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RD Congo : la dictature ne cèdera qu’à la révolution sociale

jeudi 20 septembre 2018

Un des massacres de la dictature Manifestations et grèves

RD Congo : la dictature ne cèdera qu’à la révolution sociale

Alors que la République « Démocratique » du Congo regorge de richesses, l’essentiel du peuple vit dans la pire misère, subit l’absence de santé, d’éducation, souvent d’emploi et même parfois de nourriture, l’absence de sécurité aussi, avec des guerres civiles permanentes, et aussi avec le virus Ebola qui revient périodiquement sans que l’Etat se mobilise pour récupérer des médicaments, s’engage seulement pour exiger des trusts pharmaceutiques qu’ils livrent les vaccins qu’ils ont découvert contre le virus meurtrier Ebola !!

Le régime qui gouverne le pays est fondé sur la dynastie Kabila et, en annonçant qu’il se retirait de la course à la présidence, Kabila (deuxième du nom) avait étonné ! Mais on a vite appris que c’était juste pour mettre un prête-nom à sa place en la personne de son ex premier ministre et actuel président du parti présidentiel !!!

Donc si Kabila 2 faisait mine de lâcher le pouvoir, ce n’était qu’une attitude parfaitement mensongère ! De plus, il a parfaitement organisé le passage de témoin dans cette course au pouvoir en rendant inéligibles tous les autres opposants dangereux, au risque de provoquer une nouvelle guerre civile. L’opposition politique appelle les travailleurs et la population à la lutte contre cette dictature mais le changement de personne à la tête du pouvoir doit-il être l’objectif de la lutte des travailleurs ?

Ce n’est pas les élections organisées par la dictature, ce n’est pas l’alternance politicienne au pouvoir de la dictature, ce n’est pas l’opposition politique bourgeoise et petite-bourgeoise au sein de la dictature, ce n’est pas avec l’armée de la dictature et avec sa hiérarchie militaire toute pourrie, ce n’est en laissant en place les forces de répression au service des classes dirigeantes, ce n’est pas en laissant à la classe possédante sa mainmise sur l’économie et le pouvoir, ce n’est pas en changeant seulement les individus ou les partis que l’on sortira de la dictature en RDC Congo !

On nous a mille fois expliqué qu’il suffirait de changer l’homme qui détient le pouvoir suprême sur l’Etat pour que la société change mais tout démontre que cela ne suffit certainement pas !

L’alternance politique bidon, le changement de personnes sans changement politique et social réel, on en a eu plusieurs fois la démonstration en Congo-Zaïre-RDC : la fin prétendue du colonialisme, la fin de Mobutu, la fin Kabila numéro un, et maintenant la prétention de remplacer Kabila numéro deux par Shadary. Et, à chaque fois, le changement n’a été que de façade ! La plupart du temps, ceux qui n’ont même pas changé de noms de famille, ce sont les pouvoirs sur les entreprises, sur les fortunes, sur les profits… Tout au plus, l’indépendance a été marquée par le remplacement de dictateurs coloniaux par leurs agents congolais… Même pas moins sanglants, pas moins pourris, pas moins exploiteurs que les précédents et ils travaillent toujours au service des mêmes. Les vrais patrons des mines et des grandes productions sont toujours les mêmes trusts occidentaux dont les gouvernants ne sont que les exécutants. L’argent des trusts occidentaux sert à payer un appareil d’Etat au service de l’ordre néo-colonial, comme autrefois de l’ordre colonial…

Faisant semblant de se retirer de la course à la présidence, Kabila a en effet désigné Emmanuel Ramazani Shadary comme son dauphin et il va de soi que l’élection, dans de telles conditions, n’est qu’une formalité. A cette annonce, des manifestations ont éclaté contre le déni de démocratie et la répression a fait des nouveaux morts, illustrant que les manifestants avaient raison en accusant le régime d’être une dictature sanglante !

La dictature se présente d’ailleurs sous mille formes : corruption, détournements de fonds, népotisme, répression, arrestations arbitraires, massacres militaires, assassinats ciblés et autres…

Les guerres civiles, notamment celle de 1996 à 2002, mais aussi les guerres actuelles et divers massacres, ont fait du peuple congolais un des plus martyrisé (sept millions de morts) et déplacé du monde. Les 68 millions de réfugiés en 2017 dans le monde viennent majoritairement d’Afrique. La République Démocratique du Congo et le Soudan viennent en tête planétaire des déplacements de population… L’une des pires horreurs auquel le régime condamne « son peuple » est celui de l’esclavage forcé capitaliste sous sa forme la plus violente.

La situation des ouvriers en RDC n’est pas reluisante. La population vit dans la pauvreté avec moins d’un dollar par jour, en moyenne !!!

Seulement 5% d’ouvriers congolais se retrouvent dans le secteur formel, employés par quelques grandes entreprises qui, autant que possible, tentent de les rémunérer le moins possible. Par contre, la grande majorité (soit 95%) œuvre dans l’informel, notamment dans le privé, sans contrat, soumis bien malgré elle aux frasques des employeurs radins qui ne se soucient pas de ses conditions sociales.

La seule classe de la société qui ne profite de rien, qui n’exploite personne, qui ne détient aucune richesse, qui n’a signé aucun accord occulte avec le grand capital occidental, qui ne détourne aucune richesse par la corruption, qui ne magouille rien au sein du pouvoir, qui n’a pas de politicien à son service, c’est le prolétariat.

Le prolétariat de RDC produit toutes les richesses que les classes possédantes se partagent. Il travaille dans les mines, dans les usines, dans les ports, dans les champs, dans les bureaux et partout, il est surexploité, malmené. On lui interdit tout droit politique, tout droit social, tout pouvoir sur le fonctionnement social et politique et y compris tout droit de se diriger lui-même, de s’organiser lui-même.

Et pourtant, le prolétariat de RDC Congo est la classe sociale potentiellement la plus forte de toute la société, bien plus forte que les partis politiques, que les clans du pouvoir ou hors du pouvoir…

Elle s’est maintes fois battue et mène actuellement de nombreuses luttes sociales, mais elle n’a aucune représentation politique. Les opposants politiques sont de la bourgeoisie ou de la petite bourgeoisie. Les travailleurs ne dirigent même pas leurs propres syndicats.

Les luttes sociales sont nombreuses. Grève des transports en commun, grève des médecins, grève des marchés municipaux, grève des professeurs, grève des infirmières, grève du secteur public, même les footballeurs et sans parler des grèves générales de l’opposition politique…

Mais ces luttes, loin de permettre d’affirmer le prolétariat comme une classe porteuse de perspectives, se contentent de le montrer comme une victime, comme un déshérité, comme un opprimé.

Les crises de la domination de la bourgeoisie en RDC Congo ont été multiples avec l’indépendance et depuis, mais, dans aucune d’elles le prolétariat ne s’est lui-même organisé pour postuler au pouvoir. Ce n’était pas la perspectives des syndicalistes purs, ce n’était pas celle de la petite bourgeoisie nationaliste ni celle des dirigeants staliniens ou social-démocrates. Jamais le prolétariat de RDC Congo n’a eu de direction révolutionnaire prolétarienne et c’est cela qui a marqué la limite de tous les combats politiques et sociaux.

Même Lumumba, l’un des leaders les plus radicaux, pourtant lui-même postier, n’a pas représenté l’indépendance politique du prolétariat ni la perspective communiste révolutionnaire, du fait que le stalinisme était un suppôt de l’ordre bourgeois mondial.

L’appareil d’Etat de Lumumba était celui hérité du colonialisme et c’est le chef des armées nommé par lui, Mobutu, qui l’a renversé… La perspective de Lumumba n’était pas l’armement du prolétariat ni son organisation indépendante, car ce n’était nullement la perspective défendue par les staliniens et la petite bourgeoisie nationaliste, ainsi que les leaders syndicaux qui le soutenaient.

La seule perspective pour la lutte des travailleurs en RDC Congo, c’est l’indépendance politique et sociale des travailleurs. Cela passe par la construction d’un courant ouvrier révolutionnaire et par la formation, à la base dans les entreprises, de comités ouvriers révolutionnaires.

Sans ces deux éléments fondamentaux, les luttes sociales, même si elles deviennent très radicales, ne feront une fois encore que profiter à des aventuriers, à des bourgeois, à des démagogues ou à des chefs militaires.

Tous ceux qui se présentent comme des oppositions ne visent qu’à remplacer le pouvoir actuel mais pas à le renverser.

Un moyen bien simple de reconnaître ces opportunistes est le fait qu’ils se présentent tous comme prêts à gouverner à la place des masses travailleuses et non à mener une lutte pour le pouvoir aux travailleurs. Tous dénoncent certes la dictature du chef de l’Etat mais pas celle des possesseurs de capitaux nationaux et internationaux.

Le seul moyen de distinguer les vrais amis des faux en politique, ce n’est pas la radicalité des luttes proposées, ce n’est pas non plus la radicalité des propos contre le pouvoir, mais c’est deux points essentiels :

1°) L’organisation des travailleurs par eux-mêmes dans les entreprises et les quartiers et la large diffusion d’un programme des travailleurs révolutionnaires

2°) L’objectif de la suppression du pouvoir sur l’économie et l’Etat des possesseurs de capitaux et la suppression de l’appareil d’Etat bourgeois, en particulier tous les chefs de l’appareil répressif : armée, police, administration, prisons, etc.

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