaucratie complète la politique intérieure. Nous combattons l’une et l’autre. Mais nous les combattons sous l’angle de la défense de l’Etat ouvrier.

Les fonctionnaires de l’I.C. en décomposition dans les divers pays continuent à jurer fidélité à l’Union soviétique. Ce serait une sottise impardonnable de fonder quoi que ce soitsur ces serments. La « défense » criarde de l’U.R.S.S. constitue pour la majorité de ces gens non pas une conviction mais une profession ! Ils ne combattent pas pour la dictature du prolétariat, mais ils essuient les petites saletés de la bureaucratie stalinienne… »

« Nous, représentants des communistes internationalistes (bolcheviks-léninistes) de l’URSS, d’Allemagne, de France, d’Angleterre, d’Italie, d’Espagne, de Hollande, de Belgique, de Grèce, de Suisse, des Etats-Unis, d’Amérique du Sud, de Chine et d’un certain nombre d’autres pays, nous nous adressons à vous, prolétaires de tous les pays, à l’heure d’un redoutable danger historique, et vous lançons cet appel. Après la victoire d’Hitler en Allemagne, après l’écrasement du prolétariat autrichien et les sanglants combats dans les rues de Paris, il est devenu clair, même pour des aveugles, qu’on a épuisé les anciennes méthodes de lutte, conçues dans la perspective d’une évolution pacifique… Il faut construire un nouveau parti et une nouvelle Internationale. Cette affirmation est encore aujourd’hui pour beaucoup la voix du " sectarisme " et du " désespoir ". Cependant le mot d’ordre de la nouvelle Internationale est dicté par toute la situation, aussi bien sur l’arène mondiale que dans chaque pays pris isolément. Peut-on en effet redresser et régénérer la social-démocratie rongée de part en part de crimes et de trahisons ? La guerre, comme tous les événements de l’après-guerre, répondent : non ! On ne peut rien attendre de mieux de la IIIe Internationale. Nous, bolcheviks-léninistes, qui nous appelions naguère Opposition de gauche, nous avons tenté, pendant plus de dix ans, de régénérer l’IC, de la remettre sur la voie de Marx et de Lénine. D’immenses événements, dans toutes les parties du monde, ont confirmé nos avertissements et nos appels. En vain ! Les idées conservatrices et les intérêts mesquins d’une couche bureaucratique privilégiée se sont montrés plus puissants que toutes les leçons de l’histoire. La reconstruction de l’appareil de l’IC au moyen des masses est impossible, car cet appareil ne dépend pas des masses. »

Léon Trotsky, mars 1934, C’est au tour de la France ! Pour la Quatrième Internationale

« De cette analyse découle la seule ligne générale possible : il faut préparer théoriquement et pratiquement la IV° Internationale. »

Encore une fois où va la France, mars 1935, Léon Trotsky

« Aujourd’hui, dans les conditions de l’effondrement définitif du capitalisme, la IV° Internationale, dressée sur les épaules de ses devancières, enrichie par l’expérience de leurs victoires et de leurs défaites, mobilisera les travailleurs de l’Occident et de l’Orient pour l’assaut définitif contre les bastions du capitalisme mondial. »

Juin 1935, Léon Trotsky, Pour la IV° Internationale

« La IV° Internationale, bien entendu, ne souffrira pas dans ses rangs de « monolithisme » mécanique. Au contraire, une de ses plus importantes tâches est de régénérer à un niveau historique plus élevé la « démocratie révolutionnaire de l’avant-garde prolétarienne ». Les bolcheviks-léninistes se considèrent comme une fraction de l’Internationale qui se bâtit. Ils sont prêts à travailler la main dans la main avec les autres fractions vraiment révolutionnaires. Mais ils refusent catégoriquement d’adapter leur politique à la psychologie des cliques opportunistes et de renoncer à leur propre drapeau. »

Août 1935, Léon Trotsky, « Étiquettes » et « Numéros »

Ecrits de la IVe internationale du temps de Trotsky :

1934

Le Programme de Transition de la Quatrième Internationale

1938

1939

1940

La lutte contre l’impérialisme et contre la guerre, Léon Trotsky dans Le programme de transition

Juin 1935, Léon Trotsky, « Pour la IV° Internationale »

« Le Manifeste d’alarme » de 1940 de Léon Trotsky

Léon Trotsky, « Notre cap ne change pas », 30 juin 1940

Comment actualiser aujourd’hui le programme de transition ?

Comment Trotsky caractérise ceux qui allaient devenir dirigeants « trotskistes » après-guerre :

Comment Trotsky critiquait le courant trotskyste de France sur la question syndicale

Trotsky a été contraint d’exclure Molinier et Frank, ceux-là même qui sont les présentés comme les reconstructeurs de la Quatrième Internationale après-guerre :

Le 20 mars 1938, lors des discussions sur la fondation de la Quatrième internationale, Trotsky déclare à propos de Molinier :

« Molinier déclare qu’il est en principe avec nous, mais que notre politique d’organisation est mauvaise, et qu’il en a une meilleure. Son organisation est imprégnée de haine pour la nôtre. »

Trotsky écrivait à Farrell Dobbs le 10 janvier 1940 :

« En 1934, Molinier essaya de remplacer le programme du parti par "quatre mots d’ordre" et fonda un journal sur cette base, »

« La section française « trotskiste » s’est reconstruite après la deuxième guerre mondiale, après la disparition de Trotsky assassiné par un agent stalinien, autour du dirigeant Frank, le même avec lequel Trotsky avait clairement et publiquement rompu après avoir vainement tenté de l’influencer et de le transformer, qu’il avait exclu de la section française en même temps que l’aventurier Molinier avec lequel il pactisait dans la section française et plus tard dans le groupe « La Commune … »

Lettre au Comité Central du Groupe Bolchévik-Léniniste :

4 décembre 1935

« Chers Camarades,

« Si l’on veut savoir ce qu’est l’abdication aux principes, il faut lire attentivement la lettre de P. Frank . Politiquement elle est inconsistante. Mais elle reflète, très bien l’état d’esprit d’un intellectuel (pour ne pas dire petit-bourgeois) sceptique et désorienté.

Que vous répond un petit bourgeois français « avancé », « très gauche », « très révolutionnaire » (« la patrie ? On s’en fout.. grève générale, insurrection »), qu’est-ce qu’il vous répond à votre objection : il vous répond immédiatement : « On ne veut pas votre « prépondérance d’organisation », « Un nouveau parti ? Une nouvelle Internationale ? Non, on en a eu assez ». Voila la réponse typique.

Et Frank, qu’est-ce qu’il fait ? Il traduit servilement cette mentalité. « Aucun ultimatisme d’organisation . » « Aucun groupe actuellement existant ne peut prétendre à la prépondérance d’organisation . » C’est humiliant, même pour un marxiste, de répondre à des arguments pareils. Est-ce que nous nous sommes jamais préoccupés de la « prépondérance » d’organisation ? Il s’agit pour nous d’un programme, qui correspond à la situation objective. Si une autre organisation plus large que la nôtre accepte ce programme (non en paroles, mais dans les actes), nous sommes prêts à fusionner sans la moindre prétention de prépondérance. Voyez les Etats-Unis et la Hollande [1] . Mais dans la lettre de P. Frank, dans toute sa pensée (comme dans-le fameux appel de la « Commune ») il n’y à aucune mention du programme, et non sans raison : le programme, c’est un obstacle sérieux pour la fraternisation générale des petits-bourgeois, des intellectuels, des pessimistes, des sceptiques et des aventuriers, et nous autres croyons que le programme détermine tout.

« Pas d’ultimatisme d’organisation . » Quel abus révoltant de la formule léniniste, pas d’ultimatisme envers les masses, envers les syndicats, envers le mouvement ouvrier, mais l’ultimatisme le plus intransigeant envers chaque groupement qui prétend diriger la masse. Cet ultimatisme-là, il s’appelle le programme marxiste. Comment le faire accepter par la masse ? C’est une question naturellement très grave. Mais si l’on veut créer un organe de masse, il faut que la rédaction elle-même possède un programme et que ce programme soit marxiste. Or ; à la place de ce programme on met un je m’en fichisme aventurier. Rien de plus.

Milice ouvrière et défaitisme révolutionnaire, ce n’est pas un programme. « Tout le monde » les accepte maintenant avec telle ou telle réserve. Le programme maintenant, c’est la lutte pour le nouveau parti contre les deux Internationales et contre Marceau Pivert (S.A.P ., I.A.G .), le valet de l’unité des réformistes et des staliniens. Se gargariser maintenant de « l’unité organique » et même de « l’unité organique révolutionnaire », signifie tromper les masses avec Marceau Pivert et les autres valets du social-patriotisme. Comités d’action, parti révolutionnaire et IV° internationale, c’est ici que commence le programme adéquat a l’étape actuelle. Se borner aux formules insuffisantes ou périmées signifie jouer un rôle réactionnaire. Et il est difficile de s’imaginer un document plus réactionnaire que l’appel de la « Commune » si ce n’est lettre de P. Frank. Le gros argument dans cette lettre : « Pourquoi les B.L. sont restés faibles en Allemagne et puis en France ? » n’est qu’un écho des objections centristes : pourquoi êtes-vous battus par la bureaucratie stalinienne, par la réaction coalisée chinoise, etc. ? Nous avons donné l’explication depuis longtemps et nous n’avons jamais promis de faire des miracles. Notre travail international n’a commencé qu’en 1929 et non sur un terrain vierge, mais sur un terrain extrêmement obstrué par de vielles organisations glissantes et des nouvelles organisations confuses et souvent traîtresses, qui se réclamaient de nos principes Nous étions en lutte constante contre les Pierre Frank en Allemagne et en Espagne contre les sceptiques et aussi contre les aventuriers ; qui ont voulu faire des miracles (en se cassant le cou). Le fait même que Frank emploie des arguments si sommaires et si confus, démontre qu’il se sent étranger à notre organisation. Mais malgré tous les sceptiques et tous les aventuriers, c’est la seule organisation qui connaît son chemin et qui fait des progrès et qui porte dans son sein l’avenir de la classe ouvrière.

Il n’y a. que les petits enfant qui puissent croire qu’il s’agit entre nous et le groupe de la « Commune » de la question d’un « journal de masse ». Il s’agit au vrai de la question du programme, de l’orientation historique de la tendance. Il s’agit d’un nouvel épisode de la lutte entre le marxisme et le centrisme – d’une lutte qui caractérisé toute notre époque. L. Trotsky. PS — Je voudrais encore attirer votre attention sur les procédés absolument intolérables du groupe de la « Commune ».Voilà comment Frank les décrit lui-même : « La décision de créer la « Commune » prise, les premiers pas faits, nous nous sommes tournés vers les organisations existantes (groupe B.L., J.S., Minorité du Front Social, Groupes d’Action Révolutionnaires [2] , leur disant : vos discussions se prolongent dangereusement, nous avons mis pour vous un journal sur pied ; prenez-le ; allez-y. » Or ce sont les soi-disant B.L. qui créent la « Commune » et qui s’adressent après cela de la hauteur de cette nouvelle position acquise, aux simples mortels des « diverses tendances et organisations »... « Allez-y. » Qu’est-ce qu’ils ont donc créé, ces initiateurs audacieux ? La « Commune ». Et qu’est ce que la « Commune ». Une doctrine ; un programme, des mots d’ordre, un drapeau ? Non, rien de tout cela. C’est un local, des affiches et... la caisse. Il s’agit, d’une certaine somme d’argent. Voilà la vérité. Et c’est de la hauteur de cette position purement matérielle que les initiateurs font la tentative de diriger et même de commander la tendance B.L. Voilà où on tombe, quand on perd la boussole. Non, ce n’est pas notre organisation qu’on peut diriger par des méthodes pareilles. Dans les marais centristes on est beaucoup plus conciliant. Essayez vos méthodes là-bas. « Allez-y. »

Notes [1] Aux U.S.A. et en Hollande, les organisations trotskystes avaient fusionné avec des organisations plus importantes. La présidence des nouveaux partis était revenue dans les deux cas au groupe le plus nombreux. [2] Les G.A.R. étaient des groupes animés par les militants de La Commune et visaient à regrouper toutes les obédiences révolutionnaires.

Molinier et Franck, exclus du courant trotskyste officiel en décembre 1935 par Naville, créent en mars 1936 le Parti communiste internationaliste (PCI). Ils publient alors La Commune, et sont également exclus de la Quatrième Internationale, publiant début 1939 Correspondance internationale . Léon Trotsky en mai 1937 dans une lettre à Lagorcesur l’exclusion de Molinier et Franck :

« Le groupe de R. Molinier et surtout lui-même ont démontré une incapacité absolue de travailler dans une organisation ouvrière par des méthodes normales. Quand R. Molinier trouve que son inspiration passagère, juste ou fausse (plus souvent fausse que juste), n’est pas immédiatement assimilée par l’Organisation, il ne s’arrête devant aucun moyen de pression, pas même les moyens financiers. J’avais toujours apprécié son énergie, son dévouement à la cause, qu’il confond d’ailleurs trop souvent avec sa personnalité. Je l’avais souvent défendu contre des critiques parfois exagérées, espérant que la croissance de l’Organisation neutraliserait ses défauts et permettrait d’utiliser ses qualités. C’est malheureusement le contraire qui est arrivé. R, Molinier a transporté dans l’organisation révolutionnaire les manières de l’homme d’affaires, avec une brutalité et un manque de scrupules absolument intolérables. J’ai essayé de l’avertir directement et par l’intermédiaire de ses amis (qui par leur docilité aveugle sont ses pires ennemis) maintes fois. Je n’ai jamais réussi à le convaincre ni même à atténuer ses procédés ; il a rompu avec l’organisation nationale et internationale avec une légèreté criminelle. Son organisation n’a pas la moindre chance de succès. Une tentative de fusion fut faite. R. Molinier a recommencé ses manœuvres de plus belle. C’est sa faute ! C’est son crime ! Ce qui indigne surtout les camarades, et avec raison, c’est sa manière de dire à l’organisation : « Vous aurez l’argent si vous me suivez : sinon vous n’aurez rien. » La scission est donc devenue inévitable après la tentative de fusion. R. Molinier m’a rendu visite à ce moment là en Norvège par sa propre initiative. Je lui ai dit a peu près ceci : « Après les crimes commis par vous il ne vous reste plus qu’a rentrer dans l’ombre, allez ailleurs (Etats-Unis, etc.) ; laissez, l’organisation fusionner et se développer ; démontrez par votre activité que vous avez compris la leçon. Alors vous pourrez retrouvez votre place dans les rangs de la Quatrième Internationale ». II n’a rien voulu comprendre. Puisqu’il avait de l’argent, il a lancé une organisation à lui. Il gaspille les énergies et les ressources pour rien. La faillite de son entreprise est absolument inéluctable. L’expérience faite, je ne puis recommencer la moindre concession à personne. Le seul conseil que ses vrais amis puissent lui donner est d’abandonner une entreprise condamnée par avance. »

Léon Trotsky en 1940 dans « Défense du marxisme », « D’une égratignure en danger de gangrène » :

« L’exemple de Molinier ne peut que jeter sur les choses un brouillard superflu, que je vais essayer de dissiper. On n’accusait pas Molinier d’avoir abandonné notre programme, mais d’être indiscipliné et despotique et de monter toutes sortes d’aventures financières pour aider le parti et sa fraction. Comme Molinier est un homme d’une grande énergie, aux capacités pratiques indiscutables, j’ai trouvé nécessaire non seulement dans l’intérêt de Molinier, mais surtout dans l’intérêt de l’organisation elle-même, d’épuiser toutes les possibilités de le convaincre et de le rééduquer dans l’esprit de la discipline prolétarienne. Comme beaucoup de ses adversaires possédaient ses défauts sans avoir ses qualités, j’ai tout fait pour les convaincre de ne pas hâter une scission, mais de mettre inlassablement Molinier à l’épreuve. Voilà en quoi a consisté ma "défense" de Molinier pendant l’adolescence de notre section française. Considérant qu’une attitude patiente à l’égard de camarades dans l’erreur ou indisciplinés ainsi que les efforts répétés pour les rééduquer dans l’esprit révolutionnaire sont absolument indispensables, je n’ai pas appliqué ces méthodes au seul Molinier. (…) Dans quelques cas il m’a été possible de conserver au parti de précieux camarades. En tout cas, je n’ai jamais fait la moindre concession de principe à Molinier. Quand il décida de fonder un journal sur la base de "quatre points" substitués à notre programme et qu’il entreprit de réaliser ce plan de façon indépendante je fus un de ceux qui insistèrent pour son exclusion immédiate. Mais je ne cacherai pas qu’au congrès de fondation de la IVe Internationale, je fus une fois encore partisan de mettre à l’épreuve Molinier et son groupe dans le cadre de la IVe Internationale pour voir s’ils s’étaient convaincus de l’erreur de leur politique. Cette fois encore la tentative ne donna rien. Mais je ne renonce pas à la renouveler dans des conditions appropriées. Le plus curieux est que parmi les plus grands adversaires de Molinier se trouvaient des gens comme Vereecken et Sneevliet qui, après leur rupture avec la IVe Internationale, réussirent à s’unir avec lui. »

Ces dirigeants prétendument trotskistes qui n’ont nullement défendu le trotskisme :

Pierre Lambert a été formé à la politique, à partir de 1938, dans le PCI de Molinier et ce n’est pas une remarque accessoire ni anecdotique, comme on va le voir ensuite… C’est une école de la manœuvre, des coups en sous-main, des opérations financières et organisationnelles douteuses, des activismes opposés à l’étude politique et à la théorie, de bien des choses qui vont se maintenir et se propager dans les méthodes de Lambert qui n’a rien d’un dirigeant théorique et qui déteste même ce type de militants…

L’autre « section française de l’IVe Internationale », ne vaut pas mieux : elle a été refondée par Pierre Frank, lui aussi un exclus par Trotsky….

Pierre Frank

Raymond Molinier

Michel Pablo Le « pablisme »

Ernest Mandel, alias Germain

Julian Posadas

Les divers avatars de la Quatrième Internationale

Pierre Frank

Molinier

Le courant Lambert, du trotskisme à l’opportunisme

Les pires exemples des trahisons des prétendus trotskistes :

* En 1964, le LSSP, section du Secrétariat Unifié de la Quatrième Internationale du Sri Lanka, entra dans le gouvernement bourgeois de Bandaranaike. Les conséquences en furent désastreuses pour la classe ouvrière. Le LSSP contribua à implanter le chauvinisme cinghalais dans la constitution de 1972, divisant la classe ouvrière tamoule et cinghalaise et conduisant finalement à des attaques racistes envers les Tamouls et à une guerre civile communautariste qui dure depuis 20 ans.

* La politique de front populaire du QI trouva à nouveau son expression en Italie dans l’Alliance de l’olivier qui forma un gouvernement de coalition dirigé par Romano Prodi. Le parti Refondation communiste (Rifundazione) dans lequel le « pabliste » Livio Maitan joue un rôle important, vota au parlement des mesures anti-ouvrières du gouvernement Prodi. Et quel en fut le résultat ? Le retour au pouvoir de Berlusconi. Refondation communiste n’organisa aucune lutte pour vaincre le gouvernement de Prodi et des staliniens. Ce parti servit de couverture gauchiste pour une nouvelle trahison stalinienne des intérêts des ouvriers, ou, pour reprendre vos termes, " une dérive ". Refondation communiste envisage à présent de faire coalition avec l’Alliance de l’olivier.

* Le troisième exemple est celui du Brésil. Le gouvernement bourgeois de Lula met en uvre la politique du FMI au dépens des paysans sans terre par le biais du ministre de la réforme agraire Miguel Rossetto, figure importante de votre mouvement Démocratie Socialiste, une faction du P.T (parti des travailleurs) au gouvernement. On voit là la démocratie bourgeoise à l’oeuvre, aidée par certains trotskystes.

Quand la Quatrième Internationale, soi-disant reconstruite, balayait d’un revers de main les analyses et remarques de Natalia Sedova Trotsky, Grandizo Munis ou Benjamin Péret

Lettre de Natalia Sedova Trotsky à la direction de la Quatrième Internationale

« La IV° Internationale en danger », Natalia Trotsky, Benjamin Péret, Grandizo Munis, 27 juin 1947

« Lettre ouverte au Parti Communiste Internationaliste », Natalia Trotsky, Benjamin Péret, Grandizo Munis, Juin 1947

« Déclaration de rupture avec la IV° Internationale », Natalia Trotsky, Lettre au Comité Exécutif de la IV° Internationale

Ecrits de la IVe internationale, soi-disant reconstruite après-guerre :

Quand la fausse internationale, faussement trotskiste, choisissait des dirigeants qui étaient justement ceux que Trotsky avait exclus, quand elle attribuait un rôle révolutionnaire à l’armée « rouge » de sang dirigée par le stalinisme en la rendant capable de construire des Etats ouvriers, quand elle cultivait le mythe de la défense nationale dans un pays impérialiste « occupé », de la résistance et de la prétendue « libération », quand elle attribuait un rôle révolutionnaire socialiste aux directions petites bourgeoises nationalistes et staliniennes, quand elle voyait le socialisme dans l’autogestion de Tito ou Ben Bella, quand elle s’adressait à Castro, dictateur stalinien venu au pouvoir dans une lutte qui n’avait rien d’une révolution ouvrière, quand la fausse internationale, faussement trotskiste, cachait les crimes staliniens en Indochine pour mieux soutenir les nationalistes staliniens d’Ho Chi Minh…

Bulletins et revues de la « IVe Internationale »

1946

Décembre 1960 - Comment la position sur les luttes coloniales se transforme et se déforme

Q.I. Janvier 1959 page 1

page 2

page 3

page 4

page 5

page 6

page 7

page 8

page 9

Q.I. 1951

Q.I. 1954

Q.I. Juin 1957

Q.I. Octobre 1957

Q.I. Décembre 1957

Q.I. Novembre 1959

Q.I. Septembre 1959

Q.I. Mai 1960

Q.I. Octobre 1960

Q.I. Novembre 1961

Quand la "Quatrième Internationale" ou prétendue telle courtisait le nationaliste petit-bourgeois pro-stalinien Castro :

Q.I. Avril 1962

Q.I. 1963

Diverses critiques des politiques opportunistes de la Quatrième Internationale prétendument reconstruite

Le trotskisme de Trotsky à l’après Trotsky

WSWS dénonce la dérive castriste de la « Quatrième Internationale »

La LIT et Moreno dénoncent certaines dérives de la Quatrième Internationale de Frank

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