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Capitalisme d’État, souveraineté nationale, patriotisme économique sauveront-ils le capitalisme de l’effondrement et les peuples ?

lundi 1er juin 2020, par Karob, Robert Paris

Les arbres vont-ils au ciel ? Non, ils atteignent leur limite puis meurent... Les systèmes sociaux font de même...

Capitalisme national et le souverainisme économique, voies de secours du capitalisme mondialisé ?

On nous présente actuellement des « solutions » diamétralement opposées à celles qui ont été présentées depuis des années comme les privatisations, la mondialisation et la financiarisation, qui, toutes les trois, étaient chargées de tirer le capitalisme de l’avant jusqu’aux années 2000 et dont la dynamique est arrivée en fin de course. Les gouvernants et classes possédantes prétendent aujourd’hui redonner un nouveau souffle au capitalisme en développant des nationalisations si nécessaire, le retour à une économie plus nationale, plus patriote, plus souveraine et une réforme du poids de la finance. C’est du moins ce qu’ils prétendent même si leurs projets réels peuvent être très différents de leurs déclarations. En tout cas, c’est une manière de dire que le capitalisme a encore des perspectives d’avenir, même si celles-ci, ils le reconnaissent, vont représenter de lourds sacrifices pour les classes populaires ou pauvres, à commencer par les prolétaires…

Roux-de-Bezieux, patron du MEDEF défend le patriotisme économique

Le MEDEF défenseur de la souveraineté nationale dans le domaine économique

L’État sauveur suprême du capitalisme et des peuples face au Covid-19 ?

« L’État fort », interventionniste au plan économique, au plan politique et même au plan répressif, est présenté désormais comme le nouveau centre économique et social de toute la société alors qu’auparavant on nous serinait qu’il y avait « trop d’État » en nous affirmant que le libéralisme nous mènerait au développement économique et à la liberté.

On nous dit dorénavant que les trusts et les banques vont être sauvées par des fonds d’État, que les emplois seront garantis ou supprimés par décision d’État, que les aides aux entreprises proviendront de l’État, que l’État va être le grand distributeur de sommes colossales qui ne sortiront pas de mécanismes économiques mais d’une espèce de caverne d’Ali Baba des finances publiques capable de verser des centaines de fois plus qu’elle n’en détient et de produire des multiplications de pains que Jésus n’aurait pas renié… Il ne sera plus nécessaire, pour distribuer des milliers de milliards de richesses, de les avoir produites ou de garantir qu’on pourra les produire, il suffira de la signature de l’État national. Eh bien ! Si on savait cela, on aurait évité des dizaines de crises économiques mondiales dans le passé ! Dans le capitalisme d’après, pas besoin de produire des valeurs pour les distribuer. Nous sommes dans le domaine du miracle. Jusque-là, la finance se contentait d’anticiper sur des productions de richesses à venir pour distribuer des profits mais elle devait toujours s’assurer ensuite que ces richesses avaient bien produit autant de valeur que prévu, faute de quoi la faillite était là. Désormais, la loi de la valeur est abolie. L’État national pourrait décréter que telle ou telle entreprise ne peut pas faire faillite ! C’est de la sorcellerie pure !

Présenter ces politiques comme une solution nouvelle est trompeur vu que cela a été exactement la « solution » avancée massivement en 2008 et elle nous a mené à l’effondrement actuel. Avec cependant un maintien de l’économie et du marché mondial, alors qu’aujourd’hui ils disparaissent !!!

Tout cela n’empêchera pas pour autant d’entendre des voix s’élever pour que l’on va finir par trouver une solution, celle-là ou une autre. Ils nous diront que le capitalisme s’en est toujours sorti des pires crises et chutes. Mais ces voix, prompts à décider que le capitalisme va forcément s’en sortir, sont bien silencieuses pour nous dire ce qui lui arrive, quelle serait sa maladie si c’en est une ou quel ressort ne fonctionne plus. Mais surtout quelles raisons aurions-nous de croire qu’il peut redémarrer et qui plus est dans l’intérêt des peuples travailleurs du monde ?

Mais à quels problèmes est donc confronté le capitalisme pour que ces « solutions » à base d’une hypertrophie de l’État national, d’une multiplication de ses pouvoirs et de son rôle, soient la réponse ? Pour évaluer ce que valent les prétendues solutions que le capitalisme entend appliquer pour se sortir d’affaire, il faut répondre à la question suivante : qu’est-ce qui est mort en 2008 et 2020 ? Est-ce l’ultra-libéralisme, la mondialisation, la financiarisation, le capitalisme pollueur, l’absence d’un État fort, le manque de développement à caractère national ?

Est-ce que l’on va assister à un changement complet de la forme du capitalisme mais sans en changer le fond, à une espèce de transition vers un capitalisme d’état, avec des trusts nationalisés, avec un retour à des économies plus nationales, avec un redressement des frontières économiques, prix qui serait à payer pour sauver finalement les fondamentaux du capitalisme, la source du profit du grand capital et empêcher ainsi une chute dramatique en redressant les bourses, les productions, fusse au prix d’un plus grand effort social et économique de toute la population ?

On nous pose la question : mais vous, dites-le-nous donc, qu’est-ce qui fait chuter aujourd’hui le capitalisme, si ce n’est pas la pandémie. On verra bien alors s’il y a une solution au problème en termes de capitalisme d’état ou de capitalisme respectant les frontières nationales, ou encore de capitalisme respectueux de la nature, ou, pour finir sous l’égide d’un Etat fort…

Effectivement, pour évaluer la prétendue « solution », il faut connaître précisément le mal.

La réponse est simple et tient en un petit nombre de points, points qui caractérisent la situation depuis les années 2000 et que le capitalisme n’avait jamais connu dans des situations précédentes de crise durant toute son histoire pourtant riche en catastrophes diverses.

COVID-19, bouc émissaire : l’effondrement de 2020 prend sa source dans l’effondrement de 2008

La chute actuelle du capitalisme en 2020 est le prolongement non pas du coronavirus de la fin 2019 mais de la chute économique et financière de 2007-2008. Jamais le capitalisme n’est reparti de manière dynamique et autonome depuis l’immense intervention financière centrale de 2008. Depuis cette date il a toujours fallu que les banques centrales « sauvent » le capitalisme, que ce soit par des injections massives, des prêts à taux zéro ou négatifs, en sauvant des trusts ou des banques, en rachetant des titres pourris, des dettes, etc. En fait, les gouvernants, banques centrales et institutions financières mondiales ont fait un choix en 2008 consistant à éviter de laisser la crise économique se dérouler « normalement ».

La normale en régime capitaliste c’est qu’en cas de crise, chaque entreprise paie par une faillite sa propre crise et que le système n’a pas à se porter au secours de tous les faillis. C’est cela qui permettait de réguler le système. Mais en 2008, gouvernements, États et institutions internationales ont décidé de ne pas laisser faire les mécanismes régulateurs de la crise qui doivent permettre la restauration du taux profit, condition nécessaire à la croissance et départ d’un nouveau cycle économique. C’est parce qu’ils ne l’ont pas fait qu’il n’y a pas eu de reprise économique réelle après 2008 du point de vue l’accumulation de capital réel supplanté de plus en plus par la production de capital fictif. Les capitalistes ont fait le choix d’éviter la crise car elle comportait le risque d’un effondrement généralisé. Au lieu de cela, pris de panique, les États et banques centrales ont multiplié les aides financières et économiques.

L’idée que l’État doit se substituer au fonctionnement du capitalisme basé l’investissement privé productif n’est donc pas nouvelle. Dans les faits, c’est déjà le cas depuis 2008. C’est parce qu’il l’a fait que l’économie mondiale s’effondre en 2019-2020. Le capitalisme a tenté depuis 10 ans de se passer des crises de régulation classiques qui ont pourtant jalonné toute son Histoire : 1637, 1720, 1792, 1797, 1810, 1817, 1819, 1825, 1837, 1847, 1857, 1866, 1873, 1884, 1890, 1893, 1900, 1907, 1929, 1939, 1949, 1953, 1966, 1970, 1979, 1982, 1987, 1990, 1994, 1997, 2000, 2001, 2007-2008 et 2015 avec la crise chinoise). Le capitalisme n’a jamais pu s’en passer pour réguler son fonctionnement, même si les classes dirigeantes ont cherché à intervenir sur ces crises ou, après celles-ci, par des moyens étatiques ou par le crédit. Ce qui est certain, c’est que les crises ont permis, après coup, de mettre en adéquation offre et demande, investissements et demande de capitaux, et les différents secteurs de la production et de la distribution de marchandises en se servant des mises en faillite pour éclaircir l’ambiance des affaires et se débarrasser des secteurs non rentables. En restaurant la profitabilité du capital, la dynamique du capitalisme permettait un nouvel essor, une nouvelle expansion économique à une échelle plus étendue mais créant aussi les nouvelles contradictions qui déboucheront sur une nouvelle crise économique.

Ce qui caractérise la situation mondiale du capitalisme depuis 2008, c’est que le système mondial ne laisse plus les crises et les faillites se dérouler et se développer, ni celles des bourses, ni celles des banques, ni celles des financiers, des grands assureurs, des grands capitalistes et des trusts. Ils les aide immédiatement et massivement, interdisant qu’ils coulent…empêchant le mécanisme régulateur de la crise d’agir !

C’est complètement nouveau et c’est général. Ce n’est pas propre à tel ou tel pays ni à telle ou telle situation, tel ou tel capitaliste. Tous sont « sauvés » !

C’est la première fois historique que cela se déroule dans le système capitaliste. Les classes dirigeantes empêchent la crise, aujourd’hui, la chute d’un seul c’est la chute de tous ! Elles ont peur de l’effondrement car pour la prière fois, la crise ne permettrait pas de créer les conditions d’une nouvelle expansion économique. La raison est simple : la trop grande réussite du capitalisme. Il n’y a jamais eu autant de capitaux mais en même aussi peu de débouchés rentables dans la production, unique source de créations de richesses réelles au travers de la production de marchandises. Ce capital en surplus n’a eu d’autres choix que de se financiariser créant une accumulation de capital fictif comme jamais et ne pouvant jamais se réaliser de manière matérielle dans la sphère productive. C’est cette situation sans précédent à laquelle est confronté le capitalisme aujourd’hui ! Même 1929 était crise classique de ce point de vue-là même si elle était une crise majeure.

Karl Marx disait à juste titre que : « Le capitalisme ne sera jamais aussi vulnérable que quand il atteindra son apogée. » « La production du capitalisme engendre, telle une loi de la nature inexorable, sa propre négation. »

La régulation tentée par les États et les Banques Centrales ne peut pas remplacer les crises et encore moins de les empêcher. L’interruption brutale et artificielle de la crise chinoise de juillet 2015 en était déjà l’illustration… Elle montre que les aides massives des banques centrales aux trusts, aux assurances et aux banques ne sont que la démonstration que le système n’est plus capable de tolérer les crises cycliques et est contraint d’employer sans cesse des moyens financiers centraux pour combler toutes les fissures jusqu’à ce que… le Titanic prenne l’eau de manière irrémédiable, les banques centrales ne pouvant pas durablement pallier aux dysfonctionnements généralisés du système et à la chute des investissements privés. En ce sens, ne pas laisser faire les mécanismes régulateurs de la crise est déjà un signe que le « capitalisme » ne fonctionne déjà plus « en capitalisme » autrement dit le capitalisme en tant que mode de production est mort même si les classes dirigeantes poussent vers un capitalisme d’État.

Mais depuis 2008 c’est déjà un « capitalisme d’État » ou « nationalisé » qui est à l’œuvre ! Et rien n’est résolu !

Cette idée d’un « capitalisme d’État » n’est pas nouvelle. Nous n’avons pas attendu 2020 pour connaitre l’économie « capitaliste d’État ». Et cela n’a rien résolu, bien au contraire. Ce que l’on a appelé « intervention de l’État en faveur de l’économie » n’a pas signifié une aide à la reprise mais des cadeaux sur fonds publics aux capitalistes qui les ont amenés à s’enrichir certes, et plus que jamais, mais sans investir davantage pour autant dans la production. Les interventions des institutions financières centrales n’ont fait qu’augmenter l’argent disponible pour spéculer et rendre plus rentable le fait de spéculer de manière nécrophile, c’est-à-dire en détruisant le système, ce qui fait que l’on a pu parler à juste titre d’autodestruction du système. Pourquoi les banques centrales et les États ont-ils inondé les marchés d’argent public si cela ne fait qu’aggraver l’échelle du problème ? Eh bien parce que s’ils arrêtaient, on ne distribuerait plus de rente à l’essentiel du capital et que le capitalisme s’arrêterait aussitôt par perte de confiance des capitalistes ! Ils ont donc payé le retardement de l’effondrement en distribuant de l’argent qu’ils ne possèdent pas et des sommes telles qu’ils ne les possèderont jamais, fusse en rançonnant toute la population, travailleurs et petite bourgeoisie comprise… Mais, en agissant ainsi, loin de sauver le capitalisme, ils ont seulement reconnu involontairement que la dynamique sur laquelle le capitalisme reposait était mort, qu’il n’était plus capable de fonctionner, que la simple loi du profit capitaliste entraînait la destruction du capitalisme par… le capital nocif, c’est-à-dire par la plus grande part du capital ! Oui, le capitalisme est mort dans son fonctionnement

Le système capitaliste est un système-monde ! Le nationaliser ou le féodaliser ne le sauvera pas de l’effondrement et ne sauvera pas plus les peuples !

Et aujourd’hui ce sont les mêmes politiques qui sont proposées or le système mondial de cavalerie financière à la Madoff qui a gouverné la planète depuis 2008 a démontré son inefficacité à sortir le capitalisme de l’ornière. Et il ne peut pas être remplacé par un système national d’État à la Madoff comme le tentent les classes dirigeantes. Dès lors que chaque État agit à sa guise, la méthode de 2008 ne fonctionne plus comme elle l’a bien démontré début 2020. Donc l’idée que chaque État va dorénavant sauver ses propres capitalistes en agissant sur des bases nationalistes est une idée creuse. Qu’on le veuille ou pas, le capitalisme dès ses débuts a été un système mondialisé, fonctionnant à l’aide de la finance, sans se préoccuper des frontières nationales. Il ne suffit donc pas d’un décret d’un quelconque gouvernement pour qu’il en soit autrement. C’est une erreur classique de s’imaginer que les politiques monétaires, financières, commerciales, législatives et autres des États nationaux gouvernent le capitalisme alors qu’elles ne font que s’y adapter. Le capitalisme n’est pas plus gouverné par les banques centrales que par les États des pays riches, ni par personne. C’est un système auto-organisé et il n’est pas plus piloté que le vivant ne l’est !

« Le capitalisme ne sera jamais aussi vulnérable que quand il atteindra son apogée." Karl Marx

Ce n’est pas une maladie dû à un virus qui frappe le capitalisme mondial. C’est, au contraire, de son succès que le capitalisme pâtit. Il a atteint un tel niveau de masse du grand capital que l’essentiel du capital ne peut pas trouver à s’investir dans la production et qu’il lui faut inventer sans cesse, non pas des investissements productifs nouveaux, mais des spéculations nouvelles. Et ceux qui « devraient combattre » la spéculation, c’est-à-dire les États et les banques centrales, même si elles le voulaient doivent, au contraire, lui donner des rentes et ainsi l’encourager en améliorant sa rentabilité et en la garantissant ! Agissant de manière mondiale ou nationale, les États et les banques centrales ne peuvent agir différemment sans risquer, là aussi, la chute catastrophique par un affolement des marchés financiers s’apercevant que leurs investissements spéculatifs ne reçoivent plus leurs rentes… Bien sûr, une politique d’État peut prétendre favoriser les entreprises nationales et la consommation nationale, mais cela peut à peine compenser les pertes du commerce mondial dès que les frontières se redressent et se ferment. Même des pays riches ne peuvent prétendre renoncer au marché mondial et le nationalisme ou patriotisme (expression démagogique) économique n’est qu’un discours politicien mensonger pour faire semblant de défendre les peuples en défendant les trusts soi-disant nationaux. En fait, les trusts et les banques démontrent tous les jours qu’ils n’ont rien de « national », à part pour toucher des aides d’État.

Financiarisé ou non ! C’est la dynamique même du capitalisme qui est finie

La société capitaliste, même sans le fonctionnement de la finance et du prêt de capital, a toujours reposé sur la valeur-travail produite par l’activité humaine et son exploitation, c’est-à-dire le vol d’une partie des richesses aux producteurs. Du moment que des milliers de milliards sont distribués de manière durable, sans que de nouvelles richesses correspondantes ne soient produites par personne et ne le seront jamais ; les milliards ne seront jamais remboursables par les États, fusse en pressurant follement les populations ! Ce n’est plus le capitalisme qui est à l’œuvre. Cela signifie que, pour rester au pouvoir, les capitalistes ont renoncé au fonctionnement du système dans ses bases fondamentales. Cela ne veut pas dire qu’ils ont trouvé une autre solution mais qu’au contraire l’ancien système d’exploitation n’aura plus cours et ne pourra être sauvé. Alors, même si les États et les banques centrales continuent de racheter les titres pourris ou nocifs, les dettes des trusts, des financiers, des bourses, ça ne règlera rien car l’argent ainsi distribué aux capitalistes ne peut que les pousser à nouveau à devenir des spéculateurs, à constituer d’autres actifs pourris, d’autres dettes…

L’effondrement du capitalisme ouvre une période d’instabilité politique, une période révolutionnaire !

Le fait que le système soit en train de frapper non seulement les plus démunis et les prolétaires (on envisage déjà un prolétaire sur deux jetés au chômage), mais aussi les classes moyennes (dont on prévoit de saisir les avoirs, les biens, les épargnes et les assurances-vie, et même les comptes en banque) prouve que les bases sociales du système, de sa stabilité vont nécessairement être remises en cause. Des soulèvements, des déstabilisations sociales et politiques sont inévitables et la gilet-jaunisation du monde va poursuivre son œuvre, cassant tous les pares-feux sociaux comme le réformisme politique, associatif et syndical. Que la classe possédante parvienne, malgré une situation catastrophique pour les peuples, à concentrer entre ses mains une part croissante de la richesse, et, en même temps, représente une proportion de la population sans cesse plus petite, montre que le système n’a plus de base sociale et ne peut plus que chuter au plan du pouvoir comme il chute au plan économique et social. Jamais le système n’a autant enrichi les plus riches et n’a autant nui au reste de la population du monde. Il ne peut que périr ouvrant la voie à une situation révolutionnaire que Marx et Engels décrivaient très bien dans le Manifeste du parti Communiste :

« Pour opprimer une classe, il faut pouvoir lui garantir des conditions d’existence qui, au moins, lui permettent de vivre dans la servitude. (...) Il est donc manifeste que la bourgeoisie est incapable de remplir plus longtemps son rôle de classe dirigeante et d’imposer, à la société, comme loi régulatrice, les conditions d’existence de sa classe. Elle ne peut plus régner, parce qu’elle est incapable d’assurer l’existence de son esclave dans le cadre de son esclavage, parce qu’elle est obligée de le laisser déchoir au point de devoir le nourrir au lieu de se faire nourrir par lui. La société ne peut plus vivre sous sa domination, ce qui revient à dire que l’existence de la bourgeoisie n’est plus compatible avec celle de la société. »

Si l’instabilité, qui gagne tout l’édifice du capitalisme, l’ébranlant déjà, s’intensifiera avec le temps ; les explosions révolutionnaires à venir ne sauront être victorieuses que si les peuples travailleurs ont une claire conscience de la situation dans laquelle ils se trouvent et ne se laissent pas berner par les voix du réformisme qui empêcheront toute action révolutionnaire contre le capitalisme putréfiée.

Et on le voit déjà ! Plus le capitalisme s’effondre et devient une dictature ouverte du capital sur les peuples, plus les réformistes politiques et syndicaux de tout genre nous vendent les élections frelatées de la Bourgeoisie qu’elles soient professionnelles ou pas, nous vendent l’État assassin et le repli national comme sauveur…Comme ils continuent de nous vendre les luttes corporatistes organisant la division au sein du peuple ! Pour les réformistes nos objectifs ne devraient être qu’économiques sans remettre en cause le pouvoir politique des classes dirigeantes.

La CGT lance une pétition "le jour d’après" et 34 mesures pour sortir de la crise mais pas du capitalisme

La CGT défenseur d"un capitalisme d’Etat, national et souverain ! L’histoire nous apprend que l’échec des révolutions se paie durement par la destruction massive de richesses et l’extermination de masse au travers du fascisme et des guerres.

Si nous ne voulons pas connaître une barbarie sans nom, alors que tout est fait actuellement pour polariser les peuples autour de la pandémie, devenue la principale source de mort planétaire, il est plus que vital dans la situation actuelle de diffuser que le Covid-19 n’est pour rien dans l’effondrement économique et ne sert qu’à cacher la vraie situation de la société humaine : l’impasse économique et sociale dans laquelle se retrouve le système d’exploitation mondiale qui, ayant atteint ses limites, ne peut que s’effondrer de manière fracassante. Plus national, éthique, vert, durable, etc., rien ne sauvera le capitalisme ! Le système d’exploitation est mort ! Seul lui survit sont État et ses gouvernements ! Ne nous laissons pas entrainer dans la tombe comme les esclaves auparavant dans celle de leurs maîtres !

La soi-disant perspective d’un nouveau capitalisme plus national, plus proche de sa « patrie » est une vaste comédie à laquelle se prêtent tous les réformistes défenseurs prétendus des producteurs, des prolétaires ou du peuple. Mais il est plus vrai que jamais que le capital n’a pas de patrie tout comme « les prolétaires n’ont pas de patrie et ne peuvent perdre ce qu’ils n’ont pas »comme le disait Karl Marx. Quand un système mondial atteint ses limites, ce n’est pas en se repliant sur des petits bouts nationaux qu’il peut se préserver. Quand une loi fondamentale du capitalisme, la recherche du profit maximum par les possesseurs individuels de capitaux, se met à agir méthodiquement pour détruire la production de plus-value par le travail humain, aucune réforme nationale, aucun interventionnisme institutionnel, aucun étatisme, aucun volontarisme d’un prétendu « pouvoir fort » n’y peut rien. Un système qui a fait son temps ne peut que mourir. La seule solution, c’est de partir des bases de la société précédente pour en bâtir une nouvelle, et cela ne consiste pas à changer à la marge mais à rompre avec les fondements : avec la propriété privée des moyens de production !

Alors au lieu de pleurer sur les effets dévastateurs de la « crise » comme toute une partie de l’extrême gauche qui se larmoie sur les effets néfastes de la crise, qui aujourd’hui est un effondrement, qu’on ne devrait pas payer, réjouissons-nous comme Marx et Engels, car elle ouvre enfin une fenêtre révolutionnaire pour renverser le capitalisme ! Rappelons que Marx et Engels n’ont cessé, au travers des crises du capitalisme, de faire des vœux pour que le tout s’écroule et que leurs propos, relevés par leur courrier, était de la même teneur quand ils s’exprimaient publiquement sur la crise :

« Cher Marx,

(…)… Le krach aux USA est une merveille et il n’en est encore qu’à son commencement. Il faut s’attendre encore à l’effondrement de la grande masse des maisons d’importation ; jusqu’à présent, celles qui ont fait faillite semblent n’être que des cas isolés. L’Angleterre semble aussi devoir subir le contrecoup ; ça commence par la Borough-Bank de Liverpool. Tant mieux. Maintenant, le commerce est de nouveau foutu pour trois à quatre ans, nous avons de la chance (...) »

(Lettre d’Engels à Marx, Jersey, le 29 octobre 1857).

Ou encore

« … Au total la période actuelle est agréable. L’histoire est apparemment sur le point de reprendre un nouveau départ, et les signes de décomposition sont partout de nature à combler d’aise quiconque n’est pas attaché à la conservation de l’ordre existant. »

(Lettre de Marx à Lassalle, Londres le 31 mai 1858).

Il est remarquable à quel point les militants qui, de nos jours, se disent révolutionnaires, ont tendance à parler de la crise du capitalisme avec des airs catastrophés comme si la chute du capitalisme devait être examinée avec un air contrit, affolé ou simplement négatif !

Le capitalisme est mort ! Vive la révolution sociale et internationale des Peuples Travailleurs !

Balayons la république des grandes fortunes ! Vive la République des Comités de Travailleurs.ses et des Communes Révolutionnaires fédérées du Peuple travailleur !

A bas la société de classe et L’État ! Vive le communisme, société sans classe et sans État !

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