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Grèves mai 2009 au Sénégal

samedi 9 mai 2009, par Robert Paris

Le front social est en ébullition avec les mouvements d’humeur des travailleurs de la Santé, de l’Education et du Nettoiement. Tous annoncent un arrêt de travail pour exiger la matérialisation des accords signés avec le gouvernement.

Sit-in le 19 mai prochain de 10 h à 16 h dans tous les hôpitaux du Sénégal pour les travailleurs de la Santé, grève du 12 au 14 mai pour les enseignants du Cadre unitaire des syndicats d’enseignants (Cuse) et grève illimitée pour les travailleurs du nettoiement. Le front social est en ébullition.

En conférence de presse hier, les responsables syndicaux de la Santé (Syndicat des travailleurs de la Santé et de l’Action sociale ou Sutsas) et les enseignants membres du Cadre unitaire des syndicats d’enseignants (Cuse) ont exprimé leur détermination à aller jusqu’au bout pour exiger l’application des accords signés avec le gouvernement. « Le ministre de la Santé sortant avait pris des engagements fermes. Nous demandons à son successeur de s’atteler rapidement à leur règlement suivant le principe de la continuité de l’Etat », a dit le Secrétaire général national du Sutsas, Mballo Dia Thiam.

Les travailleurs de la Santé réclament, entre autre, l’effacement de la dette des hôpitaux, la signature du décret relatif au relèvement du niveau de recrutement à l’Ecole nationale de développement sanitaire et social (Endss), celui portant statut des agents des Etablissements publics de santé. De même que le paiement des salaires des contractuels. « Certains, souligné Mballo Dia Thiam, sont restés plusieurs mois sans salaire ». Et le Secrétaire général-adjoint du Sutsas, Diamé Sow, d’exiger le recrutement de ces derniers dans la Fonction publique. « Les contractuels sont aujourd’hui les piliers de notre système sanitaire. Dans certaines zones, ils représentent plus de trois quarts des agents. L’alternative, c’est leur recrutement dans la Fonction publique ».

Soulignant n’avoir aucun a priori sur le profil du nouveau ministre, le Sutsas réclame aussi la ratification de la loi d’orientation sociale dans l’esprit des conclusions des assises nationales de la Santé et de l’Action sociale, ainsi que la convention internationale sur les droits des personnes handicapées qui consacre des avancées significatives dans l’accès aux soins à ce groupe vulnérable.

L’Ird, point d’achoppement

Quant aux enseignants, ils continuent à réclamer l’Indemnité de recherche documentaire (Ird), principal point d’achoppement des négociations avec le gouvernement.

Le coordonnateur du Cuse, Mamadou Diouf, a qualifié l’offre de l’Etat « d’injurieuse » puisqu’elle ne propose que « 769 Fcfa supplémentaires par enseignant », rappelant que c’est l’une des raisons de l’échec de la rencontre du 22 avril dernier. « Nous avons proposé 15000 Fcfa pour faciliter les choses, mais la proposition n’a pas été acceptée », a dit Mamadou Diouf. Un refus qu’il considère comme « un mépris » d’autant plus que « nos collègues du Supérieur, du Secondaire et les inspecteurs reçoivent respectivement 300.000, 75.000 et 150.000 Fcfa le mois ».

C’est pourquoi le Cuse invite ses membres à se mobiliser pour les prochaines 72 H de grève prévues les 12, 13, 14 mai prochains. Une grève qu’ils comptent mener jusqu’au bout, car, selon M. Diouf, le gouvernement les pousse à la diète « au moment où il renforce ses charges avec une pléthore de ministres », demandant aussi le respect des accords de 2003.

Grève illimitée

A l’instar des enseignants, des professionnels de la Santé, les travailleurs du Nettoiement sont en mouvement. Ils observent à partir d’aujourd’hui à minuit une grève illimitée pour exiger du gouvernement le respect des accords signés. « Nous en avons assez des engagements signés et non respectés par le gouvernement. A chaque fois que les autorités nous appellent, elles prennent des engagements sans les respecter », regrette Madani Sy, coordonnateur du Front unitaire des syndicats du Nettoiement qui regroupe trois syndicats (le Syndicat national des travailleurs du Nettoiement, le Syndicat national des agents de la propreté-rénovation et le Syndicat national des professionnels de l’Environnement).

Ces travailleurs, qui sont à leur 3e plan d’action, exigent le paiement des salaires du mois d’avril, la réintégration « immédiate et sans condition » des 15 délégués du personnel de Veolia licenciés « abusivement », le versement par l’entente Cadak-Car des cotisations sociales et l’immatriculation des travailleurs à la Caisse de sécurité sociale. « La Caisse de sécurité de sociale a adressé une lettre de mise en demeure à l’entente Cadak-Car pour la régularisation de nos cotisations sociales », révèle Madani Sy.

A cette liste, s’ajoutent d’autres points qui datent de l’époque de la défunte société « Ama-Sénégal » liquidée le 26 juillet 2006. Il s’agit notamment du paiement des arriérés de congé dus aux ex travailleurs d’Ama-Sénégal, le règlement des indemnités de transport de 2006 à 2009 et qui, selon M. Sy, s’élèveraient à 156.961.000 de francs Cfa.

Les travailleurs du Nettoiement exigent également une prise en charge médicale. « Nous avons une mutuelle de santé qui n’est pas fonctionnelle. L’entente Cadak-Car prélève des cotisations sociales qu’elle ne reverse pas », fulmine le coordonnateur du Front unitaire des travailleurs du Nettoiement.

Pour une meilleure prise en charge des problèmes spécifiques à leur secteur d’activité, ils réclament aussi l’adoption d’une Convention propre aux travailleurs du nettoiement.

Conscients que leur grève aura des conséquences graves, notamment au plan sanitaire, Madani Sy se félicite du soutien des populations. « Les populations nous comprennent et nous soutiennent dans notre lutte », assure-t-il. Pour une satisfaction rapide de leurs revendications, il en appelle au chef de l’Etat, Me Abdoulaye Wade. « Nous demandons au président de la République de nous recevoir et de nous impliquer dans la prise de décision, parce que nous ne savons plus à quelle autorité se fier ».

Mamadou GUEYE, Maïmouna NIASSE et Idrissa SANE

Le Front unitaire des syndicats du nettoiement a décrété samedi un mot d’ordre de grève illimitée dans la région de Dakar, pour protester notamment contre le retard dans le paiement des salaires des techniciens de surface.

‘’Les revendications tournent autour du paiement des salaires et des arriérés du mois d’avril. Pour percevoir nos salaires, c’est la croix et la bannière. On ne sait pas si les salaires vont être payés’’, a indiqué Madani Sy, secrétaire général du Syndicat national des travailleurs du nettoiement (SNTN), membre du Front.

L’autre problème est relatif ‘’aux arriérés de congé dus aux ex-travailleurs d’Ama-Sénégal, suite à la liquidation de la société. L’agent judiciaire de l’Etat a fait des pas, mais il se pose un problème d’argent au Trésor’’, a dit M. interrogé, interrogé, samedi, par la RFM. 

Il a souligné que l’autre motif de cette grève ‘’suivie à 95 pour cent’’, c’est pour demander la ‘’réintégration immédiate sans condition’’ de 15 délégués syndicaux de Véolia qui ont ‘’abusivement licenciés’’, en guise de représailles, par la direction générale de l’entreprise, suite à la dernière grève des agents du nettoiement en février.

‘’L’autre revendication est relative au non-reversement des cotisations sociales depuis 2006 par l’entente CADAK-CAR (Communauté des agglomérations de Dakar-Communauté des agglomérations de Rufisque)qui doit plus de 400 millions de francs à la Caisse de sécurité sociale’’, a expliqué Madani Sy.

Il a également évoqué un problème d’arriérés d’avancement et de primes de transport qui doit être ‘’réglé définitivement’’.

M. Sy a en outre déploré ‘’qu’aucune autorité n’est venue nous voir’’, avant d’ajouter : ‘’pour nous, il y a un manque notoire de respect notoire, une absence de volonté politique, par rapport à cette situation’’.

AD

En grève depuis mardi dernier, le Cadre unitaire d’action des syndicats d’enseignants (CUSE) envisage de passer à la vitesse supérieure avec un nouveau plan d’actions. Une grève de 72heures est prévue à partir de mardi prochain. En conférence de presse ce vendredi 08 mai à son siège, le CUSE a exigé le respect des engagements de l’Etat à savoir l’octroi des Indemnités de recherche documentaire (IRD). Les enseignants grévistes ont, par ailleurs, évalué leur plan d’actions de cette semaine.

La grève des enseignants n’a pas encore trouvé son épilogue. Le Cadre unitaire d’action des syndicats d’enseignants menace de poursuivre son mouvement de grève à partir du mardi 12 mai. Ces enseignants exigent le respect des engagements de l’Etat. Depuis la rencontre du mercredi 22 avril 2009 le gouvernement « s’est arc bouté sur ses positons faisant une offre injurieuse de 769f cfa supplémentaire pour chaque enseignement du préscolaire et de l’élémentaire et par moi » a soutenu le secrétaire générale de confédération des syndicats autonomes, Mamadou Diouf. Il a poursuivi que « c’est cette attitude provocatrice » du gouvernement qui les a conduit à élaborer un autre plan d’actions.

Ces enseignants grévistes ont estimé que le gouvernement doit faire l’effort de rejoindre les enseignants du préscolaire et l’élémentaire sur un minimum mensuel de 15.000f. Ils n’excluent pas l’idée d’aller à une confrontation avec l’Etat s’il persiste. Evaluant leur mouvement de grève Mamadou Diouf a fait savoir qu’il est suivi à 80%. Ces enseignants qui disent être ouverts aux négociations, ont salué la décision de leurs collègues de l’INSEPS et de l’ENSETP de lever leur mot d’ordre de grève de la faim.

DAKAR, 5 mai (Xinhua) — Les travailleurs de la Société nationale des télécommunications (SONATEL) ont menacé mardi d’aller en grève si France Télécom ne renonce pas à sa volonté de devenir actionnaire majoritaire de leur entreprise, rapporte mardi l’Agence de presse sénégalaise (APS).

’’Nous avons déposé un préavis de grève générale. Et à l’expiration du préavis, si les adversaires de la solution nationale ne s’expriment pas conformément à la volonté du peuple, nous allons mettre en oeuvre cette autre étape pour montrer à ce pays qu’une grève des télécommunications n’est pas souhaitable’’, a notamment déclaré Mamadou Aïdara Diop, représentant des travailleurs de la SONATEL.

Les travailleurs de la SONATEL ont organisé le même jour une marche à Dakar, pour protester contre la cession à France Télécom de 9,87% des actions détenues par l’Etat à la SONATEL, ce qui permettra à France Télécom de posséder 52,2% des actions de la société.

Un conseil d’administration devra examiner mercredi cette concession issue d’un protocole d’accord signé le 8 avril dernier entre l’Etat du Sénégal et France Télécom.

Selon l’APS, face à l’opposition des travailleurs qui craignent pour leurs emplois, le gouvernement sénégalais est par la suite revenu sur sa décision, privilégiant désormais une solution nationale.

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