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Accueil du site > 01 - Livre Un : PHILOSOPHIE > LIVRE UN - Chapitre 10 : Dialectique naturelle et sociale > Faut-il parler de dialectique de la matière ?

Faut-il parler de dialectique de la matière ?

jeudi 25 avril 2013, par Robert Paris

Le philosophe grec Parménide, cité par Platon :

Il apparaît être dans cet état et n’est pas dans cet état. Il est au repos et, au même instant, est en mouvement. Il naît et périt en même temps. Il ne s’altère pas et pourtant il change. Il existe et n’existe pas. Il est simple et multiple, divisible et indivisible, unité et pluralité, localisé et non localisé, en contact et sans contact, à la fois matière et vide, lui-même et autre en même temps, à la fois possédant une taille (étendu) et sans taille (ponctuel), lié au temps et indépendant du temps, à la fois matière et interaction entre matières, à la fois décomposé en parties et non décomposable en parties, simple grandeur et pas simplement descriptible comme nombre, tel est l’univers des masses matérielles. On ne peut le décrire en cachant de telles contradictions insurmontables. (résumé par M et R du texte "Parménide" de Platon)

Faut-il parler de dialectique de la matière ?

On pense souvent à la dialectique en termes de contradictions de point de vue, de dialogue, ou encore dans la dynamique évolutive des êtres vivants, mais il est plus rare d’en entendre parler en sciences physique, à propos de la matière dite inerte et de la lumière ainsi que de leurs interactions. Et pourtant….

Commençons par nous donner quelques critères qui permettent de distinguer l’apparition de phénomènes dans lesquels on pourrait valablement parler de « dialectique ».

Nous nous souvenons que la notion fondamentale au sens dialectique est celle de contradiction. En effet, dans un phénomène dialectique, la dynamique est négation. Cela signifie que la négation de la négation n’est pas le rien mais le positif. Les contraires, loin de s’annuler, s’attirent, se composent, constituent des ensembles, des structures nouvelles en restant reliés et inséparables. Dans un phénomène obéissant à une loi dialectique, il n’y a plus d’un côté une propriété et de l’autre la propriété contraire mais un ensemble indissociable en éléments contraires. La dynamique issue des contradictions est tout à fait particulière. Elle ne repose pas sur l’action positive pour tel ou tel but mais sur la nécessité de conserver la contradiction au sein des changements de formes de la transformation. La contradiction se maintient donc en changeant de forme et d’éléments contraires. Les propriétés caractéristiques de ces formes dialectiques : le tout n’est pas la somme des parties, la discontinuité du changement par le saut dit qualitatif (donc la transformation n’est pas seulement descriptible quantitativement mais qualitativement), il y a un cycle mais pas continu et pas forcément avec retour à l’identique, il y a émergence de structures nouvelles, la destruction de structure est constructrice.

Peut-on montrer des phénomènes qui exhibent en même temps ces diverses propriétés pour commencer à parler de phénomène dialectique en physique de la matière inerte ? Peut-on prouver qu’il y a à la fois des contradictions dynamiques dans lesquelles la contradiction est un élément actif, des contradictions qui coexistent en permanence sans s’annuler, en engendrant des structures contenant des propriétés et leur contraire simultanément, avec des sauts discontinus d’états ?

La physique de la matière inerte est-elle un domaine contenant en permanence des contradictions qui coexistent au sein de la même structure et fondent, par leurs changements de formes, de nouvelles structures ?

Nous trouvons par exemple la dualité onde/corpuscule ou encore matière/lumière, ou bien matière/antimatière, ou enfin actuel et virtuel, mais aussi ordre/désordre.

La matière est à la fois reliée à une masse et pas reliée à une masse, reliée à une flèche du temps et pas reliée à une flèche du temps, reliée à une localisation (particulaire) et pas reliée à une localisation (étendue).

La relation matière/vide est dialectique au sens où le mouvement est à la fois un déplacement corpusculaire (élément actif) dans un espace vide (élément passif) et un changement de l’espace vide (élément actif) qui mène la matière (élément passif). Si les contraires ne pouvaient pas coexister, Zénon avait montré que le mouvement serait impossible car, à l’instant d’entrée en mouvement, la matière est à la fois au repos et en mouvement…

La matière est à la fois actuelle et potentielle, réelle et virtuelle. Elle est superposition d’états. Elle est à la fois ponctuelle et nuage de points autour de la particule réelle, points qui peuvent être rendus réels en recevant le boson de Higgs.

Repos et mouvement, matière et lumière, espace et temps s’opposent, mais seulement de manière dialectique.

La matière est-elle sujette au mouvement ou cause du mouvement ? Les deux et dialectiquement.

La matière est-elle sujette à des propriétés de conservation ou capable d’apparaître et de disparaitre ? Les deux dialectiquement.

Le monde est-il sans cesse changeant ou globalement conservé. Les deux en même temps.

Le mouvement de matière est-il sujet à l’écoulement du temps ou, au contraire, la matière est cause de l’écoulement du temps ? Les deux à la fois !

La matière est-elle formée de particules qui sont en contact ou qui n’ont aucun contact matière-matière ?

Il y a-t-il une unité matière-lumière ou une dualité ? les deux.

La matière est-elle sujette à la flèche du temps ou pas sujette ? Les deux.

La matière est-elle somme des parties ou pas somme des parties. Les deux !

La matière est-elle sujette à l’histoire ou n’est-elle pas historique ? Les deux !

La matière reste-t-elle identique à elle-même ou est-elle en changement permanent ? Les deux !

Le vide engendre-t-il la matière ou détruit-il la matière ? Les deux.

Y a-t-il une unité ou une dualité matière/lumière ? Les deux !

La matière est-elle décomposable en parties ou pas identique à la somme des parties ? Les deux.

La matière a-t-elle une existence en soi ou seulement en relation avec le monde extérieur ? Les deux !!

La matière est-elle formée d’objets ou pas formée d’objets ? Les deux !

La matière est-elle un phénomène fondamentalement structuré ou pas ? Les deux.

Etc, etc….

Bien sûr, les propositions précédentes peuvent sembler un jeu de la pensée, un amusement lié à des paradoxes multipliés à l’envi mais cela reflète quelque chose de profond.

Il y a bel et bien une unité de la matière et de l’antimatière et des contradictions permanentes. Il y a bel et bien unité de la matière et de la lumière ou de la matière et du vide. Et pourtant, le monde physique ne peut pas trancher entre unité et diversité. Les deux sont vrais.

Le monde matériel est à la fois réductionniste (élémentarité) et holiste (inséparabilité des éléments ayant interagi, élément déterminé par la structure à laquelle il appartient).

Le monde est à la fois fondé sur la conservation et sur la création/disparition.

Le monde est à la fois fondé sur ses structures et sur leur destruction rapide…

La réalité de la matière est à la fois précise et floue, localisée et étendue, concrète et abstraite, attrapable et inattrapable,…

La matière stable peut changer de structure de manière spontanée et est donc en même temps instable.

La matière sans action extérieure peut entrer en mouvement.

Elle peut et ne peut pas être décrite avec précision (inégalités d’Heisenberg).

Elle obéit au hasard et, en même temps, n’y obéit pas, est prévisible et imprédictible, à la fois déterministe et indéterministe…

Chaque propriété imaginable est partiellement violée comme la symétrie du monde, comme la tendance à minimiser l’énergie, comme l’impossibilité de franchir un puit de potentiel, etc…

Comment la matière fait-elle pour relier des contraires : en les emboitant en construisant des interactions sans fin entre contraires ?

Est-elle fondée sur des structures ou sur leur destruction ? Les deux !

La particule de matière ou le corpuscule de lumière existent ou n’existent pas ? La lumière et la matière s’opposent ou ne s’opposent pas ? Les deux à la fois !

Nous sommes par exemple accoutumés à voir des objets qui vieillissent mais ils sont fondés sur des particules qui ne vieillissent pas et qui, pourtant, apparaissent et disparaissent tout en restant structurellement stables. Que des contradictions !!!

L’unité et la pluralité, le mouvement et le repos, la globalité et l’élémentarité, les caractéristiques de la matière sont bel et bien dialectiques…

Le changement d’une propriété en son contraire, l’émergence, l’apparition et la disparition de matière n’ont rien d’un effet magique. Elles sont observées en permanence au sein de la matière et ont une explication simple. Ainsi, la matière virtuelle se change en matière réelle par absorption du boson de Higgs et le changement inverse a lieu par émission du boson de Higgs… L’objet en soi à la fois existe et n’existe pas, etc…

La stabilité globale des structures provient des changements dialectiques d’un élément en son contraire : par exemple, la stabilité du noyau provient du changement du neutron en proton et inversement. La stabilité des quarks provient du changement de chaque quark en son opposé.

Le mouvement est causé par des sauts de propriétés en leur contraire : le mouvement de la particule provient du changement de virtuel en réel et de réel en virtuel.

La stabilité de l’atome provient de l’émission/absorption de lumière par la matière causée par les liens entre particules et antiparticules du vide par lesquels les contraires (matière et antimatière) s’unissent et se dissocient. Rappelons que la lumière (comme tous les bosons est fondée par des couples particule-antiparticule).

La pensée dialectique de la matière n’est pas une évidence visible du monde pour plusieurs raisons et fondamentalement par le fait qu’on ne voit pas directement le monde mais qu’on voit une illusion de nos sens, illusion car le fondement de la matière n’est pas à notre échelle (trop petit, trop rapide, trop énergétique). Quant à notre mode de pensée sur le monde, il n’est pas aussi rationnel que nous voudrions bien le croire. Il correspond à une réalité qui n’est pas celle de la matière mais celle de nos besoins psychologiques… Il est fondé sur des croyances comme la continuité du monde qui sont imposées à nos observations et non découlant d’elles…

La suite

Qu’est-ce que la dialectique

4 Messages de forum

  • Une procédure très simple, qui s’accomplit en tous lieux et tous les jours, que tout enfant peut comprendre, dès qu’on élimine le fatras mystérieux sous lequel la vieille philosophie idéaliste la dissimulait et sous lequel des métaphysiciens incurables de la trempe de M. Dühring continuent à avoir intérêt à la cacher. Prenons un grain d’orge. Des milliards de grains d’orge semblables sont moulus, cuits et brassés, puis consommés. Mais si un grain d’orge de ce genre trouve les conditions qui lui sont normales, s’il tombe sur un terrain favorable, une transformation spécifique s’opère en lui sous l’influence de la chaleur et de l’humidité, il germe : le grain disparaît en tant que tel, il est nié, remplacé par la plante née de lui, négation du grain. Mais quelle est la carrière normale de cette plante ? Elle croît, fleurit, se féconde et produit en fin de compte de nouveaux grains d’orge, et aussitôt que ceux-ci sont mûrs, la tige dépérit, elle est niée pour sa part. Comme résultat de cette négation de la négation, nous avons derechef le grain d’orge du début, non pas simple, mais en nombre dix, vingt, trente fois plus grand. Les espèces de céréales changent avec une extrême lenteur et ainsi l’orge d’aujourd’hui reste sensiblement semblable à celle d’il y a cent ans. Mais prenons une plante d’ornement plastique, par exemple un dahlia ou une orchidée ; traitons la semence et la plante qui en naît avec l’art de l’horticulteur : nous obtiendrons comme résultat de cette négation de la négation non seulement davantage de semence, mais aussi une semence qualitativement meilleure, qui donne de plus belles fleurs, et toute répétition de ce processus, toute nouvelle négation de la négation renforce ce perfectionnement. - Ce processus s’accomplit, de même que pour les grains d’orge, pour la plupart des insectes, par exemple les papillons. Ils naissent de l’œuf par négation de l’œuf, accomplissent leurs métamorphoses jusqu’à la maturité sexuelle, s’accouplent et sont niés à leur tour, du fait qu’ils meurent, dès que le processus d’accouplement est achevé et que la femelle a pondu ses nombreux oeufs. Que chez d’autres plantes et d’autres animaux le processus ne se déroule pas avec cette simplicité, qu’ils ne produisent pas une seule fois, mais plusieurs fois, des semences, des oeufs ou des petits avant de dépérir, cela ne nous importe pas pour l’instant ; nous voulons seulement démontrer ici que la négation de la négation se présente réellement dans les deux règnes du monde organique. En outre, toute la géologie est une série de négations niées, une série de destructions successives de formations minérales anciennes et de sédimentations de formations nouvelles. Tout d’abord, la croûte terrestre primitive résultant du refroidissement de la masse fluide se morcelle sous l’action des océans, de la météorologie et de la chimie atmosphérique et ces masses concassées se déposent en couches sur le fond de la mer. Des soulèvements locaux du fond océanique au-dessus du niveau de la mer exposent de nouveau des parties de cette première stratification aux effets de la pluie, de la température changeante avec les saisons, de l’oxygène et de l’acide carbonique de l’atmosphère ; ces mêmes influences agissent sur les masses rocheuses d’abord en fusion, puis refroidies, qui, sorties de l’intérieur de la terre, ont traversé les couches successives. Ainsi, pendant des millions de siècles des couches nouvelles ne cessent de se former, d’être détruites pour la plus grande partie et de servir derechef à la formation de couches nouvelles. Mais le résultat est très positif : production d’un sol où se mêlent les éléments chimiques les plus différents dans un état de concassage mécanique qui permet la végétation la plus massive et la plus variée.

    Engels dans l’AntiDühring

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  • Pourtant, la matière n’est pas si dialectique que cela : par exemple, elle se divise en état solide, état liquide et état gazeux et on peut dire qu’elle solide ou (exclusif) liquide ou (exclusif) gazeux, alors que, pour la dialectique, il n’y a pas de « ou exclusif ». On ne peut pas, en conception dialectique hégélienne, répondre « par oui ou par non » à la question est-ce un état ou un autre, mais on le peut pour l’état de la matière. L’univers est fondé sur la matière et la lumière et, là encore, il ne semble pas que la dialectique fonctionne puisqu’on a soit de la matière (fermions) soit de la lumière (bosons) et que les deux obéissent à des lois opposées. Est-on, là aussi, dans du diamétral ou dans du dialectique ?

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  • Faut-il parler de dialectique de la matière ? 2 août 07:58, par Robert Paris

    Tu poses là une question qui est effectivement importante et la réponse est bien plus dialectique que tu ne le penses. Certes, il existe un état solide, avec un saut sans étape intermédiaire pour le passage au liquide et inversement, mais déjà les états liquide et gazeux ne se sont pas révélés aussi séparés et opposés qu’on le pensait autrefois.

    Même pour le solide et le liquide, la séparation et l’opposition ne sont pas aussi diamétrales qu’on pourrait le croire. Et cela pour de multiples raisons.

    Pour commencer, on peut donner de nombreux exemples de situations où on serait bien en peine de répondre par oui ou par non : est-ce un solide ou (exclusif) est-ce un liquide ?

    Commençons par mélanger suffisamment un solide et un liquide, par exemple en prenant un solide en poudre capable de former une pâte avec le liquide, par exemple en prenant de la poudre de noisette (une méthode classique en patisserie !). La pâte est à la fois liquide et solide, suivant les propriétés que l’on examine, et, en fait, ni liquide ni solide (un peu comme pour la dualité onde/corpuscule pour laquelle on ne peut pas non plus répondre par un « ou exclusif » à une « question par oui ou par non »).

    On peut prendre un autre exemple : la mayonnaise ou n’importe quelle sorte d’émulsion. Elle non plus ne permet pas de répondre par oui ou par non sur la question : solide ou liquide ?

    Prenons maintenant la transition à la surface de la mer, entre le liquide-eau et l’atmosphère chargée en eau. Sommes-nous, à la séparation, dans un liquide ou dans un gaz ? Impossible d’y répondre en supprimant l’une des réponses. On est dans les deux et dans aucun des deux ! C’est bel et bien dialectique !

    Prenons un liquide dans un état où il est plein de petites bulles. Est-il liquide ou gazeux ?

    Prenons maintenant un état de la glace de la zone polaire dans laquelle la mer est pleine de petits glaçons mélangés d’eau. Avons-nous là un solide (la glace) ou un liquide (la mer) ? Les deux et, en même temps, aucun des deux !

    Certes, nous sommes accoutumés aux transitions brutales de l’eau qui passe d’un coup de l’état solide à l’état liquide, et d’un autre saut de l’état liquide à l’état gazeux, et inversement. Cependant, dans certaines conditions de températures et de pression et pour certains matériaux, ces transitions brutales n’existent pas et on ne peut pas définir nettement la transition. Et, en mêlant certains matériaux, l’eau elle-même peut se retrouver un solide au-delà de sa température de fusion et est alors dans un état qui avoisine le solide et le liquide.

    Et ce n’est pas encore fini : il existe des états intermédiaires entre solide et liquide, comme les plasmas, les fluides supercritiques, les états amorphes, les cristaux liquides, les polyphasiques (comme les émulsions), les verres, les pâtes, les gels, et on en passe…

    Même pour l’opposition entre fermions et bosons (disons entre grains de matière et grains de lumière), elle n’est nullement diamétrale. Tout d’abord, les grains de matière sont constamment environnés de grains de lumière et ils en émettent ou en absorbent sans cesse. L’opposition est donc loin d’être diamétrale entre matière et lumière qui sont interdépendants et interconnectés. Sans les grains de lumière, il n’y aurait même pas d’interaction matière-matière puisque les matières (fermions) ont la propriété de ne pas entrer en contact (n’ayant pas le droit d’avoir un même état dans une même position). La matière ne pourrait pas exister sans émettre et absorber de la lumière. Et la lumière ne pourrait pas exister sans être émise par la matière. D’autre part, matière et lumière peuvent parfaitement s’échanger l’un en l’autre. On a donc une opposition qui n’est pas diamétrale et est de type dialectique. Quant à la question de toujours pouvoir répondre par oui ou par non à la question : ou (exclusif) un fermion ou (exclusif) un boson, ce n’est pas possible dans un grand nombre de situations. Par exemple, quand il y a choc très énergétique de deux grains de matière, on ne peut pas dire d’avance ce qui va en sortir : des grains de matière ou des grains de lumière !

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  • Lénine expose dans « Matérialisme et empiriocriticisme » la particularité fondamentale de la dialectique dans l’étude de la matière : « Le matérialisme dialectique insiste sur (...) l’absence de lignes de démarcations absolues dans la nature, sur la transformation de la matière mouvante d’un état en un autre, celui-ci apparemment incompatible de notre point de vue avec celui-là, etc… Aussi singulière que paraisse du point de vue du « bon sens » la transformation de l’éther impondérable (vide) en matière pondérable (masse) et inversement, (...) tout cela ne fait que confirmer une fois de plus le matérialisme dialectique. (...) A notre époque, l’idée de développement, d’évolution, est presque totalement entrée dans la conscience sociale, mais par d’autres voies que celles de la philosophie de Hegel. Cependant cette idée, telle que l’ont formulée Marx et Engels, s’appuyant sur Hegel, est beaucoup plus complète, beaucoup plus riche, que l’idée courante d’évolution. Un développement qui semble reproduire des stades déjà franchis mais les reproduire autrement, sur une base plus élevée (« négation de la négation »), développement pour ainsi dire en spirale et non en ligne droite ; un développement par bonds, par catastrophes, par révolutions ; des « solutions de continuité » ; la transformation de la quantité en qualité ; des impulsions internes à se développer, provoquées par la contradiction, le heurt de forces et de tendances différentes agissant sur un corps donné ou dans les limites d’un phénomène donné ou à l’intérieur d’une société donnée ; une interdépendance et une liaison très étroite, indissoluble, de tous les aspects de chaque phénomène (ces aspects, l’histoire en fait apparaître sans cesse de nouveaux), liaison dont résulte le processus universel du mouvement (...) »

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