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Ne pas confondre le mal et ses symptômes

mardi 26 juillet 2022, par Karob, Robert Paris

édito

Ne pas confondre le mal et ses symptômes

Les classes dirigeantes se prétendent actuellement en guerre sur de nombreux fronts : contre la pandémie covid, contre le terrorisme, contre l’extrême droite, contre la guerre, contre l’inflation et contre la récession, pour ne citer que ces fausses guerres là. Et, bizarrement, malgré ces « guerres » tous ceux maux ne cessent nullement et s’installent. Ce n’est pas un hasard et toutes sont causées par une origine que les gouvernants se gardent de mentionner, ce ne sont que des effets (des symptômes car ils sont des signaux qui montrent la gravité de la maladie). Par exemple, prise en étau entre inflation et récession, l’économie capitaliste tangue. Mais le fond du problème est ailleurs : ce ne sont que les effets des politiques de soutien folles d’une économie exsangue depuis 2008.

Tous les buts pour lesquels les classes dirigeantes prétendent se battre consistent à affirmer qu’ils luttent contre… des effets de leur propre politique et l’état déliquescent de leur système social. En fait, loin de combattre contre la pandémie, contre la dégradation du système de santé, contre la guerre, contre le terrorisme, contre le terrorisme, ils n’ont fait que lutter POUR !

Devant une maladie grave que l’on veut réellement combattre, il convient d’en définir la nature, les causes, les bases et les moyens de les contrer. Si on se contente des signaux, ces fameux symptômes, on reste en surface des choses et on ne risque pas d’agir efficacement contre le mal. Or on n’entend généralement parler, en matière de maladie grave, sanitaire ou économique, sociale ou politique, que des symptômes. Nombre de dirigeants vont nous parler de leur lutte contre les symptômes mais ils se garderont de nous expliquer leur point de vue sur l’origine de la maladie, qu’il s’agisse de la montée des maladies, de la faim, des guerres, des violences, des fascismes et des dictatures. On aurait envie de leur dire : « je ne veux pas appliquer vos remèdes tant que vous ne m’avez pas expliqué d’où vient le mal ». On ne supprimera pas des effets si on ne supprime pas leurs causes et si on les ignore même complètement.

Ne parler que des symptômes n’a rien d’innocent : c’est une manière de cacher la nature et la gravité de la maladie. Les symptômes peuvent être soignés ou diminués, pas la maladie. La maladie est bien plus grave que les seuls symptômes. Il ne faut pas confondre non plus les vrais combattants contre la maladie et ceux qui ne luttent que contre ses symptômes apparents.

Depuis la pandémie covid, un mot est devenu monnaie courante, celui de « symptômes ». Dans les discours officiels, les symptômes ont remplacé la maladie : « on a détecté de nouveaux symptômes », « les symptômes se sont atténués », « comment lutter contre les symptômes », « combien durent les symptômes », « les symptômes changent avec les nouveaux variants », etc. On va entendre dire désormais : « connaitre la maladie, c’est en connaitre les symptômes », « la durée des symptômes passe de quatre jours à une semaine », « avec la vaccination, les symptômes sont moins graves », « il suffit d’attendre quelques jours pour en finir avec les symptômes », « dans votre covid, vous n’avez pas eu des symptômes trop méchants ? », « vaccinez-vous, vous aurez moins de symptômes » et autres balivernes du même genre.

En réalité, les spécialistes reconnaissent que la gravité des symptômes n’est nullement identique avec la gravité de la maladie… Même sans aucun symptôme, le patient peut être gravement atteint.

Les symptômes de covid (fièvre, toux, vomissements, problèmes respiratoires…) ne sont nullement déterminants pour diagnostiquer un cas grave de covid. Ce sont la baisse de la saturation du sang en oxygène, la baisse du nombre de globules blancs, l’augmentation de la présence d’acide lactique et de protéine C réactive qui le sont.

On retrouve la même démarche chez ceux qui offrent des solutions face aux crises économiques ou politiques : comment combattre la récession, comment combattre l’inflation, comment combattre la montée de la dictature ou de la guerre, disent ces vendeurs de balivernes économiques ou politiques qui consistent elles aussi à soigner les symptômes sans s’attaquer aux causes.

Avec les politiques des institutions soi-disant contre covid et leur médiatisation, on a ainsi réussi à faire prendre une simple réaction du corps humain (les symptômes) comme le plus dur ou le plus dangereux de la maladie elle-même. On a également fait passer la lutte contre les symptômes comme équivalent à la lutte contre la maladie ! On a réussi à faire croire aux gens infectés que, lorsque quelques jours de symptômes sont passés, il n’y a plus de danger alors que c’est exactement l’inverse, c’est alors que les dangers commencent (exactement au bout de six jours) !

Lutter contre les risques d’une infection, ce n’est pas identique du tout à combattre les symptômes. Cela consiste, quand on sait le faire, à tuer l’infection, ou à empêcher sa propagation. Et sinon, cela consiste à agir en amont en diminuant la charge virale ou bactérienne. Par exemple, en diminuant les risques d’exposition à la maladie, en réduisant les contacts ou en se masquant. Cela consiste à diminuer les activités dangereuses comme travail, transport, échanges internationaux, etc. Ce sont des interventions qui n’ont aucun rapport avec la prétendue lutte contre… les symptômes !

Quand vous avez un membre bloqué du fait d’une crise cardiaque, ce n’est pas le membre qu’il faut soigner mais le cœur ! Et il ne faut pas oublier que nombre de crises cardiaques sont asymptomatiques !

Or il s’est avéré que des malades graves du covid pouvaient parfaitement être asymptomatiques ou avoir des symptômes très faibles et se révéler très malades au point de ne pas pouvoir se soigner et de passer en covid long parce qu’ils ont négligé les soins du fait que leurs symptômes étaient faibles. Ils ont aussi ignoré le traitement anti-covid parce que l’on a favorisé partout le traitement contre… les symptômes et laissé ignorer les vrais traitements contre le mal !

Ce n’est pas le seul domaine où on essaie de nous faire prendre les symptômes pour la maladie. En économie, il en va de même. En politique aussi.

Pour le covid, on a essayé de nous faire croire que les dangers principaux étaient fièvre, toux, nausées, vomissements, etc. Pour l’économie, on nous dit que ce sont dettes, inflation, récession, concurrence, finance, spéculation, etc. Et en politique, on nous a dit que ce sont démagogie, fake news, extrémisme, dictature, guerre, etc.

Diminuer seulement les symptômes ou les supprimer, c’est un peu comme casser le thermomètre pour combattre la fièvre ! C’est comme réduire les dépenses sociales de l’Etat pour combattre les dettes publiques sans expliquer d’où viennent ces dettes alors que les rentrées sont élevées et les dépenses sociales baissées depuis longtemps déjà. C’est comme injecter massivement de l’argent public sur les marchés financiers sous prétexte qu’il y a un symptôme de manque d’argent sur ces marchés…

Prétendre combattre les symptômes, c’est détourner les peuples de combattre les véritables causes de l’effondrement économique, social, politique comme sanitaire actuel.

De quoi est malade le capitalisme ? D’une récession accompagnée d’une inflation ? D’une division entre deux blocs qui casse la mondialisation ? De chutes financières comme les crypto-monnaies ? D’une crise de l’énergie ? D’une incapacité des banques centrales à sauver les capitalistes ? D’une crise des dettes privées et publiques ? D’aucun de ces maux, bien réels, mais qui ne sont que des effets symptomatiques et non des causes de la chute économique actuelle qui a un tout autre caractère que la totalisation de ces effets, de même qu’une maladie bactérienne ou microbienne n’est nullement causée par les symptômes, ni soignée en ne combattant que les symptômes.

De quoi est malade la population mondiale qui subit une pandémie après l’autre, non seulement les variants covid mais aussi la « variole du singe » et la « grippe de la tomate » ? D’où vient cette propagation nouvelle des virus ? D’où vient cette incapacité du système de santé mondial à faire face et à arrêter le mal.

D’où vient que les institutions sanitaires aient présenté l’objectif de la politique de santé comme la nécessité de combattre les symptômes au lieu de combattre la maladie au point que les peuples ont cru que le seul danger covid résidait dans les symptômes !

De quoi est malade le mode politique et social de domination de la société, le pouvoir capitaliste ? De l’existence d’un Trump ou d’une Le Pen, des succès d’un démagogue ou d’un autre ? Des fascistes officiels et des dictateurs au pouvoir (Modi en Inde, xxx en Turquie ou xxx aux Philippines ou encore Poutine en Russie et Xi jin Ping en Chine ?). Là encore on ne fait que souligner des effets et non des causes. Car il faut d’abord expliquer pourquoi les classes possédantes ont besoin des fascistes, des dictateurs…

Est-ce la guerre, locale, régionale ou mondiale qui fait chuter le monde dans la violence ? Là aussi, c’est prendre un effet ou un symptôme pour une cause ou pour le mal lui-même. Bien des hommes politiques disent combattre la guerre, ou la montée vers la guerre mondiale, comme si c’était la cause du mal et non une conséquence d’un autre effondrement général qui n’a pas d’origine guerrière.

Non, les périls qui guettent l’humanité ne s’appellent ni réchauffement du climat, ni limites de l’énergie, ni manque de liquidités, ni dettes, ni tendances guerrières de la Russie ou de la Chine ou encore des USA, ni tendances d’extrême droite populistes, ni montée des complotistes et les prétendues luttes contre ces dangers affichés sont toutes du pipeau et ne servent qu’à cacher ce qui se passe vraiment dans un vieux monde en chute libre.

Les prétendues réformes et autres médicaments pour soigner le mal ne font que mener à des maux plus vastes. C’est le cas des vaccins qui sélectionnent des variants contournant de plus en plus l’immunité humaine. C’est le cas des injections massives de centaines de millions de dollars sur les marchés qui ont produit l’inflation actuelle. C’est le cas des politiques des soi-disant démocrates, prétendument opposés aux complotistes et à l’extrême droite, qui sont elles-mêmes de plus en plus des complots et des politiques d’extrême droite.

Le point commun entre tous ces combattants contre les symptômes, c’est qu’ils ne veulent surout pas dévoiler d’où vient la maladie et quelle est sa vraie cause. Ils mènent un faux combat surtout pour détourner les peuples du vrai…

Ils ne veulent en fait ni combattre covid, ni combattre la guerre, ni combattre la montée des fascismes et des dictatures, sinon ils commenceraient par nous expliquer comment il se fait que tous ces maux montent en même temps comme par hasard et comment ils ont une origine commune qui s’appelle non pas pandémie, non pas extrême droite, non pas Poutine et sa guerre, mais plutôt effondrement du capitalisme parvenu à ses limites.

Oui, même les plus grands arbres ne peuvent aller au ciel et, ayant atteint cette limite, il ne leur reste plus qu’à mourir. Et, en chutant, ils écrasent quiconque se trouve en dessous et n’a pas pris la précaution de s’éloigner.

Les réformistes poursuivent leur travail consistant à repeindre les cabines englouties par les eaux qui montent… Oui, il faut quitter au plus vite le navire « capitalisme » qui coule. Oui, il faut clairement expliquer qu’on ne va plus avancer d’un pouce avec ce Titanic et que la catastrophe sera autrement sanglante si on croit que le navire en question poursuivra sa route.

Oui, méfions-nous, quand le système tout décrépi en veut à nos vies, de nous contenter de suivre des réformistes politiques et syndicaux qui nous vantent la possibilité d’augmenter les salaires, de défendre les retraites, de protéger les services publics et la santé en restant au sein d’un système complètement pourri.

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