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Que demandons-nous aux gouvernants et aux possédants capitalistes pour faire face au coronavirus et à l’effondrement économique et financier ?

vendredi 13 mars 2020, par Robert Paris

édito

Que demandons-nous aux gouvernants et aux possédants capitalistes pour faire face au coronavirus et à l’effondrement économique et financier ? Qu’attendons-nous d’eux ? Rien ! Peuple travailleur du monde, que demandons-nous à nous-mêmes pour y faire face (auto-organisation, coordination, mesures d’urgence, décisions mises en œuvre, contrôle, élection de délégués, transformations sociales et politiques, révolution) ? Tout !

Tous les média, tous les hommes politiques, tous les partis et syndicats, quelle que soit leur orientation, tous les gouvernants, de tous les pays et toutes les couleurs politiques, ne dissertent que sur une chose : ce que devraient faire les gouvernants, les Etats et les capitalistes pour faire face au coronavirus et à l’effondrement boursier, financier, pétrolier, économique et social. Chacun y va de ses conseils aux décideurs économiques et politiques, c’est-à-dire à la classe capitaliste et à ses pantins au pouvoir. Eh bien, c’est exactement ce que nous ne ferons pas, ni dans ce texte ni ailleurs dans nos prises de position. Et cela pour une simple raison : nous n’avons aucun conseil à leur donner malgré l’urgence de la situation et la profondeur de la crise et même à cause de ces deux raisons. En effet, même s’ils étaient pétris de bonnes intentions, gouvernants et classes possédantes, ayant d’abord et avant tout l’intention de sauver le système d’exploitation qui prend l’eau de toutes parts, sont totalement incapables de prendre des mesures utiles à la population. Ils sont incapables de « sauver l’économie », pour reprendre leurs termes hypocrites, et incapables de sauver la population mondiale de la pandémie ou même de la protéger un tant soi peu. Seul le peuple travailleur peut agir pour prendre les mesures d’urgence et lui seul est capable de ne pas craindre de s’en prendre à la propriété privée des moyens de production pour imposer les mesures d’urgence indispensables face à cette situation qui menace de devenir catastrophique pour le peuple travailleur du monde.

Pour le comprendre, il est indispensable de savoir que le capitalisme n’est pas en train de s’effondrer du fait du coronavirus mais c’est, à l’inverse, le capitalisme en plein effondrement qui a produit le coronavirus et l’a laissé se propager sans prendre les mesures d’urgence qui s’imposaient. Il suffit pour remarquer ce deuxième point de rappeler que partout où la santé au service du profit s’est imposée, les gouvernants se sont gardés de revenir dessus avec la crise du coronavirus alors que les profiteurs privés sont incapables de mettre en place des mesures d’urgence couteuses et qui ne leur rapporteraient rien. Même dans des pays comme la France où le service public de santé n’est pas encore entièrement détruit, cette destruction a poursuivi son œuvre malgré la menace du coronavirus et les gouvernants n’ont pas levé le petit doigt pour remettre en place le service public de santé qu’ils avaient largement contribué à démolir en fermant des hôpitaux, des services, des lits, en réduisant massivement les effectifs et les moyens du service public de santé, afin de mieux favoriser les services privés de santé et les laboratoires pharmaceutiques ainsi qu’en déversant l’essentiel de l’argent public de la santé aux trusts pharmaceutiques et au secteur privé du Bâtiment, des matériels médicaux et de l’Informatique. Cette destruction de l’hôpital public a été largement dénoncée ces derniers temps et, si les peuples se retrouvent démunis face à la pandémie, c’est grandement pour cette raison. Les manques criants de matériel comme les masques, les solutions hydro-alcooliques, les inhalateurs, les gants, les appareils respiratoires et autres tests qui rendent les services spécialisés dans la lutte contre le coronavirus complètement impuissants sont eux aussi à accuser. L’épidémie a démarré en décembre et les gouvernants auraient eu tout le temps de lancer des productions massives de matériels spécialisés dans la lutte contre le coronavirus et pourtant aucun gouvernement d’aucun pays ne l’a fait, tous étant mobilisés dans une tout autre lutte, celle pour retarder la chute économique de l’ancien système d’exploitation, qui est au bord du gouffre.

Mais y sont-ils parvenus ? Ont-ils fait autre chose que retarder l’échéance en aggravant encore l’ampleur des causes de l’effondrement ?

Bien sûr, aujourd’hui on fait semblant de croire que c’est le coronavirus qui fait s’effondrer les bourses, les marchés financiers, le pétrole et toute l’économie mais c’est complètement faux ! C’est de la pure propagande ! L’effondrement du capitalisme était attendu par tous les marchés pour la fin de l’année 2019 et personne, pas même les capitalistes et les gouvernants, n’avait pensé qu’on avait échappé à l’inévitabilité de l’effondrement du système capitaliste.

Tout au plus le coronavirus est un symptôme de la maladie mortelle du capitalisme et non une cause de sa mort. La chute de l’ancien système d’exploitation a été annoncée en 2007 et elle n’a pu être retardée en 2008 que par des mesures invraisemblables par les sommes d’argent public déversées mais aussi invraisemblables parce qu’elles signifiaient que jamais plus le système ne pourrait retrouver son « fonctionnement normal ».

Il importe, tout d’abord, de faire ce que ne font jamais les gouvernants, économistes et classes possédantes : expliquer ce qui a produit l’effondrement économique mondial de 2007. Et ce n’est bien évidemment pas une catastrophe naturelle ni une crise sanitaire, mais le renversement, à l’échelle mondiale de tous les modes d’investissement du grand capital. Cela signifie que l’essentiel de l’argent a eu tendance, dans sa recherche habituelle du profit maximum, à se porter sur les investissements dits « nécrophiles » ou « pourris », plutôt que sur l’investissement productif et de développement. Ce type de renversement a pu se produire ponctuellement dans l’histoire passée du capitalisme mais ce n’était que provisoire, limité à un pays ou un secteur, et nullement général et durable comme cela l’a été en 2007 !

On se souvient bien entendu que, dans le système capitaliste, ce n’est nullement la sphère de la consommation qui dirige toute l’économie mais celle de l’investissement productif du grand capital. Ce dernier est même capable d’inventer des nouveaux besoins et de les imposer si cela lui est nécessaire pour rentabiliser ses investissements productifs. C’est cela qui a fait que le capitalisme a été le mode de production le plus créatif de richesses matérielles de toute l’histoire et de loin, étant donné qu’il n’a cessé, pour appuyer ses investissements, de créer de nouveaux besoins sociaux, individuels et collectifs, et de les satisfaire. C’est cette machine là dont le ressort a cassé au début des années 2000 et ce n’était ni un accident ni un fait conjoncturel. La masse de capitaux mondiaux a atteint en 2000 un sommet jamais approché au point que les capacités d’investissements rentables ont été dépassées. C’est du coup la base même de l’accroissement du capital qui a été atteinte de plein fouet avec l’incapacité du grand capital de se réinvestir de manière suffisamment rentable. Et, à partir de ce moment, tous les moyens ont été bons pour le pouvoir capitaliste pour absorber le trop plein de capitaux en créant des fausses actions en bourse, de faux placements, de faux investissements. Il a fallu éponger une masse de plus en plus grande de capitaux incapables de s’investir. Faute de quoi les capitaux n’ayant plus d’investissements et ne rapportant plus, la machine se serait tout entière sabordée. Le prix à payer, cela a été la multiplication des faux investissements, des actions pourris, des spéculations nécrophiles, des déplacements rapides des capitaux libres sur des faillites, sur des dettes, sur des chutes au lieu d’investissements sur du développement capitaliste. Et finalement, il a fallu que ce soient les Etats et les banques centrales qui mobilisent non seulement tous leurs moyens, mais aussi des moyens qu’ils ne possèdent pas, pour donner sa manne au grand capital.

A partir du moment où l’investissement productif est devenu minoritaire par rapport aux faux investissements, le rendement du capital n’a plus été essentiellement fondé sur la plus-value extrait du travail productif humain et, du coup, de plus en plus d’argent public a été indispensable pour distribuer des revenus au capital.

Le sommet a bien entendu été atteint en 2008 quand tous les dirigeants mondiaux, avec en premier ceux des USA, ont décidé de noyer la chute financière dans une masse énorme d’argent public déversé sur les marchés, des centaines de milliards de dollars par toutes les banques centrales et tous les Etats des plus grandes puissances capitalistes de la planète. Il n’y a alors eu aucune note discordante, contrairement à aujourd’hui et tous ont obéi comme un seul homme, affolés par ce que le dirigeant de la FED américaine appelait « l’ouverture d’un énorme gouffre »…

Si on nous dit que le capitalisme a survécu à 2008 et a tenu jusqu’à nos jours, en 2020, on nous ment en grande partie car, les capitalistes ont gardé leur pouvoir économique mais ce n’est plus le fonctionnement historique du capitalisme qui a prévalu durant toute cette période. Ce n’est plus la plus-value extraite du travail humain qui draine l’essentiel des richesses et produit les moyens de payer les nouveaux profits et de produire de nouveaux investissements. Ce n’est plus la rentabilité réelle des investissements qui prime mais la rentabilité financière et spéculative qui est bien plus importante que celle de la production. Les Etats et les banques centrales sont intervenues de manière contrainte et forcée mais ils ne peuvent pas pallier à la diminution massive des investissements productifs privés et sans les aides stimulations du pouvoir central pas un seul trust et pas une seule banque ne survivrait.

En même temps, loin de résoudre les problèmes soulevés en 2007, une telle intervention financière publique a un effet contreproductif : sur des marchés marqués par un excès de capitaux, ils en déversent encore et encore plus ! Voilà la raison essentielle qui fait que le capitalisme n’a plus aucun avenir : il a atteint ses limites. Dans le cadre de la propriété privée du capital, nul ne peut lui permettre d’aller plus loin. Toutes les méthodes de cavalerie ne peuvent qu’aggraver l’effondrement, en le retardant de moins en moins. Et la chute actuelle avait été depuis longtemps prédite, non par les ennemis du système mais par les capitalistes eux-mêmes.

En ce sens, le coronavirus est accusé à tort. Il n’est que l’occasion pour toutes les puissances capitalistes de prétendre que le capitalisme n’est pas coupable, n’est pas dépassé, n’est même pas malade mais seulement victime d’une catastrophe naturelle.

Mais est-on même sûrs que c’est une catastrophe vraiment naturelle et qu’appelle-t-on « nature » en l’occurrence ?

Est-ce naturel que les autorités chinoises aient imposé à tous les médecins de se taire sur le démarrage du coronavirus alors qu’elles avaient constaté que ce n’était pas une maladie déjà connue ? Est-ce naturel que toutes les autorités mondiales n’aient cessé d’approuver toutes les décisions du pouvoir central chinois, y compris celle de laisser les gens se déplacer dans toute la Chine pour le Nouvel An chinois, donnant ainsi une base solide à l’implantation du virus dans tout le pays ? Est-ce qu’on peut appeler « naturel » un virus qui est apparu à l’emplacement même du plus grand laboratoire d’étude et de transformation de tous les virus de Chine et qui étudie également les armes bactériologiques ? Est-ce que l’on peut appeler « naturelle » la manière dont se développe le capitalisme chinois, voulant dominer la planète en ayant offert au grand capital un accroissement de la profitabilité de ses exploités tellement important qu’il a concentré l’essentiel des investissements productifs du monde ? Peut-on appeler « naturel » l’espace de vaste camp de concentration qu’est le goulag chinois, ou laogaï, et la formation d’une armée industrielle de réserve la plus grande de l’histoire avec les campagnes misérables chinoises ? Peut-on appeler naturelles les catastrophes de pollution et de maladies concentrées dans ce pays qui en ont résulté ?!!! La dictature politique et sociale qui interdit tout droit politique, tout droit syndical, tout droit de presse, toute liberté sociale et politique, doit-elle être considérée comme naturelle ? Que le monde capitaliste reste solidaire des dirigeants chinois malgré une lourde responsabilité dans la propagation du virus ne montre-t-elle pas que c’est tout le monde capitaliste qui se tient derrière la Chine stalino-capitaliste et que c’est tout ce monde qui a produit l’épidémie du coronavirus ? De Trump à l’OMS, en passant par Macron et Merkel, tous les dirigeants mondiaux ont affirmé que la Chine s’était distinguée par sa transparence, ses réactions positives et rapides et c’est complètement le contraire de la vérité !

Le fait qu’aucun gouvernement capitaliste n’ait réellement pris en compte la menace, que tous l’aient minimisé pendant longtemps, qu’ils n’aient pris aucune mesure réelle de protection des populations, dans aucun pays, et qu’aucun parti bourgeois n’ait suggéré aucune mesure sérieuse de protection des populations et n’en suggère toujours aucune dévoile qu’il ne s’agit nullement d’un défaut, d’un accident, d’une conjoncture défavorable, d’un hasard malheureux, d’une mauvaise politique qui aurait pu être améliorée.

Non, avec la progression de la pandémie, on constate que, partout où les autorités prétendent mener des politiques plus agressives contre la progression du coronavirus, elles ne sont agressives que contre les populations, contre leurs libertés, mais pas contre la propagation du virus puisqu’elles ne donnent pas aux personnes des moyens matériels de s’en prémunir, ni de cesser de prendre des risques en allant au travail. En Italie où les mesures les plus liberticides ont été employées, on n’a pas arrêté de travailler ! Or, c’est en allant au travail que les personnes prennent le maximum de risques, notamment dans les transports ! Il est particulièrement remarquable que des gouvernants interdisent des rassemblements et autorisent et même imposent d’utiliser des transports publics dans des lieux comme les gares où bien plus de gens transitent ! C’est ainsi que toutes les mesures prises soi-disant par précaution sont peu crédibles voire parfois ridicules. D’ailleurs, le fait que ces mesures ne soient nullement convergentes d’un pays à un autre, y compris face à des niveaux de propagation identiques est très parlant sur le caractère politique des mesures prises qui correspondent aux intérêts particuliers des gouvernants de chaque pays. La France jouant au bon élève européen, les USA jouant au nationalisme américain exacerbé, etc.

Tous les Etats prétendent suivre des consignes des spécialistes scientifiques, mais ces derniers sont surtout des gens appointés par les gouvernants et au service des classes possédantes et leur discours n’a rien de scientifique. Par exemple, dans certains pays, les spécialistes conseillent à toute la population de porter des masques alors qu’en France, ils ont presque été interdits aux personnes qui ne sont pas reconnues comme malades !!! D’autre part, une telle interdiction est ridicule sachant que l’on a finalement reconnu que, dans cette maladie, les porteurs sains sont déterminants pour la propagation du virus. Tout cela visait à cacher que les gouvernants n’avaient pas voulu investir dans des efforts considérables pour doter toute la population de masques. Du coup, ils avaient affirmé sur tous les tons que les masques ne servaient à rien pour se protéger tout en affirmant qu’ils servaient de protection aux personnels de santé et, éventuellement, aux personnes fragiles, ce qui est tout à fait contradictoire. D’ailleurs, si leur barrière était insuffisante pour protéger les personnes non atteintes, elle serait insuffisante pour empêcher les malades de contaminer leur entourage. Ou le virus passe ou il ne passe pas ! Les pseudo arguments scientifiques, proférés même pas de grands professeurs ou médecins, ont été instrumentalisés par le pouvoir qui détient ses propres spécialistes à son service pour tenir le discours du pouvoir !

Tout cela montre que la prétendue « démocratie » capitaliste ne vaut pas plus cher, en période de crise aigue du système d’exploitation, que la dictature ouverte de la Chine et que le peuple travailleur commettrait la pire erreur en demandant aux responsables capitalistes, responsables du mal, de le soigner.

Voilà pourquoi nous ne ferons pas partie de ces réformistes ou opportunistes, y compris la gauche de la gauche ou l’extrême gauche, qui demandent aux gouvernants capitalistes de faire ceci ou cela pour sauver la population de l’épidémie ou encore aux classes possédantes de sauver les entreprises ou les emplois.

Non seulement nous ne leur demanderons pas de sauver l’économie, de sauver un pays ou un peuple, mais nous demanderons au peuple travailleur de s’organiser lui-même pour imposer toutes les mesure qu’il juge nécessaires et vitales.

Les classes possédantes ne vont pas protéger la population puisque c’est elles qui la menacent, qui la frappent, qui la craignent aussi avec le développement mondial des révolutions sociales et politiques.

On le voit en Italie, avec le coup d’état qui a mis en place un contrôle militaire de toute la population, puis en Espagne, puis en France, comme aux USA, c’est la version dictature militaire qui est choisie et pas pour des raisons sanitaires mais pour cause de contre-révolution sociale !!! C’est face à la révolte du peuple travailleur du monde que les classes possédantes exploitent la peur du virus pour imposer l’interdiction des manifestations, des rassemblements, des « fausses informations », des agitations sociales et politiques comme l’Algérie vient de le faire en interdisant les manifestations de masse sous prétexte de coronavirus !!!

Alors combattre le coronavirus ou la crise économique, c’est d’abord combattre le capitalisme comme tous les gouvernements capitalistes et le seul moyen de le faire vraiment c’est de renverser les Etats capitalistes comme les classes possédantes et la propriété privée des moyens de production. Dans un monde dominé par le profit, pas moyen de défendre la santé publique mortellement menacée !!!

Vive le gouvernement des conseils de travailleurs, de précaires, de chômeurs, de retraités, de jeunes et de femmes, seul gouvernement capable de combattre à la fois la crise économique et sociale, la crise politique menant à la dictature et la crise sanitaire et sociale !!!

Quant à ceux qui prétendent que c’est le moment, au contraire, de se serrer les coudes, même avec les capitalistes, nous leur souhaitons bien du bonheur à miser ainsi sur les voleurs pour lutter contre le vol, sur les pyromanes pour lutter contre les incendies, sur les assassins pour lutter contre le crime, sur les proxénètes pour libérer les femmes, sur les propagateurs du virus pour lutter contre sa propagation, sur les dictateurs pour sauver la démocratie et sur les exploiteurs pour sauver les exploités !

Si le coronavirus est la réponse, quelle était la question ?!!! Le coronavirus, est la réponse à la crise mondiale du capitalisme pour la camoufler et à la révolution mondiale pour l’étouffer !

La suite

Capitalisme = fin

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