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L’Algérie en révolte, 1988-2019 : ne pas tomber dans les mêmes pièges

lundi 11 mars 2019, par Robert Paris

édito

L’Algérie en révolte, 1988-2019 : ne pas tomber dans les mêmes pièges. On ne tire pas impunément les moustaches d’un tigre féroce, ou on l’abat ou il vous tue !

Des foules nombreuses et agitées, jeunes et vieux, femmes et hommes, de toutes catégories, de tous les milieux sociaux, le pouvoir a eu la capacité, avec le mandat de trop, de rassembler contre lui, sur la base commune d’en finir avec le pouvoir de Bouteflika, transformé en pouvoir d’un clan familial, à la manière de Ben Ali ou Moubarak. C’est une mobilisation de masse qui a la particularité, dans l’histoire de l’Algérie, de ne laisser de côté aucune région du pays. Une grève générale bien suivie a montré que les travailleurs sont dans le coup. Et à nouveau, la revendication démocratique se mêle à la revendication sociale et économique : l’essentiel de la jeunesse n’a pas d’emploi et pas d’avenir, n’aura pas de logement, ne voit que la lutte comme perspective, ce qui n’indique pas nécessairement comment la lutte peut construire un autre avenir. Que Bouteflika ait tout polarisé sur son nom, le pouvoir et la haine, ne facilite pas la résolution de la question…

Ces dernières années, en mettant à l’écart, à la retraite forcée ou en prison, nombre d’anciens généraux ou de colonels qui avaient marqué le pouvoir, Bouteflika a isolé son propre clan et diminué aussi son assise dans la société. L’éloignement des années noires de la guerre contre les civils menée par le pouvoir sous le prétexte de lutte antiterroriste fait que la jeunesse n’a pas la peur au ventre comme ses aînés. Du moment que les premières manifestations n’ont pas été arrêtées dans un bain de sang, la foule en a tiré la leçon que le pouvoir est faible et n’est pas en état de réprimer immédiatement et elle a déferlé dans la rue, à la suite de la jeunesse, des journalistes, des militaires retraités, des femmes… Comme on disait de l’Ancien régime en France, le peuple traité en « sujet » a plus de sujets de mécontentement que de prétendus « citoyens ».

Ce qu’il faut comprendre, c’est que, si la candidature de Bouteflika a été la cause de démarrage de la lutte, celle-ci ne se fait pas seulement contre le clan Bouteflika mais contre ce que le peuple appelle avec mépris et haine « le système », c’est-à-dire contre le pouvoir tout entier, contre toutes ses institutions, contre tous ses hauts personnages sans exception. Il est remarquable que toutes les personnalités connues, de quelque bord qu’elles soient, qui ont essayé de récupérer le mouvement en participant aux manifestations ont été lapidés, insultés voire frappés.

Il y a belle lurette que cette prétendue « république » s’est révélée être une dictature militaire de quelques clans de généraux et leurs appendices civils, dictature sanglante dès que le peuple travailleur a prétendu, en 1988, changer l’ordre social. Les années 1990 ont été celles d’un vaste massacre répressif improprement appelé « guerre civile », à la fois par les forces armées spéciales, par les forces intégristes et par les milices soi-disant d’autodéfense organisées sous l’égide du pouvoir militaire.

D’ailleurs, c’est justement à cette période noire que l’armée et Bouteflika ont immédiatement fait allusion pour détourner le peuple algérien de descendre massivement dans la rue, en leur rappelant que les mouvements de masse contre le pouvoir menaient à des bains de sang. Ils ont affirmé qu’il ne fallait pas ramener l’Algérie au chaos et chacun a bien compris le message.

Mais le peuple algérien a l’impression de revendiquer quelque chose d’immédiatement possible : en finir avec le vieux cacique à la limite de ses forces physiques, mais aussi sociales, idéologiques, morales et politiques, le dictateur Bouteflika et son clan de corrompus. Cela semble à tout un peuple un objectif immédiat, aisément atteignable, qu’une partie du pouvoir et des classes possédantes pourraient adopter facilement, abandonnant le vieux manipulateur dans sa dernière manipulation, sa candidature bidon à une nouvelle mandature.

C’est oublier qu’une fois de plus le mouvement de masse a sa propre logique. Déjà en 1988, cette illusion avait coûté cher au peuple travailleur algérien et à la jeunesse, aux femmes et à tous les opprimés. A l’époque, quand les ouvriers de l’usine de Rouiba avaient lancé leur appel à tout le peuple travailleur, avaient mis au défit le pouvoir algérien, avaient affirmé qu’ils allaient faire déferler toutes les forces sociales et démocratiques dans le rue si on ne tenait pas compte de leurs exigences, ils pensaient qu’un peu d’ouverture sociale et démocratique était dans les capacités du pouvoir, ils ne pensaient pas agir en révolutionnaires, ils ne savaient pas qu’ils avaient mis le feu au poudre. Ils ont en pensé d’ailleurs qu’après le massacre de la jeunesse d’octobre 1988, le pouvoir avait reculé, cédant la démocratie, le multipartisme, les droits syndicaux et politiques, la liberté de la presse, la liberté des femmes et des jeunes et c’était une illusion mortelle.

Le pouvoir actuel peut remettre en place un tel piège s’il choisit demain d’abandonner le « candidat Bouteflika » et de laisser se dérouler des « élections démocratiques » et ce serait une désillusion de plus qui naitrait d’une telle manœuvre.

Le pouvoir militaire est en place et comme le dit l’adage connu, « la seule chose que l’on ne peut pas faire avec des baïonnettes, c’est s’asseoir dessus ». Le peuple travailleur ne peut se contenter de conspuer le pouvoir militaire, il lui faudra le démanteler en s’appuyant sur les petits soldats contre la hiérarchie.

L’armée peut lâcher Bouteflika mais pas lâcher le pouvoir, d’autant que celui-ci correspond pour un certain nombre de généraux et leur clique à un accès aux profits capitalistes, la bourgeoisie algérienne étant une bourgeoisie occulte qui détourne l’argent de la rente, celle du gaz et du pétrole, et pour laquelle le camouflage des détournements de fonds est une deuxième nature. Jamais elle ne se laissera pacifiquement virer !

Bien sûr, on pourrait se dire que renvoyer la classe possédante, virer le pouvoir militaire, changer fondamentalement la société, ou donner le pouvoir au peuple travailleur ne sont pas dans les objectifs affirmés du peuple qui vient de descendre dans la rue. Mais cela ne fait que montrer que la prise de conscience qui a lieu est encore embryonnaire et qu’elle ne prend pas en compte la réalité de la situation sociale et politique du pays… On ne peut pas éviter de se confronter à la classe possédante et on ne peut pas éviter de renverser la dictature militaire. La voie de la réforme politique et sociale pacifique est bouchée, même si le peuple a une très grande envie d’y croire. Si le régime fait mine de s’engager dans cette voie, comme en 1989, ce sera, comme dans les années 1990, pour se retourner ensuite violemment contre le peuple !

On ne peut pas seulement réformer le régime politique, on ne peut pas seulement démocratiser le pouvoir politique, on ne peut pas seulement changer le personnel qui gouverne, on ne peut le faire nulle part, et actuellement moins que jamais, en Algérie moins que nulle part ailleurs !

En effet, si la question politique est descendue dans la rue, c’est aussi parce que la question sociale est explosive, c’est aussi parce que les questions économiques n’ont pas de solution, ne permettent pas de développer un consensus social, et même moins que jamais. Un mouvement de masse contestant le pouvoir ne peut que revendiquer le changement social, la fin du détournement des richesses, la fin de cette classe exploiteuse occulte qui mange l’argent du gaz et du pétrole, la fin de cette bourgeoisie camouflée qui investit clandestinement à l’étranger ou place son argent dans des banques étrangères discrètes. Si le peuple travailleur en a marre, c’est de ne pas accéder à une vie vivable alors que des richesses folles sortent du pays, c’est que la zone pétrolière ne donne même pas des emplois à sa jeunesse, c’est qu’elle soit même une zone interdite à la plupart des Algériens alors que les compagnies occidentales y font la loi. C’est tout l’ordre social de l’Algérie qui est nécessairement mis en cause par un mouvement de masse, fût-il seulement démocratique et c’est la conscience de cette nécessité qui doit, au cours des événements, se développer pour préparer les travailleurs à y jouer un rôle central.

Les classes possédantes d’Algérie, comme du monde entier, sont préoccupées par la mobilisation croissante de tout un peuple, le président Macron a exprimé publiquement sa préoccupation. La présidence française a participé à plusieurs réunions avec des représentants du pouvoir algérien. Cela n’est bien entendu pas une préoccupation démocratique et craignant une répression sanglante, les grands pays capitalistes ont toujours soutenu la dictature militaire en Algérie, à commencer par la France qui avait, rappelons-le, envoyé des sommes colossales au régime algérien en 1988 pour l’aider à céder momentanément aux revendications ouvrière et éteindre l’incendie avant d’engager une violente répression pour détruire la confiance des exploités.

Depuis quelques jours, la classe ouvrière est entrée dans la danse, les grandes entreprises en tête et c’est d’autant plus remarquable que la direction syndicale a conservé intacte son soutien à Bouteflika et au système. Sidi Saïd, secrétaire général de l’UGTA, a déclaré que les travailleurs qui retireraient leur soutien au régime et à Bouteflika le paieront cher et a même affirmé qu’ils seront punis ! Et pourtant des entreprises aussi importantes que les entreprises gazières et pétrolières comme Sonatrach, Sonelgaz ou Hassi Messaoud sont en grève illimitée et ont manifesté ! Les manifestants clament : "Vous avez volé le pays, bandes de voleurs et de salopards !" L’entrée en lutte de la classe ouvrière change fondamentalement la situation. Il ne s’agit plus seulement de la jeunesse, de quelques professions comme des avocats, des juges ou des journalistes ! La classe dirigeante ne peut pas accepter aisément que les exploités entrent en lutte ! Et cela d’autant moins que les travailleurs agissent ainsi de manière autonome, sans les appareils syndicaux, assimilés à juste titre aux institutions du pouvoir !!! Il est remarquable que ces grandes entreprises qui sont rentrées dans la lutte se sont mises en grève illimitée et que les travailleurs ne veulent plus reprendre le travail !!! Désormais, la question sociale est inévitablement au coeur du mouvement et cela change complètement la perspective !

Entre la dictature militaire des exploiteurs et le pouvoir aux travailleurs, il n’y a aucun intermédiaire, aucune autre possibilité, aucune autre « solution » et tout le reste ne peut qu’être des manœuvres, des tromperies, du même type que la manœuvre de la démocratie et du multipartisme de 1989. Rappelons que ce prétendu « printemps démocratique » n’a été que le préalable à la pire violence contre le peuple travailleurs, celle des années 1990.

L’Etat bourgeois ne peut pas être réformé et ne peut qu’être renversé. Il n’y a rien de plus dangereux que de menacer un tigre sans le tuer. On ne peut pas non plus menacer la bourgeoisie capitaliste, et surtout dans une phase où son système économique a atteint ses limites et n’attend plus que la chute, et la laisser ensuite au pouvoir.

La seule démocratie que le peuple travailleur peut espérer ne peut provenir que de lui-même, de son organisation en masse, par des assemblées, par des comités, par l’élection de ses propres délégués locaux, dans les entreprises et les quartiers, pas dans les élections présidentielles ou parlementaires, pas en changeant les politiciens. Le pouvoir d’Etat n’est pas élu, et certainement pas plus en Algérie qu’ailleurs. Les généraux et leurs luttes de clans restent occultes, ils ne sont pas élus et ne le seront pas. La bourgeoisie algérienne n’est pas ouverte et ne le sera pas. Quant à la démocratie factice des pays riches occidentaux, elle est moins que jamais une perspective réelle, étant elle-même menacée dans ces pays riches, comme on le voit en France ou aux USA…

Il ne suffit pas que le peuple algérien veuille conduire un soulèvement pacifique, le pacifisme en question ne serait que celui du peuple et pas celui du pouvoir militaire ! Il ne suffit pas que le peuple n’ait que des revendications les plus modérées, socialement et politiquement, pour que les classes possédantes puissent supporter un tel mouvement et restent pacifiques, elles !

Il ne suffit pas que le peuple se prémunisse contre les récupérations, il faut qu’il s’organise en masse par lui-même. L’auto-organisation est le premier pas réel vers la démocratie ! C’est seulement en se réunissant partout en assemblées, en élisant sur place des comités, en contrôlant lui-même son propre mouvement que le peuple travailleur peut non seulement combattre les manipulations mais aussi préparer l’avenir politique et social. Que le mouvement s’auto-organise, c’est aussi une manière de combattre les risques de la répression, car cela signifie que cette organisation en masse du mouvement peut s’étendre aux petits soldats et aux petits flics, eux-mêmes touchés par la révolte et qui ont montré qu’ils étaient de son côté.

Alors, oui, en avant vers le renversement révolutionnaire de la dictature et en avant clairement vers le pouvoir au peuple travailleur, ce qui suppose d’appeler celui-ci à s’organiser en masse, en incluant dans cette organisation d’assemblées et de comités les petits soldats en leur demandant de désobéir à leur hiérarchie !

Les discours démocratiques, politiciens et médiatiques, qui saluent la mobilisation actuelle sans prévenir le peuple algérien des menaces qui planent sur lui ne sont que des mensonges. La seule démocratie possible en Algérie, autant sinon plus qu’ailleurs dans le monde, est celle du pouvoir aux travailleurs et elle nécessite le renversement révolutionnaire de la dictature sociale et politique !

La mobilisation en Algérie coïncide avec des mobilisations populaires dans le monde, au Maghreb notamment mais aussi dans des pays riches comme la France ou les USA, et cela démontre qu’actuellement la révolte sociale et politique est mondiale, que l’ordre capitaliste est au bord du gouffre, et ce n’est pas étonnant car le fondement est dans l’effondrement du système économico-social mondial !!!

Qui gouverne l’Algérie

Où va l’Algérie de l’après Bouteflika ? Révolution sociale ou chaos ?!!!

Qui détourne l’argent tiré de l’exploitation du gaz et du pétrole

Comment la classe possédante a répondu au soulèvement de 1988 par le déclenchement de la terreur de masse

33 Messages de forum

  • La grève générale ouvrière est spontanée, se fait en dehors des appareils syndicaux et est massive.

    Un appel surgi de nulle part, des réseaux sociaux contre l’avis du principal syndicat, mais des grèves dans les ports, les trains, les bus, les hôpitaux, les banques, les écoles, les universités, les télecoms, la Poste, l’administration communale ou d’Etat, les avocats, magistrats, les Finances, le trésor public, la télevision, les magasins, cafgés, restaurants mais aussi dans les chantiers de cosntruction, entreprises Pepsi, Sonatrach, Sonelgaz (à 90% au niveau national), Sun Track, SDA, GEO, Giplait, EMO, Sero, Smartphone Oppo, EPB, BMT, Société nationale de réparation des navires, Cevipa, Transports maritimes voyageurs... et tellement d’autres, même les marchés de fruits et légumes

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  • Les travailleurs ont déclaré que la grève générale durera au moins jusqu’à l’annonce des candidatures officielles par le Conseil constitutionnel et plus tard si cette annonce montre que Bouteflika ne se retire pas !! Le blocage des hydrocarbures commence déjà à se faire sentir et va prendre à la gorge l’économie et le pouvoir !

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  • Si quelques syndicats indépendants ont suivi le mot d’ordre spontané de grève, la plus grande fédération syndicale d’Algérie, l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), est directement alliée au FLN et a déclaré son soutien au président et cherche à casser la grève ou à la discréditer.

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  • Mardi, le chef d’état-major militaire, le général de corps d’armée Gaed Salah, a fait une déclaration à la télévision d’Ennahar, dans laquelle il a menacé que les militaires étaient prêts à intervenir. Il a déclaré que l’armée « resterait le garant » de « la sécurité et de la stabilité », et a déclaré que les actions des militaires « dans l’éradication du terrorisme… ont déplu à certaines parties qui sont mécontentes de voir l’Algérie stable et sûre ». Elle « érigerait un rempart contre tout ce qui pourrait exposer l’Algérie à des menaces imprévisibles ».

    Salah a menacé que l’armée ne permettrait pas un retour aux « années douloureuses » de la guerre civile 1992-2002 entre l’armée et les forces islamistes, au cours de laquelle 200.000 personnes ont été tuées.

    Le régime a publié jeudi une nouvelle menace, publiant une lettre au nom de Bouteflika qui met en garde contre toute agitation sociale : « La rupture de cette expression pacifique par un groupe traître interne ou étranger peut conduire à la sédition et au chaos et aux crises et malheurs qui en résulten

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  • La direction de l’UGTA s’est d’ailleurs déclarée, le même jour, mobilisée « autour de l’appel du président de la République pour construire un front populaire solide » contre ceux qui s’opposent à l’option d’un nouveau mandat présidentiel pour Bouteflika. Avec Sidi Saïd, la Centrale syndicale a joué un rôle majeur dans le maintien du système et les réélections successives du président algérien.

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  • Bouteflika a reculé et ne se présentera pas à l’élection présidentielle !

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  • Maintenant, tout va dépendre si le peuple travailleur d’Algérie se contente ou non du départ de Bouteflika ?!!!

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  • Le renoncement de Bouteflika ne signifie pas que les manoeuvres soient terminées clament les manifestants. En effet, il a en même temps annoncé le report de l’élection présidentielle !!! Cela signifie que lui ou son clan restent au pouvoir jusqu’à... nouvel ordre !!

    Cela signifie que le peuple va continuer à se soulever !!!

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  • Ce qui a fait reculer Bouteflika, même si ce n’est qu’un recul tactique, c’est l’entrée ne lutte de la classe ouvrière !!!

    Des centaines de milliers de travailleurs ont paralysé une grande partie de l’Algérie dimanche lors qu’ils ont participé dans le début d’une grève générale de cinq jours minimum que les travailleurs ont appelé "grève illimitée".

    Les travailleurs, qui agissaient indépendamment des syndicats, ont diffusé l’appel à la grève sur l’Internet par les médias sociaux. La grève a touché les raffineries du sud du pays, la métallurgie, et l’industrie en général, l’ensemble des systèmes éducatifs et de transport, les centres commerciaux étaient fermés ainsi que les ports et les centres industriels privés.

    Les grèves ont paralysé le réseau ferroviaire national. Dans la capitale, Alger, les métros, les bus et les tramways ne fonctionnaient pas. La Dépêche de Kabylie a signalé que les chauffeurs de bus qui vont de Bouira à Alger ont informé leurs passagers samedi matin qu’on n’assurerait pas de service le dimanche.

    Les enseignants se sont joints à la grève partout au pays. Le site web « Tout sur l’Algérie » (TSA) rapporte que les enseignants ont fermé la plupart des collèges et lycées, et que « les étudiants libérés par la grève des enseignants ont manifesté depuis ce matin ». Des lycéens ont organisé des manifestations sur Facebook et ont défilé à Alger, Draria, El Achour, Dely Brahim, Rouiba et Bananiers.

    Les enseignants ont défié les syndicats nationaux de l’éducation qui, la semaine dernière, ont lancé un appel à une grève d’un jour dans deux jours, le 13 mars. Les syndicats ont appelé à cette grève pour garder le contrôle et empêcher une longue grève, après que les enseignants de nombreuses écoles eurent déjà organisé des réunions et voté pour manifester.

    La Dépêche de Kabylie l’a noté hier : « Depuis la semaine dernière, de nombreux établissements d’enseignement avertissent les étudiants de la possibilité d’une grève dans les écoles primaires, secondaires et intermédiaires, sans qu’aucun syndicat de l’éducation fasse de déclaration sur la grève. »

    Les travailleurs ont fermé le port de Bejaïa, une ville du nord-est au bord de la Méditerranée, ainsi que l’usine de Bejaïa de Cevital, qui produit du sucre, du pétrole et d’autres produits agroalimentaires. C’est la plus grande société privée du pays, détenue par le milliardaire Issad Rebrab. Des milliers de travailleurs ont organisé une marche à travers la ville pendant la journée. Les travailleurs portuaires se sont mis en grève à Djendjen (Jijel) et à Skidda. Al Jazeera a rapporté hier que la grève n’a pas touché les exportations cependant.

    Les travailleurs ont fait grève au champ pétrolier de Hassi Messaoud, dans l’est de l’Algérie, propriété de la compagnie minière publique Sonatrach, ainsi que les champs pétroliers de Hassi R’mel, Hassi Berkine et In inenas. Une vidéo sur Facebook montre de centaines de travailleurs des mines qui quittent leur emploi. Cela a été visionné plus de 100.000 fois. La TSA a rapporté que les employés des bureaux de recherche de Sonatrach situés à Boumerdes ont refusé d’entrer dans leurs bureaux hier matin et ont organisé une occupation des locaux. Les travailleurs du distributeur public d’électricité et de gaz Sonelgaz ont également fait grève.

    Des ouvriers ont fait grève dans la zone industrielle de Rouiba, située à 30 kilomètres à l’est d’Alger, dont des centaines de travailleurs du SNVI, qui assemble des bus et des voitures. La zone industrielle de Bordj Bou Arreridj a également été touchée.

    Il faut maintenant que la classe ouvrière donne sa marque aux objectifs du mouvement et à son mode d’organisation et ne se démobilise pas du fait du premier recul du pouvoir !

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  • La Commission européenne a appelé au respect « de la liberté d’expression et de réunion » en Algérie. La veille, le Quai d’Orsay avait expliqué souhaiter « que l’élection présidentielle [algérienne] se déroule dans de bonnes conditions. C’est au peuple algérien qu’il appartient de choisir ses dirigeants et de décider de son avenir » (1).

    Que signifient réellement ces déclarations de bonnes intentions des chancelleries occidentales qui aiment tant revêtir le noble costume de « défenseur des droits de l’homme » et de la « démocratie » ?

    Ne nous laissons pas illusionner par des costumes d’apparat plus dignes du carnaval de Venise que des réalités historiques. Paris, Washington ou Bruxelles se moquent totalement de la « démocratie » et du respect des « droits de l’homme » en Algérie comme dans l’ensemble des pays d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique du Sud.

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  • La "solution" de Bouteflika, c’est du pipeau ! Ce n’est pas une réponse, c’est reculer pour mieux sauter ! De solution, il n’en dispose pas ! Comment le pouvoir pourrait-il répondre à cette aspiration inédite, massive et pacifique à une transition démocratique ? Il s’obstine à ne “lâcher” que des concessions pour mieux se maintenir : “Tout changer pour que rien en change”, en somme. Avec tous les dangers que cela comporte. Dans les deux cas, c’est un saut dans l’inconnu. Il n’y a pas d’opposition crédible ni, pour l’instant, de figure rassembleuse susceptible de conduire une transition politique. Pour l’instant. Car cela ne présage en rien de ce qui peut ou va éclore au sein de cette mobilisation inédite de la société algérienne.

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  • Macron dit qu’il approuve le pouvoir algérien de ne pas avoir réprimé violemment mais il s’approuve lui-même de l’avoir fait en France !!!

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  • Dernière manœuvre du pouvoir algérien : renoncer à la candidature sans renoncer au pouvoir !!!

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  • Il faut aussi noter que tous les partis politiques, absolument tous y compris les islamistes, y compris le MAK et le FFS, les partis du pouvoir et l’UGTA bien sûr, sont complètement débarqués par cette mobilisation.

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  • Il n’y aura pas de démocratie tant que le peuple ne s’instituera pas lui-même en assemblée dans toutes les localités, des grandes villes aux plus petites localités.

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  • La lutte ne fait que de commencer : On voulait une élection sans Bouteflika, on se retrouve avec Bouteflika sans élection !!!

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  • Il y a quelques jours, Abdelaziz Bouteflika, incapable de s’adresser à la nation qu’il est censé gouverner, nous a adressé une lettre. C’est la troisième que nous recevons de sa part depuis le début de l’année. Drôle de relation épistolaire entre nous et ce vieil homme coincé dans un fauteuil roulant. On dirait un amoureux avec qui on a rompu mais qui s’accroche, menace, quémande à en devenir bien lourd. Il supplie qu’on lui pardonne ses errances passées, promet qu’il a compris et qu’il va changer, que l’avenir sera rose et qu’il faut oublier le passé. Mais nous nous sommes fait avoir tant de fois que nous ne sommes pas dupes.

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  • Une lettre aux Algériens, un grand débat avant la fin de l’année… on comprend qu’Emmanuel Macron puisse saluer les décisions de son homologue algérien. Que les deux présidents ne se rassurent pas trop vite : le peuple n’est plus dupe et est mobilisé !

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  • Fermeture des pages sur la mobilisation en Algérie : pas de censure selon Facebook

    Ce mercredi, le média algérien francophone Tout sur l’Algérie (TSA) a constaté que des pages Facebook qui couvraient les manifestations contre le prolongement du quatrième mandat d’Abdelaziz Bouteflika avaient été fermées après des signalements. Interrogée par le site d’information qui soupçonnait une censure, la direction du réseau social a expliqué que "les bugs actuels ne sont pas spécifiques à l’Algérie".

    Effectivement, ce n’est pas spécifique à l’Algérie comme on l’a constaté pour les Gilets jaunes : Facebook obéit aux injonctions gouvernementales de censurer les insurrections !!!

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  • Les syndicats algériens lancent des avertissements nerveux pour que les travailleurs ne soulèvent pas des revendications « sectionnelles » et « divisantes », c’est-à-dire pour des augmentations de salaire, des services sociaux et des emplois. Amar Hadjout, président de la Fédération nationale des travailleurs du textile, du cuir et de l’habillement, a déclaré hier à El Watan que « les revendications doivent rester dans des limites respectueuses des autres, pour avoir la capacité de surmonter et de vaincre toute division. Nous ne pouvons pas perdre de vue ce qu’on a déjà réalisé dans le domaine économique ».

    Le secrétaire général de l’UGTA, l’indéboulonnable Abdelmadjid Sidi Saïd, en poste depuis 1997, est un fervent d’Abdelaziz Bouteflika. « Oui, nous sommes l’UGTA du pouvoir, nous sommes les soldats de la République », affirme-t-il au dernier congrès. « Nous avons été avec Bouteflika. Nous sommes toujours avec lui, nous n’allons pas le trahir. »

    Mais ça bouge aussi à la base des syndicats... Dans la nuit de dimanche à lundi une vingtaine de syndicats de Tizi Ouzou ont aussi pris position contre le cinquième mandat et dans la foulée ils ont retiré leur confiance à leur dirigeant.

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  • Ce vendredi, le peuple algérien réaffirme haut et fort qu’il en a assez non seulement du candidat Bouteflika et du dictateur Bouteflika mais même de la dictature et du « système » qui écrase le pays depuis la prétendue indépendance. Et, pour en finir avec la dictature des classes possédantes, le peuple travailleur ne pourra se contenter d’aucune réforme et d’aucune élection, il devra s’organiser lui-même et construire sa propre démocratie, celle des assemblées et des comités d’une véritable insurrection.

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  • Les manifestants algériens dénoncent la France : Macron est accusé de soutenir Bouteflika qui s’accroche au pouvoir !!! Et même s’il lâchait Bouteflika, il ne lâcherait pas la dictature qui s’impose au peuple algérien pour le plus grand profit du grand capital international !

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  • Avec Boutef, le peuple algérien démissionne toute la classe dirigeante !!!

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  • Trois semaines après sa naissance, la mobilisation des Algériens est dirigée autant contre le régime que contre les organisations politiques et syndicales traditionnelles.

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  • Le président algérien Abdelaziz Bouteflika a confirmé dans un message lundi qu’il prolongerait son quatrième mandat au-delà de son terme constitutionnel, le 28 avril, jusqu’à un nouveau scrutin organisé à l’issue d’un processus de révision constitutionnelle.

    Il faudra déboulonner la dictature, elle ne partira pas d’elle-même !!!

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  • Le mouvement algérien est au coeur d’une résurgence internationale de la lutte des classes et d’opposition politique parmi les travailleurs. En France, la colère des « gilets jaunes » contre Macron a fait éruption indépendamment des syndicats, sur fond de grèves contre les politiques d’austérité allant du Portugal jusqu’à Berlin. Les grèves des enseignants américains, des maquiladoras au Mexique et de travailleurs à travers le Maghreb s’organisent sur les réseaux sociaux contre les appareils syndicaux.

    Le FLN ne donnera rien aux revendications sur l’emploi, le pouvoir d’achat ou la chute de la clique capitaliste autour de Bouteflika. Soutenu par Paris et les autres pays impérialistes, il veut suspendre les élections du 18 avril et maintenir Bouteflika au pouvoir jusqu’à ce qu’il soit possible de stopper le mouvement. Huit ans après le renversement de dictateurs pro-impérialistes en Tunisie et en Egypte par des soulèvements ouvriers, de nouvelles luttes révolutionnaires se préparent.

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  • Toutes les personnalités et tous les partis sont écartés et discrédités, ainsi que le syndicat UGTA.

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  • Ce n’est pas une manifestation politique  ; pour pacifique qu’elle est, c’est une révolution  !

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  • La joie des retrouvailles de tout un peuple ne doit pas occulter les ennemis !

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  • « Nos rêves n’entrent pas dans vos urnes » proclament les jeunes manifestants !

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  • Les révoltés algériens diffusent partout des informations étonnantes sur les détournements de richesses du pays. On y apprend que la mafia politico-militaire qui gouverne a pactisé avec la mafia italienne pour blanchir leurs sorties de fonds et les investir discrètement, notamment en Italie. Résultat : l’Italie est fournie depuis de longues années en gaz et en pétrole, officiellement sans débourser un seul centime. Les révoltés affirment qu’ils vont couper les fournitures de gaz et d’électricité à l’Italie. En attendant qu’elle rende au peuple algérien toutes les sommes volées !!!

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  • Bouteflika démissionnera avant le 28 avril mais s’il le fait c’est pour laisser en place le système alors que c’est justement ce que ne veut pas le peuple algérien !!!

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  • Au Soudan comme en Algérie les masses se mobilisaient pour chasser le dictateur et... la dictature. Seule le premier est tombé !!!

    Omar el-Béchir a été démis par l’armée. Le président âgé de 75 ans, au pouvoir au Soudan depuis 1989, a été destitué par l’armée après plus de trois mois de manifestations contre son pouvoir, a annoncé ce jeudi le ministre de la Défense. Omar el-Béchir est actuellement détenu par les militaires.

    Mais la chute d’el Béchir ne sert au pouvoir militaire qu’à se maintenir en place et à ne rien changer de la dictature sociale et politique !!!

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