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Accueil du site > 06- Livre Six : POLITIQUE REVOLUTIONNAIRE > 4- Ce qu’est le socialisme et ce qu’il n’est pas > Le mythe d’un Lénine, ennemi de Trotsky

Le mythe d’un Lénine, ennemi de Trotsky

samedi 26 octobre 2013, par Robert Paris

On connaît la thèse des staliniens : Lénine n’aurait cessé de s’opposer à Trotsky. D’où sans doute... l’accord de Lénine avec les thèses de Trotsky en mars-avril 1917 (thèses dites d’avril), la proposition de Lénine de faire élire Trotsky à la tête du soviet de Pétrograd en 1917, de le choisir à la tête du comité militaire révolutionnaire de la révolution d’octobre, de lui proposer de prendre la tête du conseil des commissaires du peuple ou gouvernement, de prendre la tête des négociations de Brest-Litovsk, de prendre la tête de l’armée rouge puis à nouveau de prendre la tête du gouvernement et on en passe…

Examinons les textes et on verra que Lénine et Trotsky se sont honnêtement combattus mais aussi estimés...

Il faut remarquer que les citations qui suivent sont tirées des éditions officielles staliniennes donc mortellement hostiles à Trotsky. C’est dire leur fiabilité en la matière !!!

« Le camarade Karétine a cherché à nous persuader que la voie sur laquelle il se trouve mène au socialisme, mais aller de cette façon au socialisme, c’est marcher à reculons. Trotski avait raison : c’est au nom de la liberté de la presse que fut organisée l’insurrection des élèves-officiers et fut déclarée la guerre à Pétrograd et à Moscou. Cette fois-ci les socialistes-révolutionnaires sont intervenus, mais pas en tant que socialistes et révolutionnaires. Cette semaine, tous les télégraphes étaient entre les mains de Kérenski. Le Vikjel était de leur coté. Mais ils n’avaient pas de troupes. Il se trouva que l’armée était pour nous. Une infime minorité a déclenché la guerre civile. Celle-ci n’est pas terminée. Les hommes de Kalédine marchent sur Moscou ; et sur Pétrograd, la troupe de choc. Nous ne voulons pas de la guerre civile. Nos troupes ont fait preuve d’une grande patience. Elles ont attendu sans tirer et au début, trois des nôtres ont été tués par la troupe de choc. A l’égard de Krasnov, on n’a pris que des mesures bénignes. Il n’a été soumis qu’aux arrêts à domicile. Nous sommes contre la guerre civile. Néanmoins, si elle se prolonge, que devons-nous faire ? Trotski avait raison quand il demandait au nom de qui vous parlez. Nous avons demandé à Krasnov s’il se portait garant que Kalédine ne poursuivrait pas la guerre. Il a évidemment répondu qu’il ne le pouvait pas. Comment pourrions-nous mettre fin à des poursuites contre un ennemi qui n’a pas mis fin à ses agissements hostiles ? »

Lénine, comité exécutif central de Russie, 4 novembre 1917

« Maintenant j’aurai à parler de la position du camarade Trotski. Dans son activité, il faut distinguer deux aspects : quand il a commencé les pourparlers à Brest-Litovsk, en les utilisant parfaitement pour l’agitation, nous étions tous d’accord avec le camarade Trotski. Il a cité ici une partie de l’entretien qu’il avait eu avec moi, mais j’ajouterai qu’il avait été convenu entre nous de tenir bon jusqu’à l’ultimatum des Allemands et de céder lorsque l’ultimatum serait présenté. L’Allemand nous a roulés : sur sept jours, il nous en a volé cinq. La tactique de Trotski était juste dans la mesure où elle tendait à gagner du temps : elle a cessé d’être juste quand l’état de guerre fut proclamé terminé sans que la paix eût été signée. J’avais proposé sans aucune équivoque de signer la paix. Nous ne pouvions obtenir une paix meilleure que celle de Brest-Litovsk. Il est évident pour tout le monde que la trêve aurait alors duré un mois et que nous n’y aurions pas perdu. Puisque l’histoire a rejeté cette solution, point n’est besoin de revenir là-dessus, mais il est ridicule que Boukharine vienne nous dire : « La vie montrera que c’est nous qui avions raison. » C’est moi qui ai eu raison, puisque j’avais écrit à ce sujet dès 1915 :« Il faut se préparer à faire la guerre, elle est inévitable, elle vient, elle viendra ».

Lénine, discours de clôture de la discussion du rapport politique du comité central au 7ème congrès du parti bolchevique, 8 mars 1918

« La question de l’édification de l’Armée Rouge était absolument nouvelle, elle n’avait jamais été posée, même sur le plan théorique. Marx a dit un jour que le mérite des Communards de Paris était d’avoir pris des décisions qu’ils n’avaient pas empruntées à des doctrines préconçues, mais qui étaient dictées par la nécessité des faits [5]. Cette appréciation de Marx sur les Communards est empreinte d’un certain sarcasme, parce que la Commune était dominée par deux courants, les blanquistes et les proudhoniens, et que ces deux courants furent obligés d’agir à l’encontre de ce que leur enseignait leur doctrine. Mais nous, nous avons agi conformément à ce que nous a enseigné le marxisme. En même temps, l’activité politique du Comité central a été entièrement déterminée dans ses manifestations concrètes par les exigences absolues d’une nécessité vitale impérieuse. A chaque instant, nous avons dû avancer à tâtons. Ce fait sera particulièrement souligné par tout historien qui sera capable de retracer dans son ensemble l’activité du Comité central du Parti et l’activité du pouvoir soviétique durant cette année. Ce fait saute aux yeux surtout lorsque nous essayons d’embrasser d’un seul regard ce que nous avons vécu. Mais cela ne nous a nullement ébranlés, même le 10 octobre 1917, lorsque la prise du pouvoir se décidait. Nous ne doutions pas qu’il nous faudrait, selon le mot du camarade Trotski, expérimenter. Nous entreprenions une œuvre que personne au monde n’avait encore entreprise avec une telle ampleur. »

Lénine, discours au 8ème congrès du parti bolchevik, 18 mars 1919

« Je suis très heureux de saluer la conférence des ouvrières. Je me permettrai de ne pas aborder les sujets et les problèmes qui, bien sûr, inquiètent avant tout, à l’heure actuelle, toute ouvrière et toute personne consciente appartenant aux masses laborieuses. Les problèmes les plus brûlants ce sont ceux du blé et de notre situation militaire. Mais comme me l’ont appris les comptes rendus de presse relatifs à vos réunions, ces problèmes ont été exposés à fond ici par le camarade Trotsky pour les affaires militaires et les camarades Iakovléva et Sviderski pour le blé ; aussi me permettrez-vous de ne pas en parler. »

Lénine, Les objectifs généraux du mouvement féminin, 23 septembre 1919

« Nous avons eu un premier projet de résolution esquissé par le camarade Trotski, puis revu collectivement au Comité central. Ce projet, nous l’avons envoyé aux camarades Milioutine et Rykov. Ils nous l’ont retourné, en disant qu’ils le combattraient. Voilà ce qui s’est produit en réalité. Après que nous avons fait de l’agitation et que nous nous sommes assurés des alliés, ils ont adopté au congrès, sur tous les points, une attitude d’opposition ; puis, voyant que le résultat était nul, ils se sont mis à dire qu’ils étaient presque d’accord… Le camarade Trotski a rappelé son rapport de 1918 et indiqué, en donnant lecture du discours qu’il prononça alors, qu’à cette époque nous ne faisions pas que débattre les questions capitales, mais que le Comité exécutif central a pris une résolution déterminée… Le camarade Rykov a fait du bloc qui s’esquisse entre le camarade Trotski et le camarade Goltsman l’objet de ses plaisanteries. Je voudrais dire quelques mots à ce sujet : un bloc entre les groupes du parti qui ont raison est toujours nécessaire. Ceci doit être toujours la condition obligatoire d’une bonne politique. Si le camarade Goltsman, que j’ai le regret de connaître trop peu, mais dont j’ai entendu parler comme du représentant parmi les métallurgistes de la tendance insistant surtout sur l’application des méthodes raisonnables - ce que soulignent aussi mes thèses -, si le camarade Goltsman insiste de ce point de vue sur la direction personnelle, cela ne peut être qu’extrêmement utile. Un bloc avec cette tendance serait éminemment utile… »

Lénine, discours sur l’édification économique, 31 mars 1920

« Nous pouvons dire avec certitude que le camarade américain R., qui a publié un volumineux ouvrage contenant divers articles de Trotski et de moi et donnant ainsi un tableau récapitulatif de la révolution russe a eu entièrement raison. »

Lénine, discours de clôture du 9ème congrès du parti bolchevik, 5 avril 1920

« Quant à mes « désaccords » avec le camarade Trotski, que je viens d’énumérer, je devais les indiquer, car dans le vaste sujet qu’il a choisi : « le rôle et les tàches des syndicats », le camarade Trotski a commis, selon moi, plusieurs erreurs qui touchent au fond même de la question de la dictature du prolétariat. Mais si l’on laisse cela de côté, on se demande pourquoi nous n’arrivons vraiment pas à travailler en bonne intelligence, ce dont nous avons si grand besoin ? En raison des désaccords sur les méthodes d’aborder les masses, de gagner les masses, de réaliser la liaison avec les masses. Tel est le fond du problème. C’est ce qui fait la particularité des syndicats, institution créée sous le capitalisme et indispensable lors du passage du capitalisme au communisme, et dont l’avenir lointain est un point d’interrogation. C’est dans un avenir bien lointain que le point d’interrogation sera posé à leur sujet ; il appartiendra à nos petits-fils d’en discuter. Mais aujourd’hui il s’agit de la façon d’aborder la masse, de la gagner, de se lier à elle, de mettre en place les transmissions complexes du travail (l’exercice de la dictature du prolétariat). »

Lénine, Les syndicats, la situation actuelle et les erreurs de Trotsky, 30 décembre 1921

« Dans ma discussion au IIe Congrès des mineurs, avec les camarades Trotski et Kissélev, deux points de vue se manifestaient avec netteté. L’« opposition ouvrière » disait : « Lénine et Trotski vont s’unir ». Trotski a pris la parole pour déclarer : « Ceux qui ne comprennent pas qu’il faut s’unir sont contre le parti ; bien entendu, nous allons nous unir parce que nous sommes des membres du parti. » Je l’ai soutenu. Certes, des divergences nous séparaient, mais lorsqu’il se forme au Comité central des groupes plus ou moins égaux, c’est le parti qui juge et il juge de manière à nous unir conformément à sa volonté et à ses indications. C’est ce que nous avions l’intention de déclarer, le camarade Trotski et moi, au congrès des mineurs, alors qu’ici, l’« opposition ouvrière » dit : « Nous ne ferons pas de concessions, mais nous resterons au parti. » Eh bien, non, ça ne marchera pas ! (Applaudissements.) Je le répète, pour combattre la bureaucratie, l’aide de tous les ouvriers, quel que soit le nom qu’ils se donnent, pourvu qu’ils veuillent sincèrement nous aider, est archi-souhaitable. Dans cet ordre d’idées, nous accorderons des « concessions » (en mettant ce terme entre guillemets) malgré toutes les déclarations provocantes, nous y consentirons parce que nous savons à quel point le travail est dur. Nous ne pouvons dissoudre ni les comités généraux ni les Conseils de l’économie nationale. Lorsqu’on nous approche de manquer de confiance en la classe ouvrière, de ne pas laisser les ouvriers accéder aux organismes de direction, ce ne sont là que des mensonges. Nous cherchons et nous sommes heureux de prendre tout administrateur quelque peu compétent issu de la classe ouvrière ; nous le mettons à l’épreuve. Car si le parti ne fait pas confiance à la classe ouvrière, ne laisse pas les ouvriers accéder à de hautes fonctions, à bas ce parti ; dites tout ce que vous avez sur le cœur ! J’ai indiqué que c’est un mensonge, que la pénurie de forces nous épuise, que nous accueillons, les bras ouverts, la moindre aide, de toute personne quelque peu compétente, et quand c’est un ouvrier, avec trois fois plus d’empressement. Mais nous n’en avons pas. C’est ce qui donne naissance à l’anarchie. Nous devons lutter contre la bureaucratie, il nous faut des centaines de milliers auxiliaires. »

Lénine, conclusion sur le rapport d’activité du comité central au Xème congrès du parti bolchevik, 9 mars 1921

« Il est d’autant plus déplacé de céder à la panique - et nous n’avons pas la moindre raison de le faire - qu’à l’heure actuelle le capitalisme mondial a lancé contre nous une campagne incroyablement fébrile et hystérique. J’ai reçu hier, par les soins du camarade Tchitchérine, un communiqué sur ce point et je pense qu’il sera utile à tous de l’entendre. Il s’agit de la campagne de mensonges sur la situation intérieure de la Russie. Jamais, écrit le camarade qui fournit ces renseignements, à aucune époque, il n’y a eu dans la presse occidentale une telle débauche de mensonges, une telle abondance d’élucubrations fantastiques sur la Russie des Soviets qu’au cours des deux dernières semaines. Depuis début mars, toute la presse occidentale déverse quotidiennement des flots de nouvelles fantastiques, peignant des insurrections en Russie, la victoire de la contre-révolution, la fuite de Lénine et de Trotski en Crimée, le drapeau blanc arboré sur le Kremlin, le sang coulant à flots dans les rues de Petrograd et de Moscou, les barricades dans ces deux villes, des foules denses d’ouvriers descendant des collines sur Moscou pour renverser le pouvoir soviétique, le passage de Boudionny dans le camp des insurgés, la victoire de la contre-révolution dans une série de villes russes, tantôt une ville, tantôt une autre ville y figure, mais de façon générale la presque totalité des chefs-lieux de province sont mentionnés. Le caractère universel et coordonné de cette campagne prouve que nous sommes en présence d’un vaste plan prémédité par tous les gouvernements des grandes puissances. Le 2 mars, le Foreign Office a déclaré par l’intermédiaire de l’agence Associated Press qu’il jugeait peu vraisemblables les nouvelles publiées, et aussitôt après, annonçait en son nom une insurrection à Petrograd, le bombardement de cette ville par la flotte de Cronstadt et des combats de rue à Moscou. Le 2 mars, tous les journaux anglais ont publié un télégramme annonçant des insurrections à Petrograd et à Moscou : Lénine et Trotski se sont enfuis en Crimée ; 14000 ouvriers réclament à Moscou l’Assemblée constituante ; l’arsenal de Moscou ainsi que la gare de Koursk sont aux mains des ouvriers insurgés ; à Petrograd, l’île Vassilievski est entièrement aux mains des insurgés… Camarades, le tableau est absolument clair. Le consortium international de la presse - la liberté de la presse existe dans ces pays, ce qui signifie que la presse est achetée à 99% par des magnats financiers qui brassent des centaines de millions, - a ouvert la croisade mondiale des impérialistes qui cherchent avant tout à compromettre l’accord commercial avec l’Angleterre, amorcé par Krassine, ainsi que le futur accord commercial avec l’Amérique, qui en est au stade des pourparlers, comme je l’ai dit, et au sujet duquel nous avons fourni des indications au cours du congrès. Cela montre que les ennemis qui nous entourent, après avoir perdu la possibilité de se livrer à une intervention armée, escomptent une insurrection. Les événements de Cronstadt ont révélé une collusion avec la bourgeoisie internationale. Nous constatons en outre que ce qu’ils craignent le plus en ce moment, du point de vue pratique du capital international, c’est le rétablissement normal des relations commerciales. Mais ils ne réussiront pas à les compromettre. Des représentants du gros capital qui se trouvent en ce moment à Moscou n’ajoutent plus foi à toutes ces rumeurs et ils ont raconté comment un groupe de citoyens américains a découvert un moyen inédit de propagande en faveur de la Russie soviétique. On a rassemblé des extraits de presse les plus divers, publiés durant plusieurs mois sur la Russie : la fuite de Lénine et de Trotski, l’exécution de Lénine par Trotski et vice versa, et on a édité le tout en brochure. On ne saurait imaginer meilleure propagande en faveur de la Russie soviétique. On a recueilli chaque jour les nouvelles annonçant chaque fois que Lénine et Trotski étaient fusillés, tués ; ces nouvelles se renouvelaient chaque mois, et en fin de compte, on en a constitué et publié un recueil. »

Lénine, discours de clôture du Xe CONGRÈS DU P.C. (b)R.

« Le danger de guerre n’est pas écarté. C’est pourquoi le camarade Trotski a le mieux défini la situation, non du point de vue du maquis diplomatique, mais du point de vue pratique. Au lendemain du jour où l’on avait publié que la Conférence de Gênes était tout à fait réglée, tout à fait entendue, qu’un accord parfait régnait à ce sujet et que c’était uniquement l’instabilité d’un gouvernement bourgeois (ils sont singulièrement instables) qui en différait la réunion, Troski publiait un ordre à l’armée rouge informant nos soldats de la situation internationale. « Nous savons, y était-il dit, qu’un groupe résolu de nos ennemis veut encore essayer d’une intervention militaire. Soyons prêts. Que chaque soldat rouge sache ce que c’est que le jeu diplomatique et ce que c’est que la force des armes qui a jusqu’à présent tranché tous les différends entre les classes. » Que chaque soldat rouge sache ce que c’est que le jeu diplomatique et ce que c’est que la force des armes, et nous verrons ! Quelle que soit la débâcle du capitalisme, des groupes politiques influents peuvent encore vouloir nous combattre par les armes. Et, si les gouvernements bourgeois sont instables au point de ne pouvoir fixer la date d’une conférence, qui sait dans quelles mains ils seront demain ? Nous n’ignorons pas que des partis, des hommes influents, des puissances économiques veulent la guerre. Nous sommes suffisamment informés sur les dessous de certains traités économiques. Nous avons énormément souffert, nous savons quelles calamités une nouvelle guerre pourrait nous valoir ; mais, nous le déclarons bien haut, nous tiendrons encore si l’on essaye de recommencer ! Que l’on essaie donc ! La conclusion du camarade Trotski, qu’il a exposée aux soldats rouges, c’est que la remise de la Conférence de Gênes par suite de l’instabilité des ministères italiens signifiait un danger de guerre. Nous ferons en sorte que chaque soldat rouge le sache. Ce résultat nous sera d’autant moins difficile à atteindre qu’il n’y a guère, en Russie, de soldats ou de familles qui ne sachent, sans avoir lu les ordres de l’armée et les journaux, par ce qu’on voit dans nos campagnes d’estropiés, de ruinés, d’affamés, quelle est la cause véritable de toutes ces souffrances. Et il est douteux qu’il y ait aujourd’hui chez le soldat rouge un sentiment plus ferme que celui de la répulsion ou de la défense contre ceux qui ont soutenu Koltchak et Denikine. Point n’est besoin de constituer de nouvelles commissions d’agitation et de propagande : ces choses sont connues. »

Lénine, Les Tâches actuelles de la Russie des Soviets , 6 mars 1922

« En ce qui concerne les objectifs généraux de la revue Pod Znaméniem Marxisma (Sous la bannière du marxisme), le camarade Trotski a déjà dit l’essentiel dans le n° 1 2, et il l’a dit parfaitement. »

Lénine, « La portée du matérialisme militant », 12 mars 1922

« Les débats qui se sont engagés jusqu’à maintenant dans la presse à propos du capitalisme d’Etat peuvent, dans le meilleur des cas, prendre place dans un manuel d’histoire. Je ne nie nullement l’utilité des manuels, et j’ai écrit récemment qu’il vaudrait mieux que nos auteurs consacrent un peu moins d’attention aux journaux et au bavardage politique, et écrivent des manuels, ce que beaucoup pourraient faire d’une façon excellente, y compris le camarade Larine. Ses qualités seraient extrêmement utiles dans ce domaine. De cette façon serait remplie chez nous la tâche sur laquelle le camarade Trotski a bien mis l’accent lorsqu’il a déclaré que la chose essentielle, actuellement, c’est l’éducation de la jeune génération, mais que nous n’avons rien pour l’éduquer. En effet, dans quoi apprend-elle les sciences sociales ? Dans la vieille friperie bourgeoise. C’est une honte ! Et cela, alors que nous avons des centaines d’auteurs marxistes qui peuvent nous donner des manuels sur toutes les questions sociales, mais qui ne le font pas parce qu’ils sont occupés à autre chose et ne s’orientent pas dans cette direction. »

Discours de Lénine au XIe CONGRÈS DU P.C. (b)R., 28 mars 1922

En 1922-23, Lénine saisit toutes les occasions d’indiquer aux militants et aux travailleurs son estime profonde pour Trotsky.

Par exemple, dans « le matérialisme militant », il affirme :

« En ce qui concerne les objectifs généraux de la revue Pod Znaméniem Marxisma (Sous la bannière du marxisme) , le camarade Trotski a déjà dit l’essentiel dans le n° 1 2, et il l’a dit parfaitement. Je voudrais m’arrêter à quelques questions qui définissent de plus près le contenu et le programme du travail préconisé par la rédaction de la revue dans sa note d’introduction au n° 1 2. La note déclare que ceux qui se sont groupés autour de la revue Sous la bannière du marxisme ne sont pas tous des communistes, mais que tous sont des matérialistes conséquents. Je pense que cette union des communistes avec les non communistes est absolument nécessaire et qu’elle définit exactement les tâches de la revue. Une des erreurs les plus grandes et les plus dangereuses que commettent les communistes (comme, d’ailleurs, les révolutionnaires en général qui ont mené à bien le début d’une grande révolution), c’est de se figurer que la révolution peut être accomplie par les mains des seuls révolutionnaires. Or, pour assurer le succès de toute action révolutionnaire sérieuse, il faut comprendre et savoir appliquer pratiquement l’idée que les révolutionnaires ne peuvent jouer un rôle que comme avant garde de la classe réellement avancée et viable. L’avant garde ne remplit sa mission que lorsqu’elle sait ne pas se détacher de la masse qu’elle dirige, lorsqu’elle sait véritablement faire progresser toute la masse. Sans l’alliance avec les non communistes dans les domaines d’activité les plus divers, il ne saurait être question d’aucun succès en matière de construction de la société communiste. »

Ou encore au onzième congrès du parti bolchevik – Conclusions par Lénine du rapport politique du comité central du PC (b) le 28 mars 1922 (c’est sa dernière intervention à un congrès) :

« Mille fois plus difficile est la situation où l’on a affaire à un adversaire qui se trouve dans la vie quotidienne de notre économie. Les débats qui se sont engagés jusqu’à maintenant dans la presse à propos du capitalisme d’Etat peuvent, dans le meilleur des cas, prendre place dans un manuel d’histoire. Je ne nie nullement l’utilité des manuels, et j’ai écrit récemment qu’il vaudrait mieux que nos auteurs consacrent un peu moins d’attention aux journaux et au bavardage politique, et écrivent des manuels, ce que beaucoup pourraient faire d’une façon excellente, y compris le camarade Larine. Ses qualités seraient extrêmement utiles dans ce domaine. De cette façon serait remplie chez nous la tâche sur laquelle le camarade Trotski a bien mis l’accent lorsqu’il a déclaré que la chose essentielle, actuellement, c’est l’éducation de la jeune génération, mais que nous n’avons rien pour l’éduquer. En effet, dans quoi apprend-elle les sciences sociales ? Dans la vieille friperie bourgeoise. C’est une honte ! Et cela, alors que nous avons des centaines d’auteurs marxistes qui peuvent nous donner des manuels sur toutes les questions sociales, mais qui ne le font pas parce qu’ils sont occupés à autre chose et ne s’orientent pas dans cette direction. (…) Le camarade Trotski a parlé de la portée de la brochure de la camarade Kollontaï. (…) Je me souviens que, dans son article à propos de l’anniversaire de l’Armée Rouge, le camarade Trotski a dit : « Une année d’étude ». Ce mot d’ordre est également juste pour le Parti et pour la classe ouvrière. Durant cette période, nous avons promu nombre de héros qui ont raffermi indéniablement le tournant opéré dans l’histoire mondiale. Ce n’est pas une raison pour ne pas comprendre la tâche qui se pose à nous maintenant : « Une année d’étude ». (…) Je termine sur quelques mots à propos de Chliapnikov. Je voulais parler de lui plus longuement. Trotski, qui a répondu avec Zinoviev, au nom du C.C., à la déclaration des 22 à l’Internationale Communiste, a épuisé le sujet à 99%. »

N’en déplaise aux staliniens, c’est SUR PROPOSION DE LENINE

- que la parti bolchevik a adopté en avril 1917 les thèses de la révolution permanente dans la révolution russe

- que le parti bolchevik a fusionné avec le parti de Trotsky en mai 1917

- que Trotsky a été coopté au comité central du parti bolchevik et du bureau politique de ce parti

- que Trotsky a été choisi comme président du soviet de Pétrograd devenu à majorité bolchevik

- que Trotsky a été proposé comme président du Comité Militaire Révolutionnaire qui a dirigé la révolution d’Octobre

- que Trotsky a été proposé comme président du conseil des commissaires du peuple puis nommé commissaire aux affaires étrangères, responsable des négociations de Brest-Litovsk, puis fondateur et dirigeant de l’armée rouge et chargé de rédiger le Manifeste du Congrès de la Troisième internationale, tout cela dans l’année 1918. A l’époque, le journal communiste français titrait à la une : ’ »Vive la révolution russe de Lénine et Trotsky ».

- que Trotsky a été proposé en 1922 comme vice-président du conseil des commissaires du peuple

- que Trotsky a été contacté en 1923 par Lénine pour mener ensemble la lutte contre Staline et la bureaucratie dans le parti bolchevik

- que Trotsky a été choisi comme futur dirigeant de l’Etat russe dans son « Testament » qui a été tenu secret par Staline.

Lire ici comment Trotsky rapporte ses relations avec Lénine

Lénine et Trotsky

Lénine et Trotsky unis contre Staline

Comment Staline a forgé sa thèse mensongère

Lénine et Trotsky contre Staline

Le bloc de Lénine et de Trotsky contre Staline

1 Message

  • « Les problèmes les plus brûlants ce sont ceux du blé et de notre situation militaire. Mais comme me l’ont appris les comptes rendus de presse relatifs à vos réunions, ces problèmes ont été exposés à fond ici par le camarade Trotsky pour les affaires militaires… »

    Discours de Lénine, 23 septembre 1919

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