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Accueil du site > 13- Livre Treize : ART ET REVOLUTION > Peinture et révolution

Peinture et révolution

mardi 17 juin 2008, par Robert Paris

(Tableau de Delacroix)

...................La révolution de 1830 à Paris ..........................

Iouri Annenkov

Peinture et révolution :

(…) Nous nous assîmes. Trotsky engagea la conversation sur l’art. Mais pas sur les peintres russes. Il parlait de l’« école de Paris » et de la peinture française en général. Il mentionnait les noms de Matisse, Derain, Picasso, mais peu à peu, il s’absorbait dans l’histoire. Mon intérêt avait été particulièrement éveillé par les remarques assez mordantes de Trotsky sur le fait que la révolution française ne s’était aucunement reflétée dans l’art. — Est-ce que dans le « Marat assassiné » de David – disait Trotsky – il y a quoi que ce soit de la révolution ? Résolument rien. Uniquement l’anecdote : Marat nu dans sa baignoire. Est-ce que la célèbre « Liberté guidant le peuple » de Delacroix exprime l’essence de la révolution ? Bien sûr que non. Un gamin avec deux pistolets, une sorte de romantique en haut-de-forme marchant sur les cadavres avec à leur tête une beauté antique à la poitrine découverte portant un drapeau tricolore ? Anecdote romantique, en dépit des admirables qualités picturales. Mais dans le « Sacre de Napoléon » le même David a su brillamment exprimer toute l’ineptie pompeuse de ce rituel... Le portrait, le paysage, la nature morte, l’intérieur, l’amour, la vie quotidienne, la guerre, les événements historiques, la joie, la tristesse, la tragédie, même la folie (repensons ne serait-ce qu’à la « Folle » de Géricault) – tout cela a trouvé son expression en peinture. Mais la révolution et la peinture – cette union n’a pas encore été inventée. J’ai objecté à Trotsky que la révolution en art est avant tout la révolution des formes d’expression de ce dernier. — Vous avez raison, répondit Trotsky, mais c’est une révolution locale, la révolution de l’art lui-même, et outre cela une révolution très repliée sur elle-même, inaccessible au grand public. Je parle moi du reflet de la révolution d’ensemble, de la révolution humaine dans l’art dit « figuratif » qui existe depuis des millénaires. La « Cène » existe ; la « Crucifixion » existe ; même le « Jugement dernier » existe, et pas n’importe lequel : celui de Michel-Ange ! Et la révolution ? Je n’ai pas vu de révolution. Les tableaux réalisés aujourd’hui par les peintres soviétiques qui visent à « refléter » le surgissement naturel révolutionnaire, le pathos révolutionnaire, sont misérablement indignes non seulement de la révolution, mais de l’art lui-même...

Le camarade Lenine nettoie la terre de la saleté Mikhail Tcheremnikh

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