English German Espagnol Portugese Chinese Japanese Arab Rusian Italian Norvegian Dutch Hebrew Polish Turkish Hindi
Accueil du site > 08- Livre Huit : ACTUALITE DE LA LUTTE DES CLASSES > Bulletin La Voix des travailleurs de l’Hôpital Tenon

Bulletin La Voix des travailleurs de l’Hôpital Tenon

dimanche 23 mars 2014, par Robert Paris

LA VOIX DES TRAVAILLEURS

« Travailleurs de tous les pays unissez-vous »

Karl Marx

A tour de rôle ou tous ensemble ?

La grève de la médecine interne et la menace de grève de l’onco-radiothérapie ont permis la stagiairisation de 6 aides soignantes déjà en place, le maintien d’un poste d’aide soignante en médecine interne, la création d’un autre en onco-radiothérapie, et l’embauche de 5 aides soignantes pour le service de la suppléance. Et il aura fallu faire grève pour avoir du matériel pourtant indispensable aux soins.

C’est encore très loin des revendications avec notamment aucune embauche d’infirmière. Même si ces deux services ont obtenu à priori l’assurance que toute absence sera remplacée par le service de la suppléance, la suppléance n’a déjà pas l’effectif suffisant pour remplacer les demandes des services ; et cela se fait forcément au détriment des autres services. D’ailleurs le service de consultation de chirurgie thoracique et vasculaire vient d’alerter la direction sur le non remplacement du personnel les obligeant parfois à assurer 3 postes en plus du leur !

L’un après l’autre, les services signalent des situations insupportables avec le manque d’effectifs, le manque de matériel et les conditions de travail inacceptables. La coupe déborde et elle le fait un peu partout mais chacun de son côté. Une fois la médecine interne, une autre l’onco-radiothérapie, une troisième la consultation en chirurgie thoracique et demain à qui le tour ? On dépose un préavis de grève, on proteste, on se signale à la direction, on fait quelques pressions.

En agissant service par service les revendications ne sont pas satisfaites. Ce n’est pas le saupoudrage de quelques embauches et de matériel supplémentaire qui pourront améliorer nos conditions de travail, d’autant que ceci se fait souvent au détriment des autres services.

Pour rendre efficaces nos luttes, nous devons nous rencontrer, nous organiser nous même, faire des assemblées générales préparatrices à un mouvement de grève, nous coordonner et nous mettre en lien avec les autres hôpitaux. Personne ne le fera à notre place.

Si on ne le fait pas, on ne sort pas des actions localisées qui ne mènent qu’à des défaites. Et quand la grève explose quand même dans l’hôpital comme cela avait été le cas à Tenon, on nous enferme dans notre hôpital pour éviter la contagion. Pour rendre efficaces leurs luttes, les salariés ont besoin de s’organiser eux-mêmes. Personne ne le fera à notre place.

Des voyages qui diminuent les bagages

Les déménagements de service continuent, un par un. Une fois la Neurologie, une autre la Stomatologie, les deux allant à Saint Antoine (hôpital qui, lui aussi, fait déménager sans cesse des services) et demandez qui sont les suivants, on ne vous le dira pas. Si la direction avait fait déménager tout le monde d’un coup, elle se serait heurtée à une résistance générale et elle a saucissonné l’affaire. Et, bien entendu, le but est la perte d’emplois et la réduction de l’offre de soins. Ainsi, dans le cas de la Stomato, c’est une perte de 2 postes qui ne seront pas repris. Déménager l’hôpital, c’est le faire maigrir…

Drame aux urgences

La mort d’une patiente de 61 ans aux urgences de Cochin, alors qu’elle n’avait pas encore pu y être examinée par un médecin, a créé une importante émotion dans les personnels des hôpitaux comme dans le grand public. Elle a été l’occasion de décrier l’hôpital public et aussi ses personnels. Le gouvernement a fait semblant de nous défendre mais il n’a fait que défendre sa propre politique de réduction des effectifs et de fermetures, qui suit celle des précédents gouvernements. En l’occurrence, tout le monde aura remarqué que cela intervient juste après que le gouvernement ait été prévenu par les personnels que la fermeture des urgences de l’Hôtel Dieu allait entraîner un surcroit de charge de travail pour Cochin sans augmentation de moyens. Bien sûr, soi-disant pour défendre l’hôpital public, le gouvernement a affirmé qu’il ne manquait pas d’effectifs ce jour-là aux urgences de Cochin. Mais ce que le gouvernement appelle un effectif normal, c’est ce que nous appelons des effectifs très insuffisants comme une personne pour 15 patients !

Bien sûr que les personnels de Cochin ne sont pas en cause puisque c’est l’organisation mise en place par l’Etat qui l’est. Comment incriminer l’infirmière de l’accueil des urgences quand ce n’est nullement dans ses qualifications d’estimer justement l’urgence de l’état d’un malade. Or, recevoir rapidement les malades dont l’état nécessite un traitement d’urgence devrait être le but même de l’organisation hospitalière dans ce secteur. Il faudrait pour cela un tri effectué dès l’entrée aux urgences par un médecin de service. C’est seulement ainsi que ce type de situation ne pourra plus se produire. Directions et ministères le savent et c’est consciemment qu’ils ont fait le choix de ne jamais placer un médecin à l’accueil des urgences. Comment s’étonner alors que l’infirmière de service recevant une patiente atteinte d’une simple plaie au pied suite à une chute sans gravité se soit contentée de la faire entrer en zone de surveillance, où elle est décédée à 23 heures sans que personne n’ait pu imaginer une telle fin !

En refusant la mise en place d’un sas-médecin à l’accueil des urgences, les responsables laissent consciemment se dégrader l’hôpital public et leur objectif est clair : casser l’image du public pour offrir l’affaire sur un plateau d’argent au privé.

Droit au logement !

De plus en plus de collègues ont des difficultés pour se loger. Certains dorment même dans leur voiture, dans une roulotte ou dans des conditions précaires. Quand on connaît le prix exorbitant des loyers à Paris et en proche banlieue, ce n’est pas étonnant, vus nos bas salaires. D’autant que nos salaires n’ont pas été revalorisés depuis plusieurs années et que le coût de la vie, lui, ne cesse d’augmenter. Il faut parfois attendre plusieurs années pour pouvoir bénéficier d’un logement et, une fois celui-ci obtenu, il s’agit d’un contrat renouvelable sur un ou deux ans. L’APHP dispose pourtant de nombreux logements vides mais, depuis plusieurs années, elle vend une partie de son parc immobilier à prix d’or pour pouvoir renflouer ses caisses. En somme, une fois de plus, nous payons les trous dans les caisses de l’APHP, dus essentiellement au choix de la direction des emprunts toxiques de la banque Dexia en faillite depuis 2008 !

Enfermés derrière la grille

Avec les années, nos salaires sont censés augmenter régulièrement. Mais l’augmentation indiciaire les fait progresser avec une lenteur digne de l’escargot. Il faut des dizaines d’années pour obtenir de quoi s’offrir un simple repas. Et pas dans un restaurant gastronomique. Du coup, à la retraite, on se retrouve avec de quoi se payer de la purée et des compotes ! C’est bon vu l’état qu’auront alors nos dents !

Répondre à cet article

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0