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Bulletin La Voix des Travailleurs des hôpitaux de l’APHP - Hôpital en danger !

lundi 4 février 2013, par Robert Paris

La Voix des Travailleurs de l’APHP - Hôpital public parisien

Hôpital en danger !

Un enfant à naître est mort in utero faute de place à l’hôpital public, et surtout faute de personnel. La direction de l’hôpital, la direction de l’APHP et le gouvernement , ministère de la santé en tête, disent ne pas comprendre comment une femme qui devait accoucher à la maternité Port-Royal a pu se voir refuser l’hospitalisation pour cause de manque de place. Et toute ces autorités sont indignées et se présentent en victimes et elles prétendent enquêter pour comprendre ce qui a bien pu se passer, les hypocrites, alors qu’ils sont les responsables, les organisateurs de la situation qui a mené à ce drame, c’est eux qui d’année en année réduisent les capacités des maternités parisiennes au point que c’est par miracle qu’il n’y ait pas eu plus de catastrophes.

Depuis des années, la direction de la Santé fait fermer des maternités comme celle de Saint-Antoine et les moyens mis en place pour remplacer sont largement inférieurs, en particulier en termes de personnel, aux anciennes capacités d’accueil. Depuis des années, les pressions en vue de la rentabilité maximale signifient non seulement des fermetures de lits, de services, d’hôpitaux et des restrictions de personnel mais aussi une augmentation des charges qui va à la limite du faisable. Et Port-Royal est une maternité qui prenait des dossiers à la limite du faisable et même au-delà, pour des raisons financières...

Bien sûr, les seuls qui seront accusés dans cette affaire, comme dans bien d’autres qu’on a connues, seront les personnels qui sont contraints de prendre la responsabilité de décisions, critiques dangereuses dans tous les cas, que ce soit accepter des patients alors que le personnel fait défaut ou que ce soit les refuser.

Et la vie des personnels est elle aussi mise en danger.

Le 22 décembre 2012, une de nos collègues, auxiliaire de puériculture de l’hôpital Robert Debré, s’est donnée la mort par désarroi, laissant une lettre faisant état d’un travail dans des conditions insupportables, étant contrainte de faire de plus en plus d’autres tâches (ménage, hôtellerie,…) se rajoutant aux siennes et lui laissant peu de temps pour accomplir les tâches de sa propre fonction d’auxiliaire. Elle a pris soin de tenter de faire entendre raison à sa hiérarchie mais n’a bénéficié d’aucune écoute et rien n’a été fait pour améliorer la situation. Si bien que, complètement désemparée, elle a préféré en finir. La famille, indignée, a porté plainte pour faire reconnaître la responsabilité de l’hôpital.

On n’a nullement affaire à une exception et les personnels poussés à bout par le manque d’effectifs, par le surcroît des tâches et les pressions pour le faire réaliser par un personnel insuffisant se retrouvent régulièrement dans des situations de stress qui débouchent sur des maladies ou sur des impasses.

A Lille, c’est un infirmier qui travaillait dans le service de Réanimation qui a mis fin à ses jours. A Roubaix, au centre du Vert-pré, une infirmière a tenté de se suicider en avalant des anxiolytiques.

Aucune loi des séries, aucun hasard dans tout cela : l’hôpital est devenu une entreprise quasiment privée avec des méthodes de gestion de la rentabilité à tout prix d’autant plus féroce qu’il faut imposer ces nouvelles normes du privé. On se souvient que des entreprises comme Disneyland, Renault avaient été rejointes dans le palmarès des suicides par France Telecom venant d’être privatisée. La course aux économies, liée à la politique de rentabilisation et de privatisation, amène à accueillir toujours plus de patients avec moins de personnel, moins de matériel et à travailler toujours plus vite en n’ayant plus le temps de bien s’occuper des malades. Si les personnels, épuisés, en souffrance, en arrivent parfois à des gestes désespérés, cela n’étonne aucun d’entre nous.

Les directions nient ces gestes, en disant qu’elles n’ont rien à voir avec les conditions de travail dans l’hôpital, mais nous savons tous que la dégradation des conditions de travail n’a fait que s’aggraver ces dernières années. Le phénomène s’est même amplifié avec la crise et les restrictions budgétaires toujours plus drastiques n’ont nullement été enrayées par le nouveau gouvernement qui n’est pas avare de belles déclarations mais d’argent et d’effectif, il l’est autant que son prédécesseur…

Or, nous venons d’avoir une nouvelle preuve que le manque d’effectifs tue. En effet, le 18 janvier, une patiente de l’hôpital Sainte-Périne de l’APHP a été retrouvée morte dans le jardin, étant sortie la nuit dans le froid sans que personne ne s’en soit rendu compte. C’est la deuxième fois que cela se produit dans le même établissement. L’insuffisance des effectifs a été de nombreuses fois dénoncé par les personnels de cet établissement au point que c’est sur ce motif que les personnels ont dû faire deux mois de grève pour dénoncer la situation sans être entendus de leur direction. Et les conditions de travail étaient si dégradées que des souris couraient même dans les services…

Nous voyons sous nos yeux nos conditions de travail se dégrader de jour en jour dangereusement, des tâches se rajouter aux tâches, des postes être discrètement supprimés à la faveur notamment des départs en retraite, des maladies, des transferts de services, etc. La direction impose aux cadres (qui commencent aussi à en avoir assez) de nous imposer des cadences infernales. A courir en tous sens, on est encore plus épuisés et c’est aux collègues de se débrouiller si cela se traduit en arrêts maladie de ceux qui n’en peuvent plus…

Quant à la direction, elle ne se préoccupe pas si le travail peut être fait, si la sécurité des patients n’en pâtit pas, elle ne considère que les normes comptables. Le Guen, dirigeant du conseil de surveillance de l’APHP, a même centré ses vœux à la population parisienne sur la proposition que chacun lui écrive pour dénoncer les personnels défaillants…

On vient de voir, avec la décision de cette direction de retirer 150 millions aux hôpitaux parisiens, que la situation ne va pas aller en s’améliorant !

Il est plus que temps que les personnels s’expriment pour dire que la coupe déborde et le fassent autrement que service par service, hôpital par hôpital, ou catégorie par catégorie, mais pas tous ensemble. Et pas seulement par une journée d’action sans effet. Même si cela n’agrée pas aux directions syndicales, ce n’est pas grave. Il importe que nous décidions nous-mêmes à la fois de nos moyens d’action, de nos revendications chiffrées et précises en personnel et que nous organisions nos propres organes de décision pour mener cette action, comités de grève et coordinations.


Les personnels sont les plus mal lotis

Les logements de l’APHP sont devenus une denrée rare pour les personnels qui en ont besoin. Quand il y en a un qui se libère, cela ne signifie pas que quelqu’un d’autre va pouvoir en bénéficier. En effet, la direction de l’APHP traîne les pieds pour faire effectuer les travaux de réfection, économies oblige. En fait elle prévoit de revendre aussi ces appartements. Quand il s’agit des appartements de fonction des directeurs, par contre, il n’y a pas de telles économies sur les travaux !

Les centrales en grève… de syndicalisme ?

Pour la grève du 31 janvier, on n’a jamais vu aussi peu d’informations et de travail syndical pour contacter les collègues alors que le ras-le-bol des personnels ne fait pas défaut ! A croire que les centrales syndicales, tout à leurs bonnes relations avec la gauche gouvernementale, renoncent à faire en sorte que le mécontentement général puisse s’exprimer. Ce n’est pas un vrai problème : quand nous déciderons nous-mêmes de nous mettre en colère, nous saurons bien aussi mettre en place nos comités de grève et nos coordinations.

Le réfectoire est plastiqué !

Non ! Il n’y a pas eu d’attentat dans la cantine de l’hôpital Tenon, ni des attaques terroristes. C’est seulement la direction qui a attaqué en continuant à nous imposer de manger dans du plastique ce qui, comme chacun sait, est bien moins agréable. On n’est peut-être pas des rupins mais on ne mange pas avec les mains ! En tout cas, on voit qu’elle considère qu’on ne mélange pas les torchons et les serviettes…

Diviser pour régner

Les syndicats tiennent à maintenir à part le mouvement des cadres. Pas question pour eux de le mêler avec les revendications de toutes les catégories de l’hôpital public. AG à part, rassemblements à part, revendications séparées, réunions avec le DRH de l’AP indépendantes, et rassemblement à part le 29 au lieu du 31, c’est décidément toute une politique de division qui ne servira finalement que la direction de l’APHP même si elle correspond aux préjugés de nombre de cadres. Au lieu de « L’union fait la force », le mot d’ordre syndical devient de plus en plus « La division fait la centrale ».

Coup de bistouri

Les quatorze groupes hospitaliers de l’APHP sont encore une fois agressés par la direction et vont devoir économiser : 150 millions d’euros en 2013 alors qu’ils en avaient économisé 130 en 2012 en ponctionnant les dépenses de médicaments, d’hôtellerie et de personnel. A eux seuls, Saint-Antoine, Rothschild, Trousseau et Tenon devront ponctionner sur leur budget la somme colossale de 29 millions d’euros. Autant dire que cela signifie travailler comme des fous pour une santé qui n’est plus du tout au service des patients et ne leur assure aucune garantie, sans parler qu’elle tue de fatigue les personnels.

Les fameuses économies n’empêchent pas la multiplication des travaux immobiliers, irriguant le secteur du Bâtiment, avec des énormes bâtiments neufs sans personnel, sans investissements et sans matériel neuf.

Critiquant les nouvelles restrictions imposées aux hôpitaux parisiens, le professeur Bernard Granger, psychiatre à Cochin et porte-parole du mouvement de défense de l’hôpital public a déclaré que « c’est une saignée ! » et le professeur Loïc Capron a affirmé qu’ « on sort de quatre années d’efforts, ça suffit ! » Mais ces prises de position ne remplaceront pas notre action.

Fermeture de l’Hôtel-Dieu

L’Hôtel-Dieu reçoit des fonds pour travaux mais c’est pour être transformé en maison de santé ou dispensaire. Sans urgences ni hôpital de jour, il disparaît en tant qu’hôpital. C’est l’hôpital Cochin qui est chargé de récupérer services et personnels, en calculant ouvertement qu’il y aura de la perte… Quant à Cochin, cela devient de plus en plus un lieu de passage, on y vient, on en part : un peu une espèce de gare de triage plutôt qu’un hôpital !

L’APHP disparaît

Selon les projets de la direction, l’APHP devrait disparaître en tant que telle pour devenir une agence de la santé, distribuant les malades au privé, aux médecins libéraux et autres agences. Il changerait même de nom et deviendrait « Cité Universitaire de Santé » divisée en « Groupements d’Organisation Sanitaire ». La casse de l’hôpital public est bel et bien confirmée avec la gauche gouvernementale. La seule différence étant dans la forme puisque le gouvernement est sans cesse en négociations avec les syndicats, ce qui, on le voit, n’empêche pas les attaques…

La politique du médicament ne s’améliore pas

Le gouvernement mène campagne pour nous convaincre de prendre les génériques, campagne appuyée sur le non-remboursement… Pourtant, malgré leurs déclarations, il est prouvé que certains génériques ont des adjuvants qui ne sont pas supportés par les malades. Par contre, il s’avère que l’industrie pharmaceutique française est celle qui fait le plus son beurre sur les génériques.

Le gouvernement continue d’ailleurs de rembourser de nombreux médicaments que lui-même reconnaît ne pas être inutiles ou dangereux. Il dérembourse même la pilule de troisième génération tout en conseillant aux femmes de ne pas l’arrêter. D’ailleurs, même s’il y a danger, sa politique est une aberration : s’il y a risque, il faut interdire le médicament et sinon continuer à le rembourser…

Quant aux malades, victimes du Mediator et du trust qui a caché sciemment les risques, le laboratoire Servier, ils ne parviennent pas à déposer leurs dossiers en vue d’indemnisation et prise en compte par la justice. Et ce n’est pas le gouvernement qui se met en quatre pour les aider…

Tout pour le privé !

Les cliniques vont bénéficier du « crédit d’impôt compétitivité » ce qui va les rendre plus compétitifs que l’hôpital public ! C’est quand même un comble : c’est l’argent public qui va directement servir à casser le service public !!! Et, pendant ce temps-là, le gouvernement poursuit la politique de « convergence privé-public », tout en prétendant officiellement le contraire.

L’hôpital sert… les fournisseurs

Les hôpitaux publics se préparent à la certification des comptes prévue en 2014. Cela nécessitera un inventaire des moyens humains et techniques ce qui est impossible vu l’ampleur de la tâche et le manque de personnel déjà pour réaliser les tâches courantes. En effet, il faudrait tout comptabiliser et notamment toutes les sortes de locaux et de matériels ! Le but est de « rationaliser les achats » sous prétexte d’économies. En fait, plus que jamais, l’hôpital public deviendra un simple acheteur de produits des sociétés privées de matériels !

Est-ce que la direction nous mentirait ?

Une prime de 500€ avait été promise à la Pneumo de Saint-Antoine par la direction de l’hôpital le 29 mai 2012 et le personnel aurait dû la toucher en juillet 2012. Depuis, rien… La direction a répondu dans un courrier que les personnels l’avaient effectivement touchée ainsi que ceux de la Maternité de Saint-Antoine, eux aussi du fait de leur déménagement imposé. Or, on peut le confirmer, personne n’a rien touché de ces 500€. De qui se moque-t-on ?

On ne donne pas notre Aval

Le département d’aval des urgences (le DAU) de l’hôpital Saint-Antoine est mobilisé pour l’embauche de personnel. Il réclame l’embauche d’aides soignants. C’est en dépit du bons sens que le service porte a été installé dans le bâtiment de l’ancienne maternité, éloigné des urgences et de la radiologie. Les aides soignants se retrouvent donc à parcourir tous les sous-sols de l’hôpital en passant une grande partie de leur temps à brancarder et c’est d’autant plus rageant que leur travail d’aide soignant reste à faire !!

Embauchez tous les CDD !

Le personnel aide soignant est de plus en plus souvent embauché en CDD. Avec des contrats de quelques mois, le travail est précaire. Pourtant le travail demandé par l’APHP est permanent ! La direction en profite car elle compte bien qu’un personnel précaire n’osera pas se plaindre de la dégradation permanente des conditions de travail et du sous-effectif. Comme cela, la boucle est bouclée et, pour la direction, tout est réglé…

Ils ont négocié notre esclavage

Les négociations nationales patronat/syndicats/ gouvernement ont rendu leurs fruits pourris : vive la flexibilité des emplois, des salaires, des conditions de travail et des sites. Si on refuse de travailler au SMIC, comme, où et quand cela plait au patron, c’est la porte ! Tout cela soi disant pour éviter les licenciements. Et les patrons auront leur crédit d’impôt et des taxes sociales en moins, toujours sous le même prétexte alors que nous, on paie toujours nos impôts. Les syndicats CGT et FO ont voté contre, mais cela n’empêche pas que la réforme est votée.

Ces deux syndicats disent que, dès le départ, la négociation était truquée mais pourquoi l’ont-ils cautionnée en y participant ? Parce qu’ils sont copains avec le gouvernement de gauche et que celui-ci leur a demandé de les aider à cautionner les négociations, c’est-à-dire de contribuer à faire croire qu’un chantage avec prise d’otage serait une discussion de gentleman !!! Même en ne signant pas, ils ont crédibilisé la discussion à laquelle ils n’auraient jamais dû participer si ces dirigeants avaient, comme ils le prétendent, à coeur les intérêts des salariés.

Voilà où mène le syndicalisme de négociation, de proposition par opposition à la lutte de classe, à l’action directe, à l’opposition entre la classe des travailleurs et celle des capitalistes. Et, même s’ils organisent des petites actions de protestation, ces syndicats CGT et FO en restent à la nécessité selon eux, d’accords avec les patrons, et récusent la lutte de classe.

Les services généraux sont révoltés !

Un nouvel « effort » est demandé aux services généraux : une économie de six millions d’euros qui suppose des suppressions massives d’emplois, des fermetures de services, et le démantèlement de nombreux services techniques. Les personnels sont révoltés et la mesure de la direction ne va pas passer comme une lettre à la poste ! En termes de blanchisserie, c’est un véritable nettoyage par le vide et il ne passe pas !


Guerre au chômage ou guerre contre les travailleurs et les peuples ?

Les communiqués de victoire du gouvernement sur le front du chômage sont démentis par les chiffres de Pôle emploi : 400 000 inscrits de plus en 2012, au total plus de 5,6 millions dont 700 000 jeunes, et 2 millions inscrits depuis plus d’un an, un record. Deux des maillons faibles du capitalisme européen, l’Espagne et la Grèce, ont un taux de chômage des jeunes dépassant les 50%. Cette exclusion croissante des jeunes montre à elle seule que la prétendue « sortie de crise » est de même nature que les mécanismes qui ont conduit à la crise : de la finance-fiction. Après PSA, Virgin, Renault c’est sur le site d’Amiens du 3ème fabricant mondial de pneus Goodyear que plane la menace de suppressions d’emplois. Sans compter tous les plans de licenciements cachés par le non renouvellement des CDD, les pressions pour des départs « volontaires » y compris dans le secteur public. Depuis son effondrement financier de 2008, le capitalisme mondial est bloqué, et veut nous entraîner dans le précipice qu’il creuse.

Mais les travailleurs ne sont pas seuls. De nombreux « médecins de Molière » proposent aux travailleurs des saignées pour les sauver. En France, on a le ministère du « redressement productif ». Et les ouvriers sont appelés par des dirigeants syndicaux à y croire : « Monsieur le président, vous pouvez, donc vous devez sauver les emplois ! Nous sommes compétitifs ! » Par ces appels solennels voire de sonores menaces de « guerre sociale », des syndicats demandent à Hollande de les sauver. Cela ne marchant pas, ces mêmes leaders crient, comme depuis peu à PSA-Aulnay, à la trahison. Mais à chaque nouveau plan social, c’est le même scénario qui est proposé aux salariés. Un délégué CGT de Goodyear vient d’appeler François Hollande à la rescousse !

Pourquoi appeler au secours un gouvernement qui dans les services publics, est le premier licencieur et employeur de précaires ? Le fait que les salariés de Renault et PSA aient tenu récemment un meeting commun à Renault est certes positif. Mais si les travailleurs ne servent que de choristes chantant un texte écrit à l’avance par le gouvernement et les leaders syndicaux, ce n’est pas leur lutte qu’ils mèneront mais celle d’appareils politico-syndicaux qui défendent leurs emplois à eux : ceux de garde-chiourmes du capitalisme. L’alliance CGT-CFDT a offert dès 2008 au patronat ses services pour que les licenciements massifs se fassent « en douceur ». En 1936, l’unité syndicale retrouvée n’avait pas créé l’unité des travailleurs, mais celle de leurs faux amis, les amenant désarmés vers la guerre, après avoir laissé les ouvriers et paysans espagnols écrasés par leur fascisme.

Au Mali, l’ex-armée coloniale est le « sauveur » envoyé par F. Hollande. La mission « civilisatrice » de la gauche française est ancienne : le Cartel des gauches dans les guerres du Rif et de Syrie en 1925, Mitterrand dans la bataille d’Alger en 1956 et le génocide franco-rwandais de 1994.

En France pour le droit au travail, au Mali pour le droit de vivre sans être soumis à la terreur de bandes armées : voilà deux guerres auxquelles les travailleurs sont acculés par le capitalisme en crise. Ces deux guerres sont deux fronts d’une même guerre. Nos camarades de travail qui viennent d’Afrique, vivent et travaillent ici le savent : ils subissent actuellement ces deux attaques. Car l’or de Bouygues, le pétrole de Total, l’uranium d’Areva ne sont pas les seules ressources pillées en Afrique. Il y a aussi la force de travail des prolétaires qui viennent construire nos routes, nos écoles, nos hôpitaux, travailler dans la restauration, le nettoyage, faisant prospérer Manpower, Adecco et leurs donneurs d’ordre que sont le secteur BTP … et l’Etat. Le gouvernement prétend sauver les Maliens. Combien de sans-papiers maliens croupissent aujourd’hui dans les centres de rétention ? Si cette guerre du gouvernement PS-Ecolo est faite pour libérer les maliens de Tombouctou, Gao et Kidali des islamistes, pourquoi ne pas libérer ces amis maliens ? Ils ne demandent que la liberté de circuler et de travailler mais sont traqués, enfermés et ont contribué au record de 36 822 expulsés en 2012.

Les travailleurs sont entraînés dans des guerres sociales, ou des guerres nationales qui sont aussi des guerres sociales. C’est une révolte contre les bandes terroristes de Ben Ali, l’absence d’avenir pour les jeunes qui a déclenché la révolution tunisienne, la chute de Kadhafi, le printemps arabe. Ces germes de révolutions, les impérialismes n’en veulent pas, ni au Maghreb, ni au Mali. Les généraux algériens non plus, qui viennent de massacrer plus d’otages que de terroristes et sont une armée exemplaire pour F. Hollande. C’est aussi contre ces révolutions que les impérialismes sont en guerre.

Ces guerres sociales et politiques contre nos exploiteurs, l’impérialisme et leurs armées sont les seules guerres justes, les seules guerres que les travailleurs pourront gagner. Car elles nous uniront au lieu de nous diviser, comme veulent le faire les « sauveurs » du capitalisme.

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