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Les guerres des puissances capitalistes occidentales (Afghanistan, Irak, Côte d’Ivoire, Libye, Syrie, Mali, Soudan sud, Pakistan, etc….) ont été soi-disant menées pour… sauver les femmes, sauver les enfants, sauver les peuples, sauver la démocratie et sauver la paix !!!

jeudi 1er mai 2014, par Robert Paris

Les guerres des puissances capitalistes occidentales (Afghanistan, Irak, Côte d’Ivoire, Libye, Syrie, Mali, Soudan sud, Pakistan, etc….) ont été soi-disant menées pour… sauver les femmes, sauver les enfants, sauver les peuples, sauver la démocratie et sauver la paix !!!

Dans tous ces pays, les femmes sont plus opprimées et misérabilisées que jamais, les peuples souffrent plus que jamais, la démocratie est absente et la guerre est sans fin…

Irak

Les violations des droits de l’Homme sont courantes en Irak et les conditions des femmes et des minorités se sont détériorées, huit ans après la chute du dictateur Saddam Hussein, affirme Human Rights Watch (HRW). En outre, selon l’étude publiée lundi soir par cette organisation basée à New York, les journalistes sont harcelés et l’objet de violences de la part des forces de sécurité et des hommes politiques, tandis que les détenus subissent des sévices.

« Aujourd’hui, l’Irak est à la croisée des chemins : ou il choisit de respecter les droits de l’Homme ou il risque de redevenir un État policier », assure Joe Stork, directeur adjoint de HWR pour le Moyen-Orient.

« Huit ans après l’invasion américaine, la condition des femmes et des minorités a empiré alors que les droits des journalistes et des prisonniers sont violés », ajoute-t-il.

Pour HRW, les droits des Irakiens « sont bafoués en toute impunité » et celui qui ose faire état des violences, commises par des responsables gouvernementaux ou des groupes armés, s’expose dangereusement.

Selon cette ONG, il y a une nette détérioration des droits des femmes alors qu’avant la guerre du Golfe de 1991 les Irakiennes jouissaient de la meilleure protection de tout le Moyen-Orient.

Le rapport note que les milices ont assassiné des femmes et relève que la violence domestique s’est accrue. Pire encore, selon HRW, celles qui cherchent protection auprès de responsables gouvernementaux risquent de subir encore plus de harcèlements et de violences. En outre le trafic sexuel est en augmentation.

Les minorités sont dans une « situation désespérée car elles sont attaquées et ne bénéficient pas de protection de la part du gouvernement ». HRW reproche aussi à l’Etat de ne pas agir en faveur « des citoyens les plus vulnérables, comme les personnes déplacées ou les handicapés ».

Par ailleurs, HRW relève que les « enquêteurs irakiens font subir de mauvais traitements aux détenus, quelles que soit leur confession, pour extorquer des aveux ». Il réclame aussi l’ouverture d’une enquête « indépendante et impartiale sur les allégations de torture et de mauvais traitements ».

HRW a interrogé pour son rapport 178 Irakiens de différentes professions et milieux sociaux, dont des personnes ayant subi des violences, dans sept villes du pays en avril 2010.

Comment pourrions nous parler de droits et même du droit à la vie quand la société entière est militarisée. Maintenant le gouvernement irakien est composé de milices, certaines issues de partis politiques, de gangsters et de bandits qui mettent à mal le droit des femmes. La pauvreté, l’absence d’emploi et le manque de sécurité… tout cela contribue à rendre la vie des femmes de plus en plus difficile. La montée en puissance des groupes islamistes tant au pouvoir que dans l’opposition à relégué l’Irak dans une période d’obscurantisme en ce qui concerne les droits des femmes.

Sous le régime de Saddam, aucune organisation indépendante n’avait le droit d’exister, en fait il n’y avait ni parti politique ni mouvement autorisés. L’Irak était à la botte d’un seul et unique parti politique affilié au pouvoir, c’était le parti Baas. Il y avait une organisation de femmes et une confédération syndicale qui émanait du parti Baas et qui étaient à la solde du régime.

Comme on le sait l’Irak a traversé bien des guerres : la guerre Iran-Irak, plus tard, l’attaque du Koweït a donné lieu à la guerre du Golfe suivie de treize ans de sanctions, puis il y a eu la deuxième guerre du Golfe et l’occupation de 2003. De plus, on vivait sous une dictature, tu peux imaginer les conditions de vie du peuple. L’occupation militaire s’est accompagnée d’une détérioration de la situation des Irakiens en termes de sécurité et l’on a assisté à une montée de l’islamisme et de la violence.

L’Organisation pour la Liberté des Femmes en Irak (Organisation of Women’s Freedom in Iraq, OWFI) a été créé en juin 2003 quand Yanar Mohammed est rentrée du Canada pour la fonder. Il était important de former un lieu où la parole serait libre, un lieu contre l’occupation, un mouvement de femmes anti-islamiste. L’organisation Internationale pour la Liberté des Femmes est à l’avant-garde du combat pour la laïcité, pour l’égalité homme-femme et la défense des droits des femmes.

Le Kurdistan irakien a eu son propre soulèvement en 1991 et nous avions une indépendance partielle par rapport à l’Irak. Les partis politiques Kurdes [nationalistes] gouvernaient localement [NdT : Houzan est Kurde] mais ils n’ont pas fait grand cas de la liberté des femmes ni même de la liberté d’expression. On tue des femmes pour des raisons diverses, les femmes sont victimes de mariages forcés, de mutilations génitales et de toutes autres formes de violence. De plus, la répression politique exercée à l’encontre de ceux qui défendent leurs droits vis-à-vis du gouvernement est très répandue.

Les Kurdes ne baissent pas les bras. Il y a eu des manifestations et des soulèvements contre l’ordre établi. Ils se sont soulevés le 19 février 2011, mais ces manifestations ont été durement réprimées par les milices et les partis politiques au pouvoir. Personne ne reste silencieux, nous nous battons toujours pour nos droits, pour nos libertés et pour la justice sociale. La résistance continue.

Déposé à quelques semaines des élections législatives du 30 avril, un projet de loi qui, selon ses partisans, ne fait que réguler les coutumes locales en matière d’héritage, de mariage et de divorce, pourrait légaliser le mariage de filles à partir de neuf ans !

Le texte, qui porte le nom d’une école de jurisprudence chiite, risque cependant d’attiser les tensions déjà vives entre les différentes composantes de la société irakienne, dans un pays confronté depuis un an à une nouvelle vague de violences meurtrières. Les détracteurs du projet dénoncent particulièrement une clause autorisant les filles à divorcer dès l’âge de neuf ans, ce qui induit la possibilité de se marier encore plus jeune, dans un pays où un quart des jeunes filles sont mariées avant l’âge de 18 ans, selon une étude américaine.

Militants laïques irakiens et ONG internationales fustigent également une autre clause obligeant les femmes à avoir des relations sexuelles avec leur mari à chaque fois que ce dernier le souhaite, dans laquelle ils voient une légalisation du viol conjugal. D’autres clauses, plus dérisoires, énumèrent les conditions dans lesquelles une mère peut allaiter son bébé ou détermine le nombre de nuit qu’un polygame doit passer avec chacune de ses épouses.

« Ce projet de loi est un crime humanitaire et une violation du droit des enfants », s’insurge Hanaa Edwar, une militante dirigeant l’association Al-Amal (espoir, en arabe). De plus, le texte « transforme les femmes en objets sexuels (…) et efface tous leurs droits ». Le ministre de la Justice, Hassan al-Chammari, membre du parti chiite Fadhila, a en revanche assuré que la loi contenait des articles apportant « les garanties de base pour maintenir les droits et la dignité des femmes ».

Les opposants au projet redoutent aussi que le fragile équilibre confessionnel du pays soit encore plus mis à mal par ce texte, qui pourrait remettre en question la loi de statut personnel irakienne, considérée comme l’une des plus progressiste dans la région. Une telle loi « contribuerait à fragmenter l’identité nationale », selon l’émissaire de l’ONU en Irak, Nickolay Mladenov, qui craint de voir « annulées les avancées faites pour protéger les droits des femmes garanties dans la Constitution ».

Des figures religieuses ont également critiqué le texte, à l’instar de Bachir al-Najafi, un important responsable chiite ayant publié une fatwa selon laquelle le projet pose plusieurs problèmes « de droit et de doctrine ». « L’idée de cette loi est que chaque religion puisse réguler et organiser les questions de statut personnel selon ses croyances », a expliqué le député chiite Ammar Toma, lui aussi membre du Fadhila, principal soutien du projet.

Selon lui, il s’agit aussi de moderniser l’arbitrage des différends conjugaux par des chefs locaux. « Au lieu de maintenir les enjeux maritaux dans cet ancien giron, la loi les porte vers les institutions étatiques », a-t-il expliqué. Un haut responsable au sein de gouvernement a cependant dénoncé une manoeuvre politicienne, expliquant que le Premier ministre Nouri al-Maliki, un chiite, cherchait avant tout à préserver les chances d’une alliance post-électorale avec le Fadhila, aucun parti ne semblant en mesure de remporter la majorité lors des élections.

« Soumettre le projet de loi, à ce moment précis, obéit à des motifs politiques et électoraux », a estimé Ihsan al-Chammari, professeur de science politique à l’Université de Bagdad. « Tout le monde est en train de chercher des voix et de mobiliser sa base » électorale, a-t-il insisté.

. Pour ce 8 mars 2014, Journée Internationale des Femmes, nos camarades de l’OWFI (Organisation pour la Liberté des Femmes en Irak) se mobilisent contre la nouvelle loi du statut personnel que veut imposer le gouvernement islamiste réactionnaire de Jaafari.

Le 3 mars, les militantes de l’Organisation pour la Liberté des Femmes en Irak ont organisé un premier piquet de protestation contre cette loi sur la Place Tahrir à Bagdad :

Des milliers de femmes sont détenues illégalement dans les prisons irakiennes, selon un rapport d’Human Rights Watch rendu public jeudi. Elles sont victimes de torture et de maltraitances, dont des attaques sexuelles.

Ces allégations, détaillées dans un rapport de 105 pages, sont fondées sur les témoignages de prisonnières, de membres de leur famille, de leurs avocats, de médecins en prisons, et de documents de justice. Elles ajoutent de la crédibilité aux accusations lancées par la communauté sunnite, confession de la majorité des prisonnières.

Les sunnites s’estiment injustement visés par le pouvoir, dominé par les chiites, et les forces de sécurité, et protestent régulièrement contre la façon dont sont traitées les prisonnières. Selon HRW, certaines ont affirmé avoir été battues, frappées, giflées, soumises à des chocs électriques, et violées. D’autres ont été menacées de viol, parfois en présence de leurs proches.

Selon l’ONG américaine, sur les 27 femmes qu’elle a pu interviewer, l’une marchait avec des béquilles après avoir, a-t-elle dit, été battue et soumise à des chocs électriques pendant neuf jours. Cette femme a depuis été exécutée, et ce malgré un rapport médical confirmant ses accusations de torture.

HRW souligne également que les femmes sont souvent arrêtées pour être interrogées sur des proches ou pour faire pression sur les membres masculins de la communauté, plus que pour des crimes qu’elles auraient elles-même commis.

L’Irak ne fait par ailleurs pas suffisamment de cas des accusations de torture et de maltraitance, souligne l’ONG, qui rapporte que pour chaque cas porté devant un juge, aucune enquête n’a été ouverte.

Afghanistan

Un des grands objectifs affichés de l’implication militaire des puissances occidentales en Afghanistan en 2001 était d’y « libérer les femmes »… Or, 13 ans plus tard, l’Afghanistan se trouve tout au haut de la liste des pays les plus dangereux pour les femmes dans le monde.

La mission de l’ONU, qui a cautionné toutes ces interventions militaires, s’inquiète elle-même dans son rapport de la hausse "alarmante" du nombre de victimes civiles parmi les femmes ("36% par rapport à 2012) et les enfants ("34%), qui atteignent des proportions plus vues depuis 2009.

"La triste réalité, c’est que la plupart des femmes et des enfants sont tués ou blessés dans leur vie quotidienne, chez eux, sur le chemin de l’école, lorsqu’ils travaillent dans les champs", explique Georgette Gagnon, une responsable de l’Unama chargée des droits de l’homme.

Lors des deux élections précédentes, en 2004 et 2009, des femmes s’étaient présentées, là ce n’est pas le cas. Il y a un certain retrait régression pour elles, lié au départ des internationaux sur le terrain (ONG, soldats etc...). La question des libertés des femmes afghanes, qui touchait beaucoup l’opinion internationale il y a quelques années, n’est plus à l’ordre du jour. Tous les candidats à cette présidentielle sont conservateurs sur cette question, ils ne se mouillent pas trop en matière de libertés féminines, afin de ne pas perdre trop de voix. Il faut rappeler que l’Afghanistan est une région où la question de la place des femmes est sensible. Pour acheter la paix sociale avec les pays voisins, les acteurs régionaux, certains n’hésitent pas à mettre de côté la question de la place des femmes dans la société.

Un projet de loi récemment adopté par le parlement afghan constitue une menace pour la sûreté et la sécurité des femmes et des filles afghanes. S’il est promulgué en loi, les conséquences seraient dévastatrices : viols, passages à tabac et « crimes d’honneur » pourraient être commis en relative impunité, les pères pourraient plus facilement arranger des mariages précoces, les femmes et les filles auraient peu de chance d’obtenir justice en cas de violences. En cas d’agression contre une femme ou une fille de la part d’un membre de sa famille, non seulement la victime ne pourrait pas témoigner contre son agresseur, mais tout autre témoignage d’un proche parent de l’accusé serait également refusé.

« Le fait de réduire les témoins au silence, ce qui inclut non seulement les membres de la famille de l’accusé [...] a plus que pour simple conséquence de faire en sorte que ces actes puissent se produire en toute impunité, cela incite également à la violence » a déclaré l’organisation Women for Afghan Women.

Les femmes Afghanes se battent pour l’égalité des droits et pour bénéficier de la même protection juridique, mais sont en danger imminent de perdre des acquis durement gagnés.

Et maintenant, un petit changement au Code criminel pourrait avoir de grandes conséquences dans un pays où les crimes d’honneur et les mariages forcés sont chose commune.

Une nouvelle législation interdit aux parents d’une personne accusée de violence de témoigner contre celle-ci devant les tribunaux. Le président afghan, Hamid Karzai, s’apprête à signer cette loi déjà approuvée par le parlement.

Comme la plupart des actes de violence contre les Afghanes ont lieu à l’intérieur d’une même famille, le changement juridique fera en sorte qu’il sera impossible d’engager des poursuites dans les cas d’abus, affirme le quotidien The Guardian.

Des groupes de défense des droits de la personne affirment que le changement au Code criminel « permettra à ceux qui battent des filles et des femmes à s’en sortir » avec impunité.

En d’autres mots, les hommes pourront agresser leurs soeurs, des femmes et des filles sans crainte la justice car les témoins immédiats — membres de la parenté, ne pourront pas parler en cour.

Il va sans dire que cette loi représente un recul important…

C’est à se demander pourquoi le Canada a dépensé 18 milliards $ pour participer à l’aventure militaire dans ce pays.

En Afghanistan, 12 ans après la chute des talibans, le gouvernement Karzai devrait réintroduire la lapidation comme peine capitale pour les auteurs d’adultère avec un projet de réforme du code pénal basé sur la charia.

Dimanche se réunissait à Kaboul la " Loya Jirga ", la " Grande assemblée ". Sublime parterre traditionnel de 2.500 chefs de clans, de tribus, de grandes familles afghanes. Ils ne sont pas élus et ils s’en moquent. Les grandes leçons de démocratie importées depuis 30 ans n’y changent rien. Un homme ne vaut pas un vote. Ils sont rois d’une vallée, d’une montagne, d’un quartier. Leur nom vaut mandature et le président Hamid Karzai sait que rien ne se décide dans le pays sans leur accord. Ce dimanche, ils ont longtemps palabré sur un plan de retrait des 75.000 soldats américains et ont dit OK pour signer l’accord avant la fin de l’année. Pourquoi signer un accord pour partir me direz vous ? Essentiellement pour éviter de se faire canarder sur le chemin du retour et s’assurer que l’armée, mais aussi les chefs traditionnels dont de nombreux talibans, observeront un peu de retenu.

Et pendant ce temps à Kaboul ? Et bien pendant ce temps, " le gouvernement afghan travaille monsieur ", à construire l’avenir, comme tout bon gouvernement. En ce moment, le texte qui retient son attention est celui de la réforme du code pénal. Un article qui prévoit surtout de rétablir la peine de mort par lapidation en cas d’adultère. Pour la femme adultère, la mort évidemment : le crâne et les os brisés à coup de pierres. Pour son amant, la mort s’il est marié lui aussi (l’égalité des sexes progresse en Afghanistan). Mais si l’amant est célibataire, ce sera seulement 100 coups de fouet. La sanction du vol et de la consommation d’alcool sont aussi à l’étude. Apparemment, on se dit à Kaboul qu’on a envoyé le bouchon un peu loin ces dernières années et qu’il est temps de revenir aux traditions. La charia, toute la charia, rien que la charia. La pression des talibans et des chefs qui leur sont proches n’y est pas pour rien.

Le Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes a dénoncé lundi le niveau toujours élevé des violences infligées aux femmes en Afghanistan et a demandé aux autorités de mettre fin à l’impunité des coupables.

Dans un rapport sur la situation des femmes dans ce pays, le Comité fait part de sa "profonde préoccupation face au niveau élevé de violence faite aux femmes", malgré certaines avancées du point de vue légal, et cite en particulier la violence domestique, les viols, la lacération et la lapidation.

Le rapport dénonce les mariages forcés, et le fait que certaines femmes victimes de violences se voient obligées à s’auto-immoler, tandis que d’autres sont condamnées pour avoir tenté de fuir leur foyer.

"L’Afghanistan présente (…) un concentré de violences qui sont pour la plupart liées à des systèmes patriarcaux, ancestraux et qui sont d’autant plus exacerbées qu’elles interviennent dans des zones qui ne sont pas forcémment sous le contrôle direct de l’Etat", a expliqué la présidente du Comité, Nicole Ameline, en conférence de presse.

Le rapport déplore l’impunité dont jouissent les coupables et le fait que certains proches empêchent les victimes de porter plainte.

Il critique aussi la très faible représentation des femmes sur le plan politique, en particulier au sein du Haut conseil de paix (HCP), une instance créée par le président afghan Hamid Karzaï pour tenter de négocier avec les insurgés alors que le retrait de la force internationale de l’Otan en Afghanistan (Isaf) est prévu pour fin 2014.

"Nous restons inquiets sur l’Afghanistan parce que nous sommes dans un moment décisif", a souligné Mme Ameline.

"Si nous ne réussissons pas à préserver les droits des femmes après avoir consacré tant d’énergie, tant de moyens, tant de soutien sous toutes les formes dans ce pays, ce serait un échec pour la communauté internationale", a ajouté la Française.

Elle a lancé un appel à la communauté internationale pour créer un mécanisme de suivi en Afghanistan pour aider les autorités à consolider et développer le socle légal protégeant les droits des femmes.

"C’est un devoir pour la communauté internationale", a insisté Mme Ameline. Elle a indiqué par ailleurs avoir rencontré des représentants des autorités afghanes lors de l’élaboration du rapport et a indiqué qu’à cette occasion "le gouvernement, par ses représentants, a pris des engagements précisant que la question des droits des femmes n’était pas négociable".

Malgré des milliards de dollars dépensés par la communauté internationale depuis la chute des talibans en 2001, la cause des femmes a peu évolué dans les provinces afghanes, très fortement marquées par le poids de la coutume.

Le Parlement afghan a dû interrompre samedi un débat houleux sur une loi contre les violences aux femmes, plusieurs députés ayant exprimé leur vif désaccord avec cette loi qu’ils estiment contraire à la charia.

Le Parlement afghan a dû interrompre samedi un débat houleux sur une loi contre les violences aux femmes, plusieurs députés ayant exprimé leur vif désaccord avec cette loi qu’ils estiment contraire à la charia.

Le président Hamid Karzaï a ratifié en 2009 un décret sur l’Elimination des violences contre les femmes, qui interdit notamment les mariages forcés, la violence conjugale, et fixe l’âge légal du mariage à 16 ans pour les filles et 18 ans pour les garçons.

La loi n’a donc pas besoin de l’approbation du Parlement, mais une députée, Fawzia Kufi, a souhaité obtenir le soutien de la chambre basse pour éviter que le successeur de Karzaï à la présidence, qui sera élu l’an prochain, ne puisse abroger à son gré la loi, en cas notamment de négociations avec les insurgés talibans.

Or, le président du Parlement a dû interrompre rapidement la séance, de nombreux députés exprimant leur désaccord avec cette loi contraire, selon eux, à la loi islamique ou charia.

Certains députés ont estimé que le mariage des fillettes ne pouvait être considéré comme un crime.

Aucune date n’a été fixée pour la reprise des débats.

Plusieurs militantes des droits des femmes se sont opposées à l’examen de cette loi par le Parlement.

"C’est très inquiétant pour nous. Nous nous sommes battues pendant des années pour avoir cette loi. Si le Parlement la change, les femmes vont retourner dix ans en arrière", a déclaré à l’AFP Mahbooba Seraj.

Cette loi constitue l’une des plus grandes avancées de ces dernières années pour les Afghanes, mais elle n’est bien sûr pas respectée dans les zones très vastes sous contrôle ou influence des insurgés, notamment dans le sud et l’est du pays.

Sous le régime intégriste des talibans (1996-2001), les femmes ne pouvaient étudier ni travailler à l’extérieur.

Les femmes craignent une radicalisation de la société afghane sous l’influence des talibans après le scrutin présidentiel de 2014 et le départ de l’essentiel de la force internationale de l’Otan prévu à la fin de la même année.

Le Parlement afghan n’est pas parvenu, samedi 18 mai, à faire adopter une loi visant à interdire les violences à l’encontre des femmes, un nouveau coup porté à la cause des femmes dans ce pays musulman conservateur, depuis le renversement des talibans à la fin de 2001.

Le président Hamid Karzaï avait approuvé en 2009 par décret"la loi sur l’élimination des violences faites aux femmes", mais l’accord de l’Assemblée est encore nécessaire pour qu’elle soit définitivement adoptée.

Depuis 2009, cette loi fait débat au Parlement, où s’affrontent les députés traditionalistes, tenants d’une stricte application de la loi islamique, et les élus laïques libéraux, obligeant le président de l’Assemblée à reporter sans cesse les débats.

Après plus de deux heures de discussions houleuses entre la députée Fawzia Koofi, qui préside la commission des femmes au Parlement, et des députés conservateurs, le président du Parlement, Abdul Rauf Ibrahimi, a ajourné les débats, sans donner de nouvelle date.

Un grand nombre d’élus, des hommes pour la plupart, invoquent la violation de la loi islamique ou charia, comme motif de leur désaccord.

L’exécution filmée d’une femme est untriste rappel de la condition féminine en Afghanistan.

Une vidéo montrant l’exécution par balle d’une femme soupçonnée d’adultère dans un village d’Afghanistan relance une nouvelle fois la polémique sur les avancées de la condition féminine après dix années de présence internationale.

Sur la vidéo, tournée dans un petit village de la province de Parwan, à une centaine de kilomètres de Kaboul, on voit plusieurs dizaines d’hommes fixant la silhouette d’une femme recouverte d’un voile grisâtre, qui leur tourne le dos.

L’accusée, assise sur ses talons, écoute la sentence sans bouger ni chercher à s’enfuir. "Cette femme, fille de Sar Gul, sœur de Mostafa et épouse de Juma Khan, s’est enfuie avec Zemarai. Elle n’a pas été vue dans le village pendant environ un mois, énonce son juge d’un jour, un homme portant une longue barbe noire, après avoir cité quelques versets du Coran condamnant l’adultère. Mais heureusement, les moudjahidines l’ont attrapée. Nous ne pouvons lui pardonner."

Une kalachnikov est alors tendue à un homme vêtu de blanc qui se poste deux mètres derrière l’accusée. Aux cris d’"Allah akbar" (Dieu est grand), celui-ci tire deux premiers coups en direction de la femme, qu’il manque. Une troisième balle la touche à la tête. La victime s’écroule. Ce qui n’empêche pas son bourreau de faire feu à encore dix reprises sur son cadavre. Dans la foule, uniquement composée d’hommes, certains enregistrent la scène sur leurs téléphones portables. D’autres demandent au tueur d’arrêter de s’acharner. D’autres ont le sourire aux lèvres.

La version officielle des autorités afghanes est substantiellement différente. D’après Roshna Khalid, une porte-parole de la province de Parwan, Najiba, 22 ans, a été arrêtée par les talibans pour avoir eu des "relations" avec un commandant taliban. "Il y a seize jours", les talibans ont décidé "en moins d’un heure qu’elle était coupable et l’ont condamnée à mort. Ils l’ont abattue devant les habitants de son village", a raconté la porte-parole. La police et l’armée, mobilisées ailleurs, n’ont pu intervenir, selon elle.

Les forces de sécurité préparent toutefois "une grande opération" dans le district "pour retrouver les coupables", a averti Roshna Khalid. Le ministère de l’intérieur a "fortement condamné" un acte "anti-islamique et inhumain" commis par "des tueurs professionnels".

Des crimes de la sorte perpétrés contre des femmes sont rapportés chaque mois en Afghanistan, surtout dans les campagnes régies par les traditions. Selon l’ONG Oxfam, 87 % des Afghanes affirment avoir subi des violences physiques, sexuelles ou psychologiques ou un mariage forcé. Dans les grandes villes, où l’influence de la coalition de l’OTAN, présente depuis fin 2001, est sensible, des progrès sont palpables.

Ce qui fait craindre qu’après le départ de la grande majorité des troupes étrangères à la fin 2014, la situation se dégrade. Nombre d’ONG redoutent que les droits des femmes afghanes ne fassent les frais d’un éventuel futur retour au pouvoir des talibans, avec qui le président Hamid Karzaï et les Occidentaux tentent de négocier la paix.

La vision rigide des autorités, y compris du gouvernement, est vue par certains observateurs comme une façon de s’attirer les faveurs des insurgés. Début mars, Karzaï a ainsi appuyé le Conseil des oulémas, la plus haute autorité religieuse, lorsque celui-ci a édicté que "l’homme est fondamental et la femme secondaire".

Pour préserver les acquis de sa décennie de présence, la communauté internationale a promis dimanche à Tokyo 16 milliards de dollars d’aide sur quatre ans à l’Afghanistan. Mais elle a assorti cette promesse d’une série de conditions à respecter par la partie afghane, dont la promotion des droits des femmes fait partie.

"Quand les talibans étaient au pouvoir, les droits des femmes ont été ignorés, attaqués et entamés. Ce meurtre de sang-froid constitue un nouveau rappel aux Afghans et à la communauté internationale de la brutalité des talibans", a dénoncé le porte-parole du président Barack Obama, Jay Carney.

La Force internationale de l’OTAN en Afghanistan (ISAF) s’est de son côté dite "prête à aider les forces afghanes dans la traque des auteurs de cet acte haineux", a déclaré son commandant, le général américain John Allen.

Une petite trentaine de personnes, pour la moitié des femmes, portant des pancartes demandant "Où est la justice ?" ou "Appliquez la loi", ont manifesté samedi à Kaboul après la mort de cinq femmes en Afghanistan ces derniers temps.

"Nous protestons au nom de ces femmes afghanes dont les voix ne sont pas entendues. Nous voulons nous faire entendre après leur meurtre", a indiqué Fatima Saidi, 17 ans, à l’AFP. "Même notre gouvernement ne nous aide pas à réduire les violences faites aux femmes", a-t-elle ajouté.

"Pourquoi ces violences continuent-elles en Afghanistan ? Les femmes sont aussi libres. Elles ont le droit de vivre, de travailler, d’étudier, comme les hommes. Donc pourquoi devraient-elles être tuées ?", s’est indignée Sadaf Fitrat.

Depuis mars, trois femmes ont été tuées dans la province d’Herat (ouest), dont une décapitée par son mari, une autre a été assassinée par son époux à Khost (nord) et une autre a été pendue selon la décision d’un tribunal tribal en Paktia (sud-est).

Plus de 50 policiers étaient présents pour protéger les manifestants, suivis par au moins autant de journalistes, rendant la marche encore moins massive qu’elle ne l’était.

Ferdous Samim, membre mâle de l’association Jeunes femmes pour le changement (YMC), qui a organisé l’évênement, ne s’est pas montré déçu de la faible participation car le défilé "n’a pas été annoncé pour des raisons de sécurité".

Certains invités "ne sont pas venus car ils ne voulaient pas apparaître dans la presse" tandis que d’autres ont "connu des problèmes avec leur famille" au sujet de la marche, ce qui les a empêchés d’y venir, a-t-il également observé.

"Les gens nous accusent d’être occidentalisés. C’est pour cela qu’il est difficile de venir à la manif’. Mais notre idée était qu’elle se tienne, quel que soit le nombre de participants", a-t-il remarqué.

Dix ans après la chute des talibans, qui leur ont interdit le travail, l’éducation ou tout simplement de sortir de chez elles non accompagnées, des femmes afghanes se battent pour la reconnaissance de leurs droits. Ceux-ci sont particulièrement maigres dans les campagnes, régies par la tradition.

Ces femmes sont très inquiètes du fait que leur cause soit instrumentalisée à leur détriment par Kaboul dans le cadre des négociations de paix avec les talibans et les autres groupes insurgés, pour mettre fin à dix ans de conflit.

Halima est agenouillée, devant plus de 300 personnes au coeur du village isolé de Kookchaheel, au nord-ouest de l’Afghanistan. Agée d’une vingtaine d’années, elle porte un long tchador et attend son heure. Une prière funèbre est prononcée puis son père, placé cinq mètres derrière elle, tire trois balles avec une kalachnikov. Elle s’effondre. Son frère vient pleurer sa mort brutale, devant la foule impassible. Pour le tireur, sa fille avait déshonoré la famille en abandonnant son mari, tentant de fuir avec son cousin. L’histoire commençait à faire du bruit au village, il fallait rétablir l’ordre.

Selon l’organisation Amnesty International, cette exécution d’un autre temps a eu lieu le 22 avril dernier, plus de onze ans après la chute du régime intégriste des talibans, tristement célèbre pour ses exécutions publiques de femmes. Cette nouvelle affaire de « crime d’honneur » en Afghanistan suscite d’autant plus l’indignation que personne n’a jusqu’ici été arrêté. Pourtant, tout a été filmé.

Quelques jours auparavant, Halima s’était enfuie avec un cousin tandis que son mari et père de ses deux enfants se trouvait en Iran. Le cousin a abandonné deux jours plus tard la jeune femme, qui a fini par être retrouvée par son père et ramenée à la maison. « Mais les gens ont commencé à parler au village de ce qui était arrivé et un neveu du père, un religieux enseignant le Coran dans une école, lui a dit que sa fille devait subir la peine capitale », raconte le chef de la police provinciale, Sharafuddin Sharaf.

« Le conseil religieux a d’abord opté pour la lapidation, mais comme le cousin est en fuite, il a été décidé de l’exécuter par balles », poursuit une militante des droits de l’Homme sur place. Dans certaines communautés musulmanes très conservatrices, les coupables d’adultère sont parfois exécutés ensemble par lapidation. Mais y avait-il eu adultère entre Halima et son cousin ? Personne ne l’a fermement confirmé. Selon la militante, le mari d’Halima s’était opposé à l’exécution et avait même tenté de rentrer au village avant qu’elle ne se produise. Mais le père était déterminé.

« Nous essayons de les arrêter mais c’est une zone instable jouxtant la province d’Hérat où les talibans sont actifs », a déclaré le chef de la police provinciale qui assure être arrivé deux jours après l’exécution et que le père s’était déjà enfui. « Les violences contre les femmes continuent d’être endémiques en Afghanistan et ceux qui en sont responsables sont rarement traduits en justice », déplore Amnesty International.

Sous le régime des talibans (1996-2001), les Afghanes ne pouvaient pas travailler à l’extérieur ni étudier, sans compter les abus et violences qu’elles subissaient sans espoir d’obtenir justice. Elles craignent désormais que le départ de l’essentiel des forces internationales à la fin 2014 ne remette en cause leurs quelques avancées en matière de droits et d’éducation et que les religieux ultra conservateurs n’accentuent leur emprise sur la société afghane après cette échéance. Kaboul a adopté en 2009 une loi criminalisant les mariages forcés, le viol, et les autres violences faites aux femmes, mais elle est rarement appliquée, déplorent Amnesty International et d’autres organisations de défense des droits de l’Homme. Et d’autres crimes d’honneur ont continué depuis à défrayer la chronique. En juillet 2012, une femme accusée d’adultère avait été exécutée par balles par les talibans dans la province de Parwan, limitrophe de celle de Kaboul. Deux ans auparavant, un couple avait été lapidé par des centaines de villageois près de Kunduz (nord) dans une zone contrôlée par les talibans.

Libye

Le 23 octobre 2011, les responsables du fameux Conseil National de Transition ont en effet annoncé, la libération de la Libye… au détriment de la libération de la femme. Curieuse définition de la liberté ! Moustapha Abdel Jalil, Président du Conseil national de transition et ancien ministre de Kadhafi, promet donc un bel avenir aux femmes libyennes. Il a annoncé que la future Constitution sera établie sur « la loi coranique », ce qui veut dire qu’elles seront tenues à l’écart de toute décision et participation à la soi-disant démocratie. C’est un bond de 40 ans en arrière pour les femmes libyennes que leur promet Abdel Jalil : le divorce sera interdit, et la polygamie restaurée.

Kadhafi appliquait une dictature immonde. Le nouveau régime d’Abdel jalil qui montre son intention de réprimer les femmes, ne sera certainement pas mieux. Sans oublier, les complices impérialistes de la guerre en Libye, qui se moquent aujourd’hui éperdument du sort des femmes libyennes ! Le retour à la Charia prouve que le Conseil National de Transition n’avait aucune intention de « libérer » qui que ce soit, surtout pas les femmes qui composent la moitié de la population libyenne. Que ce soit en Libye ou ailleurs, les régimes bourgeois ont encore prouvé qu’ils n’intervenaient jamais pour le bien des populations, mais seulement pour leurs propres profits. Pour obtenir une vie meilleure et en finir avec la terreur des dictatures islamiques, pour que cela change vraiment, la population libyenne ne doit compter que sur sa propre force et non sur les nouveaux tyrans reconvertis en CNT, ni sur les forces de l’OTAN.

La population de Libye ne s’est pas révoltée pour un gouvernement à la Karzaï…

Mustafa Abdul Jalil, ex-ministre de la justice de Kadhafi et chef du “Conseil National de Transition” en Libye, a, dans son premier discours à Trablous, rejeté à la fois “l’islam fondamentaliste” et la “laïcité”, et déclaré que le gouvernement de Libye sera “moderne et démocratique”, basé sur “un Islam et une charria modérés”. En d’autres termes, il à la promis un gouvernement du type de celui de Karzaï en Afghanistan à la population de Libye.

Ce n’est pas ce que veut la population de Libye. Le gouvernement renversé de Kadhafi était, lui aussi, une sorte de gouvernement islamique modéré. Le gouvernement promis par Abdul Jalil ne peut être “moderne et démocratique” que comme l’était le régime de Kadhafi. Pour l’ancien ministre de la justice de Kadhafi ce n’est pas un problème. Mais les masses de gens qui, pendant plus de six mois, ont mené une lutte héroïque et forcé le dictateur à fuir, ne se satisferont pas d’une nouvelle copie du même gouvernement.

Bien sûr, cette nouvelle version de l’ancien gouvernement est l’alternative que souhaite aussi les gouvernements occidentaux. Un des objectifs de l’intervention militaire de l’OTAN était de mettre en place un gouvernement de type Karzaï comme étant le fruit de la révolution libyenne, et maintenant, la tâche de constituer un tel gouvernement est délégué à l’ancien ministre de Kadhafi, tout comme Tantawi, ex-général de Moubarak, a eu le même rôle en Egypte. Face à ces tentatives des gouvernements occidentaux et des restes des gouvernements renversés, il y a le peuple qui s’est levé pour le bien-être, la liberté, l’égalité et une vie humaine. L’islamisme, quelque soit sa branche, est dans son essence même en contradiction avec ces revendications et désirs de la population. Le peuple iranien, après plus de trente ans de vie sous le joug du gouvernement islamique et de sa constitution, connaît cette réalité mieux que quiconque.

Le message du peuple iranien au peuple de Libye et des peuples soulevés d’autres pays est : n’acceptez pas la moindre interférence religieuse, qu’elle soit modérée ou fondamentaliste ou sous un autre nom, dans le gouvernement, le système éducatif et la justice. La laïcité est la condition essentielle et fondamentale pour obtenir la liberté, le bien-être et l’humanité dans toute société. En particulier dans les révolutions actuelles, depuis la révolution iranienne de 2009 aux révolutions tunisienne, égyptienne, libyenne et syrienne, qui se passent dans des sociétés infectées par l’islamisme, la mise en place de la laïcité est une condition à toute aspiration à la liberté et un indicateur important pour différencier les forces révolutionnaires des réactionnaires.

Il importe que la population en Libye, comme celle d’Egypte, se dresse contre le front réactionnaire du gouvernement de transition mis en place par les gouvernements occidentaux, les islamistes et les débris des régimes renversés, et continue sa lutte jusqu’à l’obtention du “pain, de la liberté et de la dignité humaine”.

Le secrétaire du Conseil National de Transition de Libye, Moustafa Adbul Jalil, lors de la célébration de la "libération de la Libye" le 23 octobre, a déclaré que la Libye considérerait la charia comme source principal de la législation. Les lois qui contredisent les enseignements de l’Islam seront annulés et les restriction sur le nombre de femmes que peuvent avoir les hommes libyens seront abolies.

Comme nous l’avons déjà déclaré, le peuple de Libye ne s’est pas révolté contre la dictature de Kadhafi pour s’enchaîner à la dictature misogyne de l’islam politique ! La déclaration récente du secrétaire du CNT révèle plus que jamais la nature réactionnaire de cette organisation, et souligne que la population de Libye doit continuer la révolution jusqu’au renversement de toutes les forces réactionnaires et établir des organes de pouvoir direct des citoyens basé sur la laïcité, la liberté et l’égalité. De plus, les gouvernements occidentaux doivent être considérés comme responsables et dénoncés par l’opinion publique pour leur soutien au CNT. Il semble qu’une fois encore il faille rappeler que l’islam politique, qu’il soit "modéré" ou "anti-occidental", est un courant misogyne, réactionnaire et liberticide.

Après avoir soutenu la dictature libyenne de Kadhafi, Sarkozy réaffirme son soutien au nouveau régime de Abdel Jalil qui vient de remettre en place la Charia !

Le 23 octobre, les responsables du fameux Conseil National de Transition ont en effet annoncé, la libération de la Libye… au détriment de la libération de la femme. Curieuse définition de la liberté ! Moustapha Abdel Jalil, Président du Conseil national de transition et ancien ministre de Kadhafi, promet donc un bel avenir aux femmes libyennes. Il a annoncé que la future Constitution sera établie sur « la loi coranique », ce qui veut dire qu’elles seront tenues à l’écart de toute décision et participation à la soi-disant démocratie. C’est un bond de 40 ans en arrière pour les femmes libyennes que leur promet Abdel Jalil : le divorce sera interdit, et la polygamie restaurée.

Kadhafi appliquait une dictature immonde. Le nouveau régime d’Abdel jalil qui montre son intention de réprimer les femmes, ne sera certainement pas mieux. Sans oublier, les complices impérialistes de la guerre en Libye, qui se moquent aujourd’hui éperdument du sort des femmes libyennes ! Le retour à la Charia prouve que le Conseil National de Transition n’avait aucune intention de « libérer » qui que ce soit, surtout pas les femmes qui composent la moitié de la population libyenne. Que ce soit en Libye ou ailleurs, les régimes bourgeois ont encore prouvé qu’ils n’intervenaient jamais pour le bien des populations, mais seulement pour leurs propres profits. Pour obtenir une vie meilleure et en finir avec la terreur des dictatures islamiques, pour que cela change vraiment, la population libyenne et les travailleurs ne doivent compter que sur leur propre force et non sur les nouveaux tyrans reconvertis en CNT, ni sur les forces de l’OTAN.

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  • L’impérialisme et la bourgeoisie nigériane prétendent maintenant se mobiliser pour sauver les lycéennes enlevées par la secte Boko Haram mais c’est pure hypocrisie...

    L’armée nigériane avait été informée de l’imminence d’une attaque de Boko Haram contre le lycée des plus de 200 adolescentes enlevées le 14 avril mais n’a pas réagi, a accusé vendredi Amnesty International, le jour de l’arrivée d’experts américains et britanniques pour aider à retrouver les captives du groupe islamiste.

    « Des témoignages accablants recueillis par Amnesty International révèlent que les forces de l’ordre nigérianes n’ont pas réagi aux avertissements qu’elles ont reçus à propos d’une possible attaque armée de Boko Haram contre le pensionnat du lycée public de Chibok qui a mené à cet enlèvement », a déclaré l’organisation dans un communiqué, faisant état de « sources crédibles ».

    « Amnesty International a eu la confirmation (...) que le quartier général de l’armée à Maiduguri a été prévenu d’une attaque imminente peu après 19 heures le 14 avril, soit près de quatre heures avant que Boko Haram ne lance son attaque » dans la ville de Chibok, dans l’Etat de Borno (nord-est). Mais l’armée n’a pu rassembler les troupes nécessaires pour stopper cette attaque, « à cause des faibles ressources dont elle dispose et de peur d’affronter les groupes armés (islamistes) souvent mieux équipés », selon Amnesty. Les 17 soldats basés à Chibok ont été dépassés par les assaillants et ont dû battre en retraite.

    « Le fait que les forces de l’ordre nigérianes étaient au courant de l’attaque imminente de Boko Haram mais qu’elles n’ont pas été en mesure de réagir immédiatement pour l’empêcher ne va faire qu’amplifier l’indignation nationale et internationale face à ce crime odieux », a déclaré Netsanet Belay, responsable de la section Afrique d’Amnesty International.

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