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7-3 La sociologie selon Durkheim

mardi 15 janvier 2008, par Robert Paris

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Le lecteur pourra se convaincre à la lecture des extraits du texte de Durkheim, "Les règles de la méthode sociologique" que le but de l’auteur est une étude scientifique de la société afin de la conserver et non de la transformer et que la conception de la sciences, toutes les idées en somme de Durkheim sont aux antipodes de notre point de vue.

Durkheim considère la science comme une étude des objets inchangés, c’est-à-dire qu’elle doit chercher la fixité comme critère de science au contraire d’une conception fondée sur la dynamique des rétroactions. Son point de vue « positiviste » affirme que la science doit se débarrasser de toute philosophie. L’objectivité est hérigé en principe et suppose d’effacer les luttes de classe, l’objectif affirmé étant la fixité de la société. Ce qui est général aux sociétés capitalistes est considéré comme normal et ce qui est opposé comme pathologique ! Pour étudier une société, il faut selon Durkheim « éliminber tout ce qu’elle a de variable ».... Pour lui, l’ordre social est la base. L’étude part des institutions. La conservation est posée comme l’objectif, le changement au subjectif. La conservation sociale du système est donc un objectif fixé à la sociologie.

Durkheim, la société et les femmes

Extraits de « Les règles de la méthode sociologique » de Emile Durkheim :

« Préface « Il pourrait arriver que l’on nous accusât d’avoir voulu absoudre le crime, sous prétexte que nous en faisons un phénomène de sociologie normale. L’objection pourtant serait puérile. Car, s’il est normal que, dans toute société, il y ait des crimes, il n’est pas moins normal qu’ils soient punis. L’institution d’un système répressif n’est pas un fait moins universel que l’existence d’une criminalité, ni moins indispensable à la santé collective. Pour qu’il n’y eût pas de crimes, il faudrait un nivellement des consciences individuelles qui, pour des raisons qu’on trouvera plus loin, n’est ni possible ni désirable ; mais, pour qu’il n’y eût pas de répression il faudrait une absence d’homogéniété morale qui est inconciliable avec l’existence d’une société. (...) Si le crime est normal, c’est à condition d’être haï. Notre méthode n’a donc rien de révolutionnaire. Elle est même en un sens, essentiellement, conservatrice, puisqu’elle considère les faits sociaux comme des choses dont la nature, si souple et si malléable qu’elle soit, n’est pourtant pas modifiable à volonté. Combien est plus dangereux la doctrine qui n’y voit que le produit de combinaisons mentales, qu’un simple artifice dialectique peut, en un instant, bouleverser de fond en comble ! (...) Notre principal objectif, en effet, est d’étendre à la conduite humaine le rationalisme scientifique, en faisant voir que, considérée dans le passé, elle est réductible à des rapports de cause à effet qu’une opération non moins rationnelle peut transformer ensuite en règles d’action pour l’avenir. Ce qu’on a appelé notre positivisme n’est qu’une conséquence de ce rationalisme. On ne peut être tenté de dépasser les faits, soit pour en rendre compte, soit pour en diriger le cours, que dans la mesure où on les croit irrationnels. S’ils sont intelligibles tout entiers, ils suffisent à la science comme à la pratique : à la science, car il n’y a pas alors de motif pour chercher en dehors d’eux les raisons qu’ils ont d’être ; à la pratique, car leur valeur utile est une de ces raions. (...)

Pour qu’il y ait fait social, il faut que plusieurs individus tout au moins aient mêlé leur actionet que cette combinaison ait dégagé quelque produit nouveau. (...) Il y a un mot qui, pourvu toutefois qu’on en étende un peu l’acception ordinaire, exprime assez bien cette manière d’être très spéciale : c’est celui d’institution. On peut, en effet, sans dénaturer le sens de cette expression, appeler « institution s » toutes les croyances et tous les modes de conduite institués par la collectivité ; la sociologie peut alors être définie : la science des institutions, de leur génèse et de leur fonctionnement. (...)

Jusqu’à présent, les sociologues se sont peu préoccupés de caractériser et de définir la méthode qu’ils appliquent à l’étude des faits sociaux. (...) Un chapitre du « Cours de philosophie psoitive » d’Auguste Comte, voilà donc, à peu près, la seule étude originale et importante que nous possédions en la matière. (...) Et, en effet, jusqu’à présent la sociologie a plus ou moins exclusivement traité non des choses, mais de concepts. Comte, il est vrai, a proclamé que les phénomènes sociaux sont des faits naturels, soumis à des lois naturelles. Par là ; il a implicitement reconnu leur caractère de choses ; car il n’y a que des choses dans la nature. (...) Comte part de cette idée qu’il y a une évolution continue du genre humain qui consiste dans une réalisation toujours plus complète de la nature humaine et le problème qu’il traite est de retrouver l’ordre de cette évolution. (...)

La science, pour être objective, doit partir, non de concpets qui se sont formés sans elle, mais de la sensation. C’est aux données sensibles qu’elle doit directement emprunter les éléments de ses définitions initiales. (...) Un sensation est d’autant plus objective que l’objet auquel elle se rapporte a plus de fixité ; car la condition de toute objectivité, c’est l’existence d’un point de repère, constant et identique, auquel la représentation peut être rapportée et qui permet d’éliminer tout ce qu’elle a de variable, partant de subjectif. (...) En dehors des actes individuels qu’elles suscitent, les habitudes collectives s’expriment sous des formes définies, règles juridiques, morales, dictons populaires, faits de structure sociale, etc. Comme ces formes existent d’une manière permanente, qu’elles ne changent pas avec les diverses applications qui en sont faites, elles constituent un objet fixe, un étalon constant qui est toujours à la portée de l’observateur et qui ne laisse pas de place aux impressions subjectives et aux observations personnelles. Une règle du droit est ce qu’elle est et il n’y a pas deux manières de la percevoir. (...)

Nous appellerons normaux les faits qui présentent les formes les plus générales et nous donnerons aux autres le nom de morbides ou de pathologiques. (...) Il est vrai que le type moyen ne saurait être déterminé avec la même netteté qu’un type individuel, puisque ses attributs constitutifs ne sont pas absolument fixés, mais sont susceptibles de varier. Mais qu’il puisse être constitué, c’est ce qu’on ne saurait mettre en doute, puisuq’il est la matière immédiate de la science : car il se confond avec le type générique. (...) Par exemple, pour savoir si l’état économique actuel des peuples européens, avec l’absence d’organisation qui en est la caractéristique, est normal ou non, on cherchera ce qui, dans le passé, y a donné naissance. Si ces conditions sont encore celles où sont actuellement placées nos sociétés, c’est que cette situation est normale en dépit des protestations qu’elle soulève. (...) Or il importe que, dès le début de la recherche, on puisse classer les faits en normaux et anormaux, sous la réserve de quelques cas exceptionnels (...) Classer le crime parmi le phénomène de sociologie normale, ce n’est pas seulement dire qu’il est un phénomène inévitable quoique regrettable, dû à l’incorrigible méchanceté des hommes : c’est affirmer qu’il est un facteur de la santé publique, une partie intégrante de toute société saine. (...) En premier lieu, le crime est normal parce qu’une société qui en serait exempte est tout à fait impossible. (...) Puisqu’il ne peut pas y avoir de société où les individus ne divergent plus ou moins du type collectif, il est inévitable aussi que, parmi ces divergences, il y en ait qui présentent un caractère criminel. (...) Le crime est donc indispensable : il est lié aux conditions fondamentales de toute vie sociale, mais par cela même il est utile : car ces conditions dont il est solidaire sont elles-mêmes indispensables à l’évolution normale de la morale et du droit. (...) Pour les socialistes, c’est l’organisation capitaliste, malgré sa généralité, qui constitue une déviation de l’état normal, produite par la violence et l’artifice. (...) C’est toujours à grand renfort de dialectique que ces questions son tranchées. (...) Mais on rend la science même impossible. En effet, elle a pour objet immédiat l’étude du type normal ; or, si les faits les plus généraux peuvent être morbides, il peut se faire que le type normal n’ait jamais existé dans les faits. Dès lors à quoi sert de les étudier ? (...) Pour que la sociologie traite les faits comme des choses, il faut que la sociologie sente la nécessité de se mettre à leur école. (...) Pour que la sociologie soit vraiment une science des choses, il faut que la généralité des phénomènes soit prise comme critère de leur normalité. Notre méthode a, d’ailleurs, l’avantage de régler l’action en même temps que la pensée. (…) Comment assigner à la perfection un terme qu’elle ne puisse dépasser ? Elle échappe, par définition, à toute limitation. Le but de l’humanité recule donc à l’infini, décourageant les uns par son éloignement même, excitant, au contraire, et enfiévrant les autres, qui, pour s’en rapprocher un peu, pressent le pas et se précipitent dans les révolutions. (…) Il ne s’agit plus de poursuivre désespérément une fin qui fuit à mesure qu’on avance, mais de travailler avec une régulière persévérance à maintenir l’état normal, à le rétablir s’il est troublé, à en retrouver les conditions si elles viennent à changer. Le devoir de l’homme d’Etat n’est plus de pousser violemment les sociétés vers un idéal qui lui paraît séduisant, mais son rôle est celui du médecin : il prévient l’éclosion des maladies par une bonne hygiène et, quand elles sont déclarées, il cherche à les guérir.

Conclusion En résumé, les caractères de cette méthode sont les suivants. D’abord, elle est indépendante de toute philosophie. (…) Si la sociologie ainsi conçue peut servir à illustrer de faits curieux une philosophie, elle ne saurait l’enrichir de vues nouvelles, puisqu’elle ne signale rien de nouveau dans l’objet qu’elle étudie. (…) Vis-à-vis des doctrines pratiques, notre méthode permet et commande la même indépendance. La sociologie ainsi entendue ne sera ni individualiste, ni communiste, ni socialiste, au sens qu’on donne vulgairement à ces mots. Par principe, elle ignorera ces théories auxquelles elle ne saurait reconnaître de valeur scientifique, puisqu’elles tendent directement, non à exprimer les faits, mais à les réformer. (…) Mais le rôle de la sociologie à ce point de vue doit justement consister à nous affranchir de tous les partis (…) Seule, en effet, elle peut apprendre à traiter avec respect, mais sans fétichisme, les institutions historiques quelles qu’elles soient (…) »

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