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Le génocide des Maoris, aborigènes néo-zélandais, massacrés par les Anglais

mardi 3 octobre 2017, par Robert Paris

La revendication maori sur les terres volées par les colons anglais reste d’actualité

« On peut dire sans crainte d’erreur, que toute colonie où la population native subsiste en nombre et garde sa vigueur, constitue un foyer de révolte. Tantôt le soulèvement s’étale au grand jour, et alors des blancs succombent dans les rencontres, si inégales que soient les armes employées. Tantôt il couve dans l’ombre, comme il arriva jadis en Nouvelle-Calédonie, pour faire une soudaine explosion, qui stupéfie les administrations, si inquisitoriales qu’on les puisse supposer. Pour étouffer les ferments de sédition, il n’est qu’un moyen, qui consiste à supprimer les indigènes par la famine, par l’alcool, ou par les exécutions continues. Ainsi ont été détruits les Peaux-Rouges aux États-Unis, les Australiens, les Maoris de la Nouvelle-Zélande. Mais c’est la condamnation même de la colonisation qu’elle ne réussisse à se maintenir que par le crime. En fait, et nous le verrons plus amplement encore, l’expansion contemporaine ne se conçoit point en dehors de la violence initiale, de la répression sauvage, de la brutalité du commandement, des exactions de toute nature, du terrorisme officiel. Les traitements infligés aux indigènes, — en période de calme, — complètent dignement les mesures de conquête ou de coërcition temporaire. »

Paul-Louis, Le Colonialisme

Le génocide des Maoris, aborigènes néo-zélandais, massacrés par les Anglais

« À la Nouvelle-Zélande, en 1769, Cook trouva 400,000 Maoris environ, et en 1849 le protectorat indigène n’en comptait plus que 109,000. »

Histoire naturelle de l’Homme - Les Polynésiens et leurs migrations

« Les Maoris de la Nouvelle-Zélande, grâce à leur organisation et à leur vigueur physique, résistèrent plus longtemps, mais à l’heure actuelle, leur effectif n’est guère plus que de 42,000, tandis qu’il excédait 100,000 en 1840. »

Paul-Louis, Le Colonialisme

« Si Leconte de Lisle, désireux de condenser dans un poème, d’après les articles de Quatrefages, l’histoire de la race polynésienne, a choisi comme héros un Maori, c’est parce que la population de la Nouvelle-Zélande fut plus indignement décimée par les blancs que ne le fut celle des autres îles océaniennes. »

Les Sources de Leconte de Lisle

« Les Maoris qui étaient peut-être un million à l’origine et dont le nombre a décru jusqu’à faire prévoir leur élimination totale défendirent énergiquement de 1860 à 1868 leurs droits à la possession du sol contre les colons européens. »

Pierre de Coubertin, Histoire universelle

« Après trois ans de combats, la Nouvelle-Zélande vient de finir, ou peu s’en faut, sa troisième ou sa quatrième guerre avec les Maoris, et elle l’aura terminée avec ses milices. Les régimens de la reine, ne connaissant ni le pays, ni la manière d’opérer des indigènes, n’avançaient pas, si bien qu’à la longue les habitans, qui souffraient dans leurs intérêts de la durée des hostilités, ont réclamé des armes à grands cris, se faisant fort de terminer la guerre eux-mêmes. Le gouverneur sir J. Grey, qui était de leur avis, engage sur ce sujet avec le général des troupes régulières une correspondance qui ne paraît pas avoir été des plus amicales. Il arme ses milices ; quoiqu’il ne soit pas militaire lui-même, il se met à leur tête, et quelques coups bien frappés amènent les Maoris à composition. L’Angleterre, au lieu de se sentir humiliée avec ses régimens, bat des mains aux exploits des volontaires qui soulagent son budget. Ce n’est pas d’ailleurs seulement pour s’épargner les frais des garnisons que l’Angleterre en agit ainsi, c’est bien certainement aussi pour forcer ses colonies à développer leurs ressources et leur puissance. La session de 1865 en a fourni une preuve manifeste par le bill où l’Angleterre s’engage à fournir des subsides et à faciliter de tous ses moyens la création de marines militaires coloniales. »

L’Angleterre de 1865 et le septième parlement de la reine Victoria, Xavier Raymond

« Par malheur, le colon anglais peut venir, et nous ne savons que trop, par l’exemple de la Nouvelle-Zélande et des autres terres océaniennes, qu’au nom de sa supériorité il disputera à l’indigène le champ où celui-ci cultive paisiblement, en vertu de la transmission héréditaire, ses ignames et son taro ; alors se présenteraient aussi les iniquités, les spoliations légales, la lutte du fort contre le faible, les inimitiés inexpiables. Dans un tel tumulte, la tâche des missionnaires deviendrait impraticable ; ils seraient frappés d’impuissance par leurs compatriotes mêmes : au lieu de la civilisation graduelle, lentement mûrie, qu’ils eussent développée par l’éducation, l’exemple, l’exercice des facultés, l’archipel envahi verrait une société avide, pressée, détruisant tout ce qui ne peut pas marcher du même pas qu’elle, et ses habitans périraient misérablement comme les Havaïans, comme les nobles Maoris de la Nouvelle-Zélande, comme ces derniers infortunés indigènes de la Tasmanie qui, déportés sur un rocher, y sont, il n’y a pas longtemps, morts de souffrance et de faim. »

Les derniers antropophages, Alfred Jacobs

« Bien que les habitans de Samoa, comme ceux de l’archipel de Tahiti, des Paumotous et quelques tribus de Maoris, fassent exception à la loi générale de dépérissement qui entraîne les races polynésiennes vers la mort, le problème du déclin de ces populations, autrefois surabondantes, l’a vivement préoccupé. Après avoir démontré que les causes auxquelles on l’attribue en général : changement de genre de vie, introduction des vices et de maladies nouvelles par les Européens, fumage de l’opium, libertinage, etc sont insuffisantes pour en rendre compte, dans tous les cas… »

R. L. Stevenson, voyageur et romancier, Gaston Bonet-Maury

Les Maoris s’opposèrent à la colonisation anglais lors des guerres maories en 1842, 1846 et 1860 puis en 1872.

« C’est en 1840 que le traité de Waitangi fut signé entre la Couronne britannique et les chefs maoris, afin de déterminer les bases officielles des relations entre Maoris et colons. Les dispositions prises dans ce traité sont encore aujourd’hui l’objet de contestations et de discussions et des conflits, qui concernaient la possession de la terre, reprirent de plus belle avec ce traité : le sang coula en 1842 et, pendant les trente années qui suivirent, des conflits sporadiques, parfois très sanglants, éclatèrent entre Maoris et colons. Ces conflits, appelés « guerres de Nouvelle-Zélande » ou « guerres maories », culminèrent entre 1842 et 1846 et entre 1860 et 1868. En 1856, les Maoris élirent un roi, Te Kooti, qui était le premier dirigeant au-dessus du chef de tribu — notons qu’il y a toujours, aujourd’hui, une reine maorie, respectée par les deux communautés. À l’époque cependant, ce « mouvement royaliste » fut considéré comme une provocation à l’égard de la souveraineté britannique, et la guerre reprit de plus belle. En 1865, Te Kooti échappa à la prison et prit la tête d’une guérilla qui dura jusqu’en février 1872, date à laquelle la résistance des Maoris fut écrasée. À la suite de ces affrontements, les colons victorieux prirent à l’encontre des autochtones des mesures de confiscation des terres qui sont encore contestées aujourd’hui. La période qui suivit les guerres fut une période de répression pour les Maoris. La plupart d’entre eux menaient une vie totalement à l’écart des Européens, installés en petites communautés rurales sur les terres — en grande partie stériles — que les colons leur avaient laissées. Contrairement aux Européens, ils ne reçurent aucune aide du gouvernement pour financer leur agriculture et la plupart d’entre eux vivaient dans la misère. À partir de 1840 et jusque dans les années 1890, la démographie maorie connut un déclin rapide, dû aux guerres d’une part, et d’autre part à la misère et aux maladies apportées par les Européens, comme la grippe, la rougeole et la coqueluche, contre lesquelles ils n’étaient pas immunisés : en 1769, la population maorie comptait environ 120.000 individus ; en 1896, seulement 42 000. Devant ce déclin, les Européens parlaient d’une « race mourante ». Toutefois, de 1890 à 1990, l’effectif de la population maorie augmenta de nouveau, pour atteindre environ 300.000 habitants (un dizième de la population de Nouvelle-Zélande). » source : Les Maoris de Nouvele-Zélande

Les 40% de la population maori furent tués…

40%, c’est bel et bien un génocide !!!

Globalement, la population maori passera de 80 000 à 42 000 personnes entre les années 1840 et 1891.

La population néo-zélandaise comprend aujourd’hui quatre vint dix pour cent d’habitants d’origine européenne anglo-saxonne pour environ dix pour cent de Maoris. Le pourcentage de Maoris décroît sans cesse, en partie du fait du manque de moyens, d’une santé déficiente, de la misère et du chômage des populations maoris. L’installation des Européens en Nouvelle-Zélande est relativement récente. L’historien néo-zélandais Michael King (1945-2004) décrit les Māoris comme étant « la dernière communauté humaine majeure de la terre qui n’ait pas été touchée ni affectée par le vaste monde ».

En 1642, la Compagnie néerlandaise des Indes orientales envoie Abel Tasman, qui aborde l’île du sud de la Nouvelle-Zélande. Il repart aussitôt face à l’hostilité des autochtones. Les premiers explorateurs européens y compris Abel Tasman et le capitaine James Cook (qui a visité la Nouvelle-Zélande pour la première fois en 1769) ont rapporté leur rencontre avec les Māoris.

Ces premiers rapports décrivent les Māoris comme une race de guerriers féroces et fiers. Des conflits inter-tribaux se produisent fréquemment à cette période, les vainqueurs réduisent en esclavage les vaincus et parfois les dévorent.

Dès le début de l’année 1780, les Māoris ont eu des contacts avec les chasseurs de baleines et de phoques. Certains se sont même fait embaucher sur des navires étrangers. Un flot continu de prisonniers australiens en fuite et de déserteurs provenant des navires de passage expose également la population des autochtones néo-zélandais aux influences extérieures.

Dans la compétition qui s’établit alors entre la France et la Grande-Bretagne, cette dernière prit de peu la main : les églises protestantes alliées aux intérêts économiques poussèrent énergiquement le mouvement de colonisation. Aotearoa passa sous contrôle britannique en 1840 par le traité de Waitangi. Le capitaine Hobson obtient en effet la reddition des quarante-cinq principaux chefs maoris le 6 février, contre la garantie de la possession de leurs terres. Le 22 janvier, les premiers colons anglais avaient déjà débarqué à Wellington (anciennement Port Nicholson, dans l’île du nord), cinq jours avant que les colons d’une entreprise française ne le fassent dans la Baie des îles, à Akaroa dans l’île du sud. Ce fut ensuite le tour de New Plymouth en 1841, dans le nord, puis Nelson (île du sud) en 1842.

Pour l’année 1830, les estimations évaluent le nombre de Pakeha (Européens), vivant parmi les Māoris, à près de 2000. Le statut des nouveaux venus varie de celui d’esclave à celui de conseiller haut placé, et de celui de prisonnier à celui d’Européen « maorisé » qui a abandonné la culture européenne jusqu’à s’identifier à un Māori. De nombreux Māoris apprécient les Pakehas pour leur capacité à décrire la culture et les techniques européennes et pour leur habileté à obtenir des articles en commerçant, en particulier des armes. Ces Européens, devenus des natifs, en sont venus à être connus sous le nom de « Pakeha Māoris ». Lorsque Pomare prend la tête d’un soulèvement contre Titore en 1838, il compte 132 mercenaires Pakeha parmi ses guerriers. Frederick Edward Maning, un des premiers colons, écrit deux comptes rendus pittoresques sur la vie à cette époque qui sont devenus des classiques de la littérature néo-zélandaise : Old New Zealand (« La vieille Nouvelle-Zélande ») et History of the War in the North of New Zealand against the Chief Heke » (« L’histoire de la guerre dans le nord de la Nouvelle-Zélande contre le chef Heke »).

Durant cette période, l’acquisition de mousquets par les tribus en contact étroit avec les visiteurs européens déstabilise l’équilibre entre les tribus māories. Il en résulte une période de guerres inter-tribales sanglantes, connue sous le nom de « guerres des Mousquets » (The Musket Wars), dont les conséquences sont une véritable extermination de nombreuses tribus et la déportation d’autres hors de leur territoire traditionnel. Des épidémies apportées par les Européens tuent également un nombre important, quoique indéterminé, de Māoris durant cette période. Les estimations varient entre dix et cinquante pour cent de morts.

Avec l’augmentation de l’activité des missionnaires européens, l’intensification de la colonisation dans les années 1830 ainsi que l’absence de lois pour réglementer la vie des nouveaux colons, la couronne britannique, en tant que première puissance mondiale, commence à subir des pressions pour intervenir et mettre de l’ordre dans la région.

Le commerce des armes et de l’alcool, solidement établi, associé au non-respect de la disposition du traité à l’égard des terres ainsi que les nombreuses malversations et confiscations firent naître de nombreux mouvements de résistance. Ils culminèrent en de sanglantes escarmouches, créant un réel climat de guerres, entre 1840 et 1847 puis à nouveau de 1860 à 1872. Ces affrontements sanglants joints au développement de nouvelles maladies faillirent provoquer la disparition complète des Maoris.

Finalement cette situation conduisit le Royaume-Uni à envoyer William Hobson avec l’ordre de prendre possession de la Nouvelle-Zélande. Avant qu’il n’arrive, la reine Victoria annexa la Nouvelle-Zélande par le biais d’une proclamation royale en janvier 1840. Lors de son arrivée en février, Hobson négocia le traité de Waitangi avec les chefs du nord. De nombreux autres chefs māoris (bien qu’ils n’en comprissent pas toujours toute la signification) ont par la suite signé ce traité. Il fit des Māoris des sujets de la couronne britannique en échange de la garantie de l’intégrité de leur droit de propriété de leur terre et de la conservation de l’autonomie des tribus.

Les Māoris constituaient une « bonne affaire », car ils fournissaient de la nourriture et d’autres produits aux marchés locaux et étrangers. En réalité, il est probable que le gouvernement britannique signa ce traité pour contrecarrer l’influence des Français et des Américains dans la région. Il fait, encore de nos jours, l’objet de controverses et d’interprétations diverses. Le premier conflit des guerres néo-zélandaises était le massacre de Wairau, qui eut lieu en 1843 dans la partie nord de l’île du Sud. Il s’agissait d’un incident isolé causé par les colons de Nelson qui essayaient de confisquer des terres appartenant à un chef de Rangatira. Cette tentative mal organisée entraîna la mort de 22 d’entre eux.

La guerre de Flagstaff (aussi appelée « la rébellion de Hone Heke ») se déroula elle dans l’extrême nord de la Nouvelle-Zélande, aux alentours de la Bay of Islands, entre le 11 mars 1845 et le 11 janvier 1846. L’origine de cette guerre était le mana (prestige d’une iwi) et les devoirs coutumiers. Il s’agissait en réalité d’une guerre entre des chefs Māori rivaux, les Britanniques se battant d’un côté pour le prestige de l’Empire britannique. Le nombre de victimes causées par cette guerre est estimé à 176 au maximum.

Cette guerre fut presque immédiatement suivie par la campagne de la vallée de Hutt, de mars à août 1846, puis par la campagne de Wanganui, d’avril à juillet 1847, qui eurent lieu dans le sud-ouest de l’île du Nord. L’origine de ces deux conflits était l’empiètement des colons sur les terres des Māori.

Dans les années 1860, des polémiques sur l’achat de terres controversées et la tentative des Māoris de la région du Waikato d’établir une monarchie concurrente (Kīngitanga) sur le modèle britannique conduisit aux guerres néo-zélandaises. Bien qu’elles aient fait relativement peu de morts, le gouvernement colonial confisqua de vastes parcelles de terre māories en représaille de ce qui fut considéré comme une rébellion, et ce alors même que l’action militaire était une initiative de la couronne britannique contre ses propres sujets. Dans certains cas ces confiscations arbitraires se sont faites sans chercher à savoir si la tribu en question était réellement impliquée ou non dans la participation à la guerre. En effet, certaines tribus ont lutté activement contre la couronne, mais d’autres (connues sous le nom de kupapa) ont lutté pour soutenir le gouvernement britannique. Un mouvement de résistance passive s’est développé dans la colonie de Parihaka dans la région du Taranaki, mais les troupes britanniques ont dispersé les dissidents en 1881.

Avec la perte de la plupart de leurs terres, les Māoris sont entrés dans une période de déclin. Et vers la fin du XIXe siècle, la plupart des gens pensaient que les populations māories cesseraient bientôt d’exister en tant que race à part entière et qu’elles seraient rapidement assimilées par les populations européennes.

Les Anglais n’ont pas gagné la première guerre maorie ou « guerre des hampes de drapeaux »

La révolte maori de 1863

Le récit de Jules Verne dans « les enfants du capitaine Grant

Encore Jules Verne

Les explorateurs occidentaux de la Nouvelle Zélande

La colonisation

The Maori Wars (in english)

New Zealand Wars

Wairau Affray

Flagstaff War

Hutt Valley Campaign

Wanganui Campaign

First Taranaki War

Invasion of the Waikato

Second Taranaki War

East Cape War

Tītokowaru’s War

Te Kooti’s War

The Origins of Maori Wars

Britain Colonial Claim of New Zealand

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