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Les prétendus sauveurs de nos emplois sont leurs destructeurs

mardi 29 mai 2012, par Robert Paris

Editorial

Les prétendus "sauveurs" de nos emplois sont leurs destructeurs…

« Au premier trimestre, le nombre de plans de sauvegarde de l’emploi a baissé de 22 % par rapport à 2011. Mais la campagne électorale passée, les plans « mis au congélateur » sont en passe de ressortir. Et les fermetures d’usines risquent de se multiplier. » écrit le journal patronal Les Echos.

Tous reprennent le même discours : le gouvernement Hollande et son ministre des licenciements Montebourg, les syndicats, la presse,… Et pourtant, tous n’avaient rien dit pendant l’élection présidentielle alors que tous le savaient.

Oui, tous se taisaient et respectaient le mensonge électoral comme nous le disions dans notre éditorial des bulletins d’entreprise La Voix des Travailleurs du 1er mars 2012 intitulé :

« Face au tsunami des licenciements qui approche, les syndicats et partis politiques de gauche ne nous y préparent ni ne s’y préparent absolument pas… » dans lequel nous écrivions :

Pendant que les organisations politiques n’ont les yeux fixés que sur les présidentielles, pendant que les syndicats se placent eux aussi dans le cadre des présidentielles ou font des journées d’inaction particulièrement… inactives et inopérantes comme celle de mardi dernier, les patrons des grandes entreprise préparent des charrettes en masse pour après la présidentielle (accessoirement pour ne pas gêner les mensonges électoraux de tous les candidats et, surtout, ne pas gêner les licenciements).

Mais, ensuite, les patrons menacent de suppressions d’emplois les salariés des entreprises du Bâtiment, des Banques, de l’Automobile et de ses sous-traitants, de l’Aviation et de ses sous-traitants, des chantiers navals et sous-traitants, de Total, Areva, PSA, Opel, Renault, BNP, Société générale, Crédit agricole, Total, Pétroplus, Sernam, Fuji Seal, Hewlett Packard, Blizzar, Brusson, ports, SNCM, etc…

Aujourd’hui, c’est la une de la presse : le gouvernement reçoit les syndicats de salariés et de patrons pour parler de cette vague de suppressions d’emplois !!!

Jean-Marc Ayrault Ayrault, entouré par quatre ministres, Michel Sapin (Travail), Marisol Touraine (Affaires sociales), Arnaud Montebourg (Redressement productif) et Marylise Lebranchu (Fonction publique), a en effet reçu durant une heure chaque délégation : cinq syndicales (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC) et trois patronales (Medef, CGPME, UPA).

La CGT qui n’en disait mot pendant les élections a déclaré qu’elle rencontré le premier ministre Ayrault pour « tirer la sonnette d’alarme » et livrer au gouvernement une liste de 46 entreprises où les emplois seraient menacés ce qui correspondrait à 45 000 emplois menacés.

Le débat est ainsi porté sur la responsabilité de l’ancien gouvernement de Sarkozy d’avoir … retardé les suppressions d’emplois pour des motifs prétendument électoralistes et non sur celle des classes dirigeantes d’avoir préparé ainsi une attaque en règle contre l’ensemble de la classe ouvrière.

Et la réponse syndicale, loin de la proposition d’une riposte de classe des travailleurs, est une discussion avec les patrons sous l’égide de l’Etat, prétendu impartial car sous la houlette du Parti socialiste…

En fait c’est 90 000 emplois qui sont menacés et dans toutes les professions !

Et face à ces 90 000 emplois détruits à venir, que compte faire la gauche au gouvernement qui le sait depuis belle lurette ? Des réunions entre syndicats et patronat, pour parler. Mais de quoi ? Loin de vouloir intervenir contre le patronat, le gouvernement de gauche agit en sa faveur.

Hollande reconnaît maintenant à demi mots que la situation économique et sociale du pays n’est pas celle annoncée officiellement puisqu’il admet que des licenciements massifs dans les grands entreprises françaises ont été retardés pour après la présidentielle par des négociations de Sarkozy avec les responsables des trusts français.

Conclusion : il va y avoir la plus grande vague de licenciements que le pays ait connu. Et lui, qui est maintenant à la présidence, que fera-t-il alors à part dénoncer l’ancien président qui avait négocié ce petit retard dans les licenciements ? Va-t-il se faire hara-kiri et reconnaître qu’il ne compte rien faire ? Pas du tout ! Il va être très actif : rencontrer les syndicats, rencontrer les patrons, négocier et tâcher de convaincre de retarder, lui, les luttes sociales de la classe ouvrière. Son rôle va être de prétendre qu’il fait jouer un grand rôle aux syndicats comme négociateurs de la situation de crise. Le MEDEF l’a même déjà félicité de cette posture avant le premier tour...

Laurence Parisot du MEDEF déclarait ainsi au journal patronal Les Echos du 11 mai :

« L’approche de François Hollande sur le dialogue social correspond très largement à ce que nous préconisons depuis longtemps. Beaucoup de commentateurs soulignent les points de désaccord entre le patronat et la gauche, et passent sous silence les points d’accord. Les entreprises ne sont ni à gauche ni à droite. La solution à la crise passe par elles, par leur compétitivité et par le dialogue social : il nous faudra travailler de la manière la plus étroite possible avec le gouvernement. Je suis d’accord avec François Chérèque qui préconise une réunion entre les partenaires sociaux et le chef de l’Etat avant les élections législatives. Plus vite on se réunira, plus vite on définira l’agenda social et la méthode de travail : les critères pour distinguer ce qui relève exclusivement des partenaires sociaux des dossiers qui impliquent une responsabilité conjointe avec l’Etat. François Hollande s’est engagé à respecter l’autonomie des partenaires sociaux. Avec les syndicats, nous travaillons déjà activement sur nombre de sujets et nous sommes prêts à définir une feuille de route ambitieuse. Le dialogue social s’est beaucoup amélioré ces dernières années, comme en témoignent les diagnostics partagés et les nombreux accords, dont certains sont historiques, signés. Nous devons maintenant progresser dans le respect de nos calendriers tout en passant à un rythme plus soutenu. »

« Beaucoup de plans sociaux ont été mis au congélateur et nous avons le sentiment que le congélateur déborde », a déclaré Montebourg au Journal du dimanche. D’après lui, le redressement de l’industrie "suppose que les idées de tout le monde doivent pouvoir s’unir pour trouver des solutions". "Solutions privées, solutions publiques, alliance du privé et du public, c’est comme ça, au cas par cas, que nous remonterons notre économie", a-t-il insisté. Cela signifie que patrons et salariés seraient dans la même galère selon ce prétendu « socialiste »…. Licenciements : Montebourg promet des "discussions tous azimuts". Fralib, Petroplus, ArcelorMittal... Le nouveau ministre du redressement productif a annoncé vouloir discuter avec toutes les entreprises qui menacent de fermer ou de licencier. Lui même n’exclut pas des "échecs". Voilà ce que rapporte la presse !!

Eh bien, comme pour les retraites, la partie entre ces 3 compères (syndicats/Etat/bourgeoisie) est déjà jouée d’avance. Les "experts" de Montebourg (traduisez escrocs) ont le droit de venir dans les salons avec nos stratèges spécialistes en défaite que sont les chefs syndicaux.

Ils veulent juste s’entendre sur les formes que vont prendre ces licenciements réels ou déguisés en "départs volontaires". La gauche n’a rien changé depuis la fermeture de Renault Vilvorde et les privatisations en chaîne sous Jospin. Même l’école reste ce mammouth qu’il veule tondre car rien n’est dit de concret sur la nature des 60000 postes en 5 ans.

La gauche va gérer ce système capitaliste et ses patrons qui sont en train de tout brader en récupérant au passage des milliards d’aide des Etats.

La gauche syndicale celle de Thibault et Chérèque, ne connait pas le mot "grève générale" et l’exclut même de l’histoire du mouvement ouvrier.

La classe ouvrière doit plus que jamais ne pas confier son sort à ces bourgeois de gauche, ces opportunistes communistes d’extrême gauche et bien sûr ces assassins d’extrême droite, qui n’ont que des perspectives menant droit dans le mur et à la pire des situations sociales !

La seule perspective est de construire des comités de lutte partout avec les chômeurs, travailleurs, jeunes et vieux dans la précarité. Tant que les exploités n’ont pas le pouvoir eux-mêmes sur leurs propres luttes, ils ne sont rien.

La lutte contre les licenciements n’est pas seulement celle d’une entreprise ou d’un quartier. Les patrons le savent et tant que nous restons chacun dans nos ateliers ou à la maison, ils ne craignent rien !

Le Parisien titrait « peut-on empêcher les plans sociaux ? » comme s’il écrivait peut-on empêcher les tremblements de terre ou les inondations. Mais le capitalisme, ce n’est pas la nature, ce n’est pas non plus la société humaine, ce n’est que l’un des systèmes sociaux possibles ! S’il n’est pas capable de donner emplois et salaires, qu’il dégage…

Les directions syndicales reconnaissent qu’il y a un danger grave pour les emplois mais...

MAIS il n’y a pas de lutte d’ensemble, pas de projet même de manifestation commune...

MAIS ils croient qu’il faut qu’ils comptent sur Hollande… Comme ils avaient pensé devoir compter sur Sarkozy comme si les présidents de la bourgeoisie auraient dû être là pour aider les travailleurs face aux patrons. Certes les syndicats appellent, comme la CGT à « rester mobilisés » mais cela signifie seulement qu’elle propose l’attentisme et de croire au nouveau gouvernement… Comme si cela allait suffire à faire reculer les patrons alors que la crise s’aggrave réellement. Tout leur discours est de prétendre que l’Etat bourgeois doit sauver les travailleurs.

MAIS ils se battent site par site, entreprise par entreprise et ne sont pas en train de coordonner leurs actions. Comme si le problème ne se posait pas de créer un rapport de force global pour contrer l’attaque patronale.

MAIS ils suivent les directions syndicales qui recommencent à les promener… comme elles l’ont fait dans la lutte des retraites c’est-à-dire vers la défaite malgré de larges possibilités.

MAIS ils sont menés en bateau par les prétendus projets de reprise qui finissent, plus tard, par des licenciements. Comme s’il fallait trouver des « solutions économiques » dans un monde qui n’a plus aucune solution économique…

MAIS ils ne lient pas leur lutte à celle des CDD, des sous-traitants, des chômeurs.

MAIS ils ne lient pas les suppressions d’emplois publics aux licenciements du privé.

Un spectre hante le monde, le spectre de la faillite globale du capitalisme. Un spectre hante la France, le spectre de la conciliation entre les classes…

6 Messages de forum

  • Après les services pétroliers Vallourec et Shlumberger, Technip annonce 6 000 suppressions d’emploi.

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  • Microsoft annonce la suppression de 7.800 emplois, surtout dans la téléphonie

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  • Nexans va quasiment doubler ses suppressions d’emplois sur le continent européen

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  • L’intersyndicale continue de négocier à Renault Trucks alors qu’à l’évidence, sans créer un rapport de forces plus large, la direction ne reculera pas, le gouvernement ne reculera pas. Ce qu’il prétend être des reculs (passer de soi-disant 512 licenciements à 480) n’est que du pipeau étant donné qu’il ne s’agit que d’estimations. Ainsi, selon la CGC, "des avancées ont été acquises" !!! Et les ministres cautionnent les prétendues « avancées » !!! Une fois de plus les « négociations » de l’intersyndicale ne servent qu’à user les salariés et à finir par cautionner des reculs en prétendant qu’ils seraient moindres que prévu !

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  • Airbus présenté comme l’industrie du succès, l’industrie de l’emploi et soutenu à fond par l’Etat : Airbus, entreprise ultra profitable, veut officiellement licencier 3600 salariés !!!!

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  • 60 % d’effectifs en moins en trois ans... sans aucun plan social. Un rapport d’experts-comptables met en lumière les pratiques chez Mobipel, un centre d’appels de l’opérateur.

    315 licenciements en trois ans, dont... 266 pour faute grave ! C’est l’un des chiffres détonants pointés dans le rapport d’expertise du cabinet Alter sur les orientations stratégiques du centre d’appels Free à Colombes (Hauts-de-Seine). Ce rapport confidentiel, que nous avons pu consulter, a été commandé par le comité d’entreprise de Mobipel, l’un des cinq centres d’appels de l’opérateur en France, le 15 septembre. Soit deux semaines avant que l’émission « Cash Investigation » sur France 2 ne révèle les pratiques sociales douteuses de la direction.

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