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Non à la contre-révolution impérialiste !

mardi 31 mai 2011, par Robert Paris

Non à la contre-révolution impérialiste !

Le monde est traversé par une intensification de la lutte entre les classes, dont la révolution arabe est l’épicentre. De leurs périphéries coloniales ou semi-coloniales, jusqu’en leur cœur, les bourgeoisies impérialistes doivent faire face à une activité vive et de plus en plus consciente du prolétariat international.

À la suite des travailleurs Tunisiens, Égyptiens, Libyens, Yéménites et Bahreïnis, les Syriens ont repris à leur compte les revendications démocratiques des peuples arabes. Les questions religieuses si longtemps utilisées par l’impérialisme et les bourgeoisies locales pour diviser les populations sont passées à l’arrière-plan. Ces peuples sont unis par les mêmes objectifs politiques : gagner leurs libertés démocratiques en abattant leurs régimes dictatoriaux et autocratiques. Cependant, les travailleurs combattent pour leurs droits et pour arracher des conquêtes sur les terrains économique et social. La chute de ces régimes n’est qu’un premier pas dans cette révolution, mais elle suffit déjà à ébranler fortement l’ordre impérialiste.

L’actuelle crise économique est une crise structurelle du système économique, et la plus importante que le capitalisme ait encore jamais dû affronter. Chacun en ressent les conséquences : augmentation massive du chômage, augmentation du prix des matières premières et donc du coût général de la vie. Des millions de travailleurs sont poussés vers la misère, la petite bourgeoisie est menacée de prolétarisation. Les affrontements inter-impérialistes s’aiguisent et la bourgeoisie se prépare à de nouveaux affrontements en distillant le poison de la division, du racisme et du chauvinisme pour amener les travailleurs à se sacrifier sur l’autel du profit.

Cette crise fait ressortir les principales caractéristiques de notre époque. La finance dicte sa loi à l’économie réelle depuis plus d’un siècle. Les monopoles se livrent à une lutte acharnée pour le contrôle des marchés que quelques États capitalistes puissants défendent par l’emploi d’armes de plus en plus meurtrières. Ce capitalisme impérialiste est miné depuis plus d’un siècle par ses contradictions internes et creuse sa propre tombe. L’exploitation brutale de la grande majorité des hommes amène les travailleurs à se battre contre le sort que leur réserve ce système. Lénine ne se trompait pas en qualifiant l’actuelle époque du capitalisme comme celle des guerres et des révolutions.

La situation au Maghreb et au Proche-Orient en témoigne : à la révolution prolétarienne Tunisienne et Égyptienne, les impérialismes français, anglais et étasuniens coalisés répondent par une guerre violente en Libye. Non seulement ils saisissent l’opportunité pour mettre la main sur les ressources pétrolifères du pays, mais ils profitent en plus de cette démonstration de force pour prévenir la classe ouvrière qu’il leur reste des ressources pour combattre cette vague révolutionnaire. Certes il y a des révolutions en cours, mais il n’y a aucune organisation pour les mener à la victoire. C’est pourquoi Trotsky précisa après Lénine que l’impérialisme est non seulement l’époque des guerres et des révolutions, mais aussi celle des contre-révolutions.

La proximité de la Libye, du « conflit ivoirien », et la volonté d’endiguer la révolution arabe sont sans aucun doute les raisons suffisantes qui ont poussé la bourgeoisie française dans une attaque contre la Libye. Tous ceux qui aujourd’hui soutiennent une intervention, qu’elle se couvre de l’OTAN ou d’un prétexte humanitaire se font les complices de l’impérialisme français. Le GSI condamne fermement cette intervention militaire : elle n’a jamais eu la vocation d’appuyer la résistance. Seul l’armement du peuple libyen avec l’appui actif des prolétariats tunisiens et égyptiens pourrait amener à une victoire contre Kadhafi et contre les impérialistes. Sans organisation révolutionnaire pour porter ce programme, l’Afrique du nord est victime d’une brutale contre-révolution menée par l’impérialisme.

Pourtant, au cœur des Etats-Unis, puissance impérialiste dominante, la lutte de classe reprend ses droits, le mouvement ouvrier renaît. 185 000 personnes étaient rassemblées le 12 mars à Madison dans le Wisconsin pour refuser le vote passé en force d’une loi républicaine contre les syndicats. Depuis, le mouvement dure et s’endurcit, il s’étend à d’autres États. Le 26 mars, 400 000 travailleurs défilaient à Londres à l’appel des syndicats pour manifester contre le nouveau plan d’austérité de la coalition Cameron / Clegg. Dans ces deux pays impérialistes, la classe ouvrière que la bourgeoisie croyait avoir ensevelie sous les décombres du mur de Berlin se redresse et cherche les voies du combat. Mais dans les pays impérialistes, comme dans les pays du Maghreb et du Proche-Orient, la crise du prolétariat se résume dans la crise de sa direction révolutionnaire. Sans parti, ses perspectives semblent bouchées. Dans toute l’Europe les représentants de la classe dominante sont de plus en plus contestés. Les travailleurs retrouvant le terrain de la lutte de classe, quittent, naturellement, le terrain électoral de la bourgeoisie. La défaite de Merckel aux législatives dans un fief de la CDU, la démission de Sócrates au Portugal, l’annonce de Zapatero en Espagne qui ne se représentera pas, les procès de Berlusconi en Italie, la crise gouvernementale en Belgique sont les conséquences d’une défiance profonde de la classe ouvrière européenne vis à vis des dirigeants capitalistes. Tous les États européens sont affaiblis, ce qui accélère le discrédit d’une UE qui pourrait ne pas survivre à la crise.

Le résultat des cantonales en France prouve à lui seul tout l’isolement politique du gouvernement et la crise de la Ve République. À hauteur de 55%, l’abstention n’est pas un phénomène marginal : elle est un miroir imparfait de la conscience de classe des travailleurs. Tous les partis, y compris le FN, ont perdu des voies depuis les dernières cantonales. Le parti présidentiel a perdu de nombreuses voix venues soutenir le parti lepéniste. Les scores des uns et des autres ne peuvent être interprétés que comme une défaite globale des partis bourgeois. Ce que nous analysons depuis plusieurs années dans les lignes de l’Internationaliste est frappant aujourd’hui. L’abstention atteint 72% à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), 73% à Vaulx-en-Velin (banlieue de Lyon). Il s’agit d’une abstention ouvrière active, qui préfigure de durs affrontements.

Dans ce contexte, l’engagement militaire en Libye fait figure de fuite en avant pour Sarkozy et les intérêts impérialistes qu’il représente. Le gouvernement est déchiré, la bourgeoisie française est ouvertement divisée et en crise. Les travailleurs qui s’abstiennent aux élections ont participé massivement aux mobilisations contre la loi sur les retraites. Des conflits aussi durs que celui qu’a connu la SNCM se multiplient. Les directions syndicales s’attachent à empêcher toute unité des luttes, mais une étincelle pourrait allumer une mobilisation ouvrière générale que les directions syndicales seraient incapables de contrôler. Les actuelles directions bureaucratiques, déjà elles-mêmes traversées par les contradictions issues de la crise du PS et de celle du PCF, survivront-elles à la nouvelle loi sur la représentativité syndicale ? La réponse sera fournie par la lutte de classe.

La France va vers une situation prérévolutionnaire. Aujourd’hui seule la mobilisation permanente des travailleurs peut apporter une solution aux problèmes posés quotidiennement par la crise. Le rôle d’un vrai parti ouvrier pour le socialisme aujourd’hui serait d’agiter dans toutes les entreprises des mots d’ordre de grèves pour les salaires et l’emploi, pour la santé et l’éducation, contre les restructurations et les délocalisations, d’organiser dans les lycées et les universités des comités de lutte contre l’impérialisme français, d’expliquer partout, aux travailleurs et aux jeunes, que si l’on veut en finir avec le gouvernement capitaliste de Sarkozy, il faut recourir à une lutte de classe aussi déterminée que celle dont ont fait preuve les travailleurs Tunisiens.

Or, en France également, la crise de la classe ouvrière se résume dans la crise de sa direction révolutionnaire, c’est à dire dans l’absence d’un parti qui organise ses combats et son avant garde. Ce parti qui pour nous, GSI, doit être la section d’une organisation révolutionnaire communiste mondiale n’existe pas en France. Le GSI se veut justement être un pôle, modeste mais résolu et combatif, pour regrouper dès maintenant les travailleurs, les jeunes qui se retrouvent dans notre programme vers la construction d’un vrai parti ouvrier internationaliste pour le socialisme. signé : GSI- LIT-CI

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