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Juin 2017 - La Voix des Travailleurs de Renault Lardy

vendredi 9 juin 2017, par Robert Paris

Pas ce soir, chéri(e), j’ai du travail....,

Pas les week-ends, ni les jours fériés non plus !!

Partout à Lardy, les programmes sont en retard, les jalons se rapprochent à vitesse grand "V". Mais plutôt que d’investir dans des bancs supplémentaires, et par des embauches, la direction fait le choix de gérer les urgences au cas par cas, en demandant (encore) plus aux salariés. Soit disant au volontariat (pour les Renault) : les prestas, c’est encore une autre histoire. La direction change les horaires des salariés qui passent (provisoirement) en 2x8, de nuit, et travaillent les jours fériés ! Et, comme du point de vue de la direction, ce système fonctionne bien, elle n’hésitera pas à le généraliser. Et utilisera le chantage habituel, en cas de manque de volontaires : « ton collègue l’a bien fait lui », sous-entendu la rallonge sera pour lui. Ne soyons pas dupes, ne sacrifions pas nos vies de famille pour les seuls profits des gros actionnaires !

Pique et nique...

La direction nous invite à un pique-nique le 23/06, où tout le monde est convié de 11h à 15h00, mais il faut soit amener son repas soit retenir son repas payant à Elior. Ça, c’est de l’invitation généreuse pour « passer un moment fort du CTL » ! Ça fera reluire la QVT pour pas cher. Mais pour s’occuper des problèmes concrets du quotidien, ça traîne la patte, et si on parle RPS (que la direction noie dans la QVT), là, la direction est carrément inexistante !

On nous vend du rêve....

Récemment, Renault a été épinglé pour des problèmes de pollution, qui étaient nettement plus élevés en conditions réelles que pendant les tests d’homologation. De même qu’il est impossible de retrouver les consommations d’homologation dans la vraie vie. Eh bien, pour l’électrique, la com nous vend 400 km d’autonomie pour la nouvelle ZOE, ce qui veut dire concrètement aller de Paris à Nantes, à Besançon ou faire un A.R Paris/Le Mans sans recharger ! Des volontaires ? En fait, c’est l’autonomie minimale qui devrait être annoncée. C’est moins vendeur mais plus honnête ! Mais c’est vrai que l’honnêteté à la direction Renault....

Faire entrer Renault dans le futur ?

Il s’agit, dit la direction de « tout interconnecter pour prendre des décisions en temps réel ». Question salaires, la direction n’est pas encore connectée sur des AGS et cela l’empêche de prendre la décision à temps de sortir du passéisme des salaires bloqués…

Pressurer les sous-traitants, c’est licencier !

200 salariés d’un sous-traitant de Renault dans la Sarthe se sont mobilisés devant l’usine du Mans pour cause de menace de fermeture de leur entreprise. Le cas de GM&S en Creuse n’est pas un cas à part ni un cas rare. C’est général : Renault et PSA augmentent la pression sur les sous-traitants, quitte à laisser des fermetures derrière leur passage et des suppressions d’emplois en masse…

Malte, c’est quoi pour Renault ?

C’est pas le siège, c’est pas la direction, c’est pas la production, c’est pas les bureaux, c’est pas la conception, c’est pas le dessin, c’est pas la logistique, mais c’est pas rien : Malte, c’est le détournement de 62 millions d’euros d’impôts ! Et c’est volé à qui ? A nous !

La fusion Renault-Nissan se poursuit

Ghosn devrait annoncer prochainement de nouvelles mesures pour l’intégration de Renault au sein de Nissan, avec l’intégration des équipes recherche et développement, ce qui signifie leur mise en concurrence et leur réduction, et aussi la suppression de plusieurs directions elles aussi intégrées. Il fait toujours pression sur Macron pour imposer l’intégration capitalistique, bloquée par la participation de l’Etat français que Ghosn veut réduire ou supprimer. En fait, il s’agit de faire de Renault une succursale de Nissan, elle-même renforcée par son alliance avec Mitsubishi ! Dans les opérations de Monopoly industriel et spéculatif mondial, prenons garde, nous travailleurs, de ne pas être les dindons de la farce ! Et ne comptons ni sur Ghosn ni sur Macron pour défendre nos emplois !

Ni intéressement ni intéressant...

A Lardy, les syndicats sont en négociation sur l’intéressement local, ce qui passe inaperçu, à quelques tracts près. Il faut dire que la direction impose le plafond, seuls le choix des indicateurs qui empêcheront d’atteindre ce plafond étant négociables. C’est la double peine imposée avec le nombre d’accidents du travail, plus on court plus on a de risques, et paf !, un indicateur qui plombe le plafond. Et plus on se donne au travail plus on risque le burn-out, donc absentéisme, donc plus de retard pour les jalons, et paf ! dans le plafond (bis), etc.... Du coup, on voit que cette négociation n’est qu’un leurre de plus, et que si on veut récupérer notre part du gâteau (+300 € mensuel mini), ça ne se passera pas dans les bureaux de la direction, en tête à tête avec les syndicats. A moins qu’on s’y invite massivement.......

Les uns endorment la lutte des classes des travailleurs pendant que les autres la cassent

Pas besoin de préciser dans quel sens Macron va tenter de gouverner : il suffit d’entendre les cris de victoire du MEDEF, des patrons, des banques, des bourses, du Figaro et autres représentants de la grande bourgeoisie. Il suffit aussi de voir que les ministres, dont le premier, sont des suppôts affirmés du patronat, dont tout le passé les montre au service du grand capital, que ce soit d’Areva, de Total ou d’autres trusts ou banques, comme Macron lui-même, des défenseurs aussi de l’aide publique au patronat privé et de l’Etat aux ordres du capital.

Macron, ministre, n’avait fait que lancer des attaques contre les travailleurs, contre les prud’hommes, contre la sécu, contre la santé, contre les services publics (lançant notamment les cars privés contre la SNCF). Il est favorable à l’ubérisation de toute l’économie, de façon que le privé pousse partout au dépend des services publics. Il a soutenu les mesures de Sapin en faveur des banques, notamment la loi Sapin II, qui prévoit que les banques pourront voler la totalité des comptes en banques des particuliers ainsi que leurs épargnes, l’Etat se contentant de prétendre qu’il versera une somme fixe, mais étant incapable en réalité de le faire en cas de krach général… Ministre des Finances, détenteur majoritaire des actions de Renault, il a été incapable d’imposer à ce trust automobile, qui a largement profité des fonds publics pour se maintenir en 2008, à ce trust qui annonce des profits record, de cesser de supprimer massivement des emplois ? Pourquoi Macron président agirait-il différemment de Macron ministre, puisqu’il ne compte jamais imposer aux « entrepreneurs » d’embaucher et même de ne pas supprimer des emplois, y compris pour des trusts qui annoncent des profits fabuleux !!!

Du coup, il n’y a aucune raison qu’il bénéficie d’un quelconque « bénéfice du doute » de la part des travailleurs et des milieux populaires, d’une trêve sociale au départ, d’autant qu’il annonce par avance que ses attaques seront toutes lancées en pleines grandes vacances, sans réel débat parlementaire, sans réelle consultation syndicale. Les organisations réformistes ont beau continuer à affirmer qu’elles continuent sur la même lancée réformiste, quelle place y a-t-il pour prétendre défendre des « bonnes réformes » quand toutes les réformes prétendues menées servent à casser, à détruire, à supprimer des emplois, à faire tomber dans la misère, à cautionner des suppressions d’emplois, à servir les intérêts privés à l’aide des fonds publics ?

Il faut remarquer non seulement le soutien public de la CFDT au candidat puis au président Macron alors qu’on vient de voir que son programme est tout ce qu’il y a de plus clair et en particulier clairement anti-ouvrier, anti-social, anti-services publics, hostile au code du travail, anti-retraites, etc… Et il faut aussi remarquer les éloges de FO à la nouvelle ministre du Travail ainsi que la réserve des autres syndicats qui sont loin d’être aussi offensifs, de leur côté, que l’est déjà le président, du sien c’est-à-dire de celui des banques et des trusts ! Quand certains syndicalistes ont proposé de manifester dès l’élection de Macron, les centrales syndicales sont restées très calmes, tout au plus menant, pour la CGT, une grève catégorielle des transporteurs de matières dangereuses et l’arrêtant sans avoir rien obtenu.

Toutes les centrales syndicales se sont dites prêtes à négocier avec Macron et affirment qu’en débattant avec lui, elles défendront les intérêts des salariés et du public. Mais où a-t-on vu qu’accepter de négocier sur des plans d’attaque préétablis, déjà entièrement prévus et programmés, pourrait servir à défendre les intérêts des travailleurs ? Les syndicats avaient négocié précédemment toutes les fois où nos revendications ont été jetées brutalement à la poubelle, sur les retraites, sur la privatisation de la SNCF, sur l’hôpital public, sur RadioFrance, sur tout… A chaque fois, les fameuses négociations n’ont servi qu’à faire croire que la démocratie, que le consensus, que le dialogue social étaient respectés alors qu’en fait rien du tout ne l’était.

Certes, les mêmes syndicats qui discutaient bien gentiment avec nos ennemis, y compris quand les travailleurs avaient clairement exprimé leur refus de toute négociation – comme les RadioFrance ou les agents de l’Hôpital public -, avaient également participé à des manifestations et des journées d’action pour désapprouver les politiques des gouvernants et des patrons. Mais est-ce que cette stratégie de la défaite va se reproduire face à Macron ? Est-ce que l’on ne va pas enfin tirer la leçon non seulement des défaites syndicales mais aussi des anciennes victoires ouvrières, des grèves générales insurrectionnelles, celle de 1936, de 1953, de 1968, de 1995, ou plus récemment celle des travailleurs et du peuple de Guyane ? C’est à nous, travailleurs, de donner cette réponse !

4 Messages de forum

  • Ghosn à l’attaque des superbonus !!!

    Les actionnaires du groupe sont convoqués dans un climat alourdi par des révélations sur un possible système de superbonus pour le PDG et ses cadres.

    En 2016, M. Ghosn a touché 7 millions d’euros de Renault, dont 1,23 million de fixe, le solde – en numéraire ou en actions récupérables à terme – étant calculé sur des critères de performance. Les actionnaires seront invités à donner un avis consultatif sur ces éléments, objet de la sixième résolution de l’AG.

    En somme, Ghosn s’asseoiera sur cet avis !!!

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  • 54 % des détenteurs de titres représentés à l’AG avaient refusé sa rémunération en 2016. Le conseil d’administration était toutefois passé outre, sans blocage du ministre de l’économie de l’époque, Emmanuel Macron, qui avait seulement grogné alors que l’Etat est actionnaire majoritaire !

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  • Comme l’an dernier, à la même époque, la rémunération du grand patron de l’Alliance Renault-Nissan risque de faire polémique, et ce bien au-delà du microcosme des affaires. Sans compter que ce débat récurrent tombe cette année en plein « dieselgate » : la justice française vient en effet d’ouvrir une enquête sur une éventuelle « tromperie » au sujet des émissions des moteurs diesels de la marque au losange qui explosent les seuils autorisés de pollution. Et Ghosn en est nommément désigné « responsable » dans le rapport des enquêteurs de la répression des fraudes. Le boss de Renault catalyse donc toutes les critiques, aussi bien environnementales que financières.

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  • En effet, on découvre avec Reuters l’existence d’un document de travail rédigé par une banque d’investissement britannique dénommée Ardea Partners qui pourrait rapporter encore plus gros à Carlos Ghosn. Cet établissement aurait imaginé un système particulièrement ingénieux pour lui fournir un nouveau complément de rémunération à six chiffres, ainsi qu’à cinq autres dirigeants de l’Alliance Renault-Nissan. L’idée consiste à créer une coquille juridique immatriculée aux Pays-Bas. Cette dernière recevrait discrètement 80 à 100 millions d’euros prélevés sur les synergies et autres économies d’échelle générées par la mise en commun des moyens de production entre Renault et Nissan. Et 30 % de ces 80 millions d’euros seraient directement reversés aux six principaux cadres de Renault-Nissan, Ghosn en tête. Soit un bonus théorique moyen de 4,4 millions d’euros supplémentaires pour chacun de ces bénéficiaires !

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