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Critique trotskyste de la politique du POR dans la révolution ouvrière bolivienne de 1952, la plus importante de toute l’histoire de l’Amérique du sud

dimanche 9 août 2009, par Robert Paris

Critique de la politique du POR

En avril 1952, la Bolivie connut un soulèvement populaire, quand les mineurs qui ont toujours été l’avant garde du prolétariat bolivien — et les travailleurs des usines descendaient dans la rue, souvent dirigés par des cadres du POR. Leur objectif était d’empêcher un coup d’Etat droitier lancé par les chefs des forces armées.

Le gouvernement au pouvoir à partir du 9 avril 1952 était celui du Movimento Nacionalista Revolucionario (MNR) dirigé par Victor Paz Estensorro. Ce nouveau régime capitaliste affrontait une dualité du pouvoir où des milices ouvrières armées faisaient face à une police délabrée et faible. L’armée, elle, s’était effondrée.

Le syndicat des mineurs appuyait le nouveau Président et lui permettait de se maintenir au pouvoir.

Dans cette situation, un parti révolutionnaire, posant clairement la question du pouvoir, attaquant chaque tergiversation du gouvernement bourgeois, cherchant à créer et à renforcer des organes de pouvoir ouvrier, aurait pu arracher les masses des mains du MNR.

La tâche centrale consistait à convaincre l’avant-garde, et ensuite les masses, à concentrer le feu sur le gouvernement, et à combattre pour la transformation de la centrale syndicale unique des travailleurs,la COB, en réseaux de conseils ouvriers et paysans.

S’appuyant sur des milices armées, la COB fut un élément de la dualité du pouvoir, mais elle ne correspondit pas à un véritable réseau de conseils ouvriers voués à la lutte révolutionnaire. Au contraire, pendant toute la période révolutionnaire, elle est restée entre les mains de Juan Lechin, dirigeant de l’aile gauche du MNR.

La révolution ne fut une surprise, ni pour l’Internationale, ni pour le POR. Depuis les premiers échanges entre l’Internationale et sa section, à la fin des années 40, la situation explosive et le rôle important joué par le POR, avaient convaincu le SI et le IIIe congrès que la prise du pouvoir était possible.

Mais le III Congrès aboutit à une politique qui visait à conduire le MNR le plus à gauche possible : “si au cours de ces mobilisations des masses notre section s’avère partager avec le MNR l’influence sur les masses révolutionnaires, elle poussera en avant le mot d’ordre d’un gouvernement ouvrier et paysan commun des deux partis”. (1)

Le POR suivit ce conseil à la lettre. Il forma un bloc avec Lechin, occupa des postes-clés au sein de l’appareil de la COB, appela à la mise en place de “ministres ouvriers” et accepta des strapontins ministériels !

Comment lutter pour une politique révolutionnaire alors que les dirigeants du POR occupèrent des bureaux ministériels et appuyèrent la politique gouvernementale bourgeoise ? Comment lutter pour la création d’organes de démocratie ouvrière et paysanne avec comme objectif le renversement du gouvernement, alors qu’on y participe ?

Bien entendu, le POR appela à un gouvernement ouvrier et paysan, mais sur la base d’un développement naturel du gouvernement MNR, sous la pression des travailleurs. (2)

L’adaptation du POR au MNR fut totale. Des revendications révolutionnaires, comme celle de l’expropriation des mines sous contrôle ouvrier, furent remplacées par un soutien à la nationalisation bourgeoise des mines, conçue comme “le point de départ qui rendra impossible la continuation de l’exploitation capitaliste”. (3)

Les conséquences de la politique du POR furent graves. D’abord pour lui-même : en 1954 la majorité des militants du POR — des “vieux bolcheviks”, dirigeants de la COB et une partie importante de la fraction de Lora — est entrée au sein du MNR, laissant un POR-croupion sous la direction de Lora.

Pour les masses boliviennes, la possibilité de détruire le capitalisme s’est envolée.

La reconstruction d’un régime capitaliste stable et l’effondrement la dualité du pouvoir ont constitué une défaite importante pour les travailleurs et les paysans pauvres. La terrible pauvreté qui touche toujours la grande majorité de la population est la conséquence directe de la politique du POR et de l’Internationale pendant la révolution de 1952 et après.

Le POR, appliquant les positions du IIIe congrès mondial, mena une politique “menchevique” en Bolivie. Pas une politique réformiste, mais une politique centriste, incapable de voir la ligne de classe, comme celle menée par les mencheviks envers le gouvernement provisoire entre février et octobre 1917.

Aucune section de l’Internationale n’exprima la moindre critique face aux événements boliviens. Loin de là. La Vérité et The Militant publièrent les documents du POR et appuyèrent cette politique à fond, malgré l’erreur flagrante.

La seule critique de l’époque, fut soulevée par la petite tendance Vern-Ryan aux USA, à partir de 1953, mais elle fut vite étouffée par le SWP.

A ceux qui suggèrent que les positions centristes de l’Internationale n’eurent néanmoins jamais aucune conséquence, nous répondons : souvenez-vous de la Bolivie ! Le soutien du POR et de l’Internationale au gouvernement bourgeois n’a pas été une trahison seulement “sur le papier”, elle a fait passer l’Internationale à côté d’une révolution qu’était bel et bien à sa portée.

NOTES 1 Résolution sur l’Amérique latine, Les congrès de la Quatrième Internationale, t4, p291 2 Lucha Obrera, 11.11.52 3 POR Boletino interno 13, 1953, p9

Bolivie : la clé de la discussion actuelle

4. Le POR (C) n’avertit pas du danger Putschiste, il n ’ appela pas à lutter contre lui, ni à construire le front unique ouvrier.

Cette absence de distinction entre les différents types de régimes amena les camarades du POR(C) à se donner une même orientation face à tous. Le contenu de cette orientation est le thème d’autres sous-chapitres. Nous allons voir maintenant ce qu’aurait dû être cette orientation. C’est très important car les camarades du POR(C) tombèrent précisément dans le type de modèle « 3ème période » critiqué par Trotsky : ils n’appelèrent pas au front unique ouvrier pour combattre les putschs « fascistes ».

Trois putschs « fasciste » :

Pour nous rafraîchir un peu la mémoire, rappelons quelques dates : Barrientos mourut dans un étrange « accident » d’avion le 27 avril 1969 ; le 29 septembre de la même année, le général Ovando parvint au pouvoir ; c’est également en 1969 que recommencèrent les activités de la guérilla. Elles se terminèrent sans peine et sans gloire à Teoponte en octobre 1970. Le 6 octobre 1970 se produisit la première tentative de putsch « fasciste », celle du général Miranda. De l’échec de ce putsch naquit le gouvernement Torrez. Le général Miranda se souleva de nouveau en janvier 1971, secondé par le général Banzer. Ce dernier renversa finalement Torrez le 21 août 1971 et il est toujours au pouvoir.

Comme nous le voyons, pendant la courte période qui va d’octobre 1970 à août 1971, il y eut trois putschs « fascistes ». Comment le POR(C) prépara-t-il politiquement les masses boliviennes, la classe ouvrière et son avant-garde, à affronter ces putschs ? A notre avis il ne les prépara absolument pas, car il ne se donna pas la seule orientation possible : le front unique ouvrier.

Le premier putsch

C’est sous Ovando qu’eut lieu le premier putsch « fasciste », le premier de Miranda. Nous avons cherché soigneusement dans les matériels du POR(C) une quelconque mention du danger d’un putsch ou un appel à l’unité de tous les partis et courants ouvriers pour le combattre. Nous n’avons rien trouvé.

Par contre, nous avons trouvé des passages comme celui-ci :

« Que se passe-t-il avec le gouvernement ? Puissant et téméraire pour parler au peuple, il est incapable d’affronter la droite anti-nationale qu’il dénonce lui-même. Ou peut-être cette droite agit-elle sur mission officielle ? ». « S’il est nécessaire de parler de conjuration anti-nationale, la seule qui existe consiste à se mettre une peau de brebis pour cacher la gueule du loup et pouvoir planter ses crocs dans le peuple » (POR(C) , "Combate" n°1, 2ème quinzaine de juin 1970.).

Ainsi, non seulement les camarades du POR(C) dissent qu’ils avaient des doutes sur l’existence d’une conspiration de droite, mais ils insinuaient que cette conspiration agissait « sur mission » du gouvernement lui-même, se cachant « sous une peau de brebis » pour pouvoir « planter ses crocs dans le peuple ».

Mais cela va encore plus loin. Dans le numéro suivant de "Combate" nous lisons :

« Avec ce critère, pour nous la crise militaire n’excède pas les limites de l’idéologie de cette institution appelée armée et dont le fondement est l’anticommunisme ». « Alors, où sont les divergences entre les généraux ? Ces différences existent-elles ? Bien sûr, mais attention ! le désaccord est tactique et se rapporte au moyen de défaire le communisme et d’empêcher la montée des masses au pouvoir. » ("Combate" n°2, 2ème quinzaine de juillet 1970).

Pour les camarades du POR(C), les divergences entre les militaires boliviens, trois mois avant le putsch de Miranda, étaient « idéologiques », des désaccords « tactiques », et ils disaient « attention ! » de ne pas se tromper en donnant de l’importance à ces divergences. C’est tout à fait l’opposé d’alerter sur le danger d’un putsch de droite.

Ce que conseillait Trotsky

Cela soulève plusieurs questions très importantes. Pourquoi les camarades du POR(C) ne conseillèrent-ils pas comme Trotsky :

« d’adopter une position défensive, (ce qui) signifie serrer les rangs avec la majorité de la classe ouvrière... et former un front unique avec les ouvriers socialistes et sans partis contre la menace fasciste » ("The Struggle Against Fascism in Germany", p.72).

Il est certain que les camarades du POR(C) tirèrent un tract pour le Congrès des Mineurs de Siglo XX. Mais pourquoi ne portèrent-ils pas, comme nous l’enseigne Trotsky, à ce congrès et à tous les syndicats et partis ouvriers :

« un programme concret, soigneusement détaillé et pratique, pour une lutte commune contre le fascisme, exigeant des réunions communes des exécutifs des partis avec la participation des directions des syndicats... et simultanément... avoir fait de l’agitation énergique sur ce même programme en direction de tous les secteurs des partis et des masses » ? ("The Struggle...", Pathfinder Press, 1971, p.172).

Quand le danger de putsch « fasciste » est détecté par une organisation trotskyste (et le seul fait de ne pas le détecter est une grave erreur), il s’ouvre dans ce pays une étape de la lutte de classes où le combat contre le putsch devient prioritaire et doit se faire au moyen de la stratégie du front unique ouvrier avec les organisations réformistes. Proposer aux mineurs qu’ils s’arment, non pas pour combattre le putsch mais pour « (...) ranimer les piquets de grève armés et proclamer combativement la solidarité militante avec ceux qui en ce moment luttent dans la guérrilla » (tract au Congrès des Mineurs déjà cité) c’est et ce fut un crime politique. Dire aux mineurs qu’ils s’arment, non pas pour combattre le putsch qui se préparait contre Ovando, mais pour rejoindre la guérilla contre Ovando, c’est se couper immédiatement de tout ouvrier anti-putschiste qui n’est pas d’accord avec la guérilla. C’est appeler le mouvement ouvrier à se diviser entre proguérillistes et anti-guérilléristes, alors qu’il y a une grande tâche commune à tous : lutter contre la droite mirandiste (y compris de manière armée). Cette tâche tous les ouvriers boliviens la ressentaient, celle de la guérilla pratiquement personne. Et cela s’est avéré dans les faits : la classe ouvrière se mobilisa contre le putsch mirandiste et provoqua la crise de l’armée et des institutions bourgeoises pendant deux ou trois jours, mais elle ne répondit en aucune manière aux appels du POR(C).

Un appel véritablement trotskiste

Notre politique aurait dû être trotskiste et non pas guérillériste. Nous aurions dû dire aux mineurs ce qui suit :

« Camarades : bien que nombre d’entre vous et les organisations auxquelles vous appartenez ne vous en soyez pas rendus compte, nous vous lançons une alerte et un appel : nous courons un grave danger de putsch ultraréactionnaire. Nous devons nous défendre unis. Pour cela nous devons former des piquets armés et proposer également à tous les syndicats du pays et à la COB de les organiser, afin de combattre l’inévitable coup d’état" que prépare la réaction. Les militaires - de même que la bourgeoisie - sont divisés à cause de la montée de nos luttes. Un secteur de la bourgeoisie et de l’armée veulent employer des méthodes dures contre nous, d’autre secteurs - par contre - veulent employer des méthodes plus « douces » et nous dominer au moyen de négociations. Nous sommes contre les conceptions de Lechin et des partis communistes, en qui nombre d’entre vous font confiance et nous voulons vous convaincre que nos conceptions révolutionnaires sont les meilleurs. Nous voulons vous convaincre qu’il ne faut faire confiance en aucun secteur et qu’il faut lutter avec intransigeance contre tous les exploiteurs, les « doux » comme les durs. Mais nous avons le temps pour cela, alors que pour combattre le putsch « fasciste » le temps presse. Nous savons que vous haïssez le fascisme comme nous. Nous vous proposons donc de nous organiser contre lui, de haut en bas et de bas en haut. Nous avons commencé par inviter au front unique Lechin et les PC. A ce front unique ouvrier de lutte contre le putsch « fasciste », nous invitons également les guérilleros, à condition qu’ils soient prêts à s’unir à l’action commune et ne rompent pas le front ou ne le sabotent pas par des actions isolées ou aventurières. Si nous ne nous organisons pas ainsi contre le putsch, si nous ne faisons pas de piquets, cela ne sera pas la faute des trotskistes mais de vos directions. Car nous sommes prêts à tout, sauf abandonner notre indépendance politique et le droit de défendre nos positions, pourvu que soit obtenue l’unité des travailleurs afin de lutter contre le putsch réactionnaire. Si nous nous unissons, syndicats et partis qui nous réclamons de la classe ouvrière, nous pouvons entraîner à court terme les paysans et les étudiants. ».

Cela aurait été une position trotskiste ; mais ce qui est le plus important, cela aurait permis que notre organisation apparaisse comme la direction politique indiscutée de tout le prolétariat bolivien.

Le POR(C) n’en fit rien et n’apprit rien non plus de ses erreurs. Sous Torrez, ils continuèrent à faire les mêmes caractérisations et la même politique que sous Ovando. Pour le POR(C), le fait que la classe ouvrière bolivienne se soit mobilisée, ait créé un front unique de fait et défait le putsch réactionnaire en imposant un régime nationaliste bourgeois, ce fait est passé complètement inaperçu. Ce régime faible qui cédait constamment à la pression des masses, qui accentuait de jour en jour ses caractéristiques kérenskystes, fut une grande victoire de la classe ouvrière bolivienne. Les masses n’ont pas imposé un gouvernement ouvrier et paysan ? Cela est tout à fait certain, mais à qui la responsabilité ? La faute en est à ses directions bureaucratiques et réformistes et, du point de vue révolutionnaire, à celle des camarades du POR(C). S’ils avaient disputé la direction de la lutte contre le putsch « fasciste », s’ils avaient été les premiers et les plus conséquents dénonciateurs de ce putsch, s’ils avaient été les champions du front unique pour le combattre, ils auraient imposé tôt ou tard leur direction et impulsé la lutte vers la prise du pouvoir.

Des documents du POR(C) on peut déduire que s’il n’y eut pas naissance d’un gouvernement ouvrier et paysan, ce fut la faute des masses, et que le fait que Torrez ait été imposé signifia une défaite du mouvement des masses et non de la réaction « fasciste ». Et ils le dirent ainsi :

« Dans la crise militaire et politique d’octobre, les masses n’ont pas été victorieuses. La victoire du général Torrez est bien plus une défaite des masses révolutionnaires et une victoire de l’armée comme parti ce la bourgeoisie. La crise d’octobre démontre les limites de l’action directe des masses. » ("Combate" du 1er novembre 1970).

Le second putsch

Cette caractérisation sera la base de la politique du POR(C) sous Torrez. Nous avons déjà vu que lors des dix mois du gouvernement Torrez il y eut deux putschs « fascistes » : le second de Miranda (le premier de Banzer) et le putsch définitif de Banzer en août 1971. Mais la lutte contre eux, à travers le front unique ouvrier, ne fut jamais la principale tâche de notre section bolivienne.

La ligne adoptée par le CE du POR (C), dès la prise du pouvoir par Torrez, et dont nous avons déjà cité les considérations, se base sur trois revendications-clés (qui n’ont pas grand chose à voir avec le programme que lui attribue Germain) :

a) « L’organisation d’un commandement révolutionnaire ouvrier et populaire, avec toutes les tendances politiques qui sont pour le socialisme comme issue à la situation actuelle du pays et qui soutiennent la lutte armée pour le pouvoir, dépassant l’économisme et le réformisme, la capitulation et la collaboration de classes, causes des défaites successives du peuple bolivien. »

b) « la création d’une armée révolutionnaire ouvrière et populaire, instrument indispensable pour prendre le pouvoir... »

c)« La formation d’un organisme représentatif des masses, où elles apportent leur force révolutionnaire, leurs initiatives, leurs aspirations et leur volonté transformatrice. » (déclaration du CE du POR(C) "Combate" n°3, 1ère quinzaine de novembre 1970).

Comme nous le voyons, à l’exception de ce dernier mot d’ordre (qui a une relation, bien faible, avec le front unique ouvrier et l’Assemblée populaire postérieure), les tâches essentielles que pose ce programme s’opposent à 180° au front unique ouvrier pour lutter contre le putsch « fasciste ». Par ailleurs, ni dans ce programme du POR(C) ni dans aucun autre ne figure comme axe central la lutte contre le putsch.

La "Pravda" en 1931, le POR(C) en1970 : Le même programme

Certes, dans le programme sont compris des mots d’ordre économiques et démocratiques corrects et sûrement ressentis par le mouvement des masses. Mais Trotsky critiqua inlassablement les programmes similaires des ultragauchistes, Pour l’Espagne par exemple, la « Pravda » du 14 mai 1931 donnait le programme suivant : organiser les ouvriers « pour désarmer la réaction, pour l’armement du prolétariat, pour les élections de comités d’usines, pour obtenir les 7 heures de travail par jour ».

Ce programme mérita la critique suivante de Trotsky :

« Les mots d’ordre énumérés sont incontestables même s’ils sont présentés sans aucune cohésion interne et sans la progression qui devrait découler de la logique du développement des masses. ». Car « En parlant seulement de la journée de 7 heures, des comités d’usines et de l’armement des ouvriers, en ignorant la « politique » et sans dire un seul mot dans tous ses articles au sujet des élections aux Cortès, la "Pravda" suit en tout point les anarcho-syndicalistes... ». « Opposer le mot d’ordre d’armement du prolétariat à la réalité des processus politiques qui coulent dans les veines des masses, cela signifie s’isoler des masses - et les masses des armes - ». ("The Spanish Revolution", déjà cité, p.114 et 117).

Le programme du POR (C) a tous les défauts que trouve Trotsky dans la "Pravda" ; il n’y a pas de cohésion interne et les mots d’ordre ne tournent autour d’aucun problème politique central réel. N’y avait-il à ce moment-là en Bolivie aucun problème politique central qui nous permette de concrétiser un ou plusieurs mots d’ordre décisifs ? Nous pensons que si, que cet axe central était l’armement des organisations ouvrières pour freiner l’inévitable putsch de droite et la formation d’un front unique avec toutes les organisations ouvrières voulant lutter contre le coup d’état « fasciste ».

Le programme du POR(C) au contraire était opposé au front ouvrier et à la lutte contre le putsch « fasciste ». Il proposait de former un « commandement révolutionnaire » pour lutter contre le « réformisme » et « l’économisme », alors qu’il devait appeler au front unique avec le réformisme pour lutter contre le putsch « fasciste ». Il prônait l’unité avec tous ceux qui sont d’accord avec le « socialisme » et la « lutte armée », alors qu’il devait proposer l’unité à tous les secteurs ouvriers prêts à lutter contre le putsch, en premier lieu avec Lechin et les PC, c’est ;-à-dire avec « l’économisme et le réformisme ».

Mais tout cela est excusable puisque le danger de putsch « fasciste » fut systématiquement ignoré par le POR(C). Ce qui n’est pas excusable, c’est justement cette ignorance, car après le premier putsch de Miranda se produisit le second putsch sous Torrez (le premier de Banzer) et le POR(C), comme ceux qui laissent passer l’orage, resta sans politique contre le danger « fasciste ». Autrement dit, sans en dire un seul mot !

Et le troisième putsch éclata

Ce n’est qu’à partir d’avril 1971 - six mois après la venue de Torrez et après déjà deux putschs "fascistes" - soit lorsque l’eau lui arriva jusqu’au cou, que le POR(C) commença, comme en passant, à parler de l’inévitabilité d’un putsch. Nous soulignons qu’il ne commença qu’à en parler, car il ne se donna toujours pas de politique d’ensemble et centra encore moins toute son activité sur une campagne antiputschiste.

Pour voir cela un peu plus en détail, examinons quelques-unes des cinq recommandations adoptées à un CC élargi d’avril 1971 - à la veille seule­ment du dernier putsch de Banzer. De prime abord, on voit qu’aucune d’entre elles n’appelle à lutter contre le putsch.

La première recommandation adoptée par la direction du POR (C) est la suivante : « Intensifier le travail politique en direction des masses pour les arracher à l’influence des réformistes et faire surgir des directions authentiquement révolutionnaires » (Rapport du CC, IP vol.9, n°25, p.599, 2B-juin 1971).

La seconde recommandation est d’intervenir « avec ce critère » dans toutes les organisations ouvrières.

Les troisième, quatrième et cinquième que nous verrons plus loin se réfèrent à l’activité militaire du parti (voir IP déjà cité).

Pas un seul mot sur notre politique de front unique vers les organisations réformistes afin de lutter contre le putsch « fasciste ». Au contraire, ce qui ressort de ces recommandations, c’est qu’elles posent comme travail politique fondamental la lutte contre le réformisme et non le front unique avec celui-ci pour affronter le péril « fasciste ».

Comment lutter contre le réformisme ?

Nous pensons également que la lutte contre le réformisme était, est , un problème de vie ou de mort pour la révolution bolivienne. Mais le problème est de savoir comment lutter contre lui. Les masses boliviennes assistaient au spectacle suivant : le putsch approchait et c’était clair pour tout le monde. Lechin et les partis communistes alertaient sur ce péril et appelaient à maintenir le calme et à freiner les mobilisations ouvrières pour l’éviter. Le POR(C) ne lui donnait pas la moindre importance et parlait de la nécessité d’un gouvernement ouvrier et paysan imposé par la guerre révolutionnaire. Comment convaincre les travailleurs que le POR(C) était la direction qu’ils devaient reconnaître alors qu’il était le seul à ne pas faire du combat contre le putsch l’axe de sa politique ?

La seule manière de battre le réformisme aurait été justement de faire un front unique avec lui contre le coup d’état. Au sein de ce front unique, avec cet objectif commun, venait la lutte pour la direction. Le réformisme et la bureaucratie disaient « pas de mobilisations », le POR(C) devait répondre « la seule façon de défaire le putsch est de se mobiliser ». Le réformisme et la bureaucratie n’armaient pas la classe ouvrière ; le POR(C) devaient répondre « la seule façon de défaire le putsch est d’armer les travailleurs ». C’était la seule et unique manière de lutter contre le réformisme ! En démasquant leurs hésitations et leurs trahisons devant les masses face à la plus importante tâche et la plus urgente et ressentie comme telle par celles-ci : la lutte contre le coup d’état de droite.

Le mot d’ordre du POR(C) pour le 1er mai : à l’assaut du pouvoir !

Le camarade Germain, malgré l’évidence des faits, affirme que le POR(C) eut une politique correcte contre le putsch. Il insiste principalement sur le numéro de « Combate » précédant le 1er mai 1971. Nous ne connaissons pas l’entièreté de ce numéro, mais nous avons la photocopie de sa première page. Réellement, avec ce que l’on peut y lire, il y a plus qu’il n’en faut pour que toutes les preuves du camarade Germain s’écroulent. Il y a deux articles, le titre du premier est déjà un symbole :

« Partons à l’assaut final du pouvoir pour le socialisme ! »

Bien sûr, on n’y appelle pas à lutter contre le coup d’état réactionnaire mais à se lancer dans la prise du pouvoir. Mais n’était-ce pas le général Torrez. Qui était au pouvoir à ce moment-là ? le POR(C), une nouvelle fois, était en train d’appeler les masses, qui faisaient confiance à Torrez, à le renverser et à prendre le pouvoir et non à se préparer à lutter contre le putsch réactionnaire.

Dans la partie de l’article sous ce titre - que nous avons à notre disposition et dont le camarade Germain tire sa citation - on prévoit le coup d’état. Cela n’est pas un grand mérite car il y avait déjà un bon moment que les préparatifs putschistes étaient publics et notoires. Mais appelle-t-on à lutter contre ce danger le plus immédiat et fondamental pour les travailleurs boliviens ? Encore une fois non.

Un autre sous-titre est un autre symbole :

« Ni avec le fascisme, ni avec le réformisme : avec la révolution socialiste ! »

Peut être que dans une autre partie de l’article que nous n’avons pas, nous pourrions trouver le sous-titre correct : « Avec le réformisme dans un front unique contre le fascisme ! ». Nous en doutons beaucoup. Si cela était le cas cependant, nous prions le camarade Germain de nous indiquer où il se trouve.

Le second article de la une, nous l’avons en entier. Nous pouvons y trouver quelle était la véritable politique du POR(C). Son titre dit : l’Assemblée populaire doit naître de la base et propose l’élection démocratique de ses délégués. Dans cet article, on ne dit rien du putsch ni de la nécessité que l’Assemblée populaire le combatte en mobilisant et en armant les masses, ni de l’urgence impérative de construire un front unique contre lui. Il se termine par trois mots d’ordre qui, nous le supposons, devaient être fondamentaux pour le POR(C) alors :

« Réformisme non, socialisme oui, armée bourgeoise non, armée révolutionnaire du peuple oui, parlement bourgeois non, Assemblée populaire oui ! »

Il est évident que pour les camarades du POR(C) le danger le plus important pour le « socialisme » (c’est-à-dire pour les masses boliviennes) était le réformisme, pas le coup d’état réactionnaire puisqu’ils n’en parlent même pas dans leurs mots d’ordre.

Armons-nous contre...Torrez !

Le dernier journal que nous connaissions du POR(C) date de deux mois avant le putsch. Il porte le n°6 et correspond à la première quinzaine de juin. On y prédit que : « Les jours de Torrez sont comptés ».

On y parle également de la contre-révolution « fasciste », de la responsabilité de « la gauche », mais on n’y appelle pas les partis de gauche à s’unir contre le putsch et, ce qui est plus grave, on ne dit mot de l’Assemblée populaire. La position du POR(C) y est résumée ainsi :

« Concrètement, il est indispensable de créer en même temps les forces armées des universités, des mines, des usines, de la campagne, etc. Il faut s’armer et s’entraîner pour le combat qui vient.

« En même temps, pas de répit dans les occupations et les actions contre les propriétés capitalistes et impérialistes. Il faut frapper le pouvoir économique, les centres nerveux de l’impérialisme et de la bourgeoisie nationale.

« Il faut renforcer le Parti Ouvrier Révolutionnaire, outil indispensable pour souder les courants révolutionnaires dans un solide front."

« En avant pour les occupations et l’armement ouvrier ! Mort à l’impérialisme, mort au capitalisme ! »

Une fois de plus, à deux mois du putsch, le POR(C) appelle au front des « courants révolutionnaires » (pas des partis ouvriers et surtout pas des réformistes), avec pour objectif la mise à mort de l’impérialisme et du capitalisme (c’est-à-dire une fois de plus Torrez et pas les putschistes qui se préparaient).

Pourquoi continuer ? Le POR(C) n’avança jamais une politique contre le putsch « fasciste », ni pour le front unique ouvrier, ni pour la mobilisation ouvrière à partir de l’Assemblée populaire. Si du point de vue de la lutte de classes les coupables de la défaite devant Banzer furent la réaction et l’impérialisme, si du point de vue du mouvement ouvrier les coupables furent les réformistes et les bureaucrates, du point de vue du mouvement révolutionnaire le coupable de cette défaite fut notre section bolivienne ; le POR(C).

A Revolution Betrayed

The POR and the Fourth International in the Bolivian Revolution

Jose Villa was on two consecutive occasions elected to the Executive Committee of La Paz University Federation. He was one of the most prominent activists during the events of March 1985 when the miners controlled the city for two weeks. Hundreds of workers came to the main lecture hall every day to listen and to discuss the following day’s activities. He was one of the main activists during the general strike of August-September 1985, the main speaker at the mass assembly in Oruro, and one of the most outstanding agitators during the hunger strike of thousands of miners in the mines of San Jose. He participated actively in the march of August 1986, when more than 10,000 miners marched for 150 miles at an altitude of 4,000 metres. The march might have brought about the fall of the neo-liberal government as well as brought the Trotskyists to the leadership of the miners ’and students ’unions.

A week after being congratulated by the POR congress in March 1985 for his exemplary work with the miners, he was expelled for having dared to question Lora. Many members, including whole districts, left the POR in response to that action. Instead of trying to build a variant of the POR, he formed a tendency which tried to make a profound examination of what the POR had represented. He came to the conclusion that the POR had never been Trotskyist, and that a Trotskyist party had to be built. This struggle produced the movement for a Trotskyist Workers Faction, the weeklies Guía and Guía Obrera, and the Poder Obrera groups of Bolivia and Peru, which were founding sections of the League for a Revolutionary Communist International, of which Workers Power is the section in Britain.

We extend our thanks to Mike Jones for translating this article, and to John Sullivan for checking the text against the Spanish original. The article as it appears in these pages is a heavily edited and shortened version of the original. Workers Power has the full English text.

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Wen the February 1917 Revolution occurred, the Bolshevik Party ad been in existence for 15 years. When the revolution of April 1952 occurred, the Revolutionary Workers Party (POR) had been in existence for 17 years. Both parties operated in countries with a peasant and petit-bourgeois majority, but with a modern, geographically concentrated proletariat. Both parties had the benefit of working with those who had introduced Marxism into their respective countries (Plekhanov and Marof), and their cadres had helped to form the first Working class organisations. Bolshevism had been formed through a Confrontation with other Marxist currents (economists, Mensheviks, 00, petit-bourgeois Socialists (Socialist Revolutionaries), and bourgeois democrats (Cadets), and the POR had had to fight against the ‘Marxists ’of Marof and Stalinism, the different wings of the MNR, and ‘Socialism ’of both bourgeois and military varieties.

Bolshevism was tempered during the working class upsurge which culminated in the 1905 Revolution, in. the reactionary phase which followed it, in the new wave of strikes, and in the struggle against the First World War. The POR was born in the fight against the Chaco War, and was forged during two great mass insurgencies, which brought down the governments in 1936 and 1946, in great strikes and massacres, in constant changes of government, coups and a short civil war. While the ‘dress rehearsal ’of 1905 was smashed, both of the two rehearsals of revolutionary crises experienced by the POR ended with the governments falling. The programme of Bolivian ‘Trotskyism ’was endorsed by the university students and the miners, and the POR could pride itself on having had within its ranks important central leaders of the miners ’union (FSTMB) and the National Workers Centre (CON), the forerunner of the Bolivian Workers Centre (Central Obrera Boliviana, COB), which was to play a major role in the events of 1952.[1]

James Dunkerley maintains that ‘much of the preparatory work [of founding the COB] was undertaken by the POR representatives, Edwin Moller, Miguel Alandia and Jose Zegada’, and that ‘the POR allegedly controlled at least half the COB’s 13 man central committee’[2] The COB was born brandishing the Theses of Pulacayo, and adhered to a POR programme and orientation.

The role of the POR in the Apri1 1952 Revolution was such that even one of the founders of the Stalinist party recognised that of the five main leaders of the insurrection, one was of the MNR right, another was of the pro-POR wing of the MNR, and three were of the POR.[3]

In Lucha Obrera the POR boasted that :

‘When top MNR leaders thought about flight, it was our comrades who led the people and proletariat of Oruro to victory … Our militants were the real leaders in the defence of Villa Pavon and Miraflores, which in practice saved the difficult situation for the revolutionaries when the enemy already appeared to be triumphant within the city.’[4]

The POR was the most important and influential party within the COB, which was itself the dominant power in the country. Robert Alexander says that :

‘The POR … had in large part been able to determine the ideological orientation and dynamism of the Workers Centre… For the first six months the COB was practically in the hands of the Trotskyists.’[5]

It took the Russian Bolsheviks from February to October to win a majority in the Soviets, and having done so they moved to insurrection. The POR, however, played a central role in the COB from the start. Whereas the Bolsheviks were a minority within the Russian working class for these eight months, the POR led the COB for the first crucial six months after the insurrection which dispersed the bourgeois army. The POR provided the COB with its programme and leadership, and ran its press. Juan Lechín, the main leader of the COB, functioned by reading speeches written by the POR.[6]

However, there was a huge difference between the POR and the Bolsheviks. The Bolsheviks demanded that the Soviets should not support the bourgeois-democratic, reformist coalition government, and insisted that they should break from the bourgeoisie, and take power. The POR, in contrast, gave ‘critical support ’to the bourgeois government, and asked for ministerial posts. Whereas the Bolsheviks attacked the Mensheviks and the SRs without pity, seeking to remove them from leadership positions, the POR identified itself with the labour bureaucracy (for whom it drafted speeches and ministerial plans), and sought to transform the MNR and its government. The Bolshevik strategy was to make a new revolution, that of the POR was to reform the MNR and its government. In short, whereas Bolshevism was Leninist, the POR was Lechínist.

April 1952 : The Menshevism of the POR

Just before the April events, the POR had published ‘an open letter to the government, demanding that power be handed over to the Nationalist MNR without a new election’.[7] The strategy of the POR was limited to pressurising the government in order to attempt to change the leadership of the bourgeois state, with the aim of allowing the MNR to take over the presidency by constitutional means. In that way, a legitimate government could be restored, which, through pressure from below, would be forced to adopt radical measures, and would also have to appoint ‘worker ministers’.

During the April events Lora had been in France, after having attended the Third World Congress of the Fourth International. He gave statements to La Verité, which the US Socialist Workers Party then reproduced in The Militant . In his history of the POR, Lora says :

‘Up to now not enough importance has been given to the call for the Trotskyist programme made by Lora in Paris a few days after the arrival of the MNR in power.’[8]

Let us look at this ‘Trotskyist programme’ : The central slogans put forward by our party were : 1. Restore the constitution of the country through the formation of an MNR government which obtained a majority in the 1951 election. 2. The struggle for the improvement of wages and working conditions. 3. Struggle for democratic rights. 4. Mobilisation of the masses against imperialism, for the nationalisation of the mines, and for the abrogation of the UN agreement.[9]

Only the last of these demands was really radical, and even that did not go beyond the limits of bourgeois democracy, or what the anti-Communist President Victor Paz Estenssoro was going to do a few months later. The first demand sought a constitutional bourgeois state with a populist government. Instead of seeking to differentiate itself from the latter by raising anti-capitalist and class based slogans, the POR platform was no different from that of the bourgeois MNR. Lora did not put forward any proletarian slogans, such as the expropriation without compensation of the bourgeoisie, workers ’control, the disarming of the bourgeois armed forces and their replacement by workers ’and peasants ’militias, the occupation of mines, factories, land, etc. Instead of calling for the transformation of the COB into a soviet, breaking from the bourgeoisie and taking power, Lora called for the MNR government to change direction, and limited himself to asking for reforms which did not go beyond the framework of the capitalist state.

It was not as if the POR was taken unawares by developments : ‘The subversive movement of 9 April was no surprise for our party, and it occurred as we had foreseen in our theoretical analysis.[10]

If a party was aware that this event was approaching, it should surely have kept its most prominent leader in the country, or, at least, not far away. However, Lora stayed in Paris for over six months after the end of the congress. By boasting that his party had predicted what was going to happen, and staying abroad himself, Lora was either blustering, or worse, he did not place much importance on his own endeavours to overthrow the MNR, but instead agreed with trying to put pressure on it.

If the POR was in the forefront of the struggle, it should have put itself forward as an alternative leadership, calling on the COB to overthrow Paz. However, Lora called for support of the bourgeois government and its ‘left wing ’ministers. For the POR, the enemy was not the bourgeois government, but only the ministers who stood to the right of Paz. In fact, ‘the government was to be defended to the utmost’ :

‘In this connection, the essential mission of the POR is to assume the role of the vigilant guide to prevent the aspirations of the workers from being diluted by vague promises or by manoeuvres of right wing elements.’[11]

Lora attempted to uphold this reformist position by characterising the regime as ‘petit-bourgeois’, and insisting that this government, if forced to accept additional labour ministers, had ‘the possibility of being transformed and changed into a phase of the workers ’and peasants ’government’.[12] This was utopian, as the petit-bourgeoisie cannot form a government or wield state power, and reactionary, as the MNR may have been comprised of and supported by the petit-bourgeoisie, but its leadership came from the oligarchic families, and acted fully in the interests of the bourgeoisie.

The POR Supports The Bourgeois Government

Nine days after the uprising of 9 April, the mouthpiece of the POR declared that ‘to the extent that it carries out the promised programme’, the POR ‘supports the Government’. [13] Under no circumstances can the proletariat support the government of a section of its exploiters. On the contrary, the aim of a Marxist party should be to undermine it, and to struggle for its revolutionary overthrow. Otherwise, it would stand compromised for helping to maintain the capitalist state.[14]

In May Lucha Obrera adopted a nationalist tone when it called for a change in the direction of the Paz government, demanding ‘a Bolivian government which will obey the will of the Bolivians and not of the Yanks.’[15] A government ‘of the Bolivians ’can only be that of the Bolivian ruling class. The POR, instead of struggling to overthrow the bourgeois government, suggested that the MNR should develop a sovereign national bourgeoisie, and stop conciliating the USA.

In June 1952 Lucha Obrera maintained that the MNR should thank the POR for helping it win power and for its support, declaring that if the MNR has to give thanks to anyone, and greatly for our help, it is without doubt, to the POR’.[16] And shortly after trying to ingratiate itself with the MNR, it offered a mild criticism, more in sadness than anger :

‘Never before has a party like the MNR, that can count on uniform backing from an armed people and proletariat, achieved power ; and never before, therefore, did anyone have the opportunity of adopting measures with a real revolutionary content. The government has closed its eyes, or has not wanted to see the magnificent opportunity, and has preferred to deceive the proletariat which supported it unconditionally.’[17]

Never before had the MNR had such an opportunity to make a social revolution, but it hesitated… It wasn’t because the MNR was a bourgeois party, no, it just had rotten tactics. The MNR merely had to open its eyes and see the magnificent opportunities before it… The whole policy of the POR was pure Menshevism.

For Marxists, the proletariat can seize power only on the basis of the destruction of the existing state machinery, and the removal of the bourgeoisie from power. For the POR, the workers could win power by ‘Bolivianising ’and reforming the bourgeois MNR regime. The POR faithfully followed the teachings of Aguirre and Marof, of trying to nationalist governments with the aim of changing their direction.

Co-Government.

After the success of the April Revolution, a quarrel erupted between the different wings of the MNR over the allocation of the quotas of power. When Lechín withdrew, protesting at the few posts given to him for his followers, the right wing gave way. Lechín named four minters, and co-government was born. As far as the POR was concerned, Lechín should have fought for more portfolios — and perhaps some for the POR.

Supported by all the POR votes, the COB resolved :

‘To grant comrades Juan Lechín and Germán Butrón the absolute confidence of the working class, and to reaffirm its solidarity and support in the ministerial posts they presently hold.’[18]

The POR, after identifying itself with the Lechínist ministers, did ask them to resign in protest against the delay in nationalising the mines. But on other occasions the POR was once more to demand the capture of ministries on behalf of Lechínism. Towards the end of 1953, the POR leadership presented a report in which it admitted that :

‘The new upsurge comes from the demand for Lechín to leave the cabinet, which was put forward by the mining unions, backed by the COB, and curbed by Lechín. Our union fraction then took up a neutral and vacillating position.’[19]

The POR, therefore, admitted that its trade unionists adapted to pressure from Lechín. The policy of demanding the resignation of the labour ministers was an opportunist manoeuvre. It did not accompany the call for the COB to take power. Some weeks later, during the key events which frustrated the rightist January coup, the POR was to demand that ‘the Comrade President ’Bolivianise his government and allow them to join it. For those reasons, the ‘new period of upsurge ’did not end with the fulfilment of the POR theses, but in the victory of the MNR, which was to succeed in absorbing most of the membership and periphery of the POR.

The POR Seeks To Enter The Bourgeois Government.

During the 1952 Revolution it was vitally important for any Marxist party to assert its total independence from, and opposition to, the MNR bourgeois government. The POR not only supported this new regime, and identified itself fully with its ‘leftist ’ministers, but even tried to enter it. At its Third World Congress in 1951, the Fourth International unanimously adopted a line favouring the POR joining a future MNR government. The POR’s paper declared :

‘The Executive Power invited the revolutionary Miguel Alandia Pantoja to take up the post of Minister of Culture… The POR authorised its member to accept the invitation.’[20]

Alandia, who until the end of his life was a leader of Lora’s POR, became the editor of the trade union organ of the MNR bureaucracy, and joined the government in the capacity of Minister of Culture.

Rumours spread, and the Californian Trotskyist Sam Ryan wrote to the leaders of the SWP and the Fourth International, demanding that they provide information on the POR’s participation in the government :

‘According to these reports received from non-Trotskyist sources, the POR is accepting posts in the government machinery : Guillermo Lora, former Secretary of the party, has been appointed [to] the Stabilisation Office ; Comrade Moller, present Secretary of the POR, is director of the Workers Savings Bank, which is controlled by Juan Lechín, a member of the Cabinet ; Ayala Mercado, another POR leader, is a member of the Agrarian Commission.’[21]

Bolshevism emerged in the struggle against ministerialism. The followers of Lenin were opposed to Socialists entering bourgeois-democratic governments in Western Europe, and that of Kerensky in Russia in 1917. The only governments in which the Bolsheviks would have participated critically would be those based on workers ’militias and councils, which could attack and disarm the capitalist class. The Fourth International was founded in the struggle against the POUM of Andrés Nin, which joined the Spanish Republican government in 1937. Joining a non-working class government only serves the enemies of the proletariat by confusing it, and helping to prepare the conditions for an offensive against it.

1952 the POR had a ministerialist attitude. If it did not succeed in obtaining portfolios in the government, but only won secretarial posts in ministries or departments, it is because the MNR did not consider it to have any weight independent of the Lechínist faction, and it could use its presence as a means of calming the masses. It preferred the POR outside the cabinet, but subordinate it through the union bureaucracy.

The Collaborationist Programme Of The POR

After April 1952 The Programme of the Exploited appeared in every of issue of Lucha Obrera . It declared : 1. To prevent the revolution that begun on 9 April being strangled within the bourgeois and democratic framework. 2. The strengthening of the working class, and the consolidation of the COB. 3. The mobilisation of the peasants behind the slogan of nationalisation of land and expropriation of the large estates without compensation, in order to allow the revolutionary process to end in victory. 4. The gaining of democratic guarantees for the exploited. The development of union democracy within the unions. Freedom of propaganda for revolutionary parties. The cancelling of all privileges for the Rosca counter-revolution. 5. Armed workers ’militias to replace the regular army. 6. Better conditions of living and work. A basic living wage and a sliding scale of wages. Collective contracts. 7. Nationalisation of the mines and railways without compensation and under workers ’control. 8. The expulsion of imperialism. The cancelling of the international treaties which bind the country to imperialism. The rejection of the agreement on technical aid with the UN.[22]

We are not questioning those particular slogans class="sub", but rather the absence of key and essential slogans. The programme is limited, and is tailored to fit the outlook of the Lechín wing of the MNR, which would not object to any of the slogans.

The central demands which were completely ignored in the POR press during those months were those of the occupation of the mines, factories and large estates ; no support for the new bourgeois government nor for the Lechín union bureaucracy ; no to co-government ; that ‘worker ministers ’should resign from the capitalist cabinet ; the soviet- isation of the COB ; and ‘All Power to the COB !’.

The FOR talked about ‘preventing the revolution being strangled ’when they themselves were strangling it with ‘critical ’support to the capitalist government. They demanded the ‘consolidation of the COB’, but they opposed struggling for the most elementary tasks or achieving such an aim : an open struggle against the bureaucracy of Lechín and the MNR, for the election and recall of all leaders through rank and file mass meetings, for an immediate conference if the COB in order to equip it with a soviet-type stricture, and for it to take complete power. The POR did not struggle to transform the COB into a Supreme Soviet in order to seize power, but wanted to put pressure on its leadership so that it would recite its speeches and improve governmental decrees.

The POR called for the nationalisation of the land, nines and railways, but did not call upon the workers and peasants to carry it out themselves, merely requesting and pressurising the government to do it. This not only created dangerous illusions amongst the masses, but helped to demobilise them and keep them in a state of dependency, instead of calling on them to do things themselves. At no tine did the POR call for the bourgeoisie to be expropriated. Workers ’control was only demanded for state enterprises. The factories Said, Soligno, etc), shopping chains (Casa Grace, etc) and other private companies continued operating as before. There was no demand for their nationalisation — not even with compensation — for workers ’control, or for the payment of higher taxes.

The POR wanted ‘freedom of propaganda for revolutionary parties’. By this the POR acknowledged that, apart from itself, other ‘revolutionaries ’existed, among them the MNR and the Stalnists. The POR should have called for the broadest democratic liberties, and for the expropriation of the mass media and its handing over to organisations of workers and ordinary people. The cancellation of all privileges of the Rosca counter-revolution ’was demanded. But what does the cancellation of privileges mean ? What was needed was the demand for its total expropriation, along with the creation of peoples ’courts to try the executioners and butchers of the oligarchic regime.

The slogan about expelling imperialism was very vague. It was not tied to demands to expropriate all imperialist-owned enterprises, or to repudiate the foreign debt. Anyway, the POR itself said repeatedly that, if it assumed power, it would try to force the USA to recognise it and establish diplomatic relations.

The POR did not raise the main slogan for thoroughgoing bourgeois democracy : the sovereign Constituent Assembly, where all those over the age of 18 (or 16) would have the right to vote and to be elected. New elections on the most democratic and broad basis as possible, and the creation of a new Constituent Assembly where he main national problems could be debated, would have helped the revolutionary party to expose the nature of the MNR and of parliamentarianism. The POR envisaged something else which threw dust in the workers ’eyes : to restore the reactionary constitution which put Paz into the Presidential Palace.

This programme lacked the slightest internationalist slogans. It did not call for solidarity with the other workers of the world and with anti-imperialist struggles, the defence of the workers ’states against imperialism, support for revolutions against the bourgeoisie and the bureaucracies, the internationalisation of the revolution, and for the building of the United Socialist States of Latin America and of the world, not to mention the struggle for the workers ’and peasants ’government or for the Socialist republic.

The POR action programme was that of a party which had repudiated the strategy of the Permanent Revolution, and which only desired a bourgeois-democratic transformation within the segregated framework of one, isolated, landlocked and backward country.

‘For an MNR-POR Government’

At its 1951 congress, the Fourth International, with no dissenting votes, adopted the slogan of an MNR-POR government. After April 1952 the POR tried to apply this recipe with a small difference. It demanded the removal of the MNR right wing :

‘The workers ’and peasants ’government is not the dictatorship of the proletariat, it is a move towards it, an inevitable period in the sense that, as a political party of the working class, we do not yet constitute a majority of it… The workers ’and peasants ’government will surely emerge before the dictatorship of the proletariat in Bolivia, fundamentally based upon two important political forces : the POR and the MNR left wing, to which we should try to give the essential organisational consciousness, security and firmness, so that the way to political power is opened to us, which the militant working masses will offer us in the future.’[23]

This concept of a workers ’and peasants ’government owes more to Stalinism than to Leninist Trotskyism. The centrist Fourth International and the POR proposed a joint government in which the so-called workers ’party was led by a party of another class. But the MNR did not represent the peasantry (and even less its poor or landless sectors), nor did it bother to organise this class or to place in its top leadership some leader from the national majority. The MNR was an unmistakably bourgeois party.

The proletariat must not dilute its programme and accept the democratic programme of the bourgeoisie, whether petit, medium or big. Under this programme it is impossible to break from imperialism and backwardness. The only manner of resolving the outstanding bourgeois democratic tasks is through a Socialist revolution, which completes the unfinished democratic tasks within a framework of the expropriation of the bourgeoisie, and a socialised and planned economy established by popular and workers ’councils, and by the internationalisation of the revolution.

In its five decades of existence the POR has never put forward the strategy of the international Socialist revolution. It emerged demanding an anti-imperialist and agrarian revolution in order to establish a multi-class and capitalist government, which could be achieved by a military coup or through the metamorphosis of a bourgeois government. Later, in the Theses of Pulacayo, it put forward the idea of a bourgeois democratic revolution led by the proletariat. Through the strategy of opposing a Socialist revolution in order to limit itself to a bourgeois-democratic and national one, the POR subordinated itself in strategic blocs with Lechín, and ultimately with the entire MNR and Stalinism.

The MNR was a party representing an emerging bourgeoisie. Far from wishing to disarm and expropriate itself, that is to say, to commit suicide as a class, the MNR bourgeoisie aspired to strengthen the state through reforms which would extend the internal market. A government of the POR and whatever wing of the MNR would have been a government for the defence of the bourgeois state—a bourgeois government with a decoration of ‘Trotskyist ’ministers.

‘All Power To The MNR Left Wingl’

At its ninth national conference, the POR ratified the line of identifying with the national reformist wing of Lechín and Ñuflo Chavez : The national political report outlined the position of the POR in relation to the government as follows :

1. Support for the government in face of the attacks by imperialism and the Rosca. 2. Support for all the progressive measures it enacts, always indicating their scope and limitations… 3. In the struggle between the MNR’s wings, the POR supports the left… The POR will support the MNR left in its struggle against the right wing of the party, in all its activity that tends to destroy the structures on which the feudal bourgeoisie and imperialist exploitation rest, and in every attempt to deepen the revolution and to carry out the workers ’programme, such as the complete control of the government, so replacing the right wing.’[24]

In the same issue we can read :

The working class must actively intervene in the formation of the new cabinet. It is the workers who must run the state with a revolutionary programme that will start to destroy the capitalist structures. The COB, representing the working class and peasant forces, must form a majority in the new cabinet…’[25]

The MNR was clearly a bourgeois party. Within every populist bourgeois party which attempts to discipline the unions, there is always a labourist wing that tries to mediate between the pressures of the workers and the needs of following a bourgeois policy. The ‘left ’wing of the MNR was neither proletarian nor revolutionary. Its support for a bourgeois programme, and its incorporation into capitalist structures demonstrated its counter-revolutionary nature. It is always possible that youth and working class sections in the nationalist movement will shift leftwards towards centrism, and, if so, everything possibly must be done to win them to Trotskyist politics. However, known bureaucrats with a long career of betrayals, supporting an open anti-Communist party, cannot evolve in a revolutionary direction.

Lechin’s and Chavez’s ‘left ’wing defended capitalism, and merely desired to reform it. The MNR needed them in order to control the masses. With the right hand it initiated the reorganisation of the armed forces, set up the paramilitary commandos and the secret police (the Comando Politico), stirred up anti-Communist hysteria to mobilise the petit-bourgeoisie against the proletarian ‘excesses’, and pressed for approaches to imperialism. With its left hand it tried to flirt with working class radicalism, whilst simultaneously aiming to tame it. MNR trade unionists, while they uttered the most incendiary speeches, did everything possible to use their authority to hold back the COB’s mobilisation and demands, tried to defuse the movement towards dual power, and turn it into a force that would be subordinated to, and would collaborate with, the bourgeois regime.

However, the POR did more than serve Lechínism. Its members edited its union paper, wrote its speeches, and gave it complete support. Paz wanted to line up behind imperialism, Lechín lined up behind Paz, and the POR behind Lechín.

From the first weeks of the 1952 Revolution until at least the end of 1953, the POR considered that the left wing elements of the governing party would ‘proceed to their logical conclusion, that is to say, evolve towards forming a workers ’and peasants ’government’ :

The evolution of the government towards the left, and its consequent transformation will be determined by the exploited. Owing to the pressure of political circumstances, the petit-bourgeois government may possibly be superseded and be turned into a stage of a workers ’and peasants ’government. It is the most probable tendency of that unstable moment… This requires the political defeat of the right, and the active participation in the state of the proletariat and the peasants.[26]

One month after the creation of the COB, the POR considered it possible that the exploited would put sufficient pressure on the MNR to shift it leftwards and transform it into a workers ’and peasants ’government. But Paz and the MNR were not ‘neutral ’forces or ‘wild-cards ’flitting between the various classes. The MNR was an unswervingly bourgeois force, incapable of changing its class content. However much a monkey wants to learn to fly it is impossible. Paz’s MNR had absolutely no possibility of evolving into a workers ’and peasants ’government. The only ones who could evolve were the PORists —towards a greater conciliation with the bourgeois MNR. Revolutionaries do not call upon the workers to have a more ‘active participation ’within the state, but to overturn it.

The POR still persisted in the second half of 1953. On 23 June 1953 the Political Bureau of the POR proposed that ‘the whole of this struggle must revolve around the slogan : Total Control of the State by the Left Wing of the MNR’.[27] Liborio Justo correctly observed :

‘The POR would support the left in its struggle against the right, it would guide its ideological orientation towards the most radical positions, and simultaneously it would mobilise the MNR rank and file so that it would call on the leftist leadership to adopt the programme of proletarian revolution. That is to say, the revolution should be carried out by the MNR left wing, which the POR had “instructed” to cease being petit-bourgeois and an agent of the reaction, and this would help its rank and file push it to adopt the programme of the proletarian revolution.’[28]

In August, after a ministerial crisis had occurred, Lucha Obrera opined :

‘The only political outcome of the present situation is the displacement of the MNR right wing from power by the left wing. “All power to the left !” is a suitable slogan in the case of a cabinet crisis. Such a new kind of MNR government would carry out the new tasks of the revolution. Total control of the state by the left… The POR will help the left in this task, it will guide it politically and support it critically.’[29]

Instead of fighting to expose and politically destroy the ‘left ’wing, the POR offered itself as a prop and adviser to the left of the official bourgeois party. Instead of struggling for a workers ’and peasants ’government, it asked for a ‘new kind of MNR government’. Instead of wanting to overthrow a social class, the POR was limited to asking for a new cabinet to which it would offer its services. Instead of calling for the overthrow of the bourgeois state, the POR called for its regeneration under the control of the ‘left ’wing of bourgeois officialdom. Even if the ‘left ’wing of the MNR had the majority, or even every ministry, the state that they would have controlled and defended would been bourgeois.

It is fruitless and dangerous to pursue ‘left ’wings of bourgeois nationalist parties. Within the ‘left ’there will always be another ‘left’, and within this yet another. At the end of this pursuit, the route to the proletarian revolution is lost, and we end up as vulgar followers of the bourgeois nationalists. Not one leader of the MNR ‘left ’wing ever evolved towards forming a reformist workers ’party or centrist organisation, let alone Marxism.

The least that a party which called itself revolutionary should have done was to have constantly denounced the counter-revolutionary and turncoat Lechín. But the POR went on tail-ending the corrupt old bureaucrat, hoping that he and his fellow bureaucrats would turn towards it :

‘There can be no doubt that with the creation of a left wing political organisation, independent of the right that controls the MNR and government, the imminent split will ensure the vanquishing of all vacillating and centrist positions, ensuring that, faced with this situation, all the leftists in the MNR will turn to the Party, initially with no other aim than to win positions from the right, and so deepen the revolutionary process.’[30]

Waldo Alvarez’s memoirs give a vivid description of the relationship which developed between the POR’s leaders and Lechín, which ‘was so close that they believed that they could control the labour movement through him, whereas he used them for his own aims’ :

‘The POR could not hide its servile attitude to the Executive Secretary [Lechín] on every question which arose in the COB…

‘Many cases could be cited, but the most serious, which was almost a betrayal of the proletariat, was to submit to the requests of the top leaders over the launching of a manifesto to nationalise the mines. The workers demanded workers ’control… But when the Executive Secretary intervened asking for the amendment to be withdrawn in accordance with government policy, only one POR member stood firm and supported the workers. The rest softened their position, supported the government directive, and in order to hide things, asked for the amendment to be sent to the government in a separate note.

‘Soon a number of occasions, the POR’s slavish attitude to the main COB leader led it to make concessions prejudicial to the real revolutionary mood of the working class’.[31]

According to Catoira, when Lechín was put in charge of the COB by the government, and also became Minister of Mining and Petroleum, ‘he shed the Trotskyist clothing in which the POR had clad him, and promoted himself simply as a loyal MNR supporter’.[32] Lora, however, claims that :

‘Lechin… returned to Trotskyist posturing immediately after 9 April… and he accommodated himself to the radicalisation of the masses. He surrounded himself with POR members and, where he could, recited speeches written by the latter.’[33]

Some people thought Lechín had evolved from the MNR to the POR in 1952, whereas others thought the opposite. What is certain is that nobody knew for whom that crafty individual was working. Lechín made use of everyone. The MNR let him have a certain independence and verbal radicalism so that he could consolidate his position in the labour movement, and thus tame it. The POR thought that by writing his theses, speeches and programmes it was using him to reach out to the working class. But it was the clever bureaucrat who used the POR to gain authority over the most militant workers, and thus negotiate for a share of power within his party and his government. In exchange for mouthing the POR’s incendiary slogans, Lechín received its support, and at worst its mild criticism.

During the revolutionary euphoria of the 1950s Lechín lived in the Hotel Crillon, the most luxurious hotel in La Paz. By contrast, the workers who had made him their irreplaceable leader lived in the most degraded conditions of squalor.[34] Not that the POR mentioned this…

The POR went so far as to claim the line of the Lechínist newspaper Vanguardia as its own :

‘Its orientation is defined and determined by the route that the proletariat boldly opened up during the April events… Take care ! The people are not the servants of the government. The government are the servants of the people. A revolutionary fluency can be seen incarnated in its editors, interpreters of the majority views of the rank and file of its party formed by proletarians, peasants and office workers… If Vanguardia maintains its line, the path on which it is set will bring these bold lads the object of their desires, when the working masses judge that feudal exploitation in the countryside must be liquidated.’[35]

The POR identified itself with the Lechínist slogan of making the government the servant of the people. It is impossible to imagine that any capitalist government can defend the interests of the proletariat. The POR wagered on the MNR ‘left ’being able to enlighten the popular and working class majority in the MNR so as to reorient it and enable it to put the MNR government ‘at the service of the people’.[36]

Paz : The Anti-Capitalist

The illusions of the POR in the MNR went to the extreme of believing that Paz himself could initiate a turn to revolution. It said that it was ‘possible ’for the President to ‘have made some good proposals for achieving a real economic transformation of the country’, but he was blocked by the reactionaries in the cabinet and right wing technicians :

‘Meanwhile, the present President of the Republic has his hands tied in front of his party comrades, and, faced with creating a government of the people or staying President, seems to have chosen the latter.’[37]

Every time the President gave a speech to ingratiate himself with the radicalised masses, a Marxist should have denounced it as a demagogic trick. Yet the POR always ended up saluting every radical-sounding outburst by Paz, even after the first year of the revolution :

‘The President, revising the whole of his past political attitude, points to anti-capitalist and not merely anti-imperialist and anti-feudal aims for the revolution. This speech can very easily be regarded as Trotskyist… With these words Victor Paz has gone further than all his leftist collaborators, who are so determined to hold back and obstruct the liquidation of the latifundia…’[38]

The POR’s adaptation to Paz was such that it believed that he was capable of breaking with and expropriating his own social class ! It was a serious crime for a supposedly working class party to promote even the faintest idea that such a reactionary could possibly ever have installed an anti-capitalist government.

The Desire To Transform The MNR

At bottom the POR considered that the MNR could actually be transformed into an anti-capitalist revolutionary party :

‘Solid working class cadres in the MNR, the elimination of counterrevolutionary tendencies, a political programme which represents the interests of the exploited classes, in brief the absolute pre-eminence of the working class within the MNR ranks is the only means by which the MNR can carry out an important role in the revolutionary course towards the workers ’and peasants ’government.’[39]

Regardless of the number of workers it recruits, a bourgeois party cannot change its class character. The exploited masses will never be able to control a party created by the bourgeoisie, and which acts in its specific interests.[40] Whereas the POR struggled to get more workers into the MNR, Trotskyists should have struggled for them to leave it. But for the POR, all the problems of Bolivia could have been tackled if the MNR had recruited more workers, as this would have strengthened its left wing. Furthermore, if the right wing elements had been purged and the left wing around Chavez and Lechín had taken charge, the POR would have been ready to fuse with the MNR :

‘If the left wing succeeds in taking charge and adopts a working class orientation, the POR is ready to work with it and even to fuse with it. The form of this new party ought to be reflected in the form of government, which can only be a workers ’and peasants ’government.’[41]

The left wing of the MNR may not have come to lead the party, but this did not prevent many PORists from drawing the logical conclusions of their party’s adaptation to the MNR. In 1954 the whole of the POR’s old guard (Warqui, Ernesto Ayala, etc), all of the POR leaders of the COB, (Edwin Moller, José Zegada), and the great majority of Lora’s Leninist Workers Faction dissolved themselves and entered the MNR.

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