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Qui a assassiné Erwin Wolf, dirigeant trotskiste et secrétaire de Trotsky ?

lundi 17 août 2020, par Robert Paris

Comme Trotsky et tous ses secrétaires, ainsi que de nombreux dirigeants trotskistes dans le monde, Wolf a été assassiné par les staliniens !

Qui a assassiné Erwin Wolf ? Le guépeou de Staline agissant en contre-révolutionnaire au sein de la révolution espagnole

Calves :

« Le leader du POUM et fondateur du PC espagnol Andrés Nin, et bien d’autres militants (entre autres l’autrichien Kurt Landau et les trotskistes Hares Freund et Erwin Wolf, ancien secrétaire de Trotsky et délégué en Espagne de la direction de la IVème Internationale) furent enlevés et on ne les revit jamais. Celui qui couvrait ces crimes était l’ambassadeur de l’URSS Antonov Ovsèenko, ex-héros de la guerre civile russe, ex-oppositionnel, qui avait capitulé devant Staline et accepté ensuite bien des besognes. Cela ne l’empêcha pas d’être fusillé lui-même, peu de temps après son retour au pays. »

Trotsky :

« Bob Sheldon Harte n’est pas le premier de mes proches à être tombé des mains des assassins mercenaires de Staline. Je laisse de côté les membres de ma famille, mes deux filles et mes deux fils conduits à mort par le G.P.U. Je ne parle pas des milliers de mes partisans soumis à l’extermination physique en U.R.S.S. et dans les autres pays. Je me limite seulement à mes secrétaires dans les différents pays, qui ont été conduits au suicide par la persécution, qui ont été abattus ou assassinés par les agents du G.P.U. – sept personnes, M. Glazman, G. Boutov, J. Blumkine, N.Sermuks, I. Poznansky, R. Klement, E. Wolf. Dans cette liste, Robert (Bob) Sheldon Harte occupe le numéro huit, mais je crains que ce ne soit pas le dernier. Et, après cela, les agents politiques du G.P.U. parlent de ma « folie de la persécution ». »

En septembre 1937, le dirigeant trotskiste et secrétaire politique de Trotsky, Erwin Wolf, est assassiné en Espagne par des agents de la Guépéou (GPU), la police secrète soviétique.

Originaire des sudètes, étudiant en Allemagne, adhère au KPD, puis à l’Opposition de Gauche.

Quelques temps secrétaire de Trotsky en Norvège, puis secrétaire du Mouvement pour la IV° Internationale. Auteur de la brochure L’organe de masses sous le pseudonyme de Nicolle Braun.

Envoyé à Barcelone au lendemain des journées de mai 1937, il est arrêté et libéré, puis arrêté de nouveau. Il disparait ensuite définitivement, selon toute vraisemblance assassiné par le G.P.U. La rumeur circula qu’il avait été emmené en U.R.S.S. et y avait été exécuté.

Léon TROTSKY, Sur la mort probable d’Erwin Wolf

Texte d’une interview donné par Trotsky au journal norvégien "Aftenposten", le 19 octobre 1937

M. Trotsky a donné récemment à la presse l’information selon laquelle son ancien secrétaire, Erwin Wolf, avait été pris par un réseau de Staline en Espagne et traîtreusement assassiné. On se souviendra que Wolf avait été son collaborateur pendant son séjour en Norvège jusqu’à son internement.

Pour étoffer les informations qui ont été publiées sur les événements et liés à la disparition de Wolf, notre correspondant s’est adressé à M. Trotsky qui vit toujours dans la maison du peintre Diego Rivera à Coyoacan.

M. Trotsky, quoique occupé à son activité littéraire, me reçoit dans sa salle de travail — la même dans laquelle, il y a cinq mois, la commission préliminaire d’enquête tenait ses séances sur les accusations lancées contre Trotsky dans les procès de Moscou.

Ma première question porte sur la question de savoir si l’information selon laquelle M. Wolf a été assassiné a été définitivement confirmée.

— Permettez-moi de commencer par une remarque préliminaire. Votre journal, l’Aftenposten a été et est très hostile à mes idées, comme à moi personnellement. Pour ma part, je n’éprouve pas la moindre sympathie pour votre journal. Vous n’êtes venu chez moi que pour pouvoir informer vos lecteurs. Je suis également intéressé à donner quelques informations au peuple norvégien, même par l’intermédiaire du journal norvégien le plus conservateur. Mais, dans cette situation, nos relations doivent reposer, comme disent les Américains, sur un « gentleman’s agreement ». Vous devez veiller à ce que votre journal publie littéralement mes déclarations ou ne les publie pas du tout. Maintenant sur la question de mon ami Erwin Wolf. Aucune preuve décisive n’a encore été fournie. Mais tout ce qu’on sait de l´affaire tend à indiquer qu’il est mort en Espagne entre les mains des agents du G.P.U. On a essayé d’obtenir des informations des autorités espagnoles, mais personne ne sait ou ne veut rien savoir. On s’adresse à un bureau, il vous renvoie à un autre ou bien on vous répond aimablement qu’on ne connaît personne de ce nom. Dans de nombreux cas, il est peut-être exact que le fonctionnaire interrogé ne sait rien : il y a tellement d’autorités fictives aujourd’hui en Espagne... Des dizaines de personnes disparaissent ainsi en Espagne. On ne peut obtenir aucune information sur leur sort. Cet assassinat a été organisé par les agents de Staline, le G.P.U.

Il y a dans le ton de la voix de M. Trotsky une haine irréconciliable quand il parle du G.P.U. comme quand, au cours des audiences de la commission, il a exposé les méthodes de cette institution.

Le G.P.U. est le véritable gouvernement de la soi-disant Espagne républicaine. L’armée, ainsi que la police du gouvernement de Valence, sont entièrement entre ses mains.

Je lui demande si l’influence du G.P.U. s’exerce à travers une sorte de subdivision espagnole, coopérant avec Moscou.

Non, répond Trotsky avec force, c’est le véritable G.P.U. russe, sous les ordres directs de Staline. C’est le représentant de Moscou, Antonov-Ovseenko [1], l’ancien consul à Barcelone — je connais cet homme ! — qui a donné l’ordre de tuer André Nin, Erwin Wolf et bien d’autres. Le G.P.U. est actif partout, sans excepter les pays gouvernés par de soi-disant « socialistes ». Il a été par exemple derrière mon expulsion de Norvège. Erwin Wolf, lui aussi, a été expulsé de Norvège sur l’ordre du G.P.U. Le gouvernement « socialiste » de Norvège est d’un bois aussi mauvais que celui de l’Espagne. Il n’est pas moins conservateur et même réactionnaire que bien d’autres gouvernements qui ne prétendent pas être socialistes, mais il est moins courageux. MM. Nygårdsvold [2], Trygve Lie et autres voulaient montrer au moins une fois leur poigne et renforcer ainsi leur autorité.

En réalité, ils n’ont démontré que leur faiblesse organique. Ils tremblent devant tous les cris de la réaction comme devant tous les ordres du G.P.U. « Nous avons commis une stupidité en vous donnant l’autorisation d’entrer en Norvège », m’a dit le ministre de la « justice » (?) au cours de notre dernière entrevue. « M. Trygve Lie, vous essayez maintenant de corriger votre stupidité par un crime », ai-je répondu. Oui, c’était un crime. Moi, mon fils, nombre de nos amis, nous étions accusés des crimes les plus horribles qu’on puisse imaginer. J’avais entre les mains toutes les preuves de la fausseté de ces accusations. Et à ce moment, le gouvernement socialiste sous la direction du vertueux et immaculé Martin Tranmael [3] nous a internés, ma femme et moi, afin de me priver de la possibilité de défendre la vie de mon fils et de ses amis, et mon honneur politique. Le prétexte n’était pas seulement faux, mais idiot. Comment appelle-t-on un tel acte ? Une tentative d’assassinat moral. Les efforts de M. Tranmael pour dissimuler ce fait dans Arbeiderbladet ne pouvaient que le ridiculiser ! Ma question si la pression exercée pour faire céder le gouvernement norvégien était de nature économique ou politique, amène la réponse suivante :

La pression économique a été utilisée. Le gouvernement était l’objet de grosses pressions de la part des armateurs et des intérêts des pêcheries et quand le ministre russe Iakoubovitch [4] a tapé sur la table, le gouvernement a cédé. La capitulation de Nygårdsvold devant Iakoubovitch n’était pas seulement une trahison des principes démocratiques, mais aussi des intérêts élémentaires de la Norvège en tant qu’Etat indépendant. En utilisant la même arme (le monopole du commerce extérieur), Moscou, après son premier succès, peut faire chanter Oslo en toute occasion.

L’expulsion (de Norvège) d’Erwin Wolf et de mon autre secrétaire, Jean van Heijenoort, était un acte tout à fait illégal. Ils n’avaient rien fait de contraire aux lois du pays : leur unique crime était d’être mes secrétaires.

Trygve Lie m’a dit : « Si vous signez une déclaration disant que vous vous soumettez volontairement à la censure de votre correspondance, vos secrétaires ne seront pas expulsés. J’ai refusé. J’ai déclaré que cette exigence était scandaleuse. Le gouvernement soi-disant « socialiste » et particulièrement M. Tranmael connaissaient parfaitement toutes mes activités littéraires et politiques, et personne n’a élevé contre elles la moindre objection... Immédiatement après l’ordre sévère du G.P.U. en août 1936, j’ai dit à M. Lie que je n’étais pas venu en Norvège pour y obéir aux ordres du G.P.U. : si j’avais été disposé à le faire, je n’aurais pas eu besoin d’aller de Moscou à Oslo. Mon attitude en Norvège a été d’une totale loyauté à l’accord. Je n’ai jamais, même au cours de conversations privées, donné mon opinion sur la politique norvégienne. Je ne pouvais soumettre mon activité littéraire au contrôle de quelque officier de police réactionnaire et ignorant. Pour me punir, le gouvernement « socialiste » nous a internés, ma femme et moi, sans (avoir) contre elle aucune accusation, et, non content de cela, il a expulsé mes collaborateurs, Erwin Wolf et Jean van Heijenoort de la façon la plus brutale. Mes collaborateurs n’étaient pas des exilés. Leurs papiers étaient en règle. Ils n’avaient commis aucun crime. Ils ont été punis parce que j’ai refusé de m’incliner devant les exigences arbitraires de Trygve Lie.

Mais ce n’est pas tout. Après mon internement, l’Arbeiderbladet a commencé une campagne de calomnies contre moi et mes collaborateurs. Tranmael a trouvé pour cela des collaborateurs adéquats. Le demi-fonctionnaire du G.P.U. en Norvège est Jakob Friis [5] — pas pour l’assassinat ni le vol d’archives, M. Friis est trop couard pour de tels exploits. Mais il a suffisamment de courage pour attaquer et calomnier un adversaire qui est enfermé, sous clé. Quand je vivais librement en Norvège, ce paladin, je veux dire M. Friis, ne m’a jamais critiqué, mais, après mon internement, il a rempli la presse socialiste de toutes les calomnies et de tous les mensonges fabriqués à Moscou par le G.P.U. Cette campagne a été hautement préjudiciable non seulement à moi et à tous mes collaborateurs et amis, particulièrement à Erwin Wolf.

Qu’a fait M. Wolf après son départ de Norvège ?

Quand il est arrivé à Copenhague, il a été de nouveau arrêté, une fois de plus sur l’ordre du G.P.U., cette fois au gouvernement danois. La raison invoquée était que, puisqu’il avait été expulsé de Norvège, c’est qu’il avait fait quelque chose de mal. Expulsé du Danemark, il est allé en Angleterre où il est resté quelques mois. Pendant les procès de Moscou, il a mené une campagne contre le type de justice de Staline dans les journaux britanniques, surtout le Manchester Guardian. Connaissant les conditions de ma vie en Norvège, il a été capable d’établir la fausseté des affirmations sur mes prétendus contacts avec des personnalités russes, comme Piatakov qui avait « avoué » qu’il était allé en avion en Norvège pour conspirer avec moi. C’est pour cette raison que Wolf était particulièrement haï du G.P.U.

Puis il est allé en Espagne comme correspondant du News Chronicle [6]. Là, il a été arrêté une première fois avec pratiquement tous les correspondants étrangers et il a passé plusieurs jours en prison. Cette arrestation était un acte officiel des autorités. Plus tard, le 31 juillet, le jour précédant son départ d’Espagne, il a été de nouveau arrêté, cette fois en dehors de toute forme légale. Il a été traîtreusement enlevé par les agents du G.P.U.

Wolf était un Tchécoslovaque, d’une famille de gros commerçants. C’était un homme d’une intégrité absolue, et généreux. Sa collaboration avec moi était totalement désintéressée. Il est venu m’aider dans mon travail de sa propre initiative. Il a toujours aidé les exilés allemands persécutés par les nazis. Il avait de grands dons pour les langues étrangères et a appris en très peu de temps le norvégien, et il avait la plus chaude sympathie pour le peuple norvégien. Tous les efforts pour venir à son secours ont été partout reçus avec la réponse qu’on ignorait tout de lui.

Il était marié à une fille de M. Knudsen, éditeur d’un journal et membre du parlement norvégien qui était l’hôte de Trotsky en Norvège. Elle était avec lui en Espagne mais elle a réussi à se sauver en France quand il était arrêté. C’était elle qui, par sa conduite courageuse, avait empêché les six jeunes fascistes de prendre ce qu’ils cherchaient, quand ils tentaient de pénétrer chez moi.

M. Trotsky étend ses bras pour montrer comment elle a bloqué le passage de la porte et il y a de l’admiration dans sa voix quand il dit : Une courageuse fille norvégienne ! Elle leur a fait peur !

Je demande de quelle source lui sont venues les informations selon lesquelles M. Wolf aurait été assassiné après son arrestation. Par un Américain, Harry Milton. Il était volontaire dans l’armée loyaliste espagnole. Il a été blessé et, après sa guérison, arrêté. C’est arrivé à beaucoup de volontaires et la raison a toujours été leur opposition au G.P.U. A la suite de l’intervention du consul américain, il a été libéré et a quitté l’Espagne. Le représentant américain était en position d’exiger sa libération. Milton m’a alors écrit que, connaissant les circonstances et le travail du G.P.U., il considérait comme pratiquement certain que Wolf avait été tué.

Comme je l’ai dit, conclut M. Trotsky, je n’ai pas encore de preuve décisive, mais le fait même que l’information sur sa mort donnée dans la presse n’ait pas été démentie en Espagne est en lui-même une confirmation. Ce n’est que pour provoquer un éventuel démenti que j’ai fait publier cette information.

M. Trotsky retourne à son travail. Sa table est placée au centre de la grande pièce. Un réflecteur jette sur la scène une lumière dramatique. Au fond, dans l’obscurité, on discerne livres et documents. Les fenêtres sont barricadées. On dirait un quartier-général de campagne.


Notes

[1] Vladimir A. Antonov-Ovseenko (1883-1938), jeune officier, s’était mutiné à la tête de ses troupes lors de la révolution de 1905. Pendant l’insurrection d’Octobre 1917, il avait commandé les gardes rouges. Membre de l’Opposition de gauche, il avait été l’un des premiers à capituler en 1928. Il était devenu consul général à Barcelone.

[2] Johann Nygårdsvold (1879-1952), premier ministre norvégien, était membre de la direction du DNA.

[3] Martin Tranmael (1879-1967) au passé militant de syndicaliste avait conduit son parti, le DNA, à Moscou où il avait rejoint l’I.C. jusqu’en 1923. Il collaborait à Arbeiderbladet mais gardait un rôle important dans le parti.

[4] Le diplomate I. S. Iakoubovitch, ministre d’U.R.S.S. en Norvège, allait disparaître rapidement après avoir été rappelé.

[5] Jakob Friis (1883-1956) avait quitté le P.C. pour le DNA. Trotsky estimait qu’il continuait à travailler pour Staline.

[6] Il s´agissait, en réalité, du Spanish News

Erwin Wolf, Une esquisse biographique par Pierre Broué

Note : Comment se fait-il que ce texte ne parle pas de l’assassinat de Wolf par les staliniens ?!!!

D’Erwin Wolf dont le surnom, Kiff, est devenu son premier pseudonyme politique, Vereecken, qui l’a également compté parmi ses adversaires, donne un portrait très différent lorsqu’il écrit sur « son visage agréable et agréable, qui inspirait confiance, ses paroles vives et énergiques et son discours fluide avec lequel il défendait de manière franche ce qu’il jugeait nécessaire à la cause du mouvement.

Il est né à Reichenberg, maintenant Liberec, dans les Sudètes en décembre 1902 dans une riche famille juive d’affaires (Wolf und Sohn, Kolonialverein - Grosshandlung). Bien que citoyen tchécoslovaque, il ne semble pas avoir été politiquement actif dans son propre pays. Il a suivi les études supérieures d’un fils d’homme riche à Berlin, Paris et Oxford. Dans le Sudentenland, il avait été sympathisant du « Front de gauche » mais il n’avait jamais appartenu à un parti ouvrier de masse, ce qui était rare dans l’opposition de gauche à cette époque. Il l’a rejointe en 1932, alors qu’il étudiait à Berlin. Après la victoire d’Hitler, il décida de ne pas retourner en Tchécoslovaquie mais d’émigrer à Paris, où il arriva en mars 1933. Il décida de devenir militant politique à plein temps après avoir refusé l’offre de son oncle Heinrich, établi aux États-Unis et qui voulait qu’il fasse un doctorat en affaires à Columbia. Il était inscrit à la Sorbonne pour un cours de statistique, où, avec le compagnon d’Ackerknecht, il tenait une petite boutique de bibelots de joaillerie, mais un an plus tard un règlement avec son frère lui a donné sa part de son héritage et donc son indépendance financière et a permis lui de consacrer tout son temps à l’activité politique.

Il ne fait aucun doute en 1933 qu’il fut coopté à la direction de l’IKD à l’étranger sans y avoir joué un rôle antérieur. Au cours du débat sur « l’entrisme » en 1934, il se retrouva du côté de Bauer mais il ne suivit pas la logique qui conduisit à une scission de l’organisation internationale. Changeant d’avis, il a apporté son argent avec lui et a ensuite permis à la minorité pro-entriste de défendre ses positions dans Unser Wort. Il était présent à la conférence Dietikon. Une hostilité partagée envers Ruth Fischer et Maslow le rapprocha de Johre (Josef Weber) et Oskar Fischer (Schüssler), qu’il soutenait sans réserve dans leur refus de permettre à ces deux vieux zinoviévistes de rejoindre l’organisation. Apparemment, il a dû endurer les sarcasmes de ces deux-là qui ont tous deux exprimé leur étonnement devant la présence à Paris d’un émigré « allemand » de nationalité tchécoslovaque et affirmé que la place d’un activiste ne pouvait être que dans son propre pays, ce même pays des Sudètes où les nazis faisaient de grands progrès.

Erwin Wolf a-t-il rencontré Trotsky avant le départ de ce dernier pour la Norvège ? Il est possible, selon un rapport fait d’une discussion sur le S.A.P. avec un Allemand identifié par le N. initial et une allusion ultérieure par Trotsky à une discussion sur le S.A.P. « Avec Braun » (Nicolle ou N. Braun était l’un des pseudonymes de Wolf.) Mais van Heijenoort pense que Wolf n’a jamais rencontré Trotsky à ce moment-là. [1]

Ce sont en tout cas sa disponibilité, ses connaissances linguistiques et ses qualités personnelles qui le qualifièrent en novembre 1935 pour occuper la place à Hø nefoss laissée vide par Frankel. D’après le témoignage de van Heijenoort [2], il semble avoir été un secrétaire loin d’être parfait, mais Trotsky appréciait en tout cas ses qualités politiques et morales et, en toute confiance, lui donna le travail, sur la base de ses archives, d’écrire contre les « Molinieristes », dans le bulletin interne Organe de Masse, signé par Nicolle Braun. [3] Il apprit rapidement le norvégien et allait épouser Hjordis Knudsen, la fille de ses hôtes.

Son séjour à Hønefoss lui a donné une tout autre stature. Fin juin 1936, avec LDT, Walter Held et Shachtman, il entreprit les travaux préparatoires, appelés « pré-conférence de Berne » pour ce qu’on appelait la conférence de « Genève ». C’est pour participer à cette dernière qu’il a quitté Hø nefoss en juillet. [4] Cette conférence l’a élu au Secrétariat international. En août, il est retourné en Norvège, en même temps que Van, juste au moment où la situation de Trotsky devenait dangereuse. Tous deux ont été arrêtés le 26 août et expulsés le 28. Par le Danemark et la Belgique, ils sont retournés en France, où l’Humanité les a présentés comme des hommes aux mains tachées de sang. [5] Il est resté en Grande-Bretagne et s’est ensuite établi à Bruxelles avec le Secrétariat international.

À la nouvelle du deuxième procès de Moscou, de sa propre initiative, il a envoyé le 21 janvier une lettre au Manchester Guardian dans laquelle il disait qu’il était prêt, en sa qualité d’ancien secrétaire de Trotsky à comparaître devant tout tribunal qui lui garantirait les moyens de se défendre. La déposition détaillée au sujet du fameux « voyage de Piatakov à Oslo en avion » qu’il a fait parvenir au même journal le 17 février, était selon Trotsky lui-même, un « tour de force ».

Nicolle Braun (alias Erwin Wolf) "L’Organe de masse" Contribution sur la crise de la section française de la L.C.I. (B.L.)

Préface de Léon Trotsky à la brochure "L’Organe de masse" de Nicolle Braun alias Erwin Wolf

7 juin 1936

PREFACE

Le travail du camarade Braun sur la dernière grande crise de la section française me semble être d’un grand intérêt et de grande utilité, en première ligne pour la section française elle-même, et ensuite pour toutes les autres sections. L’étude terminée, l’unification de notre section avec le groupe de "La Commune" qui s’en était séparé a eu lieu, ce dont il faut naturellement se réjouir. Mais l’unification ne signifie encore de loin pas que l’organisation serait guérie de ses infirmités. La scission ne s’est pas faite par hasard. Les scissionnistes ont fait naufrage. Mais rien ne prouve que tous aient tiré un grand enseignement de ce naufrage. Celui qui connaît les principaux responsables ne peut pas se faire d’illusions sur l’avenir. Le développement de la France dans la période à venir sera très riche en crises et chaque tournant à l’intérieur de cette situation de crises peut provoquer au sein de la couche dirigeante de la section française des réactions opportunistes ou aventuristes. Si je me sens le devoir de dire cela dans cette forme brutale c’est parce que mes observations au cours de sept années ne me permettent pas de nourrir un optimiste exagéré à cet égard.

Le Camarade Braun a analysé soigneusement et à mon avis d’une manière tout à fait objective la correspondance ardente entre moi et des camarades dirigeants de France du temps de la dernière crise. Mais cette crise était de loin pas la première et pendant chacune de nombreuses crises antérieures la correspondance était au moins toute aussi ardente et abondante. Mais à présent, après 7 années d’expérience, je ne puis pas me dire que mes interventions épistolaires aient eu des résultats positifs. Je ne veux pas ici en détailler les causes. Peut-être n’ai-je pas pu trouver les arguments nécessaires. Quoi qu’il en soit, il est vraiment temps d’abandonner les tentatives de convaincre certains camarades et de les amener à une meilleure compréhension par la correspondance privée. C’est pourquoi j’ai mis mes archives à la disposition du camarade Braun, afin que tous les membres de la section française ainsi que des autres sections tirent de la dernière crise les leçons nécessaires et se fassent par là un tableau exact sur le rôle de l’un ou de l’autre camarade, ce qui, pour la sélection de la direction, est de la plus haute importance.

Nous avons appelé pré-révolutionnaire l’étape politique qui se termine en ce moment en France. Dans cette étape il s’agissait, pour notre section française, de prendre l’élan nécessaire. La situation était difficile, mais non pas défavorable. Si, après le Congrès de Mulhouse, la section française avait déployé l’offensive révolutionnaire et internationale vigoureuse que lui dictaient toutes les circonstances, elle aurait maintenant un bien plus grand nombre d’adhérents et une autorité et une capacité de lutte infiniment plus grandes. Nous avons maintenant dans notre propre histoire un exemple important d’une situation manquée, ou plutôt gâchée ; car - et c’est je crois ce que prouve l’écrit de Braun - la direction a tout fait pour utiliser la situation le moins possible.

Comment peut-on éviter la répétition de pareilles aventures néfastes d’une part et de faiblesses d’autre part ? Par le contrôle actif de la base, c’est-à-dire des adhérents de ta section française et par le contrôle non moins actif de la part de notre organisation internationale. Le but de cet écrit consiste justement à donner à ce contrôle tes fondements nécessaires.

Malgré toute l’adversité la section française a maintenant environ 5 fois plus de membres que lors de l’entrée et des capacités de travail beaucoup plus grandes. Mais elle serait aujourd’hui certainement deux ou trois fois plus forte si la direction avait agi d’une manière véritablement bolchéviste. Cela prouve combien il est nécessaire de ne pas faire un fétiche des tournants purement tactiques et organisatoires. D’abord on ne voulait à aucun prix entrer dans le P.S. et plus tard on ne voulait - la plupart du temps c’étaient les mêmes - à aucun prix en sortir. Voilà deux côtés de la même mentalité sectaire conservatrice.

Espérons qu’à cet égard l’expérience belge sera beaucoup plus positive.

En tout cas les camarades qui appartiennent à des partis réformistes et centristes (Angleterre, Pologne, Amérique, etc.) doivent tirer pour eux tes conséquences nécessaires de l’expérience française : l’entrée dans des organisations étrangères ou même ennemies renferme non seulement des possibilités considérables, mais aussi des dangers. Seuls des entêtés foncièrement conservateurs peuvent affirmer que l’entrée est inadmissible en tout état de cause. Mais la tentative de faire de l’entrée un remède contre tous les maux mène inévitablement à la limite de la trahison, comme l’exemple français nous donne justement l’occasion de l’observer et de le vivre.

Mais en première ligne nous devons tous apprendre à ne pas accorder une confiance exagérée, même s’ils reviennent vers nous, à ceux des camarades dirigeants qui, à la première occasion venue, expriment leur mécontentement en quittant l’organisation nationale et internationale pour se considérer aussi longtemps que bon leur semble comme des francs-tireurs. Nous ne devons leur confier des postes importants qu’après une épreuve longue et sérieuse. C’est là ce que commande l’auto-conservation de toute organisation vraiment révolutionnaire. Aux camarades français et particulièrement aux jeunes qui sont si courageusement venus à bout du parti réformiste on devrait peut-être dire encore : bien que cette étude s’occupe du passé elle ne doit pas servir à faire revivre les différends d’hier, mais au contraire éviter qu’ils ne se répètent demain ou après-demain. Chaque adhérent doit sous cet angle étudier soigneusement et sans préjugé la documentation qui lui est soumise. En dernière instance cela ne peut être que salutaire à la section française.

H., le 7 juin 1936

Crux. (Léon Trotsky)

Le texte de Broué en anglais :

Erwin Wolf A Biographical Sketch Of Erwin Wolf whose nickname, Kiff, became his first political pseudonym, Vereecken, who also counted him among his adversaries, gives a very different portrait when he writes of “his pleasant and agreeable face, which inspired confidence, his quick and energetic words and fluent speech with which he used to defend in a frank manner what he thought necessary in the cause of the movement.” He was born at Reichenberg, now Liberec, in the Sudetenland in December 1902 to a rich Jewish business family, (Wolf und Sohn, Kolonialverein – Grosshandlung). Though a Czechoslovak citizen he does not seem to have been politically active in his own country. He followed the higher education of a rich man’s son in Berlin, Paris and Oxford. In the Sudentenland he had been sympathetic to the “Left Front” but he had never belonged to a mass workers’ party, which was rare among the Left Opposition at that time. He joined it when he was studying in Berlin in 1932. After Hitler’s victory he decided not to return to Czechoslovakia but to emigrate to Paris, where he arrived in March 1933. He decided to become a full-time political activist after refusing the offer of his Uncle Heinrich, who was established in the United States and who wanted him to do a doctorate in business at Columbia. He was registered at the Sorbonne for a statistics course, where, with the companion of Ackerknecht, he ran a little shop selling jewellery trinkets, but a year later a settlement with his brother gave him his share of his inheritance and thus financial independence and enabled him to devote his whole time to political activity. It was no doubt in 1933 that he was co-opted to the leadership of the IKD abroad without having played any previous part in it. In the course of the debate on “entrism” in 1934 he found himself on the side of Bauer but he did not follow the logic which led to a split in the international organisation. According to an oral tradition, which cannot be confirmed, in changing his opinion he brought his money with him and then allowed the pro-entrist minority to defend its positions in Unser Wort. He was present at the Dietikon conference. A shared hostility to Ruth Fischer and Maslow brought him closer to Johre (Josef Weber) and Oskar Fischer (Schüssler), whom he supported without reservation in their refusal to allow these two old Zinovievites to join the organisation. Apparently he had to endure the sarcasms of the these two who both expressed astonishment at the presence in Paris of a “German” emigre of Czechoslovak nationality and asserted that the place for a activist could only be in his own country, that very Sudetenland where the Nazis were making great advances. Did Erwin Wolf meet Trotsky before the departure of the latter for Norway ? It is possible, according to a report made of a discussion about the S.A.P. with a German identified by the initial N. and a later allusion by Trotsky to a discussion on the S.A.P. “with Braun” (Nicolle or N. Braun was one of Wolf’s pseudonyms.) But van Heijenoort thinks that Wolf never met Trotsky then.[1] It was at any rate his availability, his linguistic knowledge and his personal qualities that qualified him in November 1935 to take the place at Hø nefoss left empty by Frankel. According to the evidence of van Heijenoort[2] he seems to have been a far from perfect secretary, but Trotsky at any rate appreciated his political and moral qualities and in confidence, gave him the job, on the basis of his archives, of writing against the “Molinieristes”, in the internal bulletin Organe de Masse, signed by Nicolle Braun. [3] He quickly learnt Norwegian and was going to marry Hjordis Knudsen, the daughter of his hosts. His stay at Hønefoss gave him an altogether different stature. At the end of June 1936 together with LDT, Walter Held and Shachtman he undertook the preparatory work, called the “pre-conference of Berne” for what was called the “Geneva” conference. It was to take part in this last that he left Hø nefoss in July. [4] That conference elected him to the International Secretariat. In August he returned to Norway, at the same time as Van, just when Trotsky’s situation became dangerous. Both were arrested on the 26th August and deported on the 28th. Through Denmark and Belgium they returned to France, where l’Humanité advertised them as men with blood-stained hands. [5] He stayed in Britain and then established himself at Brussels with the International Secretariat. Upon the news of the second Moscow trial, on his own initiative, he sent on 21 January, a letter to the Manchester Guardian in which he said that he was ready, in his capacity as a former Secretary of Trotsky’s to appear before any court that would guarantee him the means to defend himself. The detailed deposition on the subject of the famous “journey by Piatakov to Oslo by plane” that he sent to the same paper on 17th February, was according to Trotsky himself, a “tour de force”. In the weeks that followed, Trotsky quoted his initiative as an example[6] and he played a central role in the preparation of the material necessary to refute the lies of the second trial. At the same time he took on most of the political responsibility for the International Secretariat, going on, in November 1936, to defend its attitude to the P.O.U.M. before the Central Committee of the Belgian Revolutionary Socialist Party and against Vereeken, in January 1937 taking an active part in the debates within the enlarged Amsterdam Bureau, holding back Otto Schussler and Johre who were prematurely ready to break lances against Sneevliet and the leadership of the R.S.A.P and did his best to prepare a counter-offensive on the controversial question of the P.O.U.M. He became a target in the faction fights. Sneevliet called him “the banker’s son” or “the class enemy” and refused to have anything to do with him. In an internal bulletin of the P.C.I. Jeanne Martin finished a “description” of him in these terms “Yes, Nicolle Braun, in his trade as a wholesale grocer or ex-rentier and bureaucrat, is in the true sense of that term a petty-bourgeois. A petty man anyway.” [7] Nevertheless when at the end of April 1937, the question arose of sending a member of the I.S. to Spain for a few months, who could help on the spot with the reorganisation and reorientation of the minuscule Bolshevik-Leninist section, he demonstrated his courage by volunteering, in spite of the publicity attached to his name over the last few months and the attention which the GPU must have given him. He prepared himself methodically, set his personal affairs in order and put his papers in a safe place – they were only found thirty years later – got himself cover as a correspondent of the News Chronicle, which seemed persuasive, and went to Barcelona with his young wife just after the May days, perfectly aware, as his letters show [8], of the mortal danger he risked in the full flood of the Stalinist repression against the revolutionaries of Catalonia. We know that he was active and sent back a number of reports – including that of the 19th July and probably also the one on the demonstration of the Spanish Bolshevik-Leninists on the first anniversary of the Spanish revolution. In the Barrio Chino café Paul Thalmann met him with the Spaniard Munis and the German Freund, alias Moulin, and Thalmann described him as very optimistic, too “orthodox” for his taste, but conciliatory in his manner. [9] He was arrested on the 27th July, then, because his papers were quite in order, was set at liberty the same day. [10] But the GPU – at this time the Hungarian Gero, who operated under the name of Pedro – did not then let its prey go. A second arrest on the 28th was for good. Paul Thalmann is a witness to the presence of Wolf in the prison of the Puerto del Angel in Barcelona from which he was officially “liberated” on the 13th September. [11] He disappeared then. Rumours supported by tiny clues, backed up by some ambiguous statements by high Czech officials and a press story [12], suggested the possibility of a kidnapping from a Catalan jail followed by a secret transfer to the USSR, with a view to preparing a new trial where “confessions”, gained by torture, would serve to back up the new indictments of a Soviet or Spanish Vyshinsky. Whether in Spain or the USSR Erwin Wolf was killed by his executioners. Doubtless only the archives of the GPU are able to reveal the circumstances of his death, the one thing that is a certainty. The international press only gave a feeble mention of this “disappearance” – one among many – in spite of Trotsky’s declarations, interviews, press releases and personal letters, which once more denounced the hand of the GPU in the assassination of one of his collaborators.

FOOTNOTES 1. Letter of the 10th May 1978 to Broué. 2. Van Heijenoort, De Prinkipo à Coyoacán. Sept ans auprés de Trotsky, Paris, M.Nadeau, p.121. 3. Trotsky, The Crisis of the French Section 1935-6, New York 1977, in an appendix. 4. The Wolf file in the Vereeken papers has two letters, now published in the Oeuvres, from Trotsky to Wolf, dated the 27th and 29th July 1936, which seem to indicate that Wolf was in Paris where the so-called “Geneva” conference had started on the 26th. 5. L’Humanité of the 7th July 1936, p.3. has under the headline, “The envoys of Trotsky must be prevented from doing harm.” announced the arrival of “van Heyenoat and Erwin Walf” (sic) and “their provocative activity against the country which has signed a pact of non-aggression and mutual assistance with France”, and demanded that they be put “out of harm’s way”. The 5th July 1936, p3, the same paper stated “They behave like criminals and already have on their hands the blood of Sergei Kirov and three men of the Spanish Popular Front”. 6. Letter from Trotsky to Harold Isaacs, 20th Feb 1937, Cannon papers. 7. Bulletin interieur of the P.C.I. Jan 1937, pp.22-23. 8. Most of these letters are preserved in the Wolf file, Vereeken papers, Brussels, notably that where he tells his young wife of his decision to go to Spain. 9. Revolution für die Freiheit, Clara & Paul Thalmann, Hamburg, Verlag Ass. 1977, pp.198-200. 10. We learnt through Paul Thalmann of the possibility of talking about this matter with a militant of the German Communist Party, who was in the republican police in the Generalitat of Catalonia, when he had been Paul’s gaoler in a tcheka at Barcelona, and who worked in the section in charge of the surveillance of foreigners under the direct control of the GPU agent the Hungarian Gero. This man, who we will call “Bucher”, as did Thalmann in La Révolution Espagnole, p.527, has been dead for several weeks. Without revealing his identity – he thought he had “atoned” for his activity with the GPU who were after him when he defected and he wished to die peacefully – it is now possible to use his evidence which he gave us on this matter. It was he who first arrested Wolf and took the decision to set him free. This earned him insults and threats from Pedro (Geroe) and he learned from the howls that it was the goings-on of Trotsky’s secretary, of whom “by his fault” they had “lost all trace”. If we admit the truth of this witness – and there are hardly any reasons for not doing so – it ruins the theory of Vereeken that an Italian emigre, with whom Wolf stayed was the GPU agent. For Geroe would not “lose trace” of a man who was living with one of his agents. At the time we sent this information to Vereeken who did not dignify it either with a reply or by mentioning it. [Note by translator. See also Revolutionary History, Vol.1 No.2 Summer 1988, pp.54-55.] 11. This information was given at the time to Wolf’s sister by the Czechoslovak ambassador to Spain, when she asked about his disappearance. The evidence of Paul Thalmann is found in his book, pp.213-215. 12. Le Matin 10 Feb 1938.

2 Messages de forum

  • Léon Trotsky :

    « Nombre de mes proches sont tombés aux mains des assassins mercenaires de Staline. Je laisse de côté les membres de ma famille, mes deux filles et mes deux fils conduits à mort par le G.P.U. Je ne parle pas des milliers de mes partisans soumis à l’extermination physique en U.R.S.S. et dans les autres pays. Je me limite seulement à mes secrétaires dans les différents pays, qui ont été conduits au suicide par la persécution, qui ont été abattus ou assassinés par les agents du G.P.U. – sept personnes, M. Glazman, G. Boutov, J. Blumkine, N.Sermuks, I. Poznansky, R. Klement, E. Wolf. »

    Mikhail S. Glazman (? -1924) avait été le chef du secrétariat de Trotsky pendant la guerre civile. Exclu du parti et soumis à un chantage du G.P.U. dont nous ignorons les termes, il s’était suicidé en 1924.

    Georgi V. Boutov (? -1928), un ingénieur qui avait été le chef de cabinet de Trotsky pendant la guerre civile avait été également été arrêté, mais en 1928 et soumis à un chantage. Il avait riposté par une grève de la faim en guise de protestation et en était mort à la prison de la Boutyrka.
    Nikolai M. Sermuks était le chef du train blindé de Trotsky, devenu l’un de ses secrétaires à partir de 1925. Il avait été arrêté à Alma-Ata où il tentait de rejoindre Trotsky et avait disparu.

    Igor M. Poznansky (1898 ?-1938), jeune étudiant devenu volontairement l’un des plus proches collaborateurs de Trotsky en 1917 avait organisé les premiers détachements de « cavalerie rouge ». Arrêté en 1928, il avait cheminé de prison en déportation et avait été exécuté avec les derniers survivants des « trotskystes » d’U.R.S.S. à Vorkouta en avril 1938.

    Iakov G. Blumkine (1899-1929 avait été gagné en prison au bolchevisme par Trotsky et secrètement gracié était devenu l’un des as des services secrets à l’étranger. Dès la sortie d’U.R.S.S. de Trotsky il avait pris contact avec lui et participé à la liaison entre Constantinople et Moscou. Pris à la suite d’une dénonciation, il avait été fusillé en décembre 1929. Trotsky avait nié son rôle de liaison et assuré qu’il n’avait eu avec lui qu’une rencontre fortuite.

    Erwin Wolf (1902-1937) ancien dirigeant de la section allemande en exil, puis secrétaire de Trotsky en Norvège avait été arrêté lors d’une mission en Espagne en 1937. Il disparut, enlevé par le GPU en Espagne.

    Rudolf Klement (1908-1938), étudiant allemand, avait été secrétaire de Trotsky à Prinkipo, puis en France. Secrétaire administratif du S.I. il disparut en juillet 1938 et on retrouva les débris de son cadavre dans la Seine.

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