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Sénégal : grève dans les hôpitaux

dimanche 12 juillet 2009, par Robert Paris

Une partie du personnel médical de plusieurs hôpitaux dakarois était jeudi en place pour dispenser les soins aux patients, malgré le mot d’ordre de grève de vingt- quatre heures lancé par la Fédération des syndicats de la santé et de l’action sociale, apprend-on de source officielle, rapporte affirme l’Agence de presse sénégalaise

Au service de neurologie du Centre hospitalier universitaire ( CHU) de Fann, plusieurs membres du personnel ont répondu à l’appel à la grève de leur organisation syndicale pour protester contre le non-respect par le gouvernement d’un protocole d’accord signé en mai 2006.

Le financement du système de la santé, le statut des personnels des EPS (établissements publics de santé), le relèvement au niveau du baccalauréat pour l’entrée à l’Ecole nationale de développement sanitaire et sociale (ENDSS), l’érection des centres de santé en hôpitaux de niveau 1 sont les principales revendications des agents en grève.

Selon les principaux journaux sénégalais parus jeudi, tout le personnel médical et paramédical des forces armées du Sénégal a été réquisitionné pour faire face ce jeudi aux urgences dans les hôpitaux dont le personnel afflilié à la Confédération nationale des sundicats de la santé va en grève générale.

Le mois de juin s’annonce difficile pour les malades de l’Hôpital Général de Grand Yoff (HOGGY). En effet, le Syndicat Unique des travailleurs de la Santé et de l’Action Sociale (SUTSAS) de cet établissement de santé a prévu une grève de 48h les 8 et 9 juin. Avant, c’est une marche de protestation qui sera organisée le jeudi 4 prochain. Le secrétaire général adjoint du SUTSAS de l’hôpital Grand Yoff, Cheikh Seck, a déploré sur les ondes de la RFM les manquements constatés dans leur hôpital et a, à cet effet, réclamé au gouvernement plus de moyens.

Les perturbations ont repris de plus bel à l’Hôpital Général de Grand Yoff (HOGGY). Le personnel a mis au point un plan d’actions qui sera exécuté à partir de ce jeudi 4 juin. Il va démarrer par une marche à travers les artères de capitale de Dakar. Après, c’est une grève de 48h qui est prévue du 8 au 9 juin. « La situation est liée à un problème de gestion sur le plan interne. Même s’il faut reconnaître les efforts de l’Etat en matière d’appui financier, il faut souligner que le peu de ressources dont nous disposons est en train d’être dilapidé », a déclaré le secrétaire général adjoint de SUTSAS de HOGGY, Cheikh Seck.

Le syndicaliste de décliner ainsi leur plan d’actions : « au de-là du 3 juin, c’est une campagne d’affichage et d’information à travers toute la région de Dakar. Après une marche sera organisée le jeudi. Ensuite, nous allons procéder à une grève de 48 heures le lundi 8 et le mardi 9 juin ».

Cheikh Seck a indiqué que « HOGGY est un hôpital où il est quasi impossible d’exécuter les programmes opératoires de la façon la plus correcte. Ce sont des consommables qui manquent et les choses les plus élémentaires ».

Le syndicaliste et kinésithérapeute se lamente sur leur situation. « C’est une situation qui est extrêmement difficile. Les gens n’ont pas une orientation par rapport à la priorité de l’hôpital. Maintenant, il est temps que les autorités prennent leurs responsabilités ».

Pour rappel, l’Etat du Sénégal traîne une ardoise de plus 15 milliards. Une dette qu’il doit aux structures sanitaires et qui étouffe une bonne partie de ces hôpitaux.

La dette hospitalière plombe le fonctionnement des hôpitaux sénégalais. Ces établissements sanitaires vivent actuellement sous perfusion et son parfois plus malades que les patients qu’ils reçoivent tous les jours. Le chef du service radiologie de l’hôpital Aristide Le Dantec, EL Hadji Niang et le député Samba Diouldé Thiam ont largement décrié cette morosité et pointé du doigt l’Etat du Sénégal lors de l’émission « Remue-ménage » de la RFM de la semaine dernière.

Les hôpitaux sénégalais sont dans une mauvaise passe. Ils croulent sous le poids de la dette et une certaine négligence ou passivité de l’Etat. Le chef du service radiologie de l’hôpital Aristide Le Dantec et président de l’Union Nationale des Consommateurs du Sénégal (UNCS), El Hadji Niang lève un coin du voile sur les difficultés de ces établissements de santé. « N’eût été la présence des étudiants de l’université Cheikh Anta Diop (UCAD), l’Hôpital Aristide le Dantec, serait fermé et ne pourrait en aucun cas fonctionner », a-t-il révélé. El Hadji Niang a précisé que « l’ensemble du personnel soignant, du personnel expert est fourni aujourd’hui par l’université UCAD, je suis le seul médecin radiologue de Aristide le Dantec, tous les autres ce sont mes étudiants, qui sont en formation et ce sont eux qui sont payés et qui font marcher l’hôpital ».

Le professeur de Radiologie à l’UCAD a estimé que la solution c’est l’audit de la dette. « Il faut que la dette soit auditée. Je suis sûr que dans une certaine mesure, il serait possible de montrer aujourd’hui que ce sont les fournisseurs qui poursuivent les hôpitaux, qui pourraient poursuivre eux l’Etat pour régler les problèmes créés au niveau des hôpitaux », a souligné El Hadji Niang.

Le député Samba Diouldé Thiam a confirmé les allégations du médecin radiologue. Pour lui, « il y a une indigence certaine dans l’ensemble de nos hôpitaux, notre système public de santé et même nos dispensaires, il y a une indigence (…) matérielle, organisationnelle, directionnelle et une indigence au niveau de l’administration ».

Le député de la majorité a indiqué qu’il « y a un problème de volonté politique, d’implication des concernées ». Il a dénoncé le fait que « l’Etat ne respecte pas toujours les accords qu’il signe avec les syndicalistes. Il n’est pas diligent à respecter ces engagements, il n’est pas obligé de signer des accords. Quant il ne peut pas, il faut qu’il dise, qu’il ne peut pas et qu’il ne signe pas des accords ».

El Hadji Niang et Samba Diouldé Thiam ont évoqué ces difficultés des hôpitaux sénégalais sur les ondes de la RFM à travers l’émission « Remue-ménage ».

Ils n’ont pas été les seuls à décrier cette situation de la crise hospitalière. Le représentant résident du Fonds Monétaire International (FMI), Alexa Ségura avait eu à dénoncer : « Au lieu d’équiper les hôpitaux en besoins essentiels pour permettre à leurs patients, qui sont des démunis le plus souvent, à se soigner correctement, ils préfèrent s’adonner à des dépenses inutiles avec le budget qui leur est alloué. Le plus souvent, les directeurs des hôpitaux se distinguent à travers des dépenses de prestige en s’équipant d’ordinateurs, de téléviseurs..., alors que les priorités sont ailleurs ». Il a précisé que la dette hospitalière est de 15 milliards.

Les travailleurs de l’hôpital général de Grand Yoff ont suspendu leur mot d’ordre de grève de 48 heures consécutif à l’application de leur 3e plan d’action hier, mardi 09 juin. L’Etat a en effet décidé d’éponger une partie de ses dettes envers l’établissement sanitaire en débloquant quelque 190 millions de Fcfa pour payer les factures d’imputation avant de s’engager à régler celles dues au titre du Plan sésame.

La crise récurrente qui empêchait le fonctionnement normal de l’hôpital général de Grand Yoff (Hoggy), ex-Cto, a connu hier, mardi 09 juin, un dénouement heureux avec la fin du mouvement d’humeur des agents de santé. Après trois plans d’action ponctués d’arrêt des services sanitaires, de débrayages, de campagnes d’information, voire de marche de protestation dans les rues de Dakar, les travailleurs de l’établissement hospitalier réunis au sein de l’intersyndicale-maison ont décidé de suspendre leur tout dernier mot d’ordre de grève.

Les compagnons de Saliou Badiane et Cheikh Seck, respectivement secrétaire général du syndicat des travailleurs de la santé et porte-parole du Cadre unitaire répondent ainsi favorablement aux diverses mesures prises par les autorités de tutelle pour décanter une situation qui portait largement préjudice à la prise en charge médicale des patients dans cet hôpital de niveau 3. A l’issue de concertations ouvertes, l’Etat a en effet débloqué quelque 190 millions de Fcfa pour payer le passif des factures d’imputation avant de s’engager à régler celles dues au titre du Plan Sésame.

Ces initiatives ont reçu l’agrément des syndicalistes de l’hôpital général de Grand Yoff qui ont alors décidé de suspendre provisoirement leur mot d’ordre de grève de 48 heures et de corréler leurs initiatives futures à la disposition des autorités sanitaires à aller jusqu’au bout de la résolution définitive des problèmes qui entravent le fonctionnement normal de l’Hoggy. Pour rappel, les agents de santé de l’hôpital de Grand Yoff ont décliné trois plans d’action de grève pour contraindre les pouvoirs publics à appliquer le protocole d’accord signé le 15 février dernier entre le ministère de la Santé et leur Intersyndicale.

Cet accord prévoyait, outre la subvention d’exploitation pour l’année 2009 d’1 milliard 300 millions, une subvention spéciale de 250 millions qui pouvait être utilisée pour approvisionner les services en consommables, renforcer donc le fonctionnement de l’hôpital, et surtout éponger une partie des arriérés de primes d’intéressement ou autres dus au personnel. Toute chose que l’Etat tardait à satisfaire, ce qui avait déclenché le courroux des travailleurs.

L’intersyndicale de l’hôpital Abbas Ndao n’exclut pas d’aller en grève générale si ses revendications ne sont pas satisfaites d’ici le 23 août prochain, date d’expiration du préavis qu’elle a déposé le 23 juillet dernier. ’’On avait déposé le 23 juillet un préavis de grève. Nous avions dit que si rien n’est fait jusqu’au 23 août, nous n’excluons pas une grève générale’’, a dit Arona Diop, coordonnateur de l’intersyndicale lors d’un point de presse qu’elle a tenu hier dans l’enceinte de l’hôpital.

M. Diop qui avait à ses côtés le secrétaire général de la Confédération des syndicats autonomes (CSA) Mamadou Diouf, a réclamé l’application des textes régissant la structure sanitaire depuis 2003.

Il a déploré le fait que le directeur de l’hôpital Abbas Ndao, lequel est un établissement public de santé au même titre que les autres, soit nommé par le maire de la ville, alors que la loi prévoit qu’il le soit par décret présidentiel. A ce propos, il a indiqué que six directeurs généraux ont été nommés par le maire, depuis 2003, et certains d’entre eux, relevés de leur fonction sans que les raisons en soient connues.

Aux termes de la loi qui régit le fonctionnement de Abbas Ndao, le maire de la ville de Dakar est d’office le président du conseil d’administration de l’établissement de santé.

Arona Diop a souhaité qu’ils soit mis fin à la ‘’gestion tri-céphalique’’ de l’hôpital Abbas Ndao, qui consiste en ce qu’il y ait une caisse autonome pour le service d’ophtalmologie, une autre pour le centre anti-diabétique, en plus de la caisse centrale gérée par l’Hôpital.

Ce qui, a-t-il dit, ne permet pas d’avoir un état financier exact de la structure. ‘’C’est une catastrophe pour un hôpital au centre de Dakar entre les quartiers de la Gueule tapée et de Fass’’, s’est indigné le syndicaliste. ’’Les dettes de Abbas Ndao étaient de 1,9 milliard et quelque il y a un an. Cela a du évoluer’’, a relevé Arona Diop qui a précisé que cette somme ne prend pas en compte les primes de transport de 2001, ainsi que d’autres sommes dues au personnel.

Il s’est inquiété de ce que malgré les dépenses de 60 millions de francs CFA, pour des recettes minimales de 120 millions de francs CFA pendant six mois, l’hôpital soit confronté à des problèmes financiers.

Sur le plan fonctionnel, ‘’l’hôpital ne dispose pas de morgue depuis plus d’un an, ne dispose pas d’ambulance depuis plus de deux mois, pas de téléphone dans les services depuis plus d’un an’’, a ajouté M. Diop qui est aussi major du bloc opératoire de l’établissement.

’’Abbas Ndao ne fonctionne pas à 20% de ses capacités, vu le plateau technique dont il dispose’’, a ajouté M. Diop. Selon lui, le taux d’occupation de l’hôpital tourne autour de 10%, car il n’arrive pas à satisfaire la demande des patients qui vont dans les autres structures.

’’Il va de soi que si cette situation doit perdurer, nous allons prendre nos responsabilités auprès de nos camarades de Abbas Ndao’’, a pour sa part indiqué Mamadou Diouf, secrétaire général de la CSA. ‘’Nous ne souhaitons pas en arriver là’’, a-t-il cependant souligné, notant que les syndicalistes sont ouverts au dialogue.

Le maire de la ville lors d’une audience qu’il avait accordée à l’intersyndicale des travailleurs des collectivités locales à laquelle étaient associé les travailleurs d’Abbas Ndao, avait affirmé avoir écrit au président de la République pour ce qui concerne l’hôpital et s’en être déchargé, a indiqué Arona Diop.

Il a précisé que tant que les textes en vigueur ne seront pas abrogés, l’intersyndicale considérera le maire comme le président du conseil d’administration de l’hôpital.

Deux rencontres tripartites entre le ministère de la santé, Abbas Ndao et le maire ont été tenues mais les décisions qui en étaient sorties n’ont pas été appliquées, a-t-il ajouté.

1 Message

  • Sénégal : grève dans les hôpitaux 20 juillet 2010 17:20, par Toto

    Les personnels de la santé marchent pour le respect des accords avec l’Etat

    07/07/2010 13:40 GMT

    Dakar, 7 juil (APS) - Une centaine de membres du Syndicat unique des travailleurs de la santé et de l’action sociale (SUTSAS) et du Syndicat autonome de la santé (SAS) ont battu le macadam mercredi, pour le respect des accords signés l’année dernière avec le gouvernement, a constaté l’APS.

    Partis de la place de l’Obélisque, infirmiers, sages-femmes, d’assistants sociaux, etc., ont, pendant deux heures d’horloge, marché jusque devant les grilles de la Radiodiffusion télévision du Sénégal (RTS, publique).

    Portant des blouses blanches et des foulards rouges, ils ont dénoncé leurs conditions de travail, à travers des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : ‘’Recrutement des agents de santé communautaire’’, ‘’Pour la signature du décret portant statut du personnel des établissements publics de santé (EPS)’’.

    Les syndicalistes s’insurgent également contre ‘’la privatisation des hôpitaux’’. Sur d’autres pancartes, ils disent ‘’Oui à l’épongement de la dette hospitalière’’ et à ‘’ l’érection des régions médicales en directions régionales de la santé’’.

    ‘’Nous exigeons le recrutement de 858 agents de santé. Nous demandons l’épongement de la dette hospitalière qui s’élève à 14 milliards’’, a indiqué Saliou Daff, membre du bureau du SUTSAS.

    ‘’Le gouvernement n’a pas matérialisé les accords signés’’, a dit le syndicaliste, affirmant que la reforme hospitalière ‘’n’a pas été soutenue’’.

    Lui emboîtant le pas, Emillie Sarr, chargée de la question de genre au SUTSAS, a souligné que le personnel de santé ne veut que ‘’l’amélioration des conditions de travail’’.

    ‘’On n’a jamais eu d’avantages. On a noté récemment 17 cas de polio, c’est honteux. Le gouvernement n’est pas intéressé pas les maladies qui touchent les Sénégalais. On ne négociera plus, on veut la matérialisation des accords’’, a-t-elle demandé.

    Les représentants de la convergence syndicale dans les régions de Matam et de Thiès ont pris la parole pour exhorter leurs camarades à la mobilisation.

    Escortée par un dispositif sécuritaire, la marche a regroupé les différentes sections du SUTSAS/SAS de toutes les régions du Sénégal.

    Le secrétaire général adjoint de l’Union nationale des syndicats autonomes du Sénégal (UNSAS), Mamadou Diop Castro, a participé à la manifestation.

    La convergence SUTSAS /SAS prévoit un sit-in le 14 juillet prochain et une grève générale le 22 et 24 juillet.

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