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Brexit : sortie de l’Europe ou fin de l’Europe, début de la nouvelle crise financière et des affrontements entre nations ou vers la sortie… du capitalisme ?

vendredi 24 juin 2016, par Robert Paris

Une seule solution, la révolution sociale !

Edito

Brexit : sortie de l’Europe ou fin de l’Europe, début de la nouvelle crise financière et des affrontements entre nations ou vers la sortie… du capitalisme ?

Ce qui est en train de se casser ce n’est pas seulement le lien entre les nations européennes, c’est le lien entre toutes les nations et ce n’est pas à cause du vote des peuples mais à cause de l’effondrement du capitalisme initié en 2007-2008 !

Si les britanniques viennent de voter majoritairement pour sortir de l’Europe, si les Écossais risquent d’en conclure leur propre sortie de leur union avec l’Angleterre, si les Catalans y verront sans doute le signal de leur sortie d’Espagne, si les Français peuvent eux aussi décider de sortir de l’Europe comme les peuples des pays européens du Nord mais aussi les Italiens du Nord peuvent décider de sortir d’Italie ou les Corses de sortir de la France, ce n’est pas à cause de la bêtise des opinions publiques. Si tous les nationalismes et micronationalismes du monde montent, si toutes les haines entre les peuples montent en même temps, ce n’est pas à cause de telle ou telle opinion publique mais à cause de l’effondrement de l’ensemble du système dominant mondial. C’est le système capitaliste qui n’est plus capable d’offrir les mêmes espoirs de stabilité, de développement, de prospérité, de démocratie, de paix, de confiance, d’emploi, de bien-être.

C’est en même temps et dans le monde entier que les violences et les haines montent partout dans le monde, que ce soit entre Orient et Occident, entre Musulmans et non-Musulmans, entre chiites et sunnites, entre Chinois et Japonais, entre Russes et Caucasiens, entre les bloc Russie-Chine-Afrique du sud et le bloc USA-Japon-Europe-Australie-Israël, en même temps que les terrorismes se développent partout dans le monde. Si on dit à certains peuples que tous les malheurs viennent de l’Europe ou tous viennent des Musulmans, on dit à d’autres peuples ou aux mêmes que tout vient des Caucasiens, que tout vient des Chinois, que tout vient des Américains, que tout vient de la France ou de l’Angleterre, etc… Mais aucun de ces courants sociaux et politiques ne nous disent que tout vient de la fin du capitalisme, que nous sommes en train de vivre, durement, la fin historique d’un monde, d’un système, d’une manière d’exploiter les hommes.

Ce n’est pas un hasard si toutes ces violences, tous ces effondrements d’alliances, l’Europe n’étant que l’une d’elles, arrivent en même temps. La fin de l’alliance entre USA et Russie-Chine est encore bien plus impressionnante, venant après les cris de triomphe de la « chute du mur de Berlin » et l’entrée de la Russie dans le marché capitaliste. La menace de guerre en Mer de Chine est bien plus menaçante. L’explosion de violence en Orient n’est même pas une menace : c’est déjà l’horreur du type guerre mondiale sur une plus petite échelle. Oui, en Syrie-Irak-Afghanistan-Pakistan-Yémen, la guerre mondiale capitaliste a déjà commencé et nous savons déjà qu’elle ne respectera aucun peuple, aucune norme humanitaire, aucune limite de violence et d’horreur.

Le capitalisme ne peut que se terminer dans le sang parce que les classes dirigeantes ne peuvent absolument pas quitter le pouvoir de leur plein gré, même si elles sont les premières et même les seules à avoir diagnostiqué la chute finale. En effet, ce sont les possesseurs de capitaux qui n’ont plus confiance dans le système, qui se détournent de l’investissement productif et qui cassent ainsi toute pérennité de celui-ci, les fonds publics ne pouvant que très provisoirement pallier à l’absence des capitaux privés. Pourtant, tant que fonctionnait le système capitaliste, l’investissement privé était LE moyen de créer des valeurs supplémentaires, de distribuer des profits tout en développant l’économie parce que la plus-value ne pouvait croître sur la base de l’investissement privé productif. L’aide de l’Etat ne venait qu’à la marge et pas de manière permanente.

Le capitalisme n’est nullement sorti de la crise de 2007-2008 pour la simple et bonne raison qu’il a interdit tout déroulement normal de la crise et le fonctionnement même des crises et l’a bloqué depuis, comme lors de l’effondrement des trusts et des banques ou récemment en Chine. Mais, loin de voir une véritable reprise économique, le système qui n’a pas pu avoir sa crise, ne peut que se préparer à une effondrement massif et historique, dès la prochaine crise financière avec une perte de confiance massive, les fonds publics des banques centrales et des Etats ne pouvant durablement « sauver » les banques, les bourses, les spéculateurs, les trusts, les assurances et les monnaies.

Voilà la véritable base de l’effondrement de la confiance des peuples dans les institutions européennes comme dans toutes les autres institutions de la planète, perte de confiance aussi dans la démocratie, perte de confiance dans l’entente entre les peuples et dans la paix du monde. Mais la base réelle de cette perte de confiance est la chute historique du capitalisme.

Le peuple britannique a cru répondre à l’effondrement de son niveau de vie et de sa confiance dans son avenir et sa sécurité et rompant avec l’Europe, présentée comme la source de tous ses malheurs, de toutes ses misères, de toutes son insécurité et, bien entendu, aucun courant social ou politique, des partis aux syndicats ou aux associations, ne lui a proposé l’hypothèse que l’accusation soit à porter contre le capitalisme lui-même ! Même les courants dits communistes ou révolutionnaires les plus importants se gardent d’affirmer cela, sans parler des courants bourgeois, syndicaux, social-démocrates, ex-staliniens, altermondialistes ou indignés de toutes sortes.

Il ne faut pas accuser de ce mouvement mondial une opinion publique ou une autre, un peuple ou un autre, une nation ou une autre. Ce n’est même pas une incapacité historique de la classe ouvrière mondiale que cela signalerait.

L’expression du prolétariat sur ses bases de classe n’a jamais été acceptée, pas plus au sein de la démocratie bourgeoise, même la plus démocratique formellement, que dans les pires dictatures. Même la plus démocratique des républiques bourgeoise a toujours été fondée sur l’intérêt d’une infime minorité de possesseurs de capitaux et sur la soumission de l’immense majorité aux intérêts de ce tout petit nombre de profiteurs. Au sein des mécanismes de l’Etat bourgeois, même démocratique, il n’y a jamais eu la moindre place pour une contestation du droit indiscutable et sacré des capitalistes.

Il ne faut pas compter sur les partis, associations ou syndicats liés au système pour affirmer que la seule perspective crédible est… la sortie du capitalisme !

Ce n’est pas parce que les peuples travailleurs ne seraient pas capables de le soutenir, ce n’est pas parce que la lutte des classes n’existerait plus comme les classes dirigeantes avaient cherché à nous en convaincre après la chute de l’URSS. En effet, avec la crise mondiale, les sondages affirment que partout dans le monde, y compris aux USA, les peuples pensent majoritairement que nous sommes dans un monde où les luttes de classes ne cessent de s’accentuer, en même temps que le fossé se creuse entre classes dirigeantes et peuples travailleurs !

Et pourtant aucun parti politicien, aucun syndicat et aucune association réformistes ne peut demander seulement un référendum pour la sortie… du capitalisme !!!

Tous les courants qui sont liés au système sont incapables de proposer aux travailleurs de s’organiser eux-mêmes sur leurs lieux de travail et sur des bases de classe et de développer publiquement et sur le terrain politique, pas seulement sur des bases revendicatives et corporatistes, un programme de transformation de toute la société s’adressant aussi bien aux travailleurs, à la petite bourgeoisie, à la jeunesse et aux chômeurs, à tous les peuples, à toutes ethnies, aux populations de toutes origines, de toutes religions et de toutes régions.

La démocratie bourgeoise n’a jamais été le gouvernement du peuple par lui-même mais le gouvernement le plus souple au service de la minorité exploiteuse, souple dans la forme mais pas dans le fond.

La possibilité de changer les équipes dirigeantes pour d’autres équipes politiciennes n’a jamais été qu’un moyen de ne jamais changer l’essentiel, d’imposer une limite stricte à toute expression des peuples : l’interdiction de remettre en question la propriété privée des moyens de production et des capitaux. Telle est la base commune de toutes les constitutions bourgeoises de la planète, quelque soit l’histoire de celles-ci, les origines et les régions du monde.

Seuls la Commune de Paris de 1871 et l’Etat ouvrier russe d’Octobre 1917 étaient fondés sur d’autres bases que la défense inconditionnelle des possessions de la grande bourgeoisie.

C’est en cela que la démocratie (bourgeoise) n’est nullement l’expression de la capacité (ou pas) du peuple travailleur – et ne pouvait pas être le moyen - de se proposer de sortir du capitalisme et de fonder une société nouvelle sur d’autres bases. Aucune élection démocratique bourgeoise ne pouvait ni ne pourra permettre au peuple travailleur de développer son propre programme pour donner à l’humanité de nouvelles perspectives, maintenant que le capitalisme a atteint ses limites, est parvenu à ses limites, bloquant désormais tout progrès social et politique.

La démocratie bourgeoise n’est nullement l’expression de tout le peuple, y compris les travailleurs mais, au contraire, a toujours été directement dirigée contre la classe prolétarienne et l’est, dans cette période, plus que jamais. Dans la situation actuelle, ce sont les démocraties pacifiques qui organisent les dictatures les plus guerrières, les plus terroristes et les plus violentes. L’effondrement économique ne peut que mener à la violence institutionnalisée, au terrorisme et à la guerre à l’échelle planétaire.

Tous les gouvernants du monde et pas seulement l’équipe Hollande-Valls-Cazeneuve s’orientent vers l’interdiction des grèves et des manifestations, de l’Espagne à la Belgique et aux USA comme en Chine ou en Russie. Tous s’orientent vers la suppression de la démocratie bourgeoise, avec la remise en cause des droits syndicaux et sociaux, comme avec la casse des aides sociales, des services publics et de tout droit social. Tous se préparent à la marche à la guerre mondiale comme aux guerres locales. Tous poussent à la haine entre les peuples, aux nationalismes exacerbés et aux fascismes.

Pour éviter que l’effondrement du capitalisme entraîne une vague internationale de révolution permanente menant à la prise de pouvoir des comités de travailleurs, tous les moyens sont bons et tous sont fondés sur des haines entre les peuples.

Demain, on va revoir apparaître l’idéologie de l’ « ennemi héréditaire » que l’on prétendait définitivement enterrée par l’institution bourgeoise européenne ou par l’institution bourgeoise de l’ONU et de la « communauté internationale » et autres alliances pacifiques entre Etats capitalistes.

Demain, on va à nouveau dire aux Français que leur ennemi a toujours été l’Anglais ou l’Allemand, on va affirmer que l’on doit supprimer massivement les Roms, comme on a génocidé les Tsiganes en même temps que le monde bourgeois a génocidé les Juifs lors de la dernière crise mondiale capitaliste qui a entraîné fascisme et guerre mondiale.

Quant à nous, peuple travailleur, il va nous falloir éviter tous les pièges des nationalismes et micronationalismes. Ne nous trompons pas d’adversaire ! Ce n’est pas d’autres peuples, d’autre régions, d’autres nations, d’autres religions qui sont notre ennemi : ce sont nos exploiteurs !

C’est le monde capitaliste qui n’a plus d’avenir et nous fait basculer dans la misère, dans l’insécurité, dans le terrorisme et dans les violences de toutes sortes.

Ceux qui veulent militer pour développer une perspective d’avenir pour l’humanité ne doivent pas craindre de combattre toutes les passivités sociales, tous les fatalismes inoculés aux peuples travailleurs, toutes les compromissions des courants réformistes, toutes les tromperies politiques et sociales développées par la société bourgeoise.

Ce qui doit être remis en cause, ce n’est pas tel ou tel gouvernement, tel ou tel parti politique, tel ou tel syndicat, tel ou tel regroupement politique ou d’Etats, telle ou telle forme de gestion de la société capitaliste.

C’est le monde capitaliste tout entier qui n’a plus aucun avenir. C’est l’exploitation capitaliste elle-même qui a annoncé sa mort et qui ne nous offrira plus jamais prospérité et démocratie mais misère et violence à un degré jamais atteint.

Tous ceux qui veulent agir pour l’intérêt de l’humanité ne doivent craindre aucune vérité, aucune audace politique et sociale car seul le socialisme révolutionnaire et l’internationalisme prolétarien est l’avenir du monde !

52 Messages de forum

  • « Brexit » : les banques centrales prêtes à injecter massivement des liquidités pour éteindre la fièvre sur les marchés mais, une fois de plus, ce ne sera que partie remise à un tout petit peu plus tard. La partie est finie pour le capitalisme en termes de période historique.

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  • L’issue du Brexit et ses perspectives sont à nuancer. Certes ce n’est pas le brexit qui va arrêter la réaction capitaliste mais ça a le mérite de porter un coup non négligeable aux institutions de l’U.E, cette structure supra-nationale dictant les mesures anti-ouvrières et réactionnaires à ses Etats membres qui acceptent de s’y soumettre et ce en piétinant bien souvent l’avis contraire de ses peuples. Maintenant il faut en effet souligner qu’une part importante des votants pour le brexit l’ont fait pour des motifs délétères et stupides de racisme xénphobie etc... N’en venons pas à occulter, ou tout du moins à omettre, que des secteurs organisés du mouvement ouvrier ont appelé à quitter l’U.E , allant à contre sens de l’appel au vote "remain" des sommets du TUC , des dirigeants de la CES et de ses composantes. Ils l’ont fait en affirmant que le combat pour quitter l’U.E est un combat internationaliste.

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  • Et, cachés derrière les Etats et les "institutions européennes", ce que l’on veut casser ce sont les classes dirigeantes capitalistes, c’est la propriété privée des capitaux et des grandes entreprises.

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  • Et la marche à la guerre continue...

    Pratiquement sans discussion dans les médias et sans qu’il en soit question dans la campagne électorale présidentielle, les Etats-Unis font avancer leur programme (coûtant mille milliards de dollars) de modernisation de l’armement nucléaire.

    La semaine dernière, l’Institut international de recherches sur la paix de Stockholm publiait un rapport disant que le gouvernement Obama avait pris la tête d’une extension mondiale des programmes d’armement nucléaire. Les Etats-Unis prévoyaient « de dépenser 348 milliards de dollars entre 2015 et 2024 pour le maintien et la mise à jour complète de leurs forces nucléaires ». Le rapport ajoute, « Certaines estimations suggèrent que le programme américain de modernisation d’armes nucléaire pourrait coûter jusqu’à mille milliards de dollars sur les 30 prochaines années. »

    Hans Kristensen, co-auteur du rapport, a déclaré : « L’ambitieux plan de modernisation des États-Unis présenté par le gouvernement Obama contraste fortement avec la promesse du président Barack Obama de réduire le nombre des armes nucléaires et le rôle qu’elles jouent dans la stratégie américaine de sécurité nationale ».

    Dernière étape du processus en cours, la Chambre des représentants a voté la semaine dernière contre un amendement qui aurait retardé le développement d’un programme de 37 milliards de dollars de construction d’un nouveau missile de croisière nucléaire appelé Long Range Standoff Weapon.

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  • « Parce qu’ils peuvent être lancés sans avertissement et comportent les deux variantes nucléaire et conventionnelle, les missiles de croisière sont un type d’arme déstabilisateur sans pareil », ont écrit l’ancien secrétaire à la Défense William J. Perry et l’ancien secrétaire adjoint à la Défense Andy Weber dans un commentaire publié dans le Wall Street Journal l’an dernier.

    Ils avertirent que de telles armes, qui ne décrivent pas dans l’espace l’arc reconnaissable des missiles balistiques, sont difficiles à détecter et impossible à distinguer des missiles classiques, non nucléaires. Cela rend plus probables les erreurs de calcul mortelles de la part d’autres pays. Mais de telles préoccupations ont été écartées par le dernier vote du Congrès.

    Etant donné l’énorme supériorité nucléaire des Etats-Unis sur tous les autres pays du monde, pourquoi cette hâte de verser toujours plus d’argent dans le développement de nouvelles armes nucléaires et de nouveaux systèmes de lancement, en particulier ceux qui sont si dangereux qu’ils font même hésiter des secteurs de l’establishment militaire ?

    L’arsenal nucléaire américain actuel, qui suffit à tuer plusieurs fois la population de toute la planète, est un vestige d’une époque où l’utilisation d’armes nucléaires était vue comme un dernier recours et où le lancement d’une arme nucléaire était censé signifier la « destruction mutuelle assurée ». Pendant la majeure partie de la guerre froide, l’idée qu’une guerre nucléaire pourrait effectivement être gagnable resta confinée aux franges de la politique et les théories du stratège militaire de la RAND Corporation, Herman Kahn, étaient honnies – l’exemple le plus célèbre étant Docteur Folamour de Stanley Kubrick.

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  • Un rapport publié plus tôt cette année par le Center for Strategic and Budgetary Assessments (Centre des Evaluations stratégiques et budgétaires) intitulé Rethinking Armageddon (Repenser l’Apocalypse) présente un scénario où les États-Unis réagissent à une intervention de forces russes en Lettonie. Les chefs d’état-major donnent au président quatre options, dont trois impliquent l’utilisation d’armes nucléaires.

    Comme le notait un rapport publié l’an dernier par le Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS), « Les scénarios pour l’utilisation nucléaire ont beaucoup changé depuis ‘l’équilibre de la terreur’ entre les deux superpuissances mondiales ». En conséquence, le « deuxième âge nucléaire » implique que les combattants « réfléchissent à fond sur la façon dont ils pourraient effectivement utiliser une arme nucléaire, au début d’un conflit et de manière différenciée ».

    Ce groupe de réflexion très influent de Washington a appelé à maximiser « la flexibilité et la crédibilité » en adoptant « un arsenal réactif plus modernisé et plus petit, des charges nucléaires plus petites et variables, et des armes à effets spéciaux, un ensemble plus diversifié de systèmes de lancement, une distribution et un déploiement vers l’avant plus grands, et une plus grande intégration à des capacités non nucléaires ».

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    • Brexit : Prise de position du GIGC 27 juin 2016 12:07, par GIGC

      Après la victoire du Brexit, les contradictions du capitalisme explosent à tous niveaux !
      Seule la révolution prolétarienne internationale peut y mettre fin !

      L’impasse économique du capitalisme et l’inévitable alternative historique Révolution prolétarienne ou guerre impérialiste généralisée dictent de plus en plus directement sa loi au cours des événements faisant exploser en tous sens les contradictions du capitalisme et ses limites. Le référendum britannique actant la sortie du Royaume Uni de l’Union Européenne et la violence de la répression des manifestations ouvrières en France, allant jusqu’à l’interdiction de celles-ci (!), en sont les expressions les plus récentes. Ce sont les pays du cœur historique du capitalisme qui sont directement touchés – l’Europe occidentale – alors que le mythe d’une relève par des pays "neufs", "émergents", comme la Chine ou le Brésil, s’est effondré. Pour le capital, si le prolétariat international le laisse faire et ne le détruit pas avant, l’issue de cette spirale infernale est connue : une 3e guerre impérialiste mondiale.

      Pour la prochaine guerre impérialiste généralisée, la Grande-Bretagne choisit définitivement les États-Unis contre l’Europe

      Le Brexit, la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union Européenne, exprime avant tout le choix, sans doute définitif, de la bourgeoisie anglaise de se dresser auprès des États-Unis dans la rivalité impérialiste contre l’Europe continentale réunie autour de l’Allemagne. L’explosion et la pression des contradictions obligent aujourd’hui les acteurs du monde capitaliste, ici la bourgeoisie anglaise, qu’ils le veuillent ou non, à faire des choix douloureux et tranchés. Acculés par la crise et la guerre, le juste milieu, un pied dans l’Europe, un pied au-dehors, n’est plus possible. Et « chaque fois qu’il nous faudra choisir entre l’Europe et le grand large, nous choisirons le grand large ! Chaque fois qu’il me faudra choisir entre Roosevelt et vous, je choisirai Roosevelt » avait dit Churchill à De Gaulle. C’est aujourd’hui, contradictions aiguës du capitalisme oblige, qu’il a fallu choisir. C’est dire la réalité et la gravité des enjeux historiques aujourd’hui.

      Produit des contradictions du capitalisme, le Brexit devient à son tour un facteur d’aggravation de ces contradictions. En obligeant sans doute l’Europe réunie autour de l’Allemagne à réagir et à renforcer l’unité du "noyau dur" historique de l’UE et son rapprochement avec la Russie et la mise en place d’une véritable "défense européenne" indépendante de l’OTAN. En aggravant encore la guerre économique à commencer par la guerre des monnaies. Enfin, en provoquant dès l’annonce des résultats du référendum, la chute des bourses au risque de provoquer un nouvelle crise financière mondiale – à l’heure où nous écrivons, c’est une hypothèse qu’on ne peut écarter, ni argumenter ici.

      Est-il besoin de dire que les ouvriers britanniques n’ont rien de bon à attendre de cette sortie ? Et qu’il en va de même des ouvriers sur le continent ?

      La bourgeoisie française à l’avant-garde de la guerre de classe du capital contre le prolétariat international

      Après 4 mois de mobilisation massive et d’affrontements violents avec la police anti-émeute contre une nouvelle attaque sur les "droits du travail" contre toute la classe ouvrière, devant la maintien de la mobilisation généralisée dans tout le pays, la bourgeoisie française a été contrainte de pousser jusqu’au bout sa logique de violence étatique en interdisant la manifestation parisienne du 23 juin dans un premier temps ; puis, devant le risque d’une manifestation illégale massive et incontrôlable, elle s’est arrangée avec les syndicats pour une manifestation réduite faisant le tour de la Place de la… Bastille (symbole !). Du jamais vu depuis la guerre d’Algérie ! Loin de représenter une force de l’État français, cet usage massif de la violence et de la répression exprime sa faiblesse politique et idéologique. Là aussi, les contradictions du capitalisme explosent au point de contraindre la bourgeoisie à mettre en péril son masque démocratique. Le risque en est de réduire à néant la mise en avant de forces politiques de gauche dites "radicales" qui pourraient garantir un contrôle plus ou moins efficace au plan politique des luttes ouvrières à venir – ce que les syndicats ne peuvent pas faire. L’idéologie "citoyenne" et "républicaine" que la mise en place des "nuit debout" visait à mettre en avant, à l’initiative de personnalités et de groupes politiques de gauche et gauchistes allant du PC aux trotskistes et anarchistes et avec l’appui massif des médias tout au long du mois d’avril, est vite passée de mode face à la répression et à la confrontation avec l’État que chaque manifestation imposait.

      Là aussi, il n’y a plus beaucoup de place pour le "juste milieu" et le caractère violent et de classe de l’État est contraint de s’afficher. Le Patriot Act à la française, en fait à l’européenne, mis en place après les attentats sanglants de 2015 à Paris est appelé à durer. Il est fait pour réprimer durement, et dans le sang, les révoltes ouvrières et populaires qui germent.

      La faiblesse historique de la bourgeoisie internationale

      Contrairement aux apparences, le Brexit et la répression massive en France n’expriment pas la force de la bourgeoisie internationale mais bel et bien sa faiblesse historique. Crise et guerre impérialiste se présentant en même temps et parce que touchant directement aux conditions de vie, deviennent facteurs de réflexion et d’extension de la conscience de classe dans les rangs ouvriers. Ce qui ne veut pas dire que la lutte est et sera facile. Mais plutôt que la bourgeoisie, affaiblie historiquement, se défendra, et se défend déjà, en utilisant tous les moyens à sa disposition. Les inévitables et nécessaires confrontations massives entre les classes qui ont commencé vont devenir d’une violence inégalée dans l’histoire. Aucune illusion sur la démocratie bourgeoise, le danger en est mortel.

      Aujourd’hui, en s’affrontant chaque fois plus à l’État, à ses forces politiques et syndicales, à sa police et sa justice, c’est-à-dire en assumant aussi la dimension politique de leurs luttes, de fortes minorités de prolétaires commencent à réfléchir et à prendre conscience de la nécessité de détruire cette société et d’en construire une autre. La perspective d’une société sans misère et sans guerre, sans classes sociales, sans exploitation, sans capital, ni marchandises, ni argent, redevient un enjeu politique de conscience entre les classes et un combat qui touchent les prolétaires les plus avancés bien au-delà des simples minorités révolutionnaires. Lutter contre les effets de la crise et refuser la guerre impérialiste de manière conséquente et efficace exige de détruire le capitalisme. Voilà sans doute la réflexion qui s’étend dans nombre de secteurs ouvriers. Mais cette prise de conscience en masse ne suffira pas. Il faut aller plus loin.

      C’est armé de la perspective de la révolution prolétarienne et du communisme (qui n’a rien à voir avec le capitalisme d’État stalinien ayant prévalu en Russie et en Chine), c’est-à-dire avec les mots d’ordre d’insurrection prolétarienne, de dictature du prolétariat, des conseils ouvriers, que la lutte contre la misère et les guerres peut réellement devenir efficace. Car seuls ces mots d’ordre "historiques" fournissent la méthode et les moyens au combat de classe réel contre le capital et l’État bourgeois dès aujourd’hui. Voilà pourquoi les groupes communistes sont indispensables et pourquoi il faudra, dès que possible, constituer un parti communiste international et internationaliste ; celui-là même qui sera le principal porteur de la perspective communiste.

      Voilà aussi pourquoi, outre le développement et l’animation du combat de classe contre les attaques, les prolétaires les plus combatifs et conscients doivent se regrouper, s’organiser entre eux, en comité de lutte par exemple, et aussi essayer de se rapprocher, de discuter et de lutter aux côtés des groupes communistes.

      Les contradictions du capitalisme explosent au grand jour.

      Faisons exploser le capitalisme !

      Le Groupe International de la Gauche Communiste (Révolution ou Guerre), 24 juin 2016.
      www.igcl.org, écrire à intleftcom@gmail.com

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  • Le nationalisme n’est jamais l’expression consciente du peuple travailleur et encore moins dans un pays impérialiste comme l’Angleterre ou la France. Dans une crise systémique, il devient l’idéologie du fascisme et de la marche à la guerre, le pire ennemi idéologique du peuple travailleur…

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  • Quelques heures seulement après l’annonce du Brexit, la Banque d’Angleterre se dit prête à débloquer 250 milliards de livres. Soit 326 milliards d’euros. Bref, une somme folle. Qui confirme d’abord ce que l’on savait déjà : à savoir que les banques centrales, ces institutions publiques chargées de gérer la monnaie d’un pays (ou d’un groupe de pays pour la BCE, la Banque centrale européenne), sont prêtes à trouver de l’argent pour retarder l’effondrement mais incapables d’agir contre les causes. Une telle déclaration devrait suffire à prendre conscience qu’un système capable de telles absurdités est sur sa fin…

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  • Au cours des deux jours suivant le Brexit, la perte totale due à la spéculation boursière à la baisse serait de 196,2 milliards de dollars !!! Quand on dit que c’est un système économique. Pardon, que c’était !

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  • La tempête soufflant sur les devises depuis la victoire du « Brexit » au référendum du 23 juin ne semble pas près de retomber.

    Alors que lundi 27 juin, l’agence de notation Standard & Poor’s a ôté son triple A à la dette souveraine du pays, le reléguant en catégorie « AA », la première victime de ces turbulences est, sans surprise, la livre sterling. En cinq jours, la devise britannique a violemment plongé face aux autres monnaies, notamment de 11 % face au dollar et de 9 % face à l’euro. Lundi soir, elle a atteint un nouveau point bas, à 1,3152 dollar pour une livre – du jamais-vu depuis septembre 1985.

    « L’euro, lui aussi, pâtit du choc du “Brexit” », analyse Lieven Jacobs, directeur de la gestion chez Quilvest AM. De fait, la monnaie unique a atteint son point bas depuis quatre mois face au dollar, vendredi 24 juin, avant de se ressaisir un peu. Lundi soir, elle évoluait ainsi à 1,1107 dollar. Lundi 27 juin, elle enregistrait également son plus bas niveau depuis décembre 2012 face au yen, à 1 euro pour 112,3 yens.

    De même, le franc suisse est lui aussi soumis à une forte pression à la hausse. Inquiète, la Banque nationale de Suisse se tient prête à intervenir pour freiner cette appréciation, et le fait savoir depuis des jours. « Après un choc de l’ampleur du “Brexit”, les devises, comme les Bourses, sont le premier réceptacle des craintes des marchés », analyse Christopher Dembik, chez Saxo Banque. Plusieurs mécanismes sont à l’œuvre.

    Le premier est la conséquence du ralentissement de la croissance britannique attendue ces prochains mois. La dégradation de Standard & Poor’s confirme d’ailleurs les inquiétudes des investisseurs : le Royaume-Uni entre dans une période de fortes incertitudes, qui pèseront sur la consommation et l’activité. Certains économistes redoutent même que le pays ne tombe en récession.

    Le Japon subit les conséquences du « Brexit ». Après un rebond de 2,39 % le 27 juin, la Bourse de Tokyo a commencé la séance du matin, mardi 28, en baisse de plus de 1,6 %.

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  • Ne se laissent plus faire par qui ? Le peuple travailleur d’Angleterre sera-t-il moins exploité, opprimé et trompé par la classe capitaliste anglaise avec laquelle il vient de se solidariser contre les classes capitalistes du continent ? Certainement pas !!! Il est remarquable ainsi que, politiquement, cela profite d’abord à l’extrême droite ! Il est aussi remarquable que cela va se traduire immédiatement par une baisse massive du niveau de vie des travailleurs ! Et avec un sentiment national grandissant ce qui signifie plus de dépendance des classes dirigeantes anglaises...

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  • La crise de 2007-2008 a révélé le caractère structurellement déficitaire du capitalisme financier. Sa survie à l’état de zombie depuis 9 ans exige un assistanat considérable et permanent par les QE (Quantitative Easy, formule américaine pour les injections de liquidités par les banques centrales). Pour cela, il faut trouver de nouveaux gisements de réduction de la masse monétaire globale afin d’éviter l’inflation. Trois nouvelles sources de dégonflement monétaire se sont révélées cette année : « l’uberisation » du travail, la baisse brutale des cours des matières premières et, enfin, la politique des taux négatifs par les banques centrales.

    Soulevons d’abord le point du lancement de l’ « uberisation » des sociétés occidentales.
    L’affrontement Uber vs taxis a fait l’actualité dans plus d’une dizaine de nations développées. Ce conflit emblématique et médiatique est l’expression de la formidable tension pour contrôler le nouveau monde en réseau qui émergera inéluctablement, comme le sait pertinemment le capital financier mondialisé. Il s’agit donc de le maîtriser. Visiblement, le choix est de verrouiller les flux numériques en possédant les HUB, les carrefours stratégiques, en faisant de ces plate-formes des passages obligés permettant aux individus, isolés en particules élémentaires, de travailler. La plate-forme possédée par le capital financier maîtrise l’encaissement et la clef de répartition entre la part du travail et la part du profit réservée au Capital. La part du capital, très importante dans le modèle d’Uber par exemple, est justifiée par l’organisation du dispositif du travail, le contrôle et la sécurité financière et du personnel. Cette nouvelle organisation du travail est possible uniquement par une aliénation totale, une sorte d’auto-contrôle permettant une exploitation sans intervention extérieure. Nous sommes au début d’un processus, sans d’ailleurs savoir si cette forme de rapport social peut être efficiente pour le capital à long terme. Nous assisterions, peut-être, à l’émergence du monde « bio politique » annoncé par Michel Foucault. Ainsi, l’extorsion de la plus-value serait intériorisée grâce à la disparition progressive du salariat et de son caractère coercitif archaïque. Cette forme d’aliénation serait subtile, impliquant une sorte d’évaporation du concept même de Travail, conduisant d’ailleurs à l’émergence d’un travail gratuit, dont la plate-forme serait la seule bénéficiaire en terme de profit. Sur ce dernier point, gageons que la prochaine étape du travail gratuit « à la mode Ikea » serait sans doute de faire réaliser la programmation, c’est-à-dire l’écriture des lignes de codes, par les internautes eux-mêmes. Notons que les systèmes scolaires des pays développés, notamment en France, ont décidé de mettre en place cette formation pour les élèves en fin d’école primaire.

    Certaines études, peut-être commanditées à des fins promotionnelles, estiment que 30 à 40 % de la population active sera « uberisée » dans les vingt ans.

    L’uberisation de la société est tendanciellement récessive et peut entraîner, à terme, une réduction des investissements par une réduction de la production d’objets de consommation. En effet, elle provoque une rétractation de la masse monétaire en circulation …d’où sa promotion actuelle par le capital financier. La mise en place des plate-formes numériques détruit du capital, en l’occurrence des taxis pour Uber bien sûr, mais elle limite aussi son développement en maximisant l’utilisation des objets, par exemple celle des automobiles. Ainsi, l’évolution de la crise et sa tentative de contrôle par la finance ouvrent des espaces nouveaux et des possibilités d’innovation. De manière dialectique, la destruction de capital entraîne le développement de nouvelles technologies et du futur monde en réseau.

    L’uberisation en période de crise et de récession a pour conséquence d’ouvrir à d’autres formes de maximisation d’utilisation de l’objet automobile. Partage d’utilisation, co-voiturage, parking partagé… se développent et tendent à faire passer le temps d’utilisation d’un véhicule individuel X de 5 % en moyenne aujourd’hui à 6, 8 ou 10 % ou plus dans l’avenir. Ainsi, l’industrie automobile risque de connaître des jours difficiles dans son expansion ! En “uberisant” la société, le capital financier participe à l’élargissement des bases économiques objectives d’un nouveau monde. La formule de Lénine « le capital vendrait la corde pour se pendre » trouve ici tout son sens.

    Autre événement important de l’année entraînant une rétractation de la masse monétaire globale, la baisse phénoménale du prix du pétrole. Elle a entraîné la baisse des cours des matières premières.

    Rappelons tout d’abord, qu’il s’agit d’une manipulation financière car le prix du pétrole, comme celui d’ailleurs de toutes les matières premières, n’est pas fixé par un marché « primaire » où l’offre et la demande s’ajusteraient de manière naturelle et en temps réel. Le cours du pétrole est la résultante des marchés des produits financiers dérivés. Si le prix du Brent dépassa les 140 dollars le baril en 2006, c’est parce que les spéculateurs estimaient que la croissance, en particulier chinoise, était assurée sur moyenne période. Croire en la croissance implique une croyance dans le renchérissement du prix des matières premières. En janvier 2016, le prix s’est effondré à 27 dollars le baril. Les produits dérivés tels que les « options » indiquent simplement aujourd’hui que la planète financière ne croit pas à un rebond de croissance, en tous les cas pas à 3-5 ans. En fait, à l’ère financière, les prix sont déterminés par une option, donc par une opinion et non par un ajustement « naturel ». En cela, nous pouvons parler d’une « fixation idéologique des prix », en particulier pour les matières premières.

    Cette situation a tout naturellement engendré une dépression dans les pays producteurs de pétrole et, plus généralement, dans tous les pays producteurs de matières premières et entraîné une crise financière et monétaire des pays émergents (BRICS). Notons en particulier la crise dans les pays du Golfe dont la puissance financière s’est réduite soudainement comme peau de chagrin.

    Dernier élément de l’hypothèse d’un « capitalisme régressif » : la généralisation par les banques centrales des pays développés de taux d’intérêt négatifs. Il s’agit là d’une nouveauté historique qui a pour effet direct de déprécier l’épargne et de diminuer la masse monétaire globale. Il s’agit de ruiner le rentier sur le long terme sans recours à l’inflation mais de manière indolore, à la manière de la « cuisson du homard ». Par ailleurs, les taux négatifs obligent les spéculateurs à investir de manière aberrante sur les marchés actions pour soutenir les grands monopoles et s’assurer un minimum de profit. Or, chacun sait que le niveau des cours actions ne correspond plus à rien de rationnel. Si la valorisation reste importante aujourd’hui, c’est parce que les QE rachètent, entre autres, des dettes de grandes sociétés (début, le 8 juin 2016 dernier, des achats des obligations des grandes entreprises par la Banque centrale européenne). Si le cours boursier s’effondre, il est difficile de justifier ce soutien au titre des pouvoirs publics.

    Cette entreprise de spoliation ainsi que la mise en place de manière structurante des taux d’intérêts négatifs décrivent ce que nous appellerons un « capitalisme régressif ». Prenons quelques lignes pour conclure cet article sur ce point de vue.

    Après avoir hésité en 2009-2010 à relancer la machine économique de manière keynésienne avec une inflation sous-jacente, la direction FMI-Banque mondiale a choisi une voie nouvelle et globale : sauver coûte que coûte ce système qui venait justement de faire défaut, sans tenir compte de son obsolescence. Le renflouement des banques sans inflation exigeait dès lors une coopération mondiale permanente. Nous sommes donc installés dans un « capitalisme récessif » de longue période. Bref, Hayek plutôt que Keynes ! Cela dit, cette politique déflationniste à bien plus grande échelle que celle de Laval en 1932 est-elle viable sur le long terme ? Oui, si, et seulement si, tout le monde joue le jeu du dégonflement monétaire et donc de la récession économique structurelle : un seul modèle, une seule gouvernance.

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  • Une autre expression forte de l’aggravation du désordre financier se trouve au Japon, où le programme d’achat d’obligations de la Banque du Japon (BoJ), lancé dans un effort pour sortir l’économie de la déflation, a transformé le système financier.

    Selon les données compilées par Bloomberg, la banque centrale détient désormais 34 pour cent des obligations d’État et est l’un des 10 premiers actionnaires de 90 pour cent des sociétés cotées à la bourse. Presque toutes les nouvelles émissions d’obligations sont achetées par la BoJ. En d’autres termes, sur les marchés des obligations d’État, un bras de l’État émet de la dette, laquelle est achetée par un autre bras.

    La décision du Brexit va exacerber les tensions et les contradictions dans les marchés monétaires internationaux. La réponse immédiate à la baisse de la livre sterling a été une hausse de la valeur du dollar américain et du yen japonais, comme les flux d’investissements spéculatifs cherchent de supposés refuges. La hausse de la valeur du yen a pratiquement anéanti tous les efforts de la Banque du Japon pour faire baisser sa valeur afin de fournir un coup de pouce aux exportateurs japonais.

    Cela soulève la perspective d’une intervention directe du gouvernement japonais pour tenter de faire baisser la valeur du yen, une action qui produirait une réponse hostile de la part d’autres pays.

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  • La Réserve fédérale américaine est également confrontée à des problèmes majeurs. Elle souhaite relever des taux d’intérêt, afin d’avoir un certain nombre de « cartouches » disponibles pour lutter contre un éventuel ralentissement de l’économie américaine. Mais elle craint qu’un mouvement dans cette direction n’augmente la valeur du dollar et n’ait un impact sur les grandes sociétés américaines en concurrence sur les marchés mondiaux. Alors que les exportations représentent 13 pour cent du produit intérieur brut américain, un chiffre relativement faible à l’échelle internationale, on estime que près de la moitié des ventes des sociétés de l’indice S & P 500 sont générées à l’étranger.

    Mardi, Jérôme Powell, membre du conseil d’administration des gouverneurs de la Fed, a déclaré que s’il était trop tôt pour tirer des conclusions au sujet du vote Brexit, la décision britannique avait le potentiel de créer de nouveaux vents contraires pour l’économie américaine et mondiale. Avant le vote il y avait eu des risques pour l’économie des États-Unis à partir de facteurs d’outre-mer, y compris une faible croissance et de l’inflation, et maintenant « ils se sont aggravés ».

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  • Un mouvement de panique a débuté lundi au Royaume-Uni et s’est poursuivi mercredi dans le marché immobilier britannique...

    Conséquence directe de ce mouvement de panique, trois nouvelles firmes ont suspendu leurs fonds de placement à cause d’un afflux de demandes d’investisseurs apeurés, portant à six le nombre de groupes financiers contraints à cette extrémité depuis le début de la semaine.

    « Plus de la moitié des fonds immobiliers britanniques sont désormais gelés, et vont le demeurer jusqu’à ce que leurs gérants aient levé suffisamment d’argent pour faire face aux demandes de remboursement » des investisseurs, a prévenu Laith Khalaf, analyste chez Hargreaves Lansdown. Mais « pour faire cela, ils doivent vendre des biens. »

    Le marché de l’immobilier est loin d’être le seul touché depuis la victoire du Leave lors du référendum sur l’Union Européenne. Ainsi, la Banque d’Angleterre a souligné que le marché du haut de gamme de Londres était « tendu ». Plus généralement, les prix dépassent de 54 % les sommets atteints avant la crise financière de 2008-2009 dans la capitale britannique.

    Depuis l’annonce des résultats du référendum auquel ont été soumis les sujets de la reine, le Royaume-Uni fait face à de nombreuses difficultés économiques, comme la chute de la livre, la perte du triple-A auprès de l’agence de notation Standard & Poor’s ainsi que la baisse de fréquentation des magasins.

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  • Trois fonds immobiliers de plus en Grande-Bretagne ont fermé la porte aux rachats mercredi suivant la décision antérieure par trois autres grands fonds lundi et mardi d’arrêter les retraits d’argent.

    Un total de plus de 15 milliards de livres sur le marché de l’immobilier commercial est maintenant gelé, menaçant de faire boule de neige pour produire la plus grande paralysie des marchés financiers depuis la crise financière de 2008.

    Les six fonds ont été contraints de fermer la porte aux retraits après qu’un nombre croissant des investisseurs ont cherché à retirer leur argent craignant un effondrement du marché de l’immobilier commercial britannique à la suite du vote du 23 juin pour le Brexit.

    Le gel du marché a commencé quand M & G Investments, Aviva Investors et Standard Life Investments ont suspendu les retraits lundi et mardi. Ils ont été suivis par Henderson Global Investors, de la Colombie Threadneedle et Canada-Vie mercredi. Selon une déclaration de la Canada-Vie, le gel pourrait durer jusqu’à six mois.

    Dans une note aux clients, Laith Khalaf, analyste principal au sein du cabinet d’investissement Hargreaves Lansdown, a déclaré que « plus de la moitié du secteur des fonds de propriété est maintenant figée » et le restera jusqu’à ce que les gestionnaires puissent amasser suffisamment d’argent pour répondre à des rachats. Les fonds seraient probablement fermés pendant des semaines ou des mois plutôt que des jours, a-t-elle ajouté.

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  • Lloyds Banking Group et la Royal Bank of Scotland pourraient être durement touchés. Selon Sandy Chen, analyste chez le courtier britannique Cenkos, « tous deux ont de grands portefeuilles de prêts de l’immobilier commercial, et les chutes à venir dans les indices de l’immobilier commercial se traduiront par des provisions pour dépréciation plus importantes exigées à leur égard. » En d’autres termes, ils devront faire plus de provisions pour créances douteuses, ayant une incidence sur leurs bilans.

    Dans l’ensemble, les grandes banques britanniques ont prêté 69 milliards de livres au marché immobilier commercial Britannique qui vaut 800 milliards de livres.

    La braderie va au-delà des biens et est un facteur clé dans la stabilité de la situation financière du Royaume-Uni. Dans son dernier rapport sur la stabilité financière, publié mardi, la Banque d’Angleterre (BoE) a noté que le financement du « grand déficit du compte courant » de la Grande-Bretagne tient grâce à la poursuite des entrées de capitaux.

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  • Les retombées de Brexit ne se limitent pas à la Grande-Bretagne. Dans la braderie immédiate qui a suivi le référendum du 23 juin, les banques italiennes, qui ont une valeur d’environ 360 milliards d’euros de créances douteuses sur leurs comptes, ont été parmi les plus durement touchées. Le plus grand prêteur italien, UniCredito SpA, a perdu 60 pour cent de sa valeur de l’action jusqu’à présent cette année.

    Dans une interview avec Bloomberg Television, mercredi, le président de la banque française Société Générale et ancien membre du conseil d’administration de la Banque centrale européenne, Lorenzo Bini Smaghi, a averti que la crise bancaire du pays pourrait s’étendre au reste de l’Europe. Il a demandé que les règles empêchant l’aide directe de l’État aux banques soient reconsidérées afin d’empêcher une telle propagation.

    « Le marché bancaire entier est sous pression », a-t-il dit. « Nous avons adopté des règles sur les fonds publics ; ces règles doivent être réévaluées dans un marché potentiellement en crise afin de décider si une certaine suspension doit être appliquée. »

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  • Les retombées ne sont pas qu’économiques !!!

    Au premier sommet de l’UE sans participation britannique tenu mercredi dernier à Bruxelles, les 27 chefs de gouvernement restants ont adopté un texte rédigé par la chef de la politique étrangère de l’UE, Federica Mogherini, intitulé « Stratégie globale pour la politique étrangère et de sécurité de l’UE ». L’argument central du document est que l’UE doit devenir une puissance mondiale agressive capable d’intervenir militairement et si nécessaire de mener des guerres indépendamment de l’OTAN et des Etats-Unis.

    Le document sur la nouvelle stratégie globale reconnaît le rôle joué par l’OTAN pour protéger les Etats-Unis des attaques ennemies. Il déclare néanmoins que l’Europe « doit être mieux équipée, mieux entraînée et mieux organisée afin de contribuer de manière décisive à de tels efforts collectifs et d’agir en toute autonomie le cas échéant. »

    Il donne un aperçu des mesures préparées dans le dos de la population européenne. Les capacités militaires doivent être améliorées dans « un effort concerté et coopératif ». On signale le fait que cela exigera une nouvelle allocation de ressources dans la phrase « Le développement et le maintien des capacités de défense requièrent à la fois des investissement et l’optimisation de l’utilisation de ressources grâce à une plus grande coopération. »

    Le texte montre clairement qu’il n’y a aucune limite géographique au rayon d’action potentiel d’une force militaire de l’UE. Celle-ci se réserve le droit d’intervenir non seulement dans les régions avoisinantes comme l’Afrique du Nord, le Moyen-Orient et l’Europe de l’Est, mais sur toute la planète.

    Les intérêts déclarés de l’UE comprennent « la garantie et la sécurisation des mers et des routes maritimes indispensables au commerce et à l’accès des ressources naturelles. » A cette fin, « l’UE contribuera à la sécurité maritime mondiale, s’appuyant sur sa propre expérience dans l’Océan indien et en Méditerranée et explorant les possibilités dans le Golfe de Guinée, la Mer de Chine du Sud et le Détroit de Malacca. »

    Le développement du militarisme européen est avant tout le fait de Berlin. Dans une déclaration officielle publiée ces derniers jours, le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier a expressément remercié Mogherini « pour son engagement et sa vision dans l’élaboration de la ‘Stratégie globale’ ». Il était heureux d’y trouver « des éléments clés de la politique de paix allemande. »

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  • Moins de trois semaines après le vote du Royaume-Uni en faveur du Brexit, une nouvelle crise bancaire est en train d’affecter l’Union européenne. Non seulement elle risque d’avoir des conséquences économiques considérables mais aussi d’intensifier davantage la crise politique de l’UE.

    Le vote du Brexit a jeté des doutes sur la stabilité de l’Europe en créant des ondes de choc à travers les marchés financiers mondiaux et en causant une dégringolade brutale des valeurs bancaires. Deutsche Bank, la première banque privée d’Allemagne, a perdu un quart de sa valeur en l’espace de deux semaines.

    L’impact a été tout particulièrement grave en Italie. Il a constitué un parfait exemple de la façon dont l’imposition de mesures d’austérité aux dépens de la classe ouvrière n’a pas stabilisé mais au contraire approfondi la crise de l’économie et des marchés financiers européens.

    En dépit des mesures d’austérité et des privatisations appliquées par trois gouvernements successifs dirigés par Mario Monti, Enrico Letta et Matteo Renzi, la dette publique de l’Italie est passée depuis 2011 de 1,8 à 2,2 milliers de milliards d’euros, soit 133 pour cent du PIB. Depuis le début de 2008, le PIB s’est contracté de 8 pour cent. Le montant des créances douteuses qui figure au bilan des banques a doublé pour s’élever actuellement à 360 milliards d’euros, soit un cinquième de l’ensemble des prêts. De ce montant, 200 milliards d’euros sont considérés irrémédiablement perdus.

    La bourse italienne a fortement réagi au Brexit. UniCredit, la première banque du pays, a perdu un tiers de sa valeur en perdant cette année au total 60 pour cent de sa valeur boursière. La deuxième plus importante banque d’Italie, Intesa Sanpaolo a également chuté de 30 pour cent.

    La Banca Monte dei Paschi di Siena (MPS) a été touchée particulièrement durement. Cette banque, qui fut fondée en 1472, figure parmi les plus vieilles banques du monde. Depuis le Brexit, ses actions sont cotées à peine à un dixième de leur valeur comptable. 40 pour cent au moins de ses avoirs, 47 milliards d’euros consistent en actifs toxiques.

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  • Ce n’est pas seulement l’Angleterre qui se sépare...

    En Espagne, le parlement régional de Catalogne vote les prochaines étapes vers l’indépendance.

    La première étape prévoit la convocation d’un forum pour discuter d’une future constitution
    catalane. La deuxième initie « trois lois de déconnexion » de l’Espagne « non-soumises à contrôle, à suspension ou à opposition de la part de tout autre pouvoir, cour ou tribunal ». La troisième crée une Assemblée constituante chargée de rédiger une constitution qui serait soumise à un référendum.

    Le rapport a été voté par les partis séparatistes – la coalition « Ensemble pour le Oui », comprenant la Gauche républicaine (ERC), Convergence démocratique (CDC), et la Candidature de l’Unité Populaire (CUP) de pseudo-gauche – ils détiennent ensemble 72 sièges au parlement régional de 135 sièges.

    Lundi, la Cour constitutionnelle a déclaré que le Processus constituant catalan viole la constitution espagnole et a donné au Parlement catalan un délai de 20 jours pour en informer tous les députés et introduire un recours. Elle décidera d’ici la fin août de mettre en examen ou non la présidente du Parlement, Carme Forcadell, ce qui pourrait conduire à son emprisonnement.

    Madrid, capitale de l’Espagne, a menacé d’exercer des représailles économiques, y compris le gel du Fonds de liquidité, ce qui laisserait de nombreux services domestiques en faillite et des fonctionnaires sans salaire, et l’invocation de l’article 155 de la Constitution, ce qui suspendrait effectivement l’autonomie régionale de la Catalogne.

    Le vote pour l’indépendance a aggravé la crise politique en Espagne, qui est maintenant sans gouvernement depuis huit mois. Deux élections générales ont produit des parlements minoritaires où aucun parti ni coalition de partis n’ont été capables de rassembler une majorité. Le PP, qui a obtenu le plus grand nombre de sièges, 137 sur les 350 du Congrès, a été incapable d’obtenir le soutien parlementaire d’aucune des autres forces politiques afin de former un nouveau gouvernement.

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  • Le discours de la présidente de la Réserve Fédérale (Fed) Janet Yellen à l’ouverture du conclave annuel des banquiers centraux à Jackson Hole, dans le Wyoming, était attendu des marchés financiers qui en espéraient des indications sur si et quand la Fed allait commencer à relever les taux d’intérêts.

    La Fed a augmenté son taux de base pour la première fois en une décennie en décembre dernier, l’élevant de 0,25 point de pourcentage. Elle a indiqué qu’une nouvelle hausse viendrait en 2016, mais a, jusque là, attendu. La semaine dernière, cependant, le vice-président de la Fed, Stanley Fischer, a pointé l’évolution du marché de l’emploi et de l’inflation, affirmant que la Fed pourrait être près d’atteindre son objectif sur ces deux indices. Des remarques interprétées comme favorisant une hausse des taux.

    Mais il y a un sentiment croissant dans les cercles dirigeants, qui éclipse la conjecture des décisions à court terme sur la politique monétaire, que le programme d’assouplissement quantitatif (AQ) injectant des milliards de dollars dans le système financier a complètement échoué. Ce qui est pire, ce dernier a créé les conditions d’une nouvelle crise.

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  • La justification de l’AQ, qui a renfloué les banques et les institutions financières responsables de la crise de 2008 et favorisé davantage la spéculation, était que des taux bas stimuleraient le capital financier à investir dans l’économie réelle. Cela ne s’est pas produit.

    Huit ans après, l’investissement dans le monde entier est bien en-dessous de son niveau d’avant 2008, sans aucun signe d’essor. Cela s’est accompagné d’un ralentissement du taux de croissance de la productivité dû à la réduction des dépenses en capital, les fonds accumulés par les grandes sociétés servant à des activités spéculatives comme le rachat d’actions et les fusions. La baisse de la productivité a été tellement forte aux États-Unis qu’ils se trouvent peut-être bien en territoire négatif.

    L’effet principal de l’assouplissement quantitatif a été d’augmenter le prix des actifs financiers. La valeur des actions aux États-Unis se situe à des niveaux records dans des conditions où la reprise économique se fait au rythme le plus lent de toute la période d’après la Seconde Guerre mondiale. Dans les grandes villes du monde, l’argent bon marché a alimenté un boom immobilier.

    L’impact le plus important de l’AQ a été sur le marché obligataire. Cela a créé une situation où des obligations d’État à hauteur de treize mille milliards de dollars se négocient avec des rendements négatifs, ce qui signifie que le prix de l’obligation est si élevé et le rendement si faible (ils se déplacent en relation inverse l’un par rapport à l’autre), qu’en achetant une obligation l’investisseur recevrait un rendement négatif s’il gardait l’obligation jusqu’à son échéance. On continue cependant d’acheter des obligations dans l’espoir que leur prix atteindra des niveaux encore plus élevés, menant à des gains en capital. Mais l’escalade des prix a été telle qu’il y a eu une série d’avertissements de fonds spéculatifs et de traders qu’une bulle massive allait s’effondrer, plus tôt que tard.

    Mais alors même qu’on fait ces avertissements, la folie financière continue.

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  • La Catalogne commence son "brexit" avec l’Espagne...

    Des centaines de milliers de Catalans sont descendus dans les rues, dimanche 11 septembre, pour réclamer la sécession avec l’Espagne et pousser les partis à surmonter leurs désaccords sur la voie à suivre vers l’indépendance. Le projet, qui devrait aboutir à la mi-2017, avance moins vite que prévu en raison des divisions entre les partis séparatistes.

    L’impatience était perceptible aussi chez les manifestants, souvent drapés dans la bannière rouge, jaune et bleue des indépendantistes, qui depuis cinq ans célèbrent en masse cette « Diada » du 11 septembre, journée « nationale » de cette région fière de sa langue et de sa culture. « Nous espérons que cette Diada sera la dernière avant l’indépendance », a déclaré Carmen Santos, une fonctionnaire de 58 ans à Barcelone, où la police a compté 540 000 manifestants.

    D’autres rassemblements ont attiré 135 000 personnes à Salt, dans le nord de la Catalogne, 60 000 à Berga, dans le centre, 45 000 à Tarragone, dans le sud, et entre 25 000 et 30 000 à Lleida, dans l’est. Dans cette dernière, les cloches de la cathédrale ont sonné à 17 h 14 – référence au 11 septembre 1714, quand Barcelone est tombée aux mains des troupes royales après un long siège, et la Catalogne a perdu son autonomie.

    La participation totale de 805 000 personnes était cependant inférieure au 1,4 million recensé par les autorités de Barcelone l’année dernière. Les dirigeants indépendantistes catalans ont tenté, sans succès pendant des années, d’arracher l’accord de Madrid pour tenir un référendum d’autodétermination, comme celui de l’Ecosse qui s’est prononcée en 2014 pour le maintien dans le Royaume-Uni.

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  • Le Brexit, c’est d’abord du protectionnisme et l’Angleterre n’est pas la seule concernée. Les USA eux-mêmes s’y lancent... La tentation protectionniste, qui bat son plein dans la course à la Maison Blanche, menace de plomber une croissance économique mondiale déjà "trop faible" et trop inégalitaire, a mis en garde mercredi la patronne du FMI Christine Lagarde. "Poser des limites au commerce constitue une faute économique flagrante", a déclaré la directrice générale du FMI dans un discours à Chicago.

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  • Le parlement anglais a voté pour le brexit de May.

    Et le brexit de la Catalogne ?

    Des milliers de Catalans ont soutenu lundi l’indépendantiste Artur Mas, jugé pour avoir défié Madrid en organisant une consultation sur l’indépendance interdite par la justice.

    Le séparatisme et le protectionnisme ont le vent en poupe dans la bourgeoisie et ils tentent de les implanter dans les peuples.

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  • La stratégie de Theresa May se confronte au dé­litement progressif du Royaume-Uni aujourd’hui tiraillé par l’Écosse et l’Irlande du Nord qui aspirent à d’autres rattache­ments. Le gouvernement écossais de Nicola Sturgeon s’oppose au Hard Brexit de Theresa May et a accéléré le projet du second référendum pour l’indépendance de l’Écosse – étape nécessaire pour rester au sein de l’Union européenne – en le soumettant au vote du Parlement écossais – d’abord re­porté suite à l’attaque à Londres le 22 mars, le vote en faveur de l’indé­pendance a finalement été remporté le 28 mars 2017. Malgré l’opposition catégorique de Theresa May pour la tenue d’un second référendum avant le Brexit, le gouvernement écossais souhaite qu’il se tienne à l’automne 2018 ou au printemps 2019.

    L’indépendance dans l’indé­pendance ? Les Îles Shetland, archi­pel au nord de l’Écosse, souhaitent obtenir plus d’indépendance vis-à-vis de l’Écosse et du Royaume-Uni en sui­vant la voie des Îles Féroé, c’est-à-dire obtenir le statut de territoire britan­nique d’Outre-Mer. Bien que l’archi­pel ait voté majoritairement contre la sortie du Royaume-Uni de l’UE, il avait aussi voté massivement pour que l’Écosse reste au sein du Royaume-Uni lors du premier référendum sur l’indépendance. Néanmoins, l’Écosse ne se séparera pas facilement de ces îles, qui lui garantissent un contrôle important des fonds marins, enjeu économique stratégique si elle obtenait son indépendance.

    En Irlande du Nord, les élections du 2 mars 2017 n’ont pas permis de composer un gouvernement. Le Democratic Union Party (DUP) est toujours le premier parti en Irlande du Nord mais a perdu de nombreux sièges au profit de Sinn Fein, le parti pro-réunification aujourd’hui dirigé par Michelle O’Neill, aujourd’hui à un siège pour la première place. En ab­sence d’accord entre ces deux grands partis, de nouvelles élections devront être tenues qui pourraient voir de nouveau une progression des partisans d’un nouveau référendum pour la réunification de l’Irlande et sonnant le glas du Royaume-Uni.

    De nombreuses inquiétudes émer­gent quant à l’avenir de l’Irlande du Nord, tandis que le gouvernement britannique lui a refusé tout statut spécial dans l’accord de sortie, notam­ment à cause du risque de remise en cause de l’accord de Belfast qui scella la paix entre les indépendantistes et le Royaume-Uni et avec la remise en place d’une frontière entre la Répu­blique d’Irlande et l’Irlande du Nord – le gouvernement irlandais est déjà en train d’évaluer la position de nouveaux check-points qui étaient jadis l’affronte­ment constant entre l’IRA et les forces armées britanniques, jusqu’en 1998.

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  • La région, encore espagnole, de Catalogne a convoqué, le 1er octobre, un référendum d’autodétermination unilatéral. La cassure menace le pays...

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  • La Catalogne fait un pas vers la sortie... La région séparatiste a officialisé le référendum d’autodétermination du 1er octobre, contre la volonté du gouvernement national.
    Le texte a été signé mercredi à 23h26, sous les flashes de nombreuses caméras et par l’ensemble du cabinet du président de la région, le séparatiste Carles Puigdemont, pour marquer son union face aux menaces de poursuites judiciaires qui pèsent sur ses membres : le gouvernement de Catalogne a officiellement convoqué un référendum d’autodétermination pour le 1er octobre 2017.

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  • Environ 1 million de personnes ont manifestées à Barcelone hier lors de la journée nationale de Catalogne, « Diada », selon la police locale, précédant de peu un référendum sur l’indépendance catalane prévu pour le 1er octobre. El Pais, un journal de Madrid opposé à l’indépendance catalane, a estimé le nombre de manifestants à cinq cent mille. Les participants ont crié des slogans, ont agité des drapeaux esteladas (pro-indépendance) et ont porté des pancartes appuyant le référendum.

    La marche s’est produite au milieu d’une crise de plus en plus profonde de l’élite politique espagnole provoquée par l’annonce du référendum sur l’indépendance.

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  • Avec le référendum sur l’indépendance de la Catalogne aujourd’hui, l’Espagne traverse sa crise politique la plus profonde depuis l’effondrement du régime fasciste de Francisco Franco face à des soulèvements ouvriers de masse dans les années 1970. Après une décennie de crise économique, d’austérité et de chômage de masse en Europe, le régime espagnol titube. Madrid déclenche une répression draconienne pour bloquer le référendum, avec l’appui des gouvernements en Europe et en Amérique ; l’Espagne est au bord de la dictature et de la guerre civile.

    Le gouvernement minoritaire du Parti populaire (PP), avec l’appui du Parti socialiste espagnol (PSOE) et du parti Citoyens (de droite), a annoncé qu’il bloquera le référendum et mobilisera la police aux bureaux de vote. Il impose un état d’urgence de fait en Catalogne, en mobilisant 16 000 policiers et Gardes civiles et en s’emparant des finances et de la police régionales. Dans les postes de police, des manifestants d’extrème-droite agitent des drapeaux espagnols et applaudissent les policiers qui partent en Catalogne, en scandant « Vive l’Espagne » et « Allez-y. »

    Madrid a arrêté quatorze responsables catalans, fermé 144 sites Web, saisi des millions d’affiches et de tracts, perquisitionné les locaux des imprimeries et des journaux, interdit des réunions et menacé 700 maires de poursuites pour avoir soutenu le référendum. La police a perquisitionné et assiégé sans mandat le QG des Candidatures de l’unité populaire (CUP), un parti sécessionniste.

    La Cour nationale, issue d’une cour créée par Franco pour punir les « crimes politiques », accuse les dirigeants séparatistes de sédition et les menace de 15 ans de prison. Dans l’armée, on parle d’imposer l’état de siège. Le général retraité Manuel Altolaguirre a qualifié le référendum d’« acte de haute trahison qui nécessite la mise en place d’un état de guerre ».

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  • Lancée par les CUP, la demande de séparation a été reprise par les autres partis nationalistes catalans. Le but était de détourner la colère sociale contre le chômage et l’austérité, alors que la classe capitaliste espagnole était empêtrée dans une crise de régime sans précédent.

    Ainsi, la classe dirigeante pouvait enterrer les revendications socio-économiques des travailleurs et des jeunes, espagnols et catalans, sous un torrent de rhétorique nationaliste. C’était une stratégie consciente. Le conseiller catalan actuel chargé d’affaires, Santi Vila, a cyniquement remarqué lors d’une réunion que, si la Catalogne « n’avait pas affiché un discours fondé sur le nationalisme, comment aurait-elle résisté à des coupes de plus de 6 milliards d’euros ? »

    La crise catalane démasque à nouveau Podemos. Après avoir soutenu en 2015 la prise de pouvoir par Syriza, qui a imposé l’austérité de l’UE en Grèce, Podemos appelle à une alliance avec le PSOE, alors que le PSOE soutient la répression en Catalogne. Podemos fait critiques sécuritaires du PP pour avoir soi-disant laissé l’Espagne sans surveillance en envoyant trop de policiers en Catalogne. Ainsi, Podemos signale à la classe dirigeante qu’il serait disponible pour former un gouvernement qui tenterait de calmer la crise et de conclure un accord avec les nationalistes catalans.

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  • L’Etat espagnol, loin de jouer l’accalmie en Catalogne, pousse à l’affrontement pour opposer Espagnols et Catalans, et détourner de la montée de la lutte sociale et accroitre la répression d’Etat !!!

    L’arrestation de deux dirigeants indépendantistes a ravivé les tensions. Des appels à manifester mardi 17 octobre ont été lancés en Catalogne afin de protester contre la mise en détention de Jordi Sanchez et Jordi Cuixart, qui dirigent respectivement les deux principales associations indépendantistes de Catalogne, Omnium Cultural et l’Assemblée nationale catalane (ANC), fers de lance de l’indépendantisme catalan.

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  • L’autonomie catalane est suspendue, la Catalogne a proclamé son indépendance mais ce n’est pas tout. L’opération « Copernic », la plus grande opération antiémeute de ces dernières années, se prolonge. Elle peut passer du stade de la menace à celle de l’intervention violente ! Le pouvoir de Madrid veut remplacer une partie des 17 000 mossos d’esquadra, la police catalane que Madrid accuse de n’avoir rien fait pour empêcher le vote interdit par la justice. Cela ne va pas se faire sans heurts !

    Certains disent : « Après tout, le 15 septembre 1996, le leader de la Ligue du nord Umberto Bossi avait déclaré l’indépendance de la Padanie sans que la face de l’Italie en soit changée. »

    Mais c’est justement le contexte qui change tout !

    Le capitalisme à l’agonie favorise les dérives de tous les nationalismes pour détourner les peuples de la révolution sociale !!!

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  • "Madrid Barcelone l’arme au pied" voilà ce qu’on pouvait lire sur BFM hier pendant que cette TV diffusait des images sur la situation en Espagne- Catalogne. L’Etat espagnol réagit par des déclarations qui veulent menaçante pour les populations. Les dirigeants nationalistes vont laisser leur sympathisants se faire massacrer si l’Etat décide d’intervenir militairement. La seule chose que craignent les classes dirigeantes espagnoles et catalanes , c’est que la "guerre civile" entraine une réaction de la classe ouvriere et se transforme en guerre de classes.
    Le taux de chomage officiel en catalogne est de 13% ce qui est énorme , même si dans le reste de l’Espagne il est à 17%.
    La révolte sociale contre la gestion des gourvements locaux est détournée par un combat dit "indépendantiste" mais la classe ouvrière nn’oublie pas que ce sont les banques et les multinationales qui sont responsables de la situation sociales et économiques.
    Les prolétaires n’ont pas de patrie à défendre car ils ne possèdent que leur force de travail ...Ils n’ont que des dettes , des impayés , des lettres de relance, des menaces en tout genre de la part des administrations, des bas salaires ou des revenus de survie qui en font des sans logis, des menaces de licenciements et des patrons qui ne jurent que par la précarité et la déréglementation des conventions.
    Défendre de nouveaux maîtres , c’est bon pour ceux qui veulent que l’état d’esclavage salarié perdurent, c’est bon pour ceux qui croient encore à ce système économique capitaliste enfonçant la planète dans une violence sans fin.

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  • La Catalogne vient de répondre par une grève générale massive à l’action violente du gouvernement espagnol emprisonnant leurs leaders nationalistes et imposant son gouvernement et son état d’exception sur la région.

    Ce n’est pas le seul pays à se déchirer.

    Il est remarquable qu’en même temps la Suisse commence à le faire entre Romandie et Suisse alémanique, que les indépendantistes soient au gouvernement belge, que les indépendantistes dirigent la Corse, que l’Ecosse affirme vouloir son indépendance depuis le Brexit.

    Tout cela ne peut être un hasard et cela a un lien avec la crise du capitalisme...

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  • Même si les nationalistes corses affirment le contraire, et éventuellement pensent le contraire, leur large victoire est le prélude à une forme de séparation...

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  • Après le triomphe des nationalistes aux élections territoriales, le président du Conseil exécutif de Corse réclame « une méthode et un calendrier pour construire une solution ».

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  • La liste Pè a Corsica (Pour la Corse) de Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni a remporté dimanche 10 décembre le second tour des élections territoriales dans l’île, avec 56,5 % des suffrages. L’alliance des autonomistes et des indépendantistes dominera la future collectivité territoriale unique qui remplacera au 1er janvier 2018 les deux conseils départementaux et l’actuelle collectivité de Corse (CTC).

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  • Simeoni :

    « La Corse va se construire avec tous ceux qui vivent dans cette île et même en dehors, je pense aux Corses de la diaspora. Les Corses signifient massivement au gouvernement et à l’Etat que le moment d’ouvrir un dialogue véritable est venu. Les circonstances n’ont jamais été aussi favorables pour un règlement politique par le haut de la question corse. »

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  • "La manifestation d’hier a été une réussite éclatante. Si vous aviez 10, 12, 18 000 personnes à Ajaccio, c’est l’équivalent de 3 millions de personnes sur le continent", a expliqué Gilles Simeoni, qui tient un discours pour le moment très modéré, réclamant juste un statut d’autonomie, ce que le pouvoir rejette simplement d’un revers de main, poussant à la radicalisation les autonomistes, comme l’avait fait le pouvoir espagnol...

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  • La première ministre Theresa May a promis un combat renouvelé pour « vaincre le socialisme » devant un auditoire de donateurs ultra-riches la semaine dernière lors du dîner annuel de collecte de fonds du Parti conservateur.

    Ceux qui arrivaient en voiture Rolls-Royce, Bentley et Jaguar avec chauffeur à l’événement Black and White Ball, tenu au Natural History Museum de Londres, ont payé 15.000 £ pour franchir la porte.

    Une fois à l’intérieur, les multimillionnaires et les milliardaires ont eu droit à un banquet dans le luxe, tout en se disputant des prix qui incluaient l’attention personnelle de la première ministre et des principaux membres de son cabinet.

    Une journée avec Theresa May a été obtenue par une offre de 55.000 £ d’un donateur anonyme. Le dîner avec le secrétaire à la Défense, Gavin Williamson, dans les salles de guerre Churchill à Westminster, a rapporté 30.000 £ et un dîner fait maison avec le secrétaire à l’environnement Michael Gove et sa femme Sarah Vine, chroniqueuse du Daily Mail, a recueilli la somme inquiétante de seulement 12.000 £.

    On comptait parmi les plus petits prix un chèque-cadeau de 1000 £ pour faire du magasinage au magasin de marque préféré de la première ministre, Fluidity, (même s’il est vrai que cette somme ne permet pas d’acheter grande chose), et une affiche d’origine de la campagne électorale de Margaret Thatcher en 1979 signée par elle-même intitulée Le Parti travailliste ne marche pas.

    Les divisions amères au sein du parti qui ont menacé de déposer May à la tête du parti ont été mises de côté pour la soirée. Les principaux partisans d’un Brexit dur (sortie de l’UE sans accord) comme remplacement possible de May, Boris Johnson et Jacob Rees-Mogg, ont côtoyé le ministre des Finances Philip Hammond, dont certains ont exigé la démission pour avoir suggéré que le gouvernement britannique devrait minimiser les perturbations commerciales avec l’Union européenne (UE) à la sortie.

    May a remercié les financiers super-riches du parti de ne pas être des « amis peu fiables » tandis qu’elle a promis « de protéger et de promouvoir les intérêts des entreprises britanniques qui font du commerce en Europe, et de même pour les entreprises de l’UE ici », après le Brexit.

    « Nous élargirons nos horizons au-delà de nos proches voisins à travers les océans Pacifique et Atlantique vers des nations éloignées afin d’élargir et d’approfondir nos relations commerciales et de sécurité à travers le monde », a-t-elle déclaré.
    Son hymne à l’avenir radieux de la Grande-Bretagne après le Brexit tranchait fortement avec sa présentation du capitalisme mondial en péril grave :

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  • La bourgeoisie anglaise ne parvient toujours pas à se mettre d’accord sur les conditions du Brexit, alors que cela fait trois ans que l’Angleterre a voté le référendum décidant de quitter l’UE. Ce retrait n’a toujours pas pris effet mais, par contre, la décision a déjà eu l’effet de faire reculer l’économie anglaise et européenne !!! Cette situation inédite provient directement de la crise historique mondiale du capitalisme. Il s’agit, au travers du Brexit, de détourner le peuple anglais d’une lutte de classe montante et menaçante, qui aurait pu être du type gilets jaunes…

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  • Le Brexit n’est pas une bêtise des classes possédantes anglaises : il est le moyen qu’ont trouvé les représentants des capitalistes pour détourner un conflit social en Angleterre, pire que les Gilets jaunes en France, de même que le conflit de l’Angleterre avec la Catalogne est un détournement de la montée de la colère sociale. Dans les deux cas, c’est le nationalisme qui a servi à ce détournement de la lutte des classes. Ils ont essayé aussi en France de cultiver le nationalisme mais cela n’a pas détourné la lutte des classes et c’est tant mieux, même si ce n’est pas fini !

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