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« Faust » de Goethe, un des plus importants ouvrages athées

lundi 27 janvier 2020, par Robert Paris

« Faust » de Goethe, un des plus importants ouvrages athées

L’une des âmes de Faust n’est rien d’autre que Méphistophélès (le diable) !!!

Goethe dans « Faust » :

MARGUERITE.

Dis-moi donc, quelle religion as-tu ? Tu es un homme d’un cœur excellent, mais je crois que tu n’as guère de piété.

FAUST.

Laissons cela, mon enfant : tu sais si je t’aime ; pour mon amour j’abandonnerais mon corps et mon sang ; mais je ne veux enlever personne à sa foi et à son église.

MARGUERITE.

Ce n’est pas assez : il faut encore y croire.

FAUST.

Le faut-il ?

MARGUERITE.

Oh ! si je pouvais quelque chose sur toi !… Tu n’honores pas non plus les saints Sacremens.

FAUST.

Je les honore.

MARGUERITE.

Sans les désirer cependant. Il y a long-tems que tu n’es allé à la messe, à confesse ; crois-tu en Dieu ?

FAUST.

Ma bien-aimée, qui oserait dire : Je crois en Dieu ! Demande-le aux prêtres ou aux sages, et leur réponse semblera être une raillerie de la demande.

MARGUERITE.

Tu n’y crois donc pas ?

FAUST.

Sache mieux me comprendre, aimable créature : qui oserait le nommer et faire cet acte de foi : je crois en lui ! qui oserait sentir, et s’exposer à dire : je ne crois pas en lui ! Celui qui contient tout, qui soutient tout, ne contient-il pas, ne soutient-il pas toi, moi, et lui-même ? Le ciel ne se voûte-t-il pas là-haut ? La terre ne s’étend-elle pas ici bas, et les astres éternels ne s’élèvent-ils pas en nous regardant amicalement ? Mon œil ne voit-il pas tes yeux ? Tout n’entraîne-t-il pas vers toi et ma tête et mon cœur ? et ce qui m’y attire n’est-ce pas un mystère éternel, visible ou invisible ?... Si grand qu’il soit, remplis-en ton ame, et si, par ce sentiment, tu es heureuse, nomme-le comme tu voudras, bonheur ! cœur ! amour ! Dieu ! — Moi, je n’ai pour cela aucun nom. Le sentiment est tout, et ces noms de la nature ne sont que bruit et que fumée qui nous voilent l’éclat des cieux.

MARGUERITE.

Tout cela est bel et bon ; ce que dit le prêtre y ressemble assez, à quelques autres mots près.

FAUST.

Tous les cœurs, sous le soleil, le répètent en tous lieux, chacun en son langage, pourquoi ne le dirais-je pas dans le mien ?

MARGUERITE.

Si on l’entend ainsi, cela peut paraître raisonnable ; mais il reste encore pourtant quelque chose de louche, car tu n’as pas de christianisme.

FAUST.

Chère enfant !

Faust : « Je ne crains ni diable, ni enfer. »

Faust : « Oh ! si la force de l’esprit et de la parole me dévoilait les secrets qui me restent à connaître, et que je ne fusse plus obligé de dire péniblement ce que je ne sais pas ; si enfin je pouvais connaître tout ce que le monde cache en lui-même, et, sans m’attacher davantage à des mots inutiles, voir ce que la nature contient de forces et de semences éternelles ! »

Faust : « Le dieu qui réside en mon sein peut émouvoir profondément tout mon être ; mais lui, qui gouverne toutes mes forces, ne peut rien déranger autour de moi. Et voilà pourquoi la vie m’est un fardeau, pourquoi je désire la mort, et j’abhorre l’existence. »

Méphistophélès : « Grise est la théorie, mon ami, mais vert l’arbre éternel de la vie. »

Méphistophélès : « Naturellement, quand un Dieu se met à l’œuvre pendant six jours, et se dit enfin bravo à lui-même, il en doit résulter quelque chose de passable. »

Faust : « Deux âmes, hélas ! habitent mon cœur, et l’une veut faire divorce d’avec l’autre. »

Méphistophélès : « Je me donnerais volontiers au diable, si je ne l’étais moi-même. »

Faust : « Quelque chose s’est-il dérangé dans ta tête ? ou cela t’amuse-t-il de tempêter comme un enragé ? »

Méphistophélès : « Tout ce qui existe mérite de périr. »

Faust : « Il est écrit : Au commencement était le verbe ! Ici je m’arrête déjà ! Qui me soutiendra plus loin ? Il m’est impossible d’estimer assez ce mot, le verbe ! il faut que je le traduise autrement, si l’esprit daigne m’éclairer. Il est écrit : Au commencement était l’esprit ! Réfléchissons bien sur cette première ligne, et que la plume ne se hâte pas trop ! Est-ce bien l’esprit qui crée et conserve tout ? Il devrait y avoir : Au commencement était la force ! Cependant tout en écrivant ceci, quelque chose me dit que je ne dois pas m’arrêter à ce sens. L’esprit m’éclaire enfin ! L’inspiration descend sur moi, et j’écris consolé : Au commencement était l’action ! »

Friedrich Engels :

« Goethe aussi bien que Hegel étaient, chacun dans son domaine, des Jupiters olympiens, mais l’un et l’autre ne dépouillèrent jamais complètement le philistin allemand… La thèse de la rationalité de tout le réel se résout, selon toutes les règles de la dialectique hégélienne, en cette autre : « Tout ce qui existe mérite de périr. » (dans « Faust » de Goethe) »

source

Marx dans « Le pouvoir de l’argent » (1844) :

« L’argent en possédant la qualité de tout acheter, en possédant la qualité de s’approprier tous les objets est donc l’objet comme possession éminente. L’universalité de sa qualité est la toute-puissance de son essence. Il passe donc pour tout-puissant... L’argent est l’entremetteur entre le besoin et l’objet, entre la vie et le moyen de subsistance de l’homme. Mais ce qui sert de moyen terme à ma vie, sert aussi de moyen terme à l’existence des autres hommes pour moi. C’est pour moi l’autre homme.

« Faust » de Goethe :

« Que diantre ! il est clair que tes mains et les pieds

Et ta tête et ton c... sont à toi ;

Mais tout ce dont je jouis allégrement

En est-ce donc moins à moi ?

Si je puis payer six étalons,

Leurs forces ne sont-elles pas miennes ?

Je mène bon grain et suis un gros monsieur,

Tout comme si j’avais vingt-quatre pattes. »

Pour le comprendre, commençons d’abord par expliquer le passage de Gœthe :

Ce qui grâce à l’argent est pour moi, ce que je peux payer, c’est-à-dire ce que l’argent peut acheter, je le suis moi-même, moi le possesseur de l’argent. Ma force est tout aussi grande qu’est la force de l’argent. Les qualités de l’argent sont mes qualités et mes forces essentielles - à moi son possesseur. Ce que je suis et ce que je peux n’est donc nullement déterminé par mon individualité. Je suis laid, mais je peux m’acheter la plus belle femme. Donc je ne suis pas laid, car l’effet de la laideur, sa force repoussante, est anéanti par l’argent. De par mon individualité, je suis perclus, mais l’argent me procure vingt-quatre pattes ; je ne suis donc pas perclus ; je suis un homme mauvais, malhonnête, sans conscience, sans esprit, mais l’ar¬gent est vénéré, donc aussi son possesseur, l’argent est le bien suprême, donc son posses¬seur est bon, l’argent m’évite en outre la peine d’être malhonnête ; on me présume donc hon¬nê¬te ; je suis sans esprit, mais l’argent est l’esprit réel de toutes choses, comment son possesseur pourrait-il ne pas avoir d’esprit ? De plus, il peut acheter les gens spirituels et celui qui possè¬de la puissance sur les gens d’esprit n’est-il pas plus spirituel que l’homme d’esprit ? Moi qui par l’argent peux tout ce à quoi aspire un cœur humain, est-ce que je ne possède pas tous les pouvoirs humaine ? Donc mon argent ne transforme-t-il pas toutes mes impuissances en leur contraire ?

Si l’argent est le lien qui me lie à la vie humaine, qui lie à moi la société et qui me lie à la nature et à l’homme, l’argent n’est-il pas le lien de tous les liens ? Ne peut-il pas dénouer et nouer tous les liens ? N’est-il non plus de ce fait le moyen universel de séparation ? Il est la vraie monnaie divisionnaire, comme le vrai moyen d’union, la force chimique [universelle] de la société. »

Un drame de l’humanisme athée

Prologue

Première partie

Deuxième partie

Intermède

Troisième partie

Second Faust – avertissement

Second Faust – Prologue

Examen analytique

Hélène

Epilogue

Légende de Faust par Vidmann

La Damnation de Faust par Hector Berlioz

Encore sur le Faust de Goethe

Une tragédie

Faust, de la damnation médiévale à la consécration romantique

Poésie et philosophie dans Faust I de Goethe

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