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Accueil du site > 06- Livre Six : POLITIQUE REVOLUTIONNAIRE > 1-2 Réformisme et fascisme contre la révolution sociale > Le socialisme réformiste « à la Louis Blanc », agent de la contre-révolution

Le socialisme réformiste « à la Louis Blanc », agent de la contre-révolution

dimanche 10 avril 2022, par Robert Paris

Louis Blanc, prenant position contre la Commune de Paris de 1871, déclare à l’Assemblée nationale qui a rejoint la contre-révolution de Thiers à Versailles, le 20 mars 1871 :

« Je ne serais pas à cette tribune, si je reconnaissais une autre volonté que la vôtre. La différence de nos opinions est couverte ici, ce me semble, par la communauté de nos intérêts, et un beau jour, peut être, vous comprendrez qu’en combattant votre proposition (le départ de l’assemblée à Versailles), je combattrais pour notre propre cause. (...) Je pense que la Commune a violé la légalité pour laquelle je suis je réprouve tes actes de la Commune. »

Un autre discours de Louis Blanc contre le départ de l’Assemblée de Paris, le 10 mars 1871

Le socialisme réformiste « à la Louis Blanc », agent de la contre-révolution

Louis Blanc (1811-1882)

Journaliste et socialiste réformiste.

Témoin des conditions de vie du prolétariat, il abandonne définitivement ses positions légitimistes (royaliste et défenseur de l’ordre social) en s’approchant des idées socialistes. Revenu à Paris, il devient journaliste, collaborant au quotidien Le Bon Sens, journal d’opposition à la Monarchie de Juillet. Puis il collabore tout d’abord avec le quotidien National (journal démocrate modéré), mais c’est surtout à La Réforme (social-démocrate avancé) qu’il gagne sa notoriété politique et où il essaie de gagner la petite et moyenne bourgeoisie à la prise de conscience de sa propre perte au profit de la haute bourgeoisie financière dans un schéma concurrentiel. Il y développe l’idée d’un véritable suffrage universel. L’insurrection lyonnaise de 1834 voit l’écrasement du mouvement républicain par le gouvernement. Louis Blanc s’associe à cette démarche et publie des articles en faveur des accusés.

En 1839, il fonde la Revue du Progrès, publiant la même année L’Organisation du travail2, dans lequel il présente l’Association comme réponse à la question sociale. Il s’y attaque en effet à la concurrence anarchique, préconisant un système d’associations à but lucratif contrôlées par l’État démocratique la première année seulement. Selon lui, ce système est nécessaire car la concurrence entre entrepreneurs mène inéluctablement au monopole et, parallèlement, à la paupérisation de la collectivité, tandis que la concurrence sur le marché du travail crée une spirale appauvrissante.

Avec la Revue du Progrès, Louis Blanc ambitionne d’en faire une tribune ouverte aux diverses tendances de l’opinion républicaine, mais il ne parvient pas à avoir une large audience dans les classes populaires. Les doctrines défendues par la Revue sont très avancées, Louis Blanc défendant un système parlementaire démocratique (suffrage universel s’exprimant annuellement) et monocaméral (l’Assemblée nationale représentant fidèlement la Nation). Il se fonde sur le mode de scrutin proportionnel élaboré par Hare, défend la responsabilité politique de l’Assemblée qui nomme en son sein les membres de l’exécutif, ainsi que le double examen en matière législative (double lecture et vote par l’Assemblée). Globalement, il défend dans son œuvre un projet de social-démocratie en préconisant la réorganisation du travail et le partage équitable des profits, certes, mais également des pertes le cas échéant.

Il rencontre d’ailleurs Louis Napoléon Bonaparte emprisonné au fort de Ham et, pensant l’avoir convaincu de la pertinence de ses idées, va le défendre devant la chambre des pairs après sa tentative putschiste de Boulogne en 1840.

Louis Blanc se fait aussi une réputation d’historien pamphlétaire en publiant en 1841 L’histoire de dix ans (1830 à 1840), très critique à l’égard des premières années de règne de Louis-Philippe et encensant au contraire les Républicains.

En 1843 il entre au comité de direction du journal La Réforme aux côtés de républicains tels que Ledru-Rollin, Lamennais, Schœlcher ou Cavaignac. Il y développe ses deux idées centrales, l’Association et le Suffrage universel.

La publication en 1840 de son « Organisation du travail » le fit connaître et le mit au premier rang des théoriciens socialistes. De plus, Louis Blanc se fit une réputation d’historien en publiant, en 1841, son « Histoire de dix ans », l’histoire de la France de 1830 à 1840.

Louis Blanc critique l’économie libérale, qui fait du travail une marchandise qu’on cherche à payer le moins cher possible : les salaires ont toujours tendance à baisser jusqu’au minimum vital nécessaire à l’ouvrier. Le prolétaire est donc acculé à la révolte pour éviter la misère. Ce seul fait condamnerait le système capitaliste. La solution est dans la libre association des travailleurs qui, avec l’aide de l’État, formeront des ateliers de production autogérés.

La Réforme et Le National espèrent voir s’ouvrir les cercles du pouvoir jalousement gardés par le gouvernement Guizot dont la majorité est confirmée par les élections de 1846 grâce à un mode de scrutin spécifique ; d’où une propagande accrue pour revendiquer la réforme électorale à travers la Campagne des Banquets. Ces réunions dans toute la France réunissent différents courants : Louis Blanc est à la tête des négociateurs radicaux, défendant le suffrage universel et la représentation proportionnelle de la Nation par l’Assemblée nationale.

Les talents d’orateur de Louis Blanc sont célébrés durant le banquet de Dijon où il déclare : « Quand les fruits sont pourris, ils n’attendent que le passage du vent pour se détacher de l’arbre ».

La campagne des Banquets prend alors une allure que nombre de ses fondateurs n’a pas prévue. Un banquet doit avoir lieu à Paris le 22 février 1848 mais le gouvernement l’interdit. Sous l’impulsion de Louis Blanc, les membres les plus engagés se réunissent néanmoins, et le banquet se prolonge le jour suivant, renforcé par l’appui de la garde nationale. Guizot démissionne. Le soir même éclate une fusillade devant le ministère des Affaires étrangères. Les barricades gagnent toute la ville.

Louis-Philippe Ier abdique en faveur de son petit-fils, le comte de Paris et part en Normandie. Un gouvernement provisoire composé de Dupont de l’Eure, Ledru-Rollin, Flocon, Marie, Garnier-Pagès, Lamartine et Louis Blanc est formé. Cette liste résulte d’un compromis avec les membres du journal Le National et de La Réforme. Ils se rendent à l’Hôtel de ville et proclament la République souhaitée par les insurgés.

Dès le 25 février 1848, Louis Blanc rédigea une proclamation qui définissait le droit au travail, que l’État devait assurer, et le droit d’association des travailleurs, que l’État devait respecter. Il organisa, le 27 février, les Ateliers nationaux, qui furent transformés, malgré lui, en chantiers de charité sans intérêt économique. Le 28 février, il fut nommé président d’une commission du gouvernement pour les travailleurs, sorte de Conseil économique et social qui délibéra sans rien décider. Après l’émeute du 15 mai 1848, Louis Blanc, qui n’y avait pas pris part, fut soupçonné. Il gagna l’Angleterre, et son exil dura jusqu’en 1870. Élu à son retour à l’Assemblée nationale, il condamna la Commune.

Lénine :

« Rappelons que Louis Blanc, socialiste petit-bourgeois bien connu, entra au gouvernement français en 1848 et se rendit aussi tristement célèbre en 1871. Louis Blanc se considérait comme le chef de la « démocratie laborieuse » ou de la « démocratie socialiste » (ce dernier mot fut aussi souvent employé en France en 1848 qu’il l’est dans la littérature des socialistes-révolutionnaires et des menchéviks en 1917), alors qu’il était en réalité à la remorque de la bourgeoisie et n’était qu’un jouet entre ses mains. »

Karl Marx dans « Le 18 Brumaire » :

« Hegel fait quelque part cette remarque que tous les grands événements et personnages historiques se répètent pour ainsi dire deux fois. Il a oublié d’ajouter : la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce Causidière pour Danton, Louis Blanc pour Robespierre, la Montagne de 1848 à 1951 pour la Montagne de 1793 à 1795, le neveu pour l’oncle. Et nous constatons la même caricature dans les circonstances où parut la deuxième édition du 18 Brumaire. »

Blanqui dans « Le toast de Londres » :

« Quel écueil menace la révolution de demain ? L’écueil où s’est brisée celle d’hier : la déplorable popularité de bourgeois déguisés en tribuns. Ledru-Rollin, Louis Blanc, Crémieux, Lamartine, Garnier-Pagès, Dupont de l’Eure, Flocon, Albert, Arago, Marrast ! Liste funèbre ! Noms sinistres, écrits en caractères sanglants sur tous les pavés de l’Europe démocratique. C’est le gouvernement provisoire qui a tué la Révolution. C’est sur sa tête que doit retomber la responsabilité de tous les désastres, le sang de tant de milliers de victimes. La réaction n’a fait que son métier en égorgeant la démocratie. Le crime est aux traîtres que le peuple confiant avait acceptés pour guides et qui l’ont livré à la réaction. Misérable gouvernement ! Malgré les cris et les prières, il lance l’impôt des 45 centimes qui soulève les campagnes désespérées, il maintient les états-majors royalistes, la magistrature royaliste, les lois royalistes. Trahison ! »

La réponse de Lafargue au droit du travail intégré au capitalisme de Louis Blanc

Lénine montre que le socialisme réformiste à la Russe ne vaut pas plus cher que Louis Blanc

Les Œuvres de Louis Blanc

Histoire de la Révolution française de Louis Blanc

Histoire de dix ans

L’Etat et la commune

Lire sur la révolution de 1848

Bien après l’expérience révolutionnaire et contre-révolutionnaire de 1848, le socialisme réformiste reste le plat avec sauce « à la Louis Blanc » :

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Biographie de Louis Blanc

Francis Demier rappelle que, « l’idée d’une révolution de classe, d’un scénario qui pousserait une avant-garde ouvrière à s’emparer du pouvoir pour transformer la société est complètement étrangère à la pensée de Louis Blanc.

On peut le lire dans ce texte qui montre comment l’Histoire académique bourgeoise rend hommage à Louis Blanc

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