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Le « déconfinement » s’annonce socialement explosif en France et en Italie

mercredi 15 avril 2020, par Khider Mesloub

Le « déconfinement » s’annonce socialement explosif en France et en Italie

Les classes dirigeantes, à la faveur de l’effondrement économique prévisible depuis quelques années, sous couvert de lutte contre le Covid-19, avec leur opportune mesure de confinement censément salvateur, escomptaient endiguer le virus de la contestation depuis plusieurs mois très virulent. En brisant le thermomètre (de la contestation), les gouvernants pensaient éliminer la fièvre (sociale). Autrement dit, en confinant des millions de prolétaires contestataires, ils espéraient enrayer leur tempérament subversif, désamorcer la bombe virale insurrectionnelle. Mais contre la fièvre sociale révolutionnaire chauffée à blanc aucun vaccin politique réformiste n’est efficient. Aucune manœuvre dilatoire sanitaire, fût-elle opérée dans un contexte de psychose pandémique, ne peut la circonscrire.

Le gouvernement français vient d’apprendre à ses dépens cette implacable vérité. En effet, la réalité vient de refroidir les ardeurs triomphales du pouvoir français trop naïvement confiant de sa manœuvrière opération totalitaire de confinement, après avoir pris connaissance du dernier rapport de leurs services du renseignement. Le gouvernement Macron, premier Etat à déchanter, vient d’apprendre, avec amertume, que le confinement n’avait pas eu les effets escomptés, à savoir endiguer le virus de la révolte sociale toujours en phase d’incubation, de fécondation, de maturation, de propagation, en dépit de « sa mise sous séquestre » policière, de sa mise sous camisole sanitaire. Sans aucun doute, ce rapport a dû faire l’effet d’une douche froide à l’Elysée. Sa lecture a assurément glacé le sang des dirigeants français. Selon l’hebdomadaire Le Point daté du 12 avril 2020, relayant une information du journal Le Parisien, « la fin du confinement inquiète les renseignements ». En effet, le service central du renseignement territorial redoute l’exacerbation des mouvements sociaux dans les prochaines semaines, au lendemain de la levée du confinement. Ainsi, notre analyse sur l’embrasement social prévu au lendemain de la période de confinement se confirme. Nous avions écrit ici même, dans Matière et Révolution, que les révoltes sociales allaient se propager plus massivement que le coronavirus. Quel que soit le pays, le continent. Pour paraphraser Poutine : les révoltes sociales iront déloger les puissants jusque dans leurs chiottes.

À la furieuse colère, aujourd’hui contenue par le confinement, dirigée contre la gestion calamiteuse du gouvernement Macron illustrée par la défaillance criminelle de matériels médicaux (absence de masques, solutions hydro alcooliques, respirateurs, et surtout tests de dépistage), viendrait se greffer le mécontentement social suscité par le chômage et la dégradation des conditions de vie. De toute évidence, après l’entracte forcé du confinement, la scène sociale reprendrait son scénario séditieux de la contestation, interrompu opportunément par le confinement pénitentiaire. Selon les services du renseignement français, révèle Le Point, « plusieurs groupuscules contestataires auraient déjà prévu des rassemblements, manifestations et actions coup de poing dès que le confinement serait levé en France ». Au reste, la page Facebook d’un collectif très actif d’extrême-gauche, dénommé « Refusons le retour à la normale », prévoit un grand Événement, écrit Le Parisien. Si la date de l’événement n’est pas indiquée, en revanche l’horaire est déjà annoncé : 11 heures. Sur leur page Facebook est exhibée en exergue cette sentencieuse adresse : « Notre colère ne sera pas confinée. Retrouvons-nous dans la rue dès la fin du confinement ! Mettons le pouvoir en quarantaine ! ». D’ores et déjà, dans diverses villes de France, plusieurs manifestations seraient prévues pour le premier samedi post-confinement. De nombreuses organisations de la mouvance autonome d’extrême-gauche appellent « à une transversalité des luttes » en incorporant les « Gilets jaunes et les blouses blanches ». Les services de renseignement ont noté avoir découvert la diffusion d’une « attestation de déplacement révolutionnaire » publiée par un média alternatif à Bordeaux se réclamant des Gilets jaunes. Sur cette attestation, les cases à cocher sont délibérément séditieuses. Ainsi, sont inscrites les notations suivantes : « à utiliser sans modération après le confinement » : « déplacements entre le domicile et le pouvoir indispensable à l’exercice d’émeutes », ou encore, « participation à des commandos sur demande des assemblées populaires ». Toujours sur leur page Facebook, les renseignements ont relevé cette information : « le confinement est utilisé pour harceler, humilier et parfois tuer ceux identifiés à risques pour le pouvoir : les habitants des zones pauvres ». A cet égard, pour ces militants de la mouvance autonome, le projet de « tracking », programmé par le gouvernement Macron, est une « efficience de la techno-police » visant à « surveiller les corps et âme de la plèbe ».

L’ultra-droite identitaire n’est pas en reste. Elle serait également mobilisée. Et invite également la population à des soulèvements violents. Les services du renseignement ont notamment pu lire surleur site : « La France est une cocotte-minute […] Ce gouvernement macronien a-t-il conscience des sommes de haine et de colère qui s’accumulent ? […] Que les comportements collectifs pourraient se déchaîner contre lui avec toute la brutalité d’une mutinerie sanglante ? » Au-delà de la mouvance de l’extrême-gauche, l’ensemble des travailleurs actifs ou récemment mis au chômage entendent occuper de nouveau l’espace public pour protester contre la gestion sanitaire criminelle du gouvernement Macron, contre l’explosion du chômage, la détérioration des conditions sociales. L’après-confinement s’annonce mouvementé. La note confidentielle des services du renseignement sur le « suivi de l’impact du Covid-19 en France précise que les syndicats n’accepteront pas un retour à la situation d’avant crise car celle-ci a démontré les limites du néo-libéralisme », écrit BFMTV sur son site d’information.

Du côté de l’Italie, la même crainte s’est emparée du pouvoir. Les services secrets italiens ont présenté au gouvernement Conte un rapport sur les possibles révoltes sociales et rébellions spontanées dans le Sud du pays consécutivement à l’écroulement du système de santé et à la dégradation des conditions de vie des habitants. Comme l’indique Dagospia, un hébergeur d’informations italien, « Les parkings abusifs, les contrebandiers, les trafiquants de drogue, en ce qui concerne l’économie illégale, mais également la part importante de travailleurs illégaux (caissiers, paysans, barmans, serveurs) employés dans des entreprises maintenant obligées de fermer, ne sauront bientôt plus comment joindre les deux bouts ». « Sur Facebook, les italiens de Sicile ne mâchent pas leurs mots et appellent au pillage des magasins ». « Les travailleurs non déclarés, qui selon les données de 2019 étaient au nombre de 3,7 millions, se retrouvent sans ressource et vivent actuellement sur leurs économies ». « La question que se posent maintenant les analystes des services de renseignement est de savoir combien de temps peuvent se débrouiller ces quatre millions de citoyens sans gagner d’argent » ? Cette dernière interrogation se pose pour tous les pays où domine l’économie informelle et marchande, l’absence d’assurance chômage, de protection sociale, notamment dans le secteur privé, comme l’Algérie et d’autres pays sous-développés.

Mesloub Khider

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