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Assez de suicides à l’hôpital public !!!

mercredi 15 mars 2017

Assez de suicides à l’hôpital public !!!

L’APHP déclare : « L’Assistance publique-Hôpitaux de Paris vient de reconnaître "pleinement sa responsabilité" » ! Ce n’est des nombreux suicides qu’il s’agit mais seulement du patient qui s’est égaré dans l’HEGP !!!

Assez de harcèlement ! Assez de pressions ! Assez de suicides ! Assez !

« Elle souffrait de dépression et aurait à plusieurs reprises dénoncé ses conditions de travail. Elle a salué ses collègues avant de se pendre, ce mardi, dans son bureau du service informatique de l’hôpital Cochin. » nous informe la presse, avant que la direction réagisse, parlant d’abord d’une employée de bureau, avant de reconnaître qu’elle avait été contrainte de quitter son poste d’infirmière.

L’APHP parle de « difficultés fonctionnelles et relationnelles du service », pour dire que cette agent de l’hôpital public était harcelée dans son travail. Sans compter qu’un tel harcèlement par son encadrement est commandé par la direction locale et par la direction générale. Beau langage d’une froideur toute directoriale !!! Mais pas un mot du suicide de notre collègue de l’hôpital Cochin à son travail. L’APHP sous-entend cependant que la relation entre « ces difficultés » et ce suicide reste à prouver !!! « Depuis plusieurs mois, elle avait dénoncé des difficultés au travail » rapporte un syndicaliste.

La direction de l’APHP parle d’ « enquête interne », en somme une enquête où ceux qui seraient coupables de pressions inadmissibles sur les personnels, de négligences lorsque la situation de stress intense a été avérée, sont ceux qui mènent l’enquête !!! On a imposé une reprise du travail à une collègue en état de stress intense, dans un service de management où la rentabilité est sans cesse imposée par la hiérarchie. « C’est le management qui est en cause, dans un service particulièrement mis sous pression car c’est de financement, de rentabilité, que traitent ces personnels ! » dit un syndicaliste de l’hôpital.

La direction de l’APHP trouve déjà mille moyens de se blanchir : elle met « des moyens en place » contre le stress, « la situation semblait moins aiguë », la salariée « ne voulait pas s’épancher ». Ce sont les responsables qui n’ont pas communiqué sur cette situation qu’ils connaissaient parfaitement et pour cause : ils en sont les responsables !!! Les suicides se sont multipliés ces derniers mois sans interrompre la politique de destruction de la santé et de ses personnels !!!

Arrêter la vague des suicides !

Le suicide de notre collègue de Cochin, suit celle de l’HEGP et toute une vague de suicides révélés cette année dans de nombreux établissements, suicides plus ou moins cachés au personnel par la direction et que celle-ci ne reconnaît nullement comme le produit de sa politique, celle de Hirsch, celle des agressions permanentes contre les personnels, de plus en plus sous pression et stressés par des conditions de travail qui s’aggravent sans cesse. Pas la peine de faire semblant de mener des enquêtes puisqu’on connaît parfaitement l’origine de cette vague de suicide. Comme à France Telecom ou à Renault, ce sont les patrons qui sont les responsables de ces morts et ici c’est Hirsch qui doit être clairement mis en cause, et sa politique de pressions sur le personnel pour imposer de travailler de manière de plus en plus rentable et de moins en moins fondées sur les véritables buts d’un métier de santé. Arrêter la vague des suicides, c’est arrêter les pressions inadmissibles et embaucher massivement !

Comme à Renault et à France Telecom, une direction qui nie sa responsabilité

Hirsch s’est déplacé à l’HEGP. Il ne l’a pas fait à la suite du suicide d’un infirmier ni à cause du suicide d’un cardiologue. Toujours pas à cause du malade trouvé mort dans les sous-sols ! Non, c’est pour féliciter sa directrice à l’occasion de l’inauguration d’une nouvelle plateforme de chimiothérapie à l’HEGP ! Ce n’est donc pas par inquiétude pour les personnels qui sont pourtant gravement perturbés dans leur travail par les conditions inadmissibles dans la manière de traiter les personnels. Et avec comme direction générale ce sinistre individu qui se déplace mais seulement pour défendre sa directrice, une fois encore mise en cause et que Hirsch a traité de « cible vivante » avant de « lui rendre hommage ». Hirsch a cependant annoncé que la directrice de l’HEGP allait quitter son poste tout en affirmant que ce n’est pas parce qu’elle aurait démérité !!! Quant à la direction de l’hôpital, pour éviter les suicides, selon elle, il suffirait de fermer la terrasse !!! Depuis cet été, sans aucune réaction de Hirsch, c’est presque une dizaine d’infirmiers qui se seraient suicidés. La direction de l’APHP n’en sait rien puisqu’elle ne tient aucun compte, considérant que, même quand la personne se suicide au travail, cela ne serait pas des accidents du travail et elle n’aurait aucune responsabilité même quand des pressions inadmissibles de la direction ont été exercées juste avant contre les personnels en question, comme cela a été le cas à l’HEGP !

Harcèlement, suicide et… prévention

Suite au suicide du cardiologue Jean-Louis Megnien à l’Hôpital européen Georges-Pompidou, qui affirmait être victime du harcèlement de sa direction (son bureau était fermé à clef et lui dehors à son retour de maladie après d’énormes pressions de sa hiérarchie soutenue par la direction), la même direction de l’AP-HP annonce très médiatiquement qu’elle lance un « plan d’action afin de prévenir les situations conflictuelles » ! Ce serait très drôle si ce n’était aussi dramatique. C’est le responsable du drame qui se positionne en défenseur des droits !

Eh oui, c’est encore Hirsch qui a soutenu jusqu’au bout la direction de l’HEGP contre un de ses médecins et qui reconnaît, longtemps après son suicide, que « Des dysfonctionnements à l’HEGP, bien évidemment, il y a en a eu, et depuis longtemps, dans plein de domaines ». Mais, durant des mois, il a affirmé exactement le contraire et a envoyé promener tous ceux qui critiquaient la direction de Pompidou. Quel Hirsch croire ?

Le rapport a révélé que « la souffrance [du professeur Mégnien] a été révélée par plusieurs alertes qui n’ont pas été prises en compte de façon appropriée ». Lui-même était alerté et n’a pas pris en compte quoique ce soit… D’ailleurs, il continue de se couvrir : « Les médecins agissent de manière indépendante ». Hirsch avait plusieurs fois apporté son soutien public à la directrice de l’HEGP et notamment quand avait été avérée sa pratique de fichiers nominatifs contenant des mises en cause personnelles et offensantes contre les personnels.

Décidément, ce réformateur à tout crin sait tout réformer sauf son propre comportement… Il aime bien « rebattre les cartes » comme il dit, mais il ne change jamais. Nous constatons que la maltraitance concerne tous le personnels, visant à casser leur moral et l’obliger à tout accepter. Si les cadres subissent des pressions, que dire de tout le petit personnel à qui ils font subirent régulièrement des pressions pernicieuses qui restent passées sous silence.

APHP007 !

Il y a une « Mission Suicide » à l’APHP ! Et elle est même mise en place par la direction et a rendu publiques ses résultats ! On avait remarqué que le suicide du cardiologue Maignan de l’HEGP avait provoqué plus de réactions et d’indignation, et de soucis de la direction, que de nombreux suicides d’infirmières, d’aides soignantes ou d’autres personnels de l’Hôpital public, souvent cachés et ignorés ! Mais parler de « résultats » de la mission, c’est encore cacher que les suicides, loin de s’arrêter, se multiplient, même si la direction de l’APHP se débrouille toujours pour prétendre que ces suicides n’auraient rien à voir avec le travail, avec les pressions de l’encadrement et des directions, avec la dégradation des conditions de travail, avec l’insécurité qui en découle. La mission suicide de Hirsch, c’est une mission pour trucider l’hôpital public !

Nous sommes des êtres humains qui soignons d’autres êtres humains et pas des machines à T2A, à rendement, à économies, à quotation par activité, pas une entreprise de profit comme une autre, pas une machine à travail qui cherche à supprimer les RTT, les pauses, les repos, aux dépens de la santé, avec la multiplication des risques de maladie professionnelle, de stress, de dépression, de suicide, pas une machine à accroître l’exploitation en « rendant des postes » dans tous les services, pas une machine à rechercher les pathologies les plus rentables en éjectant les autres, pas une machine à pousser dehors les patients le plus vite possible pour rentabiliser la chambre d’hôpital, pas une machine à supprimer des emplois en rendant le travail infaisable, en nous faisant prendre des risques aux personnels ainsi qu’aux patients !

Les suicides et le mal-être des personnels ne sont pas accidentels

C’est l’annonce d’une journée d’action de la Coordination infirmière qui nous avait appris le fait qu’au moins six infirmières s’étaient suicidées au cours de l’été. Ce n’est en tout cas pas le ministère de la Santé ni les média qui s’en étaient spontanément alarmés ! Nous savons bien que les nouvelles « réformes » ne sont pas pour rien dans la transformation de nos métiers en véritables enfers où la meilleure des bonnes volontés ne permet pas d’exercer correctement un métier dont le but devrait être les soins aux patients et devient l’économie de moyens financiers et en effectifs, au détriment des patients et des personnels. La prétention de la direction de l’APHP de prendre des mesures contre les suicides nous choque tous, nous qui savons combien les mesures qu’elle prend augmentent au contraire le surmenage, la menace du mal-être et les suicides…

Les suicides ou tentatives de suicide à l’hôpital public sont bien réels : Bichat en juillet 2008, Saint Louis en juin 2009, Lariboisière en septembre 2009, Rouen en juillet 2011, Strasbourg en septembre 2011, Marseille en décembre 2011, quatre suicides d’agents à Lille en janvier 2012, Vire en février 2012, Béziers et Delafontaine à Saint-Denis en juin 2012 etc… On est loin de les citer tous !

L’APHP a été condamnée en juillet dernier pour sa responsabilité dans le suicide d’une cadre de Bichat suite à ses conditions de travail, ce qui montre que les cadres ont tort d’accepter les pressions de la direction car ils finissent par les payer, eux aussi.

La plupart de ses suicides sur le lieu même de travail, après s’être plaint de difficultés graves dans le travail, ne sont pourtant pas reconnus en accident du travail par la direction de la Santé. Ce n’est pas étonnant ! Avez-vous déjà entendu des cas où c’est le responsable ou le criminel qui se dénonce et se condamne lui-même ? Ne comptons sur rien de tel !

Suite aux suicides de personnels, on n’attend plus les résultats des enquêtes des directions, ministères et des syndicats !

Par exemple, une infirmière du groupe hospitalier du Havre a mis fin à ses jours, vendredi 24 juin 2016. Son mari, lettre à l’appui, met en cause les conditions de travail de son épouse.

Commentaire d’une infirmière réagissant sur un forum santé :

« Il ne faut pas se faire d’idée nous sommes des pions sur un planning … En dégradé ou en surcharge de tâches administratives qui nous éloignent de notre vrai métier : les soins des patients ! Qui sont aujourd’hui considérés comme des clients !!! Je suis infirmière mais je suis Secretaire à ce jour car l’informatique, la traçabilité nous prend 70 % de notre journée de 12h !!!! Il faut vraiment qu’ils arrêtent de nous trouver des choses à faire qui ne sont pas infirmière. Condoléances aux familles ! »

Qu’est ce qui a changé depuis : des cellules d’écoute ? Mais au quotidien rien, encore pire. Dans tous les secteurs de la fonction publique et du privé, les conditions de travail se dégradent encore et encore. La gauche avec le patronat a amplifié les attaques contre les salariés mais aussi les chômeurs, les sans logis, les sans papiers. La droite et l’extrême droite promettent pire encore !

La société capitaliste est en fin de vie : les Etats et la bourgeoisie préfèrent entrainer la société au suicide plutôt qu’à la révolution. A nous de choisir.

2 Messages de forum

  • Se suicider au travail n’est pas anodin !

    Il est remarquable qu’on n’entende plus parler du suicide de notre collègue alors qu’il ne s’est écoulé que très peu de jours depuis cette tragédie affreuse. Ni tract, ni information, ni résultat d’une enquête, ni explication de la direction. Encore plus remarquable que certains cadres en soient encore à arracher tracts et affiches qui en parleraient. Tout aussi remarquable le fait qu’un seul syndicat ait accompagné les personnels à la direction et que des syndicats se soit permis des phrases aussi favorables à la direction que « nous n’accusons personne », ou encore « les causes seraient d’ordre purement personnel », « ce sont des actes aux racines multifactorielles » et même qu’un syndicat se soit autorisé, toujours pour blanchir la direction, à révéler des faits qui sont d’ordre privé : « une femme très dépressive suivie par la médecine du travail depuis des années », communication d’éléments médicaux qui n’est même pas légale ! Certains syndicats veulent nous faire croire aux bienfaits d’une expertise externe, un autre n’en veut même pas, prétendant que ce n’est qu’une embrouille locale entre les personnels, qu’un « manque de communication » !

    Non ! Si le stress monte parmi les personnels, si les pressions des cadres se multiplient, si le travail à l’hôpital public devient dangereux pour les personnels, la direction n’est pas innocente dans cette évolution qui est dénoncée depuis belle lurette par tous les personnels. La DRH joue l’étonnement mais en réalité la direction de l’hôpital était parfaitement au courant et, comme à l’HEGP, les directions locales comme centrales couvrent toutes ces pressions sur les personnels, soi-disant pour augmenter la productivité car c’est eux qui ont mis en place et développé cette politique, à commencer par Hirsch et les directions d’hôpitaux.

    Les pressions sur cette infirmière devenue employée ne datent pas d’hier et sa reprise du travail, après un long arrêt maladie, a consisté en une reprise des pressions inadmissibles. La direction comme les syndicats étaient au courant. Le fait qu’elle ait choisi de se suicider au travail ne laisse aucun doute sur le sens de son acte. Le fait que l’encadrement ait mis le black out sur ce qui se passait, et notamment ait déplacé le corps, n’ait nullement informé les personnels montre que la direction pouvait avoir quelque chose à camoufler sur sa propre responsabilité. Ses commentaires sur le suicide montrent à quel point elle n’est nullement touchée. Ses soi-disant mesures contre le stress, on les connaît : augmenter sans cesse la charge de travail, les pressions des cadres et diminuer les effectifs et les moyens. Ses véritables mesures dans ce service, on les connaît : elles consistaient à imposer un logiciel de contrôle individuel de productivité et à se cacher, pour les conséquences désastreuses, sur la responsabilité du technicien chargé de le mettre en place ! Malgré les multiples incidents et notamment d’une mise en demeure syndicale, les cadres et la direction n’ont jamais envisagé de retirer ce véritable logiciel de harcèlement individuel !

    La direction veut que l’hôpital public soit géré comme dans les entreprises privées et on a vu à Renault, France Telecom comme à La Poste ce qui découle de la même politique d’accroissement de la rentabilité : des vagues de suicides et des personnes encore plus nombreuses qui sont harcelées par leur encadrement et qui sont en maladie, en dépression et en burn out. A chaque fois, la direction joue les étonnés mais c’est sa propre politique qui est coupable !

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  • Emmanuelle, infirmière au service néonatalogie de l’hôpital du Havre (Seine-Maritime), avait mis fin à ses jours en juin 2016. Elle avait laissé une lettre dans laquelle elle mettait en cause ses conditions de travail.

    Le lien entre le suicide d’une infirmière de l’hôpital Monod, au Havre (Seine-Maritime), et ses « conditions de service », a été établi et reconnu, viennent de faire savoir les syndicats du Groupe Hospitalier du Havre (GHH), près d’un an après le drame.

    Infirmière au service de médecine néonatale de l’hôpital du Havre, Emmanuelle, 44 ans, avait mis fin à ses jours le 24 juin 2016. Elle avait laissé une lettre à son époux dans laquelle elle dénonçait ses conditions de travail difficiles. L’enquête administrative et le travail d’une commission paritaire démontrent « le lien direct et unique » entre son suicide et ses conditions de service, annoncent les deux syndicats CGT du groupe hospitalier, le MICT (Médecins ingénieurs, cadres et techniciens) et le OE (Ouvriers employés).

    Une femme d’une cinquantaine d’années s’était donné la mort, début mars, dans un bureau de l’administration de l’hôpital Cochin, dans le XIVe arrondissement de Paris. L’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) avait évoqué un « événement tragique » dans un service connaissant « des difficultés persistantes » d’ordre fonctionnel et relationnel. Quinze jours auparavant, c’est une infirmière de l’hôpital de Longjumeau (Essonne) qui s’était suicidé sur son lieu de travail.

    Le 13 juin 2016, un infirmier de 55 ans se suicide au CHU Rangueil à Toulouse. « Il est arrivé lundi matin dans son bureau où il s’est donné la mort (…) Cet infirmier ne supportait plus les conditions dans lesquelles il travaillait », raconte un syndicaliste à La Dépêche du Midi. Le 24 juin, une infirmière de 44 ans en poste à l’hôpital du Havre met fin à ses jours. Début juillet, c’est le tour d’un cadre de santé à Saint-Calais dans la Sarthe. Puis, au cœur de l’été, de deux infirmières à Reims.

    « J’estime que le respect des proches comme la recherche de la vérité imposent de la réserve et de la retenue, incompatibles avec une communication de l’instant », annonce la ministre Touraine !!!

    Pas de communication de l’instant ni de communication plus tard...

    À l’évidence, le suicide d’un professeur de médecine ne pèse pas le même poids que ceux du petit personnel... Le suicide d’un médecin à l’HEGP à Paris a fait beaucoup plus de bruit médiatique !!!

    Frédéric Pierru, sociologue de la santé : « Mais si on a autant parlé de ce professeur, c’est aussi parce que la souffrance à l’hôpital est devenue telle qu’elle peut même faire craquer des gens qui ont du pouvoir. Et a priori, davantage de moyens de résister ou de se défendre contre l’institution »...

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