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Accueil du site > 10 - Livre Dix : SYNDICALISME ET AUTO-ORGANISATION DES TRAVAILLEURS > Chronologie du mouvement des syndicats de cheminots de 2018

Chronologie du mouvement des syndicats de cheminots de 2018

dimanche 17 juin 2018, par Karob, Robert Paris

Vrais ennemis et faux amis, lesquels sont les plus dangereux pour la classe ouvrière ?!!!

La grille dans laquelle on a enfermé la lutte des cheminots, c’est aussi le cadre corporatif au lieu de mener la lutte des services publics tous menacés

Chronologie de la fausse « grève perlée » de l’intersyndicale des cheminots en 2018

Les préparatifs

Le 27 juin 2012 : Le futur secrétaire général de la CGT fait un rapport d’Etat au CESE en faveur de la privatisation des TER

Le « Rapport Lepaon » au CESE du 27/06/2012 en faveur de l’ouverture à la concurrence du secteur ferroviaire sera signé des organisations patronales et étatiques (sous gouvernement de droite de Sarkozy) comme des pires organisations syndicales En voici des extraits :

« Ce texte présente une grande unité de ton révélatrice d’un consensus assez fort sur le sens que devrait avoir une expérimentation (de privatisation de la SNCF), si l’Etat le décide, et sur les principes que doivent inspirer sa conduite pour concourir à son succès. J’ai employé à dessein le mot consensus et je souhaite maintenant dissiper toute erreur d’appréciation sur ce terme. Il n’aura échappé à personne dans cette assemblée que la locution « ouverture à la concurrence » appliquée à un noyau dur du service public peut agir immédiatement comme un chiffon rouge. Dans le monde ferroviaire, agiter un chiffon rouge est justement le moyen le plus ancien, mais toujours en vigueur, pour signifier l’arrêt d’urgence notamment lorsqu’il s’agit d’une manœuvre. « Je dois dire que j’ai personnellement considéré comme un challenge de faire la preuve qu’il était possible, et même utile, de dépasser le stade de la réaction allergique afin de clarifier les idées en affrontant la réalité. Affronter la réalité, c’est toujours confronter les points de vue, polir ses arguments en les frottant, souvent vigoureusement, à ceux des autres. (…) Le thème de l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire régional de voyageurs s’inscrit dans le cadre d’une orientation prise au niveau européen. Dès lors, la responsabilité d’une telle initiative appartient à l’Etat et à lui seul. Il doit être clair que la question de l’ouverture à la concurrence ne peut pas se résoudre par la voie d’une discussion, d’une négociation, d’une concertation entre la direction et les syndicats de l’entreprise publique auquel ce service est dédié par la loi. La SNCF appartient à la nation et ce sera donc aux élus de la nation, à l’issue d’un débat public associant les citoyens et les usagers, de prendre leurs responsabilités et de l’assumer, le cas échéant, devant leurs électeurs. (…) Pour aller à l’essentiel, je voudrais maintenant présenter la méthode et le calendrier législatif et social que nous préconisons. J’insiste bien sur le fait que nous proposons d’abord une méthode car nous avons voulu mettre l’accent sur le « comment faire » et pas seulement sur le « quoi faire ». Cette méthode se décline en six recommandations qui tracent un chemin, c’est-à-dire un cap, une succession d’étapes et une méthode permettant de conduire à terme une telle expérimentation (en vue de la privatisation de la SNCF), si elle était décidée, et d’en tirer les enseignements. C’est ensuite à son heure que viendra le moment de la décision. Je l’ai dit, le thème de l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire régional de voyageurs a donné lieu à de nombreuses initiales ayant produit des études et des rapports. Pour autant, notre contribution ne constitue pas une synthèse au sens de la compilation condensée et plus ou moins hiérarchisée des préconisations des rapports précités, et ce, malgré leur qualité. Nous avons extrait de ce corpus ce qui nous a semblé le plus élaboré et le plus cohérent pour inventer l’avenir. Pour cela, il nous faut d’abord bien comprendre les spécificités du cadre social des cheminots, spécificités du cadre social des cheminots, spécificités qui découlent du statut même de l’entreprise SNCF, qui s’est vue confier des missions de service public. Ensuite, nous avons imaginé des évolutions possibles au plan social dans la perspective d’une ouverture à concurrence qui semble se dessiner. Cette idée prenant progressivement corps, elle s’est traduite en quelques scénarios descriptifs assez précis pour que l’on comprenne le sens de l’histoire qui pourrait s’écrire et suffisamment ouvert pour laisser toute sa place et sa créativité au dialogue social. J’en suis, mes Chers Collègues, pleinement convaincu : rien ne pourra aboutir sans le dialogue social et il s’agit là d’une première recommandation. Tout le monde connaît la combativité des cheminots, mais peu de gens ont une idée du rôle des relations collectives au sein de l’entreprise pour que ce grand système industriel de service puisse fonctionner. Lorsqu’on a compris que c’est le statut de l’entreprise qui a défini le statut des cheminots et non l’inverse, on comprend alors beaucoup d’autres choses. C’est en fonction de certaines obligations de résultat, notamment en matière de sécurité, qu’ont été définies l’organisation du travail, le régime du travail, y compris le régime de retraite. (…) Comme le dit le projet d’avis, si l’on veut que l’expérimentation d’une ouverture à la concurrence soit réussie, il convient de faire en sorte que l’opérateur historique et ses salariés s’y reconnaissent. Une autre recommandation – la deuxième – qui s’est imposée porte sur la nécessité d’une évaluation préalable des résultats des expérimentations régionales avant de mettre en place un cadre social harmonisé, c’est-à-dire un socle commun en matière de durée et d’organisation du travail. (…) Je voudrais aussi évoquer une autre question essentielle, celle du devenir des personnels en cas de changement d’opérateur. Ce projet d’avis se distingue des rapports d’experts, puisqu’il préconise le reclassement interne à la SNCF avant d’envisager un éventuel transfert de personnels. (…) »

On aura compris que tout l’effort de Lepaon consiste à faire passer sans levée de drapeau rouge de la part des cheminots… la privatisation de la SNCF !!!!

Il rajoute :

« Le Transport Express Régional de voyageurs (TER) a connu grâce à la régionalisation un essor remarquable. Mais son coût tend à s’accroître et son développement paraît sous contrainte, alors que l’Union européenne a engagé une libéralisation progressive des transports ferroviaires. Dans ce contexte, le Premier ministre a demandé l’avis du CESE sur l’ouverture à la concurrence des transports régionaux de voyageurs, en particulier quant au périmètre géographique, à la propriété du matériel roulant, aux relations contractuelles entre région et exploitant, ainsi qu’à sa dimension sociale. Pour le CESE, la décision d’ouvrir, même à titre expérimental, les TER à la concurrence est politique et relève du gouvernement. Dans cet esprit, l’avis esquisse un chemin de réforme qui permette, via une expérimentation maîtrisée, d’avancer prudemment sur ce dossier sensible, en associant l’ensemble des parties prenantes. L’enjeu est en effet de maintenir, voire d’amplifier le succès de la régionalisation des TER, afin de favoriser la compétitivité et l’accessibilité des territoires, la mobilité des personnes, la préservation de l’environnement et le développement de la filière ferroviaire. »

2016 : La grève organisée par les syndicats a lieu en ordre dispersé. Reconductible pour SUD quand la CGT n’appelle qu’à des journées d’action. Quand les grévistes SUD sont épuisés, la CGT annonce qu’elle démarrera dans des semaines… une grève reconductible !!! D’autre part, les deux syndicats ont exclus de leurs revendications la lutte contre la privatisation de la SNCF, revendiquant même explicitement « le même RH pour tous », ce qui veut dire pour le secteur privatisé et le secteur public, ce qui signifie clairement accepter la privatisation. Ces trahisons ne permettent pas au mouvement de faire reculer la direction et le gouvernement sur aucun point !!! On peut voir, deux ans à l’avance, que les syndicats considérés comme les plus radicaux ne comptent pas lutter contre la privatisation mais feront seulement semblant pour éviter que les cheminots n’agissent de manière autonome… On remarquera que, tout du long, ces syndicats, comme les autres, non grévistes, ont accepté de participer à des négociations dont l’objectif étaient clairement un recul social intitulé « augmenter la productivité du travail des cheminots » !!! Négocier le décret socle même si la revendication est " décret socle = RH0077 ", ce n’est pas le retrait c’est à dire le retrait de la réforme de juin 2014 qui entérine la séparation en trois EPIC de la SNCF. Bref, aller négocier le décret socle, c’est accepter la privatisation, et c’est accepter de négocier l’augmentation de l’exploitation...

Janvier 2018 : Emmanuel Macron, a longuement expliqué comment il souhaite voir se réformer la SNCF à un panel de dix cheminots invités à échanger avec lui. « Pour être franc, je pense que le modèle sur lequel on a vécu, le mythe de la SNCF, n’est pas celui sur lequel on construira la SNCF du XXIe siècle », a-t-il répondu à un salarié du Technicentre Atlantique de Châtillon (Hauts-de-Seine), qui l’interrogeait sur l’avenir du groupe public. « Votre défi sera de ne pas rester sur la protection du passé (…). Le vrai défi sera de dire : si vous voulez défendre votre entreprise, il faut la réinventer. » Pour lui réinventer, c’est privatiser, précariser et renoncer à la retraite !!! "La SNCF est un modèle dépassé... Nous demandons à SNCF d’aller plus loin sur les réformes, le statut, la mobilité, le régime de retraite. SNCF, elle, a besoin que nous allégions sa structure financière, que nous accompagnions la rénovation du réseau existant." déclare Macron.

19 février 2018 : Le rapport Spinetta commandé par Macron est rendu public et annonce toutes les attaques de celui-ci sur le statut de cheminots, sur le statut de la SNCF et sur la dette de la SNCF notamment. Le rapport accuse clairement les cheminots de plomber les comptes de la SNCF. Commissionné par le gouvernement en octobre, Spinetta a remis un rapport de 127 pages jeudi dernier. Sous prétexte de moderniser la SNCF dans l’intérêt des voyageurs, le rapport préconise la libéralisation du transport ferroviaire et la transformation de la SNCF en société anonyme, c’est-à-dire sa privatisation, qui a eu des conséquences désastreuses dans d’autres pays. Cela permet aussi de généraliser le recours aux emplois en CDD ou en intérim. Le rapport justifie le démantèlement de l’entreprise publique en déclarant que c’est le seul moyen de maîtriser la dette de la SNCF.

Le rapport déclare : « Dans le cadre de la loi, il pourrait être mis un terme au recrutement au statut des nouveaux embauchés, en préservant strictement les droits individuels des personnels en bénéficiant. Les nouveaux recrutements devront s’opérer (...) dans un cadre conventionnel à parachever ». Le rapport préconise aussi que la SNCF puisse « recourir pendant deux ans à la procédure des plans de départs volontaires ». Ces départs « volontaires » pourraient concerner 5.000 cheminots.

Le rapport propose de « Recentrer le transport ferroviaire sur son domaine de pertinence » et déclare : « Le maintien des lignes héritées d’une époque où le transport ferroviaire était l’unique moyen de déplacement doit être revu ».. En clair, l’Etat prévoit de supprimer les petites lignes moins rentables ainsi que de nombreuses petites gares. Cette politique, qui vise à libérer d’énormes sommes d’argent pour les banques et pour l’Etat, est une absurdité réactionnaire. Alors que l’Etat a trouvé d’un jour à l’autre 360 milliards d’euros de garanties à apporter aux banques lors du krach de 2008, il déclare que le train de vie de cheminots qui gagnent 1.800 euros mensuels est un fardeau insupportable. Tout indique que la privatisation se traduira par une dégradation importante des conditions des cheminots comme des voyageurs. Le Monde, qui prône la privatisation de la SNCF, la compare au rail britannique privatisé et écrit que « plus rapide, moins cher, la supériorité du réseau ferroviaire français n’est pas à démontrer. » Il avoue que les franchises privées britannique « sont loin d’être un succès systématique », et même que les appels à nationaliser le rail britannique afin d’améliorer sa performance sont « très populaires ». Mais il recommande toutefois la privatisation, laissant planer l’espoir qu’elle améliorerait les prestations des lignes régionales en France, que le rapport Spinetta prévoit d’éliminer carrément. Selon le rapport Spinetta, l’Etat devrait reprendre la dette de la SNCF, afin de créer le maximum de profit pour les gestionnaires privés qui se porteraient acquéreurs du rail : « Le traitement de la dette est une condition préalable et nécessaire à un retour à l’équilibre du gestionnaire d’infrastructures ».

Spinetta veut en même temps faire payer les usagers et supprimer les lignes dites non rentables ou peu fréquentées, tant pis pour le service public !!! Des ajustements sur la politique tarifaire des TGV pourraient rapporter 200 millions d’euros de recettes supplémentaires sur le dos des clients, selon Spinetta. Il s’y connaît en casse d’entreprise l’ancien patron d’Air France-KLM ! La SNCF a détruit en quelques années les 40% du kilométrage de rails et s’apprête à en détruire encore une bonne partie, sous prétexte de manque de fréquentation et de rentabilité. Elle a transféré nombre de ses lignes de rail aux bus, bien que ceux-ci soient plus couteux, plus fatigants, moins sûrs, plus dangereux même et moins réguliers. En même temps, elle a détruit un grand pourcentage de ses emplois de cheminots tout en accumulant les plus grandes dettes de son histoire. Tout cela sans améliorer les conditions de travail de ses agents ni la desserte des lignes de rail qui restent !!! C’est cela « réformer le rail » !!! C’est le détruire puis prendre prétexte de cette destruction pour le privatiser !

A mort la SNCF !!! déclare en substance Spinetta, dans son rapport commandé par Macron-Philippe !!! Fini le service public : vers une société anonyme ! Et pas une seule société anonyme mais plusieurs différentes !!! Fini le statut de cheminot (qui n’est pas à proprement parler un statut de fonctionnaire) et les nouveaux seront des contractuels ! Finies les petites lignes de province ! Vente à des opérateurs privés des lignes TER !!! Transfert des personnels SNCF vers les opérateurs privés !!! Fini le statut de cheminot !!! Finies les toutes petites lignes qui n’ont pas assez de passagers ! Il se donne vingt ans pour moderniser le réseau (vingt ans avec des blocages type Montparnasse et aussi vingt ans avec des Brétigny...) !!! Il voudrait aussi supprimer la retraite cheminots ainsi que le type de contrats et on en passe... En somme, la direction de la SNCF et les gouvernants ont augmenté les dettes de la SNCF de 3 milliards par an, notamment en faisant en sorte que le Rail aide les trusts privés et les banques dans la crise, mais c’est aux personnels du Rail et à ses usagers que le gouvernement veut faire payer la situation !!! Les fonctionnaires sont globalement menacés par la privatisation, par la suppression du statut de fonctionnaire, y compris à la SNCF, y compris dans l’hôpital public et même dans l’enseignement et la recherche. Les salariés du privé voient la disparition du CDI. La garantie de l’emploi est du passé dans tous les secteurs d’activité, dans toutes les professions, partout dans la classe ouvrière. Public comme privé, ni l’emploi, ni le salaire, ni le site, ni la charge de travail, ni la retraite, ni les conditions de travail ne sont plus garantis…

Cette attaque anti-sociale de grande ampleur, une lutte de classe clairement et nettement menée par la classe possédante et son Etat signifie que les exploiteurs ne craignent pas les fausses réactions syndicales. Il suffit de voir que ceux-ci proposent aux cheminots de lutter séparément (le même jour mais à part des autres fonctionnaires !) pour voir à quel point une attaque d’ensemble n’a en face d’elle que des ripostes partielles, localisées ou corporalisées, par journées ou par secteur.

La seule réponse qui ferait reculer les capitalistes et le gouvernement serait de couvrir le Rail (tout : les gares, les technicentres, les conducteurs, l’entretien, le nettoyage, les guichets, toutes les EPIC !) de comités de grève élus et révocables, au sein d’assemblées générales, coordonnés nationalement et proposant à toute la classe ouvrière du pays, public et privé, y compris les chômeurs d’en faire autant. Rien que ça !!!

Bien entendu, les centrales syndicales ont aussi peur de cette perspective que le gouvernement et le patronat. c’est cette peut qui va dicter leur tactique « de lutte » consistant à éviter une vraie lutte !

On aurait pu s’attendre qu’au lendemain du rapport Spinetta, les cheminots soient réunis partout en assemblées générales. Eh bien, non ! Les syndicats ne l’ont pas voulu, la gauche de la gauche ou l’extrême gauche officielle non plus !!!

Les cheminots n’ont pas été réunis « à chaud », au moment où ils étaient massivement indignés par l’annonce d’attaques d’ampleur contenue dans le rapport Spinetta commandité par le gouvernement. A ce moment-là, les syndicats ne demandaient pas aux cheminots de se rassembler, de discuter, mais d’attendre la réunion au sommet de l’intersyndicale, annonçant que l’unité serait le produit d’une telle entente entre dirigeants des appareils bureaucratiques, y compris ceux qui s’étaient déclarés favorables à la nouvelle politique incarnée par Macron !

20 février 2018 : A entendre les centrales syndicales, on voit que ne viendra pas d’eux une riposte à la hauteur des enjeux pour les cheminots et pour toute la classe ouvrière ! En effet, la CGT dégaine sa traditionnelle journée d’action, comme si de rien n’était ! Comme si Macron allait reculer après une, deux, trois journées d’action !! Après une dizaine de mouvements intersyndicaux de ce type, on connaît toute l’efficacité de la méthode : défaite assurée ! Sud n’est pas plus claire, se garde de proposer la grève reconductible mais parle seulement de « préparer la riposte ». La dernière fois qu’elle a avancé la grève reconductible, la CGT l’a laissée s’user avant d’annoncer que, deux semaines après, elle allait aussi proposer… la grève reconductible pour être battue séparément !!! Seule la CFDT parle de grève reconductible, s’il s’avère que Macron attaque, s’il se confirme que…, si les négociations ne donnent pas… et patati, si les négociations ne permettent… et patata. Car tout ce joli monde est en plein en train de négocier dans le dos des cheminots !!! Ils participent à la réforme !! Le syndicat SUD en a de bonnes en déclarant : « La convergence, ça ne se décrète pas. » pour justifier d’avoir organisé, avec les autres confédérations syndicales, la divergence systématique des luttes, y compris la séparation entre luttes du service public. Quand chaque corporation est appelée séparément à la grève et qu’un jour par-ci par-là, ils sont appelés à se retrouver une journée ensemble dans la rue, ils affirment avoir œuvré à la convergence des luttes ! Mais cela ne les empêche pas de préparer des luttes différentes, d’un côté les cheminots, de l’autre les traminots, d’un troisième les bus, d’un quatrième la RATP, les hôpitaux séparément des EPHAD ou de la Psychiatrie, sans parler du secteur privé, d’un côté les chômeurs, de l’autre les retraités et on en passe…

22 février 2018 : « S’il y a un passage en force, les cheminots feront en sorte d’être entendus », a expliqué Martinez, dirigeant de la CGT, comme si c’était un problème de surdité !!! La CGT commente ce rapport qui affirme que "Dans le cadre de la loi, il pourrait être mis un terme au recrutement au statut des nouveaux embauchés, en préservant strictement les droits individuels des personnels en bénéficiant. Les nouveaux recrutements devront s’opérer (...) dans un cadre conventionnel à parachever", selon ce rapport, qui préconise aussi que la SNCF puisse "recourir pendant deux ans à la procédure des plans de départs volontaires". « Des propositions qui actent la mise à mort du service public ferroviaire » dit la CGT. Mais elle oublie le rapport Lepaon qui avait lancé cette privatisation !!! Vous savez Lepaon devenu ensuite secrétaire général et pas du MEDEF !!!

24 février 2018 : L’extrême gauche officielle s’aligne sur la CGT et SUD. Un article de « Révolution permanente » explique que la victoire est impossible sans la CGT... "Si la CGT n’appelle pas en tant que première organisation syndicale en France à un vrai plan de bataille qui puisse déboucher sur une généralisation de la grève, la défaite sera inévitable." Pour Lutte Ouvrière, le rapport Spinetta, "C’est une déclaration de guerre à laquelle a aussitôt répondu un appel de la CGT à riposter le 22 mars." LO ne.dit.pas que la Cgt comme les autres Organisations Syndicales participent toutes à la réunion des négociations autour de ce rapport… C’est une attaque contre tous les travailleurs, disent-ils, mais pas.un mot de LO sur comment unifier nos luttes... juste un appel symbolique au fait que nous sommes dans le.même camp... rien de concret Tout à fait alignés sur la CGT qui dit que cela fait partie de l’attaque contre les fonctionnaires tout en mobilisant séparément les cheminots !!!

26 février 2018 : Édouard Philippe a présenté la réforme de la SNCF « La situation est alarmante pour ne pas dire intenable. Les Français, qu’ils prennent ou non le train, payent de plus en plus cher pour un service public qui marche de moins en moins bien… » Ils mettent en avant les dettes mais oublient de dire, par exemple, combien ont coûté les travaux de construction et de rénovation des gares et combien cela a rapporté aux trusts du Bâtiment !!!

A diverses époques, plus de 791 millions d’euros ont versés des caisses de la SNCF dans les caisses de l’Etat au titre de dividendes… Dans ce cas, l’Etat estimait pouvoir puiser dans les caisses de la SNCF puisque c’était une entreprise d’Etat…

Sa dette originelle, la SNCF en a hérité lors de sa création en 1938, au moment du rachat des compagnies privées. C’était donc un cadeau au secteur privé du capitalisme ! Depuis, la dette de la SNCF, passée de moins de 30 milliards d’euros en 1990 à désormais plus de 50 milliards et elle augmente sans cesse des intérêts de la dette qui profite aux intérêts privés, les prêteurs… Comme chacun le sait, le gouvernement instrumentalise la dette de la SNCF pour en faire une arme de guerre contre les cheminots et le service public. Il prétend que les trous dans les comptes proviendraient des privilèges des cheminots, notamment du statut de cheminot, des retraites des cheminots, du trop grand nombre de cheminots et on en passe… Et la solution, bien entendu, serait la privatisation de la SNCF… L’exemple anglais montre exactement l’inverse : les chemins de fer n’ont jamais autant coûté à l’Etat anglais que depuis la privatisation ! En fait, l’essentiel de la dette de la SNCF-RFF a été contractée dans le cadre d’un mauvais montage financier pour la construction du TGV, et d’autre part de préparer l’ouverture du réseau à des opérateurs privés. L’énorme coût du TGV voulu par les pouvoirs publics depuis Mitterrand a été supporté entièrement par l’entreprise, contrairement aux autres entreprises publiques. Et l’augmentation de la dette va dans la poche des banques !! Environ 3 000 euros par minute sont versés aux banques !!! Le coût de la dette de la SNCF est de 1,5 milliard d’euros d’intérêts/an aujourd’hui.

27 février 2018 : Macron déclare : « … le réseau ferroviaire dont l’entretien est financé par une dette dont l’accroissement ne pourra pas se poursuivre éternellement… » « … et nous avons vécu dans le secteur sur beaucoup de mensonges parce que ces dettes accumulées, un jour, quelqu’un les paiera ; parce que les ouvertures se poursuivront… » « Le modèle du ferroviaire doit être repensé dans une démarche globale d’amélioration de la performance du secteur qui permettra notamment de traiter le sujet de la dette qu’il supporte et là-dessus, je vous le dis très clairement, il n’y a pas de tabou ! C’est l’absence de décisions qui nous paralysera progressivement ; c’est le mensonge répété ; c’est au fond le plaisir coupable des inaugurations qui est le pire des pièges ! Et donc je vous je vous remercie instamment de m’offrir cette occasion de le faire avec vous, mais pour vous dire que nous devons ensemble prendre nos responsabilités. »

La dette sert seulement de moyen de chantage pour en menacer les cheminots, les syndicats et le public ! C’est occulter la réalité de la dette SNCF. La SNCF devant devenir une société européenne capitaliste à la recherche de profit comme toutes ses conjointes, se lance dans la diversification et la conquête de nouveaux marchés : Keolis, Geodis, Ouigo, Ouibus, Voyages-sncf, Effia, Altameris, Arep, Systra... « De 187 en 2010, elles sont aujourd’hui plus d’un milliers. À travers elles, la SNCF est présente dans 120 pays. » . « En 2016, l’opérateur historique du train français réalisait un tiers de son chiffre d’affaires à l’international, contre 12 % il y a dix ans ». En 2015 le groupe a été divisé en trois établissements publics à caractère commercial (EPIC) gérant et créant ses propres filiales au gré d’une stratégie de développement impliquant le transfert d’activités vers des sociétés privées. SNCF réseau gère ainsi les infrastructures, les voies ferrées, la circulation des rames. SNCF mobilités se consacre au transport des voyageurs et des marchandises sur ses trains. Ces établissements sont incorporés dans la troisième entité, SNCF tout court, qui est donc un holding. L’objectif est ici atteint. Non pas la résolution de la question de la dette mais le basculement des actifs, comme les wagons, les machines ou l’immobilier vers les sociétés privées en parallèle avec une dette et le coût du personnel restant dans l’entreprise public. La conquête des marchés et les bénéfices promis aux uns, la dette et la rémunération (dans l’austérité) pour le personnel et les sacrifices pour les usagers auxquels on affirme maintenant qu’ils ne paient que 30% du coût du transport parce que c’est un service public.

La SNCF a été un service public dirigé par l’Etat et toutes ses politiques ont été menées au nom de l’Etat, en particulier quand il a dépensé des sommes colossales pour acheter des trains à grande vitesse, afin de sauver des trusts comme Alstom. A ce moment, on ne nous parlait pas des dettes que cela allait entraîner. Quand la crise de 2007-2008 a frappé, les caisses de la SNCF et du RFF ont été ouvertes à l’Etat et au gouvernement qui voulait des liquidités pour en faire cadeau aux banques, à Renault, à PSA, aux trusts du Bâtiment ou aux trusts pharmaceutiques, pour ne citer que ceux-là. Dans ce cas, les caisses du Rail faisaient partie des caisses de l’Etat et maintenant qu’il faut rembourser, on nous dit que les dettes auraient été réalisée uniquement pour payer les frais des transports quand on ne nous dit pas que c’est pour favoriser les privilèges prétendus des cheminots.

Mars 2018 : Tout le mois de mars, le gouvernement va brandir la dette de la SNCF, en accusant les cheminots de l’avoir creusée et en menaçant l’opinion publique de devoir la payer par ses impôts !!! Le capitalisme, qui vient dans une seule petite crise financière mondiale en bourse, de détruire les bénéfices financiers de toute une année affirme que ce sont les cheminots qui sont cause de la dette de la SNCF, que ce serait le « statut cheminot » qui s’applique d’ailleurs à une minorité de travailleurs du Rail qui causerait l’essentiel des trous des comptes, il y a de quoi mourir de rire ! Comme si les dettes, ce système ne s’entendait pas à en faire encore un moyen pour les financiers prêteurs pour faire du profit !

Macron annonce aux syndicats que l’Etat ne pourra pas reprendre intégralement la dette de la SNCF et les syndicats déclarent qu’ils ont été trompés, que la négociation elle-même n’est qu’une vaste tromperie parce que « l’Etat devrait rependre intégralement la dette de la SNCF ». En somme, les syndicats créditent la stratégie gouvernementale, en faisant croire que le problème c’est que l’Etat reprenne ou pas la dette de la SNCF. Pourtant, la SNCF c’est encore l’Etat, dette ou pas dette. Et la dette, c’est au profit des trusts et des banques qu’elle a été creusée. C’est donc au grand capital de payer les dettes et pas au contribuable, n’en déplaise aux syndicats lèche-bottes

7 mars 2018 : « C’est l’ensemble du monde du travail qui est attaqué », dit Sud, mais ils n’appellent pas l’ensemble du monde du travail à riposter : seulement les cheminots ! Et c’est avec les bureaucrates de la CGT, de la CFDT et de FO et pas avec les cheminots qu’ils vont décider de l’action… "Aujourd’hui, je ne sens pas, au-delà de la SNCF, que les salariés aient envie de descendre massivement dans la rue de manière interprofessionnelle", a dit Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, sur France Inter, interrogé sur la mobilisation contre la réforme de la SNCF.

14 mars 2018 : Reçu par le premier ministre Édouard Philippe, Philippe Martinez de la CGT est ressorti déçu de la réunion. « Nous avons présenté un projet mais le gouvernement refuse de discuter », a-t-il affirmé ce matin. Mais il continue à discuter !!! « Le vrai sujet aujourd’hui, ce n’est pas la question de savoir s’il y aura un mouvement social (...), c’est la question (de) comment on l’évite », a estimé le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger sur Europe 1. « Il y a ceux qui voudraient à tout prix le faire, comme ça, on montrerait les gros bras de chaque côté. Je me demande si parfois le gouvernement n’est pas dans cette stratégie-là aussi pour essayer de montrer que finalement il y aurait des privilégiés qui feraient grève » afin de pouvoir ensuite « revoir les choses plus en profondeur », a-t-il ajouté. Le syndicalisme réformiste est « en marche » donc à reculons…

15 mars 2018 : Réunion de l’intersyndicale qui, à la surprise générale des cheminots, y compris les militants syndicalistes eux-mêmes, annonce que la grève des cheminots se fera… sans grève reconductible !!! Une grève est pourtant obligatoirement reconductible, sinon cela s’appelle seulement des journées d’action !!!

L’intersyndicale CGT-Unsa-Sud-CFDT de la SNCF a annoncé ce jeudi 15 mars une grève sur le rythme de "deux jours sur cinq", à partir du mardi 3 avril et jusqu’au jeudi 28 juin, pour protester contre la réforme du rail en cours. A mort la SNCF !!! déclare Spinetta, dans son rapport commandé par Macron-Philippe !!! Fini le service public : vers une société anonyme ! Et pas une seule société anonyme mais plusieurs différentes !!! Fini le statut de cheminot (qui n’est pas à proprement parler un statut de fonctionnaire) et les nouveaux seront des contractuels ! Finies les petites lignes de province ! Vente à des opérateurs privés des lignes TER !!! Transfert des personnels SNCF vers les opérateurs privés !!! Fini le statut de cheminot !!! Finies les toutes petites lignes qui n’ont pas assez de passagers ! Il se donne vingt ans pour moderniser le réseau (vingt ans avec des blocages type Montparnasse et aussi vingt ans avec des Brétigny...) !!! Il voudrait aussi supprimer la retraite cheminots ainsi que le type de contrats et on en passe... En somme, la direction de la SNCF et les gouvernants ont augmenté les dettes de la SNCF de 3 milliards par an, notamment en faisant en sorte que le Rail aide les trusts privés et les banques dans la crise, mais c’est aux personnels du Rail et à ses usagers que le gouvernement veut faire payer la situation !!! Les fonctionnaires sont globalement menacés par la privatisation, par la suppression du statut de fonctionnaire, y compris à la SNCF, y compris dans l’hôpital public et même dans l’enseignement et la recherche. Les salariés du privé voient la disparition du CDI. La garantie de l’emploi est du passé dans tous les secteurs d’activité, dans toutes les professions, partout dans la classe ouvrière. Public comme privé, ni l’emploi, ni le salaire, ni le site, ni la charge de travail, ni la retraite, ni les conditions de travail ne sont plus garantis… Cette attaque anti-sociale de grande ampleur, une lutte de classe clairement et nettement menée par la classe possédante et son Etat signifie que les exploiteurs ne craignent pas les fausses réactions syndicales. Il suffit de voir que ceux-ci proposent aux cheminots de lutter séparément (le même jour mais à part des autres fonctionnaires !) pour voir à quel point une attaque d’ensemble n’a en face d’elle que des ripostes partielles, localisées ou corporalisées, par journées ou par secteur. La seule réponse qui ferait reculer les capitalistes et le gouvernement serait de couvrir le Rail (tout : les gares, les technicentres, les conducteurs, l’entretien, le nettoyage, les guichets, toutes les EPIC !) de comités de grève élus et révocables, au sein d’assemblées générales, coordonnés nationalement et proposant à toute la classe ouvrière du pays, public et privé, y compris les chômeurs d’en faire autant. Rien que ça !!!

Drôle de rythme, deux jours sur cinq ! Quel bon moyen de ne pas recourir à la grève générale !!! Quel bon moyen de ne pas donner le moyen aux cheminots de véritablement se mettre en lutte ! Et aussi de se mettre bien à dos le public !!! Et surtout sans obliger réellement le gouvernement à reculer ! En effet, cela permet aux dirigeants de la SNCF de faire fonctionner les trains quand cela leur chante et de les bloquer aussi quand cela leur chante, en utilisant les cadres, les employés et les non grévistes ! C’est réellement la pire des stratégies syndicales de ces dernières années !!! La réponse des dirigeants syndicaux répond seulement à la question : comment faire semblant de lutter sans réellement mener de lutte !!!

Ce n’est pas pour éviter aux cheminots de payer trop cher la grève que l’intersyndicale renonce à la grève reconductible et de faire grève deux jours sur cinq. Ce n’est pas pour menacer davantage et plus longtemps le gouvernement. C’est pour ôter le pouvoir de décision aux grévistes. D’ailleurs, s’il en était autrement, les centrales auraient organisé des assemblées générales partout dès l’annonce du rapport Spinetta ordonné par Macron. Il aurait ainsi été aisé de demander aux cheminots, qui venaient d’être révoltés par la violence de l’attaque, ce qu’ils souhaitaient faire, que ceux-ci mesurent eux-mêmes les réactions de leurs camarades de travail. Bien entendu, les centrales syndicales ont fait tout le contraire : aucune assemblée générale nulle part. Pendant tout le temps où ils ont dit aux cheminots d’attendre la décision qui allait être prise par l’intersyndicale, ils ont même gelé toute prise de décision locale de la base sous le prétexte que c’était l’unité syndicale qui primait sur toute autre considération. Leurs oppositions ou dissensions actuelles sur les modes de grèves convergent en réalité toutes sur un point : détourner la discussion sur la nécessité pour les cheminots de lier la lutte à la SNCF aux autre luttes des travailleurs en une lutte ouverte contre le capitalisme dirigés par les travailleurs eux-mêmes sous la forme de comités de travailleurs fédérés. Même si SUD apparaît plus radical en prônant la grève reconductible tout en affirmant que c’est la base qui décidera, il n’en est rien. Les AG pour Sud-Rail ne sont que des chambres d’enregistrement des politiques syndicales. Sud ne milite pas et ne défends pas que le AG doivent se coordonner, se fédérer entres-elles pour diriger que les cheminots dirigent par eux mêmes leur luttes. Sud ne propose pas plus de lier aux autres catégories au travers de comités interpro ou de quartier pour mener une lutte ouverte contre le capital. Toutes les centrales syndicales, sans exception, estiment que l’auto-organisation des travailleurs est une remise en cause de leur rôle, de leur importance, de leur politique. Elles s’y opposent parce ce qu’elles monnaient auprès des classes possédantes c’est justement d’empêcher les travailleurs de s’organiser eux-mêmes. Toute l’expérience des luttes passées démontre que les directions syndicales, engluées dans de multiples collaborations avec les classes possédantes et leur Etat, sont de grandes organisatrices des défaites ouvrières, défaites qui ont déjà accompagné la destruction des services publics, des droits sociaux, des aides sociales, des retraites, de l’hôpital public, de l’énergie, du code du travail et on en passe…

L’intersyndicale prétend que sa stratégie permettra de gêner plus longtemps la circulation des trains.

Comme si gêner la circulation des trains, c’était cela que craignaient gouvernants et capitalistes !!! Mais ce sont eux-mêmes qui la gênent les trois quart du temps et pas la grève ! Par contre, le lien entre cheminots et le reste de la classe ouvrière, y compris celle déjà en lutte comme les Ephad ou les entreprises qui luttent contre des licenciements, cette liaison, loin d’être favorisée par ce mouvement, ce dernier proclame l’isolement des cheminots !!!

Les postiers, les ephad, les hospitaliers, les fonctionnaires départementaux et communaux, les radio et télé, voilà du monde qui aurait dû participer à un mouvement commun avec les cheminots !!!

Avec tous les secteurs qui vont être privatisés comme la SNCF : ADP, Français des Jeux et Engie…

Et avec les Carrefour, les banques, les Conforama, les Airbus, les Air France, les Areva, les EDF, les CEA et on en passe... Avec les chômeurs, les retraités avec les sans logis, avec les sans papiers, avec les jeunes, avec les étudiants, avec les chercheurs… Cela nécessitait que des assemblées de cheminots s’auto-organisent, se coordonnent, se fédèrent, décident ensemble d’un mode d’intervention qui se fasse craindre de nos ennemis et qui fassent avancer non seulement la question des cheminots mais toute la question sociale, dans le privé et dans le public

16 mars 2018 : Le journal de la bourgeoisie "Les Echos" écrit : « Le pari gouvernemental de l’isolement cheminot « Emmanuel Macron parie-t-il que les cheminots le serviront comme les mineurs ont servi Margaret Thatcher ? L’intransigeance de la Dame de fer face à la grande grève des ouvriers des mines britanniques au mi-temps des années 1980 avait contribué à renforcer son pouvoir. Dans cette perspective, le pari du chef de l’Etat, qui pourrait connaître là son premier conflit social dur, serait sans doute d’affaiblir d’autant la réplique lors de la réforme des retraites programmée pour 2019. » Le choix des syndicats va dans le sens de cet isolement : pas de liaison avec les salariés de Carrefour, pas d’appel commun de tous les transports, pas de liaison avec les fonctionnaires, eux aussi menacés, pas de lien avec la lutte de la Santé et on en passe !!! Les syndicats nous avaient déjà fait le coup du refus de la liaison entre lutte des cheminots et lutte contre la loi Travail !!! Une fois encore, ils tentent d’isoler la lutte des cheminots !!! Pourtant, le mouvement de 1995 nous avait bien prouvé que c’est seulement quand les cheminots entrainent toute la classe ouvrière qu’ils sont craints ! Et là, on ne propose même pas que les cheminots soient en grève, c’est-à-dire une grève reconductible, votée par les assemblées ! Non ! Ce sont les Etats-majors qui imposent un rythme fou, ridicule, où ne saura même pas pourquoi des trains circulent et ne circulent pas !!!

Deux jours sur cinq, drôle de grève sans vraie grève, sans effet d’entraînement, sans montée du moral et de la force collective !!! On grève, on reprend, on grève, on reprend ! On ne mesure pas les effets, le succès, on a un programme tout fait d’en haut, sans décision de la base, sans organisation des grévistes ! Les centrales syndicales ont choisi de ne prendre aucun risque, en particulier aucun risque de contagion de la grève, aucun risque que les salariés débordent du cadre, aucun risque qu’ils se fassent craindre du patronat et du gouvernement.

18 mars 2018 : "On veut justement amener le gouvernement à négocier, poursuit Bruno Charrier. On fait grève deux jours, on reprend trois jours. S’il n’y a pas d’avancée, on fera grève à nouveau deux jours...Si on partait sur un conflit fermé, ce serait plus difficile de discuter. On maintient la porte ouverte". Réformisme et refus de la lutte des classes assumés !!!

20 mars 2018 : SUD joue le radicalisme et la démocratie. "A SUD-Rail, nous pensons qu’il est plus efficace de lancer une grève puissante, illimitée, reconductible par décision des Assemblées Générales. C’est comme ça qu’on construit la dynamique et l’élargissement de la lutte." "SUD-Rail rappelle que ce sont les grévistes, en Assemblées Générales, qui décideront de leur grève." Auto-organisez-vous, disent-ils, mais c’est pour que " Les fédérations (portent) les revendications qui sont au cœur de la grève. Les négociations et leurs avancées soumises aux A.G. de grévistes." Mais, finalement, SUD reconnait quelques jours plus tard ne pas demander aux AG de voter la grève reconductible contre l’exigence de l’intersyndicale !!! Nulle part, SUD n’organise les AG indépendamment des bureaucraties, puisqu’elle en fait partie, négociant sans cesse avec le gouvernement dans le dos des AG et des cheminots. Sud rail fait mine de protester mais... "Ce calendrier permet de rassurer l’Unsa et la CFDT qui sont moins dans la contestation, admet Bruno Poncet, de Sud-Rail. On part ensemble et ça permet de le faire accepter à leurs élus et à leurs syndiqués." "Cela va perturber le service, mais pas tout le temps pour les mêmes, explique Bruno Poncet, de Sud-Rail. Imaginez si on avait fait tous les mercredis pendant trois mois... Je trouve ça plus écoutable pour les usagers."

22 mars 2018 : journée d’action des syndicats présentée comme en solidarité avec les cheminots mais sans que la CGT et les principaux syndicats appellent les cheminots à la grève. L’intersyndicale a décidé de ne pas faire démarrer son action de deux jours sur cinq à partir du 22 mars, car les cheminots n’y seront pas les seuls en grève et dans la rue. Or, l’intersyndicale des cheminots tient à ce que le mouvement qu’elle organise soit purement corporatif. Nombre de cheminots vont cependant faire grève le 22 mars, conscients que c’est là que cela devrait démarrer !!

23 mars 2018 : Les syndicats ont appelé les travailleurs d’Air France à la grève le lendemain des cheminots, traminots et fonctionnaires. C’est si bien la convergence nous disent pourtant les syndicats qu’ils en « oublient » de… converger !!!

Les syndicats appellent la décision syndicale d’attendre les grèves deux jours sur cinq et de ne pas lancer la grève le 22 mars « une bonne idée » !!! Deux jours de grève sur cinq, la Convergence nationale Rail, notamment, appelle cela « une bonne idée et un mouvement alternatif » !!! C’est "une mobilisation innovante", a souligné Didier Aubert (CFDT Cheminots, 4e syndicat). Inquiétant quand on sait combien la direction syndicale CFDT est proche des politiques patronales et loin de la lutte des classes !!!

Deuxième particularité de cet agenda, les jours de grève changent d’une semaine à l’autre. Mardi 3 et mercredi 4 avril, dimanche 8 et lundi 9 avril... Jeudi 3 et vendredi 4 mai, mardi 8 et mercredi 9 mai... Vendredi 22 et samedi 23 juin... Etc. Cela consiste donc à casser les pieds au maximum aux usagers et au minimum au gouvernement en ne prenant aucun risque d’extension et de généralisation !

Deux jours de grève sur cinq, quelle technique innovante… de sabotage de la lutte de classes !!!

C’est effectivement une alternative à… une vraie grève !!!

Et l’intersyndicale des bureaucraties syndicales cheminotes est pleine de « bonnes idées » novatrices !!!

Quelle « bonne idée » aussi de faire une manif cheminots séparée de la manif fonctionnaires !!! Quelle bonne idée de faire une manif étudiants séparée des deux autres !!! Quelle bonne idée que la CGT n’appelle pas à la grève le 22 en même temps que la RATP !!!

Quelle bonne idée de refuser d’appeler tous les cheminots à la grève le 22 mars !!! Et que l’extrême gauche n’ait rien de sérieux pour dénoncer tout cela !!!

Seul le syndicat Sud-rail a déposé pour l’instant un préavis de 24h pour le 22. Quant à la question d’un préavis reconductible, elle en laisse en discussion pour l’intersyndicale… « Aujourd’hui, je ne sens pas, au-delà de la SNCF, que les salariés aient envie de descendre massivement dans la rue de manière interprofessionnelle », a dit Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, sur France Inter, interrogé sur la mobilisation contre la réforme de la SNCF. Et le syndicat FSU, à travers sa secrétaire Bernadette Groison d’expliquer : « nous n’avons pas construit la date du 22 mars en convergence avec les cheminots », « le statut des cheminots n’est pas le statut de la fonction publique » et finir enfin par « nous restons, nous l’intersyndicale, sur la nécessité et l’exigence d’une visibilité de nos questions de fonction publique ». La CGT quant à elle déclare à qui veut l’entendre qu’elle fera ce qu’il faudra pour se faire entendre du gouvernement, comme si celui-ci avait seulement un petit défaut d’audition !!! Mais elle se garde bien de préciser ce que cela suppose de faire, comment et avec qui… Elle remet toutes ces question à la discussion de six bureaucrates syndicaux qu’elle appelle « l’intersyndicale » et qu’elle a retardé autant que possible pour éviter toute décision « à chaud ».

Pendant ce temps, les cheminots ne se réunissent pas, ne discutent pas, ne décident pas, les syndicats dénoncent le gouvernement mais n’annoncent aucunement leurs intentions. Tout pour l’unité syndicale, disent-ils !!!

Les centrales syndicales nous rejouent le refrain : « il faut l’entente syndicale ». C’est même le prétexte qu’elles ont pris pour ne pas diffuser de perspective claire de lutte dès l’annonce de l’attaque violente et rapide du gouvernement. En effet, elles ont remis à plus tard leur réunion intersyndicale qui seule allait être habilitée à décider du mode d’action. En attendant, les cheminots ne risquaient pas de pouvoir discuter ce qu’ils pensaient devoir faire pour se battre, puisque rien n’était proposé de clair, à part une manifestation le jour de la journée d’action des fonctionnaires ! Aucune centrale syndicale ne s’est permis d’évoquer un mode d’action, une méthode, des propositions avant cette date. Toutes se disent « contraintes » de faire grève et déclarent qu’ « on ne pourra pas faire autrement ». Sous-entendu : on aimerait ne pas faire grève, on n’a pas envie de faire grève, on pense que la grève ira au casse-pipe mais on n’aura pas le choix. Quel meilleur moyen de casser le moral ! Quel meilleur moyen d’empêcher la montée d’une force de lutte ! Quel meilleur moyen d’empêcher les cheminots de s’exprimer sur ce qui est proposé : que rien ne soit proposé de clair, qu’on soit dans le noir complet sur ce qui sera fait ! Et parlez d’une unité syndicale alors que certains de ces syndicats ont signé tous les reculs à la SNCF, que tous ont négocié sans fin avec nos ennemis, que tous continuent à négocier maintenant que l’on sait que rien dans cette réforme n’est acceptable ni négociable !!! Les syndicats acceptent de participer à la comédie de « concertation sociale » sur la réforme SNCF ou destruction SNCF, alors que cette négociation sert de caution à toutes les attaques, comme on l’a vu dans toutes les attaques précédentes !!!

La lutte actuelle des cheminots reste donc dirigée par des bureaucraties qui ne veulent absolument pas en découdre avec nos adversaires, qui ne veulent pas d’une véritable grève et encore moins d’une convergence de luttes ouvrières et elle ne débouche du coup nullement sur un recul gouvernemental. Nul ne peut prétendre que gouvernement est en bout de course, qu’il est prêt à craquer, bien au contraire. Certes, il est vrai que l’affirmation dès le départ, que l’ensemble des fédérations cheminotes n’appelaient pas à la grève reconductible, transmise au gouvernement, signifiait que ces syndicats n’avaient nullement l’intention de mener une lutte déterminée pour faire reculer le gouvernement. Le fait de dire, d’avance aussi, que les cheminots ne se sentaient pas capables de payer le coût sur leurs salaires d’une grève reconductible était, là aussi, un message clair de recul. le fait, encore, de refuser d’appeler à un mouvement d’ensemble des services publics, alors qu’il est clair qu’ils sont tous menacés comme la SNCF, que toutes les embauches de fonctionnaires le sont, que tous les statuts des services publics le sont, en disait tout autant. Le fait, toujours, de ne mettre aucune revendication concernant d’autres services publics, était encore un message clair qu’ils ne comptaient en rien riposter sérieusement à une attaque aussi grave. Pour finir, le fait qu’au même moment, les mêmes syndicats organisent des grèves dans la même période, parfois les mêmes jours, parfois non, mais jamais conjointement, jamais de manière convergente, à la RATP, dans le secteur de l’Energie, dans les EPHAD, chez les éboueurs, à Air France, à Carrefour et ailleurs, était une démonstration que la menace des convergences des luttes brandie par la CGT et SUD (et pas les autres) n’était que verbale.

23 mars 2018 : A Perpignan pour le congrès des cadres cégétistes, Martinez, secrétaire général de la CGT a déclaré qu’il « croit à la convergence des luttes ». C’est sans doute pour cela qu’il a soutenu l’idée de deux manifs séparées : une cheminots et l’autre fonctionnaires et zéro AG communes, pas de revendications communes, pas de grève commune, pas liaison interpro et on en passe… Il y a encore déclaré : « C’est à la CGT de s’adapter au monde du travail, pas l’inverse. C’est un vrai défi ». C’est sans doute pour cela que la CGT impose sa tactique bidon du « deux jours sur cinq », sans demander son avis au « monde du travail » !!! Jean-Marc Canon de la CGT déclare : « C’est le gouvernement qui a choisi la convergence des attaques, pour lui-même favoriser la convergence des luttes ». Comprenez que la CGT, elle, n’a pas choisi la convergence des luttes mais d’isoler la grève des cheminots !!!

19 avril 2018 : Les syndicats organisent une « journée de convergence des luttes ». La convergence, ce n’est qu’une journée !!! La CGT RATP qui a toujours tout fait pour éviter la convergence des luttes RATP-SNCF déclare maintenant : « La lutte des cheminots a des échos à la RATP, la CGT-RATP invite les salariés de la RATP à s’interroger sur leur propre engagement dans la mobilisation sociale, notamment à l’occasion de la journée nationale d’action du 19 avril prochain. »

Mailly de FO, loin d’attiser la lutte sociale, s’est toujours contenté d’affirmer qu’il fallait laisser le temps à la concertation. Laurent Berger, dirigeant CFDT, a pour sa part estimé que la convergence des luttes "ne permet jamais d’avoir des résultats concrets pour les travailleurs". Où est-elle la fameuse unité syndicale au nom de laquelle on a imposé la méthode de lutte aux cheminots ?

Si les conflits sont nombreux (SNCF, Air France, NDDL...), la journée du 19 avril n’a pas débouché sur une « convergence des luttes ». La mobilisation a été moindre que le 22 mars. Ce n’était fait que pour faire semblant sans coordination des secteurs en lutte… Depuis le début, les centrales syndicales font semblant de mener une lutte qu’en réalité elles ne voulaient pas mener mais ne voulaient surtout pas que les travailleurs la mènent sans elles !!!

« Le mécontentement des cheminots a peu à voir avec le mal-être profondément légitime à l’hôpital qui dure depuis des années... » assure Macron. En refusant d’unir les luttes, ce sont les syndicats qui lui permettent de parler ainsi !

24 avril 2018 : L’intersyndicale avait annoncé qu’elle ne voulait plus participer aux fausses négociations avec la ministre Borne mais elle veut bien de fausses négociations avec Philippe !!! « Le Premier ministre prend le dossier en main, c’est un élément positif pour nous à mettre au crédit du rapport de force », a déclaré mardi Laurent Brun, secrétaire général de la CGT cheminots, s’exprimant au nom de l’intersyndicale, Nous participerons donc avec de fortes exigences le 7 mai aux réunions » prévues à Matignon. La réponse des syndicats au premier ministre dénote le plaventrisme !! Le réformisme exacerbé nous tuera !!! Et les syndicats se gardent de quitter la table de négociation tout en prétendant que la négociation est bidon, qu’ils sont trompés, etc.

25 avril 2018 : Édouard Philippe a annoncé que la reprise progressive de la dette par l’État « demandera un effort supplémentaire des contribuables ». Il va donc y avoir un impôt "dette SNCF" !!! Et pourquoi pas un impôt "dette des hôpitaux" puis "dette d’Areva-EDF-CEA et du nucléaire", puis "fermeture des centrales nucléaires", puis "dette de la RATP", etc... Tout cela pour cacher que c’est impôt du capitalisme en déroute, pour couvrir les destructions de la finance contre la société....

Premier mai : certains syndicats (mais pas l’intersyndicale) appellent à manifester et à préparer la convergence des luttes !!! En réalité, il n’y a aucune convergence qui sortira de la manifestation, traditionnelle et bien tranquille, des syndicats !!! La convergence défendue en parole n’est pas l’objectif réel donné à ces conflits comme à ces journées. Comme le souligne Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU, pourquoi converger si « le statut des cheminots n’est pas le statut de la fonction publique » et pour qui l’objectif est « (d’obliger) le gouvernement a ouvrir des négociations ». La « convergence des luttes » n’est rien d’autre que des mouvements corporatistes se battant au coude à coude et qui manifesteraient ensemble lors de journées d’action et se renforceraient mutuellement… dans leur corporatisme et leur isolement. En fait, tout en appelant à la convergence, chaque conflit est présenté avec ses buts propres, ses modes d’action propres, ses problèmes particuliers, ses revendications indépendantes. Rien, par conséquent, qui favorise une véritable unité de classe en vue de la confrontation de classe à venir, ni surtout aucune conscience de classe ni politique de classe. Pourtant, tous ces conflits ont une cause commune : la volonté de casser les services publics, les droits sociaux, les aides sociales… Faire en sorte que les dépenses publiques soient de plus en plus exclusivement consacrées à aider le secteur privé et le grand capital. Lutter séparément, c’est donc le meilleur moyen d’être battus face à une offensive d’ensemble.

Mai 2018 : Les syndicalistes d’extrême gauche qui dirigent l’assemblée inter-gares affirment que : « Aujourd’hui, à l’échelle des secteurs cheminots qui souhaitent faire reculer Macron mais également ne pas être dépossédés de leur mouvement par des décisions, prises entre quatre murs, par quatre secrétaires fédéraux, c’est notamment la question du rapport aux directions syndicales et la nécessité ou non de les interpeller pour les rappeler à leurs responsabilités. » Et encore : « Dès lors, puisqu’elle proclame, à l’instar des autres fédérations du Rail, son opposition à la réforme ferroviaire, il est légitime que les cheminots les plus mobilisés et auto-organisés, notamment au sein de l’Inter-gares, interpellent la direction cégétiste comme celle des autres fédérations : « si vous êtes réellement opposés à cette réforme, alors donnez-vous les moyens d’en obtenir le retrait. Pour cela, à minima, vous devez discuter sous le contrôle des grévistes et vos décisions doivent être validées en AG par les cheminots en lutte ». C’est en quelque sorte dans cette logique qu’a été adoptée la motion d’interpellation de l’Inter-gares réunie à Paris-Nord le 22 mai, en présence de délégations de régions. Elle réclame à l’Inter-fédérale « un nouveau plan de bataille pour donner un second souffle [au] mouvement » ainsi qu’un appel « ferme à la grève le 26 mai prochain pour la manifestation ‘marée populaire’ ». Poser la question de la perlée collectivement, pour décider d’un véritable plan de bataille, tout en refusant la segmentation du calendrier des mouvements actuels (la CGT Cheminots n’appelant pas, par exemple, à la grève le 22 mai), voilà le seul chemin qui pourrait donner aux cheminots les outils pour faire plier Macron, ou en tout en cas en poser les bases. » Interpeler les dirigeants syndicaux sans leur proposer un véritable programme de lutte, ce n’est absolument pas une démarche de front unique telle que la concevaient les révolutionnaires. Affirmer qu’on leur demande de prendre leur responsabilité, c’est les reconnaître comme la direction des luttes, ce qui est le contraire de l’auto-organisation dont ces militants prétendent se réclamer. Se refuser à faire élire des délégués dans les assemblées des gares en vue de les réunir dans une coordination inter-gares, c’est ce refuser à faire autre chose qu’accompagner, certes sur la gauche, avec un petit air critique, les appareils bureaucratiques des syndicats. C’est tout à fait la démarche inverse de celle qui consiste à appeler les cheminots les plus radicaux à s’organiser pour prendre la direction de la lutte ou même seulement pour tenter de la contester aux appareils. C’est amener ces éléments radicaux dans une impasse qui n’est absolument pas une perspective d’avenir. Certes, l’assemblée inter-gares organise quelques actions un tout petit peu plus radicales que les appareils mais ils se gardent de donner publiquement la possibilité aux cheminots de s’auto-organiser sans les appareils syndicaux.

9 mai 2018 : Tous les syndicats ont été négocier avec le premier ministre qui avait annoncé à l’avance qu’il ne négocierait rien... Ils sortent avec des petites phrases nulles, de SUD qui réclame "la réouverture du dossier", à la CFDT qui "veut entendre les propositions du gouvernement", ou l’UNSA qui déclare : "Nous sortons de cette réunion avec une certain nombre d’engagements en terme de discussion". En fait, ils sortent avec... rien ! Leur méthode de lutte n’a rien donné et donc... ils la continuent !

10 mai 2018 : La CGT avait menacé d’une "journée sans cheminots", en fait une nouvelle journée d’action simplement... C’est elle-même qui déclare que "Le projet syndical de journée sans cheminots ce lundi est maintenu, mais nous savons très bien qu’elle ne sera pas sans cheminots", comme l’a reconnu M. Brun, de la CGT cheminots. En somme, il renonce à son projet avant qu’il soit en route !! Ils prétendaient arrêter tous les trains et annoncent d’avance qu’ils maintiennent la journée sans qu’elle soit "sans cheminots" ! Beau moyen de faire reculer des adversaires !

Comment rester unis face au gouvernement ? Les syndicats se sont posé la question et leur réponse a été... de faire un vote des cheminots !!! L’intersyndicale de la SNCF a en effet décidé de lancer la semaine prochaine une consultation pour demander aux cheminots s’ils sont "pour ou contre" la réforme ferroviaire. Mais ils ne les consultent pas du tout pour savoir s’ils sont pour s’organiser par eux-mêmes en élisant des comités de grève qui se fédèrent ensuite en assemblée centrale et qui se relient aux autres salariés par des assemblées interpro !!! Ils ne les consultent même pas pour savoir s’ils veulent la grève reconductible plutôt que ce mode d’action bidon du deux jours sur cinq !!!

12 mai 2018 : L’unité syndicale, disent les syndicalistes, pour justifier des stratégies folles du type grève perlée, mais on voit tout autre chose ! Le gouvernement s’entend avec certains syndicats ! La ministre des Transports Elisabeth Borne compte poursuivre le dialogue avec l’Unsa et la CFDT, "qui souhaitent être forces de proposition" pour compléter sa réforme du secteur ferroviaire, avant l’examen du texte au Sénat fin mai. "Evidemment, le gouvernement ne reviendra pas sur les principes de la réforme qui ont été votés par l’Assemblée nationale" - l’ouverture à la concurrence, la fin du recrutement au statut de cheminot et la transformation de la SNCF —, prévient-elle d’emblée dans un entretien à l’AFP. "Mais il reste un certain nombre de champs à compléter ou à préciser sur le texte de loi lui-même, et puis la négociation doit s’intensifier au sein de l’entreprise (SNCF) et de la branche du ferroviaire. (...) Par ailleurs, on doit aussi travailler sur la trajectoire financière du secteur", note-t-elle "On a ces sujets majeurs sur lesquels il est important d’échanger avec les organisations syndicales qui le veulent, d’ici à la discussion au Sénat" qui commencera en commission le 23 mai, relève la ministre. "Le dialogue social a véritablement commencé cette semaine", estime Luc Bérille de L’UNSA !!

14 mai 2018 : Seulement un train sur deux circulent sur les portions du RER A et B gérées par la RATP, en raison d’une grève des conducteurs lancée par quatre syndicats, indépendante de la grève à la SNCF. Les perturbations sur les RER A et B n’ont « strictement rien à voir » avec le conflit à la SNCF, même si les deux grèves coïncident lundi, tient à préciser Michel Leben (CGT-RATP). Surtout qu’on ne s’imagine pas qu’il y aurait un mouvement commun SNCF-RATP !!! Des lignes de bus sont aussi en grève. Là encore, les syndicats précisent que cela n’a rien à voir. Chacun dans sa corporation, les convergences, c’est seulement en paroles ou pour quelques journées d’action !!!

15 mai 2018 : Le secrétaire fédéral de SUD-Rail, Bruno Poncet, a déclaré sur LCI : « Il faut expliquer aux collègues qu’on n’est pas contre la réforme par principe. Aujourd’hui, la direction nous fait passer pour des radicaux alors que ce n’est pas le cas. » « On a rencontré un Premier ministre très déterminé sur ses axes mais, derrière ça, prêt à ouvrir des discussions sur des sujets qui nous semblent importants comme celui du nouveau cadre social des nouveaux cheminots, comme celui de la dette, de la pérennisation du financement des infrastructures ferroviaires », a ajouté Didier Aubert de la CFDT. « On travaille à sortir proprement du conflit » a déclaré Roger Dillenseger de l’UNSA cheminots.

22 mai 2018 : les fonctionnaires sont appelés à faire grève et à manifester tous ensemble, mais ils restent mobilisés séparément. Ainsi, cela n’a rien à voir avec la grève de la SNCF, ni avec celle de la RATP, ni avec celle des EPHAD ou des postes et on en passe... Et ce n’est qu’une journée d’action, pas une grève !!! Les fonctionnaires se battent contre la suppression du statut de fonctionnaire et les cheminots contre la suppression du statut de cheminot et les syndicats nous expliquent que ce n’est pas la même lutte !!!

14 juin 2018 : La « réforme » de la SNCF a été adoptée par le Parlement, sénat comme assemblée nationale, exactement sous la forme que voulait le gouvernement. L’intersyndicale n’a pas encore décidé si elle va poursuivre l’action « deux jours sur cinq » pendant l’été… Les syndicats appellent les cheminots à « une convergence des lutte dans une nouvelle journée d’action aux côtés des étudiants, de chômeurs et des retraités ». Pas aux côtés d’Air France, des hôpitaux, des ADP, d’Engie, etc. !!!! Toujours les mêmes méthodes et fausses perspectives…

15 juin 2018 : Belle unité syndicale de façade !!! Finalement, à l’issue d’une réunion intersyndicale plutôt mouvementée qui s’est tenue mercredi, les quatre organisations représentatives de la SNCF (CGT, Unsa, Sud Rail et CFDT) appellent à la grève la semaine prochaine : dimanche 17 et lundi 18 juin, puis vendredi 22 et samedi 23 juin. La réunion s’est déroulée de manière particulièrement houleuse compte tenu de l’opposition croissante entre l’Unsa et la CFDT, alors que le gouvernement comme la SNCF placent tous leurs espoirs dans ces deux centrales pour appeler à la fin de la grève. « Le grand écart de la CFDT me semble physiquement et intellectuellement difficile à tenir », estime pour sa part le secrétaire fédéral de SUD, Erik Meyer. Libération a tenté, sans succès, d’entrer en contact avec Didier Aubert, le responsable de la CFDT Cheminots. Signe de la tension qui s’est désormais installée chez les cheminots, les organisations représentatives ont tenu deux réunions intersyndicales (la première s’est faite sans SUD Rail) pour décider de la suite à donner à leur action. Anasse Kazib, militant SUD Rail, y voit « une volonté de briser l’unité syndicale. Ils se sont vus une première fois à 14 heures à trois, et à 15 heures, ils ont fait une autre réunion avec SUD ». En début d’après-midi une centaine de cheminots ont tenté de perturber l’intersyndicale, les CRS sont intervenus et ont dispersé les manifestants avec du gaz lacrymogène.

Des CRS qui protègent l’intersyndicale contre les cheminots, curieux non ?!!!

16 juin 2018 : Laurent Brun, de la CGT Cheminots, a annoncé vendredi que la grève à la SNCF allait "se poursuivre" en juillet, au delà du calendrier de l’intersyndicale, qui avait fixé le dernier jour du mouvement au 28 juin. "Il n’est pas question de s’arrêter au calendrier". "Nous allons poursuivre au mois de juillet", a-t-il affirmé sur franceinfo le jour d’une importante réunion tripartite (gouvernement, patronat, syndicats) pour mettre au point la nouvelle convention collective du ferroviaire. "Pour combien de temps ? On verra. Comment ? On verra. Il n’est pas question de s’arrêter au calendrier, puisque le gouvernement souhaite passer en force", a ajouté le responsable de la première organisation syndicale à la SNCF, au lendemain de l’adoption de la réforme ferroviaire au Parlement. "La grève, après 30 jours de grève, ça pèse très lourdement sur les familles. Donc nous avons un débat sur la manière de continuer la lutte tout en essayant de préserver les familles sur le coût de la grève", a-t-il ajouté. En fait, pas question de laisser un secteur radical des cheminots organiser une véritable grève !!! La CGT a cassé la possibilité d’un vrai mouvement cheminot ! Et, là, elle s’en moque de l’unité syndicale !!!

Pour conclure :

Il convient de remarquer que depuis 2007-2008, les conflits syndicaux ne mènent qu’à des défaites. Ce grand tournant en la matière correspond, et pas seulement en France, à un moment charnière pour les classes possédantes puisque c’est l’époque de la chute historique du système mondial.

Avant 2007, par exemple en France, plusieurs mouvements prolétariens ont été menés avec un succès au moins partiel par les travailleurs et les jeunes comme en 1982 contre le blocage des salaires, en 1986 contre la loi Devaquet, en 1993 contre le CIP, en 1995 la lutte commune des cheminots et du secteur public, en 2006 la lutte contre le CPE.

Après 2008, tous les mouvements syndicaux, absolument tous, mènent à des défaites complètes comme en 2010 sur les retraites, en 2013 contre le CICE, en 2014 pour les cheminots, en 2015 pour Radio France et l’Hôpital public, en 2016 sur le Code du travail contre la loi El Khomri, et maintenant en mars-avril 2018 pour les fonctionnaires, les cheminots et bien d’autres catégories.

Entre les deux, les syndicats n’ont pas changé de nature ; c’est la situation de la lutte des classes qui a changé. La crise historique du capitalisme est passée par là et elle ne laisse plus place au réformisme. Depuis la crise systémique, les classes possédantes aiguisent les couteaux. C’en est fini de la collaboration de classe, il faut casser le moral de la classe ouvrière pour préparer le rapport de forces nécessaire quand le système s’effondrera. Pour cela, il faut détruire toute conscience de classe, toute organisation de classe, toute lutte de classe. Les luttes sociales ne sont plus dès lors des occasions de pactiser avec les syndicats mais de leur faire mordre la poussière.

Et ce n’est pas propre à la France. L’Europe a connu des journées d’action massives depuis 2008 mais sans succès, que ce soit en Angleterre, en Espagne, en Grèce, etc. La plus grande grève générale de l’Inde n’a rien donné. La méthode des journées d’action a été utilisée par les directions syndicales et, partout dans le monde, elle n’a mené qu’à des échecs. En Guinée, c’est en 2007 que le mouvement ouvrier s’est retrouvé avec une véritable occasion révolutionnaire, face à un pouvoir faible et a été complètement trahi par la direction syndicale qui s’est fait le rempart de ce pouvoir pourri.

Nulle part au monde, un syndicat ne s’est réellement lancé dans la grève reconductible interprofessionnelle. et ce n’est pas seulement parce que c’est une méthode d’action qui nécessite une volonté déterminée d’une grande masse de travailleurs, mais parce qu’une telle confrontation mène nécessairement à la révolution sociale, ce que les appareils syndicaux ne veulent absolument pas, nulle part au monde, ayant compris que leur rôle consiste au contraire à désamorcer de tels mouvements, comme l’a fait le syndicat Solidarnosc en Pologne ou les syndicats français en 1936 en France, quitte à favoriser ainsi l’extrême droite, par retour de balancier, une fois la classe ouvrière désarmée ! Les syndicats égyptiens ont même détourné une révolution, laissant ainsi le mouvement révolutionnaire aux mains de la petite bourgeoisie et laissant les classes dirigeantes reprendre ensuite l’offensive contre-révolutionnaire. Il en a été de même en Tunisie. Les syndicats algériens ont fait de même lors des débuts de la vague des printemps arabes.

Si les syndicats n’ont pas attendu 2007-2008 et la crise historique du capitalisme pour être capables de trahir les mobilisations ouvrières, quelque chose a par contre fondamentalement changé depuis cet effondrement du capitalisme de 2007.

Ce qui a changé en 2007, c’est le fait que le ressort qui fonde le dynamisme du capitalisme a cassé et que personne ne le réparera. Ce ressort, c’est l’investissement privé productif. On est passé à un stade où le niveau des dettes privées et publiques est tel qu’il est beaucoup plus rentable de spéculer sur elles, par des titres de la dette, subprimes ou autres, que d’investir dans la production, et donc que produire de la plus-value. Toujours à la recherche aveugle du plus grand profit possible, le grand capital privé a donc pris dans les années 2000 un rôle plus destructeur que constructeur, et il démolit par ses spéculations le monde capitaliste lui-même. Les Etats et institutions financières centrales ont beau utiliser tous les fonds disponibles, et bien au-delà même, des sommes colossales dont ils ne disposeront jamais, qu’ils ne rembourseront jamais, qu’ils ne peuvent faire payer à personne, ils n’ont pas pu changer cette orientation nouvelle. Ils n’ont pu que retarder l’échéance où cette tendance irrépressible du capital tuera le système lui-même.

En tout cas, une conséquence claire de cette situation, c’est que le système capitaliste est au bord du gouffre. Et si personne ne sait quel petit souffle, quel accident financier secondaire, suffira à le faire basculer dans l’abîme, les classes dirigeantes n’ont fais, depuis cet effondrement, que se préparer au prochain, se préparer politiquement et socialement puisqu’il n’existe aucune solution économique. Cette préparation consiste à casser le moral, la boussole sociale et politique et l’organisation de son seul adversaire dangereux : le prolétariat. Cela nécessite de détruire tout sentiment de victoire, tout risque que les travailleurs prennent conscience de leur force. Il est devenu indispensable de casser le moral des travailleurs, au niveau individuel comme collectif. La vague de suicides en témoigne. En témoigne aussi la volonté des gouvernants de provoquer les travailleurs, de leur balancer des propos venimeux et insultants, de proclamer que les gouvernants peuvent désormais se passer des syndicats, etc.

Les appareils syndicaux, loin d’aider les travailleurs à prendre conscience de la situation nouvelle depuis 2007, n’ont fait que prétendre qu’il n’y avait rien de changé, que le monde était toujours le même et qu’on aurait simplement affaire a des gouvernements mauvais, anti-ouvriers, qui essaieraient de voler toujours plus les travailleurs. Les syndicats ont fait partie de ceux qui prétendaient qu’on allait vers une sortie de crise et que c’étaient seulement des patrons avides et des gouvernements corrompus qui empêchaient les travailleurs de profiter de la reprise économique.

Balivernes ! Ces mêmes syndicats nous démontrent, par l’inefficacité des luttes qu’ils mènent, que la situation a changé, que le temps du réformisme est dépassé et qu’on est entré dans une autre ère, celle des révolutions et des contre-révolutions. Et les guerres, les dictatures, les fascismes font partie du programme de ces contre-révolutions. Seule la révolution sociale peut y faire face, mais jamais les dirigeants syndicaux ne peuvent admettre une telle perspective parce qu’elle contredit tout ce pourquoi ils se sont activés, servir d’intermédiaires pacificateurs entre prolétaires et capitalistes. Ils préfèrent donc désarmer socialement et politiquement les travailleurs plutôt que de voir se dérouler un affrontement de classe entre eux. C’est comme cela que les luttes qu’ils prétendent diriger ne sont rien d’autre que le moyen de désarmer les travailleurs, de dévoyer la véritable lutte de classe et de diminuer la pression sociale des travailleurs en colère. Cette trahison n’empêchera rien, ni la contre-révolution, ni la révolution, mais elle nuit au camp des travailleurs sans nullement calmer le camp des exploiteurs.

12 Messages de forum

  • Laurent Brun, de la CGT Cheminots, a annoncé vendredi que la grève à la SNCF allait "se poursuivre" en juillet, au-delà du calendrier de l’intersyndicale, qui avait fixé le dernier jour du mouvement au 28 juin. "Nous allons poursuivre au mois de juillet", a-t-il affirmé sur Franceinfo le jour d’une importante réunion tripartite (gouvernement, patronat, syndicats) pour mettre au point la nouvelle convention collective du ferroviaire. On notera que la CGT, comme les autres syndicats, continuent à participer à toutes les négociations, sur la convention comme sur le reste, collaboration permanente oblige, même en temps de grève.

    Interrogés par l’AFP, les trois autres syndicats de cheminots représentatifs, Unsa, CFDT et Sud Rail ont tous déploré une décision "unilatérale" de la CGT. "La CGT veut imposer le rythme à tout le monde", a critiqué Roger Dillenseger (Unsa), qualifiant cette annonce d’"inadaptée" et "irrespectueuse" pour les autres organisations. "Est-ce qu’en réalité on a encore une intersyndicale si chacun fait ses annonces tous seuls ? On va y réfléchir", a-t-il prévenu.

    "Ce n’était pas du tout ce qui était prévu dans le cadre de l’interfédérale" qui s’est réunie mercredi, a abondé Didier Aubert (CFDT). "Nous avions convenu de nous revoir lundi pour analyser les résultats de la réunion tripartite de cet après-midi", a-t-il expliqué, tout en se résignant à observer qu’en "fin de conflit", "chacun essaie de jouer sa partition".

    Contrairement à l’Unsa et la CFDT, Sud Rail "avait déjà proposé à l’intersyndicale de continuer le mouvement au mois de juillet", a dit à l’AFP son secrétaire fédéral, Erik Meyer, estimant malgré tout que cette sortie de la CGT "ne va pas dans le bon sens".

    Par contre, SUD ne dit pas que ce qui ne va pas dans le bon sens, ce serait de ne pas avoir fait prendre la décision aux AG : on n’en est plus là ! Et pas non plus de s’en tenir aux deux jours sur cinq. Et ce syndicat dénonce encore moins le fait de s’en tenir à une grève de la SNCF, alors que l’hôpital public est tout aussi menacé, que les privatisations ne la concernent pas seule : ADP, FDJ et Engie suivent et ce n’est pas forcément fini ! Tous les services publics ne veulent plus embaucher de fonctionnaires, etc. Eh bien, pas un syndicat ne dénonce ces politiques de trahison "syndicales" !!!

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  • Et maintenant, les syndicats d’Air France abandonnent la grève qu’ils prétendaient gagner seuls, sans les cheminots, sans les éboueurs, sans les hôpitaux, sans les fonctionnaires !!!

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  • Le gouvernement a eu tellement peur de la menace des syndicats d’une convergence des luttes qu’il fait converger les attaques antisociales : il lance les privatisation, annonce le blocage des salaires des fonctionnaires, prépare la privatisation de l’hôpital public, prévoie le "pacte" avec des milliards de cadeaux aux patrons, etc.

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  • Le mythe de l’unité syndicale a vécu... jusqu’à la prochaine fois...

    La CGT a proposé trois jours de grève les 2, 6 et 7 juillet. L’UNSA « ne continuera pas la grève en juillet », la CFDT juge toute décision « prématurée ».

    L’UNSA-Ferroviaire, deuxième syndicat des agents SNCF, a tranché. Le syndicat a annoncé, mardi 19 juin, qu’il « ne continuera pas la grève en juillet ».

    « Il faut taper là où ça fait mal, approuve le secrétaire fédéral de SUD-Rail, Erik Meyer. C’est-à-dire, perturber les grands départs. »

    Pour SUD, frapper, ce n’est pas développer l’unité avec les autres secteurs menacés de privatisation !!!! Et pas non plus organiser des comités de grève !

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  • Ce n’est absolument pas aujourd’hui que l’on découvre que l’UNSA et la CFDT allaient se séparer à ce stade !!!

    « Il n’est pas question pour la CFDT de faire de la surenchère dès aujourd’hui », a-t-il ajouté, estimant qu’après les amendements obtenus sur la loi et les garanties apportées dans la convention collective, seule la négociation du pacte ferroviaire d’entreprise avec la SNCF continuait de représenter un « verrou ».

    A l’Unsa, « on reste combatif pour la défense d’un nouveau pacte social ferroviaire », a-t-il souligné, évoquant les négociations à venir sur la convention collective nationale (CCN) de la branche ferroviaire et celles au sein de la SNCF. « On mobilisera à bon escient ».

    Voilà ce qu’étaient les "alliés" de la grève !!!

    Et ils l’étaient depuis le début et n’ont pu participer que parce qu’ainsi ils évitaient une vraie grève reconductible et capable d’extension !!!

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  • Les syndicats et les partis de la gauche du capital ont saboté la grève à la SNCF, en la canalisant vers la défense de l’entreprise ferroviaire et de l’État-patron…

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  • Dans un mail, le responsable d’un établissement de la SNCF indique vouloir "constituer une base de données des agents qui sont actifs sur les réseaux sociaux". Le responsable de l’ETNP explique en effet que "pour avoir une meilleure visibilité sur les réseaux sociaux", il a été décidé de "constituer une base de données des agents de l’ETNP qui sont actifs sur les réseaux sociaux". Un tableau joint au mail demande de renseigner les noms, prénoms, fonctions, pseudos des agents, le nom des réseaux auxquels ils participent, avec une case de commentaire. "Ficher les agents, c’est illégal. J’imagine que ça répond à une consigne nationale", a réagi Fabien Dumas, secrétaire fédéral de SUD-Rail.

    Se basant sur un mail du 17 avril dernier d’un responsable de l’Établissement Traction Nord Parisien (ETNP) du groupe, SUD-Rail accuse, dans un communiqué, la direction d’être "prête à constituer des listes d’agents en dehors de toute déclaration à la Cnil et à porter atteinte aux libertés individuelles des cheminots". "Dans quel but ?" demande le syndicat.

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  • Les syndicats font semblant d’être partiellement satisfaits des "résultats" de la grève dite perlée !!!

    Pensez donc ! Résultat zéro !!! Fausse grève !!! Fausses garanties !!!

    Sans triomphalisme", l’Unsa "se félicite" d’avoir gagné "certaines évolutions face à la rigidité du pouvoir en place". La CFDT note qu’elle a pu "corriger ou atténuer les effets négatifs d’une loi dont elle n’a pas voulu". Pour Rémi Aufrère-Privel, secrétaire général adjoint de la CFDT Cheminots contacté par LCI, les syndicats ont "répondu à la vacuité totale du projet gouvernemental quand il a été lancé. Le gouvernement nous a demandé de remplir les pages blanches des conditions sociales de la réforme."

    Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, a affirmé que malgré l’ampleur de la mobilisation, "85% des problèmes que nous avons soulevés ne sont pas réglés". En effet ces "avancées", critique la CGT, "ne représentent pour l’instant pas de garanties réelles ni pour le service public (fret, lignes de proximité, régularité, bassins d’emplois) ni pour les cheminots".

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  • La SNCF déclare qu’elle ignore pourquoi un train à vitesse lente a déraillé en entrant en gare de Marseille et a mis en place trois commissions internes d’enquête « pour le savoir » et pour ne pas le dire ! Les cheminots, eux, savent que c’est toute la SNCF, service public, qui déraille…

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  • Ce mouvement, loin de renforcer les cheminots face à la direction, a servi à désigner du doigt les cheminots les plus radicaux et quelques syndicalistes radicaux. Et à les désigner pour les isoler, les menacer et même les licencier...

    Ils sont déjà au moins une vingtaine de syndicalistes CGT ou Sud-Rail à être convoqué pour des sanctions disciplinaires par leur employeur. La dernière en date est Christelle, militante Sud-Rail à Lyon dont l’entreprise réclame la radiation des cadres, l’équivalent du licenciement dans le secteur public. Son sort sera fixé le 7 septembre lors d’un conseil de discipline, pendant que ces collègues se rassembleront à partir de midi, devant la tour Incity à Lyon où siège la direction régionale, pour exiger l’abandon des poursuites. À cette fin, les 1000 premières signatures d’une pétition ont été remises à la direction le 2 septembre.

    « Elle a juste invectivé un supérieur hiérarchique un jour de grève », s’étonne Bruno Poncet qui souligne le caractère disproportionné des sanctions réclamées par la SNCF. « Ce sont des choses qui avant se réglaient entre quatre yeux ou dans le bureau du supérieur pour remettre tout à plat », explique le secrétaire fédéral du syndicat Sud-Rail. Pour lui, « l’objectif de la SNCF est de mettre des coups aux grévistes, surtout s’ils sont délégués syndicaux, pour faire peur à tout le monde en montrant que personne n’est à l’abri ». Christelle n’est pas la seule à risquer un licenciement. Au mois de juillet, un autre représentant de Sud-Rail, cette fois à Rennes, a été convoqué par l’entreprise en conseil de discipline.

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  • La radiation de Yannick a été demandée par la direction. Elle l’a obtenue et Yannick a reçu début août la confirmation de son licenciement. Il lui était reproché d’avoir voulu nuire à l’entreprise en interrompant le trafic des trains. Lors de la manifestation du 1er mai, Yannick remarque un policier à proximité des voies et signale sa présence au poste d’aiguillage qui décide, pour des raisons de sécurité, d’arrêter la circulation. La SNCF met en doute la version du cheminot et porte plainte. Malgré la confirmation des faits et le respect des procédures internes, la direction n’a pas annulé le conseil de discipline et a confirmé sa décision.

    Étant protégé par un mandat syndical, c’est maintenant à l’inspection du travail de se prononcer sur la validité de sa radiation. En cas de refus de cette dernière, la SNCF peut faire appel de la décision. Le dossier atterrirait alors sur le bureau du ministère du Travail. Le syndicat Sud-Rail envisage déjà de porter l’affaire devant les tribunaux. À Nîmes, c’est encore une radiation, maintenant examinée par l’inspection du travail. Ici, Jean-François s’est vu reprocher l’utilisation d’une torche lors de l’occupation des voies en gare le 14 mai qui aurait occasionné une grave blessure à l’œil d’un conducteur de train non gréviste. Une version contestée par Jean-François et la CGT cheminot qui y voit un montage de toute pièce. En tout cas, le conducteur en question a conduit son train à destination après sa blessure à l’œil, accompagné en cabine par un supérieur. Le surlendemain, le médecin chez qui il s’est rendu ne lui a pas prescrit d’arrêt de travail.

    Dans les Hauts-de-France, plusieurs dizaines de cheminots ont reçu des convocations au commissariat ou devant leur direction. Parmi eux, six grévistes encourent des sanctions allant de mises à pied jusqu’à une possible radiation pour au moins l’un d’eux, convoqué devant un conseil de discipline en septembre. À Hendaye, c’est le tour de Laurent, un contrôleur de train que sa direction accuse d’avoir ceinturé une cadre lors d’une journée de grève en juin. Un premier rassemblement de près de 300 personnes s’est tenu à Bayonne à l’appel de la CGT le 21 août pour soutenir ce cheminot. Puis, un second à Bordeaux le 4 septembre, jour de son conseil de discipline, où il risque le licenciement. Pour la CGT cheminots d’Hendaye, la direction cherche à « se venger des trois mois de grève perlée du printemps ».

    Aux dires de la SNCF, 440 infractions ont été constatées donnant lieu à 120 plaintes, pas toutes enregistrées par les procureurs. « Certaines directions dans les régions ont dit : nous allons sortir les dossiers, attendez-vous à un retour de bâton », affirme inquiet Bruno Poncet de Sud-Rail. Au mois d’août, ce sont six nouvelles procédures qui sont déclenchées contre des militants du syndicat Sud à Grenoble. « Il y a des motifs ridicules, comme avoir traversé les voies sans gilet ou avoir montré un cadre du doigt », indique Julien Troccaz, membre du Conseil de surveillance du groupe SNCF pour Sud-Rail. Pour autant, la direction réclame des sanctions, dont la radiation pour l’un des six grévistes. En cause une occupation de nuit de la gare de Grenoble en juin par des cheminots et de nombreux militants du mouvement social local. Si sa radiation se confirme, le nombre de licenciements pourrait être porté à cinq en l’espace de deux mois.

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  • Belle comparaison entre la récente grève des cheminots qui ne s’est fait craindre de personne, ni les classes possédantes ni leurs gouvernants, et l’actuel mouvement qui leur fait peur follement !!!

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