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Accueil du site > 01 - Livre Un : PHILOSOPHIE > LIVRE UN - Chapitre 02 : Matière à philosopher ? > Le message d’Albert Jacquard aux hommes qui veulent devenir humains

Le message d’Albert Jacquard aux hommes qui veulent devenir humains

jeudi 12 septembre 2013, par Robert Paris

Le message d’Albert Jacquard aux hommes qui veulent devenir humains

Albert Jacquard vient de décéder et tout ce qui est directement opposé à ses prises de position, tous les personnels institutionnels qu’il combattait, ne tarissent pas d’éloges sur sa personne et son courage. Il convient de rappeler la réalité de son message et de son combat.

Jacquard polytechnicien

« À deux reprises, j’ai donc défilé avec ma promo sur les Champs-Élysée. Je me souviens d’avoir éprouvé une certaine gêne, car j’avais lu la remarque d’Einstein : « Pour marcher au pas, le cerveau est superflu, la moelle épinière suffit. »

dans « Mon utopie »

Sur nations et nationalismes

« L’entêtement borné de quelques puissants a transformé en réalités concrètes, en « nations », ce qui n’était au départ que concepts abstraits, Allemagne, France ou Italie. Le processus est plus absurde encore pour les nations africaines issues de la décolonisation et dont les limites résultent de traits tirés plus ou moins au hasard sur une carte par quelques fonctionnaires de Paris ou de Londres. La pauvreté même des objets ou des rites qui les symbolisent montre à l’évidence combien ces concepts sont creux. Quelques couleurs élémentaires brutalement associées, quelques accords assez simples pour être joués par des musiques militaires, quelques paroles assez dépourvues de sens pour pouvoir être répétées sans jamais concerner l’intelligence, voilà de quoi fabriquer drapeaux et hymnes patriotiques qui justifieront, par leur seule évocation, tous les abandons de la raison. »

Dans « Petit abécédaire de culture générale »

« Vraiment, ne faut-il pas avoir abandonné tout bon sens, toute raison, tout contact avec la réalité, pour appeler aujourd’hui les petits Français à abreuver les sillons de leurs campagnes du sang impur de ceux qui viennent égorger leurs compagnes (sans compter la mauvaise leçon de versification apportées par ces rimes trop riches) ? »

Dans « Petit abécédaire de culture générale »

« N’est-il pas grotesque de prétendre que « la France est championne du monde » alors que le respect de la vérité nécessite de dire simplement qu’une équipe subventionnée par le budget de l’État français a remporté un championnat ? »

dans « Halte aux Jeux ! »

Sur le chômage

« Le véritable remède contre le chômage est qu’il n’y ait plus de travail pour personne, mais pour chacun une place dans la société »

Extrait de « Petite Philosophie à l’usage des non-philosophes »

« L’oisiveté est, dit-on, la mère de tous les vices, mais l’excès de travail est le père de toutes les soumissions. »

Extrait du « Petite philosophie à l’usage des non-philosophes »

L’humanisme de Jacquard

« Désormais la solidarité la plus nécessaire est celle de l’ensemble des habitants de la Terre. »

de Albert Jacquard

« Vivre, pour un être humain, ce n’est pas seulement laisser agir les métabolismes que déroule notre organisme, c’est profiter de la conscience que nous avons d’être pour devenir une personne. »

dans « Petite philosophie à l’usage des non-philosophes »

« Mettre en commun, c’est l’acte qui nous constitue. Si l’on estime que cet acte est impossible, on refuse tout projet humain. »

Extrait du « Petite philosophie à l’usage des non-philosophes »

« L’histoire de notre espèce n’est pas seulement celle des exploits individuels peu à peu améliorés, elle est surtout celle des réussites permises par notre capacité à mettre en commun. Tout exploit de l’un d’entre nous doit donc être ressenti par chacun comme le signe d’une avancée dont tous nous pouvons nous sentir acteurs. »

Dans « Halte aux Jeux ! »

Sur les réformes sous le capitalisme

« Sur le Titanic en train de sombrer, est-il raisonnable de consacrer beaucoup d’efforts et d’intelligence à obtenir une meilleure cabine ? » Dans « J’accuse l’économie triomphante »

Sur la politique

"Il faut savoir être un citoyen, c’est-à-dire " faire de la politique ". Certes, en faire c’est courir le risque de se tromper ; mais ne pas en faire est être sûr de se tromper."

Dans « Petite philosophie à l’usage des non-philosophes »

Albert Jacquard, matérialiste

« L’esprit n’est que l’aboutissement de l’aventure de la matière. Il n’a pas d’autre origine que l’ensemble du cosmos. »

« La vie, ce concept mystérieux, est ramenée à la présence d’ADN. Il n’y a plus de frontière entre matière animée et inanimée. Tout n’est qu’une question de degré de complexité. »

Extrait d’une Conférence - 10 Avril 2001

En philosophie des sciences

« Nous ne voyons pas le monde avec nos yeux, nous le voyons avec nos concepts. »

dans « Petite philosophie à l’usage des non-philosophes »

En philosophie du vivant

« Calculer la probabilité d’un événement n’a aucun sens une fois que l’on sait qu’il s’est produit. L’apparition de la "vie", celle des dinosaures, celles des Hommes, a résulté d’un grand nombre de bifurcations dans le cours des processus se déroulant sur notre planète ; chacune de ces bifurcations s’est produite alors que de nombreuses autres étaient possibles ; chacune avait une probabilité faible, mais il fallait bien qu’une de ces possibilités se produise. » dans « La science à l’usage des non-scientifiques »

Le biologiste Albert Jacquard le rappelle dans « Eloge de la différence » :

« Le fait qu’une recherche aboutisse à une « mesure » n’entraîne pas nécessairement qu’elle soit scientifique (...) ».

« Aristote fut pendant longtemps responsable d’une autre grave méprise. Il avait admis que l’état de repos d’un corps – celui qu’il conserve lorsqu’aucune influence ne s’exerce sur lui – est l’arrêt. S’il bouge, c’est qu’il subit une force. » rappelle Albert Jacquard dans « La légende de la vie ». « Pour Aristote, la nature est une activité adéquate à une fin » dit Hegel dans sa Préface à « La phénoménologie de l’esprit ». Eh oui, bien des gens croient encore que les plumes, c’est pour voler, les jambes c’est pour marcher et le cerveau c’est pour penser. Et on continue à questionner le zèbre : les rayures c’est POUR quoi ? La réponse de la science n’est pas de donner un but mais un fonctionnement du vivant. Par exemple en disant que le zèbre est un cheval noir, les bandes blanches correspondant à des inhibitions de couleur, comme pour la ventre de la plupart des animaux.

Comme le dit Albert Jacquard dans son ouvrage « La légende de la vie » :

« dans la mutation d’un gène entraînant une nouveauté, nous sommes en face d’une difficulté. Comment le changement d’une simple molécule peut-il entraîner la transformation du destin d’un organisme ? En réalité nous sommes ici piégés par notre habitude de croire les effets proportionnels aux causes. La biochimie est au contraire le domaine où règne l’adage : « petites causes – grands effets ». Un exemple peut l’illustrer : celui de l’hémoglobine. Sa chaîne comporte quatre cent trente huit bases. Le changement d’une de ses bases est la cause d’une maladie très répandue dans certaines régions d’Afrique, l’anémie falciforme. Ce changement est le produit d’une seule erreur sur un triplet de base qui code un acide aminé. Une seule erreur et l’organisme entier en est affecté, les globules rouges prennent une forme de faucille, finissent par s’autodétruire, des caillots se forment et la pression de l’oxygène dans le sang diminue. Contrairement à ce que croyait Aristote, la nature procède par sauts. »

« Les innombrables livres produits par les spécialistes du vivant, les biologistes, tiennent pour évident la classification de tous les objets en deux catégories : ceux qui sont animés et ceux qui sont inertes (...) Mais ils se gardent bien de préciser en quoi consiste la frontière entre les deux catégories » dit Albert Jacquard dans « La légende de la vie ».

Sur l’éducation

« Oublions ces examens qui agissent comme des aimants pernicieux en orientant les efforts vers la "réussite". »

Dans « Extrait du Petite Philosophie à l’usage des non-philosophes »

« Chaque élève a droit aux apports de savoir et de réflexion qui l’aideront dans ce qui est la tâche de toute une vie : devenir celui que l’on choisit d’être. Refuser à certains, sous prétexte qu’ils sont catalogués " mauvais élèves " ou " faits pour le travail manuel ", l’accès à un exercice intellectuel aussi fondamental que la philosophie, c’est accepter le découpage de l’humanité en catégories hiérarchisées, c’est-à-dire accepter la barbarie. »

dans « Petite philosophie à l’usage des non-philosophes »

« La cité idéale est celle où tout est école. »

dans « Mon utopie »

Sur les religions

« Dieu. Quoi que je fasse, le mot évoque en moi le vieux barbu des cathédrales, sculpté à notre image. Invention humaine dont je dois me débarrasser. Tuer le père, c’est d’abord tuer Dieu-le-père. Sous les statues du"Pan Creator", il faut écrire :"ceci n’est pas le Créateur". Les musulmans s’interdisent toute représentation de Dieu. Les juifs refusent de prononcer son nom. Je les envie. »

dans « Idées vécues »

« Il me semble que les religions manifestent déjà une forme de totalitarisme lorsque, au-delà d’un individu, elles veulent débusquer le démon qui agit en lui, et ce, au nom d’une doctrine qui s’intéresse au "tout" et non pas aux éléments qui le composent. Les Inquisiteurs n’étaient-ils pas totalitaires lorsqu’ils torturaient un pauvre diable dans l’idée de lutter contre ce Tout partout présent et agissant qu’est le Diable ? »

dans « Petite philosophie à l’usage des non-philosophes »

« L’invention des dieux [...] résulte d’une démission de la raison, plus précisément d’une incapacité à accepter une évidence douloureuse, du moins pour certains : que la raison ne peut apporter des réponses à tout. Cette invention, comme toutes les inventions, a été utilisée parfois pour provoquer les pires fléaux, ainsi les effroyables guerres de religion. »

dans « Petite philosophie à l’usage des non-philosophes »

« L’évocation d’un paradis à gagner en acceptant les misères du monde présent a été une véritable drogue évitant la révolte des exploités. La religion catholique n’a pas fini de payer sa compromission avec ce détournement des paroles de l’Evangile. »

dans « Petite philosophie à l’usage des non-philosophes »

Sa conclusion

« Je n’ai pas de solution : mon objectif, ce n’est pas de construire la société de demain, c’est de montrer qu’elle ne doit pas ressembler à celle d’aujourd’hui. »

La suite

18 Messages de forum

  • "La finalité de l’école, c’est la rencontre."

    Albert Jacquard

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  • « 6 août 1945. Pour la première fois, une bombe atomique est lancée. La ville d’Hiroshima est rasée. Deux jours plus tard, une seconde bombe détruira Nagasaki. Toutes les perspectives de l’humanité sont bouleversées. Aucun des tournants précédents de son histoire, ni la maîtrise du feu, ni l’invention de l’écriture, ni la découverte d’un nouveau continent, n’a été aussi décisif. Cette fois, les hommes se sont donnés à eux-mêmes une puissance telle qu’elle dépasse les capacités de la planète ; ils mettent en danger tout ce qu’elle porte. »

    Albert Jacquard

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  • « Nous ne sommes en rien des objets soumis à quelque destin, mais des passagers conscients et mortels, agissant sur cette planète. Nous sommes des dépositaires et passeurs d’expériences, de savoirs, échangeant en projections leurs questionnements, leurs ambitions, leurs idées, rêves et idéaux, leurs luttes et combats pour avancer en résonances, par nos unicités partagées. »

    Réinventons l’humanité de Albert Jacquard

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  • Albert Jacquard sur les faux raisonnements :

    « … nous constatons, bien sûr, que les habitants des quartiers chics paient cher de loyer et passent en moyenne deux semaines dans la neige ; les habitants de HLM de banlieue ont des loyers moins élevés et ne passent qu’un ou deux jours à la montagne : plus cher est le loyer, plus longue est en moyenne, la durée des vacances d’hiver ; il y a une très forte corrélation entre les deux nombres. Faut-il en conclure que le loyer est un « facteur » de la durée des vacances ? Cela amènerait à tripler les loyers de HLM pour permettre enfin aux ouvriers de faire de longs séjours à la montagne ! Il y a une erreur quelque part dans le raisonnement. Eh bien, c’est exactement la même erreur logique que commettent les quelques « psy » ou les quelques idéologues qui osent présenter le QI comme « facteur » de la réussite. Ils confondent innocemment, ou consciemment selon les cas, corrélation et cause.
    Certes, un QI de 90 permet de prévoir un manque de réussite, si les conditions restent ce qu’elles sont. Mais pourquoi le resteraient-elles ? Il n’y a là aucune fatalité. Tout au contraire, l’objectif de la mesure du QI doit être non le plaisir de prévoir l’échec, mais la possibilité de prendre les mesures qui permettrons de l’éviter ».

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  • Jacquard aux côtés des sans-papiers demandant leur régularisation : "On n’a pas encore compris que tous les immigrés font partie de la France. Les gens n’en ont pas peur, on leur a fait peur".

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  • Une majorité des hommes connus qui prétendent admirer Jacquard comme un homme courageux, bon, militant, aux côtés des démunis, etc, ne sont ni courageux, ni bons, ni militants, ni aux côtés des démunis...

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  • « Jusqu’en octobre 1961, j’ai été un passager de l’histoire. Et puis, un matin, j’ai ouvert le journal et découvert que, juste en bas de chez moi, la police avait jeté dans la Seine des manifestants algériens. »

    Albert Jacquard

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  • « Tant qu’on gardera les idées de classements et de notes, cela n’ira pas. Les parents ont tort de les réclamer. […] Être premier, c’est stupide car on ne peut l’être que dans une seule dimension. La note, c’est l’unidimensionnalité. »

    Albert Jacquard

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  • « Il faut placer chacun dans les conditions de créer sa personne, de devenir quelqu’un, sans qu’il soit orienté vers une finalité productiviste et mercantile, sans qu’il soit façonné à ce que le « marché » va réclamer de lui. Dans les écoles de la banlieue parisienne, j’ai affaire à des gens un peu désespérés mais qui m’écoutent volontiers parce qu’ils préfèrent avoir pour objectif de se construire que de devenir des futurs patrons. Certes, gagner correctement leur vie est essentiel, mais ils ont compris que l’enjeu prioritaire est ailleurs, dans la réalisation d’eux-mêmes. Ce qui implique d’avoir une perspective. Résultat, ils sont moins désespérés lorsqu’ils m’écoutent que lorsqu’ils entendent les discours du richissime patron de Total. »

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  • « je considère que toute école devrait être publique et ouverte à tout le monde.

    L’enjeu, plus général, est de reconstruire l’intérêt personnel de telle sorte qu’il soit conforme à l’intérêt collectif. Pour cela, il ne faut pas hésiter à être révolutionnaire. »

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  • extrait de "J’accuse l’économie triomphante" :

    « Avant le néolithique, les hommes "percevaient leur identité dans le regard des autres, non dans le regard porté par eux sur les objets qu’ils s’appropriaient.

    La révolution du néolithique a transformé cette attitude. Les hommes ont travaillé les riches terres avoisinant le Tigre et l’Euphrate, ils ont labouré, semé, récolté, et se sont attribué un droit d’usage des champs qu’ils avaient défrichés, un droit de consommation des grains qu’ils avaient mis à l’abri dans leur grenier.

    Le travail qu’ils consentaient à fournir était, à ce stade, justifié par des avantages à venir ; la société devait donc apporter l’assurance que ces avantages seraient, le moment venu, effectivement reçus ; elle devait assurer le respect du "droit de propriété". Celui qui a cultivé un champ est seul à pouvoir en recueillir la production ; celui qui a engrangé une récolte est seul à disposer de sa consommation.

    Par la suite, cette appropriation est devenue transmissible ; les descendants devenaient bénéficiaires des efforts et ou des mérites de leur ascendants sans avoir participé à la création de richesses. Cette extension du droit de propriété peut sembler abusive, elle a pourtant été largement acceptée, au nom de la continuité de la famille, de génération en génération.

    Il y a de toute évidence un danger grave de distorsion de la structure sociale. Celui, qui par pure chance est né dans une famille jouissant de multiples propriétés est mieux placé que d’autres pour accroître encore son opulence. Le mécanisme mis en place provoque un accroissement presque automatique de la richesse du riche et un appauvrissement du pauvre.

    Certains peuples se sont rendus compte de cet effet pervers du droit de propriété et ont pris des mesures pour l’atténuer : les Juifs avaient institué une année "jubilaire" intervenant tous les cinquante ans : chacun rendait alors à l’Etat les biens qu’il avait reçus en héritage au cours du demi-siècle précédent. Dans les sociétés d’aujourd’hui, les mesures adoptées sont moins rigoureuses et moins efficaces ; l’Etat se contente de prélever une part des richesses transmises aux héritiers sous forme d’impôt de succession. Cela n’empêche pas l’accumulation des propriétés et des privilèges qui leur sont liés ; une réalité qui pèse lourd dans le fonctionnement de l’économie." »

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  • « Ce n’est pas là seulement une affirmation de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, c’est la conclusion de la recherche scientifique : tous les humains ont une origine commune.
    Ils sont donc tous également co-propriétaire de la planète, donc co-responsables de sa gestion. A la question : "A qui est confiée la planète ?" la seule réponse est désormais : "A tous les humains, y compris ceux qui ne sont pas encore nés.... Depuis de nombreuses générations ils [les humains] savaient que, pour créer de la richesse, il faut des idées, du travail et des outils ; des paraphes sur des documents imprimés peuvent tout au plus déplacer les richesses, non les créer. Les clients des banques ont été semblables aux publics naïfs qui, dans les foires, sont séduits par les promesses des bonimenteurs. Ils ont confié leur fortune à des financiers, ceux-ci l’ont convertie en prêts qui ne seront jamais remboursés... L’école est au service de ceux qui s’adressent à elle pour qu’elle les aide à devenir eux-mêmes, non au service de la société. Elle n’est pas chargée de lui fournir des humains prêts à l’emploi dont elle a besoin ; elle n’a pas à se préoccuper du nombre d’archivistes-paléographes, d’astronautes, de jardiniers ou de pianistes dont la société aura besoin dans vingt ans. Son rôle est de fournir dans l’immédiat, à ceux qui pensent en avoir la vocation, les moyens d’acquérir les compétences qu’ils désirent. »

    Albert Jacquard - Le compte à rebours a-t-il commencé ?

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  • « Lorsque des familles sont à la rue, lorsque des enfants sont logés dans des trous à rats, lorsque, comme à Paris durant l’été 2005, plusieurs incendies de taudis provoquent des dizaines de morts, tandis que des locaux tout proche restent vides, il serait criminel de ne pas réagir en remettant en cause le droit de propriété... »

    Albert Jacquard - Mon utopie

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  • « Qu’est-ce que cela veut dire intelligents ? L’intelligence, c’est la faculté de comprendre. Or comprendre vraiment quelque chose, c’est toujours long. Etre vraiment intelligent, c’est... comprendre qu’on n’a pas compris. Exemple type : Albert Einstein, élève à la scolarité médiocre, qui ne fut certainement pas un enfant surdoué, et dont personne ne prétendra, je suppose, qu’il n’était pas intelligent. Mais comprendre que l’on n’a pas encore compris, c’est beaucoup plus intelligent que de croire que l’on a compris ? ce qui est la caractéristique de l’enfant prétendument surdoué. Ce dernier se signale avant tout par la confiance en soi, par l’habitude de s’imposer, ou l’aptitude à se manifester. C’est une simple question d’aventure sociale.

    A l’inverse, un jeune garçon de 14 ans, dans un collège de banlieue à problèmes, m’a un jour posé la question suivante : « Monsieur, est-ce que l’on peut devenir généticien lorsqu’on a un casier judiciaire ? » Cette question m’a troublé. Ce jeune n’avait pas de casier judiciaire... mais il savait que, fatalement, il finirait par en avoir un. Ce n’était pas un élève brillant, mais il avait compris beaucoup de choses. L’intelligence, c’est toujours l’aboutissement d’une aventure individuelle, nourrie par les stimuli extérieurs, et cela n’a rien à voir avec la génétique. »

    A. Jacquard

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  • "nous sommes différents, inégaux mais nous ne sommes pas hiérarchisables ! Nous appartenons tous à la même espèce, l’espèce humaine, et il n’ y a pas de classement possible. Notre tendance à vouloir classer, trier, repose sur un recours permanent à des mesures qui ne reposent sur rien de fondé ni de légitime. Peut-être cette tendance nous donne-t-elle l’impression de maîtriser le chaos de l’existence, et donc nous rassurent, mais c’est une stupidité."

    A. Jacquard

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  • celui qui veut avant tout "réussir" rentre à Polytechnique ou à l’ENA, il fait une belle carrière, il peut justifier le sort confortable que lui accorde la société par l’efficacité de son action. Oui, il est un bon ingénieur, un bon scientifique, un bon gestionnaire ; il est compétent, il est honnête. Il a bien mérité sa Légion d’honneur. Il fait partie de l’élite.
    En réalité, son rôle est celui d’un soutier du Titanic, lançant avec vigueur des pelletées de charbon dans la chaudière pour accélerer la "marche" vers l’iceberg.
    Se contenter d’être efficace, c’est ne pas se demander au service de quel demain est mis l’effort d’aujourd’hui ; c’est trahir sa condition d’homme.

    A.Jacquard dans le livre "A toi qui n’est pas encore né(e)"

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  • « Le péché fondamental des religions : faire des adeptes qui ne posent plus de questions. L’attitude scientifique est exactement à l’opposé. »

    Petite philosophie à l’usage des non-philosophes, Albert Jacquard

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