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L’Etat français, complice du plus grand réseau pédophile : l’Eglise catholique

mardi 21 juin 2022, par Karob, Robert Paris

édito

L’Etat français, complice du plus grand réseau pédophile : l’Eglise catholique

Une commission d’enquête est en train de communiquer ses résultats concernant les crimes pédophiles commis par des prêtres de l’Eglise chargés de l’éducation religieuse d’enfants et qui s’en sont servis pour commettre des abus sexuels sur des mineurs. Elle n’est ni une émanation de la Justice, ni de la Police, ni d’un organisme quelconque de l’Etat ou du parlement ou du Sénat. D’ailleurs, il est bien significatif que le rapport de cette « commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise », souvent appelé « commission Sauvé » du nom de son président, ait été communiqué d’abord à deux hauts responsables catholiques et non à la justice, à la police, au gouvernement ou au parlement. C’est que cette commission a été constituée par l’Eglise et pour l’Eglise. Elle est en fait mise sur pied par… l’Eglise elle-même et sert avant tout à étouffer le scandale et à faire taire les victimes.

Un des points relevés par cette commission a été la distorsion entre le nombre estimé de victimes (des centaines de milliers) et le nombre de personnes ayant porté plainte (quelques centaines). Mais, quand on connaît le milieu religieu catholique qui est concerné, on comprend mieux que la loi du silence y prévale. Les croyants craignent de faire du mal à l’image de l’Eglise et subissent d’énormes pressions du milieu des croyants pour ne pas révéler les actes scandaleux commis. Dénoncer les crimes, c’est salir l’Eglise et donc se mettre à dos tout leur milieu et cela arrête la plupart des démarches de plaintes.

Non seulement il faut remarquer que ces crimes commis sur les enfantsd datent parfois de dizaines et de centaines d’années et que c’est seulement maintenant qu’on enquête dessus. Mais il faut aussi remarquer que les affaires qui se sont révélées ne sont certainement qu’une petite partie de l’iceberg. C’est dire que ces crimes sont globaux, généraux, nombreux, et ne peuvent pas être traités comme des cas particuliers. Ce n’est pas seulement des individus que cela accuse mais l’institution même de l’Eglise.

Cette dernière, en éduquant les enfants, prétendant les pousser à « combattre le Mal » qui est… en eux ! Et il s’avère en fait que le fameux « Mal » est dans l’Eglise. Et pas seulement dans quelques individus de l’Eglise mais dans l’ensemble de l’organisation religieuse, dans ses principes, dans ses règles, dans ses comportements, dans son idéologie, en somme partout.

Cette commission (indépendante… des victimes et de la population) prétend avoir entendu toutes les victimes qui le souhaitaient et avoir reconnu tous les cas nécessitant des indemnités et se charge de les évaluer et de les distribuer. Elle sous-entend ainsi qu’une fois cela réalisé, il n’y aura plus de scandale et personne n’aura plus à enquêter sur ces crimes. Et c’est déjà un crime d’affirmer cela ! Car la plupart des victimes sont baillonées par leur milieu catholique pratiquant et par la hiérarchie catholique coupable de ces crimes et de leur étouffement.

La commission Sauvé ne reconnait qu’un peu plus de 200.000 victimes de crimes pédophiles par des religieux ayant autorité religieuse sur les enfants en question et affirme que seulement environ 700 ont déposé une plainte, les autres préférant le silence selon eux. Mais d’autres estimations donnent un million de victimes en France. Il faut dire que les victimes ont toutes des familles religieuses qui ne souhaitent ni que les enfants se plaignent, ni faire payer l’Eglise, ni faire savoir ce qui s’est passé. Non seulement les responsables religieux font pression pour que les enfants se taisent mais ils font pression, sur eux ou sur leurs parents et amis, pour qu’ils ne déposent pas de plainte et ne réclament aucune compensation financière.

Personne n’a demandé que les cas connus par elle seule soient communiqués à la Justice ni à la Police, ni à aucune institution habituelle d’enquête sur les cas pédophiles. Et cela seul est bien significatif de la complicité entre la commission et la hiérarchie de l’organisation catho-pédophile.

L’essentiel des religieux qui ont commis ces actes répréhensibles sur les enfants qui leur étaient confiés n’ont pas été inquiétés et même continuent d’officier. Ils ont été couverts par le secret de la confession et par l’absolution de l’Eglise ! C’est du coup un véritable réseau pédophile que l’Eglise catholique de France puisque les responsables couvrent les crimes de leurs subordonnés et que la hiérarchie cherche seulement à étouffer les affaires. Les plus hauts responsables de l’Eglise ont fait pression sur les victimes et leurs familles pour les faire taire. Ils ont continué à laisser les criminels s’occuper d’enseignement religieux des enfants. Or, il faut savoir que l’ « enseignement » religieux suppose un acte d’autorité de la part des « enseignant » qui dépasse largement l’autorité que l’on donne normalement à de enseignants non religieux. Dans l’Eglise, il y a vœu d’obéissance. Ce n’est pas le cas dans l’Ecole !

De ces centaines de milliers de crimes pédophiles réalisés au travers des écoles religieuses, il n’est résulté qu’un nombre infime de mises en accusation, de jugements, d’incarcérations et autres peines judiciaires et pénitentiaires. L’Etat a fermé les yeux comme il ne l’aurait jamais fait pour un autre réseau pédophile d’une telle ampleur, s’il ne s’agissait de l’Eglise qui est l’un des piliers de l’ordre qui toujours appuie l’Etat et le pouvoir de la classe dominante !

Ce n’est nullement un hasard lié à quelques personnalités déviantes qui a donné naissance à un tel crime de masse. La loi du silence qui l’a entouré n’est nullement le fait de quelques individus malvaillants ou mal informés mais de l’essentiel de l’institution, hors quelques cas particuliers. L’essentiel de l’Eglise n’a pas réellement condamné les crimes mais les a, au contraire, couverts, condamnant plutôt ceux des catholiques qui s’en prenaient à leur Eglise, prétendant en sous-main qu’ils voulaient juste la salir ou lui tirer de l’argent. La hiérarchie religieuse a utilisé ses réseaux, ses organisations, sa couverture du territoire, ses bonnes relations au sommet pour déplacer les criminels, pour les cacher, pour les faire oublier, pour leur éviter de passer en justice et pour leur redonner des tâches d’encadrement d’enfants, leur permettant ainsi de commettre de nouveaux crimes.

Ce sont bien des principes de base de l’Eglise catholique et pas l’existence de quelques « brebis galeuses » qui ont permis la multiplication des abus sexuels sur mineurs parmi les enfants encadrés par des prêtres. L’un des premiers de ces principes catholiques est le fait que le prêtre chargé de l’éducation religieuse a vocation à représenter Dieu et est donc considéré par l’enfant comme « un père », une autorité indiscutable qui parle et agit au nom de Dieu, qui sait ce que l’on doit faire et ne pas faire, que l’on ne peut pas remettre en question, dont les avis ne sont pas attaquables. Le deuxième principe catholique en cause est celui de la confession : le confesseur a la capacité à blanchir le coupable et il a le devoir de faire silence sur les crimes commis. C’est lui qui décide de la punition et ensuite il n’y a plus à revenir sur la faute. Le confesseur n’a pas à soumettre son avis à la Justice, ni à la Police, ni à la société, pas même aux victimes. Il n’a pas à informer les parents, la famille des victimes, etc. Un autre principe qui a beaucoup servi dans ces affaires est l’esprit de corps : il faut défendre l’Eglise comme un tout. Accuser publiquement un responsable, c’est salir tout le corps religieux, cela ne se fait pas si on est bon croyant catholique. Le catholicisme n’est pas seulement une idéologie mais un milieu social, dans lequel l’enfant n’a cessé de vivre et il est censé ne pas imaginer de vivre dans un monde non-catholique. Du coup, critiquer l’Eglise c’est rompre avec tout son milieu. Un autre principe dit que l’enfant doit être exclusivement plongé dans un milieu catholique dès la petite enfance, être enseigné à un âge où il n’a pas la capacité de contredire, c’est le « laissez venir à moi les petits enfants » avec les enfants de chœur, les enfants servant la messe, les enfants à l’école religieuse et au cathéchisme, aux scouts catholiques comme aux fêtes pastorales, les enfants qui font leur première communion, leur confirmation, etc., et bien sûr les entretiens individuels avec les prêtres, les confessions…

Enfin, une autre règle catholique est à mettre en cause : le célibat des prêtres qui sont censés non seulement n’avoir ni femme ni enfants mais sont également censés n’avoiraucune compagne sexuelle ni aucun compagnon. Résultat : les relations sexuelles normales, au sens non pédophiles, sont elles-mêmes clandestines, interdites, en rupture avec la morale catholique, l’acte pédophile n’est donc qu’un péché parmi d’autres pour le prêtre catholique, un péché qui peut être pardonné par la confession. Un dernier principe a permis cette floraison d’actes pédophiles non combattus par l’Eglise : les hauts représentants catholiques dépendent essentiellement du Saint Siège de Rome qui a systématiquement refusé de combattre la pédophilie des prêtres et les reponsables catholiques qui ont couvert les actes pédophiles n’ont pas été démis par la papauté ou l’ont été seulement quand la publicité de ces actes a rendu la démission inévitable comme pour le chef religieux catholique français, le Primat des Gaules, coupable d’avoir caché et protégé des prêtres pédophiles.

Un autre milieu a refusé de mettre en cause l’Eglise, rendant possible cette floraison d’actes pédophiles pendant des décennies, c’est celui de l’Etat et des institutions. La justice, comme la police, comme le gouvernement, comme le parlement, comme toutes les institutions de la prétendue République laïque ont fermé les yeux sur ces curés pédophiles et sur leurs complices, des évêques et autres hauts responsables catholiques, comme ils ne l’auraient pas fait pour des pédophiles ordinaires et encore moins pour toute une organisation servant, volontairement ou pas, des buts pédophiles. L’Etat a été lui-même complice de ces crimes commis pendant des centaines d’années sur des centaines de milliers de victimes.

Il faut aussi rappeler que ces crimes ne sont pas non plus provenus du hasard, de quelques « brebis égarées » et que les crimes provenaient des fondements même de la réligion telle qu’elle est exercée et des obligations qu’elle impose. Et tout d’abord du fait qu’on choisit d’éduquer religieusement et de fourrer des idéologies obscures dans les cervelles d’enfants encore incapables d’avoir un avis personnel sur celles-ci, qu’on donne aux prétendus éducateurs une autorité morale telle qu’ils puissent faire passer leur bric à brac de propagande pour des vérités éternelles, et que les religieux en question ont des raisons particulières pour être sensibles de manière sexuelle à la présence aussi proche d’enfants sans défense, n’ayant pas pu, du fait des ordres même de l’Eglise, avoir une sexualité normale, puisque le mariage leur est interdit et que la présence même d’une compagne leur est officiellement interdite. Ce dernier point les amène à des relations sexuelles clandestines avec des enfants non déclarés, point qui est déjà un scandale, ou à des relations sexuelles forcées avec des enfants qui prennent ces adultes en responsabilité pour des autorités morales qu’on ne peut pas refuser de suivre.

Cela fait des centaines d’années que ce scandale a lieu, même si la commission s’est limitée aux cas depuis 1950. Et cela fait autant d’années que l’Etat français s’est refusé à instruire un procès de l’Eglise comme organisation pédophile. Maintenant que l’affaire est sur la place publique, et elle l’est mondialement, pas seulement en France, l’Etat continue de se refuser à accuser l’un des piliers de son pouvoir. La laïcité de l’Etat français n’est donc qu’une parodie. L’Eglise de France a toujours soutenu le pouvoir d’Etat depuis des temps immémoriaux et elle en a obtenu une reconnaissance qui lui est bien pratique pour couvrir des crimes. Ainsi, l’Eglise de France a acceuilli et caché les prêtres blancs criminels du Rwanda sans que l’Etat français ne l’en empêche. L’Eglise de France a été aussi un des suppôts du vichysme, version française du fascisme. Là encore, l’Etat français, même après la chute du vichysme, s’est bien gardé d’enquêter sur les milieux fascistes dans l’Eglise. On retrouve ces derniers dans les prétendus combats contre le mariage des homosexuels ou contre la procréation assistée notamment. L’homphobie publique est interdite officiellement en France mais cela n’empêche pas l’Eglise, et notamment le Pape, de faire publiquement acte d’homphobie, affirmant notamment que l’homosexualité est un pécher grave et une forme d’action du Diable. N’oublions pas que l’Eglise n’a rien renié de ses crimes du passé, ses crimes coloniaux, ses crimes fascistes, ses crimes contre les Musulmans et les Juifs.

Dans toute cette affaire des scandales de l’Eglise, des crimes de pédophilie notamment, il s’avère que le plus diabolique, c’est bien l’Eglise elle-même, dans ses actes comme dans son idéologie et dans toutes ses règles et tous ses principes. L’un de ces principes consistant à se lier aux classes possédantes, à les défendre et à se lier aux Etats à leur service a bien servi l’Eglise pour continuer durant des décennies à torturer sexuellement des enfants qui lui étaient confiés !

Sauvé ? Qui ? L’Eglise ? Ou les victimes d’abus sexuels ?

Selon le rapport de la commisssion Sauvé, il y aurait eu 330.000 victimes depuis 1950 et le nombre de prêtres pédocriminels serait environ de 3000…La commisssion elle-même appelle cela une « estimation minimale » ! Elle est sans doute très très en dessous de la réalité…

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Qui est Sauvé ?

Ses parents sont des catholiques fervents dont il hérite une foi et une éducation ouverte et confiante : « mes parents étaient à la fois d’une grande piété et d’une grande ouverture aux autres. Ils ne séparaient pas leur foi et leur pratique d’une présence au monde qui fait l’expérience vivante de la solidarité et de la charité »

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« L’autorité liée à l’exercice du ministère sacerdotal a ainsi pu donner aux abuseurs le sentiment qu’ils bénéficieraient, en tant que prêtres, d’une certaine immunité » écrit wikipedia qui rajoute :

« Le pardon reçu lors du sacrement de réconciliation, ou confession, implique que la personne qui a commis une faute en assume la responsabilité et cherche à la réparer. D’après plusieurs observateurs, la culture du pardon, propre à l’Église, a toutefois donné lieu à des dérives dans le cas des abus sexuels »

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