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Edito - Quel avenir pour le capitalisme ? ou quand la bourgeoisie mondiale serre les fesses…

mardi 7 juin 2016, par Robert Paris

La courbe la plus significative de la crise de suraccumulation du capitalisme marquée par les ciseaux entre le taux de profit du capital et le taux d’accumulation du capital Rappel : notre analyse de l’effondrement du système capitaliste en 2007-2008

Le capitalisme peut-il durablement se passer des crises ?

Edito

Quel avenir pour le capitalisme ?

ou quand la bourgeoisie mondiale serre les fesses…

C’est-à-dire que la classe bourgeoise s’interroge partout dans le monde sur la pérennité du système capitaliste…

La peur à Dubaï ! Risque d’effondrement au Venezuela ! Crise de la banque de Montréal ! Crise du Mozambique ! Crise de la domination des classes dirigeantes brésiliennes qui ne s’arrête pas à la chute de Dilma Rousseff ! La Grèce qui ne peut que rechuter ! L’Argentine qui retombe dans la crise ! Le Japon, qui ne s’en est pas sorti, est à nouveau menacé malgré l’intervention financière étatique la plus folle de toute l’histoire ! Le Portugal est frappé ! Les banques européennes s’inquiètent ! Personne n’est réellement capable de dire où en est la Chine ! Plusieurs banques européennes sont dans l’œil du cyclone : les banques italiennes, Deutsche bank, Crédit Suisse et la Société Générale… Mais les Etats continuent, en pure perte, de soutenir les banques…

Sur la situation mondiale, « Les Echos » du 22/04/2016 sont relativement et momentanément rassurants :

« La grande peur s’est dissipée au moins temporairement. »

La panique serait seulement… pour plus tard, essaie-t-on de nous dire : la FED annonçant une chute économique… en 2017-2018….

La population mondiale a-t-elle toujours confiance dans le système capitaliste et lui prête-elle un grand avenir ? On peut se poser la question quand on apprend que la jeunesse du premier pays capitaliste du monde, les USA, révèle dans un sondage qu’elle n’a, en majorité, aucune confiance dans le capitalisme. Voilà un résultat étonnant pour les peuples des pays pauvres et opprimés, pour tous les exploités qui pensent que leur misère ne fait qu’enrichir la population américaine et pas seulement les trusts. La contestation, qui a marqué les « printemps arabes », ne frappe pas seulement des pays comme l’Egypte, la Tunisie ou les Moyen-Orient ou encore l’Afrique, ou même l’Europe de l’Est et du Sud. La perte de confiance gagne l’Argentine et le Brésil et même les USA. Elle frappe aussi l’Inde et la Chine.

Neuf ans après la grande frayeur mondiale de 2007 où un grand responsable américain déclarait : « J’ai vu s’ouvrir un gouffre sous mes yeux ! », la perte de confiance touche les peuples et leurs jeunesses mais elle touche bien plus encore les classes dirigeantes !

Il ne s’agit pas seulement d’une critique de la mondialisation, de la financiarisation, des sacrifices imposés, du manque de régulation ou de réforme du fonctionnement, ni de la politique des Etats. Il ne s’agit pas seulement de la crainte que les gouvernants soient impuissants face aux marchés : il s’agit bel et bien d’une perte de confiance dans les fondamentaux du fonctionnement du capitalisme, dans l’avenir de celui-ci, dans sa pérennité. Et, parmi les peuples et leurs jeunesses, il s’agit d’une absence de confiance dans la capacité de ce système de répondre aux questions d’avenir pour l’humanité. Et c’est d’autant plus frappant que ce sondage concerne les USA, d’autant plus frappant que, parmi les peuples, a été bien enraciné le mensonge selon lequel Marx avait échoué et était hors sujet, et que le communisme était définitivement mort. Comme quoi, malgré la force de la propagande, malgré le ralliement de la bureaucratie des pays de l’Est et de Russie à l’impérialisme, la réalité de l’impasse capitaliste finit nécessairement par avoir des effets visibles.

Bien sûr, tous les réformistes de la planète essaient de détourner ce début de prise de conscience du caractère mortel du système dominant et de l’absurdité de sa prétendue éternité, en faisant croire que cette prise de conscience serait équivalente avec un mouvement en faveur d’une réforme, d’une meilleure répartition des richesses, d’une plus grande prise en compte des besoins sociaux, d’une plus grande justice sociale, d’une meilleure gouvernance et d’une plus grande sévérité face à la rapacité des marchés financiers, il est évident que ce discours ne fait que blanchir les fondamentaux du capitalisme lui-même et qu’assurer que ceux-ci ne seraient pas atteints, la forme seule du capitalisme devant, selon ces réformistes, changer. On retrouve ces discours qui blanchissent le capitalisme et effacent la réalité de sa situation mortifère aussi bien dans les discours syndicaux et politiques, ceux de la gauche et jusqu’à l’extrême gauche, dans les divers discours des associations, des divers Attac, NuitDebout et autres. Tous affirment que les capitalistes se portent bien puisqu’ils n’ont jamais été aussi riches. Ils cherchent à nous faire croire que la masse d’argent serait la mesure du succès du système. Mais comment nous expliquer alors pourquoi, à la veille des grandes crises de 1929 et 2007, les capitalistes étaient au plus haut niveau de richesse ?!!! Ces gens-là en sont restés à l’image d’une économie marchande et non d’une économie capitaliste. Les capitalistes ne sont pas seulement « les riches » mais d’abord ceux qui investissent dans la production pour produire de la plus-value et si bon nombre de capitalistes ne le font pas, tant que le capitalisme était vivant, l’essentiel, le noyau vivant du capital, lui le faisait, les autres ne faisant que bénéficier d’une redistribution de la masse de la plus-value. Désolé de devoir rappeler des considérations aussi élémentaires sur le fonctionnement du capital parce que nous vivons à une époque où les plus grands mensonges circulent sur le profit capitaliste !

Ce fonctionnement qui a été celui du capitalisme depuis sa naissance, malgré des changements nombreux de forme comme les monopoles et l’impérialisme, c’est lui qui n’attire plus aucune confiance non seulement des jeunes, des peuples, mais des classes dirigeantes elles-mêmes et dès 2007 ! Et leur perte de confiance, ces classes dirigeantes ne l’ont pas marqué par un sondage mais en actes…

En effet, l’effondrement de 2007 n’est pas le produit d’une simple bulle spéculative des subprimes comme cela est souvent dit, mais la racine de cette bulle est à chercher dans la perte de confiance dans les investissements productifs, amenant une chute massive de ceux-ci et des investissements un peu « fous » dans les dettes publiques et privées, notamment les dettes immobilières privés ou subprimes. La titrisation des dettes privées comme publiques n’a pas été un simple accident, elle se poursuit et reste suspendue comme une épée de Damoclès. On en est venu à craindre toute accumulation de dettes que ce soient celles des banques et même celles des étudiants américains ! Toute bulle spéculative se fixant de manière exponentielle sur un endettement quelconque pourrait faire peser un risque mortel sur un système qui ne tient plus que par des ficelles étatiques, qui ne survit que par des soins palliatifs, à la merci du premier petit virus qui passe.

Une telle perte de confiance massive des possesseurs de capitaux n’est pas une totale nouveauté historique puisqu’on peut la constater dans toutes les crises économiques classiques qui sont plusieurs dizaines depuis le début du capitalisme. Cependant la différence par rapport à la situation actuelle, c’est que cette perte de confiance n’était que localisée dans le temps et dans l’espace : concernant un secteur, un pays, une région et ne durant pas plus que quelques années.

Un autre point sur lequel la situation actuelle est tout à fait originale, nous avons eu plusieurs fois l’occasion de la souligner, est le fait que les Etats et les banques centrales de toute la planète aient choisi cette fois de bloquer les effets de la crise économique, entravant ainsi le fonctionnement « normal » du système, fonctionnement selon lequel les crises permettent de nettoyer le système de toute surproduction de toutes les scories et autres « canards boiteux » qui alourdissent le fonctionnement, en les laissant chuter, faire faillite. A l’opposé, depuis 2007, suite à la menace mortelle et mondiale causée par la banque américaine Lehman Brothers, que l’Etat américain avait eu la velléité de laisser chuter, il est devenu interdit de laisser faire faillite à une seule grande banque, à une seule grande assurance ou un seul trust de suffisamment grande taille. La crise est devenue interdite par les décideurs de la planète et ce seul fait est une preuve que l’on est complètement sorti du fonctionnement « normal », celui qui a toujours eu cours dans le système d’exploitation mondial. Neuf ans après, il n’est toujours pas question de laisser des grandes entreprises capitalistes faire faillite comme la crise chinoise vient encore de le montrer. L’Etat chinois, soutenu en cela par toutes les puissances de la planète, même les plus anti-chinoises au plan politique, a imposé l’interdiction de revente des titres des sociétés menacées, interrompant ainsi d’autorité le mécanisme même du fonctionnement normal des marchés de capitaux, sans susciter, curieusement, la moindre critique des capitalistes et des défenseurs politiques de leurs intérêts généraux.

Dans le passé, les périodes de crise étaient suivies de périodes de reprise et l’aide étatique permettait rapidement une relance des investissements productifs privés, l’économie repartant de plus belle, sur des bases encore plus larges qu’avant la crise ! Cette fois, il n’en est nullement question. La dépression a été bloquée et la reprise n’a pas lieu. Les petits soubresauts ne reflètent que partiellement la masse des sommes englouties par les Etats et les banques centrales et livrées aux marchés.

Contrairement aux pertes de confiance locales ou provisoires, celle des classes dirigeantes dure et n’est pas interrompue par l’aide massive des banques centrales ni par les garanties données par les Etats. Cette perte de confiance ne concerne pas seulement la méfiance des banques entre elles qui ne s’est pas démentie depuis 2008. Elle concerne également les trusts qui, à la moindre nouvelle défavorable, plongent en bourse comme on le remarque pour Areva ou Volkswagen.

Pour comprendre la situation actuelle, il ne faut certainement pas s’en tenir à l’explication de 2007 par les seuls subprimes, car la racine même des subprimes n’est pas une simple folie des spéculateurs. La forme qu’a pris la crise à l’époque n’est pas le fond de l’affaire. La cause de la titrisation massive des dettes n’est pas à chercher ni dans les dettes elles-mêmes ni dans celles qui ont servi conjoncturellement à exprimer cette tendance de fond. Non, la racine du mal est à chercher dans le rejet massif des investissements productifs à un stade où les capitaux se développaient massivement et où on se serait attendus, au contraire, à une hausse massive de ces investissements productifs. Le développement incroyable de « produits financiers » invraisemblables provient du rejet massif des investissements productifs et c’est ce dernier qu’il convient d’expliquer pour comprendre le monde actuel.

Oui, c’est cette chute des investissements productifs privés qui doit attirer l’attention car il n’est pas vrai que le capitalisme reposerait seulement ni essentiellement sur la loi du marché, de l’offre et de la demande, qu’il s’agisse d’offre et de demande de marchandises ou de « produits financiers » (la finance n’est en rien un produit !).

Non le fondement du capitalisme, loin d’être fondé sur les seuls échanges de richesses entre leurs possesseurs, est l’accumulation de richesses globales supplémentaires issues du travail humain, celui des exploités, des prolétaires, et le réinvestissement de ces richesses et leur transformation en capital appelé « plus-value ». Les notions de « plus-value boursière », de « plus-value financière », de « plus-value commerciale » ne sont nullement des moyens d’expliquer l’accumulation globale de richesses produite par le système capitaliste et que les fonctions uniquement marchandes et financières n’expliquent nullement. Les échanges (achat et vente de marchandises, de monnaies et de « valeurs » financières) ne font que redistribuer la richesse totale produite mais n’en augmentent pas le total.

L’absence ou la chute massive et durable des investissements productifs en capital privé est donc la marque d’une interruption historique du mécanisme économique fondamental du capitalisme. Il n’est pas nouveau que les Etats interviennent massivement dans l’économie mais il est totalement nouveau que les capitalistes s’en détournent massivement et durablement !

Il est faux de prétendre que l’intervention des Etats et des banques centrales aurait la capacité de masquer réellement la chute des investissements privés, de l’effacer ou de l’empêcher, permettant futurement au capital privé de se reprendre, une fois les investissements viabilisés et garantis. Ce n’est pas les révolutionnaires marxistes qui ne sont pas convaincus par cette prétention : ce sont les capitalistes eux-mêmes !!!

Et cela pour de bonnes raisons réelles ! En effet, les capacités étatiques sont limitées, même si elles affirment qu’elles ne se limiteront jamais pour aider l’économie et elles ne cessent de le prétendre. Il y a une différence d’échelle entre les fonds étatiques (ou des banques centrales) et les masses considérables des capitaux privés. D’autre part, l’intervention financière massive des Etats et banques centrales du monde entier, qui n’a pas cessé depuis 2008, a un coût, menace de faillite les Etats et même la confiance dans les banques centrales. La BCE commence à subir son engagement massif. La FED se sent au bout du rouleau et sa capacité d’intervention atteint ses limites, au point qu’elle ressent sans cesse le besoin d’annoncer qu’elle pourrait augmenter ses taux sans annoncer qu’elle arrêterait ses rachats de titres pourris ni ses injections de milliards de dollars sur les marchés, ni sa garantie des banques et autres trusts, notamment sa volonté de les racheter en cas de faillite. La banque centrale japonaise ne peut plus aller au-delà de ses interventions récentes, déjà les plus grandes de toute l’histoire. La banque centrale chinoise intervient sans cesse et ses fonds, pourtant parmi les plus grands de la planète, chutent massivement depuis la dernière crise chinoise contrée à fonds d’Etat sans qu’on puisse prétendre que la crise soit finie pour autant.

En ayant mis en branle tous les moyens financiers étatiques possibles, le capitalisme japonais n’est pas plus dynamique pour autant, le capitalisme chinois n’est pas tiré d’affaire, le capitalisme européen ou américain n’a pas une vraie reprise dynamique qui efface les dettes et serve d’aspiration des capitaux privés non plus.

Tous ceux qui affirmaient que la chute des investissements privés productifs n’était pas grave puisque c’est la Chine qui devenait l’atelier du monde, en sont pour leur discours rassurant et vide. En effet, les capitalistes mondiaux en sont réduits à la "méthode coué" sur l’avenir capitaliste chinois, se répétant pour y croire qu’ils auraient confiance dans les bonnes mesures du gouvernement chinois qui aurait bien fait d’empêcher les marchés financiers de favoriser toute chute de grande entreprise ou de grande banque chinoise. Trop drôle que même les pires ennemis, politiques, du gouvernement chinois, diffusent à qui veut l’entendre le discours idéologique mensonger du gouvernement chinois, dès qu’il s’agit de la crise économique de la Chine !!! Ils en sont à affirmer que l’économie réelle de la Chine se porterait bien, qu’il s’agirait seulement d’une crise de croissance, « de modèle », la Chine devant passer de producteurs pour le monde à producteurs pour un marché intérieur, et blabla et blabla. En réalité, ces capitalistes, ces gouvernants et ces média sont obligés de reconnaitre, à voix plus basse, qu’ils ne savent rien du tout sur l’ « état réel » de l’économie et de la finance chinoises. Le seul fait que l’Etat chinois estime nécessaire de maintenir ses interdits sur les ventes massives sur les marchés financiers des titres chinois montre bien que la crise est loin d’être surmontée et qu’elle n’est que bloquée artificiellement, comme l’est la crise mondiale du capitalisme depuis 2008. D’où la nécessité de diffuser partout, comme parole d’évangile, le discours rassurant des autorités chinoises, tout effondrement chinois étant un signal de mort pour l’ensemble du capitalisme, ce qui indique la fragilité de l’état du système mondial.

Il n’est pas aussi facile qu’il y paraît de comprendre la mort d’un système. Bien des auteurs se sont cassés les dents sur la mort du système aztèque, du système romain, du système grec, du système mésopotamien, du système féodal et on en passe… Tous ces systèmes ont démontré qu’aucun n’était éternel et que chacun avait des limites économiques et sociales. Si tous sont tombés sur des révoltes, des révolutions, des guerres civiles et des guerres, ces dernières n’ont fait que profiter de la situation causée par un effondrement, par un blocage du système, des limites dépassées dans lesquelles aucune guerre ni aucune révolution n’aurait eu comme résultat autre chose que la chute d’un gouvernement mais et pas le chute durable d’un système économique et social.

Il n’est pas plus facile aux scientifiques de raisonner sur la mort d’un fonctionnement de système global. Chacun croit ainsi être sûr que le soleil fonctionne à plein en voyant la lumière en parvenir mais ils ignorent combien d’années la lumière met pour nous parvenir du cœur dynamique de l’astre ! De même que chacun croit que les étoiles dans le ciel témoignent que ces étoiles sont encore là alors que certaines peuvent être mortes depuis belle lurette sans que cela se voie. Il n’est pas facile de savoir si le soleil est déjà mort dans le fonctionnement dynamique de son cœur avec ses explosions nucléaires et les scientifiques sont contraints de mesurer des émissions de particules toutes petites et très difficiles à mesurer : les neutrinos, pour s’en assurer. La question n’est même pas définitivement tranchée. Il n’est pas plus facile de savoir si un arbre est mort et le fait qu’il n’ait pas encore chuté ou que l’on y trouve des nouvelles feuilles en sont pas des preuves déterminantes. Il est nécessaire de faire des carottages des couches intérieures du tronc pour y répondre et savoir si la sève continue de monter et de descendre avec suffisamment de dynamisme.

Savoir si le capitalisme est toujours viable n’est pas plus évident. Ce n’est pas parce que de l’argent circule ou parce que les riches sont plus riches que cela prouve quoique ce soit sur la pérennité du système.

En fait, depuis 2007-2008, le fonctionnement du système est à l’arrêt et ce sont les signaux qui le démontrent qu’il faut rechercher : les capitalistes qui n’investissent plus, les banques qui ne prêtent plus ni aux particuliers ni aux autres banques ni aux entreprises, les uns et les autres qui n’ont plus confiance en rien ni en personne, les Etats qui sont sans cesse en train de mesurer les risques de chute des banques et des trusts et à se prémunir contre eux, qui ne cessent de lutter contre une perte de confiance des particuliers, lançant dans le public des assurances sur la pérennité des épargnes pour éviter tout risque de peur collective, tout cela démontre combien le système ne s’estime nullement tiré d’affaire.

De nombreux signaux sont significatifs pour la question posée : la pérennité du système. Citons les : chute persistante des investissements privés malgré toutes les aides et incitations, chute persistante du crédit bancaire, chute persistante des prix industriels et productifs.

Prenons cette dernière chute, encore appelée déflation même si le consommateur, lui, n’a nullement l’impression que les prix des objets de première nécessité aient chuté. Elle mérite à soi seule un examen sérieux. En effet, elle est contraire à ce qui devrait se produire au cas d’un fonctionnement normal du capitalisme puisqu’on est dans une période où l’injection massive de capitaux publics sur les marchés devrait produite une inflation, massive elle aussi.

Si on croyait que le capitalisme poursuit normalement son cours, il serait absolument inexplicable que se produise une déflation qui semble impossible à combattre, même si elle contribue, en retour, à convaincre les capitalistes de ne pas investir dans la production, celle-ci devenant de moins en moins rentable, vue la chute des prix. En effet, il serait absolument incompréhensible que, la quantité de marchandises n’ayant pas augmenté spécialement, les prix industriels baissent, massivement et mondialement, alors que la masse monétaire s’est considérablement accrue dans la même période. Il devrait, au contraire, y avoir une inflation massive là où on constate une déflation impossible à combattre !

Pour interroger la signification et la racine de cette déflation mondiale, il convient de rappeler que l’inflation ou la déflation ne reflètent pas seulement les hauts ou les bas de la quantité de monnaie en circulation face aux hauts ou bas de la quantité de marchandises (ou de produits achetables ou vendables en circulation). Elle est fondée d’abord sur la valorisation des produits du travail, valorisation qui s’établit par la loi de l’offre et de la demande, mais a pour fondement la quantité de travail humain incluse dans la valeur d’échange des marchandises produites par l’homme, par les prolétaires. N’en déplaise aux anti-marxistes, ces notions de base développées par Marx sont toujours indispensables pour comprendre le fonctionnement « normal » du capitalisme et aussi pour comprendre lorsque ce fonctionnement a atteint ses limites et ne peut plus subsister durablement mais seulement préparer sa fin.

C’est la dévalorisation massive du travail humain qui fonde cette déflation mondiale malgré l’augmentation massive de la circulation monétaire causée par les interventions financières des banques centrales et des Etats du monde entier.

Cette dévalorisation massive du travail humain provient du fait que le capital privé n’investit plus dans l’achat de cette marchandise qu’est l’achat de la force de travail. Que le capitalisme n’ait plus besoin de travail humain ne signifie pas, contrairement à ce que pensent nombre de travailleurs, que leur classe ne soit plus aussi forte, plus aussi nécessaire, mais au fait que le capitalisme n’est plus dynamique, plus capable de se développer, de produire des richesses nouvelles, même s’il continue momentanément à accumuler sur les dos des finances de Etats et des banques centrales. On en a un bon exemple avec la crise déflationniste qui a frappé le Japon bien avant de frapper le monde : elle est provenue d’une chute impressionnante des investissements productifs privés !

Un autre signal mérite d’être étudié : la totale défiance des banques entre elles. Elle est d’autant plus remarquable qu’elle dure depuis 2008, qu’elle n’a même pas été interrompue par la garantie étatique de toutes les grandes banques assurée sans cesse par les gouvernants. Et cette intervention étatique n’a pas empêché que les banques menacent de nombreuses fois de chuter à nouveau. Nous sommes, à nouveau, dans une phase où les banques donnent partout des signes inquiétants de faiblesse comme la montré l’échec des derniers « crash tests » des banques américaines, les accès de faiblesse des banques européennes (portugaises, italiennes, du Crédit suisse, de certaines banques françaises comme Société Générale et on en passe…).

Bien des commentateurs, y compris de l’extrême gauche, affirment que le système ne peut pas chuter de lui-même, en somme sans être attaqué (de l’extérieur) par une puissance non capitaliste ou par le prolétariat. C’est dire une absurdité. C’est même exactement l’inverse qui est vrai : c’est parce qu’un système est atteint dans son fondement qu’il peut chuter suite à une guerre ou une guerre civile. Quand le système reste pérenne et dynamique, une crise, une guerre civile, ou une guerre, même une révolution, ne le fait pas chuter mais le renforce, le rend encore plus dynamique.

Si l’alternative « Socialisme ou barbarie » est devenue d’actualité brulante, si le monde menace de basculer dans des barbaries guerrières et fascistes, si les peuples sont dressés les uns contre les autres, si le monde menace de se transformer en vaste bucher des peuples, en une Saint-Barthélemy ou un Rwanda planétaire, c’est parce que les classes dirigeantes et leurs défenseurs politiques étatiques n’ont aucune confiance dans leur propre avenir social et politique face au peuple travailleur du monde. Ce dernier fût-il convaincu de la pérennité du système d’exploitation par les réformistes de tous poils qui ont tous des prétendues « solutions pour sortir de la crise », comme tout récemment Mélenchon, la réalité de l’effondrement ne peut que les convaincre du contraire, les classes dirigeantes le savent. Et les réformistes, comme les dirigeants grecs ou espagnols, ne peuvent que se discréditer à grande vitesse et démasquer très vite leur impuissance à résoudre, en termes nationaux, une crise qui est fondamentale et historique et n’a rien de local, de national ou de conjoncturel. Personne ne peut sauver le système capitaliste mais personne ne peut non plus agir de manière positive historiquement à la place du prolétariat et les réformistes ont un rôle réel à jouer : celui de détourner le prolétariat d’agir consciemment pour tourner la page historique du capitalisme et mener le monde au socialisme. L’autre alternative reste possible : que le monde tourne la page du capitalisme pour revenir à une barbarie des bandes armées pire que celle de la féodalité et dont la Syrie, l’Irak ou l’Afghanistan nous donnent un petit avant-goût.

Loin de nous entraîner dans les peurs où elle veut nous plonger, la crainte des classes dirigeantes doit seulement nous rappeler que ce qui détermine l’avenir ce n’est pas le nombre d’assassins, militaires, fascistes et autres, c’est la lutte des classes et, dans ce sens, l’avenir du monde reste aux mains des prolétaires, pour peu que ceux-ci parviennent à se détacher de la gangue réformiste et opportuniste qui essaie d’étouffer leur capacité autonome et révolutionnaire.

Pour lire davantage sur cette question de la pérennité du capitalisme :

Les Echos, journal de la bourgeoisie française, rapporte comment l’économie capitaliste mondiale est en roue libre et sous perfusion

Selon « La Tribune », Le système financier n’est pas la solution, il est le problème

Lu dans la presse de la bourgeoisie : les banques centrales sont au bout du rouleau...

Dynamique capitaliste en panne, d’après « Le Monde »

Où en est le capitalisme ? D’après « Alternatives économiques »

Comment se porte le capitalisme

La croissance mondiale patine, selon « Le Monde »

La crise financière qui vient, selon « Le Figaro »

Décryptage des causes de crise par un économiste bourgeois du « Figaro »

Sommes-nous au bord d’une nouvelle crise majeure, selon « Economie Matin »

Le nouvel effondrement du système mondial en préparation

Une nouvelle crise américaine (puis mondiale) en vue ?

Capitalisme : au bord du gouffre !

Effondrement économique en vue ? Pour « Le Figaro », "il va y avoir du sang !"

Comment cacher derrière la fausse crise grecque la vraie crise chinoise

Le capitalisme d’Europe sans dynamique, d’après « La Tribune »

Si la prochaine crise venait de Chine, d’après « Fortunéo »

Le système financier est mal préparé pour affronter une nouvelle crise

La BCE temporise, d’après « Le Monde »

Sommes-nous au bord d’une nouvelle crise majeure

A la veille d’une nouvelle crise financière

Le monde sera incapable de faire face aux nouvelles crises financières mondiales

La crise au Japon

Nouvelle crise économique et sociale en Argentine

Comprendre la crise au Vénézuela

Quand le FMI s’interroge sur… le néo-libéralisme, d’après « Le Point »

Et si la planche à billet cessait de nourrir les marchés, d’après « Le Nouvel Observateur »

La banque centrale américaine met les métaux au tapis

Selon « La bourse au quotidien », la FED s’amuse à faire peur aux marchés !

Ambiance lourde à Wall Street

La Grèce peut-elle éviter une nouvelle crise ?

Faut-il avoir peur de la chute des bourses en Chine ? d’après « Métro News »

L’Etat portugais au chevet de ses banques

Le prochain krach financier

Banque de Montréal en chute

La peur des banques italiennes

L’Etat italien contraint de soutenir ses banques

L’argent du contribuable pour sauver les banques

Que se passe-t-il pour votre épargne si votre banque fait faillite ou comment « L’Express » entend rassurer l’épargnant

Le Mozambique au bord de la faillite

Crise de la banque de Montréal

Comment les banques centrales résistent à la tempête, selon « Jeune Afrique »

Le risque d’une crise similaire à 2008, selon « BFM Business »

La re-crise économique selon « L’Expansion »

Les ciseaux ne se referment pas...

Le système capitaliste mondial va être obligé une nouvelle fois de bloquer artificiellement la crise internationale et systémique qui vient (vers 2017-2018) en empêchant les faillites et les chutes boursières mais en aura-t-il encore les moyens financiers étatiques ? S’il s’en estime incapable, il fera le choix de plonger le monde dans la barbarie fasciste et guerrière !!! Mais nous, prolétaires du monde, ne le laisserons pas faire…

La suite

13 Messages de forum

  • Le capitalisme peut-il se passer des crises ?

    voir ici

    Le capitalisme peut-il s’effondrer de lui-même définitivement ?

    voir ici

    Marx et Engels disaient-il que le capitalisme ne pouvait pas se détruire lui-même ?

    voir ici

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  • Pourquoi faudrait-il qu’une fois de plus la banque centrale européenne aide des trusts comme Renault que l’on dit en pleine forme parce que cette forme cache mal des titres pourris !

    La Banque centrale européenne a commencé mercredi 8 juin à racheter de la dette d’entreprises privées. Jusqu’à présent elle ne reprenait que de la dette publique, c’est à dire celle des Etats. Ce nouvel outil entre les mains de la BCE risque de créer la polémique

    Dans les faits, la Banque centrale européenne rachète ce que l’on appelle des "obligations corporate", un produit financier émis par une société privée auprès d’un investisseur pour lever des fonds et procéder généralement à des acquisitions ou rembourser des crédits.
    En réalité, ce nouveau système mis en place par la BCE revient à financer directement des mastodontes, des groupes pharmaceutiques, des constructeurs automobiles, des compagnies aériennes pour les aider à investir.

    Les premiers à avoir bénéficié de l’opération seraient le français Renault, le groupe de télécommunications italien Telefonica, l’industriel allemand Siemens ou encore le brasseur belgo-brésilien AB InBev.

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  • Que le capitalisme ait atteint ses limites n’est nullement une mauvaise nouvelle. Bien sûr, cela ne signifie nullement que le socialisme va arriver tout seul sans l’intervention spontanée et auto-organisée (soviets) des prolétaires, ni sans une lutte politique consciente et organisée des révolutionnaires (deux éléments aussi indispensables l’un que l’autre – inutile de séparer l’un des deux éléments de la dialectique de l’intervention révolutionnaire du prolétariat, l’élément spontané et l’élément conscient). Mais le premier des éléments d’une situation révolutionnaire – que la classe exploiteuse ne parvienne plus à faire fonctionner son propre système – est d’actualité. L’occasion historique est là : aucun révolutionnaire ne peut pleurer avec les réformistes ou les centristes en se plaignant que les travailleurs et les milieux populaires en pleine plein la figure. Il n’y a pas de révolution dans les périodes calmes : inutile de se plaindre que la période soient aux coups, apprenons seulement à les rendre. Inutile de se plaindre aussi des montées de la contre-révolution qui accompagnent les montées de la révolution aussi immanquablement que dans toutes les époques du passé. L’alternative n’est pas réforme ou recul mais révolution ou contre-révolution sociale. Tout courant qui prétend qu’on doit se faire entendre des classes dirigeantes, qu’on doit juste montrer notre force agit en ennemi du prolétariat. Aujourd’hui, les prolétaires se retrouvent devant une situation historiquement nouvelle qu’ils vont progressivement apprendre à connaitre : celle où les luttes économiques sont dépassées et où toute lutte efficace doit devenir une lutte à mort contre le système. Chaque combat doit y préparer. Chaque revendication doit élever le prolétariat à cette conscience. Il ne s’agit pas de lutter pour une amélioration économique, pour éviter que les capitalistes s’enrichissent sur notre dos. Il s’agit d’une lutte à mort entre un système qui menace de nous enterrer avec son Titanic qui coule et des passagers qui refusent d’être engloutis. C’est une lutte de classe politique. On conçoit dès lors que l’analyse de la crise actuelle soit fondamentale et indispensable pour apprécier le sens et les moyens des combats du prolétariat. La nécessité de l’auto-organisation des prolétaires en collectifs, conseils, comités, assemblées générales, coordinations, etc., provient du fait que la lutte revendicative doit se transformer sans cesse en lutte politique, doit franchir sans cesse les limites de la légalité bourgeoise, doit franchir sans cesse les barrières de la propriété privée, doit s’affranchir de toutes les barrières des institutions de la bourgeoisie à commencer par celles derrière lesquelles ont enferme les luttes ouvrières, celles des centrales syndicales réformistes et celles derrière lesquelles on enferme l’intervention politique du prolétariat, celles du parlementarisme dit démocratique. Vive l’intervention directe des travailleurs ! Vive l’auto-organisation des prolétaires ! Vive la perspective du renversement de toute exploitation et de toute oppression dont les conditions objectives sont maintenant réunies ! Tous ceux qui appellent le prolétariat à pleurer sur ce qu’il est en train de perdre avec la période calme du capitalisme n’ont aucune vocation à développer une perspective dans les situations qui viennent. Vive la mort du capitalisme et vive la vie de l’humanité libérée de ce système d’exploitation et d’oppression ! A mort le pessimisme des politiques qui regardent vers le passé avec regret ! Assez des pleureuses qui voient dans le prolétariat une classe qui ne fait que souffrir, que prendre des coups, que payer et se faire battre, alors que c’est une classe d’avenir que les anciennes classes dirigeantes craignent avec raison ! Assez des discours dans lesquels on prétend donner des solutions aux travailleurs à leur place, alors que la solution, c’est justement le prolétariat révolutionnaire organisé lui-même !

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  • Le but de la politique des gouvernants n’est nullement de relancer l’économie, nullement de sauver le système économique, nullement de retrouver la croissance, nullement de permettre aux capitaux privés de retrouver leur rôle économique dynamique, nullement non plus de sauver les emplois, d’aider les peuples à retrouver la sécurité et le bien-être. Toutes ces fables doivent être démontées. Le but est seulement d’entraîner le prolétariat dans le même gouffre que le capitalisme lui-même. C’est un but social et politique.

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  • La Chine doit agir rapidement pour réduire l’endettement croissant de ses entreprises, source majeure d’inquiétude au sujet de la deuxième économie mondiale, a déclaré samedi un responsable du Fonds monétaire international (FMI).

    Dans un discours devant des économistes à Shenzhen, David Lipton, premier directeur général adjoint du FMI, a dit que ce problème constituait "une faille fondamentale de l’économie chinoise".

    "Les problèmes d’endettement des entreprises aujourd’hui peuvent devenir des problèmes d’endettement systémique demain. Des problèmes d’endettement systémique peuvent conduire à une croissance économique bien plus faible ou à une crise bancaire. Ou aux deux", a déclaré David Lipton selon une version écrite de son discours.

    La Banque populaire de Chine (BPC) a averti la semaine dernière dans un rapport semestriel que les efforts du gouvernement pour réduire les niveaux d’endettement et les surcapacités pourraient accroître les risques de défaut et compliquer l’accès aux financements pour les entreprises.

    David Lipton a souligné que l’endettement des entreprises chinoises représentait environ 145% du produit intérieur brut (PIB) de la Chine, un ratio jugé élevé. Il a insisté en particulier sur les entreprises publiques, qui représentent environ 55% de la dette "corporate" chinoise mais seulement 22% de la production du pays, selon les estimations du FMI.

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  • Banques suisses en difficulté ! La Banque nationale suisse (BNS) a déclaré jeudi que les deux premières banques du pays, à savoir UBS et Credit Suisse, devraient vraisemblablement lever chacune 10 milliards de francs (9,2 milliards d’euros) de capitaux supplémentaires pour respecter les nouvelles normes d’endettement.

    Elle estime, dans son rapport annuel sur la stabilité financière, qu’elles peuvent pour l’essentiel assumer cette nouvelle exigence en émettant des obligations convertibles CoCo (contingent convertible bonds) dans la mesure où toutes deux sont pratiquement en conformité avec la règle de fonds propres définie par un ratio CET1 de 3,5%.

    D’autres banques sont également menacées : la banque franco-tunisienne, banques italiennes, banques anglais, banques de RDC, banques de Guinées, etc, etc...

    Aujourd’hui, les banques françaises s’intéressent à l’argent que les pauvres n’arrivent pas à gagner.

    Au bout d’un certain temps, le banquier propose de transformer le découvert en un crédit à la consommation, qui finit par s’ajouter à un autre. A chaque étape, le taux d’intérêt augmente et étrangle chaque jour celui qui est pris dans la spirale infernale du surendettement. C’est alors que le banquier propose une restructuration, avec un étalement du crédit dans le temps avec, pour contrepartie, une augmentation de l’intérêt. Les services de la banque se transforment en sévices.

    Selon la logique économique traditionnelle, un établissement de crédit s’assure que l’emprunteur est bien solvable avant de lui accorder un quelconque crédit. Cette règle semblait cruelle, en tout cas, frustrante aux yeux de celui qui se voyait refuser un crédit, mais elle permettait aux établissements bancaires de rester solides et d’être des partenaires fiables.

    Aujourd’hui, les banques s’intéressent à l’argent que les pauvres n’arrivent pas à gagner. C’est une nouvelle logique, semblable à celle des subprimes, qui consiste à prêter à ceux qui sont insolvables, non pour les aider, mais pour mieux les étrangler. Les pauvres, quelle aubaine pour les banques !

    Les banques françaises ont leur propre règlementation qu’elles appliquent à leur manière. Leur particularité est que leurs fonds propres ne représentent que 5,2% de leur bilan, ce qui est largement insuffisant pour couvrir les risques encourus. Il en va de même pour les artisans, les indépendants, les TPE et PME. Les grands établissements bancaires français proposent des facilités de caisses ou de trésoreries qu’aux petites entreprises qui vont bien et qui n’en n’ont pas besoin. Pour celles qui sont en difficulté, même passagères, c’est une autre histoire. Si les banques françaises invoquent une absence de demande de crédit, c’est que dès l’Agence, il est expliqué à l’entrepreneur que son dossier de financement sera rejeté par le comité d’investissement de la Banque en question. Comme il n’y a même pas une ouverture de dossier de demande de financement, il n’y a officiellement pas de refus, ce qui explique la faiblesse de demande de Crédit remonté à la Banque de France. Par ailleurs, l’argent injecté à des taux négatifs par la Banque Centrale Européenne dans nos banques, sensé financer l’économie, est replacé sur des bons du trésors allemands garantissant un rendement positif aux banques françaises. Ceci toujours en vue de recomposer leurs fonds propres. Elles bénéficient du coup d’un effet de levier fantastique, puisqu’elles sont alimentées avec de l’argent à taux négatif par la Banque Centrale Européenne et le replacent sur des bons allemands à taux positif. Sans évoquer le cas des start-ups qui ne réalisent pas de chiffre d’affaires, malgré les beaux discours de la French Tech, elles n’ont droit à rien du tout. Le principe de fonctionnement des Banques Françaises est plus que jamais : « prendre aucun risque ». Leur adage est désormais celui de La Fontaine : « Selon que vous serez puissant ou misérable, Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir ».

    Tout ceci conduit le grand capital à se détourner des investissements et même du soutien aux investissements déjà effectués.

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  • à quoi sert de savoir, avant tout le monde, que le capitalisme est définitivement mort ?

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  • « Même lorsqu’une société est sur le point de parvenir à la connaissance de la loi naturelle qui préside à son évolution […], elle ne peut cependant ni sauter, ni rayer par décret les phases naturelles de son développement. Mais elle peut abréger et atténuer les douleurs de l’enfantement. »

    « Préface à la première édition allemande », dans Le Capital, Karl Marx

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  • La crise avait commencé en 2000. Au début, elle s’était traduite par la chute de grands trusts comme Vivendi Universal, comme Enron et comme Worlcom. En 2007, on a d’abord voulu laisser chuter la banque Lehman Brothers et le trust General Motors mais il a vite fallu rebrousser chemin, les classes dirigeantes reconnaissant que si on laissait un seul trust, une seule grande banque ou une seule bourse chuter, la confiance des capitalistes était trop altérée pour qu’ils ne se retirent pas massivement, ne laissant pas pierre sur pierre de tout le système d’exploitation mondial ! Ils ont appelé cette situation « menace systémique » et ont avancé une nouvelle règle intitulée : « trop gros pour chuter ». Même si une grande entreprise était devenue complètement non rentable, abandonnée même par ses investisseurs, les Etats et les banques centrales, pour des raisons de maintien en place de la domination du capitalisme, ne pouvait absolument pas la laisser chuter.

    Les crises capitalistes qui avaient toujours été l’occasion pour le système de s’épurer, d’abandonner les canards boiteux, de restaurer la rentabilité et le dynamisme, n’en étaient plus capables, les classes dirigeantes étaient contraintes d’interrompre elles-mêmes leur propre fonctionnement…

    Les crises n’étaient nullement des accidents fâcheux pour le système comme cela nous est si souvent présenté mais un élément essentiel du fonctionnement, un régulateur indispensable car le système, étant fondé sur la propriété de capitalistes privés ne se communiquant surtout pas leurs intentions, il n’est pas programmable ni planifiable et ne peut gérer ses surplus et doublons qu’après coup, avec les crises qui éliminent les producteurs en surplus.

    Eh bien, depuis 2007, tout mécanisme de crise est aboli et il ne peut plus y avoir de faillites, plus de régulation du système mais seulement la mort, la fin du système !!!

    Cette situation ne ressemble en rien à celle que nous avons connu avec les multiples crises capitalistes car, dans toutes celles-ci, les banques et trusts ont fait faillite et parfois par milliers, permettant ensuite une reprise sur des bases saines.

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  • La politique du premier ministre japonais Shinzo Abe, un nouveau plan de relance fou de près de 240 milliards d’euros, dite des Abenomics , cette stratégie qui associe les largesses budgétaires à une politique monétaire ultra-accommodante sur fond de promesses de réformes structurelles a donné ses effets : rien !!!

    Au deuxième trimestre, le PIB du Japon a quasiment fait du surplace en n’affichant que 0,2 % en rythme annualisé, selon les statistiques publiées, lundi, par le gouvernement. De quoi doucher les espoirs nés d’un premier trimestre qui avait été nettement plus dynamique (+2 %).

    La troisième économie mondiale a souffert, notamment, d’un nouveau recul des investissements non résidentiels des entreprises (-0,4 %). A rapprocher, bien sûr, d’une croissance mondiale poussive avec le ralentissement des pays émergents, dont la Chine. Ce chiffre, cependant, pourrait se détériorer au cours des mois suivants, car la statistique ne prend pas en compte l’effet Brexit.

    Ce n’est pas propre au Japon : les "plans de relance" ne relancent rien. Ils ne font que retarder la chute !

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  • À Jackson Hole, les dieux de la finance se penchent sur l’avenir des marchés. Et ils se penchent avec inquiétude. Ce n’est pas nous qui le disons, c’est le journal bourgeois Le Figaro !

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  • Les investisseurs sont restés en retrait avant le début d’un séminaire réunissant à Jackson Hole, dans le Wyoming, des représentants des principales banques centrales. Le point d’orgue de ce symposium aura lieu vendredi avec les discours des responsables des banques centrales européenne (BCE), Mario Draghi, et américaine (Fed), Janet Yellen, particulièrement attendus alors que les marchés s’interrogent sur la trajectoire des politiques monétaires. "Que Yellen donne ou non des indications sur la politique monétaire, cela aura un impact important", a estimé Peter Cardillo de First Standard Financial. Ses propos "pourront influencer le dollar, les rendements obligataires à court terme ainsi que le marché des actions".

    Les banquiers centraux ont déjà utilisé cette tribune pour annoncer des changements de cap de politique monétaire. C’est ainsi à Jackson Hole en 2014 que Mario Draghi avait indiqué réfléchir à suivre l’exemple de la Fed en s’engageant dans une politique d’assouplissement quantitatif. En 2016 Janet Yellen y avait confirmé qu’une hausse des taux directeurs était imminente.

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  • Les analystes de Goldman Sachs ont annoncé le 6 août que le montant des rachats d’actions par les entreprises américaines devrait atteindre 1 000 milliards de dollars cette année, alors que, en dehors des périodes de récession, il oscille depuis vingt ans entre 400 et 500 milliards de dollars par an.

    Cela signifie que les capitalistes dépensent leurs profits en rachetant leurs propres actions sur les marchés pour les en retirer et ainsi reprendre une part plus grande des profits de l’entreprise. Mais cela signale aussi qu’ils réinvestissent de moins en moins dans la production.

    La suraccumulation du capital se confirme aux USA...

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