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Révolte et écrasement de la ville de Dinant rapportée par un historien tout ce qu’il y a de moins révolutionnaire ...

jeudi 18 juin 2009, par Robert Paris

Le temps s’arrêta à Dinant en cette fin août 1466, quand le duc de Bourgogne, Philippe le Bon, à la tête d’une puissante armée, anéantit la riche et orgueilleuse cité des dinandiers. (2)

Bref résumé du contexte historique

Dinant, troisième ville de la principauté de Liège, fut adversaire de l’autorité bourguignonne mais dut subir, dès 1430 - époque à laquelle le comté de Namur entre dans les possessions de la maison de Bourgogne - son influence grandissante. Les dinantais, réputés pour leur esprit querelleur et intrépide, ne manquaient pas une occasion de se faire remarquer. Des courses dévastatrices dans le namurois et des affrontements réguliers depuis des temps immémoriaux avec leurs voisins bouvignois, relevants du comté de Namur, furent autant de raisons qui provoquèrent les terribles représailles conduisant à l’anéantissement de la ville. Signalons toutefois que les instigateurs de cette guerre n’étaient qu’une poignée de forcenés, des extrémistes aveuglés par la haine des bourguignons. Le conseil de la ville était lui plus modéré et souhaitait parvenir à un accord de paix plutôt que de s’engager dans un conflit qui aurait ruiné ses intérêts économiques. Les bourgeois et les batteurs s’opposèrent donc aux neuf-métiers qui continuèrent à tenir tête au duc de Bourgogne. De graves insultes qui touchaient directement sa famille furent proférées sous les murs de Bouvignes par quelques dinantais inconscients et fous furieux. Cet affront ne manqua pas de provoquer l’indignation du duc qui n’allait pas laisser un tel crime impuni. Toutes les démarches diplomatiques entreprises par l’édilité dinantaise se soldèrent par un échec. Cependant, Charles le Téméraire, conscient de la bonne volonté du conseil, laissa une dernière chance à la ville qui ne sut la saisir tant l’opposition des neuf-métiers était grande. La guerre qui se préparait avait pour but premier de réparer l’atteinte portée à l’honneur du duc et devait servir d’exemple aux villes liégeoise et flamandes en révolte. Dinant se trouvait ainsi définitivement exclue des traités de paix et attendait inexorablement la vengeance du vieux duc d’occident.

Le chroniqueur Jean de Haynin

Un homme fut le témoin oculaire des événements qui vont suivre, il s’agit de Jean de Haynin, chroniqueur du duc de Bourgogne, qui fit partie de l’expédition punitive. Jean de Haynin naquit en octobre 1423. Après la mort de son grand-père, en 1431, il devint seigneur de Haynin (province de Hainaut, commune de Boussu) et sa grand-mère, Jeanne de Castiau lui laissa en 1443 la terre de Louvignies (nord de la France, arrondissement d’Avesne). Il eut treize enfants de Marie de Roizin. En sa qualité de vassal du duc de Bourgogne, il assista aux principaux événements militaires des règnes de Philippe le Bon et de son fils Charles le Téméraire. Il assista aux noces du duc Charles à Bruges en 1468 et l’accompagna dans sa dernière guerre contre les liégeois. A partir de 1470, il vécu dans ses château de Haynin et de Louvignies, tantôt à Mons ou à Valenciennes, enfin là ou le service de son prince l’y appelait, jusqu’à sa mort survenue le 12 mai 1495. Jean de Haynin avait la réputation de restituer les faits tels qu’il les avait vus ou de faire vérifier par plusieurs personnes l’exactitude de ce qui lui avait été rapporté. On lui impute néanmoins un manque de partialité par son attachement à la maison de Bourgogne.

Première expédition de Charles le Téméraire au pays de Liège : le sac de Dinant

En ce début d’année 1466, les dinantais ravagent le namurois par d’incessantes chevauchées, brûlant fermes, maisons et rançonnant leurs prisonniers, confiants de l’appui du peuple de Liège et des promesses d’aide du roi de France, Louis XI. Le mardi 3 juin, une troupe évaluée à 2000 ou 3000 dinantais, engage une nouvelle sortie. Ils mettent cette fois le cap sur Bièvre qu’ils brûlent prèsqu’entièrement ainsi que les villages avoisinants, « ils estoite alors delibere dardoir (brûler) la pluspart de la comté de Namur » rapporte Jean de Haynin. Le bailli de Namur, Hue de Humière leva une troupe de 500 hommes à pied et de 1500 cavaliers namurois et se mit à leur poursuite. Les dinantais apprenant qu’on les poursuivait, se dirigèrent vers Florennes, qu’ils évitèrent de peur d’y être assiégés par les namurois. Ils prirent alors la décision de se ranger en bataille mais voyant qu’une importante compagnie de cavaliers fonçait sur eux, ils n’osèrent engager le combat et reprirent la direction de Dinant. Néanmoins, un engagement sanglant eut lieu dans un bois qui coûta la vie à plus de 40 liégeois, des dinantais furent fait prisonnier, les autres, mis en fuite, abandonnèrent 300 lances, des arbalètes, des couleuvrines, des serpentines et un chariot de poudre.

Un fait divers dramatique survint, peu de temps auparavant (14 novembre 1465) dans la ville de Dinant. Ce jour là, l’édilité avait fait réunir l’ensemble des représentants des métiers et de la bourgeoisie dans la maison communale. L’assemblée se tint, au deuxième étage de la halle aux grains située sur la place du marché en bordure du fleuve et à proximité du pont. Dans ce bâtiment proche des murs de la ville - il était sans doute adossé à ceux-ci - on y avait entreposé, au même étage, des canons et des serpentines ainsi qu’une réserve de tonneaux de poudre. Parmi les membres de l’assemblée, personne ne semblait prêter attention à un enfant jouant avec une petite couleuvrine à main (3) à l’étage inférieur. Lorsqu’il mit le feu à son arme, une très haute flamme jaillit et embrasa, au travers du plancher la réserve de poudre de l’étage supérieur. Une explosion et un incendie s’ensuivirent, de nombreuses personnes furent brûlées vives ou se jetèrent dans la Meuse par les fenêtres de la halle, d’autres moururent étouffées dans la panique générale. On dénombra cinquante quatre morts et suivant les dires de Jean de Haynin, ce n’était qu’un aperçu de ce qui allait arriver quelques mois plus tard si les dinantais n’acceptaient pas de s’amender. « Quant nus ne paie, se paie Dieux » disait-on ! Toujours en novembre 1465, le 28, préalablement à une expédition militaire dans le pays de Liège, le comte de Charolais, se trouvant à Maizières (Charleville Mézières, France), fit réunir ses vassaux et leurs troupes. Le comte de Saint-Pol, devenu maréchal de France et le maréchal de Bourgogne, le seigneur de Neuville quittèrent Gerpinne le 28 où ils étaient stationnés pour prendre la direction de Dinant. Projetant de prendre la ville par surprise avec des échelles, ils arrivèrent à proximité de celle-ci dans la soirée. Le chroniqueur ajoute qu’il « fit tres let tans de negge et de pluie et tres grant froidure » ce qui poussa sans doute les bourguignons à agir rapidement. On envoya des soldats munis d’échelles afin de prendre le faubourg de Saint-Médard, puis la ville mais ceux-ci revinrent au campement en disant que s’ils parvenaient à prendre Saint-Médard, ils n’avaient pas pour autant pris la ville. Une porte bastionnée de deux fortes tours située au pied du pont était imprenable. Ils tinrent dès lors conseil et décidèrent qu’une telle entreprise serait très risquée, ils regagnèrent donc Gerpinne vers minuit.

En juin 1466, après de multiples négociations, Charles le Téméraire posa de très lourdes conditions afin de garantir la paix. Ces conditions ne nous sont malheureusement pas connues mais il aurait pu s’agir d’un engagement hypothécaire de la commune qui aurait asservi à perpétuité les petits métiers abandonnant dès lors libertés communales et privilèges (4). Ces derniers refusèrent furieusement de signer ce traité. A Liège, une dangereuse compagnie de couleuvriniers, plus connue sous le nom des "compagnons de la Verte Tente ", se rallia au parti des dinantais révoltés. Sous la conduite de Raes de Heers, ces exaltés, bannis liégeois, firent régner la violence et la terreur dans la ville et chassèrent ou assassinèrent tout qui était favorable à la paix. Tout était désormais en place pour que se joue un des drames les plus lamentables que la principauté de Liège subit face à la maison de Bourgogne.

Le Duc fit donc prévenir ses vassaux et prépara l’expédition contre Dinant. On choisit la fin du mois d’août pour bénéficier de conditions météorologiques favorables et permettre un bon approvisionnement des chevaux en fourrage. Les troupes commencèrent à se rassembler au mois de juillet sous la conduite de nombreux seigneurs mais le risque d’une intervention du roi de France (5) en faveur des dinantais provoqua un accroissement considérable des hommes d’armes du duc. Jean de Haynin quitta son château de Louvignies le 31 juillet 1466, il logea le lendemain à Fontaines (Avesnes) dans une ferme de l’abbaye de Saint-André. A la requête de l’abbé Jehan Bourgois, il logea la nuit suivante dans l’abbaye de Maroilles, ses hommes trouvèrent le gîte dans la ville. Le 2 août il fit route en direction de Limont. A Beaumont, le comte de Saint-Pol, ordonna au seigneur de Moy en Vermandois de conduire ses archers et Jean de Haynin les retrouva à Montignies-Saint-Christophe. Une jonction avec le gros des troupes du comte eut lieu à Dasanspienne (dép. de Fontaine-Valmont en Hainaut). Le convoi ordonné aux étendards déployés, marcha vers Strée (Donstienne) où eut lieu une nouvelle jonction de troupes commandées par les seigneurs de Richeboure, de Verchin, de Saive, d’Aimerie et bon nombre d’autres.

Le lundi 4 août, le comte de Saint-Pol arriva à Châtelet et ses soldats logèrent partout où ils trouvèrent place. Jean de Haynin quitta Châtelet pour Jumet le 7 août où il retrouva le bailli de Namur, Hue de Humière, et son contingent de 200 cavaliers namurois. Le camp y fut dressé pour cinq jours en attendant le seigneur de Fienne qui passait ses troupes en revue à Golzinne le 12 août. Philippe le Bon quitta Bruxelles en litière et pris la direction de Gembloux, Namur puis Bouvignes.

Afin de se rendre au siège de Dinant, on sait qu’il fit préparer un chariot spécial suspendu et recouvert de satin noir. Un compte daté du 4 octobre 1466 (6), énumère les diverses fournitures qui furent achetées à un marchand florentin établi à Bruges, dans la but de garnir ce chariot et de confectionner des vêtements pour lui-même et ses serviteurs. Il en fut de même pour le chariot de la duchesse de Gueldre, sa femme, qui allait le rejoindre. Un autre compte daté du 23 août 1466 (7), nous informe au sujet des dépenses engagées pour le service du duc au château de Bouvignes pendant la durée du siège. Une somme de 113 livres 16 sous et 6 deniers fut allouée pour le payement des denrées suivantes : viandes, pâtés, vin (plus le vin de la garnison : estimé à 3 muids et 12 stiers, environ 5616 litres !), oublies (pâtisseries) et tartes, beurre, pain, fromages, divers légumes, sel, lait, vinaigre, verjus, épices, œufs, fruits et poissons (12 brochets, 26 lancerons - sortes de jeunes brochets ou anguilles -, 22 carpes, 1 barbeau, 7 petites truites, 6 roches - rousses -, une centaine de harengs et des écrevisses). Cette somme incluait également le payement du bois de chauffage, du charbon, de la cire, des torches et des fleurs. Une troupe de 104 cavaliers, sous la conduite de son premier écuyer et conseillé, Herne de Meriadec accompagna Philippe le Bon au château de Bouvignes. Enfin, ajoutée à cela, la solde de la garnison installée au château, la dépense s’éleva à 155 livres 18 sous et 1 denier.

A Namur, le duc retrouva son fils, Charles le Téméraire qui y séjournait depuis le 2 août. Il embarqua ensuite à bord d’une nef qui remonta la Meuse jusque Bouvignes. L’ost (l’armée) convergea vers la ville de Namur le 16 août et la traversa durant trois jours. L’estimation du nombre d’hommes en armes participant à la campagne s’élève à 30000 (8), ce chiffre semble exagéré mais cependant pas impossible. Plusieurs historiens se sont interrogés sur le choix de la direction que prit le convoi lorsqu’il traversa la Meuse à Jambes. Pourquoi suivirent ils le chemin du Luxembourg (Jambes, Erpent, Assesse,...) alors qu’il eut été bien plus simple de gagner Dinant par la Meuse, distante seulement de cinq lieues ?

Charles le Téméraire quitta Namur le 16 août et installa, dans la soirée, sans camp à Juppleu (Juplet ou hameau de Trou-Juplois) et à Lez-Fontaines, dans les environs de Natoye. Ce fut en l’espace de 2 jours, le dernier point de ralliement des contingents bourguignons, « ...et toujours gens venoite a poisance ». L’ost marcha vers Dinant le lundi 18 août.

L’itinéraire à ce moment n’est pas connu mais il est incontestable qu’une bifurcation vers le sud-ouest fut entreprise. Gagna-t-elle Dinant par Spontin comme l’envisageait Borgnet ou a-t-elle rejoint le chemin de Ciney qui menait à la rue Saint-Jacques ? Dans un cas comme dans l’autre la distance est plus importante que par les rives de la Meuse. Cependant, le choix de la rive droite à l’aller comme au retour n’est peut-être pas le fait du hasard, c’est par la rive droite de la Meuse que la garnison espagnole évacue Bouvignes en 1554 à l’approche des troupes d’Henri II (9). Quoi qu’il en soit, les chemins bordant le fleuve ne furent pas empruntés. Il est plus que probable qu’ils n’auraient pas permit le passage aisé d’un nombre aussi considérable de soldats en armes, de chariots et de tout un équipement de siège (10). L’ost, à l’approche de Dinant dut avoir une plus grande facilité de mouvement sur les plateaux qu’elle n’en n’aurait eu en arrivant sous les murs de la ville par la vallée. La division et l’ordonnancement des différents corps, au cœur de la vallée, compte tenu de la largeur de la Meuse dut s’avérer être une entreprise difficile. Les bourguignons arrivèrent à Dinant le jour même de leur départ de Juppleu. Le bâtard de Bourgogne, Antoine, qui composait l’avant-garde, alla se ranger en bataille sur la plaine (d’Herbuchenne) face à 5 tours (sans doute parle-t-il du château ?) et posta une compagnie dans les environs de la porte Saint-Nicolas. Le reste de l’ost stationna devant les faubourgs nord et aux alentours de l’abbaye de Leffe. En apercevant l’arrivée des Bourguignons, les Dinantais tentèrent une sortie en force par la porte Saint-André vers l’abbaye mais submergés, ils furent contraints de battre en retraite dans la ville. Dans la confusion, tous les faubourgs nord furent envahis et un ouvrage fortifié commandant la porte Saint-André (bolwercq) fut démantelé.

Dans la soirée, Charles le Téméraire alla prendre ses quartiers dans l’abbaye de Leffe tandis que le seigneur de Cordes logea dans le couvent des frères mineurs au pied des murailles de la ville. Au cours de la deuxième nuit du siège, on affûta deux énormes bombardes et divers autres engins de jet qui commencèrent à battre les murailles sans discontinuer. Une bombarde et un courtaud, placés dans une des rues du faubourg Saint-Pierre pilonnaient la porte Saint-André. L’autre bombarde, accompagnée d’un mortier se trouvait au milieu du couvent des frères mineurs. Les bourguignons assurés que le flanc nord de la était le point vulnérable de la ville, concentrèrent les tirs d’artillerie à cet endroit. La disposition des bâtiments du couvent en dehors des murs de la ville favorisait grandement le bombardement de la muraille située entre la porte Saint-André et la Meuse. Ce mur, d’une hauteur prodigieuse et d’une épaisseur considérable, était appareillé d’énormes blocs de pierre de taille. Les dinantais semblaient avoir été très mal conseillés car ils ne brûlèrent pas leurs faubourgs ce qui eut pour conséquence de protéger les assauts des bourguignons. Deux ponts furent établis sur la Meuse, l’un à la hauteur de l’abbaye de Leffe et l’autre un peu plus loin vers Bouvignes. Un très grand marché, approvisionnant les soldats en denrées diverses se développa à Bouvignes ainsi qu’à l’abbaye de Leffe. Le duc Philippe arriva en bateau à Bouvignes au cours du deuxième jour du siège.

Le comte de Saint-Pol, dont la devise était "Mon Mieus", arriva peu après par la rive gauche. Il fit dresser son campement sous les murs sud de Bouvignes, assez près de la rivière et positionna son armée dans le quartier de Saint-Médard. Il fit affûter une grosse bombarde sur la rive gauche qui devait battre la tour faisant l’angle avec le rempart nord et la courtine bordant la Meuse. Jean de Haynin ajoute que c’était un plaisir que de voir ces beaux et grands jets de boulets aller et venir de part et d’autre de la rivière. Afin de renforcer l’artillerie, le seigneur de Crèvecœur, bailli d’Amiens, et ses soldats furent envoyés rechercher un gros engin de jet laissé à Maisière (Charleville Mézière) lors du retour de Charles le Téméraire de la guerre du Bien Public contre les français quelques mois auparavant. Sur le plateau, une dangereuse sortie des dinantais (environ 60 hommes) coûta la vie à un des leurs qui fut tué d’une flèche dans le dos, « ils aloite laendroit ferre manierre descermuchier a cheus de lost ». Les secours tant attendus de Liège n’arrivant toujours pas, un grand nombre d’habitants désespérés ainsi que des hommes de la "Verte Tente", quittèrent la ville. Louis de Bourbon, Prince Evêque de Liège et parent du duc, se trouvait à Huy avec une forte compagnie d’hommes en armes afin d’empêcher toute intervention du peuple de Liège en faveur des malheureux dinantais.

Dans le couvent des frères mineurs, quelques jours après le début des hostilités, lorsque le guet de nuit termina son service, survint une formidable explosion. Une étincelle tomba dans un tonneau de poudre se trouvant à proximité de la grosse bombarde, lorsque celle-ci fit feu. Le valet du canonnier ayant eut l’imprudence de ne pas replacer le couvercle sur le baril. Ce fut une catastrophe. La déflagration projeta une douzaine de personnes dans les airs, néanmoins, il survécurent à leurs très sérieuses brûlures. Le valet, affreusement brûlé, paya ainsi cette maladresse et d’aucuns dirent : « chest bien employet ». Les dinantais avaient installé aux abords du château, surplombant la ville une grosse serpentine, montée sur un affût rotatif.

Durant des jours entiers, une pluie de projectiles s’abattit sur la ville et quand les bombardes qui battaient le flanc nord parvinrent à l’éventrer partiellement, les assiégeants crurent la partie gagnée. Un bourguignon, plus avisé que les autres grimpa sur la muraille et se mit à crier tant et plus qu’il finit par avertir l’ost qui campait à Bouvignes. Ils fut néanmoins forcé de redescendre lorsqu’il vit les dinantais accourir sur les lieux de la brèche. Les troupes arrivèrent à grands frais et se rendirent à l’évidence que la brèche était trop étroite pour permettre l’assaut. Sans tarder, dans la ville, les défenseurs s’affairèrent à dresser contre la muraille dévastée des madriers ainsi que des gros pieux plantés en terre et dans la foulée, ils murèrent le passage voûté de la porte Saint-André. La nuit, on ordonna d’intensifier les bombardements, raconte Jean de Haynin, on entendait les cris et hurlements de peur des femmes et des enfants. Les matières incandescentes qui s’abattaient sur la ville ne manquaient pas de provoquer des incendies. Bien organisés pourtant, les dinantais avaient fait disposer des tonneaux rempli d’eau devant la porte de chaque maison. Le samedi 23 août, la tour cornière du flanc nord s’effondra et à nouveau, le bruit se répandit dans l’ost que l’assaut serait imminent. Le lendemain, des soldats boutèrent le feu à la charpente de la tour écroulée et plusieurs dizaines de couleuvriniers concentrèrent durant des heures leur tir dans cette direction. Les assiégés furent dans l’impossibilité d’éteindre l’incendie ou de réparer la brèche car l’accès à celle-ci était rendu très difficile, tant les maisons à l’intérieur de la ville étaient proches des murs et le tir des couleuvrines soutenu. Le lundi 25 août, vers 3 ou 4 heures de l’après-midi, alors que l’armée bourguignonne s’apprêtait à prendre la ville d’assaut, sentant la partie très mal engagée, après huit jours de siège, ce qui restait de dinantais envoyèrent un porte-parole tenter de négocier leur reddition. Philippe le Bon ordonna qu’ils se rendent sans conditions et que les clefs de la ville lui soient remises, ce qui fut fait vers 5 ou 6 heures de l’après-midi. Aussitôt on fit garder toutes les portes de la ville et quelques seigneurs commencèrent à parcourir les rues de la ville sans qu’il y eut cependant d’exactions. C’est vers minuit que des pillages localisés furent signalés.

Dinant fut investie par Charles-le-Téméraire et quelques autres seigneurs mais tant que l’ordre de pillage ne fut pas donné, l’accès en était interdit. Philippe le Bon et son fils statuèrent alors sur le sort de l’infortunée cité. Le matin du mardi 26 août, le sac commença, les soldats envahirent la ville sous les ordres de Jacques de Montmartin qui leur attribua les logements rue par rue et quartier par quartier. Certains d’entre eux, entrés dans la ville dès le lundi soir et ce, malgré l’interdiction furent repérés et sommés de partir. On ne peut s’empêcher de penser que les premiers arrivés furent les premiers servis...

Au cœur d’une féodalité finissante, ces hommes d’un autre temps, courageux et intrépides mais naïfs et bien imprudents, eurent la témérité de défier un des personnages les plus puissants de son époque. Sous la protection de leurs falaises et de leurs hautes murailles, ils n’imaginèrent pas un seul instant que la ville qui les avait vu naître allait devenir, pour certains, leur tombeau.

La terreur était à son comble et les habitants n’osaient quitter leur maison mais de gré ou de force, ils furent tous emmenés et faits prisonniers. Le duc, à sa grande surprise, constata qu’il restait bien peu de gens dans Dinant, la plupart de petite condition ou mal en point (11), à tel point que lorsque l’alarme était donnée à une extrémité de la ville, il n’y avait plus personne pour défendre l’autre côté ! Ceux-là même n’eurent pas l’idée de s’échapper quand il en était encore temps mais bien déterminés à continuer la guerre jusqu’au dernier instant. L’après-midi du 26, le comte de Charolais fit son entrée. Le cortège pénétra dans la ville par la grande brèche faite dans le mur du côté des frères Mineurs, une très belle compagnie d’archers à cheval rangés deux par deux précédait un grand nombre de clairons et trompettes. Ensuite vinrent les hérauts et accompagnants suivis par quatre seigneurs vêtus d’armures et portant les armes du Duc. Charles le Téméraire entra à son tour entouré de huit pages et de plusieurs grands seigneurs, comtes et barons dont Antoine, le bâtard de Bourgogne. Des chevaliers et des soldats à pied fermaient le cortège. Les dinantais surpris par la vision d’un tel défilé d’hommes en armes et de grands seigneurs portant la bannière du duc prirent enfin conscience de la puissance de la Maison de Bourgogne qu’ils avaient si témérairement défié, « ...car il resanbloite Saint Thumas, il navoite riens volu croirre par oir dirre ne de chosse quon leur euvist dit, mes alors il crurte che quil veoite a leur zieux ». Charles prit ses quartiers dans un hôtel appartenant à un des deux hommes les plus riche de Dinant : Laurent Auxbrebis. Quant à Henri de Huy, l’autre bourgeois fortuné, il fut donné ainsi que son fils au seigneur de Fienne. Le comte de Saint-Pol reçut tout le quartier Saint-Médard. Dès l’annonce de la prise de la ville, des marchands venant des pays Bourguignons affluèrent dans l’espoir d’acheter tout ce qui pouvait l’être. De mémoire, on ne vit jamais autant de bateaux remplis d’objets faire la navette de Dinant à Namur (12). Il régnait dans la cité une telle agitation, des gens entraient et sortaient de jour comme de nuit et emportaient tout ce qui pouvait l’être. Vinrent ensuite des moments terribles : les heures de vengeance et de railleries de leur anciens ennemis bouvignois, « ...et sanbloit a voir et a oir ung petit enfer, et parespesial les femmes de Bouvines y vindrete toutes les eunes apres les autres u apeupres, les quelles estoite mervilleusement lies et joieuses, et sornoite et moqoite a poisance les hommes et les femmes de Dinant... ». Le jeudi 28 août, le comte de Charolais commanda à toutes les femmes de quitter la ville avant le coucher du soleil, ce qu’elles firent avec beaucoup de tristesse et de pleurs car elles abandonnaient au châtiment du vieux duc leurs maris, pères, fils ou amis. Tous les hommes qui furent trouvés dans la ville furent retenus prisonniers dans l’attente de leur jugement. Jean de Haynin fait remarquer qu’un grand nombre d’enfants furent abandonnés par leurs mères car celles-ci, ne sachant pas où aller, n’avaient plus la possibilité de les nourrir ni de les élever car dans ce drame, elles avaient tout perdu. Philippe de Mastain qui avait reçu tous les biens d’un gorelier demeurant dans le quartier de Saint-Médard, se vit remettre par la femme de celui-ci, sa fillette de deux ou trois ans, qu’il promit d’élever et de nourrir.

Le vendredi 29 août, vers minuit, le feu prit dans une maison proche de l’église Notre-Dame mais personne ne put déterminer si ce fut par accident ou de manière intentionnelle, néanmoins, la volonté de vouloir brûler la ville était dans les esprits. L’incendie n’eut guère de difficultés à s’étendre, les maisons très anciennes, blotties les unes contre les autres étaient construites en bois mais par dessus tout on ne fit pas grand chose pour arrêter le feu... La menace du feu accéléra le pillage qui était loin d’être terminé. Charles le Téméraire voulut protéger la collégiale gravement menacée, malheureusement la toiture était déjà la proie des flammes. Il parvint à sauver le reliquaire de Saint-Perpète et divers objets de culte qu’on remit au chapitre de l’église Saint-Lambert à Bouvignes. Il ordonna aussi qu’on récupère calices, ciboires, reliques et autres objets religieux ainsi que les cloches de toutes les églises de la ville, ces joyaux d’orfèvrerie furent dispersés dans les états Bourguignons. Le feu faisait rage, aidé par un temps sec et chaud, il se transmit à presque toute la ville. Des dinantais soustraits à l’autorité du duc se réfugièrent dans les charpentes de l’église Notre-Dame mais quand celles-ci s’enflammèrent à leur tour, ils furent contraints de sauter dans le brasier « On peut bien penser et savoir que cheus laendroit morurte a mout grant paine et a grant dolleur et peuste mieux amer et seuste este mieux conseillie deus estre rendus, car peut estre quil neuste eut garde de mort et quil fuiste escape come pluseurs autres firte ou quil euste eus mieux tans et espasse davoir pense a leur consience et estre confesse et quil fuiste mort daucune autre mort plus douche et plus hastive ». Le chroniqueur rapporte un fait qui témoigne de l’audace du peuple dinantais de cette époque ; lorsque la femme de Laurent Auxbrebis fut sommée elle aussi de quitter la ville, Charles le Téméraire, dans sa clémence, autorisa qu’elle emporte ce qu’elle désirait. Elle prit deux ou trois hommes proches de sa famille et de manière inattendue, se dirigea vers un mur dans le fond de la cour de son hôtel dans lequel elle décela quelques pierres afin de récupérer des petits sacs remplis d’or et des bagues précieuses.

Le samedi 30 août au matin, l’incendie prit une telle ampleur que les troupes évacuèrent la ville, il fut rapporté à Jean de Haynin que les habitants de Bouvignes boutaient le feu aux maisons jusque là épargnées ! Pierre de Leynestienne, canonnier en chef, engagé par ceux de Dinant pour défendre la cité fut pendu tandis que d’autres de ses compagnons furent noyés à Bouvignes.

La ville brûla le samedi et le dimanche, l’ordre fut donné de ne plus y pénétrer à l’exception du bailli de Namur, de ses hommes et de quelques bouvignois. Ceux-ci devaient rester dans le château et reçurent l’ordre de démolir les portes, les murs et les tours de la ville.

Comparant la destruction de Dinant avec celle de Troyes, de Carthage ou de Jérusalem, le chroniqueur parle en ces mots du peuple dinantais ;
- pour être et avoir été désobéissant envers notre Saint Père le pape, l’église, les évêques et notre Seigneur et être ainsi condamné à la sentence d’excom-munication.
- pour avoir eut toutes leurs récoltes détruites.
- pour avoir eut à subir un siège avec de nombreuses personnes tuées.
- pour avoir connu de grandes peurs et beaucoup de souffrance à défendre la ville.
- pour se rendre sans condition comme des hommes abandonnés de tous.
- pour être prisonnier, soumis à une rançon ou être vendus.
- pour perdre tous leurs biens mobiliers se trouvant dans la ville.
- pour avoir eut leur maison brûlée et la ville détruite.
- pour avoir eut leur femmes, leur filles et parentes violées.
- pour condamner leur femmes, leur filles et parentes à l’exil.
- pour condamner leurs parents à errer et demander l’aumône.
- pour être tous démoniaque, dépourvus de sens.
- pour avoir vu des hommes mourir brutalement.
- pour en avoir vu d’autres pendus, noyés ou brûlés. « Che sont bien XVI, XVIII u XX manierres de persecusion que ge treuve quil (les dinantais) eurte et quil rechurte ». Certaines femmes dirent même qu’aussi longtemps qu’on se souvienne, il y eut de grands péchés dans la ville, en particulier ceux d’orgueil et d’avarice ; que ce qu’il arriva était inévitable, tant les habitants étaient hautains et ne craignaient personne. Jean de Haynin mentionne la plainte d’une femme auprès du comte de Charolais qui aurait été violentée par ses soldats. Ce dernier fit mener une rapide enquête qui déboucha sur l’arrestation de trois hommes ; ils furent tous trois pendus ! L’exécution des dinantais attachés deux à deux puis projetés dans la Meuse, si l’on s’en rapporte à Jean de Haynin, n’est assurément pas une légende. L’origine de ce supplice viendrait du fait qu’ils avaient fait le serment de vivre ou de mourir ensemble, quoi qu’il advienne. Mains et pieds liés, attachés à deux, à trois ou à quatre, ils furent assis sur le bord d’une nef qui se trouvait au milieu de la rivière en face de Bouvignes. Après s’être confessés, le bourreau les renversa dans l’eau. Certains remontèrent à la surface mais furent aussitôt entraînés vers le fond par les mouvements de leurs compagnons d’infortune. Les suppliciés furent amenés sur le lieu de leur exécution avec leurs femmes, enfants ou familles et eurent l’autorisation de leur parler une dernière fois avant de mourir...« estoit unne tres grant pite a voir les piteus mos et les piteus congie quil prenoite ». Tous ceux qui avaient fait ce serment, périrent de cette manière. Un homme fait prisonnier, fut emmené par des soldats, quand soudain celui-ci commença à crier « a larons a larons » et se laissa tomber en se débattant comme il pouvait. Les bourguignons lui frappèrent la tête à coup de lance et de bâtons, le malheureux passa de vie à trépas, il fut ensuite jeté dans la Meuse. Hormis des faits de viols, Jean de Haynin, ne s’étend pas d’avantage sur les brutalités et les atrocités commises par les troupes bourguignonnes. Des gens furent assassinés à coups de lance, d’autres défenestrés ou brûlés, ces horreurs faisaient tristement partie du quotidien de ces hommes du XVe siècle.

Deux ordonnances de Philippe le Bon rédigées à Bouvignes peu avant son départ, stipulaient qu’Henri d’Outremont, receveur général de Namur, devait retourner à Dinant afin de récupérer tous les matériaux de construction qui pouvaient encore l’être (pierres de taille, plomb, ardoises, cuivre...) (13) et que Pierre de Rommeignotte, bourgeois de Bouvignes, devait lui assurer la démolition complète des fortifications.

Ce qui marque le sac de Dinant, c’est l’acharnement dans la férocité. Le déchaînement de la violence, avec le rappel de la destruction de Carthage : répétant le geste de Scipion, Charles fait jeter sur les ruines le fer et le sel, afin de rendre la terre stérile (14). Jamais on ne doit pouvoir abaisser le prince : c’est la leçon de Dinant (15).

Le lundi 1er septembre, Charles le Téméraire quitta Dinant et l’ost se remit en marche en direction de Juppleu où elle établi le camp pour la nuit. Philippe le Bon s’en alla de Bouvignes en bateau pour Namur puis Bruxelles. Le mardi 2 septembre, les troupes gagnèrent Namur et s’arrêtèrent à la Croisette (dép. de Warêt la Chaussée). Deux jours plus tard, l’ost était à Montenaken (Limbourg) où elle y resta jusqu’au samedi 6. Charles le Téméraire eut une entrevue avec les liégeois afin que ces derniers garantissent le traité de paix et lui remettent otages et argent mais le risque d’un affrontement avec les troupes liégeoises retarda fortement les négociations. L’armée repris la direction de la Croisette le vendredi 12, de Moustier-sur-Sambre le samedi 13 et de Châtelet le dimanche 14. Après la signature du traité de paix avec la ville de Thuin, Charles prit congé de ses troupes et autorisa chacun à rentrer chez lui, il regagna ensuite sa résidence de Louvain. L’armée se sépara et Jean de Haynin fut de retour à Louvignies le mercredi 17 septembre. L’expédition contre la ville de Dinant dura un mois et demi et il est dit que chacun fut très largement payé !

Pascal SAINT-AMAND

Vue sur ce même événement par d’autres auteurs.

Replacer cet événement dans l’histoire de la principauté de Liège.

NOTES...............................................................................................................................................

(1) BROUWERS D.D., Mémoires de Jean, Sire de Haynin et de Louvignies, 1465-1477, Tome 1 et 2, Société des Bibliophiles Liégeois, Liège, 1905-1906. Il existe plusieurs copies incomplètes du manuscrit original, mais celui-ci, déjà connu au XVIIIe siècle, ne fut redécouvert qu’en 1900. Il est aujourd’hui déposé à la bibliothèque Royale de Bruxelles. (2) Beaucoup d’auteurs se sont penchés sur le sujet. Le propos du présent article étant de restituer dans un Français moderne, un résumé de l’extrait des chroniques de Jean de Haynin consacré au sac de Dinant, ponctué de quelques notes complémentaires. Je renverrai le lecteur à l’étude d’Adolphe BORGNET sur le sac de Dinant pour replacer le conflit dans son cadre politique et historique. BORGNET A., Sac de Dinant par Charles le Téméraire, Annales de la Société Archéologique de Namur, Tome 3, 1853. (3) Les canons à main sont les ancêtres très dangereux des armes à feu portatives. Du XIIIe au XIXe siècle, on emploie la poudre noire, composée de 7 parts de salpêtre, 1 part de soufre et 2 parts de charbon de bois réduit. Cette poudre s’enflamme rapidement à la moindre friction et provoque une puissante déflagration. (4) BORGNET A., Sac de Dinant, op. cit. (5) qui n’eut jamais lieu ! (6) Chambre des Comptes, acquits de Lille, c. n°1151c, AGR, Bruxelles, cité par BROUWERS D., Namurcum, XVIe année, n°3, p. 33-39, 1939. (7) Fonds Papiers de l’Etat et d’Audience, reg. n°2, pièce n° 50, AGR, Bruxelles, cité par BROUWERS D., Namurcum, XVIe année, n°3, p. 33-39, 1939. (8) HACHEZ H., Histoire de Dinant, Bruxelles, 1932, p.253. (9) AEN, Compte Communal Namur, folio 82, 1554. (10) En 1409, au sein de l’armée Bourguignonne, le transport d’une bombarde de +/- 4 tonnes et son chargement de boulets (400 Kg) nécessite un charroi spécial tiré par 32 boeufs et 31 chevaux, l’ensemble est dirigé par 25 hommes et progresse à la vitesse de 5 Km par jour ! Les canons pesants plus de 4 tonnes, de faible portée de tir, voyagent en pièces détachées et sont remontés avec beaucoup de difficultés aux pieds des murailles, sous les tirs des assiégés. Une batterie d’une douzaine de bouches à feu, (légères et moyennes) réunies par Charles-le-Téméraire en 1474, requérait pas moins de 140 hommes. VAN EVERBROECK C., Musée royal de l’armée et d’histoire militaire, Le moyen Age XIe-XVIe s., Dossier pédagogique, 1996. (11) GAIER-LHOEST J., L’évolution topographique de la ville de Dinant au Moyen-Age, Collection histoire, Pro Civitate, série, in-8°, n°4, 1964. La population de la ville peu avant le sac a été évaluée à environ 6000 âmes. (12) On pourrait s’interroger à propos de ce fait. La navigation sur la Meuse à cette époque n’était possible que durant une certaine partie de l’année et en cette fin août, période de grande chaleur, le niveau de l’eau devait être relativement bas. Le seuil de navigation n’aurait pas permit le passage de bateaux de grand gabarit. De plus, on traversait le fleuve à pied à plusieurs endroits entre Dinant et Bouvignes. (13) Consulter le très intéressant rapport qu’Henri d’Outremont remis au duc le 16 octobre 1466. Cartulaire de la commune de Dinant, 1881, tome II, p.280 et suiv. Consulter également le rapport de Crestien de Digonne, au sujet des objets trouvés dans la ville, AGR, Bruxelles, Chambre des Comptes, Reg. n°27152, cité par HACHEZ H., Histoire de Dinant, Bruxelles, 1932, p.278 et suiv. (14) SOISSON J.P., Charles le Téméraire, Grasset, p. 151, 1997. (15) NERET J.-A., Le Téméraire, Charles de Bourgogne, Amiot-Dumont, 1952.

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